Pko 01.03.2020.

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Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°11/2020

Dimanche 1er mars 2020 – 1er Dimanche du Temps de Carême – Année A

Humeurs…       

Coronavirus Covid-19
Information de la Santé publique

À l’heure actuelle, le risque d’introduction en Polynésie française du coronavirus Covid-19 (2019-nCov) est considéré comme possible mais de faible probabilité.

Le ministère de la Santé et de la prévention, en lien avec les services de l’État, les ministères du Tourisme, de l’Éducation et des Transports supervise la mise en œuvre de mesures de prévention en Polynésie française.

Bien qu’il n’y ait aucun vol direct en provenance de Chine, des mesures de prévention sont en cours et les informations à destination des voyageurs sont réévaluées en fonction de la situation épidémiologique.

Les services d’urgence, les établissements hospitaliers et les professionnels de santé sont informés sur la situation et les recommandations. Ils disposent des matériels et des procédures adaptés à la prise en charge de patients susceptibles d’être contaminés par le coronavirus. Les moyens habituels de situation d’urgence sanitaire sont prêts et peuvent être mobilisés rapidement si besoin.

Au 27 février 2020, la situation épidémiologique internationale fait état de :

  • 82 132 cas confirmés de COVID-19, dont 78 528 cas en Chine (PRC) (96%) et 3 604 cas hors Chine (PRC) (4%)
  • 2 745 décès en Chine (PRC), 2 en France, 2 à Hong-Kong, 3 au Japon, 1 aux Philippines, 19 en Iran, 4 sur le bateau de croisière “Diamond Princess”, 1 à Taïwan, 12 en Corée du Sud, 12 en Italie

Au total, 5 continents touchés :

  • Asie hors chine continentale : 2 322 cas
  • Europe : 480 cas
  • Amérique : 72 cas
  • Océanie : 23 cas
  • Afrique : 2 cas

Autres : 705 cas sur un bateau de croisière au large du Japon

Parmi les 46 pays hors Chine ayant signalé des cas, 7 nouveaux pays sont touchés : Pakistan (2 cas), Danemark (1 cas), Georgie (1 cas), Grèce (1 cas), Macédoine du Nord (1 cas), Norvège (1 cas), Roumanie (1 cas).

Liste des zones à risque pour lesquels une attestation médicale certifiant l’état de santé exempt de tout signe d’infection à coronavirus, datant de moins de 5 jours, devra être présentée à l’embarquement des vols à destination de la Polynésie française par tout voyageur ayant séjourné dans une de ces zones dans les 30 jours précédant le voyage:

ChineCambodge - Hong-KongIndeJapanMacaoMalaisieNépalSingapour - Corée du Sud - Sri LankaTaiwanThaïlandeVietnamPhillipinesIranItalie : Régions de Lombardie, Vénétie et Émilie-Romagne

Recommandations

La Direction de la santé émet les recommandations suivantes pour les personnes revenant de Chine. 

Dans les 14 jours suivant le retour :

  • Surveillez votre température 2 fois par jour.
  • Surveillez l’apparition de symptômes d’infection respiratoire (toux, difficultés à respirer…).
  • Portez un masque chirurgical lorsque vous êtes en face d’une autre personne et lorsque vous devez sortir.
  • Lavez-vous les mains régulièrement ou utiliser une solution hydro-alcoolique.
  • Evitez tout contact avec les personnes fragiles (femmes enceintes, malades chroniques, personnes âgées…).
  • Evitez de fréquenter des lieux où se trouvent des personnes fragiles (hôpitaux, maternités, structures d’hébergement pour personnes âgées…).
  • Evitez toute sortie non indispensable (grands rassemblements, restaurants, cinéma…).

Si vous devez sortir, portez un masque chirurgical :

  • Travailleurs/étudiants : dans la mesure du possible, privilégiez le télétravail et évitez les contacts proches (réunions, ascenseurs, cantine…).
  • Les enfants ne doivent pas être envoyés à la crèche ou à l’école, compte tenu de la difficulté à leur faire porter un masque toute la journée.

