P JP POTELLE Vivre de la foi

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Homélie du 19em dimanche ordinaire

Aujourd’hui le livre de la Sagesse nous dit : « la nuit de la délivrance pascale avait été connue d’avance par nos pères »

Quelle est cette nuit de la délivrance pascale ? C’est la nuit où Dieu est a frappé l’Egypte et préservé les enfants d’Israël restés dans le secret de leurs maisons : livre de l’exode 12/26 ;  « quand vos fils vous diront : « qu’est-ce que ce rite que vous faites ? » Vous direz : « C’est le sacrifice de la pâque pour le Seigneur, lui qui passa devant les maisons des fils d’Israël en Egypte, quand il frappa l’Egypte et délivra nos maisons »

Comment cette nuit était-elle connue de leurs pères (de leurs ancêtres) écoutons ce que dit le Seigneur à Abram : « Sache bien que ta descendance résidera dans un pays qu’elle ne possèdera pas. On en fera des esclaves qu’on opprimera pendant 400 ans. Je serai juge aussi de la nation qu’ils serviront, ils sortiront avec de grands biens. »

Cette promesse de la sortie d’Egypte tenait en haleine les descendants d’Abraham  opprimés en Egypte. Lors de la nuit pascale ils mangèrent l’agneau, se mirent en tenue de voyage, prêts à l’aventure.

Alors nous ? Sommes-nous disponibles, quand Dieu nous appelle, quand Dieu nous appelle à travers une parole d’évangile, à travers une demande de notre curé, à travers la parole d’un frère ou d’une sœur ? Et même si cet appel nous prend au dépourvu matériellement parlant, intérieurement sommes-nous prêts à répondre de suite au Seigneur ?

Cela n’est pas facile de vivre de la foi. Vivre de la foi en Dieu, c’est souvent marcher dans le noir et ne pas renier ce que l’on a vu en pleine lumière. Regardons encore Abraham et aussi son épouse Sarah tels que les décrit la lettre aux Hébreux.

«  Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu ; il partit vers un pays qui devait lui être donné en héritage. Il partit sans savoir où il allait » ….. Grâce à la foi, Sarah, elle aussi malgré son âge fut rendue capable d’avoir une descendance, parce qu’elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse.

Sommes-nous ces hommes et ces femmes de foi qui, à la suite d’Abraham et de Sarah, marchons comme si nous voyons l’invisible ?

Notre vie chrétienne, notre pastorale reposent-elles uniquement sur nos dons humains et notre besoin d’action ou sur la foi en un Dieu de miséricorde ?

Car  s’il doit bien venir à la fin des temps,  le Seigneur n’en continue pas moins, cependant de traverser l’histoire de chacune de nos vie, à l’heure où nous n’y pensons pas, à l’heure du voleur, au moment où nous ne l’attendons plus.

Comme il est venu à la rencontre d’Abraham et de Sarah, et de tous ceux qui ont guetté son passage, il vient aujourd’hui encore, pour nous apporter la délivrance, le salut, la paix.  

Mais savons-nous le voir ? Le danger de nous installer dans la routine, de ronronner dans nos équipes ou groupes de prière ne nous guette-t-il pas ? Ou avons-nous renoncé, sans oser vraiment le reconnaitre, à attendre de lui notre véritable trésor ?

L’étrange question, posée par Jésus à ses disciples dans un autre passage des évangiles , prend toute sa signification : «  le Fils de l’homme quand il viendra trouvera-t-il encore la foi sur la terre ? »

 Cette foi qui tira Abraham de son pays d’Our pour le jeter sur des chemins inconnus, cette foi qui donna à Sarah d’enfanter un fils de la promesse alors que tout semblait perdu,  cette foi qui transforma le cœur de tant d’hommes et de femmes, cette foi est-elle aussi la nôtre ? Amen

« De même la foi est un don qu’il n’est pas possible de conserver pour soi mais qui doit être partagé. », prévient le pape François qui poursuit cette mise en garde : «  si nous voulons garder (la foi) seulement pour nous, nous deviendrons dans ce cas des chrétiens isolés , stériles et malades ». Selon le pape, « l’annonce de l’évangile est inséparable du fait d’être disciple du christ et elle constitue un engagement constant qui anime toute la vie de l’Eglise ».

 

Homélies de P JP potelle à ND de l’Annonciation / Outumaoro

Le 11.08.2013

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1ère lecture : Sagesse 18/ 6-9

La nuit de la délivrance pascale avait été connue d'avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie. Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis. En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais pour nous donner ta gloire. Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d'un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

2ème lecture :  Hébreux  11/ 1-2.8-19

Frères, la foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu'on ne voit pas. Et quand l'Écriture rend témoignage aux anciens, c'est à cause de leur foi.  Grâce à la foi, Abraham obéit à l'appel de Dieu : il partit vers un pays qui devait lui être donné comme héritage. Et il partit sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner comme étranger dans la Terre promise ; c'est dans un campement qu'il vivait, ainsi qu'Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse que lui, car il attendait la cité qui aurait de vraies fondations, celle dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l'architecte. Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d'avoir une descendance parce qu'elle avait pensé que Dieu serait fidèle à sa promesse. C'est pourquoi, d'un seul homme, déjà marqué par la mort, ont pu naître des hommes aussi nombreux que les étoiles dans le ciel et les grains de sable au bord de la mer, que personne ne peut compter. C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir connu la réalisation des promesses ; mais ils l'avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs. Or, parler ainsi, c'est montrer clairement qu'on est à la recherche d'une patrie. S'ils avaient pensé à celle qu'ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d'y revenir. En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Et Dieu n'a pas refusé d'être invoqué comme leur Dieu, puisqu'il leur a préparé une cité céleste.  Grâce à la foi, quand il fut soumis à l'épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu'il avait reçu les promesses et entendu cette parole : C'est d'Isaac que naîtra une descendance qui portera ton nom.  Il pensait en effet que Dieu peut aller jusqu'à ressusciter les morts : c'est pourquoi son fils lui fut rendu ; et c'était prophétique.

Evangile :  Luc 12/ 32-48

Jésus disait à ses disciples : « Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume. Vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône. Faites-vous une bourse qui ne s'use pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n'approche pas, où la mite ne ronge pas. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.  Restez en tenue de service, et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. S'il revient vers minuit ou plus tard encore et qu'il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison connaissait l'heure où le voleur doit venir, il ne laisserait pas percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » Pierre dit alors : « Seigneur, cette parabole s'adresse-t-elle à nous, ou à tout le monde ? » Le Seigneur répond : « Quel est donc l'intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de ses domestiques pour leur donner, en temps voulu, leur part de blé ? Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Vraiment, je vous le déclare : il lui confiera la charge de tous ses biens. Mais si le même serviteur se dit : 'Mon maître tarde à venir', et s'il se met à frapper serviteurs et servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, son maître viendra le jour où il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'a pas prévue ; il se séparera de lui et le mettra parmi les infidèles. Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n'a pourtant rien préparé, ni accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups. Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, n'en recevra qu'un petit nombre. À qui l'on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l'on a beaucoup confié, on réclamera davantage. »

 

 

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