Pko 13.10.2019

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°49/2019
Dimanche 13 octobre 2019 – 28ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Humeurs…

Hommage au Père Hubert LAGACÉ, o.m.i.
« Si c’était vrai… »

P lagace

 Il y a des personnes qui sont une véritable bénédiction dans nos vies… Père Hubert LAGACÉ, o.m.i. faisait partie de ces personnes. Il nous a quitté jeudi dans la soirée à la maison Richelieu dans son Canada natal…

Né en 1932, il était arrivé à Tahiti le 30 juin 1989 pour prendre la charge de recteur du Grand Séminaire. Il fut « mon » recteur et c’est lui qui me présenta à Mgr Michel, le jour de mon ordination.

Il était un homme remplit d’humanité… de cette humanité qui conduit à Dieu. C’est lui qui m’a façonné durant les quatre années de théologie… pour essayer de faire de moi un prêtre selon le cœur de Dieu ! Patiemment, il m’a appris à « grandir en humanité »… Même si le temps nous a séparé… puisqu’il a quitté définitivement Tahiti en 2005… il reste le modèle du prêtre que j’aimerai devenir…

Avec Mgr Michel il restera pour moi celui qui m’a conduit au ministère sacerdotal… Et si, sur les derniers kilomètres la mémoire t’a fait défaut… aujourd’hui tu peux contempler ce que tu as semé… : « Viens, bon et fidèle serviteur… » te dis aujourd’hui celui que tu as servi toute ta vie.

SI C’ÉTAIT VRAI…

Personne n'aime entendre parler de la mort. Pour s'en convaincre - si besoin était - , il n'est que d'aller dans un salon funéraire embaumé de parfums et de fleurs et d'écouter les banalités d'usage : « On dirait qu'il dort ! », « Elle a l'air naturel ! », « Si jeune... »  qui traduisent le vide, l'impuissance et l'effroi devant la seule réalité dont la certitude s'impose à tous. Les pré-arrangements n'y peuvent rien et les publicitaires ont beau jeu d'en réveiller la peur pour mousser leurs campagnes par synonymes interposés : cancer, crise cardiaque, pollution, tabac... L'ironie de Pascal est d'une mordante actualité : les hommes, n'ayant pu guérir la mort, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n'y point penser.

Pourtant l'expérience de la mort hante la vie. Le moindre danger fait surgir à la conscience la fragilité de l'existence. Aucun rêve n'échappe au démenti qu'apporte la mort ; aucune jeunesse, aucune richesse, aucune connaissance, aucun pouvoir ne prémunissent contre l'inéluctable certitude. Toute souffrance du cœur comme du corps nous heurte parce qu'elle est annonciatrice de notre ultime agonie.

La mort serait-elle la fin de toute chose ? Nos espérances et nos joies, nos rêves et nos amours seraient-ils à jamais marqués au coin de l'illusion et du mensonge ? Que défendrait-on, alors, en s'insurgeant contre les injustices qui avilissent la personne humaine ? L'absurdité et le non-sens nous guetteraient-ils au détour de toutes nos routes ?

Si c'était vrai que Quelqu'un a déjà vaincu la mort ? Si c'était vrai que Dieu a désarmé la mort en la prenant sur Lui ? Si c'était vrai qu'Il nous entraîne dans sa victoire ? Et si c'était cela LA BONNE NOUVELLE ?

Alors... alors..., s'ouvrent devant nous des routes où la souffrance s'éclaire, où la joie l'emporte sur les larmes, où le cœur devient une source à jamais intarissable, où la solitude trouve une Présence, où le désespoir et le découragement n'ont plus de morsure, où toutes les personnes s'illuminent d'une immense valeur, où le travail pour la justice et la paix trouve son aiguillon...

Pâques, c'est découvrir en soi le regard et l'amour de Quelqu'un qui nous invite à vivre. Y croire, c'est choisir de VIVRE dès maintenant ! Comme le dit un poète de chez-nous :

« C'est fou la mort, c'est plein de vie dedans ».

Le 24 mars l985

R.P. Hubert LAGACÉ, o.m.i.

