PKO 13.10.2013

Dimanche 13 octobre 2013 – XXVIIIème Dimanche du Temps ordinaire – Année C
Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°54/2013

HUMEURS

« Une marche blanche pour Richie, Hirinaki et Keala »

 « Trois de nos enfants ont été arrachés à la vie, sauvagement percutés sur la route »… c’est le cri de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement privé du Sacré-Cœur de Taravao. Ce cri, comment ne pas l’entendre …

Depuis ces accidents, chacun y va de sa petite phrase… « Il faudrait faire ceci… », « Il faudrait faire cela… »… On met des commissions en place… on projette de nouvelles lois… Beaucoup de belles paroles, de belles intentions… « L’enfer est pavé de bonnes intentions » disait grand’mère !

On pourra se réunir autant qu’on le voudra… prendre une multitude de décisions et voter des lois… tant qu’il n’y aura pas une réelle volonté de les appliquer sur le long terme… Il n’y aura aucun résultat… mais d’autres drames, d’autres familles meurtries… et de nouvelles belles paroles, commissions et lois.

Pourquoi ne pas tout simplement appliquer ce qui doit l’être, pas pendant quelques semaines, le temps que la population oublie les drames… mais l’appliquer à long terme ?

Une illustration, toujours la même ! Chaque samedi matin nous sommes témoins du même scénario : des jeunes sortent de boîtes de nuit… la Police intervient pour les faire dégager… Ils sont en état d’ébriété avancé… qu’importe, on leur demande de prendre le volant et de rentrer chez eux… Un coup de gueule dans les humeurs… et l’on met en place une barrière à l’entrée de la rue qui longe le presbytère… histoire qu’ils se garent ailleurs… durant deux ou trois semaines… mais le fond du problème reste !

Ce n’est qu’une illustration qui manifeste l’absence d’une volonté réelle d’action sur le long terme. Les enjeux financiers et fiscaux sont trop grands !

Pourtant, sans qu’il y ait nécessairement de violentes sanctions … Pourquoi ne pas obliger tout simplement ces personnes hyper-alcoolisées à laisser leur voiture sur place et à faire appel, à leurs frais, à des taxis pour rentrer chez eux ?

Pourquoi ne pas responsabiliser ceux qui sont témoins ou acteurs de cette alcoolisation (propriétaires de boîte de nuit, de bars ou particuliers) en les poursuivant en justice pour non-assistance  à des personnes en danger ?

Les Lois existent déjà… qu’elles soient donc appliquées! À moins que certaines vies vaillent moins que certains intérêts financiers et fiscaux ! 

En marge de l’actualité

Le Pape François consacre le Monde au Cœur Immaculé de Marie

 Dimanche prochain 13 octobre, à Rome, le pape François consacrera le monde au Cœur Immaculé de Marie, à l’occasion de la journée mariale promue par le dicastère de la nouvelle évangélisation, et en l'anniversaire de l'apparition de la Vierge Marie à Fatima en 1917. La statue originale de la Vierge sera transportée de Fatima (Portugal) à Rome. Des centaines de mouvements et d’institutions de dévotion mariale se rassembleront dans la capitale italienne pour cette occasion.

Samedi 12 octobre au matin, sera proposé un pèlerinage au tombeau de l'apôtre Pierre, ainsi que l'adoration et le sacrement de réconciliation dans les églises proches de la basilique Saint-Pierre. Dans l'après-midi, à 17h, aura lieu l'accueil solennel de la statue originale de Notre Dame de Fatima place Saint-Pierre, en présence du pape François, qui donnera une catéchèse. La statue sera ensuite transférée au sanctuaire romain du Divin-Amour, pour une soirée intitulée « Avec Marie au-delà de la nuit ». Le chapelet sera récité en communion avec les sanctuaires mariaux du monde, à 19h, puis une veillée de prière est prévue à 22h.

Le lendemain, 13 octobre, les participants se rassembleront sur la place Saint-Pierre pour le chapelet à 10h, avant la messe dominicale présidée par le pape François à 10h30.

La Vierge Marie avait demandé la consécration de la Russie et du monde, à Fatima le 13 juillet 1917. Le monde a été consacré au Cœur Immaculé de Marie par Pie XII, pendant les heures tragiques de la Seconde Guerre Mondiale, le 31 octobre 1942. Jean-Paul II a renouvelé cette consécration en 1982, un an après l'attentat du 13 mai 1981. Il  la prononcera de nouveau lors du synode des évêques, le 16 octobre 1983 ; il la  renouvellera une troisième fois lors de la longue prière du 25 mars 1984, après avoir appelé les évêques du monde entier à s'unir à lui dans cette démarche.

Le pape Benoît XVI a  prononcé une prière de consécration de tous les prêtres au Cœur Immaculé de Marie, à Fatima, le 12 mai 2010, lors de son voyage pour le 10e anniversaire de la béatification de Jacinta et Francisco.

