PKO 16.06.2013

Dimanche 16 juin 2013 – XIème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°36/2013

HUMEURS

L’enfant est une personne

 

À l'occasion de la Journée contre le travail des enfants, ce 12 juin 2013, le pape a condamné cet « esclavage ».

« C’est aujourd’hui, dans le monde entier, la Journée mondiale contre le travail des mineurs, avec une référence particulière à l’exploitation des enfants dans le travail domestique : ce phénomène déplorable est en augmentation constante, surtout dans les pays pauvres. Des millions de mineurs, en majorité des petites filles, sont victimes de cette forme cachée d’exploitation qui comporte aussi souvent abus, maltraitances et discriminations. C’est un réel esclavage !

Je souhaite vivement que la Communauté internationale puisse mettre en œuvre des mesures encore plus efficaces pour faire face à cette véritable plaie. Tous les enfants doivent pouvoir jouer, étudier, prier et grandir dans leur famille, dans un environnement harmonieux, dans l’amour et la sérénité. C’est leur droit et c’est notre devoir. Et tant de personnes, au lieu de les faire jouer, en font des esclaves : ça, c’est une plaie. Une enfance sereine permet aux enfants de regarder avec confiance vers la vie et vers l’avenir. Malheur à ceux qui étouffent en eux l’élan joyeux de l’espérance » !

Si ces propos du Pape au sujet du travail des enfants n’est pas une préoccupation majeure pour la Polynésie… l’atteinte à la dignité de l’enfant en général l’est !

Apprendre à regarder un enfant comme une personne à part entière… le respecter dans sa dignité. Combien d’enfants en souffrance en Polynésie… cela va du simple abandon de l’enfant à lui-même à l’exploitation sexuelle au sein même des familles bien souvent…

Les mots ne seront jamais assez durs pour dénoncer ces abus… L’Église en Polynésie, elle-même, ses pasteurs, et moi en premier, ne le dénonçons pas suffisamment… nous parlons beaucoup des pauvres, des sans-abris… et il le faut… mais il nous faut parler, crier, dénoncer, avec autant de vigueur, sinon plus, ces abominations qui font régulièrement la une de nos journaux : incestes et viols d’enfants…

Toute atteinte à la dignité d’un enfant et plus particulièrement les abus sexuels, sont des abominations… et nous devons avoir une tolérance zéro face à cela…

Si tout péché mérite pardon… il exige aussi réparation… tout silence de la part de témoins (en dehors du sacrement du pardon) fait de nous des criminels !

Soyons tous solidaires pour refuser cet esclavage… toute atteinte à la dignité d’un enfant est une atteinte à la dignité de l’Homme… nous taire c’est nous condamner à la honte de nous-mêmes !

« Malheur à ceux qui étouffent en eux l’élan joyeux de l’espérance ! »

 

En marge de l’actualité

Un nouveau Délégué Apostolique pour l’Océan Pacifique

 

 Le 8 mai dernier Sa Sainteté François a nommé Monseigneur Martin Krebs : Nonce apostolique en Nouvelle Zélande, Iles Cook, Kiribati, Palau et Micronésie, Délégué apostolique pour l'Océan Pacifique.

Monseigneur Krebs était, depuis décembre 2008 Nonce Apostolique de la Guinée et du Mali, deux pays où la situation des catholiques est difficile. Il rejoindra la Nonciature à Wellington dans les premiers jours du mois de juillet.

Mgr Martin Krebs est né en Allemagne, en 1956. Il a été ordonné prêtre à l'âge de 27 ans, et évêque à 52 ans. En 1991 il est entré dans le service diplomatique du Saint-Siège. L'Océanie est le cinquième continent où il n'avait pas encore exercé, puisqu'il a été en poste en Afrique (Burundi, Guinée et Mali), en Asie (Japon), en Amérique (USA) et en Europe (Autriche, République Tchèque, Union Européenne).

Notre nouveau Délégué Apostolique, en plus de l'allemand, sa langue maternelle, parle cinq langues : l'anglais, l'italien, le français, l'espagnol et le tchèque.

Soyez le bienvenue en Océanie, Monseigneur Krebs !

Dominique SOUPÉ

Chancelier

 


 Dans l’Église, tout homme doit se sentir accueilli

Catéchèse du Pape François du mercredi 12 juin 2013

Le pape a souhaité « que l’Église soit le lieu de la miséricorde et de l’espérance de Dieu », où chacun puisse « se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la vie bonne de l’Évangile », ce 12 juin 2013, lors de l’audience générale place Saint-Pierre, en présence de plus de 70 000 personnes. « Et pour que l’autre se sente accueilli, aimé, pardonné, encouragé, a-t-il ajouté, l’Église doit laisser les portes ouvertes pour que tous puissent entrer ». Le pape s’est aussi arrêté sur la signification du « Peuple de Dieu », un peuple dont la loi est celle « de l’amour, l’amour de Dieu et l’amour du prochain ». « Je voudrais dire à celui qui se sent loin de Dieu et de l’Église, à celui qui a peur ou qui est indifférent, à celui qui pense qu’il ne peut plus changer : le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec beaucoup de respect et d’amour », a-t-il déclaré, rappelant que la bonne nouvelle s’adresse à tous : « Jésus ne dit pas aux apôtres et à nous de former un groupe exclusif, un groupe d’élite ».