© Grandir en humanité

Denari a te Atua…

Campagne « Tenari » 2019
« Je rends grâces à mon Dieu chaque fois que je fais mémoire de vous…
car je me rappelle la part que vous avez prise à l’Évangile
 » (Paul aux Philippiens 1,3-4)

Frères et Sœurs,

Notre campagne du Tenari a te Atua aura lieu cette année du 13 octobre au 15 décembre 2019. Cette campagne est placée sous le signe de la Mission. Dans la présentation du « Mois Missionnaire Extraordinaire » voulu par le Pape François, l’un des quatre points mis en évidence est la « charité missionnaire ». Quelle en est la signification ?

La charité missionnaire est un moyen de manifester notre soutien à l’effort d’évangélisation qui parcourt l’Église en tous ses diocèses. Il importe donc que la solidarité puisse fonctionner en chaque communauté afin de donner à notre diocèse les moyens dont il a besoin pour mener à bien la mission qui lui est confiée.

Pour cela, l’Église a besoin de votre soutien, et ce soutien peut se manifester de plusieurs manières :

  • Aide par votre prière…
  • Aide par vos engagements au service des paroisses, du diocèse, de la catéchèse, des mouvements etc...
  • Aide financière.

Si ces trois formes d’aide sont nécessaires pour la vitalité de l’Église, c’est surtout l’aide financière qui est en jeu dans cette campagne du « Tenari a te Atua ». Pour mener à bien les dépenses liées entre-autre à la vie des prêtres (CPS), à la formation des séminaristes, à l’entretien des bâtiments, au fonctionnement des moyens de communication sociale du Diocèse, je fais appel à votre générosité. Je sais qu’en ces temps difficiles économiquement pour un certain nombre d’entre vous, cela représente un effort supplémentaire. Ne dit-on pas que « les petits ruisseaux font les grandes rivières ! ». Aussi, quel que soit le montant de votre contribution, ce qui compte d’abord est le désir que vous exprimez de participer selon vos moyens, ou, selon les mots de l’apôtre Paul, de concrétiser « la part que vous avez prise à l’Évangile ». Vous donnez ainsi à notre Église les moyens financiers de poursuivre sa mission. Soyez-en ici vivement remerciés

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU

Archevêque de Papeete

© Archidiocèse de Papeete – 2019

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Pour mémoire
Communauté paroissiale de la Cathédrale

  • En 2018 : 3 320 873 xfp soit 8,50% du total de la collecte 2018 ;
  • Le 1/3 revenant à la Cathédrale soit 1 106 957 xfp… sont laissés à l’Archidiocèse ;
  • Le vicaire de la Cathédrale prend en charge ses cotisations CPS.

Laissez-moi vous dire…

du 6 au 26 octobre 2019 : Synode de l’Amazonie

Allumer un feu

Les fans de Johnny Hallyday se souviennent de cette chanson (1) de l’année 1998…

Il suffira d'une étincelle,

D'un rien, d'un geste

Il suffira d'une étincelle,

D'un mot d'amour

Pour...

(…)

Allumer le feu

Allumer le feu

Et voir grandir la flamme dans vos yeux

Allumer le feu

Laisser derrière toutes nos peines

Nos haches de guerre, nos problèmes

Se libérer de nos chaînes

Lâcher le lion dans l'arène

Du profane au religieux il n’y a quelques fois qu’un pas ; souvenons-nous de cette parole du Christ : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! » (Luc 12,49-50).

Jésus aspire à un embrasement divin du cœur de ses disciples. Jésus a reçu un vrai baptême d’immersion, plongé dans la douleur du Golgotha, pour que notre propre baptême ne soit pas un simple rituel, une formalité. Jésus a voulu que notre baptême soit une étincelle de la vie divine. Après un temps de maturation et de formation cette étincelle doit devenir une flamme grandissante qui éclaire ceux qui sont dans le doute, les ténèbres, l’ignorance.

Le feu, la flamme sont cités plus d’un millier de fois dans la Bible !

