P L BOYER tamaaraa

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Homélie du 01.09.13

 22 eme dimanche ordinaire

 Dans la version de Luc, de l’évangile de Jésus-Christ, on retrouve souvent le Christ attablé dans les mariages, les banquets, entouré de ses disciples et des convives.

En Polynésie, une personne que l’on verrait fréquemment dans les tamaaraa, les bringues, gagnerait rapidement une mauvaise réputation. Jésus n’a pas non plus échappé aux attaques, aux critiques de la part des pharisiens, qui le traitaient au mieux de « bon vivant » au pire de « glouton »

Dans les tamaaraa évangéliques, Jésus étaient certainement un invité parmi les autres, il n’était probablement pas le centre de la fête ; il devait être plus un observateur privilégié dans la réalité. Mais Luc voulait absolument mettre les projecteurs sur la personne de Jésus, comme si tout le banquet tournait autour de lui. Même les organisateurs, les mariés, les maitres de maison passaient au second plan et prenaient la place de simples invités dans les récits de Luc. Tout le monde, même un maitre de maison parait attendre une parole qui sortirait de la bouche de Jésus.

Cette déformation de perspective a un but bien précis : Luc voulait avant tout rappeler l’horizon de la vie chrétienne : LE BANQUET DU CIEL, LES NOCES DE L’AGNEAU

On ne peut donc soupçonner Luc, en faisant de la sorte, de vouloir nuire à la réputation de Jésus en insistant sur son côté festif. Toute vie chrétienne doit s’achever dans le banquet final où il n’y aura ni bagarre, ni jalousie, ni personne qui cherche à passer avant les autres. Tous les invités auront été « triés sur le volet » si l’on peut dire ; ils auront lavés leur robe dans le sang de l’Agneau  (nous dit l’Apocalypse) ; ils auront été jugés dignes de faire partie de cette grande fête en menant une vie d’humilité dans la charité, ils auront bu à la coupe de l’humilité et du service.   

Dans le banquet céleste, Luc sait que l’Agneau est au centre. Tout au long de sa vie, Jésus a recherché constamment la dernière place en se faisant le serviteur des serviteurs. Toute sa vie, il a cherché à s’abaisser. Sur la croix, nous avons vu jusqu’où il était capable de s’abaisser pour nous donner la vie.

Saint Paul nous dit que c’est pour cela que le Père l’a élevé au-dessus de tous et l’a replacé au centre du banquet, où il nous attend pour partager le meilleur avec lui

Si Luc insiste donc sur le banquet, c’est qu’il s’adresse d’abord à ceux qui veulent mettre leurs pas dans ceux de Jésus : les disciples.  Il leur indique a voie de l’humilité comme chemin sur pour être dignes d’entrer dans le Royaume de Cieux : «  Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » Toute la vie du disciple devra être imprégnée d’humilité sincère.

Nous sommes souvent déçus par les tamaaraa que nous faisons ici bas. Beaucoup de choses viennent gâcher l’ambiance, de la fête , le tonton qui a trop bu comme d’habitude et qui cherche des noises à quelqu’un, le cousin qui a la main qui traine partout, le beau frère qui n’espère qu’une chose, rendre la monnaie de sa pièce à celui qui lui a fait du tort à un précédent tamaaraa, ne parlons pas des invités qui n’amènent rien mais qui espèrent emporter un maximum, ceux qui veulent les meilleures places etc. Nos tamaaraa sont à l’image de notre vie quotidienne : joie et paix cohabitent avec jalousie et haine. Il suffit de peu pour semer la zizanie et cela se renouvelle immanquablement à chaque tamaaraa.

Notre vie quotidienne est lourde à porter, mais c’est le champ que le semeur a choisi pour y porter la Bonne Nouvelle, pour appeler les pécheurs à la repentance, à changer de vie.

Chers frères et sœurs, un grand tamaaraa nous tend les bras et le Seigneur a dressé la table. Certes les égoïstes n’y trouveront pas place, mais les paroles de Jésus aujourd’hui ne sont pas présentées comme des menaces, mais comme une invitation : « quand tu invites, invite d’abord ceux qui ne peuvent rien te donner en retour » ; C’est ce que Jésus fait chaque jour, il nous invite à son festin alors que nous sommes pauvres devant lui et qu’il n’y a rien que nous puissions faire pour mériter cet honneur. C’est curieux, c’est envie que nous avons tous de vouloir faire la fête. Il y a certainement au fond de chaque homme, de chaque cœur, le rêve d’une fête réussie à 100%, le ma’a à volonté, le super orchestre, entourés de nos meilleurs amis. Eh bien le message de l’évangile aujourd’hui nous dit : Ce tamaaraa idéal, il existe vraiment : c’est celui que Jésus a préparé pour son disciple. Amen.

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1ère lecture : Sirac 3, 17-18.20.28-29

Mon fils, accomplis toute chose dans l'humilité, et tu seras aimé plus qu'un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t'abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur. La puissance du Seigneur est grande, et les humbles lui rendent gloire. La condition de l'orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui. L'homme sensé médite les maximes de la sagesse ; l'idéal du sage, c'est une oreille qui écoute.

2ème lecture : Heb 12, 18-19.22-24a

Frères,  quand vous êtes venus vers Dieu, il n'y avait rien de matériel comme au Sinaï, pas de feu qui brûle, pas d'obscurité, de ténèbres, ni d'ouragan, pas de son de trompettes, pas de paroles prononcées par cette voix que les fils d'Israël demandèrent à ne plus entendre. Mais vous êtes venus vers la montagne de Sion et vers la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, vers des milliers d'anges en fête et vers l'assemblée des premiers-nés dont les noms sont inscrits dans les cieux. Vous êtes venus vers Dieu, le juge de tous les hommes, et vers les âmes des justes arrivés à la perfection. Vous êtes venus vers Jésus, le médiateur d'une Alliance nouvelle.

Evangile Luc 14, 1a.7-14

Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Remarquant que les invités choisissaient les premières places, il leur dit cette parabole : « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, car on peut avoir invité quelqu'un de plus important que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendrait te dire : 'Cède-lui ta place', et tu irais, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t'a invité, il te dira : 'Mon ami, avance plus haut', et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui sont à table avec toi. Qui s'élève sera abaissé ; qui s'abaisse sera élevé. »  Jésus disait aussi à celui qui l'avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi t'inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; et tu seras heureux, parce qu'ils n'ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

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Date de dernière mise à jour : 2013-09-06