En cas de signes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires) dans les 14 jours suivant le retour :

  • Contacter le Samu Centre 15 en faisant état des symptômes et du séjour récent en Chine.
  • Evitez tout contact avec votre entourage et conservez votre masque.
  • Ne pas se rendre chez son médecin traitant ou aux urgences, pour éviter toute potentielle contamination.

Les voyages vers la Chine sont déconseillés.

Laissez-moi vous dire…

Du 26 février au 11 avril : Temps de Carême

Les pardons impossibles sans la grâce

Entendus lors d’une catéchèse sur le pardon : « Quand je pardonne, c’est un peu comme si j’étais heureux. C’est important, parce que l’autre est triste. Ça permet de lui reconstruire le cœur. » (Dimitri, 10 ans) « Quand je suis pardonnée, cela fait bizarre. On a peur de demander pardon, mais après, on se sent mieux. » (Lola, 9 ans) « Pardonner c’est important, car on redevient ami. On a confiance que l’autre ne va plus nous faire mal. » (Mathéo, 9 ans) [Source : A L’ECOUTE, magazine des apprentis d’Auteuil, février-mars 2020, n°232]

En temps de Carême l’Église nous invite à nous convertir. « Convertissez-vous, croyez à l’Évangile », c’est le programme que nous trace l’Église en imposant les cendres sur notre front. Par quels moyens parvenir à la conversion ? Par la prière, la méditation de la Parole de Dieu, le partage et le pardon.

Mais pardonner ou demander pardon n’est pas toujours chose facile. J’entends cette jeune fille crier : « Mon père ? jamais je ne lui pardonnerai ce qu’il m’a fait… ». Tel(le) conjoint(e) meurtri(e) par les infidélités de l’autre : « Jamais je ne pourrai lui pardonner ». On pourrait citer bien d’autres exemples plus atroces, plus dramatiques ou horribles les uns que les autres.

Et pourtant… dans l’impossibilité de pardonner on redit ces paroles que Jésus a apprises à ses disciples : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ». Oui, Dieu Notre Père nous pardonne TOUT. Mais le Catéchisme de l’Église Catholique nous le rappelle : « Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu”, alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. » (1 Jean 4,20) Dans le refus de pardonner à nos frères et sœurs, notre cœur se referme, sa dureté le rend imperméable à l’amour miséricordieux du Père ; dans la confession de notre péché, notre cœur est ouvert à sa grâce. [Réf. Catéchisme de l’Église Catholique n°2840]

La clef du pardon est bien là : c’est dans la réception du sacrement de la réconciliation, la confession de notre péché, que nous allons puiser à la grâce divine les forces nécessaires pour pardonner à nos offenseurs. Facile à dire, pensez-vous… Il aurait été plus simple de rester à l’ancienne loi : « Œil pour œil, dent pour dent » ; tant nous aimerions nous venger. C’est oublier que Jésus est venu parfaire la loi en nous invitant à aller plus loin. Il est intéressant de relire le sermon sur la montagne (cf. Matthieu 5). Entre autres Jésus demande : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Matthieu 5,43-44) Humainement cela parait “Mission impossible”, sauf avec le secours de la grâce divine.

Nombreux sont les exemples de pardons nous paraissant impossibles.

La jeune Maria Goretti, à peine âgée de 12 ans, s’oppose à son voisin qui voulait abuser d’elle, celui-ci lui assène alors 14 coups de couteau. À l’hôpital, le 5 juillet 1902, avant de mourir, après avoir reçu la communion pour la dernière fois, Maria confie au prêtre : « Pour l’amour de Jésus, je pardonne à Alessandro. Je veux qu’il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi, je lui ai déjà pardonné ».1