Dominique SOUPÉ - Chancelier


La vie de l’Église est variété, pas uniformité

Audience générale du pape François du mercredi 9 octobre 2013

L'ouverture de l’Église à la variété est vitale : « La vie de l’Église est variété », et « mettre de l’uniformité partout », c'est « tuer les dons de l’Esprit-Saint », estime le pape François. Le pape a présidé l'audience générale ce mercredi, 9 octobre 2013, place Saint-Pierre. Durant sa catéchèse, après un temps de rencontre avec a foule sur sa papamobile, le pape a médité sur la « catholicité » de l’Église : « En quel sens disons-nous que l’Église est catholique, ce qui signifie "selon le tout" ? » « L’Église est catholique parce qu’elle est la “Maison de l’harmonie” où unité et diversité savent se conjuguer pour être une richesse », a-t-il répondu.

Chers frères et sœurs, bonjour !

On voit qu’aujourd’hui, malgré cette affreuse journée, vous êtes courageux : félicitations !

« Je crois en l’Église une, sainte, catholique... ». Aujourd’hui, nous nous arrêtons pour réfléchir sur cette Note de l’Église : disons catholique, c’est l’Année de la catholicité. Avant tout, que signifie catholique ? Ce mot dérive du grec « kath’olòn », qui veut dire « selon le tout », la totalité. Dans quel sens cette totalité s’applique-t-elle à l’Église ? Dans quel sens disons-nous que l’Église est catholique ? Je dirais selon trois significations fondamentales.

La première. L’Église est catholique parce que c’est l’espace, la maison dans laquelle est annoncée la foi tout entière, dans laquelle le salut que nous a apporté le Christ est offert à tous. L’Église nous fait rencontrer la miséricorde de Dieu qui nous transforme parce qu’en elle est présent Jésus Christ, qui lui donne la véritable confession de foi, la plénitude de la vie sacramentelle, l’authenticité du ministère ordonné. Dans l’Église, chacun de nous trouve ce qui est nécessaire pour croire, pour vivre en chrétiens, pour devenir saints, pour marcher en tout lieu et en toute époque.

Pour donner un exemple, nous pouvons dire que c’est comme dans la vie de famille ; dans la famille, à chacun de nous est donné tout ce qui nous permet de croître, de mûrir, de vivre. On ne peut croître seuls, on ne peut marcher seuls, en s’isolant, mais on marche et on croît dans une communauté, dans une famille. Et il en est ainsi dans l’Église ! Dans l’Église, nous pouvons écouter la Parole de Dieu, certains que c’est le message que le Seigneur nous a donné ; dans l’Église, nous pouvons rencontrer le Seigneur dans les Sacrements qui sont les fenêtres ouvertes à travers lesquelles nous est donnée la lumière de Dieu, des ruisseaux auxquels nous puisons la vie même de Dieu ; dans l’Église, nous apprenons à vivre la communion, l’amour qui vient de Dieu. Chacun de nous peut se demander aujourd’hui : comment est-ce que je vis dans l’Église ? Lorsque je vais à l’église, est-ce comme si j’étais au stade, à un match de football ? Est-ce comme si j’étais au cinéma ? Non, c’est autre chose. Comment vais-je à l’église ? Comment est-ce que j’accueille les dons que l’Église m’offre, pour croître, pour mûrir comme chrétien ? Est-ce que je participe à la vie de communauté ou est-ce que je vais à l’église en me repliant sur mes problèmes, en m’isolant des autres ? Dans ce premier sens, l’Église est catholique, parce qu’elle est la maison de tous. Tous sont fils de l’Église et tous sont dans cette maison.

Une deuxième signification : l’Église est catholique parce qu’elle est universelle, elle est présente dans chaque partie du monde et annonce l’Évangile à chaque homme et chaque femme. L’Église n’est pas un groupe d’élite, elle ne concerne pas seulement quelques personnes. L’Église n’a pas de fermetures, elle est envoyée à la totalité des personnes, à la totalité du genre humain. Et l’unique Église est présente également dans ses plus petites parties. Chacun peut dire : dans ma paroisse est présente l’Église catholique, parce qu’elle aussi fait partie de l’Église universelle, elle aussi possède la plénitude des dons du Christ, la foi, les sacrements, le ministère ; elle est en communion avec l’évêque, avec le Pape et elle est ouverte à tous, sans distinction. L’Église n’est pas seulement à l’ombre de notre clocher, mais elle embrasse une vaste étendue de personnes, de peuples qui professent la même foi, se nourrissent de la même Eucharistie, sont servis par les mêmes pasteurs. Se sentir en communion avec toutes les Églises, avec toutes les communautés catholiques petites ou grandes du monde! Comme cela est beau ! Puis sentir que nous sommes tous en mission, petites ou grandes communautés, nous devons tous ouvrir nos portes et sortir pour l’Évangile. Demandons-nous alors : qu’est-ce que je fais pour communiquer aux autres la joie de rencontrer le Seigneur, la joie d’appartenir à l’Église ? Annoncer et témoigner la foi n’est pas l’affaire de quelques-uns, mais concerne également moi, toi, chacun de nous !

