PKO 03.02.2013


Dimanche 3 février 2013 – 4
ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°07/2013

HUMEURS

 

L’embryon humain-cobaye !

Tout est affaire d’argent, tout est d’intérêt financier… le corps humain, l’humain dans son ensemble n’y échappe pas ! De la femme réduite à une « mère porteuse pour 15 000 € » à la marchandisation du corps humain…

Et en France, la machine est bien en route… L’embryon humain-cobaye faisait aussi partie des promesses de François Hollande qui lors d’une visite au Génopole d’Evry1 le 22 février 2012, s’est prononcé pour la recherche sur les cellules-souches embryonnaires.

Le 4 décembre dernier, le Sénat a ouvert la porte à ce projet en votant une « proposition de loi tendant à modifier la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique en autorisant sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules-souches embryonnaires »…avec l’appuie d’un de nos deux sénateurs, Richard TUHEIAVA.  (www.senat.fr).

Cette semaine, une nouvelle étape est franchie… « Le mécanisme est enclenché » avec la nomination d’un rapporteur à l’Assemblée Nationale… la proposition de loi devrait faire partie de la prochaine commission sociale du 18 mars et être voté à compter du 28 mars… si elle l’est dans les mêmes termes que la proposition de loi du Sénat… ce sera du tout cuit !

La Fondation Jérôme Lejeune nous alerte : « Une transgression majeure touchant le respect de l'être humain sera gravée dans le marbre ».
Face à cette situation, elle nous invite à « manifester une opposition à l'autorisation de la recherche sur l'embryon humain » afin que « le texte ne passe pas dans l'indifférence, faute de réaction de l'opinion ». Il s'agit de « défendre jusqu'au bout le principe de l'interdiction, maintenu en 2011 lors de la révision de la loi de bioéthique après des États Généraux » d'ampleur nationale.

Mammon, divinité de l’Argent, est installé en maître du monde… nos politiques se prosternent devant lui !

Quel monde voulons-nous ? Quel maître servons-nous ? Dieu ou l’Argent… il faut choisir ! (Mt 6,24).

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1   Le Génopole d’Evry regroupe un hôpital, 70 entreprises et 20 laboratoire sur un même site.

 

    En marge de l’actualité

Samedi 2 février 2013 Journée de la Vie consacrée

 Le 2 février les religieuses et religieux rendront grâce à Dieu pour le don de la vie consacrée. Soyons uni(e)s avec eux dans la prière.

Pourquoi une journée de la vie consacrée ?

Lors de la 1ère journée de la vie consacrée en 1997, Jean-Paul II soulignait les trois buts de cette journée.

- Une journée placée en premier lieu sous le signe de l'action de grâce « parce qu'il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l'Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères ».

- L'objectif de cette journée est aussi de mieux connaître et apprécier la vie consacrée. « En contemplant le don de la vie consacrée, l'Église contemple sa vocation la plus profonde, celle de n'appartenir qu'à son Seigneur », soulignait Jean-Paul II. « La vie consacrée a pour mission prioritaire de garder vivante dans l'Église la forme historique de vie assumée par le Fils de Dieu quand il est venu sur cette terre ».

- Cette journée est enfin une invitation pour toutes les personnes consacrées « à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles. Pour cela elles sont conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l'Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l'Église pour la vie du monde ».

Pourquoi cette journée

se déroule-t-elle le 2 février ?

Le 2 février est la fête de la présentation de Jésus au Temple. Jésus est consacré selon la prescription rituelle de l'époque au Seigneur comme tout garçon premier né. C'est l'annonce du don de Jésus par amour de Dieu et des hommes et l'offrande suprême de la Croix.

Cette journée a donc une importance particulière pour toute personne consacrée, qui, inspirée par le don bouleversant du Christ, aspire à son tour à donner sa vie et à tout abandonner pour marcher à sa suite.

(Source : eglise.catholique.fr)

 

La toute-puissance de Dieu le Père est Amour, miséricorde, pardon, Liberté

Catéchèse sur le Credo du pape Benoît XVI du 30 janvier 2013

Qu’est-ce que la Toute-puissance de Dieu ? Benoît XVI répond dans sa catéchèse sur la foi dans le Père tout-puissant. Sa « toute-puissance ne s’exprime pas dans la violence, souligne le pape, dans la destruction de tout pouvoir adverse, comme nous le désirerions, mais elle s’exprime dans l’amour, dans la miséricorde, dans le pardon, dans l’acceptation de notre liberté et dans une invitation inlassable à la conversion du cœur, dans une attitude faible en apparence – Dieu semble faible, si nous pensons à Jésus-Christ qui prie, qui se fait tuer ». Et d’expliquer : « C’est une attitude en apparence faible, faite de patience, de douceur et d’amour, qui montre que c’est cela la vrai manière d’être puissant. C’est cela la puissance de Dieu ! Et cette puissante vaincra ! » Le pape fait observer qu’il « n’est pas toujours facile aujourd’hui de parler de paternité », et il indique pourquoi.

« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant »

Chers frères et sœurs,

Dans la catéchèse de mercredi dernier, nous nous sommes arrêtés sur les paroles initiales du Credo : « Je crois en Dieu ». Mais la profession de foi précise cette affirmation : Dieu est le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. Je voudrais donc réfléchir maintenant avec vous sur la première définition de Dieu que nous présente le Credo et qui est fondamentale : Dieu est Père.

Il n’est pas toujours facile aujourd’hui de parler de paternité. Surtout dans le monde occidental, les familles décomposées, les obligations professionnelles toujours plus prenantes, les préoccupations et souvent la difficulté à équilibrer le budget familial, la présence envahissante des mass media dans la vie quotidienne avec leurs distractions, font partie des nombreux facteurs qui peuvent empêcher un rapport serein et constructif entre les parents et les enfants. La communication se fait parfois difficile, la confiance s’affaiblit et le rapport avec la figure paternelle peut devenir problématique ; et il devient tout aussi problématique d’imaginer Dieu comme un père si l’on n’a pas de modèles de référence justes. Pour ceux qui ont fait l’expérience d’un père trop autoritaire ou inflexible, indifférent ou peu affectueux, ou carrément absent, il n’est pas facile de penser sereinement à Dieu comme à un père et de s’abandonner à lui dans la confiance.

Mais la révélation biblique aide à dépasser cette difficulté en nous parlant d’un Dieu qui nous montre ce que signifie vraiment être « père » ; et c’est surtout l’Évangile qui nous révèle ce visage de Dieu comme Père qui aime jusqu'à donner son propre Fils pour le salut de l’humanité. La référence à la figure paternelle aide donc à comprendre quelque chose de l’amour de Dieu qui demeure cependant infiniment plus grand, plus fidèle, plus total que celui de n’importe quel homme. « Quel est d'entre vous l'homme, dit Jésus pour montrer aux disciples le visage du Père, auquel son fils demandera du pain, et qui lui remettra une pierre ? Ou encore, s'il lui demande un poisson, lui remettra-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux en donnera-t-il de bonnes à ceux qui l'en prient ! » (Mt 7, 9-11 ; cf. Lc 11, 11-13). Dieu est notre Père parce qu’il nous a bénis et choisis avant la création du monde (cf. Ep 1, 3-6), et il a fait réellement de nous des fils en Jésus (cf. 1 Jn 3,1). Et, comme Père, Dieu accompagne notre existence avec amour, en nous donnant sa Parole, son enseignement, sa grâce et son Esprit.

Comme le révèle Jésus, il est le Père qui nourrit les oiseaux du ciel sans qu’ils aient à semer et à moissonner, qui revêt de couleurs merveilleuses les fleurs des champs, avec des vêtements plus beaux que ceux du roi Salomon (cf. Mt 6, 26-32 ; Lc 12, 24-28) ; et nous, ajoute Jésus, nous valons bien plus que les fleurs et les oiseaux du ciel ! Et s’il est bon au point de faire « lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45), nous pourrons toujours, sans crainte et avec une confiance totale, nous en remettre à son pardon paternel lorsque nous faisons fausse route. Dieu est un Père bon qui accueille et embrasse le fils perdu qui s’est repenti (cf. Lc 15, 11suiv.), qui donne gratuitement à ceux qui demandent (cf. Mt 18,19 ; Mc 11-24 ; Jn 16,23) et qui offre le pain du ciel et l’eau vive qui font vivre pour l’éternité (cf. Jn 6,32;51;58).

