Pko 04.03.2018

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Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°13/2018

Dimanche 4 mars 2018 – 3ème Dimanche du temps de Carême – Année B

Laissez-moi vous dire…

Jeudi 8 mars : Journée mondiale de la Femme

Les femmes ont-elles leur place dans l’Église ?

C’est une question qui ne se posait pas autrefois car la réponse allait de soi…

Dans un contexte plus égalitaire la même question interpelle différemment selon qu’on est bien ancré au sein de l’Église ou qu’on se trouve marginale, voire complètement hors du champ de l’Église.

Je me souviens avoir rencontré Monseigneur Michel Coppenrath au retour d’une cérémonie de confirmation qu’il présidait en l’église du Sacré-Cœur d’Arue, il me dit ceci : « Je me suis retrouvé dans le chœur avec principalement des femmes et des jeunes filles servants de messe ! On aurait pu me prévenir ! »

À l’occasion du Synode régional de l’Océanie -dont nous fêterons le vingtième anniversaire en fin d’année – des femmes et des religieuses réclamaient auprès du Saint-Père : la traduction « inclusive » des textes liturgiques ; la parité homme-femme au sein de l’Église et certaines religieuses anglophones allaient jusqu’à demander de prendre part au ministère sacerdotal ! Dans les couloirs de la « Aula Paul VI » bon nombre de cardinaux ne manquaient pas de rappeler que Jean-Paul II avait déjà tranché la question.

Lorsqu’on relit l’Exhortation apostolique post-synodale « Ecclesia in Oceania » on y trouve plusieurs passages concernant le rôle des femmes dans l’Église. « Les Pères du Synode ont assuré “leur soutien aux laïcs hommes et femmes qui, dans leur existence quotidienne, vivent pleinement leur vocation chrétienne et renouvellent l'ordre temporel, par les valeurs personnelles et familiales, par leur participation aux enjeux économiques, par leurs activités professionnelles, par leur présence dans les institutions politiques, dans les relations internationales, dans les activités artistiques, etc…”. » [Ecclesia in Oceania, 22 novembre 2001, n°43, Vocation des laïcs, Proposition 30]

« L'Église est spécialement attentive au droit des femmes à se marier librement et à être traitées avec respect dans le mariage. La polygamie, qui existe encore dans certaines régions, est une cause grave d'exploitation des femmes. D'une manière plus générale, les Pères du Synode se sont préoccupés de la condition sociale de la femme en Océanie, souhaitant que soit respecté le principe “à travail égal, salaire égal”, et que les femmes ne soient pas exclues du monde du travail» [ibid. n°45, Le mariage et la vie familiale]

« Plus que jamais, de nos jours, l'Église a besoin des compétences, des énergies, de la sainteté même des femmes si l'on veut que la nouvelle évangélisation porte les fruits si ardemment désirés. Si certaines femmes se sentent encore mises à l'écart dans l'Église comme dans la société en général, bien d'autres éprouvent un profond sentiment d'épanouissement en contribuant à la vie paroissiale, en participant à la liturgie, à la vie de prière et aux œuvres apostoliques et caritatives dans l'Église en Océanie. Il est important que l'Église, au niveau local, offre aux femmes la possibilité de prendre la part qui leur revient dans la mission de l'Église ; jamais elles ne devraient se sentir étrangères. » [ibid. n°46, les femmes dans l’Eglise, Proposition 27]

Vingt ans plus tard, dans les pays anglophones un bon nombre de femmes revendiquent - comme un droit – l’accès au diaconat et même au sacerdoce. En Europe dans les pays latins la tendance s’oriente davantage vers l’ordination sacerdotale des hommes mariés, avec la perspective -un jour ou l’autre – de voir l’accès des femmes à la prêtrise. Certaines églises protestantes ont franchi le pas en ordonnant des femmes pasteurs et même des femmes évêques.

