Pko 17.03.2019

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°14/2019

Dimanche 17 mars 2019 – 2ème Dimanche du Temps de Carême – Année C

Humeurs…

Te Vevo

Du 27 février au 17 mars a eu lieu au Petit Théâtre de la Maison de la Culture le 1er festival Te Vevo – le monde en écho. Organisé par la Compagnie du Caméléon, le festival c’est penché « sur 3 sujets de société à travers 3 spectacles vivants et 3 œuvres cinématographiques » : la précarité et l’exclusion avec le film « Moi, Daniel Blake » et la pièce « Laïka » ; la violence et ses mécanismes avec le film « Éléphant » et la pièce « Je vole… et le reste je le dirai aux ombres » ; et enfin « Les chatouilles », film et pièce sur le thème de la pédophilie.

Un 1er festival, malheureusement resté un peu confidentiel… mais d’une grande richesse, aussi bien pour ce qui est des œuvres présentées que pour les débats qui ont suivis avec des acteurs de terrain du Pays…

Un grand merci à Guillaume GAY, et sa Compagnie du Caméléon pour ce 1er festival qui sera suivi, il faut le souhaiter, de nombreux autres… Oser aborder les problèmes fondamentaux de notre société par la voie de l’Art nous aide à prendre de la hauteur, à saisir l’importance d’un travail en transversalité comme nous l’ont très bien démontré les intervenants des débats…

Une initiative privée… qui devrait être soutenue par les pouvoirs publiques afin de pérenniser ce festival… qu’il puisse aussi sortir de sa confidentialité et accueille davantage de polynésiens…

L’Art ouvre des horizons que ni les politiques, ni les religions, ni l’école ne peuvent ouvrir… un regard qui touche à l’âme… qui touche à l’essence même de l’homme…

L’Art qui nous donne de retrouver l’humain dans l’homme… la personne dans l’individu…

Te Vevo… que ce festival face écho dans notre quotidien !

À l’année prochaine !

Laissez-moi vous dire…

Mars : mois dédié à Saint Joseph

Revêtir l’équipement de combat donné par Dieu… et mettre un frein à sa langue.

Entendu ou lu ici ou là :

« L’ancien archevêque de Washington reconnu coupable d’abus sexuels, le cardinal archevêque de Lyon condamné pour non dénonciation d’abus sexuels, le nonce apostolique en France soupçonné d’agressions sexuelles, un prêtre à Papeete mis en garde à vue… etc… ça fait beaucoup. Comment faire confiance aux prêtres et à l’Église ? »

Réponse : « Faudrait pas mettre tous les prêtres dans le même panier ! »

Autre réponse : « Faudrait ordonner prêtre que des gens mariés ! »

« Les prêtres qui ont des tentations n’ont qu’à aller voir des prostituées. »

« Arrêtez un peu de dire n’importe quoi. Et si on priait davantage pour nos prêtres… »

« Et si on les soutenait un peu plus ? »

L’emballement des médias sur les abus commis par certains prêtres et prélats de l’Église catholique a enclenché une avalanche de propos sur la toile à la fois agressifs et passionnés contre les prêtres et l’Église. Donnant l’impression qu’il n’y a que dans l’Église que gîtent les prédateurs sexuels

Sans compter, pour attiser un peu plus le « feu médiatique », certains livres sulfureux ou films voulant soi-disant révéler « la face cachée de l’Église » !

S’il est vrai que des dignitaires de l’Église et des prêtres mènent une double vie et se protègent les uns les autres, ce comportement désordonné est un scandale pour l’Église et tous les fidèles ; ils doivent être condamnés et contraints à la réparation de leurs fautes. Benoît XVI avait édicté des mesures, le Pape François a fustigé les hypocrites qui mènent « une vie cachée et souvent dissolue ».

Quant à nous, fidèles catholiques, ne cédons pas à la tentation de hurler avec les loups. Reconnaissons le travail accompli par des prêtres généreux, ayant le souci du peuple de Dieu et du salut des âmes. Ceux-là sont les premiers à souffrir du comportement scandaleux de tel ou tel confrère. S’il est vrai que le chrétien est habitué à souffrir, il nous revient de soutenir nos pasteurs fidèles à l’enseignement du Christ et de l’Église.

C’est aussi un appel à prier davantage pour eux.