Une troisième et dernière pensée : l’Église est catholique, parce qu’elle est la « Maison de l’harmonie » où unité et diversité savent se conjuguer ensemble pour être une richesse. Pensons à l’image de la symphonie, qui veut dire accord, harmonie, divers instrument jouent ensemble ; chacun conserve son timbre unique et ses caractéristiques de son s’accordent sur quelque chose de commun. Ensuite, il y a celui qui dirige, le chef d’orchestre, et dans la symphonie qui est exécutée tous jouent ensemble en « harmonie », mais le timbre de chaque instrument n’est pas effacé ; au contraire, la particularité de chacun est valorisée au maximum !

C’est une belle image qui nous dit que l’Église est comme un grand orchestre dans lequel il existe une grande variété. Nous ne sommes pas tous pareils et nous ne devons pas être tous pareils. Nous sommes tous divers, différents, chacun avec ses qualités. Voilà ce qui est beau dans l’Église : chacun apporte ce qui lui appartient, ce que Dieu lui a donné, pour enrichir les autres. Et entre les membres il existe cette différence, mais c’est une différence qui n’entre pas en conflit, qui ne s’oppose pas ; c’est une variété qui se laisse fondre en harmonie par l’Esprit Saint ; c’est Lui le véritable « Maître », il est Lui-même harmonie. Et ici nous nous demandons : dans nos communautés vivons-nous l’harmonie ou nous disputons-nous entre nous ? Dans ma communauté paroissiale, dans mon mouvement, celui dans lequel j’appartiens à l’Église, y a-t-il des commérages ? S’il y a des commérages il n’y a pas d’harmonie, mais une lutte. Et cela n’est pas l’Église. L’Église est l’harmonie de tous : il ne faut jamais commérer l’un contre l’autre, jamais se disputer ! Acceptons-nous l’autre, acceptons-nous qu’il existe une juste diversité, que celui-ci soit différent, que celui-ci pense d’une manière ou d’une autre — dans la même foi on peut penser différemment — ou tendons-nous à tout uniformiser ? Mais l’uniformité tue la vie. La vie de l’Église est diversité, et quand nous voulons plaquer cette uniformité sur tous, nous tuons les dons du Saint-Esprit. Prions le Saint-Esprit, qui est précisément l’auteur de cette unité dans la diversité, de cette harmonie, pour qu’elle nous rende toujours plus « catholiques », c’est-à-dire membres de cette Église qui est catholique et universelle ! Merci.

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APPEL

Aujourd’hui, en parlant de l’expression « Je crois en l’Église catholique », je vous demande de prier pour la paix au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak, en Égypte, au Liban et en Terre Sainte, où est né le Prince de la Paix, Jésus Christ. Priez afin que la lumière du Christ arrive dans tous les cœurs et en tout lieu, jusqu’aux extrémités de la terre. Que la bénédiction du Seigneur soit toujours avec vous !

Avec une affection spéciale, je salue les évêques de l’Église de tradition alexandrine d’Éthiopie et d’Érythrée, auxquels je suis particulièrement proche dans la prière et dans la douleur pour les nombreux fils de leur terre qui ont perdu la vie dans la tragédie de Lampedusa.

© Copyright 2013 – Libreria Editrice Vaticana


L’Ordre de Malte coopère avec les musulmans pour aider les réfugiés syriens

Depuis bientôt un mois, l’agence humanitaire de l’ordre souverain catholique et le Croissant bleu opèrent un hôpital de campagne à la frontière syrienne. Toujours dans une approche multiconfessionnelle, l’Ordre de Malte soigne aussi au Liban des réfugiés syriens, dont l’afflux devrait augmenter.


« Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille », selon un des passages les plus fameux du grand entretien du pape François aux revues jésuites. Cette définition, l’Ordre de Malte l’applique actuellement au pied de la lettre à l’égard des réfugiés syriens, que l’organisation étatique soigne notamment dans une nouvelle structure hospitalière montée à trois kilomètres de la frontière syrienne, côté turc, dans la province de Kilis, proche de la ville syrienne d’Alep.

« Coopération entre catholiques et musulmans »

Ouvert le 13 septembre dernier, cet hôpital semi-mobile pouvant soigner 30 patients résulte d’une coopération établie entre Malteser International, l’agence humanitaire de l’ordre catholique souverain, et le Croissant bleu international, ONG turque, qui a annoncé l’opération en août dernier.

« L’hôpital fournit en particulier une aide psychologique aux réfugiés traumatisés par la guerre », a souligné Albrecht Boeselager, Grand hospitalier de l’Ordre, autrement dit ministre de l’action humanitaire et de la coopération dans son gouvernement, lors d’une rencontre avec la presse à Rome le 8 octobre dernier.

L’équipe hospitalière sur place est en grande majorité turque et syrienne, a aussi insisté ce dirigeant allemand au sein de l’Ordre souverain, selon qui cette aide urgence offre un « exemple de coopération entre catholiques et musulmans ».