Dans son homélie pour l’ouverture du Synode des Évêques sur l’Amazonie (2) le Pape François a rappelé aux Pères synodaux : « Le don que nous avons reçu est un feu, c’est un amour brûlant envers Dieu et envers nos frères. Le feu ne s’entretient pas tout seul, il meurt s’il n’est pas maintenu en vie, il s’éteint s’il est recouvert de cendre. (…) Le feu qui ravive le don, c’est l’Esprit Saint, qui donne la vie. (…)

Le feu de Dieu, comme dans l’épisode du buisson ardent, brûle mais ne se consume pas (cf. Ex 3,2). C’est un feu d’amour qui éclaire, réchauffe et donne vie, ce n’est pas un feu qui embrase et dévore. Quand les peuples et les cultures s’anéantissent sans amour et sans respect, ce n’est pas le feu de Dieu, mais le feu du monde. Et pourtant, que de fois le don de Dieu, au lieu d’être offert, est-il imposé ! Que de fois y a t-il eu colonisation au lieu d’évangélisation ! Que Dieu nous préserve de l’avidité des nouveaux colonialismes ! Le feu allumé par des intérêts qui détruisent, comme celui qui a récemment dévasté l’Amazonie, n’est pas celui de l’Évangile. Le feu de Dieu est une chaleur qui attire et rassemble dans l’unité. Il se nourrit de partage, non de profits. Le feu dévastateur, au contraire, embrase quand on ne veut défendre que des idées personnelles, constituer son propre groupe, brûler les diversités pour uniformiser tous et tout. »

En ce mois missionnaire extraordinaire, il nous appartient - en tant que chrétiens - missionnaires- de porter cette flamme qui peut transformer notre monde d’égoïsme et d’individualisme. C’est ainsi, qu’au-delà des limites de nos paroisses, de nos foyers, nous verrons se propager le feu de l’Amour de Dieu.

Attisons cette flamme et ne permettons jamais que des pressions externes, ou notre propre médiocrité, l’éteignent.

Dominique Soupé

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1 Paroles de ZAZIE, Musique de Pascal OBISPO, Pierre JACONELLI, © ATLETICO MUSIC, LARSEN SARL – 1998

2  Homélie du Pape François, messe pour l’ouverture du Synode des Evêques pour l’Amazonie, Basilique Saint Pierre, Rome, 6 octobre 2019

© Cathédrale de Papeete – 2019

En marge de l’actualité…

Semaine missionnaire mondiale

du 13 au 20 octobre 2019

Dimanche prochain, 13 octobre, nous entrerons dans la Semaine missionnaire mondiale. C’est l’occasion pour chaque baptisé de s’interroger : « Suis-je vraiment habité par l’amour de Dieu ? Et par conséquent, suis-je un disciple-missionnaire du Christ ? ». En effet, la mission ne repose pas uniquement sur les prêtres, les diacres et les personnes consacrées. Comme le dit le Saint-Père dans son exhortation apostolique, La Joie de l’Évangile (Evangelii Gaudium) : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus-Christ ; nous ne disons plus que nous sommes “disciples”’ et “missionnaires”, mais toujours que nous sommes “disciples-missionnaires”. »

Pour clore cette semaine missionnaire, à l’initiative des diacres permanents, Mgr Jean-Pierre propose à tous les fidèles de vivre un matutu sur le rôle missionnaire de l’Église et de tout chrétien. Les paroisses se regrouperont par secteur pour participer activement à ce moment fort de réflexion et de prière.

Nous sommes ainsi en pleine communion avec les 184 pères synodaux réunis autour du Souverain Pontife pour trois semaines de réflexion et de débat sur le thème : « Amazonie, nouveaux chemins pour l’Église et pour une écologie intégrale ». Lors de l’ouverture du Synode (dimanche 6 octobre) le Pape François a donné tout de suite le ton, inspiré par les incendies qui ravagent la forêt amazonienne, « poumon de notre Planète », en rappelant aux Évêques quelle est leur mission : « raviver le don de Dieu ». « Le feu qui ravive le don, c’est l’Esprit Saint, qui donne la vie. (…) Le feu de Dieu est un feu d’amour qui éclaire, réchauffe et donne vie, ce n’est pas un feu qui embrase et dévore. Quand les peuples et les cultures s’anéantissent sans amour et sans respect, ce n’est pas le feu de Dieu, mais le feu du monde (…). Le feu de Dieu est une chaleur qui attire et rassemble dans l’unité. Il se nourrit de partage, non de profits. Le feu dévastateur, au contraire, embrase quand on ne veut défendre que des idées personnelles, constituer son propre groupe, brûler les diversités pour uniformiser tous et tout ».

