Pko 03.02.2019

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°06/2019

Dimanche 3 février 2019 – 4ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Humeurs…

Bilan 2018 de l’Accueil te Vai-ete

« Nous vivons dans un monde ou ceux qui gagnent 1 000 000 xfp par mois persuadent ceux qui en gagnent 200 000 que tout va mal à cause ceux qui vivent avec 40 000 xfp. Et ça marche ! »

Félix Lobo - humoriste

Avec retard, voici le Bilan 2018 de l’Accueil Te Vai-ete. Tout au long de l’année passée, nous avons publié des bilans partiels des différentes activités organisées par les bénévoles qui œuvres auprès des personnes en grande précarité et à la rue, (confitures, canettes, santé, emploi…). Voici aujourd’hui le « bilan général » avec quelques chiffres un peu plus objectifs que les chiffres fantasques que nous avons entendu par-ci par-là… répétée jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir !

Un bilan, le plus exhaustif possible – un peu long… 14 pages – mais sans langue de bois qui présente l’œuvre accomplie par des bénévoles, croyants ou non, qui se donnent dans l’ombre, sans compter leur temps et leur peine.

Des bénévoles qui forcent l’admiration tant par leur persévérance que par leur fidélité. Rien dans l’esbroufe, rien dans le paraître… juste le souci de tendre une main à d’autres hommes qui en ont besoin… avec parfois comme salaire le mépris de la société qui les entoure… Pas de « Yaquà » ou de « Fautquon » chez eux… juste des hommes et des femmes debout… assumant leur conviction, leur engagement !

« Chapeaux bas » à ces bénévoles de l’ombre !

C’est ce travail accompli qui parfois conduis ce bilan à des propos quelque peu acide face à certaines réactions ou inactions… La grande précarité est aussi parfois un « business » qui oubli que l’essentiel est la personne !

Le bénévole

Le bénévole (activus benevolus) est un mammifère bipède qu’on rencontre surtout dans les associations où il peut se réunir avec ses congénères.

L’ennemi héréditaire du bénévole est le « yaqua » (nom populaire) dont les origines n’ont pu être à ce jour déterminées. Le « yaqua » est aussi un mammifère bipède, mais il se caractérise surtout par un cerveau très petit qui ne lui permet de connaître que deux mots : « y’a qu’à ». Ce qui explique son nom.

Le « yaqua » bien représenté dans la cité anonyme attend le moment où le bénévole fera une erreur, un oubli, pour bondir et lancer son venin qui atteindra son adversaire, et provoquera chez celui-ci un malaise très grave : « le découragement ». Les premiers symptômes de cette implacable maladie sont visible rapidement : son absence de plus en plus fréquente aux réunions, intérêt croissant pour son jardin, sourire attendri devant une canne à pêche et attrait de plus en plus vif qu’exercent un bon fauteuil et la télévision sur le sujet atteint.

Les bénévoles décimés par le découragement risquent de disparaître et il n’est pas impossible que dans quelques années, on rencontre cette espèce uniquement dans les zoos où comme tous ces malheureux animaux enfermés, ils n’arrivent plus à se reproduire.

Les « yaquas » avec leurs petits cerveaux et leurs grandes langues, viendront leur lancer des cacahuètes pour tromper l’ennui. Ils se rappelleront avec nostalgie du passé si lointain, où le bénévole abondait et où on pouvait le traquer sans contrainte.

Constantin Lianos de Grèce

Laissez-moi vous dire…

2 février : XXIIIème Journée mondiale de la Vie consacrée

Allo Seigneur… tu m’as appelé(e) ?

Les appels du Seigneur sont nombreux, que ce soit dans la Bible ou dans la vie des saints ou du commun des mortels. Rappelons-nous : le petit Samuel dans le temple, Saint Paul sur le chemin de Damas, Saint François d’Assise, Sainte Jeanne d’Arc ; ou plus proche de nous : Paul Claudel ou encore André Frossard… Ils sont nombreux celles et ceux qui ont été « touchés par la grâce » et d’une manière radicale et définitive ! Toutes et tous ne sont pas devenus religieuses, religieux ou prêtres, mais toutes et tous ont témoigné de leur conversion et de leur foi au Christ.

L’histoire de Jeanne Pelat rejoint davantage celles de Dominique Savio, de Marthe Robin ou encore des petits pâtres de Fatima : François et Jacinthe Marto. Jeanne Pelat est atteinte d’une forme de myopathie « non répertoriée », diagnostiquée à l’âge de six ans. En 2004, à 8 ans, elle a été choisie comme marraine du Téléthon. Son courage et son témoignage ont touché de nombreux Français. Dans un livre – Résiste ! (1) - elle décrit son long combat contre cette maladie qui a pris d'assaut son corps, les multiples opérations subies, sa vie de famille, ses amitiés, et ses études. Elle donne à tous une formidable leçon d'humanité.

Jeanne a une grande foi. Elle témoigne : « Mes parents me l’ont transmise. Depuis toute petite, j’aime prier, aller à la messe. Le sacrement de confirmation, que j’ai reçu à 16 ans, a été essentiel dans l’approfondissement de ma foi, tout comme le pèlerinage que j’ai fait à Lourdes, un lieu que j’aime énormément. Je n’ai aucun doute sur Dieu, qui est là et qui nous écoute ». Elle n’a jamais éprouvé de colère contre Dieu, contrairement à beaucoup d’adolescent atteints de maladies graves, mais une seule fois, désespérée par une douleur atroce, elle a souhaité mourir. « À 15 ans, de terribles douleurs abdominales ont été mal prises en compte à l’hôpital (…) Au bout de vingt-quatre heures, je n’en pouvais plus. J’ai un souvenir très fort de cette nuit-là. Je me sentais abandonnée, j’ai voulu mourir, je me souviens l’avoir hurlé.