Saint Paul est très ferme dans sa lettre aux Éphésiens : « Revêtez l’armure de Dieu, pour pouvoir résister aux manœuvres du diable. (…) il vous faut endosser l’armure de Dieu, afin qu’au jour mauvais vous puissiez résister et, après avoir tout mis en œuvre, rester fermes » (Éphésiens 6, 11.13)

Et n’oublions pas ce conseil de Saint Jacques : « mettre un frein à sa langue » (Jacques 1,28). Car souvent nous sommes prompts à condamner, à calomnier. « Que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère, car la colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » (Jacques 1, 19-20)

Dominique Soupé

Une suggestion : En ce mois de mars dédié à Saint Joseph, je propose une prière toute simple :

Seigneur, rends-nous justes…

Seigneur, rends-nous justes. Non seulement des hommes dévoués et généreux qui s’exposent à des risques pour faire triompher la justice, mais des hommes de Dieu, des hommes pour qui Dieu est tout. Non seulement des hommes fraternels, attentifs à toutes les misères et serviables à toute infortune, mais des hommes remplis d’amour pour Toi, Seigneur, qui ne vivent que pour Toi. Des hommes qu’on ne pourrait regarder sans Te voir, qu’on ne pourrait écouter sans T’entendre. Des hommes qui arracheraient le monde à son matérialisme, en lui imposant Ta présence.

Nous avons besoin d’hommes justes. Prends-les partout, parmi les pauvres et parmi les riches, parmi les ignorants et parmi les savants, parmi les laïcs et parmi les prêtres, en plein monde et dans la vie religieuse. Nous Te le demandons, Seigneur, par amitié pour Joseph, ton père virginal en qui Tu as reconnu Toi-même un juste. Amen.

(Source : fascicule édité par l’Oratoire Saint-Joseph de Montréal,

Neuvaine à Saint Joseph)

© Cathédrale de Papeete - 2019

En marge de l’actualité…

Le prêtre

Du Lundi 11 au Vendredi 15 Mars, les prêtres de notre diocèse et leur évêque vont vivre leur retraite annuelle à Tibériade. Se joindront à eux Mgr Pascal CHANG SOI et les deux prêtres en service du diocèse de Taiohae. Cette retraite, prêchée par le P. Roch APIKAOUA - curé de la Cathédrale de Nouméa - tombe à point nommé pour nous aider à réfléchir sur le rôle du prêtre.

Rappelons que le prêtre signifie par sa présence que l’Église a son centre hors d’elle-même, que sans le Christ et l’Esprit, elle ne saurait ni ne pourrait rien pour reconnaître l’amour du Père et s’y livrer. La place que tient le prêtre ne doit rien à sa valeur personnelle, ni à son savoir-faire ni même aux dons spirituels qui donnent force à leurs interventions, mais elle le doit au titre du sacrement de l’ordre et de la mission qui lui a été confiée par l’évêque. C’est une façon de signifier que personne ne peut s’approprier les dons de Dieu, et encore moins ceux qui en sont les instruments, les prêtres. Finalement, ce qu’on attend de leur ministère, et en particulier dans les sacrements, on ne l’attend pas d’eux, mais du Christ qui agit par eux, en tant qu’il est la tête de l’Église.

Aimer ses prêtres, c’est bien, mais c’est mieux encore d’aimer le sacerdoce… Le prêtre ne travaille pas pour son compte, pour sa gloire ou son prestige, ou pour entretenir une cour d’admirateurs inconditionnels ! Il ne conduit pas les fidèles à lui, à sa personne, mais au Christ. Il ne cherche pas à remplir son église mais à aider les fidèles à rencontrer le Christ dont il est le serviteur. Ne tombons pas dans le piège de nous attacher « sentimentalement » à nos prêtres, au risque d’oublier que c’est au Christ que nous devons nous attacher, lui que nous devons suivre avec l’aide et le soutien de nos prêtres. Rappelons ici un extrait de ce beau texte de sœur Véronique MAGRON, présidente de la conférence des religieux et religieuses de France, texte déjà cité dans le communiqué du 12 Novembre 2018 : « Je ne suis pas catholique à cause des prêtres, y compris les meilleurs. Et ils sont nombreux…

Je suis catholique à cause de l’amour de Dieu pour les plus vulnérables.

Je suis catholique à cause de Jésus, vrai homme, mortel, comme chacun.

Je suis catholique à cause de Jésus, le Christ, homme totalement vrai, accomplissant ce qu’il dit, donnant toute la vie pour ceux qu’il aime

Je suis catholique à cause de l'Eucharistie, où nous devenons le corps que nous recevons. Où nous sommes convoqués à vivre de la vie du Christ, du creux de nos simples existences ordinaires. Sans banderole et sans publicité.

Je suis catholique parce que je crois la parole de Dieu, celle qui me raconte que mon Dieu a pris la décision de faire alliance avec l’humanité, de la sauver de l’esclavage et du désespoir. »

Dans son décret sur les prêtres, le Concile multiplie les allusions à leur comportement dans ce monde et au milieu des hommes. Il s’agit de bien montrer combien l’existence des prêtres en tous domaines doit être accordée à leur ministère. Il ne s’agit pourtant pas d’un simple souci de cohérence (« ce que j’annonce, je dois le vivre ») mais il s’agit de contribuer à témoigner de la croissance spirituelle du corps du Christ. Le dévouement des prêtres, leur comportement dans les multiples relations ecclésiales avec leurs frères prêtres et les fidèles, avec les croyants et les incroyants, des qualités comme la bonté, la sincérité, la force morale, la persévérance, la passion pour la justice, la délicatesse, la tempérance sont explicitement mis en rapport avec la manifestation du retour du Christ. Plus que quiconque, de par son ministère, le prêtre par son comportement, témoigne de la présence de ce Dieu venu en notre chair en Jésus Christ désormais glorifié. En voyant vivre le prêtre.