« Nous ne cachons jamais notre identité catholique », a insisté Albrecht Boeselager, selon qui « cela n’a rien de courageux mais nous aide même par rapport à des organisations humanitaires non-confessionnelles ». « Aider d’abord, sans juger, en transparence, est notre seul mandat », a-t-il résumé.

Centres médicaux au Liban

Cette approche interreligieuse, l’Ordre de Malte la met aussi en œuvre au Liban – État par définition multiconfessionnel –, où ses dix centres de soins traitent aussi des réfugiés syriens. En particulier l’un d’eux, proche de Tripoli, au Nord-Liban, porte d’entrée de la moitié des 1,5 million réfugiés présents au Liban. « Le centre procure en particulier un service spécialisé de gynécologie pour les femmes musulmanes », précise l’Ordre de Malte dans un communiqué.

L’Ordre risque toutefois de ne pas être en mesure financièrement de faire face à de nouveaux afflux de réfugiés. Si ses opérations reposent sur un cofinancement, avec notamment un apport du gouvernement allemand, elles exigent aussi de recueillir des fonds propres.

Ces contraintes surviennent tandis que plus de deux millions de réfugiés syriens sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) dans les pays voisins de la Syrie, tels le Liban, la Jordanie ou la Turquie, d’après la Commission européenne, qui prévoit que cette estimation s’élève d’ici à la fin de l’année à trois ou 3,5 millions.

900e Anniversaire

Actif aussi dans d’autres régions du monde, comme actuellement sur l’île italienne de Lampedusa pour l’accueil des migrants en détresse, l’Ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte, selon son titre complet, retrouve dans ses opérations autour de la Syrie, et au Moyen-Orient en général, ses terres historiques. L’Ordre a fêté cette année le 900e anniversaire de la reconnaissance par le pape de sa base légale de sa souveraineté et de son indépendance.

Sébastien MAILLARD (à Rome)

© Copyright 2013 – La Croix

 Journée Mondiale des Catéchistes à Maria no te Hau de Papeete

Conférence de Père Pascal IDE

Le Père Pascal IDE, de la Communauté de l’Emmanuel a donné une conférences aux catéchistes rassemblés à l’église Maria no te Hau de Papeete à l’occasion de la Journée Mondiale de la Catéchèse. Voici la retranscription de son intervention faite par le Frère Yvon DENIAU, f.i.c.

Nous sommes aujourd’hui unis à toute l’Église. Des millions de catéchistes vont célébrer la joie de transmettre ce qu’ils ont reçu.

Dans le discours apostolique, Mt 10,8, Jésus dit : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

Vous donnez par surabondance : vous avez déjà reçu la foi. On ne conçoit pas un catéchiste qui n’aurait pas la foi. La meilleure manière de savoir que la foi est dans notre cœur, c’est de la donner. Quand on la donne, on donne quelque chose qui est en soi.

On va parler ce matin de la foi. J’ai entendu comme vous l’évangile de la femme hémorroïsse.

Cet évangile paraît un peu curieux : comme si des énergies sortaient de Jésus. Mais ce n’est pas le sens. Le sens de cet évangile, c’est qu’il nous parle de Dieu. Dieu, c’est comme le soleil.

Il dit quelque chose de Dieu. Le soleil est un astre qui rayonne partout, dans toutes les directions, et tout le temps. La joie du soleil est de se donner sans retour. Le soleil nous parle de Dieu : Dieu se donne partout et tout le temps. Son seul bonheur est de donner. Jésus est Dieu fait homme. La joie de Jésus est de donner. Jésus n’a qu’une seule attente : se donner. Comme s’il était rempli, c’est de se verser dans l’âme qui s’approche de lui. Une femme malade s’approche de Jésus, elle perd du sang et le touche… avec foi, elle seule. La joie de Jésus est de se précipiter dans une âme où il y a de la place. On ne remplit pas quelqu’un qui est rempli. Jésus attend de nous la foi.

La foi, c’est comme quelque chose qui agrandit l’âme pour recevoir Dieu autant que Dieu veut se donner à nous. Cette femme qui à la foi, elle a la place. Elle permet à Dieu d’être Dieu, de se donner, de nous remplir. Jésus est touché, dans tous les sens du terme : physiquement et au cœur.

Dieu guérit. Le responsable du bureau médical à Lourdes pendant dix ans me disait : « Ce que Dieu aime faire à Lourdes, ce n’est pas d’abord de guérir, mais de donner la foi. »

La foi rayonne ensuite dans le corps et guérit. Plus on a la foi et plus Dieu peut remplir nos cœurs. Le sens de l’année de la foi est de poser tous les jours de petits actes de foi.

Six points.

1. Est-ce que la foi est digne ou indigne de l’homme ?

C’est une question non pour les Polynésiens, mais pour les Occidentaux. En Europe, le 18e siècle a été appelé le siècle des Lumières.