Pourtant, jamais je ne redemanderai l’euthanasie. C’était une énorme bêtise. Je me pardonne de l’avoir souhaitée car je sais à quel point je n’en pouvais plus. Mais depuis, j’ai interdit à mes proches de me l’accorder, sous aucun prétexte. Je suis farouchement opposée à l’euthanasie, même si je n’ai pas la prétention d’imposer mon avis. Je pense que les gens devraient avoir le choix. Quant à moi, quand je vois les expériences extraordinaires que j’ai vécues ensuite, cela aurait été un gâchis énorme de louper tout ça ! »

En 2016, les médecins ont diagnostiqué une « myopathie nécrosante auto-immune », réputée particulièrement douloureuse. « Mon corps ne reconnaît plus ma masse musculaire et a décidé de l’attaquer comme un corps étranger », explique-t-elle. Mais sa maladie l’a stimulée. Avec courage et énergie elle a pu entreprendre un cursus universitaire, menant en parallèle des études en histoire de l’art et à l’École Supérieure de Journalisme de Lille. En troisième année, après la réussite de son concours, elle s’est lancée - pour le plaisir – dans des études de théologie. Tout ceci ne l’empêchait pas de sortir avec des copains, aller à des concerts, au cinéma…

Le 23 janvier de cette année vient de sortir son deuxième livre : Quand la souffrance devient chemin vers Dieu (2). Dans cet ouvrage, elle évoque sa foi profonde. Elle s’adresse notamment à ceux qui traversent des épreuves et se demandent : Pourquoi la maladie est-elle tombée sur moi ? Dieu m’a-t-il abandonnée ? Pourquoi Dieu ne me guérit-il pas alors que je le prie ? Est-ce que je suis punie ? Et elle répond, avec ses mots plein de force et de simplicité : « non seulement je ne suis pas punie, mais je suis bénie ». Ce témoignage sur le mystère de la souffrance bouleverse par sa puissance, son humilité et sa formidable force spirituelle.

En octobre 2018, Jeanne est entrée dans une communauté de l'ordre de la Visitation de Sainte-Marie, où elle vit la vie contemplative, cloîtrée mais entourée de 10 sœurs, dont deux novices. Elle explique : « J’ai reçu l’appel en deux étapes : d’abord une conversion très profonde au moment de ma confirmation ; puis à 17 ans, à Lourdes, un appel très précis, foudroyant, pour la vie religieuse ; (…) J’avais un petit ami (…) Le temps de la réflexion a duré cinq ans pendant lesquels j’ai gardé ce secret. J’ai fait des stages dans des communautés pour confronter mon désir à la réalité. Assez vite, je me suis sentie attirée par la vie contemplative… Ce n’est pas par dépit que je choisis la vie religieuse ! Cet appel est plus fort. Malgré tout ce que je vis d’épanouissant, rien ne me rend plus heureuse que cette vie-là. »

Les jeunes éprouvent souvent des difficultés pour déterminer leur choix de vie. En cette période d’orientation scolaire on le remarque particulièrement. Écoutons ce conseil donné par Jeanne Pelat : « À tous les jeunes, j’aimerais dire : osez ! L’apprentissage de mes limites m’a permis de m’épanouir et de me lancer dans des projets à ma hauteur. Accéder à ses limites n’est pas négatif. Nous en avons tous, comme nous avons tous des charismes particuliers. Acceptons nos limites, c’est comme ça que Dieu nous guide vers ce qui peut nous rendre heureux. »

Dominique Soupé

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[Sources consultées : Magazine « La Vie du 12 octobre 2018 » ; Revue « Ombres & Lumière n°225, septembre/octobre 2018 » ; Conférence donnée à Lourdes le 14 août 2017 ; Magazine « Pèlerin n°6940, du 3 décembre 2015 »]

1   Jeanne PELAT, Résistes ! (Une vie dans un corps que je n'ai pas choisi), Ed. Bayard, 2015

2   Jeanne PELAT, Quand la souffrance devient chemin vers Dieu , Ed. Bayard, 2019 [sorti en librairie le 23 janvier 2019]

© Cathédrale de Papeete - 2019

En marge de l’actualité…

J.M.J. Panama

Lors du chemin de croix vécu avec les jeunes rassemblés aux JMJ de Panama la semaine dernière, le Pape François a évoqué les multiples souffrances qui prolongent de nos jours dans le monde la Passion du Christ. Certaines de ces souffrances naissent de situations qui ne nous sont pas étrangères, ici en Polynésie. Voici ce que dit le Saint Père :

 « Père, aujourd’hui le chemin de croix de ton Fils se prolonge :