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2019

6ème Anniversaire du Pontificat

Le pontificat du Pape François, un chemin spirituel ancré dans la miséricorde

Le 6e anniversaire de l’élection du Pape François donne l’occasion de parcourir les aspects spirituels du magistère du Pape, parfois mis en sourdine par la dimension sociale, souvent amplifiée par les médias : du christocentrisme à la foi dans la puissance de la prière, de la sainteté du quotidien à la dimension mariale.

Six ans se sont donc écoulés depuis le 13 mars 2013, jour de l’élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio, alors archevêque de Buenos Aires, devenu le premier Pape latino-américain de l'histoire. Au-delà des évènements et des faits les plus significatifs de ces 2 191 journées, jalonnées par plus de 1 000 homélies et de 1 200 autres discours publics, son pontificat peut être caractérisé par 10 grands axes spirituels.

Vivre la foi et rencontrer Jésus

Au centre du magistère du Pape François, il y a le mystère de la rencontre avec le Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, d’où vient la première annonce, le kérygme. La foi n’est pas une idéologie, mais une rencontre concrète avec notre Sauveur qui nous met en mouvement pour rencontrer les autres en nous changeant la vie : de cette rencontre d’amour naît le désir de porter la joie de l’Évangile au monde. C’est la force de l’amour de Jésus, vécu à la première personne, qui nous pousse à dire la bonne nouvelle, qui est adressée à tous : les chrétiens sont seulement des pauvres messagers qui doivent dire quelque chose d’infiniment plus haut qu’eux-mêmes.

La prière : Dieu est Père et nous sommes frères

La prière est à la base de la vie chrétienne, affirme le Pape François. Au-delà des paroles, cela signifie être avec Dieu, se confier au Père. La vraie prière est un rapport vivant, une expérience quotidienne, faite d’écoute et de dialogue, de consolation et de libération, et parfois aussi d’agacements. Mais pour prier, il faut comprendre que nous sommes tous enfants d’un même Père qui ne nous abandonne pas et nous fait découvrir frères, au-delà de nos petites frontières. Prier, c’est aller à la rencontre de l’autre, un mystère d’amour qui est depuis toujours dans l’esprit de son Créateur.

Se laisser transformer par l’Esprit Saint

Un autre aspect fort de ce pontificat est l’invitation à se laisser changer par l’Esprit Saint. La vie du chrétien est une continuelle conversion, une exigence de profond renouvellement spirituel qui se heurte avec nos résistances à ne pas se laisser transformer par la charité, peut-être au nom d’une vérité que l’on veut posséder comme un « pack » de doctrines qui ne laisseraient de marge à aucun doute. L’Esprit Saint fait de nous de vrais évangélisateurs, non pas des chercheurs de prosélytes à endoctriner et à emprisonner dans une secte, mais de vrais porteurs de la Vérité faite personne, qui ne s’impose pas mais rend libres.

Que l’Église soit toujours la maison ouverte du Père

L’Église est « appelée à être la maison ouverte du Père ». L’Église n’est pas une douane, et « jamais les portes des sacrements ne devraient se fermer pour une raison quelconque ». « L’eucharistie n’est pas un prix pour les parfaits mais un remède généreux et un aliment pour les faibles », souligne le Pape François, invitant à trouver des réponses pastorales « avec prudence et audace ». La communauté chrétienne est appelée à se faire bon Samaritain pour s’incliner sur les frères blessés et laissés sur le bord de la route. Mais il est nécessaire de ne pas enfermer Jésus dans les églises. Lui, Il est en train de frapper à la porte pour sortir et apporter la vie.

Un renouvellement spirituel permanent

L’Église, en tant que Peuple de Dieu, est appelée à se renouveler continuellement pour être toujours plus fidèle au Christ, explique le Pape François. L’Esprit doit nous donner un dynamisme intérieur pour mieux comprendre les vérités chrétiennes et faire grandir l’intelligence de la foi, au-delà des aléas de l’histoire. Le danger est d’absolutiser un moment historique donné et de le cristalliser sous une forme particulière, en perdant la perspective d’un chemin. C’est l’Église qui se laisse purifier dans les épreuves, comme le scandale des abus, « une Église pauvre pour les pauvres » qui existe pour servir et fait cheminer ensemble, clercs, religieux et laïcs, hommes et femmes, contre toute tentation de cléricalisme.

