P L BOYER/ Luc 17./.11.19

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28eme dimanche ordinaire 

Homélie du P Landry Boyer

La maladie de la lèpre, en Israël était vue comme un châtiment du ciel. Les juifs pensaient que la peau était le reflet de l’âme, de l’intérieur de la personne. Donc si la peau est tachée, l’âme est impure, le cœur est mauvais.  Comme si Dieu indiquait aux bonnes personnes qu’elles sont les personnes non fréquentables. Alors tout bon juif qui se respecte devait changer de trottoir en voyant un lépreux venir en face.

 Mais voilà que dix lépreux viennent vers Jésus. Ils ne l’évitent pas, et Jésus non plus ne fait pas d’écart pour les éviter et continuer son chemin.

Luc précise que ce n’est pas n’importe quel chemin de Jésus : il marche vers Jérusalem.  Cela veut dire que l’histoire que nous lisons aujourd’hui, il faut la lire avec les lunettes de Pâques, à la lumière du don de l’Esprit Saint, comme signe de pardon offert à tout homme.

Si Jésus était vraiment un envoyé de Dieu, se disent les témoins, il ne se laisserait pas arrêter, interpeler par ces vauriens. Comme pour la prostituée qui essuya de ses larmes les pieds de Jésus, Jésus s’intéresse à leur cas, à leur situation. Il ne prête pas attention à ce que pensent les gens. Il comprend la détresse des lépreux. Il prend pitié et leur demande une chose simple : aller faire constater leur guérison aux prêtres (en effet pour qu’un lépreux puisse récupérer son droit de retourner parmi les gens fréquentables, il lui fallait à l’époque le « tampon » de la synagogue). Remarquez que Jésus leur dit qu’ils sont guéris en leur demandant d’aller faire constater leur guérison. Pour nous ils ont été guéris parce qu’ils ont cru en sa parole, parce qu’ils ont cru que Jésus avait ce pouvoir de les guérir. (Ils auraient pu dire : guéris nous d’abord sinon nous aurons l’air bête devant les prêtres si on n’est pas guéris !) Ils ont eu ce mérite de ne pas se tromper de personne et d’avoir cru en cette personne.

Déjà jusque là, le message est fort pour nous : c’est Jésus  qui nous apporte la guérison du mal qui touche le cœur de tous les hommes depuis les origines. Cette guérison est programmée dans la montée vers Jérusalem, vers la croix.

Quand Jésus monte vers Jérusalem ses titres changent on ne l’appelle plus « rabbi » mais « Maitre et Seigneur ». Ce sont les titres de la résurrection.

Mais ce qui est encore plus fort dans cette histoire, que nous rapporte Luc, c’est que le moins fréquentable parmi ces non fréquentables, le seul samaritain,  parmi les dix, pense à revenir vers Jésus pour le remercier. Il le reconnait donc comme la source de la guérison plus encore que les autres, juifs pourtant, ceux qui sont censés mieux connaitre Dieu que les autres.

N’oublions pas que Luc lui-même est quelqu’un qui n’est pas d’origine juive. En ayant été converti par les paroles de Paul, et en le suivant, en mettant par écrit son évangile, il témoigne de son attachement au Seigneur, bien plus que la plupart des juifs, devenus chrétiens à son époque. Les grecs ont démontré parfois, des signes de foi plus profonde envers Jésus que les juifs.

Que retenir pour nous aujourd’hui, pour nous aider à bien attaquer la semaine qui approche ? Et bien si on réfléchit bien, quelle est la malédiction qui pèse sur nous, qui semble prendre le dessus chaque fois que nous cherchons à faire quelque chose : les mauvais penchants de notre cœur (la concupiscence). C’est plus fort que nous, nous avons des jalousies habituelles, notre orgueil, notre attachement à l’argent, nos convoitises, notre facilité à dire du mal des autres, à éviter le travail, à ne pas prendre nos responsabilités et j’en passe. Bref, tout cela vient des origines, et c’est la lèpre de notre cœur, mais cela ne se reflète pas sur notre peau. Les gens ne savent pas ce que nous leur réservons dans le fond de notre cœur.

Alors chers frères et sœurs, qui pourra nous délivrer de cette maladie qui nous colle à la peau pour ainsi dire ? Ne nous trompons pas de personne. Adressons nous à la bonne personne : Jésus Sauveur et Seigneur. C’est lui le soleil de Justice qui apporte la guérison dans son rayonnement, comme nous dit le livre de Malachie.

Alors si nous sommes vraiment « fiu » de nos mauvais penchants, allons vers le Seigneur, déposons ce fardeau pesant et prenons le sien. Mettons nous à genoux devant lui pour le supplier de nous guérir, de nous faire progresser à ce niveau là, de nous donner au moins la joie de moins faire souffrir ceux qui vivent avec nous. En tout cas, c’est vraiment dans l’eucharistie que nous trouvons la guérison, le seul lieu où le cœur de pierre peut se changer en cœur de chair. Amen.

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1ère lecture : 2 Rois 5/14-17

Le général syrien Naaman, qui était lépreux descendit jusqu'au Jourdain et s'y plongea sept fois, pour obéir à l'ordre d'Élisée ; alors sa chair redevint semblable à celle d'un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l'homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Je le sais désormais : il n'y a pas d'autre Dieu, sur toute la terre, que celui d'Israël ! Je t'en prie, accepte un présent de ton serviteur. » Mais Élisée répondit : « Par la vie du Seigneur que je sers, je n'accepterai rien. » Naaman le pressa d'accepter, mais il refusa. Naaman dit alors : « Puisque c'est ainsi, permets que ton serviteur emporte de la terre de ce pays autant que deux mulets peuvent en transporter, car je ne veux plus offrir ni holocauste ni sacrifice à d'autres dieux qu'au Seigneur Dieu d'Israël. »

2ème lecture :(2 Timothée 2/8-13

Souviens-toi de Jésus Christ, le descendant de David : il est ressuscité d'entre les morts, voilà mon Évangile. C'est pour lui que je souffre, jusqu'à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n'enchaîne pas la parole de Dieu ! C'est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu'ils obtiennent eux aussi le salut par Jésus Christ, avec la gloire éternelle. Voici une parole sûre : « Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l'épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous sommes infidèles, lui, il restera fidèle, car il ne peut se rejeter lui-même. »

Evangile : Luc 17, 11-19

Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s'arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » En les voyant, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. »  En cours de route, ils furent purifiés. L'un d'eux, voyant qu'il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta la face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c'était un Samaritain. Alors Jésus demanda : « Est-ce que tous les dix n'ont pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? On ne les a pas vus revenir pour rendre gloire à Dieu ; il n'y a que cet étranger ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t'a sauvé. »

 

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