  • dans le cri étouffé des enfants que l’on empêche de naître, de tant d’autres qui se voient refuser le droit d’avoir une enfance, une famille, une éducation ; de ceux qui ne peuvent pas jouer, chanter, rêver…
  • dans les femmes maltraitées, exploitées et abandonnées, dépossédées et niées dans leur dignité ;
  • dans les yeux tristes des jeunes qui voient leurs espérances d’avenir confisquées par le manque d’éducation et de travail digne ;
  • dans la détresse des visages de jeunes, nos amis qui tombent dans les réseaux de personnes sans scrupules – et parmi elles se trouvent également des personnes qui disent te servir, Seigneur – réseaux d’exploitation, de criminalité et d’abus, qui se nourrissent de leurs vies.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans de nombreux jeunes et de nombreuses familles qui, engloutis par une spirale de mort à cause de la drogue, de l’alcool, de la prostitution et du trafic, sont privés non seulement d’avenir mais aussi de présent. Et, comme ont été partagés tes vêtements, Seigneur, leur dignité s’est retrouvée éparpillée et maltraitée.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans les jeunes aux visages renfrognés qui ont perdu la capacité de rêver, de créer et d’inventer les lendemains et qui “prennent leur retrait” avec l’ennui de la résignation et le conformisme, une des drogues les plus consommées de notre temps. Il se prolonge dans la souffrance cachée et révoltante de ceux qui, au lieu de la solidarité de la part d’une société d’abondance, trouvent le rejet, la douleur et la misère, et en plus sont identifiés et traités comme les porteurs et les responsables de tout le mal social.

Il se prolonge dans la solitude résignée des personnes âgées, abandonnées et rejetées.

Il se prolonge dans les peuples autochtones, que l’on prive de leurs terres, de leurs racines et de leur culture, en réduisant au silence et en éteignant toute la sagesse qu’ils pourraient apporter.

Le chemin de croix de ton Fils se prolonge dans le cri de notre mère la terre, qui est blessée dans ses entrailles par la pollution de son ciel, par la stérilité de ses champs, par la saleté de ses eaux, et qui se voit bafouée par l’indifférence et la consommation effrénée qui dépasse toute raison.

Il se prolonge dans une société qui a perdu la capacité de pleurer et de s’émouvoir face à la souffrance.

Oui, Père, Jésus continue à marcher, portant tous ces visages et souffrant en eux, tandis que le monde, indifférent, consomme le drame de sa propre frivolité.

Et nous, Seigneur, que faisons-nous ? »

Puissent les paroles du Saint Père ouvrir nos yeux, réveiller notre conscience et nous aider à nous lever pour répondre à la question du Pape : « Et nous, Seigneur, que faisons-nous ? »

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

Archevêque de Papeete

© Archidiocèse de Papeete - 2019

Audience générale 

Les jeunes sont levain de paix dans le monde

De retour d’Amérique centrale, le Pape a souhaité, avec les fidèles présents en Salle Paul VI, rendre grâce pour son voyage au Panama à l’occasion des 34ème Journées mondiales de la Jeunesse qui se sont achevées dimanche. Ces JMJ ont été « un don du Seigneur à l’Église et au peuple de ce pays ». Lors de sa catéchèse, François est revenu sur les temps forts de l’événement.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je m’arrêterai avec vous sur le voyage apostolique que j’ai effectué ces jours derniers au Panama. Je vous invite à rendre grâce avec moi au Seigneur pour cette grâce qu’il a voulu donner à l’Église et au peuple de ce cher pays. Je remercie le président du Panama et les autres autorités, les évêques. Et je remercie tous les bénévoles – il y en avait beaucoup – pour leur accueil chaleureux et familier, celui que nous avons vu chez les gens qui sont venus de partout saluer avec beaucoup de foi et d’enthousiasme. Quelque chose m’a beaucoup frappé : les gens tendaient les bras en portant leurs enfants. Quand la papamobile passait, tous avec leurs enfants : ils les soulevaient comme pour dire : « Voici ma fierté, voici mon avenir ! » Et ils montraient leurs enfants. Mais ils étaient nombreux ! Et les pères ou les mères, fiers de cet enfant. J’ai pensé : quelle dignité dans ce geste et comme il est éloquent pour l’hiver démographique que nous vivons en Europe ! La fierté de cette famille, ce sont les enfants. La sécurité pour l’avenir, ce sont les enfants. L’hiver démographique, sans enfants, est dur !

Le motif de ce voyage était les Journées mondiales de la Jeunesse, toutefois, aux rencontres avec les jeunes se sont ajoutées d’autres rencontres avec la réalité du pays : les autorités, les évêques, les jeunes détenus, les consacrés et une Maison familiale. Tout a été comme « contaminé » et « amalgamé » par la présence joyeuse des jeunes : une fête pour eux et une fête pour Panama et aussi pour toute l’Amérique centrale, marquée par tant de drames et tellement en manque d’espérance et de paix, et même de justice.

Ces Journées mondiales de la Jeunesse ont été précédées par la rencontre des jeunes des peuples natifs et des peuples afro-américains. Un beau geste : ils ont eu cinq jours de rencontre, les jeunes indigènes et les jeunes d’origine africaine. Ils sont nombreux dans cette région. Ils ont ouvert la porte aux Journées mondiales. Et c’est une initiative importante qui a encore mieux manifesté le visage multiforme de l’Église en Amérique latine : l’Amérique latine est métisse. Ensuite, avec l’arrivée des groupes du monde entier, s’est formée la grande symphonie de visages et de langues, typique de cet événement. Voir tous les drapeaux défiler ensemble, danser dans les mains des jeunes joyeux de se rencontrer est un signe prophétique, un signe à contre-courant de la triste tendance actuelle aux nationalismes conflictuels, qui élèvent des murs et se ferment à l’universalité, à la rencontre entre les peuples. C’est un signe que les jeunes chrétiens sont un ferment de paix dans le monde.