La vraie foi nous met en crise

Le Pape François a mis en crise notre christianisme. Comme Jésus l’a fait, il a bousculé ceux que l’on pensait comme proches, alors qu’ils étaient des scribes et des pharisiens, et il a lancé des ponts vers ceux que l’on percevait comme lointains. Il a contraint, avec un langage souvent fort et coloré, à prendre position sur ses paroles : nous pouvons les accepter avec humilité en nous laissant corriger, ou les rejeter avec un dédain offensé. « Une foi qui ne nous met pas en crise est une foi en crise, martèle le Pape. Une foi qui ne nous fait grandir est une foi qui doit grandir. Une foi qui ne nous interroge pas est une foi sur laquelle nous devons nous interroger ; une foi qui ne nous anime pas est une foi qui doit être animée. Une foi qui ne nous bouleverse pas est une foi qui doit être bouleversée. » Car un Dieu qui est fait homme et meurt, crucifié pour nous, et ressuscite, ne peut pas ne pas nous bouleverser.

La charité au-dessus de toute chose

L’essence du christianisme est la charité, insiste le Pape. Nous pouvons annoncer les vérités les plus grandes de la foi en donnant même la vie, faire des prodiges et chasser des démons, mais sans l’amour nous ne sommes rien. La charité n’est pas une abstraction. François ne cesse de rappeler qu’à la fin de la vie nous serons jugés sur quelque chose de très concret. Le Pape ne cesse d’appeler à l’attention sur les pauvres, les migrants et les souffrants de tout type, qu’il veut embrasser en priorité lors des audiences. Certains lui reprochent de trop faire prévaloir l’aspect social sur la transcendance, mais en réalité, cet appel a une racine profondément spirituelle et eschatologique : le Pape pense au Jugement dernier. Au soir de notre vie, c’est notre amour concret dans cette vie qui nous jugera. Si nous ne reconnaissons pas le Christ dans le visage du pauvre, nous ne reconnaitrons pas Jésus quand nous le verrons face à face.

La sainteté est la miséricorde de tous les jours

Le Pape François ne cesse de rappeler que la miséricorde du Seigneur est infinie, mais que si nous l’accueillons pas nous subirons la colère de Dieu. Il s’agit de l’enfer, le refus de l’amour e Dieu. Le Tout-Puissant s’arrête seulement devant une chose : notre liberté. Le Pape fait donc la distinction entre pécheurs et corrompus. Nous sommes tous pécheurs, et François se met en première ligne, mais les corrompus sont ceux qui se sentent justes et ne veulent pas accueillir le pardon de Dieu. Les saints sont au contraire ceux qui accueillent dans leur faiblesse la miséricorde divine et la reversent sur les autres. Ils sont des pécheurs qui se laissent continuellement relever par l’amour gratuit de Dieu, qui leur donne la force de dépenser la vie pour les autres, dans le silence de tous les jours.

Le chrétien est dans le monde mais n’est pas du monde

François donne un sens spirituel fort à ses paroles, et, en ligne avec toute la tradition, il voit le chrétien comme un homme engagé dans le monde, mais avec les yeux du ciel. L’invocation « que ton règne vienne » signifie travailler sur cette terre pour construire dans la société la paix, la justice, la fraternité. Le Pape dénonce donc à la fois les marchands de mort qui font du profit sur les guerres, le fonctionnement de l’économie qui tue et exclut les plus faibles, contre les colonisations idéologiques qui attaquent la vie comme la théorie du genre. François a écrit une encyclique sur le soin de la création non pas parce qu’il serait un « pape vert », comme certains l’ont présenté, mais parce que la maison commune est une bien que Dieu nous a confiés pour le bien de tous. Le Pape François appelle donc à s’engager dans les choses du monde d’une façon chrétienne, et non pas à s’extraire du monde.

L’aide de Marie et la lutte contre le diable

François évoque souvent le diable, en expliquant que derrière le mal que fait l’homme, il y a Satan. Il ne le dit pas pour diminuer les responsabilités de l’homme mais pour faire comprendre que la lutte la plus grande se situe au niveau spirituel. Le diable est celui qui divise : il veut nous séparer de Dieu et des frères, il divise les peuples, les communautés, l’Église, les familles. Il dit des mensonges, il accuse, il tue.

François fait souvent appel à Marie dans ce combat. Il se confie régulièrement à la Mère de Dieu, notamment avant et après chaque voyage international, quand il se rend à Sainte-Marie-Majeure pour prier devant l’icône de la Salus Populi Romani. Le Pape a exhorté à prier le Rosaire afin de demander, par l’intercession de Marie et de saint Michel Archange, la protection de l’Église face aux attaques du démon. François invite à croire en la puissance de la prière, et ce n’est pas pour rien qu’il demande à la fin de chaque discours : « S’il vous plait, n’oubliez pas de prier pour moi ».

Quelques données statistiques

En six ans de pontificat, le Pape François a prononcé plus de 1 000 homélies, dont plus de 670 lors des messes à la Maison Sainte-Marthe. Il a prononcé plus de 1 200 discours publics, parmi lesquels 264 catéchèses dans le cadre des audiences générales du mercredi, qui ont suivi les thèmes suivants : le Credo, les sacrements, les dons de l’Esprit Saint, l’Église, la famille, la miséricorde, l’espérance chrétienne, la messe, le baptême, la confirmation, les commandements, la prière du Notre Père.