Chers frères et sœurs, bonjour !

Aujourd’hui, je voudrais m’arrêter brièvement sur un autre des termes par lesquels le concile Vatican II a défini l’Église, celui de « Peuple de Dieu » (cf. Const. dogm. Lumen gentium, 9 ; Catéchisme de l’Église catholique, 782). Et je le fais avec quelques questions sur lesquelles chacun pourra réfléchir.

1- Que veut dire être le « Peuple de Dieu » ? Cela veut dire, avant tout, que Dieu n’appartient à aucun peuple de manière propre ; parce que c’est lui qui nous appelle, nous convoque, nous invite à faire partie de son peuple, et cette invitation s’adresse à tous, sans distinction, parce que la miséricorde de Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2,4). Jésus ne dit pas aux apôtres et à nous de former un groupe exclusif, un groupe d’élite. Jésus dit : allez et de tous les peuples faites des disciples (cf. Mt 28,19). Saint Paul affirme que dans le peuple de Dieu, dans l’Église, « il n’y a plus ni juif ni grec… car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus » (Ga 3,28). Je voudrais dire aussi à celui qui se sent loin de Dieu et de l’Église, à celui qui a peur ou qui est indifférent, à celui qui pense qu’il ne peut plus changer : le Seigneur t’appelle toi aussi à faire partie de son peuple et il le fait avec beaucoup de respect et d’amour ! Il nous invite à faire partie de ce peuple, le peuple de Dieu.

2. Comment devient-on membre de ce peuple ? Pas à travers la naissance physique, mais à travers une nouvelle naissance. Dans l’Évangile, Jésus dit à Nicodème qu’il faut naître d’en-haut, de l’eau et de l’Esprit pour entrer dans le Royaume de Dieu (cf. Jn 3,3-5). C’est à travers le baptême que nous sommes introduits dans ce peuple, à travers la foi dans le Christ, don de Dieu que nous devons nourrir et faire grandir tout au long de notre vie. Demandons-nous ceci : comment est-ce que je fais grandir la foi que j’ai reçue au baptême ? Comment est-ce que je fais grandir cette foi que j’ai reçue et que le peuple de Dieu possède ?

3. Une autre question. Quelle est la loi du peuple de Dieu ? C’est la loi de l’amour, l’amour de Dieu et l’amour du prochain, selon le commandement nouveau que le Seigneur nous a donné (cf. Jn 13,34). Un amour, cependant, qui n’est pas un sentimentalisme stérile ou quelque chose de vague, mais qui consiste à reconnaître Dieu comme l’unique Seigneur de la vie et en même temps à accueillir l’autre comme un véritable frère, en dépassant les divisions, les rivalités, les incompréhensions, les égoïsmes ; les deux vont ensemble. Quel chemin nous reste-t-il encore à faire pour vivre concrètement cette loi nouvelle, celle de l’Esprit-Saint qui agit en nous, celle de la charité, de l’amour !

Lorsque nous regardons les journaux ou la télévision, il y a tant de guerres entre chrétiens ; mais comment est-ce possible ? Au sein du peuple de Dieu, que de guerres ! Dans les quartiers, sur les lieux de travail, que de guerres d’envie, de jalousie ! Même dans les familles, que de guerres internes ! Nous devons demander au Seigneur de nous faire bien comprendre cette loi de l’amour. Comme il est beau de nous aimer les uns les autres en véritables frères. Que c’est beau ! Faisons quelque chose aujourd’hui. Nous avons sans doute tous des sympathies et des antipathies ; peut-être que beaucoup d’entre nous sont un peu en colère contre quelqu’un ; alors disons au Seigneur : Seigneur, je suis en colère contre untel ou unetelle ; je te prie pour lui et pour elle. Prier pour ceux contre qui nous sommes en colère est un beau pas en avant dans cette loi de l’amour. Faisons-le aujourd’hui !

4. Quelle est la mission de ce peuple ? C’est de porter au monde l’espérance et le salut de Dieu, d’être le signe de l’amour de Dieu qui appelle tous les hommes à l’amitié avec lui ; être le ferment qui fait lever toute la pâte, le sel qui donne du goût et préserve de la corruption, la lumière qui éclaire. Autour de nous, il suffit d’ouvrir le journal - je l’ai déjà dit - et nous voyons que le mal est présent, que le diable agit. Mais je voudrais dire en élevant la voix : Dieu est plus fort ! Vous croyez cela, que Dieu est plus fort ? Mais disons-le ensemble, disons-le tous ensemble : Dieu est plus fort ! Et savez-vous pourquoi il est plus fort ? Parce qu’il est le Seigneur, l’unique Seigneur.