En mai 2016, à l’occasion d’une rencontre avec près de 800 supérieures générales de congrégations religieuses, une proposition a été faite au Pape François : « Pourquoi ne pas inclure les femmes parmi les diacres permanents, comme c’est arrivé dans l’Église primitive ? Pourquoi ne pas constituer une commission officielle qui puisse étudier la question ? »

Comme à son habitude, le Saint Père a saisi la balle au bond, et dès août 2016 il annoncé la création d’une commission chargée d’étudier le diaconat des femmes, « surtout au regard des premiers siècles de l’Église ». Composée à parité de 6 hommes et de 6 femmes, la commission n’a pas de mandat déterminé dans le temps et peut siéger autant de fois que nécessaire.

Dans nos deux diocèses (Papeete et Tefenuaenata) regardons quelles places tiennent les femmes dans nos paroisses, dans nos associations… La plupart d’entre elles n’en demandent pas plus, loin d’elles le désir d’être « diacre » et encore moins d’être « prêtre » !

Dominique Soupé

Une évidence dont il faut se souvenir : N’y a-t-il pas une femme qui a obtenu une place de choix au sein de l’Église ? … Eh oui -bingo, vous avez gagné !- il s’agit de la Vierge Marie : Mère de Dieu, Mère de l’Église, Mère de l’humanité.

© Cathédrale de Papeete - 2018

 

En marge de l’actualité…

Smoke shop

Ce Vendredi 2 Mars est inauguré officiellement un magasin d’articles pour fumeurs de cannabis à Papeete. Cet évènement auquel de nombreuses personnes vont participer a de quoi nous interroger, si tant est qu’au-delà de toute appartenance religieuse, nous soyons préoccupés de l’avenir de nos jeunes et de notre Fenua.

Une première question serait de nous demander s’il suffit qu’une activité respecte la règlementation et soit autorisée par la Loi pour qu’elle protège chaque citoyen, surtout ceux qui, pour de multiples raisons, sont tentés de chercher dans des addictions diverses, un refuge qui peut rapidement se transformer en prison.

Une seconde question serait de nous demander ce que doivent penser des parents qui souffrent de voir ainsi leurs jeunes, encouragés par des initiatives « légales », à la consommation de produits qui ne peuvent qu’être néfastes à leur santé. Cela vaut pour l’alcool, comme pour les produits stupéfiants. Ces parents seraient en droit d’attendre aide et soutien de la part de ceux qui ont mission de penser l’avenir de nos jeunes pour un avenir meilleur. Il semble bien que vu la tournure des évènements, le souhait de ces parents tourne vite à l’illusion !

Nous pourrions aussi évoquer les réactions de tous ceux, corps médical, psychologues, formateurs etc… qui luttent pour faire disparaitre les sources d’approvisionnement, qui s’investissent pour aider les jeunes concernés à prendre conscience des conséquences de leurs addictions, tous ceux qui, avec courage, essaient de les accompagner pour qu’ils sortent de ces dépendances qui ne peuvent que les détruire à petit feu… Il ne serait pas étonnant qu’ils reçoivent l’ouverture d’un tel magasin comme « un coup de poignard dans le dos » ! Reste à espérer qu’ils ne perdront pas le courage dont ils ont besoin pour poursuivre malgré cela leur mission.

Enfin, dernière réflexion : peut-on imaginer qu’autoriser et faciliter une addiction « légère » suffira à contenter longtemps ceux qui y ont recours ? Le risque n’est jamais très loin qu’un jour ou l’autre, nombre d’entre eux ne cherchent des produits plus durs, et par là soient pris dans un engrenage dont ils auront de plus en plus de mal à sortir, et qui risquera de compromettre sérieusement leur avenir.

Peut-on alors rester en silence ? Que notre Foi en Jésus Christ venu libérer les enchainés, que notre Foi en l’Homme appelé à vivre libre nous rende attentifs au souffle de l’Esprit. Il saura nous inspirer comment, avec tous ceux qui croient en l’avenir des jeunes menacés, nous pourrons leur ouvrir, au-delà des obstacles, des chemins de liberté et de vie !