Franz Stock est un prêtre allemand affecté en novembre 1940 comme aumônier à la prison de Fresnes pour assister les otages français pris par la gestapo en représailles des attentats commis contre des militaires allemands. La plupart de ces prisonniers seront condamnés à mort et exécutés au Mont-Valérien. Au risque de sa vie, l’abbé Stock transgresse continuellement la loi de la « triple peine » qui pèse sur les prisonniers : pas de contact avec les familles, pas de courrier ni de lecture, pas de colis. Pour les condamnés à mort le prêtre est la seule présence amicale, fraternelle, chrétienne. Le 8 août 1943, il assiste Éric, un jeune de dix-huit ans. Dans un billet à sa mère, le condamné a écrit : « Je viens de voir le prêtre. Vois-le après ma mort. Il te parlera de moi et de mes derniers instants… Dieu m’attend et me tend les bras. Ce sera pour moi la Vie éternelle et l’Amour infini de Dieu. Pardonne de tout ton cœur à tous ceux qui sont responsables de ma mort. Dieu jugera… Je viens de communier. Adieu. »

Souvenons-nous également du pardon de Jean-Paul II à son agresseur, le 17 mai 1981 (4 jours après l’attentat) ; et de la visite qu’il lui a rendue à la prison le 27 décembre 1983.

Nous avons 40 jours devant nous pour nous armer contre les tentations de toutes sortes, plus particulièrement celles de la vengeance, du refus de pardonner ou de demander pardon. Faisons confiance à la pédagogie du Christ, dans la prière et la participation aux sacrements de réconciliation et de l’eucharistie car « Ce qui est impossible pour les hommes est possible pour Dieu. » (Matthieu 18, 27)

Dominique Soupé

1   Alessandro, l’assassin de Maria Goretti, sera condamné à 30 ans de prison. En 1910, la maman de Maria pardonne à Alessandro. En 1950, à Rome lors de la cérémonie de canonisation de Maria : assis dans les premiers rangs, un vieil homme pleure en silence ; c’est Alessandro, bouleversé. Lui, le pécheur pardonné par sa victime au lieu d’être maudit, le criminel repenti…

© Cathédrale de Papeete – 2020

Regard sur l’actualité…

Et si nous étions privés d’Eucharistie ?

La propagation du coronavirus Covid-19 oblige les autorités civiles et religieuses à prendre des mesures de quarantaine à grande échelle : confinement, interdiction de circuler…

Ceci n’est pas sans rappeler d’autres épidémies plus dramatiques : la peste noire qui a décimé près de 30% de la population de l’Europe entre 1347 et 1352 ; la grippe espagnole à Tahiti faisant plus de 3 000 morts en 1918 ; la grippe H1N1 de 2009 ; la fièvre Ebola en 2014…

L’Église catholique participe pleinement à la lutte contre ces épidémies puisqu’elle constitue le plus grand fournisseur non gouvernemental de services de santé au monde avec près de 26% des établissements de soins (Source : Conseil pontifical pour la pastorale de la santé / vatican.va). Les diocèses de Hong Kong, de Lombardie et de Vénétie (en Italie) ont suspendu toutes les messes et réunions pendant 15 jours. Décision difficile à prendre car les fidèles soumis au confinement n’ont plus accès aux sacrements, particulièrement à l’Eucharistie.

Le curé d’Adda, petit village au Nord de l’Italie où l’épidémie a commencé, a adressé sur youtube un message de paix et d’espérance à ses paroissiens. En ce début de Carême, écoutons les conseils de Don Gabriele Bernardelli :

« Chers frères et sœurs, aucun d’entre nous n’aurait peut-être jamais pensé se retrouver dans la situation dans laquelle nous nous trouvons. (…) ce fait nous amène à considérer à quel point, dans le monde, nous sommes désormais une grande famille. Nous devons maintenant suivre les indications que les autorités ont établies, y compris la cessation de la célébration de la Sainte Messe.

