P JP POTELLE / enfant prodigue

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Homélie du 24eme dimanche ordinaire 

Aujourd’hui l’Ecriture veut nous mettre en face de nos responsabilités, en face de notre conduite, en face de nos péchés. Mais surtout nous conduire sur le chemin du pardon, de la confiance en la miséricorde de Dieu.

 L’Exode nous montre un peuple à la tête dure, un peuple dont la marche vers la Terre Promise, c’est-à-dire vers le bonheur, dont la marche est entrecoupée de reniements envers Dieu ; « Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu… ils se sont prosternés devant lui ». Un peuple dont la marche est scandée par des révoltes contre Moïse.

 La fidélité de Moïse envers son peuple est mise à l’épreuve : il pourrait s’en tirer tout seul : « mais de toi, Moïse, je ferai une grande nation » lui affirme Yahvé. Il pourrait s’en tirer seul et le peuple laissé à lui-même périrait dans le désert : « ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les engloutir. »

 Mais pour Moïse, on ne se désolidarise pas de ceux que l’on aime, même si ces derniers sont bornés et ingrats. Et Moïse rappelle cela au Seigneur dans sa prière : « Souviens-Toi de Tes serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, à qui Tu as juré par Toi-même : Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. »

 La question se pose aussi pour nous. Qu’en est-il de notre solidarité dans notre communauté ? Oui, certains ne viennent plus à la messe, on ne les voit plus à la paroisse, faut-il les condamner et se dire tant pis pour eux, moi je suis en règle et je m’en sortirai ? Ou faut-il prier Dieu qu’ils retrouvent le chemin de la vérité et de la liberté ?

 Dieu nous a-t-il pas pardonné à nous qui sommes ici rassemblés. N’avons-nous pas demandé pardon et reçu ce pardon : « que Dieu tout puissant nous fasse miséricorde, qu’Il nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. »

 Jésus a pardonné à Paul : « Il m’a fait confiance, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. » Et ce pardon que Paul a reçu n’est pas resté sans effet ; l’apôtre a voulu annoncer à tous cet amour incroyable de Jésus. Cette générosité sans bornes du Christ envers nous, nous remplit-elle de reconnaissance ? Le pardon et l’amour du Christ éveillent ils notre générosité au-delà de la simple pitié ? Le pardon et l’amour du Christ nous conduisent ils à pardonner à notre tour ?

 Il nous semble que la parabole de l’enfant prodigue est un texte connu, archi connu… Elle nous dévoile le visage d’un Père qui n’est que miséricorde… Mais aujourd’hui encore la parabole est riche d’enseignements pour chacun d’entre nous car elle nous dévoile notre propre visage. En effet, le fils aîné comme le fils prodigue ne symbolisent-ils pas, ces deux façons de vivre, ces deux conceptions de la vie où, finalement, Dieu est le grand absent ?

 Le plus jeune se laisse aller à suivre la pente de ses instincts et de ses désirs. Il a besoin d’argent, de beaucoup d’argent. Et pour parvenir à ses fins tout est bon ; il se débarrasse de son Père comme s’il était déjà mort : « Père donne-moi la part d’héritage qui me revient. » Et il se jette dans les plaisirs ; « il gaspille sa fortune en menant une vie de désordre. »

 Et s’il revient c’est par intérêt ; il a faim et il sait que chez son père même les ouvriers sont bien nourris…

 Le fils aîné, quant à lui, attend l’héritage, il veut profiter de la vie mais autrement. Il attend son heure en se nourrissant de rancœurs et de frustrations : « et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. » Et il rejette cette frustration sur son Père. Pour tous les deux, l’aîné et le cadet, ce qui compte c’est leur propre désir, leur propre image. Ils sont enfermés en eux même, prisonniers de leur moi, de leur égo, de leur égoïsme. En leur tendant la main ; en allant au-devant de leur dégoût et de leur colère ; « vite apportez le plus beau vêtement pour l’habiller » pour le cadet, « toi, mon enfant tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi » pour l’aîné.

 En se montrant le Père de la miséricorde infinie, Dieu n’efface pas leur péché d’un coup de baguette magique, Dieu ne supprime pas leurs efforts, mais Dieu leur ouvre les yeux sur leur vocation d’hommes, appelés à devenir des êtres libres et responsables. Quand Dieu nous pardonne, Il nous appelle à devenir des fils, cohéritiers de la gloire de Son propre Fils, Jésus le Seigneur !

 Quand Dieu nous pardonne nos péchés, ce qu’Il attend de nous, ce n’est pas tant que nous soyons très heureux, d’être tout propre, d’avoir passé nos péchés à la lessive de la confession, c’est que nous prenions conscience de la grandeur de notre vocation, en contemplant celui qui l’a vécu dans toute Sa vérité, le Christ, notre Sauveur.

 Amen.

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1ère lecture : Exode 32/ 7-11.13-14

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s'est perverti, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte. Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' » Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »  Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' » Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.

2ème lecture :1Timothée 1, 12-17

Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère, moi qui autrefois ne savais que blasphémer, persécuter, insulter. Mais le Christ m'a pardonné : ce que je faisais, c'était par ignorance, car je n'avais pas la foi ; mais la grâce de notre Seigneur a été encore plus forte, avec la foi et l'amour dans le Christ Jésus. Voici une parole sûre, et qui mérite d'être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi le premier, je suis pécheur, mais si le Christ Jésus m'a pardonné, c'est pour que je sois le premier en qui toute sa générosité se manifesterait ; je devais être le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle. Honneur et gloire au roi des siècles, au Dieu unique, invisible et immortel, pour les siècles des siècles. Amen.

Evangile :  Luc 15, 1-32

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l'écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ? Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !' Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d'argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu'à ce qu'elle la retrouve ? Quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la pièce d'argent que j'avais perdue ! De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »  Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans cette région, et il commença à se trouver dans la misère. Il alla s'embaucher chez un homme du pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il réfléchit : 'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.' Il partit donc pour aller chez son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut saisi de pitié ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...' Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller. Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. Allez chercher le veau gras, tuez-le ; mangeons et festoyons. Car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.' Et ils commencèrent la fête.  Le fils aîné était aux champs. À son retour, quand il fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des domestiques, il demanda ce qui se passait. Celui-ci répondit : 'C'est ton frère qui est de retour. Et ton père a tué le veau gras, parce qu'il a vu revenir son fils en bonne santé.' Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d'entrer. Son père, qui était sorti, le suppliait. Mais il répliqua : 'Il y a tant d'années que je suis à ton service sans avoir jamais désobéi à tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est arrivé après avoir dépensé ton bien avec des filles, tu as fait tuer pour lui le veau gras !' Le père répondit : 'Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait bien festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

 


 

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