Et pour nous, quel est le feu qui nous anime ?

Dominique Soupé

© Archidiocèse de Papeete - 2019

Audience générale

La conversion de Saint Paul

Lors de l’audience générale de ce mercredi, tenue sur la Place Saint-Pierre, le Pape François est revenu sur l’épisode de la lapidation d’Étienne, racontée dans les Actes des Apôtres. Paul de Tarse avait été témoin de cette scène marquant le début du martyre des chrétiens.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Le récit de la lapidation d’Étienne fait apparaître un nouveau personnage. Avec Pierre, c’est le personnage le plus présent et le plus marquant des Actes des apôtres : un « jeune homme appelé Saul » (Ac 7,58). Il est décrit au début comme quelqu’un qui approuve la mort d’Étienne et qui veut détruire l’Église (cf. Ac 8,3) ; mais il va devenir l’instrument choisi par Dieu pour annoncer l’Évangile aux nations (cf. Ac 9,15 ; 22,21 ; 26,17).

Avec l’approbation du grand prêtre, Saul pourchasse les chrétiens et les fait prisonniers. Vous qui êtes issus de ces peuples persécutés par des dictatures, vous comprenez bien ce que signifie être pourchassé et fait prisonnier. C’est ce que faisait Saul. Et il le fait en pensant servir la Loi du Seigneur. Saint Luc dit que Saul était « animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur » (Ac 9,1) : il y a en lui un souffle de mort, et non de vie.

Le jeune Saul est dépeint comme quelqu’un d’intransigeant, c’est-à-dire quelqu’un qui fait preuve d’intolérance envers celui qui ne pense pas comme lui, quelqu’un qui fait de sa propre identité politique ou religieuse un absolu, quelqu’un qui réduit l’autre à un ennemi potentiel qu’il faut combattre : c’est un idéologue. Chez Saul, la religion s’est transformée en idéologie : idéologie religieuse, idéologie sociale, idéologie politique. Ce n’est qu’après avoir été transformé par le Christ qu’il enseignera que la véritable bataille n’est pas à livrer « contre des êtres de chair et de sang, mais contre les dominateurs de ce monde de ténèbres (…), les esprits du mal » (Ep 6,12). Il enseignera que ce ne sont pas les personnes qui doivent être combattues, mais le mal qui inspire leurs actions.

Cette colère - car il est en colère - et ce côté belliqueux de Saul invitent chacun à s’interroger : comment est-ce que je vis ma foi ? Est-ce que je vais à la rencontre des autres ou bien est-ce que je suis contre eux ? Est-ce que nous appartenons tous (tous : les bons et les mauvais) à l’Église universelle ou bien est-ce que j’ai une idéologie sélective ? Est-ce que j’adore Dieu ou plutôt les formulations dogmatiques ? À quoi ressemble ma vie religieuse ? La foi en Dieu que je professe me rend-elle bienveillant ou au contraire hostile envers celui qui est différent de moi 

Saint Luc raconte que, tandis que Paul est tout entier tourné vers la destruction de la communauté chrétienne, le Seigneur le suit pour toucher son cœur et le convertir à lui. C’est la façon de faire du Seigneur : il touche nos cœurs. Le Ressuscité prend l’initiative et se manifeste à Saul sur le chemin de Damas, événement qui est raconté à trois reprises dans les Actes des apôtres (cf. Ac 9,3-19 ; 22,3-21 ; 26,4-23). À travers le double vecteur de la « lumière » et de la « voix », caractéristique des théophanies, le Ressuscité apparaît à Saul et lui demande d’expliquer sa rage fratricide : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4). Le Ressuscité montre à cet instant qu’il ne fait qu’un avec ceux qui croient en lui : frapper un membre de l’Église, c’est frapper le Christ lui-même ! Même les idéologues qui veulent la « pureté » - entre guillemets - de l’Église, frappent le Christ.