Ces JMJ ont eu une forte empreinte mariale, parce que le thème était les paroles de la Vierge à l’ange : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Lc 1,38). Cela a été fort d’entendre ces paroles prononcées par les représentants des jeunes des cinq continents, et surtout de les voir transparaître sur leurs visages. Tant qu’il y aura de nouvelles générations capables de dire à Dieu : « me voici », il y aura un avenir dans le monde.

Parmi les étapes des JMJ, il y a toujours le Chemin de Croix. Marcher avec Marie derrière Jésus qui porte sa croix est l’école de la vie chrétienne : c’est là qu’on apprend l’amour patient, silencieux et concret. Je vous fais une confidence : j’aime beaucoup faire le Chemin de Croix parce que c’est aller avec Marie derrière Jésus. Et je porte toujours sur moi, pour le faire à tout moment, un Chemin de Croix de poche, que m’a offert une personne très apostolique à Buenos Aires. Et quand j’ai le temps, je prends et je suis le Chemin de Croix. Faites vous aussi le Chemin de Croix, parce que c’est suivre Jésus avec Marie sur le chemin de la croix, où il a donné sa vie pour nous, pour notre rédemption. Avec le Chemin de Croix, on apprend l’amour patient, silencieux et concret. À Panama, les jeunes ont porté avec Jésus et Marie le poids de la condition de tant de frères et sœurs souffrants en Amérique centrale et dans le monde entier. Parmi eux, il y a beaucoup de jeunes victimes de différentes formes d’esclavage et de pauvreté. Et en ce sens, la liturgie pénitentielle que j’ai célébrée dans une Maison de rééducation pour mineurs et la visite à la Maison familiale « Le Bon Samaritain », qui accueille des personnes ayant le sida, ont été des moments très importants.

Le sommet des JMJ et du voyage a été la veillée et la messe avec les jeunes. Pendant la veillée – sur ce terrain plein de jeunes qui ont suivi la veillée, dormi là et participé à la messe à 8 heures du matin – pendant la veillée, s’est renouvelé le dialogue vivant avec tous les jeunes, garçons et filles, enthousiastes et aussi capables de silence et d’écoute. Ils passaient de l’enthousiasme à l’écoute et à la prière en silence. Je leur ai proposé Marie, comme celle qui, dans sa petitesse, a plus que quiconque « influencé » l’histoire du monde : nous l’avons appelée l’ « influencer » de Dieu. Dans son « fiat » se sont reflétés les témoignages beaux et forts de quelques jeunes. Le matin du dimanche, dans la grande célébration eucharistique finale, le Christ ressuscité, avec la force de l’Esprit Saint, a parlé à nouveau aux jeunes du monde en les appelant à vivre l’Évangile dans l’aujourd’hui, parce que les jeunes ne sont pas le « demain » ; non, il sont l’« aujourd’hui » pour le « demain ». Il ne sont pas le « en attendant » mais ils sont l’aujourd’hui, le maintenant, de l’Église et du monde. Et j’ai fait appel à la responsabilité des adultes pour que ne manquent pas aux nouvelles générations l’instruction, le travail, la communauté et la famille. Et ceci est la clé dans le monde en ce moment, parce que ces choses manquent : l’instruction, c’est-à-dire l’éducation. Le travail : combien de jeunes en sont privés. La communauté : qu’ils se sentent accueillis en famille et dans la société.

La rencontre avec tous les évêques d’Amérique centrale a été pour moi un moment de consolation particulière. Ensemble, nous nous sommes laissé enseigner par le saint évêque Oscar Romero, pour apprendre toujours mieux à « sentir avec l’Église » – c’était sa devise épiscopale – dans la proximité avec les jeunes, les pauvres, les prêtres et le saint peuple fidèle de Dieu.

La consécration de l’autel de la cathédrale restaurée de Santa Maria La Antigua, à Panama, a eu une forte valeur symbolique. Elle est restée fermée pendant sept ans pour sa restauration. Le signe d’une beauté retrouvée, à la gloire de Dieu et pour la foi et la fête de son peuple. Le chrême qui consacre l’autel et aussi celui qui oint les baptisés, les confirmés, les prêtres et les évêques. Puisse la famille de l’Église, au Panama et dans le monde entier, toujours recevoir du Saint Esprit une nouvelle fécondité pour que se poursuive et s’étende sur la terre le pèlerinage des jeunes disciples missionnaires de Jésus-Christ.

© Libreria Editrice Vaticana – 2019

Éthique humoristique

Le Principe de Peter ou le principe d’incompétence

Le Principe de Peter, de Laurence J. Peter et Raymond Hull, est un principe satire relatif à l'organisation hiérarchique. Il est paru originalement sous le titre The Peter Principle (1969).

Selon ce principe, « tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence ». Il est suivi du « Corollaire de Peter » : « Avec le temps, tout poste sera occupé par un incompétent incapable d'en assumer la responsabilité ».

Explication du principe

Dans une entreprise, les employés compétents sont promus et les incompétents restent à leur place. Donc un employé compétent grimpe la hiérarchie jusqu'à atteindre un poste pour lequel il ne sera pas compétent. À ce stade-là, il devient donc un incompétent qui va occuper son poste indéfiniment.

