P JP POTELLE La Transfiguration

La Transfiguration

Dimanche de la Transfiguration  Luc 9, 28b - 36

 

Nous allons aujourd’hui méditer la Parole de Dieu à partir d’une seule petite phrase, cette phrase qui termine le récit de la Transfiguration : « on ne vit plus que Jésus seul ».

C’est ce que constatent les trois disciples qui ont accompagnés Jésus sur la montagne. Une montagne dont on ne connaîtra par ailleurs jamais le nom. Dans son évangile, Matthieu parle d’une haute montagne. Il a voulu probablement signifier que la révélation dernière a lieu non sur la sainte montagne de Sion mais sur la montagne eschatologique, c’est-à-dire le lieu où à la fin des temps afflueront toutes les nations.

Revenons à nos disciples. Après tout ce qu’ils viennent d voir, les voilà replongés dans la vie de tous les jours, dans la banalité de tous les jours. Comme nous, quand nous quittons Tibériade ou Cana après une retraite spirituelle illuminée et fortifiante et que nous rentrons dans notre milieu de vie habituel.

Moïse, Elie, la nuée et la voix ont disparu. Jésus est là seul devant eux. Mais je crois qu’il faut interpréter ce verset : « On ne vit plus que Jésus seul » d’une manière différente, d’une manière positive.

Les disciples avaient été subjugués, entraîné par les signes, les miracles de Jésus auprès des foules. Après la Transfiguration, ils ne verront plus que Jésus seul ; tout le reste, l’admiration des foules, les miracles et prodiges passent au second plan.

Maintenant ils sont fascinés par le mystère de Jésus, ce secret qu’il porte en lui, cette relation si intense, si lumineuse au Père.

Les disciples avaient suivi Jésus pour pouvoir entrer, participer au Royaume de Dieu. Aujourd’hui ils ont reçu bien plus qu’un royaume, ils ont vu Dieu lui-même. C’est un bouleversement, un renversement sur le chemin de la foi. Jésus n’est plus porteur d’un message, Il est le message lui-même. Et les disciples commencent à percevoir que ce qui compte, ce n’est pas tout ce que Jésus accomplit, ni même ce qu’Il dit, mais ce qui compte, c’est ce que Jésus est, qui Il est.

Cette expérience vécue par Pierre, Jean et Jacques sur la haute montagne, nous aussi nous sommes appelés à la vivre un jour. Au début de notre foi, en famille, à la catéchèse paroissiale, ou lors de notre conversion nous avons eu besoin et nous avons cherché des signes, des preuves, des certitudes. Cela est parfaitement normal. Nous sommes faits comme cela, nous avons besoin de voir, de toucher, d’être confirmé dans la foi.

Et un jour, Jésus devient le cœur de notre vie. Ce ne sont plus les expériences spirituelles ; consolations ou exaltations, repos de l’Esprit ou cœur brûlant, aussi fortes, aussi belles soient-elles qui nous portent, mais c’est lui « Jésus seul » qui devient peu à peu notre raison de croire, notre raison d’aimer, notre raison d’espérer.

Ce ne sont plus les réussites et les joies de notre vie chrétienne qui nous portent …

Monseigneur Joseph DORE, ancien archevêque de Strasbourg écrit dans son livre intitulée « Peut-on vraiment rester catholique ? », il écrit : ‘à travers toutes les étapes de ma vie, avec les questionnements qu’elle avait pu comporter, il y avait eu finalement une référence digne de ce nom et une seule ; à savoir Jésus, la figure, le comportement, le message, le destin, le mystère de Jésus Christ ».

Et il continu en disant : « il m’a semblé clair que j’étais demeuré chrétien, c’était purement et simplement à  cause de Jésus.

Monseigneur Joseph DORE conclut par cette phrase très humble : « Oui, il a bel et bien décidé de tout pour moi. Au point d’abord que je n’ai fait le choix de devenir prêtre qu’à cause de Lui et de l’’évangile qu’Il a annoncé ».

Oui, frères et sœurs, nous connaissons des jours sombres, des tempêtes, des moments de découragements et de lassitude, mais nous faisons alors l’expérience étonnante, difficile à exprimer, malgré nos manquements, malgré toutes nos faiblesses, que c’est lui, Jésus seul, qui nous porte, que c’est Lui qui est notre raison de vivre.

 

Amen.

 

Père Jean-Pierre POTELLE - Dimanche 24 février 2013 – Sainte Maria GORETTI

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