La voix de Jésus dit à Saul « Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire » (Ac 9,6). Mais une fois debout, Saul ne voit plus rien, il est devenu aveugle : l’homme fort, autoritaire et indépendant qu’il était est devenu faible, misérable et dépendant des autres car il ne voit plus. La lumière du Christ l’a ébloui et rendu aveugle : « il apparaît ainsi à l’extérieur ce qu’était la réalité intérieure, sa cécité par rapport à la vérité, à la lumière qui est le Christ ».

De ce « corps à corps » entre Saul et le Ressuscité naît une transformation qui montre que Saul vit sa « Pâque personnelle », son passage de la mort à la vie : ce qui était motif de gloire devient ordure bonne à jeter pour acquérir le vrai bien qu’est le Christ et la vie en lui (cf. Ph 3,7-8).

Paul reçoit le baptême. Le baptême marque ainsi pour Saul, comme pour chacun de nous, le début d’une vie nouvelle, et il s’accompagne d’un regard nouveau porté sur Dieu, sur lui-même et sur les autres, qui d’ennemis deviennent désormais des frères dans le Christ.

Demandons au Père qu’il nous fasse expérimenter à nous aussi, comme à Saul, la force de son amour qui lui seul peut changer un cœur de pierre en cœur de chair (cf. Ez 11,15), capable d’accueillir en lui « les dispositions qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5).

© Libreria Editrice Vaticana - 2019

Bioéthique

Les embryons chimère, une folie au nom de la liberté de recherche

L’article 17 de la loi bioéthique autorise l’implantation de cellules humaines sur un embryon animal. Une technique qui soulève de lourdes questions éthiques…

Un embryon chimérique de cochon contenant des cellules humaines, créé par des chercheurs de l'Université de San Diego © Salk Institute 

L’article 17 de la loi bioéthique autorise l’implantation de cellules humaines sur un embryon animal. Une technique qui soulève de lourdes questions éthiques…

N’en déplaise à l’émission de TMC « Quotidien », dont une journaliste moquait en début de semaine une intervenante d’Alliance Vita (Blanche Streb, sa directrice de la formation) alertant sur cet aspect du texte, les embryons chimères homme-animal sont bien au programme du projet de loi bioéthique. L’article 17 prévoit en effet une modification du code de la santé publique qui interdisait jusque-là « la création d’embryons transgéniques ou chimériques », pour limiter cette interdiction à « la modification d’un embryon humain par adjonction de cellules provenant d’autres espèces ». En bref : la manipulation dans l’autre sens – c’est-à-dire l’implantation de cellules humaines sur l’embryon animal – est à présent autorisée. Avec quels enjeux éthiques ? Dominique Folscheid, philosophe, auteur de Made in Labo (Cerf), fait le point sur cette question.

Les chimères sont-elles une réalité nouvelle ?

Elles sont surtout un vieux fantasme. Les chimères appartiennent à un ancien imaginaire, incarné par les licornes, ou encore les divinités égyptiennes humaines à tête d’animal. Au XVIIe siècle, Bacon les utilise également dans son utopie scientifique, et sous Staline, le professeur Ivanov tente de faire des chimères homme-singe, sans succès. L’idée aurait alors été pour le pouvoir soviétique de disposer de soldat mi-hommes mi-singes. Les chimères sont donc enracinées très profondément dans l’imaginaire humain. Mais aujourd’hui, la technique s’en est emparée, rendant accessible leur réalisation. Des tentatives en ce sens existent un peu partout dans le monde (aux États-Unis et en Asie notamment, ndlr). Elles consistent par exemple à injecter des cellules humaines dans des embryons de porcs. Ceux-ci, après implantation, devraient développer un organe humain, tel un pancréas ou un cœur, destiné à être disponible pour une greffe sur l’homme, et ainsi remédier à la pénurie d’organes.

Cela pose des questions de sécurité sanitaire, avec des maladies propres aux porcs que l’on pourrait transmettre à l’homme.