C’est pourquoi l’auteur du psaume 27, encerclé par ses ennemis, assailli par des hommes malveillants et calomniateurs, tout en cherchant dans la prière l’aide du Seigneur et en l’invoquant, peut donner un témoignage plein de foi en affirmant : « Si mon père et ma mère m'abandonnent, le Seigneur m'accueillera » (v.10). Dieu est un Père qui n’abandonne jamais ses enfants, un père plein d’amour qui soutient, aide, accueille, pardonne, sauve, avec une fidélité qui surpasse immensément celle des hommes, pour s’ouvrir à une dimension d’éternité. « Car éternel est son amour », répète à chaque verset le psaume 136, comme une litanie, en parcourant à nouveau l’histoire du salut. L’amour de Dieu notre Père ne diminue jamais, ne se lasse pas de nous : c’est un amour qui se donne jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice de son fils. La foi nous donne cette certitude qui devient un rocher sûr sur lequel construire notre vie : nous pouvons affronter tous les moments de difficulté et de danger, faire l’expérience de l’obscurité des périodes de crise et du temps de la douleur, soutenus par la confiance en Dieu qui ne nous laisse pas seuls et qui est toujours proche, pour nous sauver et nous conduire à la vie éternelle.

C’est dans l’amour du Seigneur Jésus que se montre en plénitude le visage bienveillant du Père qui est dans les cieux. C’est en le connaissant, lui, que nous pouvons connaître aussi le Père (cf. Jn 8,19 ; 14,7), c’est en le voyant que nous pouvons voir le Père, parce qu’il est dans le Père et que le Père est en lui (cf. Jn 14,19-11). Il est « l’image du Dieu invisible », comme le définit l’hymne de la Lettre aux Colossiens, « Premier-né de toute créature… Premier-né d'entre les morts », « en qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés » et la réconciliation de toutes choses, de « tous les êtres pour lui, aussi bien sur la terre que dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix » (cf. Col 1,13-20).

La foi en Dieu Père demande de croire dans le Fils, sous l’action de l’Esprit, en reconnaissant dans la Croix qui sauve le dévoilement définitif de l’amour divin. Dieu est notre Père en nous donnant son Fils : Dieu est notre Père en nous pardonnant notre péché et en nous amenant à la joie de la vie par la résurrection ; Dieu est notre Père en nous donnant l’Esprit qui fait de nous ses enfants et nous permet de l’appeler « Abbà, Père » (cf. Rm 8,15). C’est pourquoi Jésus, nous enseignant à prier, nous invite à dire « Notre Père » (Mt 6,9-13 ; cf. Lc 11,2-4).

La paternité de Dieu est alors l’amour infini, la tendresse qui se penche sur nous, ses enfants, qui sommes faibles et qui avons besoin de tout. Le psaume 103, le grand chant de la miséricorde divine, proclame : « Comme est la tendresse d’un père pour ses fils, tendre est le Seigneur pour qui le craint ; il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que poussière nous sommes » (vv.13-14). C’est précisément notre petitesse, notre nature humaine faible, notre fragilité qui devient un appel à la miséricorde du Seigneur pour qu’il manifeste sa grandeur et sa tendresse de Père en nous aidant, en nous pardonnant et en nous sauvant.

Et Dieu répond à notre appel, en envoyant son Fils, qui meurt et ressuscite pour nous ; il entre dans notre fragilité et fait ce que l’homme, seul, n’aurait jamais pu faire : il prend sur lui le péché du monde, lui, l’agneau innocent, et nous ouvre à nouveau le chemin vers la communion avec Dieu, il fait de nous les vrais fils de Dieu. C’est là, dans le mystère pascal, que se révèle dans toute sa lumière le visage définitif de Dieu. Et c’est là, sur la croix glorieuse, qu’advient la pleine manifestation de la grandeur de Dieu comme « Père tout-puissant ».

Mais nous pourrions nous demander : comment est-il possible de penser à un Dieu tout-puissant en regardant la croix du Christ, ce pouvoir du mal qui en arrive à tuer le Fils de Dieu ? Nous aimerions certainement une toute-puissance divine selon nos schémas mentaux et selon nos désirs : un Dieu « tout-puissant » qui résolve les problèmes, qui intervienne pour nous éviter les difficultés, qui soit vainqueur des puissances adverses, qui change le cours des événements et supprime la douleur. C’est ainsi qu’aujourd’hui certains théologiens disent que Dieu ne peut pas être tout-puissant sinon il ne pourrait y avoir tant de souffrance, tant de mal dans le monde. En réalité, devant le mal et la souffrance, pour beaucoup, pour nous, il devient problématique, difficile de croire en un Dieu Père et de le croire tout-puissant ; certains cherchent refuge dans les idoles, en cédant à la tentation de trouver une réponse dans une toute-puissance supposée « magique » et dans ses promesses illusoires.

