P JP POTELLE / gestion de nos biens

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Homélie du 18em dimanche ordinaire

En ce dimanche l’Eglise nous propose trois textes, trois paroles qui nous parlent de la gestion de nos biens, de notre vie matérielle et terrestre.

Tout d’abord, l’ecclésiaste. Quohelet en hébreux. C’est celui qui parle en public dans l’assemblée du peuple, c’est le prédicateur. .

L’ecclésiaste nous aide, nous invite à dégonfler des baudruches. La vanité n’est qu’une baudruche ; un ballon gonflé d’air, de vent, et qui donc, n’est rien ou presque rien.

Tu as accumulé des biens par le travail, la souffrance, les soucis, l’ecclésiaste te dit : tout cela n’est rien.

Et aujourd’hui que dirait l’ecclésiaste ? Il nous dirait : « société de consommation », cela encore est vanité … Réfléchissons à la façon dont nous consommons ; la nourriture, la voiture, les voyages….. Est-ce le vrai bonheur ?  

Paul dans sa lettre aux Colossiens nous donne la réponse de façon directe : « Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut. » « Tendez vers les réalités d’en haut et non vers celles de la terre. »

Il y a l’homme penché vers les biens illusoires de cette terre et l’homme « debout » celui qui n’est plus sous l’emprise du mal, celui qui échappe au triste conditionnement publicitaire qui veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes, des bulles sucrées pour le bonheur.

Des hommes et des femmes, chez nous et dans le monde se battent pour que l’homme soit debout, ils combattent la misère, le crime, la prostitution, l’esclavage des enfants…. Tout ce qui est exploitation de l’homme par l’homme. Paul avait la certitude que le christianisme menait ce combat pour l’homme. Mais pour Paul et pour nous,  l’homme accompli c’est Jésus Christ. Notre futur est en lui, sa résurrection nous révèlera à nous-mêmes. Il s’agit de nous orienter vers le Christ pour abandonner le vieil homme qui est en nous, et nous laisser recréer par Dieu.  Et cette recréation commence par la reconnaissance de notre humanité commune : « alors il n’y a plus de grec et de juif, d’Israélite et de païen, il n’y a pas de barbare, de sauvage, d’esclave, d’homme libre » nous dit Paul. Et il conclut  en affirmant que notre modèle et notre vie, c’est le Christ : «  il n’y a que le Christ en tous, il est tout »

Faut-il alors rester la tête dans les étoiles et rêver du ciel ? Il s’agit d’abord d’échapper à ce qui nous colle au sol. Paul nous donne la liste des ces poids, de ces corps morts comme disent les marins qui accrochent leurs bateaux dans le lagon : faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles. »

A laquelle de ces pesanteurs, aujourd’hui, voulons-nous nous soustraire ?  A chacun de faire son examen de conscience.

Luc est, peut-être, parce qu’on le pense médecin, celui des évangélistes qui est le plus sensible à la misère humaine et le plus sensible au fait que l’argent et la richesse font obstacle à la réalisation de l’évangile.  

Voyez cet homme qui veut se couvrir de l’autorité du Christ pour obtenir l’héritage qu’il espère. Les grandes, comme les petites richesses risquent de nous empêcher de prendre l’évangile au sérieux

 Alors se pose à nous cette question : Comment comptons-nous faire pour être riche aux yeux de Dieu ?  Peut être en le priant, en lui demandant de nous apprendre à construire le monde des hommes ; non sur la fortune insolente de quelques uns, mais sur la justice qui inspire la justice véritable.

Amen

P JP Potelle, le 04.08.2013 St Etienne, Punaauia

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1ère lecture :  Qo 1, 2; 2, 21-23

Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité ! Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité, c'est un scandale. En effet, que reste-t-il à l'homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? Tous les jours sont autant de souffrances, ses occupations sont autant de tourments : même la nuit, son cœur n'a pas de repos. Cela encore est vanité.

2ème lecture :  Col 3, 1-5.9-11

Frères, vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Tendez vers les réalités d'en haut, et non pas vers celles de la terre. En effet, vous êtes morts avec le Christ, et votre vie reste cachée avec lui en Dieu. Quand paraîtra le Christ, votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui en pleine gloire. Faites donc mourir en vous ce qui appartient encore à la terre : débauche, impureté, passions, désirs mauvais, et cet appétit de jouissance qui est un culte rendu aux idoles. Plus de mensonge entre vous ; débarrassez-vous des agissements de l'homme ancien qui est en vous, et revêtez l'homme nouveau, celui que le Créateur refait toujours neuf à son image pour le conduire à la vraie connaissance. Alors, il n'y a plus de Grec et de Juif, d'Israélite et de païen, il n'y a pas de barbare, de sauvage, d'esclave, d'homme libre, il n'y a que le Christ : en tous, il est tout.

Evangile :Luc 12, 13-21

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fut-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.' Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.' Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ?' Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »

 

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