Une éclaircie est attendue

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   La visite du Président de la République François Hollande a retenu notre attention à tous. La clémence du ciel ne nous a pas échappés, comme le signe annonciateur d'une éclaircie des relations avec la France si lointaine. Mais cela n'a pas duré...

   Rien ne peut arrêter les éléments naturels quand ils sombrent dans la dépression. Le vent et la pluie  montrent un visage menaçant. Le souvenir des blessures du passé est encore vif. À tout moment nos maisons peuvent endurer leur puissance.

   Après l'éclaircie, c'est un avenir sombre. Presque tout à coup, sans crier gare, la sentence est tombée. Les promesses ne sont pas tenues, ou impossibles à tenir. Les crieurs réclament justice et tout le monde entend, jusqu'à Rome !

   La pluie, le vent... les puissances humaines, ce sont bien les coupables, n'est-ce pas ? Oui, assurément. Ils ont déjà tué. Préparons nos pierres et mettons-les au centre. Mais comment faire ? Les éléments de la nature sont insaisissables ; l'accusé d'aujourd'hui n'est peut-être plus le coupable d'hier. De qui donc allons-nous nous saisir pour obtenir réparation ?

   Jésus pose la question de la culpabilité de manière bien différente dans l'évangile de dimanche prochain : pensez-vous que ces Galiléens qui ont péri sous l'épée de Pilate « étaient de plus grands pécheurs » ? Que les dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé « étaient plus coupables » ?

   Ce ne sont pas les morts que Jésus vise, mais les vivants : bien qu'ayant échappés à la mort, sont-ils pour autant des innocents ? Ont-ils bien réfléchi sur eux-mêmes avant de venir à Jésus pour réclamer d’un juge la condamnation ?

   La parabole du figuier stérile qui clôture l'évangile dominical met en garde. Oui, le figuier mérite sans doute d'être arraché et jeté au feu. Il ne donne rien. À quoi bon s'épuiser à bêcher autour pour y mettre du fumier ? Le vigneron a raison. Et le serviteur, en défendant le figuier, peut passer pour un doux rêveur !

   Et nous, vers qui allons-nous nous tourner, vers le vigneron avec sa logique humaine ou vers le serviteur avec la logique de Dieu ? Attention, le choix n'est pas anodin. Il va traduire le regard que nous portons sur Dieu et sur notre réalité humaine. Vivre sous la coupe d'un Dieu vigneron ou vivre sous la protection d'un Dieu serviteur, tel est l'enjeu. Tout change de l'un à l'autre. Oui, une éclaircie est attendue, non seulement dans le ciel, mais aussi dans les esprits et les cœurs.

+ R.P. Jean Pierre COTTANCEAU

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Date de dernière mise à jour : 2016-02-26