PKO 07.07.2013

Dimanche 7 juillet 2013 – XIVème Dimanche du Temps ordinaire – Année C
Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°39/2013

HUMEURS

France, Pays des Droits de l’homme… qu’as-tu fait de ton honneur ?

 Cette année encore, l’anniversaire de la 1ère explosion nucléaire en Polynésie nous a apporté de nouvelles révélations sur les retombées… 140 de plus que celles déjà répertoriées et  cette fois-ci il semble que cela concerne l’ensemble du territoire de la Polynésie…

France… n’est-il pas temps d’être vrai ? Continueras-tu encore longtemps à vouloir cacher ou nier les faits que tu as toi-même consignés dans des rapports ?

Des erreurs nous en commettons tous… avec parfois des attitudes contradictoires. Alors que j’étais adolescent, j’ai manifesté mon opposition à l’installation de la 1ère centrale nucléaire dans mon beau pays d’Alsace… quelques années plus tard cela ne m’empêchait pas de m’engager dans la Marine nationale et de venir en Polynésie pour participer à la surveillance des essais, certes non  plus atmosphériques, mais essais tout de même. Quelques années plus tard encore, le 1er juillet 1995, je participais à la marche contre la reprise des essais à Tahiti au côté de Mgr Gaillot… erreur, aveuglement, lucidité se sont succédés… l’important est de le reconnaître !

France… sans prétendre être un exemple pour toi… je ne peux que t’encourager à faire la vérité… C’est le vrai et l’unique chemin de la Liberté !

Ta culture du secret et du refus d’assumer te nuit bien plus que tu ne le crois.

En 1986, le nuage radioactif de la catastrophe de Tchernobyl s’est miraculeusement arrêté à la frontière franco-allemande… en 1998 ma mère, comme beaucoup d’autres, décédait d’un cancer généralisé… si en 1986, France, tu n’avais pas nié la réalité… des mesures auraient pu être prises pour éviter des victimes… au moins en partie !

Les leçons du passé ne t’ont donc rien appris… N’est-il pas temps de faire la vérité, d’assumer tes erreurs… qui pourrait te reprocher ce courage ?

France, ton erreur n’est pas dans tes erreurs du passé… mais dans ton obstination à ne pas les reconnaître…

France, patrie des Droits de l’Homme, souviens-toi que « qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3,21)

En marge de l’actualité

Parents, grands-parents, réveillons-nous… La République veut nous prendre nos enfants

Le Sénat vient de voter (le 25 juin) la loi d'orientation sur l'École par 175 voix pour et 171 contre (4 voix d'écart). Le sénateur Richard Tuheiava a voté pour, le sénateur Gaston Flosse a voté contre.

Une fois de plus dans l'histoire de la République un ministre a voulu faire « sa »  réforme de l'Éducation ! Quelle réforme ? Le ministre Vincent Peillon a une vision très particulière du rôle de l'école puisqu'il remonte à 1789 pour justifier « son » projet de « refondation de l'école » et ainsi mettre en œuvre la réforme de la société. Le ministre oublie un principe de réalité bien décrit par le sociologue Michel Crozier, en 1979 : « On ne change pas la société par décret ». Il oublie également que les Français savent descendre dans la rue pour se faire entendre... Déjà les enseignants du primaire ont annoncé clairement leur opposition, ceux du secondaire n'ont pas encore réagi. Il reste à connaître la réaction des parents qui ne tarderont pas à se manifester lorsqu'ils constateront qu'on leur kidnappe le droit à l'éducation de leurs enfants.

En effet le ministre a réussi à faire approuver : « Le remplacement du cours d'instruction civique par un cours d'enseignement moral et civique » (article 28 initial devenu article 41). Cet enseignement - obligatoire dans toutes les écoles publiques, privées sous contrat et hors contrat - sera assuré par les professeurs d'histoire-géographie et de sciences de la vie et de la terre, il sera noté. C'est le Conseil supérieur des programmes qui définira les contenus d'enseignement de « la morale laïque et républicaine ».

Les objectifs du ministre sont clairs, il les avaient déjà précisés lors de la publication de son livre : « La Révolution française n'est pas terminée » (Seuil, 2008). Dans une interview télévisée il déclarait : « … on ne pourra construire un pays de liberté avec la religion catholique. Mais comme on ne peut pas acclimater le protestantisme en France comme on l'a fait dans d'autres démocraties, il faut inventer une religion républicaine... Cette révolution spirituelle, c'est la laïcité... »

Et oui notre ministre de l'Éducation veut « la mort de la religion catholique » en agissant directement sur les enfants dès la classe maternelle au mépris du rôle des parents en matière d'éducation. Il suffit de regarder le catalogue des livres qui seront proposés aux enfants, dans certaines écoles, pour s'en rendre compte.