L’Occident a été tenté par l’orgueil, au point de croire que l’intelligence humaine suffisait pour tout comprendre et être la source de tout. On a dit : « La raison, c’est la lumière. La foi, c’est l’obscurité. » Quelle erreur ! Comme si nous étions la source de notre être… Le nombril nous rappelle que nous ne nous sommes pas donné la vie.

Un savant disait son incroyance au Curé d’Ars. Celui-ci le regarde et, avec compassion, répond :

- « Vous ne croyez pas que Dieu existe ? »

- « Non ! »

- « Alors vous en savez encore moins que ma sacristine ? »

Un prix Nobel de chimie, quand sa fille va mourir, aura-t-il recours à la chimie pour répondre à ses questions ? La raison est importante, mais pas suffisante.

Jean-Paul II emploie une image : L’être humain a besoin de voler avec deux ailes : l’aile de la raison et l’aile de la foi. On a besoin des deux lumières.  Crevant le plafond de nuages, l’avion atteint la lumière. Notre vie reçoit de la lumière, mais elle est comme sous les nuages. Derrière les nuages, il y a la lumière qu’est Dieu.

Jn 17,3 : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, et ton envoyé Jésus-Christ. » La foi, c’est marcher sous les nuages. Un jour on traversera les nuages et on verra Dieu. Les incroyants croient que la lumière sous les nuages est la totalité de la lumière, alors que l’homme est fait pour l’Infini.

2. Mais, finalement, ne faudrait-il pas plutôt dire : « Dieu, on ne le voit, donc on ne sait pas » ?

Dieu existe-t-il ? Ne vaut-il pas mieux être agnostique ?

Abstraitement, ça paraît logique. Mais l’important n’est pas ce que je pense, mais ce que je vis.

Or il y a deux solutions : ou je vis avec Dieu ou je vis sans Dieu.

L’agnostique vit sans Dieu. Ne nous arrive-t-il pas de passer une matinée entière sans penser à Dieu, en vivant comme un athée ?

On posa la question à sainte Thérèse : « Ça t’arrive de ne pas penser à Dieu ? »

Elle répond : « Ô oui, parfois deux ou trois minutes ».

Quand on parlait à Bienheureux Daniel Brottier, il était tellement habité par le bon Dieu qu’il recueillait ce qu’on lui disait et quand il répondait, après un certain temps, ce qu’il disait ne venait pas seulement de lui.

La question n’est pas seulement de croire en Dieu, mais de vivre avec lui.

L’encyclique de François, Lumen fidei,  dit que la foi n’est pas une question de tête, mais de toute la vie : vivre avec Dieu, en s’appuyant sur lui. « Dieu, viens à mon aide ! » Je n’y arrive pas. Parfois on  projette ce qui ne va pas bien en nous sur les autres. Il vaudrait mieux dire le Ps 22/23. « Passerais-je un ravin de ténèbres, tu es avec moi ! »  Tu es avec moi : c’est une expérience. Nous passons des ravins de ténèbres. François d’Assise allant évangéliser les musulmans avait tellement peur qu’il répétait en boucle cette parole

On n’est pas des agnostiques, des athées. On supplie le Seigneur : « Donne de vivre avec toi, toi qui es toujours avec nous ! » Il est important de faire prier les enfants et qu’ils vous voient prier. C’est comme les parents. Les enfants voient-ils les parents prier ?

Cela a marqué bien des gens. « Comment ! Mon père s’agenouille devant Quelqu’un d’autre ? » Sainte Edith Stein est rentrée un jour dans une église et voit quelqu’un qui venait du marché. Elle se dit : Dieu habite dans le silence des cœurs ? Et elle a commencé son chemin vers la foi.

3. La foi : un don de Dieu ou est-ce que ça vient de l’homme ?

Part de Dieu, part de l’homme ? Question piège : cela vient des deux. Mais la foi est d’abord un don de Dieu. Paul le vit lors de sa conversion. André Frossard rentre dans une église incroyant, il en sort croyant. Mais Dieu vient aussi à la rencontre de notre désir.  Il dit à Sainte Catherine de Sienne : « Fais-toi capacité, je me ferai torrent. » Dieu teste notre désir. Il sait que plus on désire, plus il y a de la place en nous pour le recevoir.

Le cardinal Daneels, évêque de Malines-Bruxelles, disait que son père lui avait promis une bicyclette. Il l’a attendue un an. Ce fut une fête lorsqu’il la reçut. Aujourd’hui, c’est « tout, tout de suite ! ». Alors on ne reçoit pas beaucoup.

Dieu aime qu’on le cherche. Lisez et relisez le Cantique des Cantiques : le Bien-aimé, de temps en temps, se cache. Il y aussi la part de l’homme qui cherche Dieu pour toujours grandir davantage dans la foi.

Jésus aime bien les paraboles végétales. Les chiens, les fourmis s’arrêtent de grandir. Pas les arbres. Pour faire grandir la foi, il suffit de dire : « Jésus, je crois en toi. » Saint Jean de la Croix, disait : « Lorsque je dis à Dieu, Jésus, “je crois en toi”, je suis immédiatement uni à Dieu. » C’est le cœur de la vie spirituelle. Lorsqu’on me dit : « Tu sais, j’ai confiance en toi », on est touché.