Mais la foi en Dieu tout-puissant nous pousse à parcourir des sentiers bien différents : apprendre à connaître que la pensée de Dieu est différente de la nôtre, que les voies de Dieu sont différentes des nôtres (cf. Is 55,8) et aussi que sa toute-puissante est différente : elle ne s’exprime pas comme une force automatique et arbitraire, mais elle est marquée par une liberté amoureuse et paternelle. En réalité, Dieu, en créant des créatures libres, en donnant la liberté, a renoncé à une partie de son pouvoir, nous laissant le pouvoir de notre liberté. C’est ainsi qu’il aime et qu’il respecte notre liberté de répondre par amour à son appel. Comme Père, Dieu désire que nous devenions ses enfants et que nous vivions comme tels en son Fils, en communion, dans une totale familiarité avec lui. Sa toute-puissance ne s’exprime pas dans la violence, dans la destruction de tout pouvoir adverse, comme nous le désirerions, mais elle s’exprime dans l’amour, dans la miséricorde, dans le pardon, dans l’acceptation de notre liberté et dans une invitation inlassable à la conversion du cœur, dans une attitude faible en apparence – Dieu semble faible, si nous pensons à Jésus-Christ qui prie, qui se fait tuer. C’est une attitude en apparence faible, faite de patience, de douceur et d’amour, qui montre que c’est cela la vrai manière d’être puissant. C’est cela la puissance de Dieu ! Et cette puissante vaincra ! Le sage du Livre de la Sagesse s’adresse à Dieu ainsi : « Mais tu as pitié de tous, parce que tu peux tout, tu fermes les yeux sur les péchés des hommes, pour qu'ils se repentent. Tu aimes en effet tout ce qui existe… Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie ! » (11,23-24a et 26).

Seul celui qui est vraiment puissant peut supporter le mal et se montrer compatissant ; seul celui qui est vraiment puissant peut exercer pleinement la force de l’amour. Et Dieu, à qui appartiennent toutes les choses parce que tout a été fait par lui, révèle sa force en aimant toute chose et toute personne, attendant patiemment la conversion des hommes, dont il veut faire ses enfants. Dieu attend notre conversion. L’amour tout-puissant de Dieu ne connaît pas de limites, au point qu’il « n'a pas épargné son propre Fils mais l'a livré pour nous tous » (Rm 8,32). La toute-puissance de l’amour n’est pas celle du pouvoir du monde, mais celle du don total et Jésus, le Fils de Dieu, révèle au monde la véritable toute-puissance du Père en donnant sa vie pour nous, pécheurs. Voilà la véritable, l’authentique et parfaite puissance divine : répondre au mal, non pas par le mal mais par le bien, aux insultes par le pardon, à la haine homicide par l’amour qui fait vivre. Alors le mal est vraiment vaincu, parce que lavé par l’amour de Dieu ; alors la mort est définitivement anéantie parce qu’elle est transformée en don de la vie. Dieu le Père ressuscite son Fils : la mort, la grande ennemie (cf. 1 Co 15,26), est engloutie et privée de son venin (cf. 1 Co 15,54-55) et nous, libérés du péché, nous pouvons accéder à notre réalité d’enfants de Dieu.

Lorsque nous disons « Je crois en Dieu tout-puissant », nous exprimons notre foi dans la puissance de l’amour de Dieu qui, en son fils mort et ressuscité, est vainqueur de la haine, du mal, du péché et nous ouvre à la vie éternelle, celle des enfants qui désirent être pour toujours dans la « Maison du Père ». Dire « Je crois en Dieu le Père tout-puissant », dans sa puissance, dans sa manière d’être Père, est toujours un acte de foi, de conversion, de transformation de notre manière de penser, de toutes nos affections, de tout notre mode de vie.

Chers frères et sœurs, demandons au Seigneur de soutenir notre foi, de nous aider à trouver vraiment la foi, de nous donner la force d’annoncer le Christ crucifié et ressuscité et d’en témoigner par notre amour de Dieu et de notre prochain. Et que Dieu nous accorde d’accueillir le don de notre filiation, pour vivre en plénitude les réalités du Credo, dans un abandon confiant à l’amour du Père et à sa miséricordieuse toute-puissance qui est la véritable toute-puissance et qui nous sauve.

© Libreria Editrice Vaticana – 2013

La recherche sur l’embryon humain

Le mécanisme est enclanché… suite au vote du Sénat… et de l’un de nos sénateur !