Soyons certains que les associations de parents, les associations familiales ne vont pas manquer de réagir (l' UNAF, le CNAFC l'ont déjà fait).

Notre Pays a son mot à dire dans l'application des lois, espérons que notre gouvernement local saura se montrer vigilant en matière d'éducation.

D'ores et déjà, parents, grands-parents tenons-nous informés, ne laissons pas la République éduquer nos enfants et petits-enfants à notre place.

Dominique SOUPÉ - Chancelier

Voir Jésus dans les plus humbles

Pour rencontrer Dieu vivant il faut embrasser les plaies de Jésus que portent nos frères affamés, pauvres, malades et détenus. Après la Résurrection Jésus est apparu aux apôtres mais Thomas était absent et le Seigneur lui a accordé une semaine pour se révéler à lui. Désormais son corps était propre et lumineux, mais les plaies étaient toujours présentes. Elles le demeurent. À la fin des temps, le Seigneur nous les montrera. Pour croire, Thomas voulait les toucher, mais c'était un têtu. Et le Seigneur a justement voulu qu'un têtu nous fasse comprendre quelque chose d'immensément important : Le Seigneur est ressuscité. Ainsi fut-il le premier des apôtres à confesser la divinité de Jésus après la Résurrection. Le Seigneur s'est servi de l'incrédulité de Thomas pour proclamer sa divinité... Pour rencontrer Dieu il faut toucher les plaies de Jésus. Dans son histoire, l'Église s'est parfois trompée de route dans sa recherche de Dieu. Certains ont cru que le Dieu vivant des chrétiens pouvait se trouver dans la méditation, y compris la plus élevée. C'est une erreur car nombreux sont ceux qui n'arrivent jamais au but. D'autres parviennent peut-être à la connaissance de Dieu, mais non de Jésus-Christ, le Fils du Père et troisième personne de la Trinité. Quant aux gnostiques, ils sont de bonnes personnes qui empruntent un mauvais chemin, tortueux qui ne conduit nulle part. D'autres encore on pensé qu'il fallait se mortifier dans la pénitence et le jeûne. Mais tous ces chrétiens n'ont pas rencontré Jésus-Christ, le Dieu vivant. Pélagiens, ils croient que leur volonté leur permet d'accéder à cette connaissance. Or Jésus nous dit que pour le rencontrer il suffit de toucher ses plaies, des plaies que l'on trouve en accomplissant des actes de miséricorde, au corps à corps comme à l'âme, c'est à dire en secourant nos frères blessés par la faim, la soif et le froid, par la nudité et l'humiliation, l'esclavage et la prison, par la maladie. Telles sont aujourd'hui les plaies du Seigneur qui nous demande un acte de foi fondé sur ces plaies mêmes. Il ne suffit toutefois pas de créer quelque fondation et de se faire plaisir en semblant aider les autres en philanthropes ! C'est important certes, mais cela n'est pas suffisant. Nous devons comme Thomas toucher les plaies de Jésus, les embrasser concrètement, tel François avec les lépreux. En somme, pour rencontrer le Dieu vivant, un cours théorique ne saurait suffire. Il faut sortir et voir les choses concrètes. Demandons donc à saint Thomas de nous aider à trouver ce courage de toucher les plaies de Jésus et d'adorer ainsi le Dieu vivant.

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Près de 700 laïcs en formation pendant un mois

Comme chaque année au mois de juillet les écoles de formation viennent d'ouvrir pour quatre semaines au cours desquelles près de 700 laïcs vont acquérir ou consolider des connaissances nécessaires pour leur engagement dans les diverses paroisses de notre diocèse. Cette année six écoles sur sept dispensent des cours. Seule l'école Sychar ne fonctionne pas.

En cette « année de la foi » plusieurs directeurs ont tenu à réorganiser les programmes et surtout renouveler les contenus. C'est le cas notamment d'Emmaüs et de l'école de catéchèse (section en langue française du Haapiraa Faaroo).

Un grand nombre de laïcs prennent sur leur temps de vacances pour suivre les cours et faire les devoirs demandés. Cela montre que les directives sur le rôle des laïcs dans l'Eglise données par le concile Vatican II, ainsi que celles du synode diocésain de 1989, ont bien été intégrées. Dans un diocèse aux dimensions de l'Europe, avec plus de 100 îles à desservir, c'est une grâce de voir tous ces fidèles prendre leur part dans l'évangélisation et ainsi épauler les prêtres et les diacres permanents.

Que Dieu soit béni, qu'il soutienne par son Esprit de sagesse enseignants et élèves.

Dominique SOUPÉ

Chancelier

Décryptage du projet de loi sur l’éducation de Mr Peillon

Un déni de la liberté religieuse

Que sait-on du projet de M. Vincent Peillon de Refonder l’école de la République qui vient d’être voté au Sénat, dont Mr Richard TUHEIAVA, ? Pas grand-chose concrètement.