Dieu, infiniment plus sensible que nous, est touché lorsqu’on dit qu’on a confiance en lui et qu’on le lui répète.  Multipliez ces petits actes de foi. Plus on croira, plus on vivra cette confiance… Saint Claude de la Colombière priait : « Mon Dieu, je suis si persuadé que tu combles ceux qui espèrent en toi et que rien ne peut manquer à ceux qui attendent toute chose de toi que j’ai résolu désormais de vivre sans aucun souci et de me décharger, sur toi, de toutes mes inquiétudes. »

La foi nous parvient aussi par le Magistère de l’Église : "Qui vous écoute m’écoute". St Thomas d’Aquin se demande : « Est-il possible de ne pas croire à un des articles du Credo ? » Cela revient à se demander s’il est possible d’être chrétien à 95% ? Saint Thomas répond : « Si je ne crois pas à tout, c’est que je me mets au-dessus des articles du Credo ». Ma foi est humaine, elle n’est pas reçue de Dieu. Croire, c’est tout croire.  Si je fais confiance, je fais confiance à tout.

4. La foi est-ce que c’est quelque chose que l’on ressent ou est-ce quelque chose qui est au-delà de ce qu’on ressent ?

La question n’est pas très simple. L’enfant baptisé ne ressent rien. Le fait qu’il pleure n’est pas le signe qu’il a reçu la foi. La Trinité vient faire sa demeure dans le cœur d’un enfant. Il ne ressent rien. C’est au-delà du sensible. Saint Augustin dit que lorsque Dieu donne sa grâce, il fait plus grand que lorsqu’il crée tous les anges ensemble. La grâce est plus grande que toute la création.

Mais il faut ajouter que la foi reçue au baptême doit devenir mienne. Les parents donnent des règles. Mais ces règles doivent devenir mes propres règles. C’est le sens de la profession de foi : c’est moi qui dis « Je crois ». Et on peut vivre aussi une expérience. Personnellement, j’avais toujours été croyant. Un jour, j’ai été faire une retraite à Châteauneuf de Galaure. On nous a dit : l’important, ce n’est pas d’entendre des enseignements, mais de prier. Je suis entré dans la chapelle pour cinq minutes et j’en suis ressorti après trois quarts d’heure. J’ai fait une expérience. Il y a eu un « avant et après Jésus-Christ ». J’ai vraiment fait cette expérience, à vingt-deux ans. Il devenait facile de prier, de lire la Parole de Dieu, Dieu me parlait…

J’ai aussi fait l’expérience d’une joie qui a commencé à diminuer. Je me posais alors des questions. J’ai été très éclairé par une parole de Jésus à Sainte Catherine de Sienne : « Il arrive un moment où je me retire par le sentiment mais pas par la grâce. » Il y a un moment où on ressent beaucoup de choses. Et il y a un moment où Dieu retire tout ce qu’on ressent, mais continue à demeurer dans l’âme par la grâce qu’il nous donne. Il veut qu’on multiplie les petits actes de foi. Imaginons qu’à chaque fois qu’on viendrait à la messe, on recevrait un lingot d’or !… Viendrait-on à la messe pour Dieu ou le lingot d’or ? Ce serait une drogue…

Dieu veut qu’on vienne pour lui et non pour ses dons. La foi est un acte par lequel on se donne à Dieu. Il y a des nuages, mais Dieu est derrière les nuages. Si on continue, Dieu sait qu’on le fait pour lui. Lorsque Dieu aime, c’est gratuit. Il nous force à la gratuité. Il nous transforme.

5. La foi est-elle une certitude ou bien avec la foi y a-t-il des doutes ?

Dans la foi, il n’y a pas une goutte de doute. Certains disent : « La preuve que je crois, c’est que je doute ! ».  La foi n’est pas le savoir, c’est vrai. Dans la prière, on ne voit pas.  Alors l’esprit a tendance à divaguer, il a des distractions.

Mais ce qui caractérise la foi, c’est que, même s’il n’y a pas évidence, il y a certitude.  Si vous avez en vous un doute, dites-vous que le doute est une tentation contre la foi. Sainte Thérèse a été tentée à la fin de sa vie. Mais c’est une tentation qu’on écarte. Dans le mariage, on ne peut pas savoir, on ne peut pas être certain que l’autre nous aime. On ne peut que croire l’autre. Le jaloux est celui qui veut savoir. Il veut savoir quelque chose qu’il ne peut pas savoir. Cela vaut pour la relation à Dieu. On ne peut pas douter de celui qu’on aime. Dieu est digne de foi. Et il donne des signes. « Il m’a aimé et s’est livré pour moi », dit Paul (Ga 2,20). Il a été jusqu’à l’extrême.