+ Monseigneur Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2018

Audience générale…

L’Eucharistie est le symbole d’une spiritualité du don de soi

Lors de l’audience générale, le Pape a poursuivi sa série d’enseignements sur la messe. Dans sa catéchèse, le Pape François s’est arrêté sur «la spiritualité du don de soi» qui s’exprime dans la liturgie eucharistique.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous poursuivons la catéchèse sur la messe. À la liturgie de la Parole – sur laquelle je me suis arrêté dans les catéchèses précédentes – suit l’autre partie constitutive de la messe, qu’est la liturgie eucharistique. En elle, à travers les nombreux signes, l’Église rend continuellement présent le sacrifice de la nouvelle alliance scellée par Jésus sur l’autel de la croix (cf. Conc. oecum. Vat. II, Const. Sacrosanctum Concilium, 47). Cela a été le premier autel chrétien, celui de la Croix et, quand nous nous approchons de l’autel pour célébrer la messe, notre souvenir va à l’autel de la Croix où a été fait le premier sacrifice. Le prêtre qui, à la messe, représente le Christ, accomplit ce que le Seigneur lui-même a fait et confié à ses disciples à la dernière Cène : il prit le pain et le calice, rendit grâce, le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez… buvez : ceci est mon corps… ceci est le calice de mon sang. Faites cela en mémoire de moi ».

Obéissant au commandement de Jésus, l’Église a disposé la liturgie eucharistique à des moments qui correspondent aux paroles et aux gestes qu’il avait accomplis la veille de sa passion. Ainsi, dans la préparation des dons, le pain et le vin sont apportés sur l’autel, c’est-à-dire les éléments que le Christ a pris dans ses mains. Dans la prière eucharistique, nous rendons grâce à Dieu pour l’œuvre de la rédemption et les offrandes deviennent le Corps et le Sang de Jésus-Christ. Suivent la fraction du pain et la communion, à travers laquelle nous revivons l’expérience des apôtres qui reçurent les dons eucharistiques des mains du Christ lui-même (Cf. Présentation générale du missel romain, 72).

Au premier geste de Jésus : « il prit le pain et la coupe du vin », correspond par conséquent la préparation des dons. C’est la première partie de la liturgie eucharistique. Il est bien que ce soient les fidèles qui présentent au prêtre le pain et le vin, parce qu’ils signifient l’offrande spirituelle de l’Église recueillie là pour l’Eucharistie. Il est beau que ce soit justement les fidèles qui apportent à l’autel le pain et le vin. Même si aujourd’hui, « les fidèles n’apportent plus, comme autrefois, leur propre pain ou vin destinés à la liturgie, le rite de la présentation de ces dons conserve toutefois sa valeur et sa signification spirituelle » (ibid., 73). Et à cet égard, il est significatif que l’évêque, en ordonnant un nouveau prêtre, lorsqu’il lui remet le pain et le vin, dise : « Reçois les offrandes du peuple saint pour le sacrifice eucharistique » (Pontifical romain – Ordination des évêques, des prêtres et des diacres). Le peuple de Dieu qui apporte l’offrande, le pain et le vin, la grande offrande pour la messe ! Dans les signes du pain et du vin, le peuple fidèle met donc son offrande entre les mains du prêtre, qui la dépose sur l’autel ou table du Seigneur, « qui est le centre de toute la liturgie eucharistique » (Présentation générale du missel romain, 73). Le centre de la messe est donc l’autel et l’autel est le Christ ; il faut toujours regarder l’autel qui est le centre de la messe. Dans le « fruit de la terre et du travail de l’homme », ce qui est offert c’est l’engagement des fidèles à faire d’eux-mêmes, obéissant à la Parole divine, un « sacrifice qui plait à Dieu le Père tout-puissant », « pour le bien de toute la sainte Église ». Ainsi, « la vie des fidèles, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ et à son offrande totale et de cette manière ils acquièrent une valeur nouvelle » (Catéchisme de l’Église catholique, 1368). Certes, notre offrande est peu de chose, mais le Christ a besoin de ce peu de chose. Il nous demande peu, le Seigneur, et il nous donne beaucoup. Il nous demande peu.  Il nous demande, dans la vie ordinaire, de la bonne volonté ; il nous demande un cœur ouvert ; il nous demande l’envie d’être meilleur pour l’accueillir, lui qui s’offre à nous dans l’Eucharistie ; il nous demande ces offrandes symboliques qui deviendront ensuite son corps et son sang. Une image de ce mouvement oblatif de prière est représentée par l’encens qui, consumé dans le feu, libère une fumée parfumée qui s’élève vers le ciel : encenser les offrandes, comme on le fait les jours de fête, encenser la croix, l’autel, le prêtre et le peuple sacerdotal manifeste visiblement le lien « offertorial » qui unit toutes ces réalités au sacrifice du Christ (cf. Présentation générale du missel romain, 75). Et n’oubliez pas : il y a l’autel qui est le Christ, mais toujours en référence au premier autel qui est la Croix, et sur l’autel qui est le Christ, nous apportons le peu de chose que sont nos dons, le pain et le vin qui deviendront beaucoup ensuite : Jésus lui-même qui se donne à nous.