Le texte du projet de loi rend obligatoire l’enseignement des « valeurs de la République » et de « l’esprit critique » qui feront maintenant partie du droit de tout enfant à l’instruction, même pour les enfants bénéficiant d’une instruction privée hors contrat ou à domicile (nouvel article L131-1-1).

Le projet de loi remplace en outre le cours d’instruction civique par un « un enseignement moral et civique » visant à faire « acquérir aux élèves le respect de la personne, de ses origines et de ses différences, de l'égalité entre les femmes et les hommes ainsi que de la laïcité. » (nouvel article L311-4). Cet « enseignement moral et civique vise notamment à amener les élèves à devenir des citoyens responsables et libres, à se forger un sens critique et à adopter un comportement réfléchi. Cet enseignement comporte, à tous les stades de la scolarité, une formation aux valeurs de la République, à la connaissance et au respect des droits de l'enfant » (nouvel article L. 312-15).

Quant à l’école primaire, le texte adopté par l’Assemblée nationale en première lecture indique que « Elle assure les conditions d'une éducation à l'égalité de genre. Elle assure conjointement avec la famille l'éducation morale et civique, qui comprend obligatoirement, pour permettre l'exercice de la citoyenneté, l'apprentissage des valeurs et symboles de la République et de l'Union Européenne, notamment de l'hymne national et de son histoire. »

Cet enseignement moral et civique sera dispensé par les professeurs d'histoire et de sciences et vie de la terre dès la rentrée 2015, à raison d'une heure par semaine à l'école primaire et au collège1. Il sera obligatoire, y compris dans les établissements privés sous contrat, et devra être noté.

Cette volonté de remettre à l’honneur la morale laïque et le civisme répond, on le comprend, à la nécessité de donner un cadre culturel commun, une République, à une jeunesse socialement éclatée, souvent illettrée et violente. Il s’agit de construire « un mieux-vivre ensemble au sein de notre société » (exposé des motifs). Cette jeunesse est influencée par le fondamentalisme politique, identitaire et religieux, sexiste, raciste et homophobe ; elle adopte souvent une attitude hostile à la culture française. En un mot, de larges pans de la jeunesse doivent être re-civilisés et incorporés dans la société française, et cette tâche appartient à l’école de la République. C’est l’ambition louable de Mr Peillon qui répond à un problème bien réel. Les principaux moyens proposés sont l’embauche de 60 000 enseignants supplémentaires, l’investissement massif dans le numérique et l’enseignement de la morale et des valeurs républicaines.

Cette situation actuelle de la jeunesse ne serait pas due à l’échec de l’enseignement public, mais à celui des familles, en raison de leurs déterminismes sociaux, culturels et religieux. C’est ainsi que l’on comprend la volonté de scolariser les enfants dès l’âge de 2 ans, et en priorité dans les zones d’éducation prioritaire à forte proportions d’enfants issus de l’immigration.

Le Ministre a également décidé qu’une Charte de la laïcité devrait être jointe au règlement intérieur des établissements scolaires dès 2013. Définissant les principes de la laïcité, elle s’imposera aux enseignants et aux élèves. Sa rédaction a été confiée au Haut Conseil à l'intégration qui travaille à « faire barrage au communautarisme »2.

C’est ici qu’apparaît la finalité de l’enseignement moral et civique, et la conception de la République du ministre de l’éducation nationale. A défaut de précision sur le contenu futur de cet enseignement moral et civique qui est encore en cours d’élaboration3, il est possible de se référer aux propos et écrits du Ministre. Il a ainsi précisé dans la presse et à l’Assemblée, que « le but de la morale laïque est d'arracher l'élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel »4 pour « permettre à chaque élève de s'émanciper », car « le but de l’école républicaine a toujours été de produire un individu libre »5. Ces propos ne sont pas accidentels, mais synthétisent une pensée cohérente, une idéologie. Ainsi, dans son livre-programme « Refondons l’école » publié en février 2013, le Ministre de l’éducation nationale explique en effet que « Dans notre tradition républicaine, il appartient à l’école non seulement de produire un individu libre, émancipé de toutes les tutelles – politiques, religieuses, familiales, sociales - capable de construire ses choix par lui-même, autonome, épanoui et heureux, mais aussi d’éduquer le citoyen éclairé d’une République démocratique, juste et fraternelle. » (p.12). Le Ministre prévient son lecteur, mais est-ce encore nécessaire, que « l’école républicaine n’a jamais prétendu être neutre entre toutes les valeurs. Si la laïcité a bien signifié la neutralité confessionnelle [...], elle n’a jamais signifié ni la neutralité philosophique ni la neutralité politique » (p.134).