Autrement dit :

  • un incompétent garde son poste ;
  • un employé compétent promu est remplacé par un autre employé, potentiellement incompétent ;
  • si le nouvel employé est compétent, il sera promu et remplacé à son tour par un nouvel employé jusqu'à ce que le poste échoie à un incompétent.​

Extensions ultérieures

PrincipedilbertLe principe de Peter connait deux extensions principales établies a posteriori :

  • Si les pays vont si mal c'est parce que tous les salariés des administrations, responsables du bon fonctionnement des pays donc, sont incompétents pour leur poste. Les administrations qui gèrent les pays sont donc incompétentes pour leurs fonctions d'où le mauvais fonctionnement des pays.
  • La seconde extension est appelée Loi de Dilbert (du nom d'un personnage de bande-dessinée) ; elle relève plus de l'empirisme que d'une déduction sociologique réelle. Elle dispose que les employés les moins compétents seront toujours affectés aux postes où on est sûr qu'ils produiront le moins de dégâts, c'est-à-dire l'encadrement.

Évolution des hiérarchies

Hiérarques ayant atteint leur niveau d'incompétence

Peter remarque que plus le nombre d'échelons hiérarchiques est élevé, plus chacun voit une chance de parvenir à son niveau d'incompétence et de subir « la stagnation de Peter ». Il remarque que les hiérarques, quand ils sont devenus réellement incompétents, se complaisent à fréquenter des réunions, colloques, séminaires, symposiums, conférences... Le corps des hiérarques peut alors entrer en « lévitation » sous le nom de « sommet volant ». En résumé, on ne peut déboulonner un hiérarque incompétent :

  1. Seul un hiérarque peut le faire ;
  2. S'il le fait, il se déjuge et admet son incompétence à discerner le personnel compétent ;
  3. mais on peut toujours déplacer la sous hiérarchie que constitue le personnel sous ses ordres ;
  4. Le hiérarque reste ainsi seul à la tête d'une pyramide sans base, sur son « sommet volant ».

La défoliation hiérarchique

Peter remarque que la compétence, chez les employés d'une organisation, se répartit selon une loi normale :

  • 10 % sont super-incompétents ; 
  • 20 % sont incompétents ; 
  • 40 % sont modérément compétents ; 
  • 20 % sont compétents ; 
  • et 10 % super-compétents. 

Peter observe que les 80 % au centre de la courbe restent au sein de la hiérarchie, mais pas les 20 % aux extrêmes, c'est la « défoliation hiérarchique ». Si le renvoi des 10 % super-incompétents semble évident, celui des 10 % super-compétents n'en est pas moins logique.

La super-compétence est plus redoutable que l'incompétence, en cela qu'un super-compétent outrepasse ses fonctions et bouleverse ainsi la hiérarchie. Elle déroge au premier commandement : « La hiérarchie doit se maintenir ». Pour qu'un super-compétent soit renvoyé, deux séries d'évènements doivent se produire :

  • la hiérarchie le harcèle au point de l'empêcher de produire ; 
  • il n'obéit pas aux principes de « respect de la hiérarchie ». 
  • Si l'une des deux séries manque, il n'est pas renvoyé.

Remèdes proposés

Pour un dirigeant constatant qu'il a des cadres supérieurs incompétents, il est conseillé de recourir à la « sublimation percutante ». Cette manœuvre, dont Peter avait constaté l'existence avant de publier ses idées, consiste à accorder à une personne incompétente une promotion vers un poste plus prestigieux en apparence, mais en fait à responsabilité très inférieure. À cet usage, Peter constate que les nouveaux postes ont des titres très impressionnants en comparaison de leur contenu.

Pour les personnes constatant leur propre incompétence, Peter recommande diverses diversions, par exemple la « spécialisation dans le détail » (un directeur d'école ne s'intéresse qu'à établir des sens de circulation dans les couloirs), ou « l'aberration totale », cette dernière consistant à cesser tout à fait de tenter d'accomplir son travail. Ces méthodes ne sont pas considérées comme mauvaises pour l'entreprise ou l'organisation, étant donné que dans toute organisation le travail est accompli par les personnes compétentes, les incompétents ne pouvant que les gêner.

Il est toutefois préférable de se maintenir à un poste auquel on est compétent, non seulement dans l'intérêt de l'organisation où l'on travaille, mais aussi parce qu'être compétent à son poste est un facteur de bonheur personnel. Or, Peter constate que le refus d'une promotion est mal vu par l'entourage des personnes.

Peter trouve divers exemples de personnes qui, heureuses à leur poste, accomplissent correctement leur travail principal tout en commettant des gaffes dans un aspect secondaire (ne pas s'occuper correctement de documents administratifs) ou même dans la vie de l'entreprise (se garer à la place réservée à un supérieur de temps en temps). Cette stratégie, consciente ou non, est baptisée « incompétence créatrice ».

Extension du principe

Le principe est parfois évoqué, à tort, comme permettant la promotion d'un incompétent. Mais si le principe de Peter permet à quelqu'un d'être promu à un poste pour lequel il n'est pas compétent, il indique que celui qui est incompétent au poste qu'il occupe déjà ne sera plus promu. L'exemple habituellement cité est celui d'un chef d'État qui serait accusé d'être un incompétent promu au plus haut poste, en application du principe de Peter. Or si l'on se conforme au principe de Peter, sa promotion au poste de chef d'État prouverait qu'il était compétent à tous les postes inférieurs précédemment occupés — sauf à supposer que ce poste de chef d'État est un poste prestigieux mais sans responsabilité conçu pour écarter les incompétents (sublimation percutante). À noter qu'il est très compliqué d'utiliser le principe de Peter en politique, car accéder à un mandat d'élu n'est pas une promotion depuis une précédente fonction de dirigeant (ministre, par exemple), mais une promotion depuis le statut de candidat en campagne.