Dans le cadre des prières de l’Angélus et du Regina Coeli, le dimanche midi, il a livré 342 commentaires de l’Évangile du jour.

Il a pour le moment publié deux encycliques : Lumen Fidei en 2013 (reprenant les réflexions initiées par son prédécesseur Benoît XVI) puis Laudato Si’ en 2015, et trois exhortations apostoliques : Evangelii Gaudium, texte programmatique du pontificat, puis Amoris Laetitia en 2016, suite aux deux Synodes sur la famille, et enfin Gaudete et exsultate en 2018, sur la sainteté du quotidien. Une quatrième exhortation apostolique sera publiée le 25 mars, faisant suite au Synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel.

Dans un registre plus technique, 36 constitutions apostoliques et 27 Motu proprio ont été publiés durant ces six années, ainsi que la Bulle d’indiction du Jubilé de la Miséricorde.

Le Pape a par ailleurs accompli 27 voyages internationaux et 24 visites pastorales en Italie (sans compter quelques autres déplacements informels).

Parmi ses nombreuses canonisations, on peut retenir celles des Papes Jean XXIII, Paul VI et Jean-Paul II, de Mgr Romero, d’Élisabeth de la Trinité, des parents de Sainte Thérèse de Lisieux, ou encore de la mystique Angèle de Foligno et du jésuite Pierre Favre (ces deux derniers par canonisation équipollente).

© Vatican New – 2019

Protection des mineurs dans l’Église

Qui sont vraiment les pédophiles ?

Comment les pédophiles peuvent-ils être capables de tels actes ? Peut-on les soigner ? Le point avec le psychiatre Roland Coutanceau, spécialiste en criminalité sexuelle. Psychiatre, il intervient en tant qu’expert-criminologue auprès de plusieurs tribunaux et préside la Ligue française de santé mentale. Il est à l’origine de la création de l’un des premiers pôles de victimologie et de prise en charge des hommes violents, l’AFTVS (Association française de thérapie du traumatisme des violences sexuelles et familiales et de prévention) à La Garenne-Colombes, dans les Hauts-de-Seine, et vient de publier « Vivre après l’inceste », aux éditions Desclée de Brouwer. Pères incestueux, pédophiles récidivants, violeurs de femmes adultes, Roland Coutanceau connaît tout ce que la Justice intercepte de criminels sexuels et a fait profession de rendre à leur humanité ceux que l’on qualifie de « monstres ». À contre-courant des idées reçues, le psychiatre affirme que les pédophiles – pour la plupart – ne sont pas des « malades » et qu’une thérapie peut les aider à ne plus jamais passer à l’acte. Selon lui, leur incarcération est en général une sanction efficace, car 80 % de ceux qui ont effectué leur peine jusqu’au bout ne récidivent pas.

Psychologies : Comment définir la pédophilie ?

Roland Coutanceau : Pour la psychiatrie, la pédophilie est d’abord une réalité du fantasme. Est considéré comme pédophile celui (ou celle) qui éprouve une excitation sexuelle pour un corps d’enfant pré-pubère. On peut donc être pédophile sans être passé à l’acte. Il existe même des pédophiles qui ne passeront jamais à l’acte parce qu’ils sont suffisamment structurés psychologiquement pour ne pas envisager de le faire.

On peut distinguer trois types de pédophiles : ceux qui ont un attrait exclusif pour les enfants ; ceux qui ont un attrait préférentiel pour eux mais qui peuvent être excités par des adultes ; et enfin, ceux qui ont un attrait secondaire pour les enfants. Chez ces derniers, la sexualité s’organise généralement autour de fantasmes et de partenaires adultes. Mais, dans un contexte exceptionnel de promiscuité, ils peuvent ressentir une attirance pour un enfant.

Ce type de dérapage, dont on se dit souvent qu’il aurait pu être évité et qu’il a peu de chances de se reproduire, confirme l’idée qu’il y a beaucoup plus d’adultes susceptibles d’être excités par des enfants qu’on ne le croit. Quand, à l’occasion d’une fête, on déguise une petite fille en femme, il y a toujours un oncle ou un cousin pour remarquer : « Quand elle sera grande, elle fera des ravages ! » Cela montre bien que le cerveau archaïque de l’homme peut vivre la petite fille comme une femme. Voilà pourquoi certains adolescents ou certains hommes immatures, peu épanouis dans leur sexualité, peuvent accidentellement se livrer à des attouchements sur des petites filles alors qu’ils sont habituellement intéressés par des femmes de leur âge.

Psychologies : Avoir des fantasmes pédophiles, est-ce être un pédophile en puissance ?