L’un des déterminismes dont il faudrait émanciper les enfants est l’identité de genre. Mr Peillon annonce dans son livre-programme que la « lutte contre les stéréotypes de genre et l’homophobie doit être menée avec force, à tous les niveaux d’enseignement. Les stéréotypes de genre doivent être remis en question dès l’école primaire » (p.128). S’adressant aux recteurs d’académie, Mr Peillon indiquait en janvier dernier « le gouvernement s'est engagé à s'appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités, notamment par le biais d'une éducation au respect de la diversité des orientations sexuelles »6.

Le livre dans lequel Mr Peillon livre le plus sa pensée personnelle est La Révolution n’est pas terminée, publié au Seuil en 2008. Voici ce qu’il dit de l’école : « C’est à elle [l’école] qu’il revient de briser ce cercle [les déterminismes], de produire cette auto-institution, d’être la matrice qui engendre en permanence des républicains pour faire la République, République préservée, république pure, république hors du temps au sein de la République réelle, l’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la Loi. La société républicaine et laïque n’a pas d’autre choix que de “s’enseigner elle-même” (Quinet) d’être un recommencement perpétuel de la République en chaque républicain, un engendrement continu de chaque citoyen en chaque enfant, une révolution pacifique mais permanente. »7 (p.17)

Le lien entre l’école et la laïcité apparaît clairement : l’école-église est le lieu de l’enseignement de la laïcité-religion. Il ajoute : « En voulant éliminer et le déterminisme religieux et le déterminisme scientifique, la synthèse républicaine se trouve obligée d’inventer une métaphysique nouvelle et une religion nouvelle, où c’est l’homme,…, qui va apparaître comme un infini qui sans cesse “s’échappe à lui-même” (J. Lagneau) Cette religion n’est pas une religion du Dieu qui se fait homme. Elle n’est pas davantage d’ailleurs une religion de l’homme qui se fait Dieu. Elle est une religion de l’homme qui a à se faire dans un mouvement sans repos. » (p.141-142). Plus loin, il poursuit : « Ce qui manque au socialisme pour s’accomplir comme la pensée des temps nouveaux, c’est une religion nouvelle : “Donc un nouveau dogme, un nouveau régime, un nouveau culte doivent surgir, afin qu’une nouvelle société prenne la place de l’ancienne.” (Littré) » (p.149). « La laïcité elle-même peut alors apparaître comme cette religion de la République recherchée depuis la Révolution. » (p.162) « C’est au socialisme qu’il va revenir d’incarner la révolution religieuse dont l’humanité a besoin, en étant à la fois une révolution morale et une révolution matérielle, et en mettant la seconde au service de la première. » (p.195).

Dans sa biographie de  Ferdinand Buisson8, il précise à propos de cette foi laïque que « toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Église. Non pas seulement l’Eglise catholique, mais toute Eglise et toute orthodoxie. Déisme humain, humanisation de Jésus, religion sans dogme ni autorité ni Église, toute l’opération de la laïcité consiste à ne pas abandonner l’idéal, l’infini, la justice et l’amour, le divin, mais à les reconduire dans le fini sous l’espèce d’une exigence et d’une tâche à la fois intellectuelles, morales et politiques. » (p. 277).

Ces citations (qui ne peuvent rendre totalement justice à l’intelligence de leur auteur) permettent d’entrevoir, pour les non-initiés, l’arrière fond idéologique sur lequel s’inscrit le projet d’enseignement moral et civique. Reste à connaître son contenu précis, et la façon dont les enseignants du public et du privé vont l’enseigner, à hauteur d’une heure par semaine « au minimum », selon les vœux du Ministre.

On le voit, l’ambition et la foi du Ministre sont considérables ; le défi posé par cette jeunesse à intégrer ne l’est pas moins. On peut néanmoins être sceptique face à cette foi laïque et à son efficacité… mais le peut-on encore ouvertement ? Son enseignement sera obligatoire pour tous, et les enfants seront notés.

Face à ce projet de refondation de la société par le biais de l’école, comment se situe l’enseignement privé ? A-t-il autre chose à proposer, aura-t-il autant de zèle missionnaire que Monsieur Peillon ? En tout cas, l’enseignement privé sous contrat se trouve dans la situation paradoxale d’être obligé d’enseigner cette morale laïque, tout en ayant interdiction d’imposer l’enseignement religieux à ses élèves.

Selon son contenu, cet enseignement moral sera susceptible de heurter non seulement le « caractère propre » de l’enseignement privé, mais aussi le droit naturel des parents d’assurer l’éducation et l’enseignement de leurs enfants « conformément à leurs convictions religieuses et philosophiques », droit garanti notamment par la Convention européenne des droits de l’homme.