Il est facile, dans cette situation, de se laisser aller spirituellement, devenant apathique envers la prière, considérée comme inutile. Je vous invite plutôt, chers frères et sœurs, à intensifier la prière, qui ouvre toujours les situations à Dieu. Nous nous rendons compte, dans des conjonctures comme celle du présent, de notre impuissance, alors crions à Dieu notre surprise, notre souffrance, notre peur. Hier, j’ai pensé au passage que nous lirons le mercredi des Cendres, tiré du prophète Joël (2,17) : ‘’Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : Pitié, Seigneur, pour ton peuple’’. Je n’ai pas honte de vous dire qu’hier, devant le tabernacle et la statue de la Sainte Vierge, j’ai moi aussi pleuré. Et je vous demande d’élever avec moi vers le Seigneur le cri de notre prière. Prier, c’est déjà espérer. (…)

Lorsque vous entendrez sonner les cloches de la Messe, joignez-vous au prêtre qui offrira le Sacrifice du Seigneur pour tous. Demain matin [dimanche 23 février], après la messe que je célébrerai à 11H, je sortirai sur le parvis et je bénirai toute la paroisse et tout le village avec le Saint-Sacrement. Avant tout, souvenons-nous de ceux qui ont été infectés par le virus et de leurs familles, afin qu’ils ne se découragent pas, mais aussi de tout le personnel médical qui se dépense pour faire face à la contagion. Restons unis dans la prière. Votre curé, don Gabriele. » [voir : youtube.com/watch?v=sJMEQmym66w].

Si nous sommes empêchés pour diverses raisons de célébrer l’Eucharistie [comme nos frères et sœurs des îles éloignées] restons toujours unis dans la communion des saints.

Dominique SOUPÉ

© Archidiocèse de Papeete - 2020

Audience générale

Prière, jeûne et miséricorde, voilà la route du désert

Dans sa catéchèse, lors de l’audience générale de ce mercredi des Cendres, place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur la signification spirituelle du désert, « lieu de vie ». « Le Carême est le temps propice pour faire de la place à la Parole de Dieu ». Il a aussi exprimé de nouveau sa proximité avec les malades du coronavirus et aux agents de santé qui les soignent, ainsi qu’aux autorités civiles et toutes les personnes engagées dans la lutte contre la maladie.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, Mercredi des Cendres, nous commençons le chemin du Carême, un chemin de quarante jours vers Pâques, vers le cœur de l’année liturgique et de notre foi. C’est un chemin qui suit celui de Jésus qui, au début de son ministère, se retira pendant quarante jours pour prier et jeûner, tenté par le diable, dans le désert. C’est justement de la signification spirituelle du désert que je voudrais vous parler aujourd’hui. Que signifie spirituellement le désert pour nous tous, même nous qui vivons en ville, que signifie le désert ?

Imaginons que nous sommes dans un désert. La première sensation serait de nous trouver enveloppés d’un grand silence : pas de bruit, à part le vent et notre respiration. Voilà, le désert est le lieu du détachement par rapport au vacarme qui nous entoure. C’est l’absence de paroles pour faire de la place à une autre parole, la Parole de Dieu qui, comme une brise légère, nous caresse le cœur (cf. 1 R 19,12). Le désert est le lieu de la Parole, avec une majuscule. En effet, dans la Bible, le Seigneur aime nous parler dans le désert. Dans le désert, il remet à Moïse les « dix paroles », les dix commandements. Et quand le peuple s’éloigne de lui, devenant comme une épouse infidèle, Dieu dit : « C’est pourquoi, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse » (Os 2,16-17). Dans le désert, on écoute la Parole de Dieu, qui est comme un léger son. Le Livre des Rois dit que la Parole de Dieu est comme un fil de silence sonore. Dans le désert, on retrouve l’intimité avec Dieu, l’amour du Seigneur. Jésus aimait se retirer tous les jours dans des lieux déserts pour prier (cf. Lc 5,16). Il nous a enseigné comment chercher le Père, qui nous parle dans le silence. Et ce n’est pas facile de faire silence dans son cœur, parce que nous cherchons toujours à parler un peu, à être avec les autres.

