Le rôle des gouvernants selon le « Bon pape Jean »

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Le pape Jean XXIII sera canonisé à Rome, en même temps que Jean-Paul II, le 27 avril prochain. Jean XXIII fut surnommé « le Bon Pape Jean » non seulement à cause de sa bonhomie mais bien plus parce qu’il gagnait le coeur de tous par sa simplicité et sa sagesse. Dans sa célèbre Lettre Encyclique Pacem in terris (publiée le 11 avril 1963), il proposa aux croyants et aux non-croyants l’Evangile comme voie pour atteindre le bien fondamental de la paix : 
en effet, il était convaincu que l’Esprit de Dieu fait entendre sa voix d’une façon ou d’une autre à chaque homme de bonne volonté. Le monde politique, à l’époque de Jean XXIII, était soumis à la guerre froide ; la Paix était réglée par « la force de dissuasion nucléaire ». Il est intéressant, 80 ans plus tard, de relire certains passages de cette Encyclique, alors que nous connaissons des guerres, des assassinats « politiques », des génocides, d’énormes déplacements de populations, des pays en pleine recherche de stabilité…

 L’autorité est d’origine divine 

« 46 - A la vie en société manqueraient l'ordre et la fécondité sans la présence d'hommes légitimement investis de l'autorité et qui assurent la sauvegarde des institutions et pourvoient dans une mesure suffisante au bien commun.Leur autorité, ils la tiennent tout entière de Dieu, comme l'enseigne saint Paul : « Il n'est pas d'autorité qui ne vienne de Dieu (Rm 13, 1-6).» (…)

 L’importance du bien commun

« 57 - Ici Nous devons attirer l'attention sur le fait que le bien commun concerne l'homme tout entier, avec ses

besoins tant spirituels que matériels. Conçu de la sorte, le bien commun réclame des gouvernements une politique appropriée, respectueuse de la hiérarchie des valeurs, ménageant en juste proportion au corps et à l'âme les ressources qui leur conviennent (Pie XII, Enc. Summi Pontificatus). »

 L’harmonie des relations entre Etats

« 80 - Nous affirmons à nouveau l'enseignement maintes fois donné par Nos prédécesseurs : les communautés politiques ont, entre elles, des droits et des devoirs réciproques : elles doivent donc harmoniser leurs relations selon la vérité et la justice, en esprit d'active solidarité et dans la liberté. La même loi morale qui régit la vie des hommes doit régler aussi les rapports entre les États. »

 Face aux armements redoutables

« 109 –(…) il Nous est douloureux de voir, dans des pays à l'économie plus développée, les armements redoutables déjà créés et d'autres toujours en voie de création, non sans d'énormes dépenses d'énergie humaine et de ressources matérielles. De là, des charges très lourdes pour les citoyens de ces pays, tandis que d'autres nations manquent de l'aide nécessaire à leur développement économique et social.

 110 – (…) toute augmentation du potentiel militaire en quelque endroit provoque de la part des autres États un redoublement d'efforts dans le même sens. (…)

 113 - Mais que tous en soient bien convaincus : l'arrêt de l'accroissement du potentiel militaire, la diminution effective des armements et - à plus forte raison - leur suppression, sont choses irréalisables ou presque sans un désarmement intégral qui atteigne aussi les âmes : il faut s'employer unanimement et sincèrement à y faire disparaître la peur et la psychose de guerre. Cela suppose qu'à l'axiome qui veut que la paix résulte de l'équilibre des armements, on substitue le principe que la vraie paix ne peut s'édifier que dans la confiance mutuelle. Nous estimons que c'est là un but qui peut être atteint, car il est à la fois réclamé par la raison, souverainement désirable, et de la plus grande utilité. »

 Le désarmement intégral reste une préoccupation très actuelle. Saint Jean XXIII sera-t-il entendu ?

 Dominique Soupé

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Date de dernière mise à jour : 2014-04-09