Pour finir, le projet de loi contient une disposition des plus symboliques ; il prévoit que « La devise de la République et le drapeau tricolore doivent figurer à la façade de tout établissement scolaire public ou privé sous contrat. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 doit être apposée au sein de tous ces établissements. »9 Il n’est pas précisé si les symboles de la république doivent être placés au-dessus ou au-dessous de la croix qui orne, parfois encore, les façades des écoles catholiques.

Grégor PUPPINCK

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1  http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/04/22/01016-20130422ARTFIG00402-la-morale-laique-sur-les-bancs-de-l-ecole-attendra-2015.php

2   http://religion.blog.lemonde.fr/2012/12/10/laicite-les-petits-pas-de-francois-hollande/

3   Le détail du contenu sera défini par le nouveau « conseil national des programmes ». Il pourra s’appuyer sur le rapport remis par l'historien Alain Bergounioux (historien du socialisme et du syndicalisme), le conseiller d'État Rémi Schwartz (rapporteur général de la commission Stasi sur la laïcité en 2003), et l'universitaire Laurence Loeffel (spécialiste de la morale laïque et de Ferdinand Buisson) à qui le Ministre a demandé de se prononcer sur les conditions d'enseignement de cette morale laïque, de la maternelle à la terminale, ainsi que sur son évaluation.

4   Voir LEXPRESS.fr, du 02/09/2012, Vincent Peillon pour l'enseignement de la "morale laïque".

5   Assemblée nationale, compte-rendu intégral de la deuxième séance du jeudi 14 mars 2013.

6   Lettre de Vincent Peillon, Ministre de l’Eduction nationale, aux recteurs, datée du 4 janvier 2013.

7   La Révolution n’est pas terminée, Seuil, 2008, p .17.

8   Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson, Le Seuil, 2010.

9   Voir aussi http://www.liberation.fr/politiques/2013/05/23/le-senat-instaure-drapeau-tricolore-et-devise-republicaine-sur-les-ecoles_904886

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Recommandation sur les équivalents français du mot « gender »

L’utilisation croissante du mot « genre » dans les médias et même les documents administratifs, lorsqu’il est question de l’égalité entre les hommes et les femmes, appelle une mise au point sur le plan terminologique.

On constate en effet, notamment dans les ouvrages et articles de sociologie, un usage abusif du mot genre, emprunté à l’anglais « gender », utilisé notamment en composition dans des expressions telles « gender awareness, gender bias, gender disparities, gender studies… », toutes notions relatives à l’analyse des comportements sexistes et à la promotion du droit des femmes. Le sens en est très large, et selon l’UNESCO, « se réfère aux différences et aux relations sociales entre les hommes et les femmes » et « comprend toujours la dynamique de l’appartenance ethnique et de la classe sociale ». Il semble délicat de vouloir englober en un seul terme des notions aussi vastes.

En anglais, l’emploi de « gender » dans ces expressions constitue un néologisme et correspond à une extension de sens du mot qui signifie « genre grammatical ». De plus, ce terme est souvent employé pour désigner exclusivement les femmes ou fait référence à une distinction selon le seul sexe biologique.

Or, en français, le mot « sexe » et ses dérivés « sexiste » et « sexuel » s’avèrent parfaitement adaptés dans la plupart des cas pour exprimer la différence entre hommes et femmes, y compris dans sa dimension culturelle, avec les implications économiques, sociales et politiques que cela suppose.

La substitution de genre à « sexe » ne répond donc pas à un besoin linguistique et l’extension de sens du mot « genre » ne se justifie pas en français. Dans cette acception particulière, des expressions utilisant les mots genre et a fortiori l’adjectif « genré », ou encore le terme « sexospécificité », sont à déconseiller.

Toutefois, pour rendre la construction adjective du mot « gender », fréquente en anglais, on pourra préférer, suivant le contexte, des locutions telles que « hommes et femmes, masculin et féminin » ; ainsi on traduira « gender equality » par « égalité entre hommes et femmes », ou encore « égalité entre les sexes ».

La Commission générale de terminologie et de néologie recommande, plutôt que de retenir une formulation unique, souvent peu intelligible, d’apporter des solutions au cas par cas, en privilégiant la clarté et la précision et en faisant appel aux ressources lexicales existantes.

Journal officiel du 22 juillet 2005

Gouvernements avides et jeux de hasard

Le coût social d’une mauvaise alliance

Face à une croissance économique encore anémique et un rendement fiscal à la baisse, les gouvernements espèrent pouvoir obtenir des fonds additionnels en facilitant l’accès aux jeux de hasard, par exemple aux États-Unis ou en Australie, mais pas seulement. À l’heure ou la Polynésie se repose encore une fois la question, notamment suite au rachat de l’hôtel Maeva Beach, relisons cet état des lieux.