Et je voudrais ajouter que la réalité, parfois sombre et marquée par le mal, peut changer si nous, les premiers, nous y portons la lumière de l’Évangile surtout par notre vie. Si, dans un stade - nous pensons ici à l’Olympique de Rome, ou à celui de San Lorenzo à Buenos Aires -, par une nuit noire, une personne allume une lumière, on l’entrevoit à peine, mais si les soixante-dix-mille autres spectateurs allument chacun sa lumière, le stade s’illumine. Faisons en sorte que notre vie soit une lumière du Christ ; ensemble, nous porterons la lumière de l’Évangile à la réalité toute entière.

5. Quelle est la raison d’être de ce peuple ? La raison d’être est le Royaume de Dieu, initié sur la terre par Dieu lui-même et qui doit être étendu jusqu’à son achèvement, quand le Christ, notre vie, apparaîtra (cf. Lumen gentium, 9). La raison d’être est alors la pleine communion avec le Seigneur, la relation familière avec le Seigneur, c’est entrer dans sa vie divine, où nous vivrons la joie de son amour sans mesure, une joie pleine.

Chers frères et sœurs, être l’Église, être le peuple de Dieu, selon le grand dessein d’amour du Père, veut dire être le ferment de Dieu dans notre humanité, cela veut dire annoncer et apporter le salut de Dieu dans notre monde qui est souvent perdu, qui a besoin de réponses qui l’encouragent, qui lui donnent l’espérance, qui lui donnent une nouvelle vigueur sur son chemin. Que l’Église soit le lieu de la miséricorde et de l’espérance de Dieu, où chacun peut se sentir accueilli, aimé, pardonné et encouragé à vivre selon la vie bonne de l’Évangile. Et pour que l’autre se sente accueilli, aimé, pardonné, encouragé, l’Église doit laisser les portes ouvertes pour que tous puissent entrer. Et nous, nous devons sortir par ces portes et annoncer l’Évangile.

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Les sept péchés capitaux des réseaux sociaux

Pendant longtemps, il était de bon ton de ne parler des réseaux sociaux qu’en terme de risques et de menaces. Quelques affaires médiatiques suffisaient alors à achever un argumentaire assez vide, qui masquait souvent assez mal une méconnaissance de l'outil et un manque d'envie de « s'y mettre ». Plus récemment, comme par un effet de balancier, mouvement de surcroit béni par le pape Benoît XVI, il est devenu évident que Facebook et Twitter étaient des outils « in-dis-pen-sa-bles » à la nouvelle évangélisation et cruciaux pour être à l’écoute « des joies et des espoirs, des tristesses et des angoisses des hommes de ce temps » de notre pays et de Navarre. En fait, entre ces deux tableaux - trop sombre et trop clair - et alors que ces réseaux nous sont devenus plus familiers, il convient de rendre grâce pour tout le bien qu’ils ont fait, à commencer par ce maillage humain tissé d’un peu plus près, sans occulter les tentations qui y sont liées et les 7 pécheurs capitaux qui y sévissent.


- L’orgueilleux : Il ne lit pas les autres, il relit ses propres messages. Un peu exhibitionniste sur les bords, il mesure en permanence son influence et gratifie son entourage de la moindre de ses réflexions narcissiques. Il aime à valoriser ses pseudo-rencontres avec les grands de ce monde : « Hey @MelGibson t’as pas oublié tes lunettes ? » Il n’est pas membre du réseau, il est tête du réseau. Il comptabilise ses interactions sur Twitter et établit des courbes de « likes » de ses statuts Facebook. Sa jubilation, c’est de voir que ses informations sont reprises, partagées, commentées. Dans la dictature du relativisme ambiant, il est bon qu’existent de nouveaux magistères. Et franchement, le maître du moment, mieux vaut que ce soit lui, vu le nombre de bêtises qui circulent. D’ailleurs, il faut vraiment qu’il change sa photo de profil, qui a presque 48 heures. Celle de son nombril.

- L’avare : Lui, au contraire, ne partage pas ses informations : il engrange celle des autres. Il ne crève l’écran que pour regarder. Sous pseudo, il voit, mais ne se montre pas. Le voyeur embusqué s’immisce secrètement dans le quotidien de son entourage, rigole dans son coin ou s’en attriste, mais se garde bien de commenter ou d’interagir. Il trouve que les autres manquent de pudeur et ne comprend pas qu’on puisse ainsi gaspiller ses infos. En général, l’avare se démasque par une remarque assassine lors d’une rencontre dans le monde réel : « Ça va mieux avec ton boss, si j’en crois ton statut du 12 septembre dernier vers 19h06, liké par Thérèse et Sophie ».