Néanmoins, très concrètement, cela pose des questions de sécurité sanitaire, avec des maladies propres aux porcs que l’on pourrait transmettre à l’homme. En outre, sur qui va-t-on essayer de transférer un organe issu d’un corps animal ? Enfin, pour l’instant, ces recherches n’ont pas abouti. Elles reposent sur une conception très mécaniste du corps, selon laquelle il suffit de changer une pièce pour que cela fonctionne. Pourtant, on sait que, même dans le cas d’un organe venant d’un autre homme, la greffe est très compliquée, avec des risques importants de rejet. Selon moi, il s’agit d’une sorte de folie, menée au nom de la liberté de la recherche.

Quels sont les enjeux philosophiques qui sous-tendent cette ouverture aux embryons chimères ?

Ces expérimentations relèvent de l’hubris, de la démesure qui saisit certain chercheur voulant, par la technique, réaliser les grands mythes et prendre tout pouvoir sur la nature. Cela s’inscrit dans le mouvement général de délire technicien, ainsi que dans la pensée transhumaniste. Celle-ci vise à augmenter l’homme par la technique et l’intelligence artificielle, mais également en l’animalisant, afin de le doter de nouvelles capacités. L’idée est que l’animal, pourvu de griffes ou de branchies, est mieux doté que l’humain, créature ratée et limitée.

Dans le contexte actuel de montée de l’animalisme et de l’antispécisme, émerge l’idée qu’il n’y a pas de différence radicale et ontologique entre l’homme et l’animal. 

Enfin, dans le contexte actuel de montée de l’animalisme et de l’antispécisme, émerge l’idée qu’il n’y a pas de différence radicale et ontologique entre l’homme et l’animal. Cette mouvance, certes minoritaire, est forte car elle s’appuie sur l’essor technique qui nous rend ivre de volonté de puissance.

Pourtant le bien-être animal est également un important sujet de préoccupation aujourd’hui…

En effet, il y a dans la création de chimères une domination, encore inégalée, de l’homme sur l’animal. L’homme en fait son esclave, bien au-delà du niveau de l’animal domestique. Les défenseurs des animaux ne devraient donc pas tarder à monter au créneau. Néanmoins, et plus globalement sur ces sujets, nous sommes dans une situation de schizophrénie : d’une part, on prône un retour à la nature et une défense de l’environnement, et de l’autre, nous sommes dans une technosphère au sein de laquelle le principe de précaution s’applique à tout sauf à l’humain.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a pourtant rappelé qu’autoriser les chimères permettra d’importants progrès thérapeutiques…

Certains annoncent que cela permettra d’en apprendre davantage sur le développement de l’embryon, et donc d’augmenter les taux de réussite des PMA. D’autres, que l’objectif est d’avancer dans la recherche contre la maladie d’Alzheimer. On mobilise l’alibi thérapeutique, en nous demandant de « croire sur parole » les annonces affichées, qui nous promettent la lune. Cet alibi médical permet de laisser faire certains chercheurs, qui ont envie de « faire joujou », animés d’une volonté de toute puissance infantile.

On mobilise l’alibi thérapeutique, en nous demandant de « croire sur parole » les annonces affichées.

Quant aux responsables politiques, la plupart du temps ignorants de la réalité scientifique, leur argument dominant est « on n’arrête pas la recherche », d’abord par conviction mais aussi parce qu’on ne peut pas – ce qui est, pour le coup, vrai puisque les équipes iront réaliser leurs expérimentations à l’étranger de toute façon.

© La Vie – 2019

Éthique sociale

Des sans-abris sont rémunérés en échange du nettoyage des rues…

Des sans-abri de Little Rock, en Arkansas (États-Unis), se sont vus recevoir une bouée de sauvetage pour enfin remettre de l’ordre dans leur vie.

Le nouveau programme pilote de la ville, appelé « Bridge to Work program » (Programme d’insertion professionnelle), permettra à huit sans-abri par jour d’être payés pour ramasser les ordures et enlever les mauvaises herbes, ainsi que pour d’autres tâches de nettoyage.

Selon WIFR, les participants sans-abri recevront 9,25 $ (970 xfp) de l’heure – le salaire minimum pour ramasser les ordures en Arkansas – grâce à un financement de 80 000 $ (plus de 8 353 000 xfp) que le service des travaux publics de la Ville de Little Rock versera au programme.