Dans l’État de New York, le gouverneur propose de changer la constitution du pays de manière à légaliser les casinos commerciaux, tandis que dans le Michigan, deux campagnes de mobilisation sont en cours pour persuader les électeurs à approuver la construction de nouveaux casinos de jeux sur le territoire.

Le premier casino de l’Ohio ouvrira ses portes en mai à Cleveland. Un autre sera inauguré quelques semaines plus tard à Toledo, et deux autres sont en chantier. En novembre prochain les électeurs seront appelés aux urnes pour approuver le cinquième casino de cette série.

Pendant ce temps-là au Maryland, toujours en novembre, on votera pour l’ouverture d’un sixième casino et l’ajout de tables de jeux dans les maisons déjà existantes.

Cette proposition a fait l’objet d’une critique du Washington Post, le 4 avril dernier, qui prend position contre les jeux de hasard et souligne l’excès d’optimisme des dernières estimations sur somme que pourraient rapporter les impôts sur le jeu, pour financer l’éducation.

L’éditorial du Washington Post met l’accent sur les dégâts sociaux que produisent ces jeux du fait de leur impact négatif sur les plus pauvres.

Il est mis en évidence dans un rapport publié en janvier dernier par le « Centre de conversation publique de l’Institut pour les valeurs américaines » (Center of Public Conversation dell’Institute for American Values).

Centré sur New York, le rapport, signé par Paul Davies, est intitulé « Le mauvais pari de l’Amérique : pourquoi le partenariat croissant entre gouvernements et casinos est un pacte avec le diable » (America’s Bad Bet: Why the Growing Government-Casino Partnership is a Deal with the Devil).

L’auteur fait observer que, par rapport aux décennies précédentes, quand le jeu était limité à Las Vegas et à Atlantic City, on assiste à un boom des jeux de hasard, qui s’est intensifié ces dernières années, au point que le nombre de casinos présents dans les 27 États s’élève aujourd’hui à 500.

La course aux armements

« Beaucoup d’États favorisent l’invention de nouveaux jeux de hasard pour attirer la clientèle et la fidéliser », écrit Paul Davies. « On va rapidement vers une vraie course aux armements du jeu ». Rien qu’en 2010 la loi sur le jeu a été présentée dans 20 États, ajoute-t-il.

Les statistiques officielles les plus récentes datent de 2006 : cette année-là les Américains ont perdu 91 milliards de dollars à cause du jeu.

L’attrait pour le gain rapide et facile, se marrie bien avec la mentalité contemporaine de la gratification instantanée, commente Paul Davies. La plupart des joueurs viennent de catégories moins capables de soutenir les frais de leurs inévitables pertes : personnes âgées, minorités et classe ouvrière.

D’après les statistiques de Paul Davies, les quatre casinos qui seront ouverts prochainement dans l’Ohio, produiront 110 000 joueurs à problèmes et pathologies.

Le jeu a aussi des liens avec le crime organisé, explique-t-il. En 2004, en Pennsylvanie, deux des 11 licences initiales ont été accordées à des repris de justice.

Les défenseurs du jeu de hasard argumentent que cette activité est source d’emplois. Paul Davies, lui, fait observer que la plupart des employés reçoivent de bas salaires. À Atlantic City, par exemple, le personnel est payé 12 dollars de l’heure.

Le crime et coût social

Les liens entre le crime et le jeu de hasard fait également l’objet d’un rapport publié par la Stop Predatory Gambling Foundation. L’Étude, intitulée « Casino et Floride : crimes et coûts pénitentiaires », a été publié au début de 2012.

Le document estime que l’introduction du jeu de hasard dans le Comté de Miami-Dade, en Floride, coûtera au système pénitentiaire 3 milliards de frais en plus pour les dix prochaines années.

Le rapport explique que jusqu’à aujourd’hui, l’étude la plus critique sur l’impact des casinos sur le crime est la Revue d’économie et de statistiques (Review of Economics and Statistics) qui, en 2006, a analysé ces liens entre les casinos et la criminalité pour chaque année comprise entre 1977 et 1996, se basant sur des statistiques du FBI et les recensements fédéraux.

En 1996, 8% des crimes étaient attribuables aux casinos, avec un coût pour chaque adulte, de 75 dollars par an. Cinq ans plus tard, à l’ouverture d’une nouvelle maison de jeux, l’enquête relève que les crimes économiques ont augmenté de 8,6% et les crimes violents de 12,6%.

L’étude examine aussi les taux de criminalité enregistrés dans les comtés limitrophes, et ne relève  aucune baisse de ces taux, amenant ses auteurs à en conclure que le crime n’a pas migré mais a vraiment augmenté.

Financement inefficace

Un des arguments utilisé en faveur du jeu de hasard est celui selon lequel les club et casinos distribuent une partie de leurs revenus à des groupes et des communautés locales. Or, un tout nouveau rapport publié en Australie montre que ce soutien ne tient pas compte des coûts associés au jeu.