- L’envieux : Il se demande s’il ne devrait pas rompre avec les réseaux sociaux. C’est trop difficile de voir tous ces gens qui l’éclaboussent de leur bonheur. L’autopromotion permanente de ses amis le rend fou. Il commente de façon compulsive par des messages gutturaux, genre : « Mouais, bof, déjà vu, blurp ». Le personnal branling, stop. Lui quand il publiera un truc, les autres verront ce qu’ils verront… Pour l’instant il se réjouit des mésaventures qu’il lit ici ou là, mais ne parvient qu’à se désoler de l’herbe plus verte de ce festin interactif, dont il est le Lazare.

- Le coléreux : Il s’insurge contre tout et tout le temps. En pétard contre le « mariage pour le tous » mais aussi contre la « Manif pour tous », il publie en fonction de ses émotions négatives. Il attaque tout le monde tel le Cyrano des temps modernes, les faux nobles, les faux dévots, les faux braves. Il a proposé à Facebook de lancer le bouton « je n’aime PAS du tout », sans réponse pour l’heure, ce qui est un autre scandale. Il aime la polémique, le « tweet clash » et atteint le point « Godwin » le premier en traitant systématiquement son adversaire de nazi, pour ouvrir le dialogue. Le coléreux est précieux pour relayer les rumeurs les plus incertaines : « La SNCF aurait supprimé le papier toilette dans les trains pour obliger les usagers à avoir les mains dans le caca. Pour protester, placez un rouleau de PQ à votre fenêtre à 18h. Faites tourner !!! » Quand la moutarde lui monte au nez, il aime se décharger sur son écran. Pas beau à voir.

- Le luxurieux : Il aime regarder le profil de ses ami(e)s avant de les accepter, se laisse volontiers conduire vers les liens publicitaires les plus improbables où « Natacha, 22 ans, canadienne s’ennuie terriblement ce soir » et, clique trop souvent sur les vidéos « pièges » de Facebook, qui l’obligent à partager le lien à son réseau avant de pouvoir les regarder. Ce qui fait de ce chasseur d’images un repenti régulier : « J’ai cliqué par erreur sur une vidéo qui vraiment ne m’intéressait pas, promis, promis… ». Il étudie la démarche des Femen et veut comprendre le sens profond de leur geste. Ces femmes méritent d’être écoutées. Vues en tout cas.

- Le paresseux : Les réseaux sociaux sont sa détente. Il végète librement plusieurs heures par jour, à moitié hypnotisé par ses pensées évanescentes et par l’écran plat. Il aimerait que le flux des informations lui parvienne sans avoir à cliquer : il attend la version mac des « lunettes e-sociales » avec déroulé des infos mues par la pupille. Il ne rechigne pas à « liker » ou à « retweeter » telle ou telle information, mais n’a pas « du tout-du tout » l’énergie d’en publier une nouvelle. Sa paresse justifie sa présence sur les réseaux sociaux et les réseaux sociaux justifient sa paresse. Il est en retard chaque soir et explique que la journée est de plus en plus chargée : « Beaucoup, beaucoup d’informations, t’sais. Et puis, les mails, ça devient dingue… »

- Le gourmand : Facebook fait ses délices et Twitter, son ivresse. Il aime manger les informations et éprouve un sentiment de faim après une heure de réunion, de soif après sept minutes sans son téléphone. Ultra relationnel, il remonte sa TL (timeline) ou sa colonne d’actus jusqu’à celles qu’il a déjà lues. Sa devise : venu, lu. Il se met en favori les meilleures infos du jour pour se les re-visionner en nocturne. Il s’endort émerveillé en pensant à l’information qu’il partagera demain et au calembour qui l’a fait beaucoup progressé aujourd’hui. En ville, il explique : « On a vraiment franchi un cap avec ces réseaux. Et dire qu’avant, les gens vivaient tout seuls à la campagne, et dans le froid, et même c’était la guerre parfois. Non, avec 453 amis et 352 followers, je ne serai plus jamais seul. »

Oui, les tentations sont nombreuses sur les réseaux. Les plus dangereuses ne sont pas toujours celles qu’on croit, ni celles dont nous parlent les médias. Si nous rencontrons un de ces 7 cas piteux ou si nous nous reconnaissons dans l’un des profils, n’ayons pas peur. Le pécheur, c’est la passion de notre Seigneur. Même s’il en coûte parfois d’être de ses amis ou de ses followers. Un internaute averti en vaut deux (point zéro). Si ta souris t’entraîne au péché, débranche-la (Mt 18,8). Rebranche-la quand tu es déterminé à un peu d’humilité, de générosité, de bienveillance, de paix, de pureté, de travail et de mesure. Amen !