Et tout ceci est ce qu’exprime l’oraison sur les offrandes. Par elle, le prêtre demande à Dieu d’accepter les dons que l’Église lui offre, en invoquant le fruit de l’admirable échange entre notre pauvreté et sa richesse. Dans le pain et le vin, nous lui présentons l’offrande de notre vie, afin qu’elle soit transformée par l’Esprit-Saint dans le sacrifice du Christ et devienne avec lui une seule offrande spirituelle qui plaise au Père. Tandis que se conclut ainsi la préparation des dons, on se dispose à la prière eucharistique (cf. ibid., 77).

Puisse la spiritualité du don de soi, que nous enseigne ce moment de la messe, éclairer nos journées, nos relations avec les autres, les choses que nous faisons, les souffrances que nous rencontrons, en nous aidant à construire la cité terrestre à la lumière de l’Évangile !

© Libreria Editrice Vaticana – 2018

Éthique…

Effets du cannabis : les preuves scientifiques passées au crible

Les académies américaines des Sciences, d’Ingéniérie et de Médecine ont publié un rapport très complet sur les effets du cannabis sur la santé. L’occasion de faire le point à l’heure des débats sur la légalisation.

C’est un monumental travail qui a été abattu par les académies américaines des Sciences, d’Ingénierie et de Médecine : en 440 pages d’un rapport très complet, les auteurs y passent au crible plus de 10 700 études publiées depuis 1999 sur les effets sur la santé (positifs et négatifs) du cannabis ou de ses dérivés.

Sur les effets thérapeutiques comme sur les divers risques liés à la consommation de cannabis, les auteurs ont classé les preuves selon qu’elles étaient « concluantes » (essais contrôlés randomisés, avec des données de qualité et sans biais majeur), « substantielles » (plusieurs études solides et bien menées), « modérées » (plusieurs limitations dans les études), « limitées » (preuves fragiles et biais possibles) ou «insuffisantes» (résultats mitigés, pas assez de travaux publiés, importants biais possibles).

« Puisque les lois et les politiques changent, la recherche doit avancer aussi », a estimé Marie Mc Cormick, professeur de pédiatrie à Harvard et président du comité ad-hoc. Les auteurs émettent aussi des recommandations pour permettre que soit menée une indispensable recherche de qualité sur le sujet.

Alors que les débats continuent sur la légalisation, état de l’art pour affûter votre opinion…

● L’efficacité mesurée du cannabis thérapeutique

- Certitudes ou preuves substantielles : les Sages estiment qu’il existe des preuves concluantes sur les douleurs chroniques chez l’adulte (les patients éprouvent une baisse significative de leurs symptômes), et les nausées et vomissement causés par la chimiothérapie (certains cannabinoïdes pris par voie orale sont efficaces pour prévenir et traiter ces troubles). Contre les spasmes musculaires liés à la sclérose en plaques, des « preuves substantielles » indiquent que l’usage à court terme de préparations orales améliore les symptômes rapportés par les patients.