Dimanche dernier, 22 avril, l’organisme de bienfaisance « UnitingCare Australia » a publié un rapport commandé par la Monash University, offrant une estimation de ce qui est dépensé aux machines à poker et des bénéfices que celles-ci produisent pour la communauté.

Dans l’État de Nouvelle Galles du sud, les utilisateurs de machines à poker ont perdu 5 milliards de dollars australiens en 2010-2011, pour un total de plus de 1 000 dollars par adulte. La somme totale donnée à la communauté par l’industrie du hasard fut de 63,5 millions, qui représentent 1,3% des pertes aux machines à poker. Dans les États de Victoria et Queensland, les proportions sont respectivement de 2,4% et 2,3%.

Les machines à poker, conclue le rapport, « représentent  une méthode extrêmement inefficace et coûteuse pour financer les activités sportives et les œuvres de bienfaisances des communautés ».

Un jeu de hasard plus répandu peut être attirant pour les gouvernements mais au détriment total des personnes, sur lesquelles ils doivent veiller socialement.

P. John FLYNN, l.c.

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Pour une solidarité sans frontière

La visite du pepe François à Lampedusa… un signe puissant pour la communauté internationale

Des personnes qui tentent désespérément d'atteindre un autre pays, fuyant les persécutions, les violations des droits humains, une guerre civile, ou qui sont simplement à la recherche de meilleures opportunités économiques pour faire vivre leur famille. Lampedusa est une île italienne à 110 kilomètres de la Tunisie, où la migration irrégulière et les migrations forcées sont une réalité.

Ce phénomène concerne des êtres humains qui ont un visage, qui sont à la recherche d'un nouveau départ, et qui se tournent vers nous et attendent une réponse de notre part.

Lampedusa n'est que l'un des nombreux carrefours sur la planète où confluent des mondes divers. En effet, l'itinéraire vaste et complexe des réfugiés s'étend à ceux qui se dirigent en bateau vers l'Australie, le Yémen, l'Italie ou Malte ; qui traversent en camion le désert du Sahara du Nord ; qui parcourent à pied le désert du Mexique vers les Etats-Unis ; qui franchissent les fleuves pour entrer en Afrique du Sud par le Zimbabwe ou qui quittent l'Afghanistan à travers la Turquie, vers la Grèce. Ces formes de flux migratoires sont un phénomène mondial.

La présence du Pape François à Lampedusa sera un signe puissant pour rappeler l'attention de tous et certainement pour communiquer que la bonne nouvelle de Jésus s'adresse à chaque vie et à chaque situation. Précisément comme le Pape lui-même l'avait dit : « N’oubliez pas la chair du Christ qui est dans la chair des réfugiés: leur chair est la chair du Christ » (Discours aux participants à l'assemblée plénière du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, 24 mai 2013). Le Christ est présent sur l'île dans ceux qui sont arrivés, mais également dans la population locale qui les accueille. À Lampedusa, comme partout dans le monde, les défis sont affrontés par la population locale, qui en est parfois submergée et qui doit accueillir de grands nombres de nouveaux venus inattendus. « Au fil des ans, innombrables sont les exemples d’altruisme et d’actions héroïques de la part de membres des Églises locales qui ont reçu des personnes déracinées de force, parfois même aux prix de leurs vies et de leurs propriétés. Offrir l’hospitalité signifie repenser et revoir sans cesse les priorités » (Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, document Accueillir Jésus Christ dans les réfugiés et les personnes déracinées de force, orientations pastorales, n. 84 ; année 2013). Ce phénomène rappelle également l'attention sur ceux qui se prodiguent pour leur venir en aide. Le secours en mer est un événement habituel. Souvent, ce sont les pécheurs et les marins qui les premiers, mettent leur vie en péril et vont au secours de ceux qui sont en danger sur des embarcations surchargées et en très mauvais état. Il y a plusieurs années, le prix Nansen pour les réfugiés a été remis à l'armateur, au capitaine et à l'équipage du porte-container norvégien MV Tampa, qui avait sauvé 438 demandeurs d'asile dans l'Océan indien. Les pécheurs italiens sentent l'obligation morale d'aider les personnes à la merci des flots, quoi qu'en disent les autorités. Voilà pourquoi il est significatif qu'à Lampedusa, les pécheurs et leurs barques accompagneront le Saint-Père au port. Cette solidarité en mer peut être un encouragement en vue d'améliorer le bien-être des demandeurs d'asile et des personnes déplacées, en dépit des coûts élevés pour les personnes concernées.