En revanche, le principe de Dilbert inventé par Scott Adams autorise la promotion des incompétents. Adams pense que les promotions sont de nos jours attribuées de manière si injuste que l'époque où régnait le principe de Peter apparaît comme un âge d'or en comparaison.

Extprincipe

© Repliques et citations.com

Société

Liberté !

Comme une trinité républicaine, la liberté, l’égalité et la fraternité sont singulières, mais elles forment un tout. Ainsi avons-nous conçu trois unes successives d’un seul et même hebdomadaire, à découvrir en trois semaines. Nous sommes plutôt fiers de cette idée jaillie de la réflexion collective. Il faut vous dire que, tous les jours à midi, les journalistes de La Vie prennent quelques minutes pour réfléchir ensemble. Nous nous demandons parfois comment nous élever au-dessus du flot de mots troubles et d’images fugaces. Ainsi est né ce projet éditorial exceptionnel. À la hauteur, nous l’espérons, du « grand débat national ».

Certes, au commencement de la crise était la trivialité, et non la trinité. Mais l’Histoire tourne ses films sans scénario apparent. Marginale, anecdotique, périphérique, la protestation contre l’augmentation des taxes sur les carburants et la limitation de vitesse à 80 km/h a donné le mouvement des « gilets jaunes », puis muté. Le « grand débat national » tente désormais de canaliser les énergies émeutières. On parle de justice fiscale ou sociale, d’écologie, de fiscalité, de services publics. Mais tout le monde a en tête la démocratie elle-même, sa représentativité, sa légitimité, son imaginaire.

La devise républicaine unifie-t-elle encore le pays ? Les « élites » supposées et le « peuple » fantasmé font-ils encore valeurs communes ? Ou, comme se le demande Pierre-Henri Tavoillot, dans un ouvrage stimulant mené d’une plume alerte, voire agréablement caustique, Comment gouverner un peuple-roi ? (Odile Jacob, à paraître le 6 février). « Ce qui était le pilier de la démocratie libérale, l’opinion, est devenu le champ de bataille d’une cyberguerre aux facettes multiples », constate l’auteur. En démocratie il s’agirait de « gouverner la société pour fabriquer des individus ». Mais une fois « fabriqués » et devenus « individus », les intéressés ne consentent plus à être gouvernés et ne savent plus faire société qu’en groupes particuliers, chacun selon ses intérêts ou ses obsessions. D’où « l’exigence contradictoire, sans cesse adressée à l’État : il doit grossir et maigrir en même temps », note le président du Collège de philosophie, perplexe devant un tel… régime. On est au cœur du malaise français.

Trinité républicaine, trinité chrétienne. Le christianisme a développé à partir de l’éthique biblique une théologie de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Sur la liberté, on renverra ici aux vivifiantes réflexions que nous adresse Adrien Candiard (À Philémon, Cerf). L’auteur relit l’un des livres les plus modestes et des plus méconnus de la Bible, l’épître à Philémon. Il tire de la conversion de Paul cette sentence inattendue mais sympathique : « Un coup de foudre nous transforme plus profondément que la lecture du Code pénal. » Mais l’amitié avec le Christ « n’est pas moins exigeante que celle qui ne demande que notre obéissance à des règles ». Le Dieu chrétien, note Candiard dans une méditation sur le péché originel, n’est pas un tyran qui impose l’interdit. Ce qu’il désigne, c’est « l’impossible ». La liberté de l’homme et de la femme s’exerce, dans la reconnaissance du fait que tout n’est pas possible. Dès lors, « il ne s’agit pas d’obéir mais de comprendre », souligne le dominicain. Tout à fait notre programme !

La liberté semble en cause un peu partout, pour ne pas dire assiégée : fanatisme islamique, pulsions autoritaires, populisme, suspicion et scepticisme généralisés, intrusions des géants du numérique dans une civilisation du contrôle, au totalitarisme insidieux, invisible. C’est ce que dénoncent désormais aux États-Unis ceux qui connaissent le mieux le monde de la « tech ». Un « capitalisme de surveillance » s’impose, avertit Shoshana Zuboff dans un livre récemment paru en anglais, et qui, espérons-le, sera bientôt traduit. Le grand débat national ne doit pas nous faire croire que le débat serait seulement… hexagonal. Il faut donc penser ce qui nous arrive à l’échelle plus large.

Et d’ailleurs, comment nous complaire dans nos récriminations alors que la France reste un paradis de liberté, d’égalité et de fraternité ? Faut-il, selon l’un des traits de notre génie national, cultiver le seul pessimisme ? L’acquittement de la chrétienne Asia Bibi par la cour suprême du Pakistan nous permet de mesurer notre chance (nous vivons dans une belle et vieille démocratie), mais aussi de ne pas renoncer à l’espérance. Partout dans le monde, des êtres de courage luttent pour la liberté d’expression et d’opinion, de conscience et de religion.

© La Vie - 2019

Actualité

Confusion autour de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires

La sénatrice Lana Tetuanui et le président du CIVEN Alain Christnacht ont expliqué la nouvelle méthodologie pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires, ce mercredi à Paris.