Le Carême est le temps propice pour faire de la place à la Parole de Dieu. C’est le temps pour éteindre la télévision et ouvrir la Bible. C’est le temps pour se détacher de son portable et de se connecter à l’Évangile. Quand j’étais enfant, il n’y avait pas la télévision, mais il y avait l’habitude de ne pas écouter la radio. Le Carême est un désert, c’est le temps de renoncer, de se détacher de son portable et de se connecter à l’Évangile. C’est le temps de renoncer aux paroles inutiles, aux bavardages, aux rumeurs, aux ragots, et de parler en tutoyant le Seigneur. C’est le temps de se consacrer à une saine écologie du cœur, y faire le ménage.

Nous vivons dans un environnement pollué par trop de violence verbale, par tant de paroles offensives et nocives, que le réseau amplifie. Aujourd’hui, on insulte comme si l’on disait « Bonjour ». Nous sommes submergés de paroles vides, de publicité, de messages insidieux. Nous nous sommes habitués à entendre de tout sur tout le monde et nous risquons de glisser dans une mondanité qui nous atrophie le cœur et il n’y a pas moyen d’éviter cela pour en guérir, à part le silence. Nous avons du mal à distinguer la voix du Seigneur qui nous parle, la voix de la conscience, la voix du bien. En nous appelant au désert, Jésus nous invite à tendre l’oreille à ce qui compte, à l’important, à l’essentiel. Au diable qui le tentait, il répondit : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4,4). Comme du pain, plus que du pain, nous avons besoin de la Parole de Dieu, nous avons besoin de parler avec Dieu ; nous avons besoin de prier. Parce que, quand nous sommes seuls devant Dieu, les inclinations du cœur viennent à la lumière et les duplicités de l’âme tombent. Voilà le désert, un lieu de vie, non de mort, parce que dialoguer dans le silence avec le Seigneur nous redonne vie.

Essayons à nouveau de penser à un désert. Le désert est le lieu de l’essentiel. Regardons notre vie : combien de choses inutiles nous entourent ! Nous poursuivons mille choses qui semblent nécessaires et qui, en réalité, ne le sont pas. Comme cela nous ferait du bien de nous libérer de toutes ces réalités superflues, pour redécouvrir ce qui compte, pour retrouver les visages de ceux qui sont à côté de nous ! Là aussi, Jésus nous donne l’exemple en jeûnant. Jeûner, c’est savoir renoncer aux choses vaines, au superflu, pour aller à l’essentiel. Jeûner, ce n’est pas seulement pour maigrir, jeûner c’est aller justement à l’essentiel, c’est chercher la beauté d’une vie plus simple.

Le désert, enfin, est le lieu de la solitude. Aujourd’hui encore, près de nous, il y a beaucoup de désert. Ce sont les personnes seules et abandonnées. Combien de pauvres et de personnes âgées sont à côté de nous et vivent dans le silence, sans clameur, marginalisés et rejetés ! Parler d’eux n’attire pas les foules. Mais le désert nous conduit à eux, à ceux que l’on fait taire et qui demandent notre aide en silence. Combien de regards silencieux qui demandent notre aide ! Le chemin de désert du Carême est un chemin de charité envers celui qui est plus faible.

Prière, jeûne, œuvres de miséricorde : voilà le chemin dans le désert du Carême.

Chers frères et sœurs, par la voie du prophète Isaïe, Dieu a fait cette promesse : « Voici que je fais une chose nouvelle, je vais faire passer un chemin dans le désert » (Is 43,19). Dans le désert, le chemin qui nous conduit de la mort à la vie, s’ouvre. Entrons dans le désert avec Jésus, nous en sortirons en goûtant Pâques, la puissance de l’amour de Dieu qui renouvelle la vie. Il nous arrivera comme à ces déserts qui fleurissent au printemps, faisant germer à l’improviste, « du néant », des bourgeons et des plantes. Courage, entrons dans ce désert du Carême, suivons Jésus dans le désert : avec lui, nos déserts fleuriront.