- Preuves modérées : les cannabinoïdes semblent efficaces contre les difficultés de sommeil associées à certaines pathologies (syndrome d’apnée obstructive du sommeil, fibromyalgie, douleurs chroniques, sclérose en plaques).

Les preuves sont en revanche limitées quant à l’amélioration de l’appétit chez les patients HIV, des mesures cliniques de certains symptômes chez les patients atteints de sclérose en plaques, du syndrome de Gilles de la Tourette, ou des symptômes anxieux et liés au stress post-traumatique. Une association statistique limitée plaide en faveur d’un meilleur pronostic après un trauma crânien ou une hémorragie intracrânienne.

- Impossible de conclure sur l’efficacité contre le cancer, y compris les gliomes, et les anorexies liées au cancer, le syndrome de l’intestin irritable, l’épilepsie, certains symptômes liés aux blessures de la moelle épinière, la sclérose latérale amyotrophique, la chorée de Huntington ou Parkinson, l’aide à l’abstinence d’autres substances addictives, les psychoses schizophrènes.

● Les dangers réels ou supposés d’une consommation récréative

Blessures ou accidents : au volant, l’usage de cannabis augmente sans conteste le risque d’accident. Les états américains ayant légalisé l’usage du cannabis ont vu augmenter sensiblement le nombre d’overdoses accidentelles chez des enfants (preuves modérées). Pas de preuves ou preuves insuffisantes sur d’autres types d’accidents (risque d’overdose notamment).

Cancer : des preuves modérées montrent qu’il n’y a pas de lien statistique entre la consommation de cannabis en elle-même et l’augmentation du risque des cancers associés à l’usage du tabac (poumons, tête, cou...) ; en revanche, des preuves limitées l’associent à un type particulier de cancer des testicules. Impossible en revanche de conclure en faveur ou en défaveur d’un lien avec les autres types de cancer.

- Risques cardiométaboliques : une hausse du risque d’attaque cardiaque a été suggérée, mais davantage de recherches sont nécessaires pour déterminer l’influence de la consommation sur le développement de ces pathologies (des preuves limitées suggèrent une hausse du risque cardiaque et d’AVC, mais une baisse du risque de diabète).

- Maladies respiratoires : fumer régulièrement du cannabis semble être à long terme associé avec des épisodes plus fréquents de bronchites chroniques, et des symptômes respiratoires plus sévères (toux chronique, production de mucosités). Le lien avec d’autres pathologies respiratoires (BPCO, asthme, baisse de la fonction pulmonaire) est en revanche beaucoup moins affirmé.

- Système immunitaire : des preuves limitées plaident pour une activité anti-inflammatoire du cannabis. Les données manquent en revanche pour juger des conséquences sur le système immunitaire des individus sains ou infectés par le VIH, et les preuves sont tout aussi insuffisantes quant à une augmentation des infections à papillomavirus par voie orale chez les usagers réguliers.

- Consommation pendant la grossesse : les femmes fumant du cannabis durant la grossesse ont des enfants de plus petits poids. Le lien avec d’autres problèmes de la grossesse ou de la petite enfance (complications obstétricales, besoin de réanimation néonatale...) est en revanche nettement moins clair, et les preuves sont clairement insuffisantes quant aux conséquences à long terme sur les enfants (mort subite du nourrisson, difficultés cognitives, usage de drogue ultérieur).

- Santé mentale : l’usage du cannabis est statistiquement associé au risque de développer une schizophrénie ou d’autres psychoses, avec un risque d’autant plus grand pour les gros consommateurs, mais impossible encore d’affirmer un lien de causalité. En revanche, les malades psychotiques consommateurs de longue date de cannabis semblent avoir de meilleures performances dans des tâches d’apprentissage et de mémoire (preuves modérées) ; l’influence sur les symptômes de la schizophrénie reste à prouver (preuves modérées à limitées). Les preuves sont modérées également quant à l’augmentation des symptômes chez les bipolaires en cas d’usage quasi-quotidien, ainsi que sur la survenue de troubles de l’anxiété, dépression, pensées ou passages à l’acte suicidaires.