Lors d’une conférence de presse ce mercredi à Paris, la sénatrice Lana Tetuanui, également présidente de la Commission EROM, a tenue à « rétablir quelques vérités sur la polémique » qui a éclaté, la semaine dernière en Polynésie, autour de la loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (loi Morin de 2010) et la suppression de la notion de risque négligeable, remplacée par un nouveau seuil minimal acceptable pour indemniser.

Piqûre de rappel. En février 2017, lors de l’adoption de la loi Égalité réelle Outre-mer (EROM), les parlementaires polynésiens avaient obtenu la suppression de la notion de « risque négligeable », qualifié de verrou symbolique empêchant l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français en Polynésie. Le gouvernement obtenait en contrepartie la constitution d’une Commission de cadrage de la loi Morin, chargée de « proposer les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires et de formuler des recommandations à l’attention du gouvernement ». La commission, présidée par la Sénatrice Lana Tetuanui et où figurent entre autres les députés polynésiens Nicole Sanquer et Moetai Brotherson, a remis son rapport contenant ses préconisation le 20 novembre dernier au Premier ministre et à la ministre des Outre-mer.

Dans ce rapport figurait l’élément qui a jeté un doute sur l’indemnisation des victimes. En effet, le Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais (CIVEN), présidé par Alain Christnacht, a établi une nouvelle méthodologie employant le seuil minimal d’1 millisievert par an (1 mSv) pour pouvoir ouvrir une procédure, même si « cette limite est très éloignée du seuil de dangerosité ». Ce seuil s’ajoute à deux autres critères : avoir été en Polynésie française et ce, durant la période des essais. « La commission a voulu comprendre cette méthodologie » a expliqué la sénatrice Lana Tetuanui qui assure avoir « expliqué au Pays, à toutes les associations la base sur laquelle le CIVEN travaille », c’est-à-dire, cette dose minimale admise par les experts du CIVEN.

Pour son président Alain Christnacht, également présent à cette conférence de presse avec le médecin militaire Frédéric Poirier et l’ancien Secrétaire général du Haut-commissariat de la République en Polynésie Gilles Cantal (tous deux membres de la commission), cette nouvelle base, utilisée depuis le 1er janvier 2018, répond au souci de « réserver l’indemnisation » aux victimes des essais, soit l’objectif même de la commission de cadrage de la loi Morin. « Il faut bien trouver le moyen de déterminer lesquelles de ces maladies ont été provoquées par les essais nucléaires » explique-t-il. « Le risque négligeable, c’était un taux de probabilité, un logiciel assez compliqué (…), dans le lequel on mettait les autres facteurs de risque » : âge, sexe, tabac, obésité, alcoolisme, délai entre l’exposition et la maladie. « Il en sortait un taux de probabilité que la maladie soit liée au rayonnement. Inférieur à 1%, on disait non. Supérieur, on disait oui ».

75 dossiers de malades polynésiens admis en 2018

Reconnaissant un système qui « a conduit à très peu d’indemnisation », il fallait selon Alain Christnacht trouver un autre moyen de déterminer si la maladie a bien un lien avec les essais nucléaires et donc réserver cette indemnisation aux seules victimes des essais. « Une personne ayant séjourné 48 heures en Polynésie et contractant quelques années plus tard un cancer pouvait très bien demander une indemnisation », justifie Alain Christnacht. « On a regardé tous les textes, et on a trouvé cette règle d’1 mSv dans le code de la Santé publique, qui est la dose limite en-dessous de laquelle il ne peut y avoir aucune conséquence pour les personnes (…). Quand vous prenez un vol intercontinental, vous recevez 3 mSv », explique Alain Christnacht. Les dossiers admis en 2018, avec cette base d’1 mSv, comportaient selon le président du CIVEN des doses allant d’1 à 5 mSv.

Et pour Alain Christnacht, le résultat est là : entre 2010 à 2017 inclus, seulement 11 demandes émanent de personnes domiciliées en Polynésie ont vu leur dossier admis par le CIVEN, avec à l’époque la notion de risque négligeable. Mais depuis l’application de la loi EROM et sur la seule année 2018, 75 personnes ont vu leur dossier admis (sur 100 dossier déposés), avec ce nouveau seuil d’1 mSv.

Assurant toute sa « confiance » envers le président du CIVEN, la commission de cadrage et sa présidente Lana Tetuanui ont donc acté ce seuil employé dès début 2018 dans son rapport remis en novembre, et dont les préconisations devaient faire l’objet d’un amendement « introduit par le gouvernement et validé par la commission de cadrage ». Cet amendement, voté fin décembre, intégrait donc l’officialisation de cette nouvelle méthode, mais aussi l’augmentation des crédits du CIVEN pour assurer le nombre croissant des dossiers positifs (budget abondé de 2 millions d’euros, le CIVEN aura 12 millions d’euros pour l’année 2019), le transfert total du terrain militaire sur lequel le futur Centre de mémoire des essais doit voir le jour et enfin, le retrait de la date limite du 20 décembre 2018 qui fermait l’opportunité des ayant-droits de déposer un dossier. C’est surtout ce dernier point qui a obligé le gouvernement à déposer cet amendement rapidement.