Après le vote du Sénat en faveur de la proposition de loi du groupe radical autorisant la recherche sur l'embryon humain le 4 décembre dernier, « le débat va s'ouvrir à l'Assemblée Nationale ».
Hier, le rapporteur du texte a été nommé par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale. Il s'agit de Madame Dominique Orliac, député du groupe radical, républicain, démocrate et progressiste (RRDP) de la 1ère circonscription du Lot. Pour la Fondation Jérôme Lejeune, le « mécanisme est enclenché » : la proposition de loi autorisant la recherche sur l'embryon fera partie de l'ordre du jour de la Commission des affaires sociales de la semaine du 18 mars, ce qui confirmerait sa mise en discussion en séance publique le 28 mars prochain, à l'occasion de la niche parlementaire annuelle du groupe radical. « Et si la proposition de loi est adoptée dans les mêmes termes que le texte du Sénat, la navette parlementaire s'arrête[ra], la loi [sera] définitivement votée ». La Fondation Jérôme Lejeune alerte : « Une transgression majeure touchant le respect de l'être humain sera gravée dans le marbre ». Pr Alain Privat (AP), professeur en neurobiologie à l’EPHE, ancien directeur de recherche à l’INSERM et spécialiste des cellules souches, interviewé le 8 janvier 2013 pour le numéro spécial recherche du journal de campagne « Vous trouvez ça normal ? » contre la recherche sur l’embryon humain.

Journal de la campagne : Certains scientifiques appellent à l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain affirmant que cette recherche permettrait de développer de nouvelles thérapies. Vous-même scientifique, que pensez-vous de cette affirmation ?

Pr Alain Privat : Aujourd’hui, les recherches qui utilisent des embryons humains n’ont pas permis de développer des thérapies innovantes. En effet, il y a eu plusieurs communiqués qui ont avancé que des thérapies innovantes pouvaient être créées à partir de recherches sur l’embryon humain. En fait, il s’agissait essentiellement de duplications de thérapies qui avaient déjà été mises au point par d’autres moyens et qui avaient donné toute satisfaction. Et on ne voit pas très bien comment les choses pourraient changer dans un avenir prévisible. En effet, on constate que la plupart des laboratoires de recherche, qu’il s’agisse d’ailleurs de laboratoires privés ou de laboratoires de recherche publics, ont opté depuis plusieurs années pour le développement de cellules adultes pluripotentes induites, les fameuses cellules IPS, qui ont fait l’objet du Prix Nobel du Pr Yamanaka.

Journal de la campagne : Oui, c’était cet automne.

Pr Alain Privat : Tout à fait, il nous a expliqué pourquoi il avait essayé de trouver une alternative à l’utilisation des embryons humains, sur les plans scientifique, éthique et pratique. Sa conclusion était que les cellules IPS pouvaient, qu’il s’agisse de recherches fondamentales ou de recherches appliquées, concurrencer dans les meilleures conditions les cellules embryonnaires humaines.

Journal de la campagne : Rappelons simplement que les cellules IPS sont issues d’un rajeunissement des cellules adultes pour revenir à un état de cellules souches.

Pr Alain Privat : Absolument. Ce sont des cellules que l’on peut prélever par exemple au niveau de la peau, sur le tissus sous cutané, que l’on cultive, que l’on modifie en laboratoire, et à partir de ces cellules, on peut obtenir de nouveau des cellules souches qui ont toutes les qualités des cellules que l’on peut trouver dans l’embryon avec, en plus, celles d’être les cellules provenant du patient lui-même quand il s’agit de pathologies génétiques, en particulier. Cela permet de modéliser directement sur les cellules du patient les thérapies, ce qui ne peut pas être fait avec des cellules embryonnaires humaines puisque, les embryons possèdent des cellules différentes de celles des patients qui est dans notre cabinet de consultation.

Journal de la campagne : Il faudrait accompagner la thérapie d’un traitement immunodépresseur relativement lourd si on agit avec des cellules souches embryonnaires, n’est-ce pas ?

Pr Alain Privat : Bien entendu puisque ces cellules souches sont issues d’un individu différent de celui qu’on veut traiter. Cela implique un traitement immunodépresseur avec tous les risques que cela présente d’infections etc. Quand il s’agit de transplantations cardiaques, pulmonaires etc. on a recours à ces traitements immunodépresseurs parce que l’on n’a pas d’alternatives. Mais quand on a – ce qui est le cas aujourd’hui - des possibilités de thérapies avec d’autres cellules, on ne voit pas de justifications ni scientifiques ni thérapeutiques pour utiliser des cellules embryonnaires humaines.

Journal de la campagne : Vous parlez du pan de recherches embryonnaires qui concerne la thérapie cellulaire. Il y a un autre axe de recherche déjà largement avancé et qui fait partie des applications de l’industrie pharmaceutique. On entend parler de « criblage de molécules », « de screening ». Est-ce qu’il existe, sur ce plan là, de l’industrie pharmaceutique, des résultats avec l’utilisation de cellules souches embryonnaires ou est-ce que les cellules non-embryonnaires sont plus performantes sur ce terrain-là aussi ?