Roland Coutanceau : Les institutions en charge de l’enfance sont demandeuses de tests pour dépister les pédophiles en puissance. Au mieux, ce que l’on pourrait dépister, c’est la présence de fantasmes pédophiles. Or le fantasme ne crée pas le passage à l’acte. Cette notion est difficile à admettre pour la plupart d’entre nous, parce que les fantasmes pédophiles dérangent et effraient.

Mais on peut établir un parallèle avec l’hétérosexualité adulte : ce n’est pas parce qu’un homme a des fantasmes concernant une femme qu’il va automatiquement se ruer sur elle. Ce qui est dangereux, ce n’est pas l’existence de fantasmes chez un sujet, c’est son immaturité qui fait qu’il s’autorise à agresser autrui, que sa victime soit un homme, une femme ou un enfant.

Psychologies : Comment devient-on pédophile ?

Roland Coutanceau : On ne sait pas pourquoi un individu devient pédophile. Les théories à ce sujet sont toutes plus ou moins spéculatives. Mais il y a des pistes récurrentes. On a ainsi pu constater que nombre d’agresseurs (en proportion non négligeable : de 20 à 30 % selon les études) ont été eux-mêmes agressés dans leur enfance. C’est un élément à prendre en compte, mais il n’est ni nécessaire ni suffisant. Ce qui se passe à l’adolescence me paraît plus déterminant. La plupart des agresseurs semblent avoir eu une puberté marquée par l’inhibition et la frustration. Quelque chose a compliqué le passage vers une sexualité adulte, si bien que certains d’entre eux sont restés sur un érotisme pré-pubère.

En gros, ils continuent de jouer au docteur. Enfin, les pédophiles ont souvent une personnalité dysharmonique, caractérisée par l’instabilité et l’impulsivité. Lorsque ces trois éléments sont réunis (l’agression subie, l’adolescence difficile, la personnalité problématique), le cocktail peut être détonant.

Psychologies : Comment travaillez-vous avec les pédophiles ?

Roland Coutanceau : Depuis que notre consultation a été médiatisée, vers 1995, nous recevons des hommes qui viennent de leur plein gré. Ils ont découvert en eux un attrait pour les enfants et ils sont assez responsables pour demander de l’aide afin d’éviter le passage à l’acte. Pour nous, c’est extrêmement intéressant parce que leur cas nous aide à comprendre ce qui manque à ceux qui passent à l’acte. Un pédophile dangereux, ce n’est pas seulement un sujet dont la sexualité est orientée vers les enfants, c’est surtout un individu qui s’autorise à agresser quelqu’un dont il voit bien qu’il n’est pas d’accord.

Le travail thérapeutique doit donc porter sur ces deux aspects. D’une part, on aide le sujet à mieux identifier ses fantasmes. Il y a des pédophiles qui se définissent comme tels, d’autres qui ne savent pas mettre de mots sur ce qu’ils sont. On l’aide aussi à former un jugement sur sa fantasmatique, à comprendre l’origine de son attirance pour les enfants (a-t-il peur d’avoir un partenaire adulte ? d’assumer une homosexualité ?).

D’autre part, au moyen de jeux de rôles ou de témoignages vidéo de victimes, on travaille la relation à l’autre : il s’agit d’apprendre à ne plus fonctionner sous emprise, à accepter que la réponse à sa demande dépende d’autrui, à y voir plus clair dans les désirs que l’on attribue à autrui. La plupart des agresseurs sexuels ont tendance à se faire une fausse idée de ce qui se passe dans la tête de leur proie. Certains s’imaginent que l’enfant est très excité à l’idée de découvrir la sexualité adulte. D’autres se fichent éperdument de ce qu’il peut ressentir. Il faut donc les aider à être plus lucides sur les répercussions de leurs actes.

Souvent, le travail thérapeutique se fait d’abord en groupe. La plupart des pédophiles sont en effet trop centrés sur eux-mêmes pour profiter d’une thérapie individuelle où ils ne feraient que s’appesantir sur leur nombril. En groupe, ils sont obligés de laisser la parole aux autres. Ils profitent des réflexions de ceux qui ont plus de sens critique et de maturité qu’eux. C’est une émulation.

Psychologies : Ne devrait-on pas les soigner plutôt que les incarcérer ?

Roland Coutanceau : Les peines encourues par les pédophiles varient de dix-huit mois à cinq ans en correctionnelle (pour les attouchements sans pénétration) et de dix à vingt ans aux assises (pour les viols sur mineurs). Le soin prévu par le jugement ne démarre qu’après la libération, soit plusieurs années après les faits, non par manque de moyens. C’est un choix éthique du législateur qui considère que la privation de liberté est déjà porteuse d’effets.

L’expérience prouve que, pour de nombreux pédophiles, le seul fait d’avoir été puni par la société, d’avoir rencontré l’opprobre et la honte, suffit à empêcher la récidive. Il ne faut pas imaginer les pédophiles comme des malades qui ne pourraient pas s’en sortir sans thérapie. Ce sont surtout des hommes qui s’autorisent le passage à l’acte. Même s’ils ont une personnalité immature et égocentrée, ils sont capables de réfléchir à leur acte et d’en tirer des leçons.