- Usages problématiques et addiction : commencer tôt, être un homme et fumer du tabac augmentent le risque d’un usage problématique du cannabis ; au contraire, la prise de traitements stimulants contre un déficit de l’attention ou une hyperactivité dans l’adolescence n’est pas un facteur de risque. Voici pour les preuves jugées « substantielles ». Les preuves sont plus modérées sur le fait qu’une consommation problématique puisse être favorisée par la dépression, la polyconsommation de drogues, les difficultés comportementales durant l’adolescence, etc… Elles sont limitées sur l’augmentation du risque de s’initier à d’autres drogues, à commencer par le tabac, et modérées sur celui de développer une dépendance à une autre substance (alcool, tabac ou autres drogues illicites).

- Conséquences psychosociales : l’apprentissage, la mémoire et l’attention sont affectés immédiatement après la prise de cannabis (preuves modérées). Les preuves sont plus limitées sur les conséquences à long terme chez les individus ayant stoppé leur consommation, sur les chances des consommateurs de mener un bon parcours universitaire ou de nouer des relations sociales, ainsi que sur les risques de chômage ou de bas niveau social. Les risques semblent en revanche d’autant plus importants que la consommation démarre tôt, à un âge ou les capacités cérébrales liées aux capacités cognitives se développent. Quant à une éventuelle amélioration des capacités cognitives après une longue abstinence, les preuves sont limitées.

Soline ROY

© Le Figaro – 2017

Solidarité…

Action « Éco-solidaire »

C’est le 1er juillet 2013 que l’action « Éco-solidarité » pour les personnes à la rue a été lancée par l’Accueil Te Vai-ete.

L’objectif était double :

  • Sensibiliser la population à l’écologie, en les invitants à collecter les canettes en aluminium, 100% recyclables ;
  • Rendre la solidarité à l’égard des personnes en très grandes précarités concrète et quotidienne.

Le principe est simple… il suffit de collecter les canettes en aluminium chez soi, sur son lieu de travail, dans son environnement proche… de les compacter et de le déposer au presbytère de la cathédrale. Ces canettes ainsi collectées sont revendues à une société de recyclage qui les envoie vers la Nouvelle-Zélande, où elles seront recyclées. Ainsi un simple geste, nous rend à la fois « écolo » et « solidaire » au quotidien… chez nous… sans grands efforts.

Pour nous aider à mieux concrétiser et évaluer l’action « éco-solidaire », nous avons donné un objectif précis à l’usage des fonds collectés : les frais médicaux.

Voici aujourd’hui un petit bilan de cette opération…

1° Les frais de santé assuré par l’Accueil Te Vai-ete et le Truck de la Miséricorde

Grâce à un réseau constitué au long des années, une partie des soins de personnes en très grande précarité est donnée gratuitement :

  • Consultation médicale : prise en charge gratuite par les médecins généralistes de la Clinique Cardella ;
  • Consultation dentaire : prise en charge des 30% non remboursé par deux dentistes ;
  • Analyses sanguines : prise en charge des 30% par le Laboratoire d’analyse Anne-Marie Javouhey ;

Le reste est pris en charge par l’Accueil Te Vai-ete :

  • Pharmacie ;
  • Radiologie ;
  • Médecins spécialistes.

De 2013 à 2017, le total des dépenses médicales pour les personnes en grande précarité s’est élevé à 2 539 198 xfp.

2° La collecte des canettes

L’« acheteur »

Depuis 2013, ce sont deux entreprises qui ont assuré le rachat des canettes. La première ayant cessé son activité c’est aujourd’hui l’entreprise SOREMAT qui est notre partenaire. Ils viennent chercher les canettes au presbytère sur un simple courriel de notre part ; ils assurent la pesée au Port autonome et nous informent par courriel du poids total et du virement sur le compte Te Vai-ete.