© Copyright 2013 – La Vie


Crise de l’enseignement, crise de l’éducation

Intervention de Mr Riccardo PINERI

Le texte ci-dessous a fait l'objet d'une causerie du soir dans le cadre de « Lire sous le vent » au Lycée Anne-Marie Javouhey d'Uturoa le 17 avril 2013. Nous le publions avec l’aimable autorisation de Tahiti pacifique qui l’a publié dans son numéro du mois de mai.

Je voudrais commencer cette causerie par une citation de Charles Péguy, tirée du texte Pour la rentrée de 1904 : « Les crises de l'enseignement sont des crises de vie ; elles dénoncent, elles représentent des crises de vie et sont des crises de vie elles-mêmes ; elles sont des crises de vie partielles, éminentes, qui annoncent et accusent des crises de la vie générale [ ... ] quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner ; c'est qu'elle a honte, c'est qu'elle a peur de s'enseigner elle-même ; pour toute humanité, enseigner, au fond, c'est s'enseigner, une société qui n'enseigne pas est une société qui ne s'aime pas ; qui ne s'estime paset tel est précisément le cas de la société moderne ».

 

Depuis une centaine d'années, la crise de l'enseignement, est devenue « un fait moral total », une réalité permanente avec tous les risques de banalisation. Elle trouve sa source dans la crise de la tradition, qui affecte toutes les cultures et pas uniquement la civilisation occidentale, elle concerne, selon l'étymologie traducere, le passage à travers lequel une génération confie à une autre la tache de poursuivre le travail du sens. Traduco a la même étymologie que « traduction », et les traducteurs savent bien que l'on ne peut transmettre des documents écrits dans une langue étrangère, des signes en provenance d'autres cultures, si l'on ne possède pas sa propre langue, si l'on ne se reconnaît plus dans elle et les valeurs qu'elle véhicule, dans les ouvertures que le mot suggère plus encore que la définition qu'il implique.

La perte de confiance dans la possibilité de la transmission du sens concerne désormais toutes les cultures qui sont souvent tentées par le solipsisme et l'enfermement, à l'époque de la prétendue communication généralisée. Le rapport au passé que vit l'homme contemporain et que la réalité insulaire ici à Tahiti met encore plus en évidence, est partagé entre l'affirmation du relativisme culturel, qui prétend qu'il n'y a que des langues et des cultures différentes, des mondes autosuffisants et foncièrement intraduisibles et la revendication du pêle-mêle chaotique des signes du passé.

Entre l'impossibilité de faire appel à des valeurs stables et la confiance dans des références rigidifiées, la plupart du temps héritées non pas des sédiments vivifiants de la tradition mais de poncifs nés ailleurs, se fait l'enseignement depuis de nombreuses années à Tahiti. Ce double mouvement, l'affirmation du relativisme éthique et esthétique et son corrélat dogmatique d'un passé sacralisé plus qu'effectivement pensé, d'un passé refuge plus qu'une source vive de création du présent, sont fondés sur un même présupposé : le monde réel est construit à partir des habitudes de langage de chaque groupe humain, tout fait relève d'une interprétation subjective créée par des habitudes culturelles, il n'y a donc pas de monde commun, condition nécessaire de tout enseignement et de toute transmission de sens.

Comme l'affirme Hannah Arendt dans son livre « La crise de la culture » : « Dans le monde moderne, le problème de l'éducation tient au fait que par sa nature même l'éducation ne peut faire fi de l'autorité, ni de la tradition, et qu'elle doit cependant s'exercer dans un monde qui n'est pas structuré par l'autorité ni retenu par la tradition. »

Dans les sociétés anciennes le statut et le rôle de l'individu sont prédéterminés, les hommes entrent dans des cases préfabriquées sous le regard de l'autorité et de la tradition, conçue comme corpus stable de valeurs et de comportements. La modernité abandonne l'individu à l'espace ouvert des relations, où il doit se faire une place, d'où le paradoxe de l'enseignement dans le système démocratique : faire accéder l'enfant au monde commun, sans pour autant le lui imposer. On veut échapper à ce paradoxe par le « relativisme culturel », discours à la mode dans tous les médias qui se transfère dans les salles de cours où il se prolonge en « relativisme générationnel » qui affirme que l'enfant doit être au centre du dispositif scolaire, que l'enfant a toujours raison puisqu'il n'existe pas de logos commun, une entente originaire sur des principes fondateurs de l'humain. Une des idoles majeures de la culture contemporaine est la conception du « moi autonome », qui ne doit plus rien à personne, fondée sur le désir singulier.