Psychologies : Peut-on les guérir ?

Roland Coutanceau : En psychiatrie, on n’est jamais sûr de « guérir » personne. On a affaire à de l’humain, pas à des machines qu’il suffit de régler. Mais, incontestablement, les thérapies sont efficaces. Bien sûr, les agressions sur mineurs de types pédophiliques sont les plus récidivantes (autour de 20 %, contre 10 % pour les violeurs de femmes adultes et 5 % pour les pères incestueux). Il n’empêche que 80 % des pédophiles qui ont été incarcérés ne récidivent pas.

Et la thérapie leur permet d’évoluer, de progresser dans leur connaissance d’eux-mêmes, dans leur relation à l’autre, dans la clarification de leur fantasmatique, dans la maîtrise de leurs actes. Ce sont tous ces aspects que l’on évalue pour s’assurer que le sujet a cessé de nuire, qu’à présent il est devenu un homme.

Psychologies : La castration chimique… Une fausse bonne solution

Roland Coutanceau : Il s’agit de médicaments antihormones mâles qui inhibent la production de fantasmes et/ou l’érection. Ils sont essentiellement prescrits aux sujets qui affirment qu’ils ne pourraient pas se contrôler sans ça. Ce qui est faux : tout être humain le peut.

Le contrôle est avant tout un processus mental. S’il ne choisit pas de se contrôler, le pédophile sous médicament peut toujours pénétrer un enfant avec un objet. Bien sûr, le médicament constitue un soulagement, et est parfois nécessaire dans certaines indications, mais il doit toujours être associé à une thérapie relationnelle. Lorsqu’un prisonnier me demande des pilules pour ne pas recommencer à violer en sortant, c’est de mauvais augure. Cela signifie qu’il se vit lui-même non pas comme un humain responsable de ses actes mais comme une machine incontrôlable.

Le but de la thérapie relationnelle est alors d’enseigner à cet homme que c’est à lui de se maîtriser et à personne d’autre.

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À lire

Il m’aimait de Christophe Tison - Un titre en forme d’alibi pour le récit concis, implacable, d’une enfance abusée. De 8 à 15 ans, Christophe Tison, rédacteur en chef à Canal+, a subi les assauts de Didier, un collègue de son père. Au fil des lignes se dessine le portrait tristement classique du pédophile banal : l’ami de la famille, généreux et sympathique, qui a lui-même subi des sévices. L’individu immature qui clame à qui veut l’entendre qu’il aime les enfants sans que personne, jamais, ne prenne ses mots au sérieux. Un homme qui détruit au motif qu’il aime. Auquel l’enfant s’attache parce qu’il occupe la place laissée vacante par des parents négligents. - (Grasset, 2004)

Vivre après l’inceste : haïr ou pardonner de Roland Coutanceau. – À partir du témoignage d’une victime, l’auteur apporte un éclairage novateur sur la souffrance psychique de celui qui subit l’inceste, sur ce qui conditionne ce drame et sur les aspects sociétaux et culturels d’un tel tabou - (Desclée de Brouwer, 2004)

La Pédophilie étude de la Fondation Scelles. - Une synthèse pluridisciplinaire sur l’état de la pédophilie, la personnalité des agresseurs et leur prise en charge (Erès, 2001).

La Fin d’un silence de Latifa Bennari. - Des témoignages d’agresseurs et de leurs proies, par une victime d’abus sexuels (AD2, 2002).

Te laisse pas faire ! de Jocelyne Robert. Un livre pour aider les enfants à défendre leur intimité et à se protéger des agresseurs potentiels (Editions de l’Homme, 2000).

© Psychologie.com - 2015

Commentaire des lectures du dimanche

Le visage de Jésus, la Face de Jésus, personne depuis bientôt deux mille ans n’en a revu les traits, personne n’a pu l’imaginer ni la peindre avec certitude, car cette Face de Jésus, vrai homme et vrai Dieu, ne se dessine qu’en traits de parole.

Or la parole de Dieu ne nous fixe jamais devant une image unique de la Face de Jésus : elle nous offre trois images, qui tantôt se fondent et tantôt se distinguent, trois images qui se renvoient l’une à l’autre, comme pour nous dire : « Il est vivant, celui que tu cherches ; il est mystère, celui que tu aimes, et tu ne le trouveras qu’en che­minant ».

La première image, celle qui a fasciné et qui fascine encore tous les amis du Seigneur, c’est la Face douloureuse de Jésus. Devant cette face de condamné, de crucifié, de mourant, on ne peut s’arrêter que si l’on aime, car la souffrance n’est jamais belle. Jésus mourant n’avait « ni prestance ni éclat, ni apparence qui le fasse apprécier », et Isaïe décrit le Messie souffrant comme un homme de douleur, méprisé, abandonné des hommes, devant qui on détourne le regard, en pensant : « Je ne veux pas voir cela ; je ne veux pas voir un homme souffrir à ce point ».