Pr Alain Privat : Ceci est un pan de la recherche différent de la thérapie cellulaire ou de la recherche fondamentale. Cette recherche, ce « criblage », consiste à prendre une « librairie chimique », dans des dizaines, centaines, milliers de molécules qui ont été synthétisées par des chimistes, et de tester ces molécules sur des modèles de maladies, qui peuvent être des modèles d’animaux. Mais on utilise aujourd’hui davantage les cellules parce que cela est plus rapide et beaucoup moins onéreux. Il est vrai qu’il y a dix, quinze ans, les firmes pharmaceutiques et certains laboratoires ont commencé à tester ces molécules sur des cellules embryonnaires humaines.

Journal de la campagne : Pouvez-vous détailler à quoi correspond concrètement ce criblage ?

Pr Alain Privat : Le criblage consiste à mettre des cellules en culture, dans des boîtes avec des centaines de petits trous, de mettre les molécules là-dessus et de voir quelles sont les cellules qui sont actives, pour permettre à ces cellules de survivre ou de s’améliorer. C’est pour cela qu’on appelle ça un criblage. Aujourd’hui, on ne voit pas pourquoi on continuerait à utiliser des cellules embryonnaires humaines dans ce cadre alors que l’on a des cellules qui sont issues directement des tissus de patients sur lesquels ont peut tester ces cellules. On a l’impression d’être au siècle dernier, alors qu’avec les cellules IPS, ces fameuses cellules modifiées, on a la possibilité de tester directement sur les cellules d’un patient la molécule qui va être active. On vient de tourner une page, et on ne voit pas pourquoi on serait encore dix années en arrière. Si ce n’est éventuellement pour rentabiliser certains investissements qui ont été faits par des entreprises pharmaceutiques qui ont beaucoup investi sur l’utilisation de cellules embryonnaires humaines. Mais les laboratoires les plus performants, y compris des laboratoires privés d’ailleurs, commencent à « screener » sur des cellules IPS, parce qu’elles sont disponibles en grande quantité, parce qu’on sait parfaitement – et ça, c’est grâce aux travaux de Monsieur Yamanaka - les produire et les entretenir. Donc il n’y a plus aucune raison, en dehors des investissements réalisés, d’utiliser des cellules embryonnaires humaines.

Journal de la campagne : Certains estiment que la recherche sur l’embryon humain serait un « mal nécessaire » pour faire avancer la recherche. Plus précisément : l’interdiction empêche-t-elle réellement le progrès scientifique à l’aune de ce que vous venez de dire, comme l’affirment régulièrement les partisans du texte de loi, qui invoquent une « complémentarité » des recherches embryonnaires et non-embryonnaires, et qui ne souhaitent pas abandonner la recherche sur les cellules souches embryonnaires ?

Pr Alain Privat : Ceci est une histoire purement fantasmatique. C’est une distorsion de la réalité. Quand on regarde un tout petit peu en arrière, les recherches qui ont été conduites sur l’embryon, ce qu’on appelle les recherches embryologiques ; on constate que l’énorme majorité de ces recherches a été conduite sur des embryons animaux. On peut citer, il y a bien longtemps, mais c’était très important, un prix Nobel qui a été donné à un chercheur allemand, Spemann, dans les années 1935, qui avait mené des recherches sur des cellules d’amphibiens, de grenouilles. Plus récemment, des travaux qui sont extrêmement brillants, et qui sont reconnus dans le monde entier, d’une chercheuse française, Mme Le Douarin, secrétaire perpétuelle de l’Académie des Sciences, ont été conduits sur la caille et sur le poulet. On ne voit pas une recherche embryonnaire, une recherche fondamentale conduite sur l’embryon, qui ne puisse pas être conduite sur des embryons animaux. À la limite, s’il y a des questions un peu plus spécifiques, on peut éventuellement conduire ces recherches sur des cellules embryonnaires de singes. Mais pourquoi vouloir utiliser des cellules embryonnaires humaines ?

Journal de la campagne : Mme Le Douarin, que vous citez, accueillait le Pr Yamanaka à l’Académie des Sciences en décembre. Elle parlait de sa découverte comme étant la quatrième génération qui devait donc dépasser la troisième : les cellules souches embryonnaires.