La crise de l'imitation, du rapport exemplaire impliqué par l'enseignement, refuse obstinément « l'imitation du Christ » nécessaire pour le chrétien afin de se diriger dans la vie, elle rejette également l'imitation des pères, des maîtres pour l'ancienne école républicaine. Le modèle de l'animateur d'émissions télé remplace désormais le maître, comme le père et la mère deviennent des frères et des sœurs adultes et rivaux. La crise de l'autorité consiste dans le rejet de toute source d'obligation.

C'est sur les salles de cours que je porterai mon attention, par expérience du lieu mais aussi par la liberté que m'autorise la « retraite », comme on dit dans le langage administratif, pour cela, je ferai encore appel à Hanna Arendt, la grande voix de la philosophie politique contemporaine, qui analysant l'organisation de l'éducation d'aujourd'hui, écrit : « La crise de l'autorité dans l'éducation est étroitement liée à la crise de la tradition, c'est-à-dire à la crise de notre attitude envers tout ce qui touche au passé. Pour l'éducateur cet aspect de la crise est particulièrement difficile à porter, car il lui appartient de faire le lien entre l'ancien et le nouveau : sa profession exige de lui un immense respect du passé. Pendant des siècles, c'est-à-dire tout au long de la période de civilisation romano-chrétienne, il n'avait pas à s'aviser qu'il possédait cette qualité, car le respect du passé était un trait essentiel de l'esprit romain et le Christianisme n'a ni modifié, ni supprimé cela, mais l'a simplement établi sur de nouvelles bases. L'essence même de cet esprit romain (..) était de considérer le passé en tant que passé comme modèle, et dans tous les cas les ancêtres comme de vivants exemples pour leurs descendants. » (H. Arendt, La crise de la culture, p. 248)

La crise de l'enseignement est liée chez Arendt à la crise de « notre attitude envers tout ce qui touche au passé », à la difficulté de comprendre qu'enseigner tire son sens de « insignire », faire signe, montrer le chemin. Enseigner ne concerne pas le passage de contenus stables du savoir, des formules, des réponses toutes faites aux problèmes du présent, mais la possibilité qu'il existe un sens partageable de génération en génération. Comment penser l'éducation et la culture lorsque les réponses fournies par la tradition ne peuvent plus s'appliquer telles quelles et découvrent leur caractère transitoire et fini ? En pensant l'essence de la tradition, plutôt que de vouloir se confier à des réponses déjà faites.

En ce sens, la « crise de la tradition » commence avec la naissance des sociétés historiques, celle qui sortent du cocon de la tradition assurée par les mythes et se risquent dans la quête du sens, au lieu de le recevoir comme une donnée stable et immuable. Cette « crise » n'est pas uniquement un élément négatif, elle est impliquée dans la naissance du monde démocratique moderne.

Hannah Arendt met en évidence trois idoles qui dirigent notre système, qu'elle a connu si bien depuis son exil d'Allemagne en 1933, d'abord en France et puis en Amérique, à partir de 1940 et de sa pratique de l'enseignement supérieur dans ce pays. Le système éducatif américain, depuis l'école primaire jusqu'à l'Université, tend à ses yeux à se généraliser à tout le monde occidental et ces trois « idées de base » que je voudrais pour ma part reprendre, sont à l'origine de la crise générale de l'institution scolaire.

À Tahiti, c'est plutôt la doctrine du bonheur qui a surdéterminé tout discours sur l'éducation, traduction insulaire du mot d'ordre, hérité hélas trop rapidement de Piaget « l'élève au centre du dispositif enseignant ».

« En faisant de l'école un "milieu ouvert", on introduit en elle toutes les sortes de violence, qu'il s'agisse de vols, de drogues, d'agressions, de viols ou de meurtres, puisque la vie sociale en est continuellement tissée. L'éducation est une élévation d'ordre spirituel vers une fin transcendante : elle trouve son analogie dans l'accroissement de taille qui fera du petit d'homme ce qu'il nomme, de lui-même, une "grande personne". Telle est la vocation première de celui qui ne parle pas encore, in jans, mais qui, déjà par jeu, lève son regard vers cette hauteur où naît toute parole. En même temps, éduquer un enfant, c'est le tirer de son autisme naturel et le conduire fermement vers ce qu'il deviendra dans l'horizon des hommes. » (Jean François Mattei, La barbarie intérieure). « Toute pédagogie valable est un exercice de l'esprit, une discipline du cœur quand esprit et cœur sont dans un état de vulnérabilité extrême » rappelle George Steiner dans le dialogue avec Cécile Ladjali, Eloge de la transmission. Depuis quelques temps, la tentation de se passer du livre et de la nécessaire différence entre le maître et l'élève, a donné lieu à l'éloge que les nouveaux maîtres quémandent auprès de la jeunesse : « coolie prof ».