Dans la Passion de Jésus, seul l’amour est splendide. Tout le reste est violence, haine et trahison. Et si la Face douloureuse de Jésus est finalement si belle, si noble, si attirante, pour nous les croyants, spécialement aux heures de souffrance et d’angoisse, c’est parce qu’elle nous dit, qu’elle nous crie ou nous murmure un amour qui est allé jusqu’à l’extrême, un amour qui a su traverser la mort.

La deuxième image de Jésus, la deuxième sainte Face, c’est celle que Pierre, Jacques et Jean ont aperçue un instant le jour de la Transfiguration. Jésus avait gravi avec eux la montagne pour prier, pour rencontrer intensément le Père dans le silence et dans un dialogue confiant et filial. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea, et son vêtement devint d’une blancheur éclatante ».

Les disciples ont vu cette Face de Jésus transfigurée dans la prière, transfigurée par la prière. Rien ne les préparait à cette révélation, à ce dévoilement inattendu du mystère de Jésus Fils de Dieu ; ils étaient même « appesantis de sommeil » ; mais « demeurés quand même éveillés, ils virent sa gloire ».

Rien ne nous prédispose, nous non plus, à ces moments de pure grâce où nous devinons la gloire de Dieu affleurant un instant sur le visage de Jésus. Plus encore que Pierre et les autres, nous arrivons sur la montagne appesantis de sommeil. Ce sommeil, nous le connaissons bien, même après dix, vingt ou quarante ans de route évangélique : - sommeil de notre foi, trop habituée aux merveilles de Dieu, - assoupissement de notre espérance, trop vite lassée, trop vite blasée, trop vite résignée, - somnolence de notre amour fraternel, lorsque nous arrêtons à mi-pente d’un véritable dialogue, lorsque nous posons des conditions au don de nous-mêmes, lorsque nous nous redonnons le droit d’avoir des droits.

Le sommeil nous guette : c’est la gloire de Dieu qui nous tient éveillés, « tout éveillés dans notre foi ». Le seul antidote à l’appesantissement de notre amour, c’est de vivre toute notre existence comme un moment de surprise, de nous laisser surprendre à longueur de vie par la gloire de Jésus, et d’entrer humblement, pauvrement, dans sa lumière transfigurante.

Et ceci nous amène à contempler un troisième aspect de la Face très sainte de Jésus : la Face glorieuse du Seigneur ressuscité. Car la Transfiguration sur la montagne n’a été que fugitive. Elle annonçait la gloire définitive du Seigneur, et c’est cette gloire-là, la gloire de l’Alliance nouvelle et éternelle, que nous guettons dès l’aube sur la Face de Jésus : « ressuscités avec le Christ, nous recherchons les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu ».

De là où nous sommes, nous regardons Jésus là où il est. Et parce que notre amour le rejoint là où il est, notre vie « demeure cachée en Dieu, avec le Christ ». Notre vie est cachée à nos yeux, et c’est pourquoi la foi nous reste difficile ; mais notre vie est en Dieu avec le Christ ; et là, en Dieu, avec le Christ, devant la Face du Christ, se poursuit en nous l’œuvre du Père, qui est à la fois illumination et métamorphose.

Illumination, car Dieu, qui est lumière en lui-même, se fait lumière pour nous : « Le Dieu qui a dit : ’Que des ténèbres resplendisse la lumière’ est celui qui a resplendi dans nos cœurs »(2 Co 4,6). Et pourquoi cet éclairage de notre cœur ? - « pour y faire briller la connaissance de la gloire de Dieu qui rayonne sur la Face du Christ ». Ainsi c’est la lumière de Dieu lui-même qui pour nous et en nous éclaire la sainte Face de Jésus.

Et en illuminant ainsi de sa propre gloire le Visage du Ressuscité, Dieu le Père nous transfigure, nous qui regardons et chantons dans l’Esprit cette gloire : « Nous tous qui, à visage découvert, réfléchissons comme en un miroir la gloire du Seigneur (Jésus), nous sommes transformés en cette même image, allant de gloire en gloire » ( 2 Co 3,18).

Visage du Christ « chargé de nos douleurs », visage de l’Élu transfiguré sur la montagne, visage du Seigneur glorifié dans le ciel : trois icônes du Fils unique que le Père a donné au monde, trois moments de la Pâque qui nous a sauvés. Par ce Visage tout est dit, tout l’amour est manifesté. Pour ce Visage nous avons accepté de tout perdre : « C’est ta Face, Seigneur, que je cherche ; ne me cache pas ta Face ! » (Ps 27,8)

F. Jean-Christian Lévêque, o.c.d.

© Carmel-asso - 2016

 

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Date de dernière mise à jour : 2019-03-19