Ce programme, qui est géré par Canvas Community Church, a débuté le 1er avril et se terminera le 27 septembre.

Alexander Williams est l’un des huit sans-abris qui participent au programme d’essai de six mois. « En faisant ce travail ici, par la suite je pourrais peut-être être embauché à plein temps par la ville, ou quelque chose comme ça », a déclaré M. Williams à II Alive.

M. Williams joue le rôle d’un superviseur et d’un conducteur dans le cadre de la nouvelle initiative – il espère que ce programme lui assurera un avenir meilleur.

« J’essaie fondamentalement de changer ma vie », a ajouté M. Williams.

Souvent, les sans-abris se découragent lorsqu’ils n’arrivent pas à trouver ou à obtenir un emploi.

En malheureusement beaucoup d’entre eux se tournent vers la drogue et l’alcool, et tentent d’échapper à la pression de ne pas avoir une vie décente, ce qui engendre au final davantage de problèmes.

De plus, le fait de ne pas avoir de logement est un facteur dissuasif important pour trouver un emploi, et les refuges sont pour la plupart surpeuplés, avec de longues listes d’attente.

Un chemin vers un avenir meilleur :

L’église communautaire, qui gère le programme Bridge to Work, a écrit sur son site Web : « Il n’y a pas de saints ici, ni personne qui soit parfait. »

« Nous sommes une communauté diversifiée de gens imparfaits et brisés qui recherchons quelque chose de plus grand que nous-mêmes, quelque chose de vibrant, de significatif, de mystifiant, quelque chose qui serait satisfaisant contre toute attente. »

Les participants sans-abri du programme Bridge to Work sont enthousiastes et leur moral est grandement remonté.

« C’est un travail honnête », a déclaré Dan Woodring, l’un d’eux, « C’est simple, j’essaie juste de trouver du travail, de gagner de l’argent. »

Le but ultime du programme est d’offrir aux participants des possibilités d’emploi à temps plein, d’éducation ou de réadaptation, afin qu’ils puissent sortir de l’itinérance.

Bon nombre d’entre eux espèrent obtenir un emploi stable et à temps plein après la fin de l’essai.

Harond Goodlow Jr, un autre participant au programme, a dit : « C’est positif. Je fais une bonne action, je gagne de l’argent, et cela me permet de montrer le bon exemple à mon fils. »

Canvas Community Church espère que l’initiative améliorera les choses.

« L’objectif est de leur donner une journée de travail et une journée de salaire, mais aussi la possibilité de se connecter à des services qui peuvent les aider à obtenir le plein emploi, ou à d’éventuels futurs projets », a déclaré le pasteur associé à l’initiative, Paul Atkins, de l’église communautaire Canvas Community Church.

M. Atkins a vraiment apprécié le soutien que le programme a reçu de la Ville.

« Tout le monde s’est montré très positif, coopératif et compréhensif », a-t-il ajouté.

Si le programme est couronné de succès, la Ville peut envisager de le poursuivre, donnant de l’espoir à de nombreuses autres personnes sans-abri.

© The Epoch Times – 2019

Commentaire des lectures du dimanche

L’Évangile de ce dimanche nous invite à reconnaître avec étonnement et gratitude les dons de Dieu. Sur la route qui le conduit vers la mort et vers la résurrection, Jésus rencontre dix lépreux, qui vont à sa rencontre, s’arrêtent à distance et crient leur malheur à l’adresse de cet homme chez qui leur foi a perçu un éventuel sauveur : « Jésus, maître, prends pitié de nous » (v.13). Ils sont malades et cherchent quelqu’un pour les guérir. Jésus, en répondant, leur dit d’aller se présenter aux prêtres qui, selon la loi, étaient chargés de certifier une guérison éventuelle. Ainsi, il ne se limite pas à faire une promesse, mais met leur foi à l’épreuve. À ce moment-là, en effet, les dix ne sont pas encore guéris. Ils recouvrent la santé, tandis qu’ils sont en chemin, après avoir obéi à la parole de Jésus. Alors, eux tous, remplis de joie, se sont présentés aux prêtres, et ensuite ils s’en sont allés chacun son chemin, oubliant cependant le Donateur, c’est-à-dire le Père qui les a guéris par l’intermédiaire de Jésus, son Fils fait homme.