La deuxième idée fausse concerne l'aspect pédagogique de l'enseignement. Sous l'influence de la psychologie moderne et des doctrines pragmatiques souveraines dans les IUFM, la pédagogie est devenue une science de l'enseignement en général, qui ne dépend en rien de la matière à enseigner. Est professeur celui qui est capable de communiquer plutôt que de transmettre. « La fonction enseignante est réduite aux procédures didactiques que l'on met en pratique, lesquelles, pour finir, dégénéreront en procédés mécaniques dont les QCM et les exercices à trous sont les fleurons pédagogiques les plus connus. L'inversion pédagogique, assortie d'un recours incessant aux sciences de l'éducation qui doivent couronner ces pratiques, ne situe plus le savoir dans les contenus substantiels à enseigner à l'élève, mais dans les méthodes formelles qui se referment sur leurs propres procédures. Ainsi en est-il aujourd'hui de la PPO (Pédagogie par objectifs) dont le projet se trouve déjà déconsidéré par son sigle qui relève, comme tout sigle, d'un procédé d'étiquetage et non d'une réflexion créatrice de sens. L'introduction de la PPO dans l'éducation représente une normalisation de toutes les procédures d'enseignement et de contrôle des connaissances qui revient à parcelliser les contenus de pensée et à morceler les intelligences des élèves. Centrer la pédagogie sur des objectifs, c'est centrer l'éducation sur le sujet qui les vise en occultant les contenus réels du savoir, lesquels, pour leurs parts, sont indifférents aux visées subjectives et aux processus objectifs en raison de leur autonomie. » (Jean-François Mattei, La barbarie intérieure).

Ce tour de passe-passe entre pédagogie et communication, en insistant sur les formes de la transmission, évacue la question du contenu des énoncés transmis. Cette conception de la façon d'apprendre et d'enseigner, le pédagogisme, s'est généralisée désormais à tout l'enseignement de l'école occidentale, comme l'avait déjà fait remarquer Hannah Arendt à propos du modèle américain, et elle précise : « On ne peut éduquer sans en même temps enseigner; et l'éducation sans enseignement est vide et dégénère donc aisément en une rhétorique émotionnelle et morale. Mais on peut très facilement enseigner sans éduquer et on peut continuer à apprendre jusqu'à la fin de ses jours sans jamais s'éduquer pour autant. »

L'écrivain Helen Keller est née en Alabama en 1880. Frappée d'une maladie infantile à l'âge de 2 ans, elle devient sourde, muette et aveugle. Les parents font appel à Anna Sullivan, formée à une école pour enfants sourds, qui commence sa longue tache d'apprentissage de la communication pour sortir Helen de ce qu'elle-même appellera plus tard, lorsqu'elle deviendra un écrivain reconnu, un « no world », un non-monde privé de toute communication humaine, de tout repère. En retrait de la famille, elles s'installent dans un cabanon au fond du jardin de la propriété. Pendant longtemps, Anna dessinait des signes dans la paume de la main d'Helen, avant de lui faire toucher l'objet correspondant et ce lent apprentissage du rapport des lettres tracées dans le creux de la main et des objets du monde, débouche un jour sur la révélation du sens des mots. Anna verse de l'eau froide dans la main de son élève, tout en épelant sur sa paume le mot « water ». Le « no world » s'éclaire enfin et Helen comprend que ces lettres nomment ce monde froid et liquide qui lui coule entre les doigts. « Soudain j'eus l'obscure perception de quelque chose d'oublié, un frémissement devant le retour d'une pensée enfouie ; le mystère du langage me fut révélé. Je compris que “w-a-t-e-r” signifiait cette fraîcheur merveilleuse qui s'écoulait le long de mes doigts. Les paroles vivifiantes réveillaient mon âme, l'éclairaient, la rendaient légère et libre, lui rendaient l'espoir ».

Le « mystère du langage » est celui de la révélation du sens dans l'existence humaine, de l'incarnation sensible de l'écriture dans l'expérience singulière de la chair comme origine et nouveauté absolues, de la naissance commune du monde et de la co-naissance de soi. L'exemple de « water » met en évidence ce qui n'est pas une expérience ineffable, un enfermement des consciences sur elle mêmes, mais l'universalité de l'expérience du sens du monde qui se dit dans des langues innombrables. Voici à mon sens l'élément fondamental de l'apprentissage du sens du monde que depuis un bout de temps nous avons renié : savoir et pouvoir pour augmenter les capacités de l'autre, voilà la source de l'authentique autorité. Il ne s'agit pas de se mouler dans la « culture-jeune » mais à partir de la réalité de la jeunesse de toutes les banlieues du monde, y compris des îles, qui se trouve à l'emprise de « l'exclusion intérieure », prisonnière de la culture de la tribu globalisée, il faut rendre l'espoir que le « no world » n'aura pas le dernier mot.

Tout projet pédagogique, toute formation de maîtres avec ses actualisations nécessaires, dépendent de ce postulat premier.