Pr Alain Privat : Je pense que l’énorme majorité des scientifiques et des médecins, parce que ce n’est pas tout à fait l’unanimité, considère que ces cellules souches non-embryonnaires sont l’avenir de la recherche fondamentale et de la recherche thérapeutique. Vouloir prétendre le contraire, c’est essayer de se crisper sur une attitude qui est une attitude idéologique, peut-être, en tous cas qui est celle du passé et pas celle de l’avenir. Il n’y a pas un scientifique sensé et raisonnable, qui considère encore que les cellules souches embryonnaires humaines puissent être véritablement un sujet de recherche en soi.

Journal de la campagne : En 2011, les larges débats autour de la révision de la loi de bioéthique ont conduit au maintien du régime d’interdiction assorti de dérogations. Depuis, l’actualité scientifique, notamment avec la découverte du Pr Yamanaka, a renforcé le leadership des cellules non-embryonnaires, notamment des IPS. Comment expliquez-vous que certains persistent à vouloir obtenir la libéralisation de la recherche sur l’embryon humain ?

Pr Alain Privat : On peut imaginer deux explications à cela. La première, ce sont des raisons idéologiques. On se retrouve dans la Sorbonne des années 1968 : « Il est interdit d’interdire ». C’est-à-dire qu’on peut faire n’importe quoi. Aucun scientifique sensé ne peut balayer d’un coup de main cette préoccupation éthique qui doit être la nôtre. La deuxième explication possible, c’est qu’il y a eu de gros investissements de la part, en particulier, de l’industrie pharmaceutique, qui étaient fondés sur l’utilisation de cellules souches embryonnaires humaines. Ces industriels veulent rentabiliser ces installations, les investissements qui ont été faits, les équipes qui ont été montées, qui ont travaillé là-dessus. Mais il faut savoir tourner une page. Si on ne tourne pas cette page, cela veut dire que l’on reste à une recherche telle qu’on pouvait la faire au XXème siècle et non pas au XXIème siècle. Il n’y a plus aucune raison, en dehors de préoccupations idéologiques et de préoccupations purement mercantiles.

© Fondation Jérôme LEJEUNE – 2013

150 millions de chrétiens persécutés dansle monde

L’index mondial de la persécution

En 2012, à travers le monde, 1 200 chrétiens sont morts à cause de leur foi. Et ils sont près de 150 millions à être discriminés, pourchassés ou attaqués, selon l’index mondial de la persécution, une publication annuelle de l'association Portes Ouvertes une Organisation non-gouvernementale (ONG) protestante présente dans une soixantaine de pays.

Chaque année, cet index s'intéresse aux 50 pays les plus hostiles aux chrétiens. Pour la 11ème année consécutive, c'est la Corée du Nord qui est à la tête de ce classement peu glorieux. Selon Claire Lacroix, coordinatrice pour la France de cet index mondial, « la simple possession d'une bible peut conduire toute une famille en camp de travaux forcés ». Michel Varton, directeur de Portes Ouvertes France qui a son siège en Alsace, à Ostwald, ajoute : « Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'il y a encore un réseau de 300 000 à 400 000 chrétiens qui gardent leur foi en secret, parfois ; cela va jusqu'à l'enterrement de leur bible dans leur jardin et ils ne parlent pas de leur foi à leurs enfants avant l'adolescence de peur d'être dénoncés ». Dans le classement des pays hostiles aux chrétiens suivent l'Arabie Saoudite, l'Afghanistan, l'Irak et la Somalie. Parmi les  dix premiers pays, « huit sont à majorité islamique » et cinq nouveaux font leur entrée dans l'index, « tous en Afrique subsaharienne où une étape a été franchie avec l'aide de l'Arabie Saoudite et la chute de Kadhafi en Lybie ».

Le Mali à la 7ème place

Conséquence : le Mali est à la 7ème place avec les ambitions d'expansion géographique : que l'on sait contrariées heureusement par la récente intervention militaire de la France. Suivent en Afrique subsaharienne la Tanzanie, le Kenya, l'Ouganda et le Niger.

Cela fait déjà deux ans que l'ONG protestante dénonce « le printemps arabe qui se transforme en hiver chrétien ». Il est vrai qu'en Égypte, en Tunisie ou encore en Lybie, les dictateurs renversés ont été remplacés par des pouvoirs proches des milieux islamistes.

En Syrie, les chrétiens sont considérés par les rebelles comme des partisans du régime d'Asser El Assad. « C'est le reflet d'un islamisme de plus en plus "radical et violent » témoigne Mr Varton. Cependant il existe une petite lueur d'espoir dans certains pays anciennement Communistes comme le Vietnam et le Laos ou encore la, Chine encore qu'il faille être très prudent en ce qui concerne cette dernière qui nous a hélas habitués à des retours en arrière spectaculaires.

