Les chrétiens : principales victimes dans le monde

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Si dans notre Pays la liberté religieuse est une réalité, il n’en est pas de même sur l’ensemble de notre planète. Certes la situation s’est nettement améliorée en Europe de l’Est avec l’effondrement du bloc communiste, malheureusement la violence a pris le relais dans de nombreuses régions du monde. Toutes les religions sont concernées, y compris l’islam, le judaïsme, le bouddhisme, mais ce sont de loin les chrétiens de toutes confessions qui restent majoritairement les victimes de l’absence de liberté religieuse.

Avec deux milliards de croyants, les chrétiens sont les plus nombreux, et comme ils prônent la non-violence, ils constituent une cible facile et, souvent, un bouc-émissaire. Egypte, Syrie, Yemen, Somalie, Irak Sri Lanka, Pakistan, Indonésie…, pour ne citer que quelques uns, sont des pays où les violences à l’égard des chrétiens sont quasi quotidiennes.

Au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, les chrétiens subissent depuis dix ans des violences permanentes. Les médias se sont faits l’écho des attentats perpétrés par la secte « Boko Haram », groupe islamiste dont le nom signifie : « « les livres sont interdits ». Malgré la peur et l’atmosphère de forte tension les chrétiens s’enracinent davantage dans la foi et … osent même le pardon. Après les attentats de Jos, capitale de l’Etat du Plateau, anglicans, évangéliques, pentecôtistes sont venus soutenir les catholiques. Les grandes villes connaissent les attentats à la bombe, mais les villages sont l’objet de véritables razzias. Un pasteur déclare : « les attaques ne nous décourageront ni d’être chrétiens, ni de rester ici ». L’archevêque de Jos, Mgr Kaigama, président de la conférence épiscopale nigériane déclare : « On raisonne trop en termes d’ « eux » contre « nous ». Les jeunes chrétiens ont une vision très négative des musulmans. Et chez ces derniers, c’est la même chose : les messages de haine et l’endoctrinement des enfants me préoccupent beaucoup… Pour nous, le choix est très simple : si nous ne pardonnons pas, nous cessons d’être chrétiens. »

Il est clair que la plupart des conflits interreligieux sont d’une part, liés à des problèmes sociopolitiques, et, d’autre part, attisés par une foi non éclairée, un fanatisme exacerbé par des leaders assoiffés de vengeance et de pouvoir.

Dans le confort de nos églises et de nos temples il nous revient, à nous chrétiens polynésiens, de prier certes pour tous ces frères et sœurs martyrisés, mais aussi d’agir en nous tenant informés avec objectivité sur ces conflits. C’est également une invitation à nous former pour que notre foi soit éclairée par la raison. C’est là un des objectifs des écoles de formation qui viennent d’ouvrir pour quatre semaines dans le diocèse de Papeete.

                                                                                                            D.S.

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