VŒUX DE SŒUR MARIE-GABRIELLE

Monasteresteclaire

« Mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger »

  Le samedi 4 octobre, jour de la fête de Saint François d'Assise, Sœur Marie-Gabrielle de l'Annonciation (Tumata Tahuhu) prononce ses vœux solennels en l'église Maria-no-te-hau de Tautira dans l'Ordre de Sainte-Claire. C'est l'occasion de se rappeler que les Soeurs Clarisses sont installées dans le pays depuis 1981, d'abord sur les hauteurs de la Mission, puis dans leur monastère à Outumaoro depuis 1993. La communauté compte aujourd'hui 13 sœurs, dont la majorité est originaire du Pacifique (Tahiti, Marquises, Australes, Vanuatu, Wallis).

  L'Ordre de Sainte-Claire, fondé en 1212 dans le sillage de saint François d'Assise, rassemble des religieuses contemplatives qui se consacrent à la prière dans une vie de pauvreté, de silence et de pénitence joyeuse. Et l'engagement des vœux solennels désigne le moment où la religieuse fait la promesse d'observer de façon perpétuelle les trois conseils évangéliques de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. De cette manière, elle assume avec radicalité l'appel à suivre le Christ. Elle fait le choix de vivre pour Lui avec un cœur sans partage, en imitant sa pauvreté et son obéissance au Père.

  Pour une sœur clarisse, cet engagement à la suite du Christ se vit essentiellement sur le mode contemplatif, c'est-à-dire par une vie de prière intense rendue possible par un retrait au monde. Contrairement aux apparences, ce retrait n'est pas une fuite des réalités actuelles du monde et de l'Eglise. La vie contemplative sécrète une véritable fécondité apostolique parce que la prière est source de grâces. Et dans notre Église, tous nous pouvons compter sur la prière perpétuelle de nos sœurs clarisses.

  Le choix de célébrer ces vœux solennels en l'église Maria-no-te-hau de Tautira s'explique par un motif lié à l'histoire religieuse de notre pays. Il y a 240 ans, en novembre 1774, deux prêtres franciscains d'origine espagnole arrivent du Pérou à bord du navire l'« Aguila ». Ils disent leur première messe à terre le 1er janvier 1775. Malheureusement, placés dans des conditions de vie inhabituelles pour eux, les pères franciscains ont dû renoncer à Tahiti et ils sont repartis dans le courant de l'année 1775. Une croix plantée dans le village de Tautira marque le souvenir de cette mission.

  Les lectures de la fête de Saint François d'Assise insistent sur la vie de prière et la vie de charité à mener comme signes de crédibilité de la foi chrétienne face au monde et moyens par lesquels l'Eglise se construit. Sœur Marie-Gabrielle de l'Annonciation a choisi cette voie. Et nous aussi, après tout, avec nos moyens, nous pouvons adopter un mode de vie qui soit crédible et édifiant pour notre Église. Car tous nous appartenons à ces « tout-petits » qui font l'expérience de la miséricorde du Père, tous nous sommes disciples de Jésus Christ « doux et humble de cœur ».

Ajouter un commentaire