« On ne comprend pas trop le procès d’intention sur le CIVEN et l’amendement » a regretté Alain Christnacht. « Nous assumons totalement nos responsabilités » a insisté la sénatrice Lana Tetuanui, qui a dénoncé une « polémique » qui « remet en cause le travail de la commission ». « Je respecte le travail mené par nos associations. Nous avons aussi réussi à convaincre nos élus locaux pour mettre tout le monde dans la boucle, surtout sur les transmissions des demandes de dossier. Nous avons pu faire traduire dans la langue du pays (tahitien, ndlr) le formulaire de demande d’indemnisation. Le Pays s’est donné les moyens de renforcer le Centre médico-social (de Papeete, ndlr), outre le CIVEN qui mis des moyens supplémentaires », notamment le déplacement des médecins experts en Polynésie pour expertiser les malades, voulu par Alain Christnacht. Le prochain déplacement aura par ailleurs lieu en avril prochain.

En novembre 2018, la sénatrice Lana Tetuanui expliquait déjà ce nouveau seuil minimal d’1 mSv comme base pour l’indemnisation des victimes des essais nucléaires.

© Outremers360 - 2019

Commentaire des lectures du dimanche

L’amour, voilà un mot, et pas seulement un mot, qui intéresse tout le monde ! L’amour met en mouvement les êtres humains, comme Jésus à la fin de notre Évangile, Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin, car les hommes sont tous concernés par cette réalité qui transforme la vie, lui donne un sens, permet de traverser bien des passages difficiles. L’amour est vital, c’est une banalité de le dire, il n’est pas possible de vivre sans amour, sans aimer et être aimé. Mais que veut dire aimer ? Quand je dis que j’aime, ou que je suis aimé, comment le vérifier ? Comment s’assurer que je ne suis pas dans l’illusion ? Notre deuxième lecture, 1 Co 13, et l’Évangile du jour donnent des réponses à ces questions. Paul donne une définition de l’amour qu’il est bon de lire, et de relire. Ce texte a le mérite de définir le réel de l’amour, de l’amour selon Dieu : « L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas ; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne fait rien d’inconvenant ; il ne cherche pas son intérêt ; il ne s’emporte pas ; il n’entretient pas de rancune ; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. »

En écoutant cette définition de l’amour, comment ne pas penser aussitôt que cet amour-là me fait défaut ? Que je n’y suis pas ! Comment ne pas reconnaître que cet amour, défini ainsi par Paul, ne vient pas de nous, n’est pas naturellement en moi ! Nous n’avons pas à nous culpabiliser quand nous faisons la découverte de notre manque d’amour, ce défaut marque tout être humain. Dieu seul connaît l’amour, Lui seul possède l’amour puisqu’Il est l’Amour (1Jn 4,8). Il est la source de l’Amour et Lui seul peut donner de cet amour. Le propre de l’amour, du vrai amour, est de se donner. Dieu donne l’amour à toutes ses créatures, particulièrement aux humains.

Paul n’écrit pas ces lignes pour nous accabler, nous accuser, ou nous rendre jaloux. Non, il écrit ces lignes admirables pour notre salut. Pour dire que ce qui relève de nous est d’accueillir cet amour, de l’inviter à venir en nous et bien évidemment de le donner aux autres, à ceux qui nous entourent, notre prochain. Dieu donne l’amour par des médiations : sa Parole, les sacrements, nos frères, ses enfants. L’amour de Dieu ne vient pas de moi, mais il peut m’habiter, passer par moi quand je le reçois et que je le transmets à mon tour. Et cet amour peut me conduire loin…

L’Évangile du jour complète la définition de 1 Co 13, il va jusqu’à annoncer implicitement l’extrême de l’amour, la Passion du Christ ! Le dicton : « médecin, guéris-toi toi-même » annonce les interpellations, voire les injures qui seront faites au Crucifié ; et la fin de notre Évangile, quand Jésus est conduit jusqu’à un escarpement de la colline pour être précipité en bas, apparaît comme une annonce de la mise à mort de l’envoyé de Dieu. La fureur des personnes qui cherchent à l’assassiner témoigne d’un manque d’amour, de la jalousie, des amours propres blessés. Il est vrai que Jésus ne leur parle pas en diplomate ! Les membres de la synagogue de Nazareth n’ont pas supporté que Jésus leur rappelle que le Dieu d’Israël est aussi le Dieu des païens ! « Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun n’a été purifié, mais bien Naaman, le Syrien. » Le Dieu d’Israël n’est pas seulement le Dieu des juifs. Le Dieu de Jésus Christ, qui est Dieu des juifs, n’est pas seulement le Dieu des chrétiens ! L’amour dont parle Paul s’adresse au genre humain, il est universel.

Cet amour ne passera jamais. La foi chrétienne, l’espérance chrétienne passeront. L’Amour, qui est Dieu, est éternel. Nous y croyons et nous pouvons déjà y goûter ; nous pouvons déjà en vivre, sachant que vivre cet amour en vérité, jusqu’au bout, peut conduire à la Croix ! Réécoutons l’oracle du Seigneur adressé au prophète Jérémie, dans la 1e lecture : « Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer » Délivrer de la peur, délivrer de la haine, délivrer de la mort. Délivrer de tout ce qui empêche l’amour de se déployer librement. Parole de Dieu à recevoir dans la foi, parole qui donne l’espérance, parole d’amour qui nous donne, comme Jésus, de passer au milieu des obstacles, d’aller sur le chemin de la vie. Amen

F. Robert de l’Incarnation, ocd

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Date de dernière mise à jour : 2019-02-02