© Libreria Editrice Vaticana - 2020

Commentaire des lectures du dimanche

Chers frères et sœurs, bonjour !

En ce premier dimanche de Carême, l’Évangile nous introduit sur le chemin vers Pâques, en montrant Jésus qui demeure quarante jours dans le désert, soumis aux tentations du diable (cf. Mt 4,1-11). Cet épisode se situe à un moment précis de la vie de Jésus : immédiatement après son baptême dans le Jourdain, et avant son ministère public. Il vient de recevoir l’investiture solennelle : l’Esprit de Dieu est descendu sur Lui, le Père du Ciel l’a déclaré son « Fils bien-aimé » (Mt 3,17). Désormais, Jésus est prêt à commencer sa mission, et puisqu’elle a un ennemi déclaré, c’est-à-dire satan, Il l’affronte immédiatement, « corps à corps ». Le diable s’appuie justement sur le titre de « Fils de Dieu » pour éloigner Jésus de l’accomplissement de sa mission : « Si tu es Fils de Dieu... », lui répète-t-il (vv.3.6), et il lui propose d’accomplir des gestes miraculeux — de faire le « magicien » —, comme de transformer les pierres en pain, pour apaiser sa faim, et se jeter des murailles du temple en laissant les anges le sauver. Ces deux tentations sont suivies d’une troisième : l’adorer lui, le diable, pour dominer le monde (cf. v.9).

Par cette triple tentation, Satan veut détourner Jésus de la voie de l’obéissance et de l’humiliation — parce qu’il sait qu’ainsi, sur cette voie, le mal sera vaincu — et le conduire sur le faux raccourci du succès et de la gloire. Mais les flèches empoisonnées du diable sont « parées » par Jésus grâce au bouclier de la Parole de Dieu (vv. 4.7.10) qui exprime la volonté du Père. Jésus ne prononce aucune parole qui soit la sienne : il répond uniquement par la Parole de Dieu. Et ainsi, le Fils, rempli de la force de l’Esprit Saint, sort victorieux du désert. 

Pendant les quarante jours du Carême, en tant que chrétiens, nous sommes invités à suivre les traces de Jésus et à affronter le combat spirituel contre le Malin par la force de la Parole de Dieu. Pas par notre parole, c’est inutile. La Parole de Dieu : celle qui a la force pour vaincre satan. C’est pourquoi il faut se familiariser avec la Bible : la lire souvent, la méditer, l’assimiler. La Bible contient la Parole de Dieu, qui est toujours actuelle et efficace. Quelqu’un a dit : que se passerait-il si nous traitions la Bible comme nous traitons notre téléphone portable ? Si nous la portions toujours avec nous, ou tout au moins un petit Évangile de poche : que se passerait-il ? Si nous revenions en arrière quand nous l’oublions : quand tu oublies ton téléphone portable : « Oh ! je ne l’ai pas, je retourne le chercher »; si nous l’ouvrions plusieurs fois par jour; si nous lisions les messages de Dieu contenus dans la Bible comme nous lisons les messages du portable, que se passerait-il ? La comparaison est clairement paradoxale, mais elle fait réfléchir. En effet, si nous avions la Parole de Dieu toujours dans notre cœur, aucune tentation ne pourrait nous éloigner de Dieu et aucun obstacle ne pourrait nous faire dévier de la bonne route. Nous saurions vaincre les suggestions quotidiennes du mal qui est en nous et en dehors de nous ; nous serions davantage capables de vivre une vie ressuscitée selon l’Esprit, en accueillant et en aimant nos frères, spécialement les plus faibles et les plus démunis, et aussi nos ennemis.

Que la Vierge Marie, icône parfaite de l’obéissance à Dieu et de la confiance inconditionnelle à sa volonté, nous soutienne sur le chemin du Carême, afin que nous nous mettions à l’écoute docile de la Parole de Dieu pour réaliser une vraie conversion du cœur.

© Libreria Editrice Vaticana – 2017

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2020-03-18