Toutefois, il faut s'interroger sur les comportements des gouvernements, en particulier en ce qui concerne les conditions et les lieux à l'intérieur du pays réservés à ces personnes déplacées. Il s'agit des confins extrêmes d'une nation, de camps de réfugiés dans le désert ou sur une île perdue loin de  la terre ferme. On se demande s'il ne serait pas plus adapté de les accueillir dans d'autres zones. Ces questions ne peuvent certainement pas être évitées par les gouvernements locaux.

Les réfugiés et les demandeurs d'asiles devraient voir leurs droits respectifs garantis. S'ils ont le droit de fuir pour sauver leur vie, on devrait également leur donner le droit d'avoir accès à l'asile dans le pays d'arrivée. En outre, tous les autres droits de protection devraient être appliqués. Le droit de libre circulation et le droit au travail doivent être appliqués et ultérieurement étendus. Les gouvernements devraient protéger ceux qui fuient les violences, les persécutions et les discriminations. Au cours des années, les États ont élargi le concept de réfugié afin de répondre au défi actuel, et la législation internationale a elle aussi changé, en assurant une plus grande protection aux personnes contraintes de fuir. Malheureusement, l'attitude actuelle de nombreux gouvernements apparaît contraire à ces décisions, même si les États ont quoi qu'il en soit l'obligation d'assurer une protection aux personnes en fuite.

Sauver des vies humaines, en restituant la dignité, en offrant une espérance et en apportant des réponses sociales et communautaires, est étroitement lié aux valeurs morales et à la vision chrétienne. Cette interaction avec la présence des réfugiés, des demandeurs d'asile et des personnes déracinées de force pourrait conduire à un renouveau ultérieur de l'Église, qui nous poussera hors de notre univers familier, vers l'inconnu, en mission, pour rendre témoignage du Seigneur. « Nous devons tous avoir le courage de ne pas détourner notre regard des réfugiés et des personnes déplacées de force, afin de permettre à leurs visages de pénétrer dans nos cœurs et les accueillir dans notre monde. Si nous savons écouter leurs espoirs et leur désespoir, nous comprendrons les sentiments qui les habitent » (op. cit., n. 120). La visite du Saint-Père pourrait être un nouveau début pour nous tous.

Antonio Maria VEGLIO,

président du Conseil pontifical

pour la pastorale des migrants

et des personnes en déplacement

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L’Église, grand mystère de communion…

Commentaire de l’Évangile du XIVème Dimanche du Temps ordinaire

Permettez-moi de commenter simplement, au fil des mots, l’évangile de ce jour. Il s’y trouve quelques indications bien concrètes pour notre vie chrétienne d’aujourd’hui.

« Il les envoya deux par deux... »

Le chrétien ne peut être un franc-tireur isolé. Déjà dans le domaine profane, on remet en valeur la nécessité de l’équipe pour le travail professionnel, scientifique ou scolaire. Dans l’apostolat aussi, on ne peut pas évangéliser seul.

« Priez le maître de la moisson... »

La première tâche de l’apôtre, c’est la prière. Voilà un apostolat à la portée de tous, y compris de ceux qui n’ont rien d’autre à offrir, c’est-à-dire les malades et les personnes âgées. L’évangélisation n’est pas une publicité ou une propagande ; elle est d’abord œuvre du Saint-Esprit qui ne peut passer qu’à travers des cœurs priants.

« Il en envoya soixante-douze... »

Si l’Eglise repose sur douze fermes colonnes, c’est-à-dire les apôtres et leurs successeurs que sont les évêques, elle rayonne aussi par toutes ses pierres. C’est dire que l’évangélisation concerne tout chrétien. Luc sait, d’expérience, qu’un grand nombre de communautés chrétiennes, qui ont surgi un peu partout en plain monde païen, sont nées de l’apostolat de laïcs, des hommes et des femmes, des équipes et des couples. Le témoignage rendu ainsi au Christ par des personnes de toutes origines et de tous les milieux de l’Église a beaucoup plus de force et de continuité. Sommes-nous convaincus que tous, nous les baptisés, nous avons un rôle irremplaçable à jouer ?

« N’emportez pas de gros bagages »

Nous sommes toujours tentés de penser que l’apostolat de mande  de gros moyens, des structures lourdes, des organisations complexes. Certes, il faut un minimum de moyens et de réunions. Mais Jésus nous recommande vivement la simplicité des moyens pauvres. L’évangélisation est à la portée des vies les plus modestes.

« Apportez la paix... guérissez... »

L’évangélisation, enfin, commence par du très concret, du très pratique : faire du bien, pacifier, faire reculer le mal, soulager, guérir... Pas des discours compliqués, mais d’abord une manière de vivre en actions : communiquer la paix, montrer de la solidarité (nous en avons l’occasion devant les événements de cette semaine).

C’est une très belle page d’évangile que la liturgie nous offre cette semaine. Il y a sûrement au moins une phrase qui est pour chacun de nous. Vivons-la et soyons des travailleurs à la moisson de Dieu !

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