Un seul fait exception : un samaritain, un étranger qui vit en marge du peuple élu, presqu’un païen ! Cet homme ne se contente d’avoir obtenu la guérison à travers sa propre foi, mais il fait en sorte que cette guérison atteigne sa plénitude en revenant exprimer sa gratitude personnelle pour le don reçu, reconnaissant en Jésus le vrai Prêtre qui, après l’avoir relevé et sauvé, peut le mettre en chemin et l’accueillir parmi ses disciples.

Savoir remercier, savoir louer pour ce que le Seigneur fait pour nous, combien c’est important ! Et alors, nous pouvons nous demander : sommes-nous capables de dire merci ? Combien de fois nous disons-nous merci en famille, en communauté, dans l’Église ? Combien de fois disons-nous merci à celui qui nous aide et qui nous est proche, à celui qui nous accompagne dans la vie ? Souvent, nous tenons tout pour acquis ! Et cela se produit également vis-à-vis de Dieu. Il est facile d’aller vers le Seigneur demander quelque chose, mais revenir pour remercier… C’est pourquoi, Jésus souligne avec force le manquement des neuf lépreux ingrats : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17,17-18).

En cette journée jubilaire, un modèle, mieux, le modèle à regarder, nous est présenté : Marie, notre Mère. Après avoir reçu l’annonce de l’Ange, elle a laissé jaillir de son cœur un chant de louange et de gratitude à Dieu : « Mon âme exalte le Seigneur… ». Demandons à la Vierge de nous aider à comprendre que tout est don de Dieu, et à savoir remercier : alors, je vous l’assure, notre joie sera pleine. Seul celui qui sait remercier, fait l’expérience de la plénitude de la joie.

Pour savoir remercier, il faut aussi de l’humilité. Dans la première lecture, nous avons écouté l’histoire singulière de Naaman, commandant de l’armée du roi d’Aram (cf. 2 R 5,14-17). Atteint de lèpre, pour obtenir la guérison, il accepte la suggestion d’une pauvre esclave et se fie au traitement du prophète Élisée, qui pour lui est un ennemi. Cependant, Naaman est disposé à s’humilier. Et Élisée ne lui demande rien, il lui ordonne de se baigner dans les eaux du fleuve Jourdain. Cette requête laisse Naaman perplexe, voire contrarié : mais peut-il être vraiment un Dieu, celui qui demande des choses aussi banales ? Il voudrait faire demi-tour, mais finalement il accepte de se baigner dans le Jourdain et il est immédiatement guéri.

Le cœur de Marie, plus que n’importe quel autre, est un cœur humble et capable d’accueillir les dons de Dieu. Et Dieu, pour se faire homme, l’a choisie, précisément elle, une fille simple de Nazareth, qui ne vivait pas dans les palais du pouvoir et de la richesse, qui n’a pas accompli des œuvres extraordinaires. Demandons-nous – cela nous fera du bien - si nous sommes disposés à recevoir les dons de Dieu, ou si nous préférons plutôt nous enfermer dans les sécurités matérielles, dans les sécurités intellectuelles, dans les sécurités de nos projets.

Il est significatif que Naaman et le samaritain soient deux étrangers. Que d’étrangers, y compris des personnes d’autres religions, nous donnent l’exemple de valeurs que nous oublions parfois ou négligeons ! Celui qui vit à côté de nous, peut-être méprisé et marginalisé parce qu’il est un étranger, peut nous enseigner cependant comment marcher sur la voie que le Seigneur veut. La Mère de Dieu, elle aussi, avec son époux Joseph, a fait l’expérience de l’éloignement de sa terre. Pendant longtemps, elle aussi a été une étrangère en Égypte, loin de ses parents et de ses amis. Mais sa foi a su vaincre les difficultés. Accrochons-nous fermement à cette foi simple de la Sainte Mère de Dieu ; demandons-lui de savoir revenir toujours vers Jésus et de lui exprimer notre gratitude pour les nombreux bienfaits de sa miséricorde.

© Libreria Editrice Vaticana – 2016

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