Les intentions lumineuses du Seigneur

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  Le mercredi des Cendres a ouvert le Carême de cette année 2016. Les textes de ce jour font résonner trois appels : se laisser réconcilier avec Dieu (2 Corinthiens 5,20), revenir à Lui de tout son cœur (Joël 2,12), pratiquer la prière, l'aumône et le jeûne de manière simple et vraie (Matthieu, 1-6.16-18).

  Le Carême est bien un temps propice à la réconciliation. Avec Dieu avant tout, au sujet de qui nous pouvons nous créer de fausses images : un Dieu très loin, indifférent, qui nous abandonne à notre sort sans compassion.

  Avec nous-mêmes aussi, un aspect que nous négligeons souvent mais si important. Il y a comme une part d'ombre en chacun. Saint Paul a cette phrase célèbre qui montre le labyrinthe intérieur  à traverser pour parvenir à la lumière : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas » (Romains 7,19).

  Réconciliation avec les autres bien sûr, nos voisins, nos familiers... Il y a des pardons à donner et des pardons à recevoir. Nous savons bien que la vie est plus agréable quand règnent la paix et la concorde.

  Cela est facile à dire, moins à faire. Mais ayons à l'esprit que le maître d’œuvre de nos réconciliations est Dieu lui-même. Au buisson ardent, Il s'est révélé à Moïse comme « celui qui est », et plus précisément comme « celui qui est là », auprès de nous, auprès des pauvres et des pécheurs qui espèrent en Lui. Plus que sur nos propres forces, nous pouvons compter sur la miséricorde divine pour nous mener sur la voie de la réconciliation.

  Pour nous aider, l'évangile rappelle en outre les grands bienfaits qui viennent de la prière, de l'aumône et du jeûne. Dans son commentaire, le pape François en a parlé comme des « remèdes s» à nos entêtements, nos tristesses, nos attitudes et intentions trompeuses.

  De fait, dans l'évangile de Matthieu, Jésus met en garde contre une pratique ostentatoire. Des pharisiens par exemple aimaient donner de la visibilité à leurs manières de vivre la foi. Ils entretenaient leur réputation grâce aussi à leur connaissance experte des Écritures et de la théologie et fondaient ici et là des « clubs » attachés à leur cause.

  Mais leurs intentions secrètes n'ont pas échappé au regard de Jésus. Le soutien populaire et les salutations sur les places publiques ne sont pas des indices concluants pour faire de quelqu'un un témoin authentique de la Parole, quand bien même il en a toute l'apparence. La justice de Dieu va bien plus loin, jusque dans l'intimité et le secret des cœurs.

  Le Carême est dès lors un temps de conversion c'est-à-dire de retour sincère à Dieu. Ses intentions à Lui sont claires : à l'image du père dans la parabole du fils prodigue, Il est prêt à prendre dans ses bras tout pécheur qui revient à Lui. Bon carême à tous !

+ R.P. Jean Pierre COTTANCEAU

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Date de dernière mise à jour : 2016-02-17