« Le problème, c'est les conflits avec l’islamisme, l'hindouisme, voire le bouddhisme dans certains pays où le christianisme est assimilé à l'occident » complète Michel Varton.

À noter la sortie de l'Index, de la Biélorussie, du Bangladesh, de Cuba, de la Tchétchénie et de la Turquie.

Relevons aussi qu'au départ ouvert sous l'angle des violences physiques, cet index s'intéresse désormais aux atteintes à la vie privée, familiale, sociale, civile et ecclésiale. Si globalement « partout dans le monde, la situation empire » selon Michel Varton, il explique que « davantage que les Églises anciennement implantées, ce sont les communautés évangéliques les plus dynamiques et les nouveaux convertis au-christianisme qui sont pris pour cible ». Mais, aussitôt après, il renchérit : « Là où les chrétiens sont persécutés les autres religions minoritaires le sont en général aussi ».

Albert ODOUARD

© L’Ami-Hebdo - 2013

Passant au milieu d’eux, allait son chemin !

Commentaire de l’évangile du 4ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Ce jour là, le renom du prédicateur attire beaucoup de monde. Un enfant du pays, devenu célèbre dans toute la région, revient au village. Le jeune invité, d’une voix chaude et grave, proclame le passage d’Isaïe sur la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, aux prisonniers, aux aveugles et aux opprimés. L’assemblée retient son souffle et réfrène son désir d’applaudir.

Elle semble attendre impatiemment le commentaire. « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Tout le monde est suspendu aux lèvres du jeune homme. Mais, peu à peu, au fil des minutes, la curiosité fait place à la colère.

Sans attendre la fin de l’homélie, des auditeurs, et non des moindres, quittent ostensiblement le sanctuaire. À la sortie, les critiques fusent de toute part. Mais pour qui se prend-il donc, ce fils de Joseph et de Marie ? Comment ose-t-il donner en exemple des étrangers ? Très bien de vouloir nourrir les affamés, de vêtir les nus, mais il pourrait le faire chez lui plutôt qu’ailleurs. Pourquoi contester ainsi l’ordre établi ? À l’entendre, il y aurait même des saints chez ces chiens de païens...

Mes frères et sœurs, aurons-nous le courage de nous reconnaître un peu dans ces habitants de Nazareth. Après avoir fait l’éloge de Jésus, ils se sont levés furieux. Ils l’ont  poussé hors de la ville et mené à un escarpement. Qui que nous soyons, nous sommes toujours tentés d’enfermer Dieu et son Messie dans le strict périmètre de nos Églises et de nos groupes, dans la lettre de nos certitudes et de nos traditions, dans le ghetto de nos institutions confessionnelles... La Bible est pleine de prophètes qui n’ont pu annoncer la Parole qu’ailleurs, chez ceux qui ne savent pas tout d’avance.

Dieu est plus vaste et plus grand que nos petits horizons étriqués. Il n’a pas de frontière. Et c’est aujourd’hui qu’il vient agir au milieu de nos vies. Et toujours, ce Dieu du présent, nous surprend et nous déconcerte. La Parole s’accomplit aujourd’hui.

Nous devrions voir la réalisation de cette Parole dans notre vie quotidienne. Et pour y arriver, deux conditions s’imposent : connaître la Parole de Dieu et poser un regard de foi sur les événements. Impossible de connaître l’accomplissement de la Parole sans prendre le temps de la scruter. Impossible de la voir à travers les événements du quotidien sans y poser un regard attentif. C’est la prière fidèle et quotidienne qui nous donnera la grâce d’accueillir la Parole et de la pratiquer dans le concret.

Aux habitants de Nazareth qui espéraient lui voir faire des miracles, Jésus choisit de présenter sa véritable identité. Il n’est pas d’abord un guérisseur, mais la présence de Dieu parmi les siens. Et Dieu agit en faveur de toute l’humanité. Les exemples de la veuve de Sarepta et du Syrien Naaman le leur rappellent bien. Ces propos heurtent violemment les Nazaréens.

Le silence, parfois, est la seule attitude qui  reste possible. Quand les cœurs restent fermés au message de la foi, mieux vaut se taire. La foi ne s’impose pas, elle se propose. Si on la refuse, il faut aller ailleurs.

Devant le refus de ses compatriotes, Jésus est allé son chemin... le chemin de sa Pâque de croix et de résurrection.

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