La foi exclut le doute, mais pas les questions. L’évangile de Luc 1 met en scène Zacharie et Marie, en parallèle. L’ange apparaît à Zacharie et à Marie. Des deux côtés on a une question. Mais ce n’est pas la même question. La question de Zacharie est une question de doute. Celle de Marie est celle qui veut en savoir davantage. Un ami pose des questions. On a le droit de poser des questions. Est-ce que le purgatoire existe ? Ce n’est pas douter, mais vouloir se former plus.

6. Quelques petits moyens pour augmenter la foi.

D’abord la parole de Dieu. Vous aimez la Parole de Dieu. Le christianisme est-il une religion du livre ? Non ! C’est une religion de la Parole. Lire la Parole de Dieu en cherchant Jésus. Sainte Thérèse aurait aimé parler grec et hébreu pour lire la Parole de Dieu. Sacristine, elle aimait se refléter dans le calice. De même qu’elle aimait l’eucharistie, elle aimait la Parole de Dieu. Il faut lire la parole de Dieu, apprendre des versets. Il y a la table eucharistique et la table de la Parole. Benoît XVI a beaucoup insisté là-dessus. Autrefois, il y avait les messes des rogations où l’on demandait d’avoir de la pluie. La foi des gens était telle qu’ils allaient à la messe avec un parapluie. Le cœur de l’homme est dur. La nature est beaucoup plus obéissante.

C’est le vingtième anniversaire du Catéchisme de l’Église catholique. Peut-être a-t-il de la poussière sur lui. On attendait un catéchisme depuis trois siècles et demi. C’est peut-être la plus belle œuvre de Jean-Paul II. On a tout. On a l’Abrégé aussi. Il y a 598 questions dans cet Abrégé. Vous pourriez vous lancer un défi : imaginer que l’on apprenne une question par jour, avec sa réponse. En à peine deux ans, vous connaîtriez tout. Tous les jours, apprendre. Dieu ne le mérite-t-il pas ?

L’essentiel, ce n’est pas de connaître, mais de faire l’expérience de Dieu en nous. Jésus veut nous visiter, avoir une relation personnelle avec nous. Par la bouche du prêtre, il vient nous rejoindre. « J’ai rencontré Dieu un jour où je cherchais de la fraîcheur à l’église. »

Un vieil homme de 80 ans cherchait un endroit frais, car il faisait très chaud !... Il était connu comme mécréant. Il commence à avancer dans l’église. Et puis il avise un banc, rentre dans le banc, s’asseoit. Au moment où il s’asseoit, c’est comme s’il s’asseyait sur quelqu’un et il sent deux bras qui l’entourent et comme quelqu’un qui lui dit : « Ça fait si longtemps que je t’attendais ! » Expérience de Dieu qui bouleverse notre vie.

C’est parfois ingrat d’être catéchiste. On n’est pas nécessairement reconnu… La dame-caté, c’est parfois celle dont on n’attend rien d’autre… Si on ressent de la rancœur… il faut la remettre… La rancœur c’est le cœur qui rancit. Le beurre rance ne sent pas bon. On peut humblement demander à Jésus un petit signe de reconnaissance. Jésus vous le donnera. Mais il ne faut pas entretenir la rancœur. Il faut redire oui comme catéchiste et, en le disant, se redonner à Jésus, gratuitement.

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LAMPEDUSA : Ce n’est pas de cette Europe-là que nous voulons !

Déclaration du Cardinal Reinhard Marx

« La réponse ultime au défi posé actuellement à l’Europe par les réfugiés et demandeurs d’asile est avant tout un monde plus juste », déclare le cardinal Marx. Dans un entretien avec le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le Cardinal Reinhard Marx, Président de la COMECE, a fait part, jeudi 10 octobre, de sa profonde préoccupation concernant la situation des réfugiés et demandeurs d’asile, en particulier après la tragédie au large de Lampedusa, dans laquelle environ 280 personnes ont perdu la vie en tentant d’atteindre les côtes européennes. Dans ce contexte, le Cardinal Marx a enjoint les européens à agir :

« L’Union européenne n’est pas un organisme international abstrait. Elle est une Union de peuples, de femmes et d’hommes qui croient en un ensemble de principes, parmi lesquels le plus vital est : la dignité humaine. L’UE est aussi une Union de 28 États membres qui se sont engagés à être solidaires entre eux et à l’égard du reste du monde.

La tragédie du naufrage au large de Lampedusa a, sans aucun doute, touché le cœur des européens. Il est de la responsabilité de tous les citoyens européens d’appeler à une action politique forte et coordonnée afin qu’une telle tragédie ne se reproduise plus jamais. Depuis des années, nous avons suivi une politique qui visait à empêcher les personnes en détresse d’atteindre les côtes de l’Europe. Ce n’est pas de cette Europe-là que nous voulons. Le droit d’asile est un droit fondamental que nous devons respecter. Les réfugiés et demandeurs d’asile ont droit à être traités avec humanité.