Le prix n’a pas changé d’une entreprise à l’autre. Les canettes sont reprises à 50 xfp le kilo… Le prix semble dérisoire… mais c’est avec les petits ruisseaux que l’on fait les rivières, les fleuves et les océans…

Les « collecteurs »

Ils sont nombreux et variés.

  • Particuliers… ils apportent leurs canettes soit le samedi et dimanche avant les messes dominicales ou alors à tout moment de la semaine, directement au presbytère de la cathédrale ;
  • Entreprises… Essentiellement des snacks et restaurants mais aussi des employés de l’administration ou d’autres entreprises ;
  • Écoles… Plusieurs écoles, collèges et lycée ont intégré cette opération dans leur projet éducatifs… soit de façon ponctuelle dans l’année soit sur l’ensemble de l’année scolaire ;
  • Îles… Des communes ou des particuliers, notamment des Marquises et des Tuamotu sont sensible à notre action et nous font parvenir par bateau le fruit de leur collecte. La société SOREMAT récupère directement les canettes à bord des bateaux ;

De 2013 à 2017, le total des recettes générées par la collecte des canettes s’est élevé à 1 292 075 xfp.

3° Petit bilan comparatif

Ainsi la collecte des canettes durant ces 5 années a permis de couvrir 51% des frais médicaux pour les personnes en très grande précarité suivi par l’Accueil Te Vai-ete.

L’Accueil Te Vai-ete est actuellement la seule structure privée et non subventionnée qui prenne en charge intégralement les frais médicaux des personnes en très grande précarité. L’accueil a dépensé de 2013 à 2017 : 2 539 198 xfp. La collecte des canettes durant la même période a rapporté 1 292 075 xfp. Ainsi, elle a couvert 50,88% des dépenses médicales.

4° Conclusion

Un bilan plus que positif qui montre que la solidarité peut être quotidienne et sans frais… Elle est à la portée de tous sans exception… et en plus elle contribue à la protection de notre environnement…

Soyons Éco-solidaire !

© Accueil Te Vai-ete – 2018

Commentaire des lectures du dimanche

À l’occasion de la fête de la Pâque juive, Jésus se rend à Jérusalem. Arrivé au temple, il ne trouve pas des personnes qui cherchent Dieu, mais des gens qui font leurs propres affaires : les marchands de bétail pour l’offrande des sacrifices ; les changeurs d’argent, qui échangent de l’argent « impur » portant l’image de l’empereur avec des monnaies approuvée par l’autorité religieuse pour payer la taxe annuelle du temple. Quant à nous, que trouvons-nous, quand nous allons dans nos temples ? Je pose la question. Ce commerce indigne, source de gains considérables, provoque la réaction énergique de Jésus. Il renverse les comptoirs et jette l’argent par terre, il éloigne les marchands en leur disant : « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic » (Jn 2,16).

Cette expression ne se réfère pas seulement aux trafics qui étaient pratiqués dans les cours du temple. Elle concerne plutôt un type de religiosité. Le geste de Jésus est un geste de « nettoyage », de purification, et l’attitude qu’il dénonce peut être retrouvée dans les textes prophétiques, selon lesquels Dieu n’apprécie pas un culte extérieur fait de sacrifices matériels et fondé sur l’intérêt personnel (cf. Is 1,11-17 ; Jr 7, 2-11). Ce geste est le rappel au culte authentique, à la correspondance entre liturgie et vie ; un rappel qui vaut pour chaque époque et aujourd’hui aussi pour nous. Cette correspondance entre liturgie et vie. La liturgie n’est pas une chose étrange, qui est là-bas, lointaine, et pendant qu’on célèbre je pense à tant d’autres choses, ou je récite le chapelet. Non, non. Il existe une correspondance, avec la célébration liturgique que j’apporte ensuite dans ma vie ; et sur cela on doit encore plus aller de l’avant, on doit encore faire beaucoup de chemin.

La Constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium définit la liturgie comme « la source première et indispensable à laquelle les fidèles doivent puiser un esprit vraiment chrétien » (n.14). Cela signifie réaffirmer le lien essentiel qui unit la vie du disciple de Jésus et le culte liturgique. Celui-ci n’est pas en premier lieu une doctrine à comprendre, ou un rite à accomplir ; il est naturellement aussi cela, mais d’une autre manière, il est essentiellement différent : il est une source de vie et de lumière pour notre chemin de foi.

C’est pourquoi l’Église nous appelle à avoir et à promouvoir une vie liturgique authentique, afin qu’il puisse exister une harmonie entre ce que la liturgie célèbre et ce que nous vivons dans notre existence. Il s’agit d’exprimer dans la vie ce que nous avons reçu à travers la foi et ce que nous avons célébré ici (cf. Sacrosanctum Concilium, n.10). 

Le disciple de Jésus ne va pas à l’église seulement pour observer un précepte, pour se sentir en règle avec un Dieu qu’il ne doit pas, ensuite, trop « déranger ». « Mais moi, Seigneur, je vais tous les dimanches, j’accomplis..., mais toi, ne te mêles pas de ma vie, ne me dérange pas ». Cela est l’attitude de nombreux catholiques, très nombreux. Le disciple de Jésus va à l’église pour rencontrer le Seigneur et trouver dans sa grâce, qui agit dans les sacrements, la force de penser et d’agir selon l’Évangile. C’est pourquoi nous ne pouvons pas penser entrer dans la maison du Seigneur et « recouvrir », par des prières et des pratiques de dévotion, des comportements contraires aux exigences de la justice, de l’honnêteté ou de la charité envers le prochain. Nous ne pouvons pas remplacer par des « hommages religieux » ce qui est dû au prochain, en renvoyant une véritable conversion. Le culte, les célébrations liturgiques, sont le domaine privilégié pour écouter la voix du Seigneur, qui guide sur la route de la rectitude et de la perfection chrétienne.

Il s’agit d’accomplir un itinéraire de conversion et de pénitence, pour ôter de notre vie les déchets du péché, comme l’a fait Jésus, en nettoyant le temple d’intérêts mesquins. Et le Carême est le temps favorable à tout cela, c’est le temps du renouveau intérieur, de la rémission des péchés, le temps où nous sommes appelés à redécouvrir le sacrement de la pénitence et de la réconciliation, qui nous fait passer des ténèbres du péché à la lumière de la grâce et de l’amitié avec Jésus. Il ne faut pas oublier la grande force que ce sacrement a pour la vie chrétienne : celui-ci nous fait grandir dans l’union avec Dieu, il nous fait réacquérir la joie perdue et expérimenter le réconfort de nous sentir personnellement accueillis par l’étreinte miséricordieuse de Dieu.

Chers frères et sœurs, ce temple a été construit grâce au zèle apostolique de saint Luigi Orione. Précisément ici, il y a cinquante ans, le bienheureux Paul VI inaugura, dans un certain sens, la réforme liturgique avec la célébration de la Messe dans la langue parlée par les gens. Je souhaite que cette circonstance ravive en vous tous l’amour pour la maison de Dieu. Dans celle-ci vous trouverez une grande aide spirituelle. Ici vous pourrez faire l’expérience, chaque fois que vous le voudrez, de la puissance régénératrice de la prière personnelle et de la prière communautaire. L’écoute de la Parole de Dieu, proclamée dans l’assemblée liturgique, vous soutient sur le chemin de votre vie chrétienne. Vous vous rencontrez entre ces murs non comme des étrangers, mais comme des frères, capables de se donner volontiers la main, car rassemblés par l’amour pour le Christ, fondement de l’espérance et de l’engagement de chaque croyant.

Autour de lui, Jésus Christ, Pierre angulaire, nous nous serrons avec confiance en cette Messe, en renouvelant l’intention de nous engager pour la purification et le nettoyage intérieur de l’Église comme édifice spirituel, dont chacun de nous est une partie vivante en vertu du Baptême. Ainsi soit-il.

© Libreria Editrice Vaticana – 2015

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Date de dernière mise à jour : 2018-03-06