Cette situation de crise a été aggravée par un manque évident de solidarité. Il devient maintenant urgent que le Conseil des Ministres « Justice & affaires intérieures » de l’UE trouve un accord sur un quota de réinstallation significatif pour chaque État membre. Par ailleurs, l’UE et la communauté internationale doivent lancer un appel au respect de la dignité humaine en direction des pays d’origine et de transit des migrants et demandeurs d’asile.

À l’avenir, nous ne parviendrons à éviter de telles tragédies qu’en traitant plus efficacement les crises en dehors de l’Europe, qui sont à l’origine de ces migrations. Nous devons venir en aide aux pays en voie de développement. Après cette tragédie, les européens devraient plaider en faveur d’objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) plus ambitieux pour combattre la pauvreté. La réponse ultime au défi posé actuellement à l’Europe par les réfugiés et demandeurs d’asile est avant tout un monde plus juste. »

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Le juste vivra par sa fidélité

Commentaire de l’Évangile du XXVIIIème Dimanche du Temps ordinaire

Le récit de Luc est construit sur une distance qui devient une proximité. Distance des 10 lépreux qui ne peuvent pas s’approcher d’un homme en bonne santé. Distance de ces hommes qui doivent se comporter comme s'ils étaient déjà guéris de ce mal qui les détruit à petit feu. Ils ont à se rendre, encore malades, vers les prêtres, seul habilités à constater officiellement leur guérison. Dernière distance qui est celle qui sépare le Samaritain, l'étranger, l’ennemi d'Israël, donc de Jésus. Eh bien, toutes ces distances vont être franchies par la foi.

Premier degré de foi, que franchiront les dix lépreux : la foi consiste à anticiper. « La foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (Hé 11, 1). Sur une simple parole, ils se mettent en route pour aller trouver les prêtres, alors qu'ils n'ont encore aucune preuve de leur guérison. Mais leur confiance en une parole entendue leur suffit pour les mettre en route. Ils vont retrouver la santé. C'est déjà remarquable, n'est-ce pas, de croire sur parole ! Si seulement nous en étions là !

Par contre, le Samaritain va plus loin. Il franchit l'étape décisive de la foi. Il supprime toute distance entre lui, le bénéficiaire de la guérison, et Jésus, l'auteur de cette guérison. Il passe du bienfait reçu à la reconnaissance de la personne par qui ce bienfait est offert.

Pour ses neuf camarades, Jésus n'est que l'instrument de la guérison, alors que pour lui, Jésus est le terme de la foi. Ainsi il sort de la guérison pour accéder à la relation. Il « glorifie Dieu » et « rend grâce à Jésus ». Dieu et Jésus sont confondus, réunis, dans un même remerciement. C'est pourquoi, si les dix sont « guéris », un seul est « sauvé ». Ce Samaritain, le voici maintenant « aux pieds de Jésus ». Toutes les distances sont abolies. Seul celui qui était le plus loin (l'étranger) saura se faire vraiment proche. Il va dépasser l'interdit de la Loi, puisqu'il s'avance près de Jésus avant d'avoir fait constater sa guérison par le prêtre. Et Jésus va le « relever », cet homme prostré devant lui. Le mot « relever » est un des deux mots grecs employés par les premiers témoins pour dire la résurrection du Christ. Dans le contexte pascal qui est celui de notre récit, il me semble que Jésus, relevant l'étranger, nous signifie combien il veut que l'homme, tout homme, soit un « homme debout », un vivant. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant », a dit superbement saint Irénée. La foi de ce Samaritain ne l'a pas seulement amené à la santé, mais déjà à la vraie vie, la vie divine, dans une étroite proximité avec le Dieu qu'il sait reconnaître en la personne de l'homme-Jésus qui l'a remis sur pied. Tous les hommes - vous, moi - crient souvent leur détresse vers Dieu, même s'ils ne nomment ni Dieu ni le Christ. En tout homme, il y a si souvent une protestation contre le mal. Dieu entend ce cri, qui est comme le premier degré de la foi. Mais beaucoup ne vont pas plus loin dans la démarche de foi. Ils ne vont pas au bout, qui est reconnaissance aux deux sens du terme.

Reconnaissance, parce qu'on tient à dire merci. Reconnaissance parce qu'on sait reconnaître l'origine du don reçu. Ne sommes-nous pas, souvent, comme les neuf lépreux qui n’oublient pas de se plaindre de leurs difficultés, mais n’ont pas la louange facile lorsque tout va bien… Ayant obtenu ce qu'ils voulaient, ils se referment sur leur santé recouvrée, sans un mot de gratitude.

Heureusement, à d’autres moments, nous savons vivre l’attitude si belle du Samaritain de l’évangile : ces parents qui apprennent à leurs petits à dire merci dans leur prière ; ces chrétiens qui vont à la messe non « pour que ça leur rapporte », mais déposer leur « eucharistie », leur reconnaissance hebdomadaire. Heureusement que nous savons dire merci à nos vieux parents sans attendre qu’ils soient morts…

Soyons de ceux qui remettent debout les autres par un mot de « merci » et des gestes de gratitude.

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