Riccardo PINERI

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Bibliographie

- H. Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, 1972 ;

- H. Arendt, Condition de l'homme moderne, Calmann-Lévy, 1983 ;

- J.-F. Mattéi, La barbarie intérieure. Essai sur l'immonde moderne, Paris, PUF, 2004 ;

- J.-C. Milner, De l'école, Paris, Seuil, 1984 ;

- Charles Péguy, Paris, Gallimard, Pléiade, 1987 ;

- A. Renaut, La fin de l'autorité, Paris, Flammarion, 2004 ;

- George Steiner, Cécile Ladjali, Eloge de la transmission, Hachette Pluriel, 2003 ;

- Helen Keller, The Story of My Life, New York, Doubleday 1905.

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Ta foi t’a sauvé… va en paix !

Commentaire de l’évangile du XIème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

C'est du péché dont il est question ce dimanche. Le péché de David d’abord, et puis celui de la pécheresse qui s’invite au repas de Simon le pharisien.

Le péché de David est  bien réel. Il a vu une femme très belle, il l'a voulue pour lui, il a péché lucidement avec elle. Et puis, il fait assassiner son mari. Il ne faut rien nier de ce crime abominable, et pourtant il n'enlève rien à la droiture de David. Foncièrement il reste droit. Nous faisons tous l'expérience qu'il y peut y avoir une très grande bonté en nous, et parfois aussi une méchanceté véritablement diabolique. David est droit, parce que justement il va reconnaître sa faute avec simplicité. Souvent, lorsque nous avons fait le mal, nous tentons de nous excuser par mille raisons. C'est manquer de droiture, ce qui est beaucoup plus grave encore que le péché.

« David dit à Nathan : J'ai péché contre le Seigneur. » Il prend conscience que c'est vraiment le Seigneur qu'il a offensé. Quand je manque à une loi, ce n'est pas seulement à une loi que je manque mais à Celui qui m'a donné la Loi et qui me l'a donnée par amour. Je manque donc d'amour à celui qui m'a donné la Loi. David a déjà parfaitement saisi cela, mille ans avant Jésus.

Ne soyons jamais déçus, jamais étonnés de nous sentir capables de faire ceci ou cela. David est un homme qui s'accuse avec humilité. Ne serait-ce pas le manque de pauvreté spirituelle qui est la cause de nos difficultés à nous approcher du sacrement de pénitence ? Nous n'avons plus le sens du péché, nous ne croyons pas assez à la valeur du sacrement comme acte d'un Dieu amour qui vient nous aider…

« J’ai péché contre le Seigneur ! » On a dit très justement que le monde a perdu le sens du péché, parce que le monde a perdu le sens de Dieu. Moins nous aurons le sens de Dieu et moins nos manques d'amour nous apparaîtront comme des péchés. Moins nos péchés nous apparaîtront des manques d'amour, plus nous perdrons le sens de la confession. Le sacrement de confession offre l'occasion de se mettre davantage en présence du vrai Dieu de la Bible. Ce qui est important, ce n'est pas d'accuser x péchés, mais de rencontrer l'amour et d'y croire, d'être décidés - tout en sachant que nous retomberons peut-être le soir même -, d'être décidés à aimer. Il ne faut pas tellement se confesser pour changer mais pour rencontrer l'amour.

On va se confesser parce qu'on aime le Seigneur et qu'on a besoin du Seigneur pour continuer sa route. On sait très bien qu'on retombera ! Pourquoi ne pas accepter de rester pauvres ? Nous voulons être satisfaits de faire des progrès. Quand je médite qui est Dieu, je ne peux plus m'étonner d'être un pauvre. C'est parce qu'on ne connaît pas Dieu qu'on n'accepte pas d'être pauvre. Devant l'infinie sainteté, que voulez-vous que je sois sinon un pauvre ! C’est bien là l’erreur de Simon le pharisien, qui pense que ses mérites lui donnent des droits sur Dieu… Rien de notre pauvreté ne doit nous étonner, dans aucun domaine. Nous voyons bien que nous sommes orgueilleux quand des faiblesses nous étonnent : « Je n'aurais jamais cru que je pouvais en arriver là ! ». La plus grande force de notre vie spirituelle, c'est notre pauvreté. Le vrai pauvre est assez prudent pour ne jamais trop se séparer de son Dieu parce qu'il sait qu'il en a besoin. Il sait tellement que seule la force de Dieu peut l'aider. Laissé à lui-même, il voit bien qu'il n'est que faiblesse...

C’est ce qu’a découvert cette pécheresse, dont Luc ne précise d’ailleurs pas la faute. Elle s’est sentie aimée par Jésus jusque dans son péché. Ce ne sont ni ses larmes ni le prix élevé du parfum qui l’ont fait aimée de Dieu. C'est parce qu'elle se savait totalement insolvable, c'est parce qu'elle était pauvre de tout, parce qu'elle était totalement vide d'elle-même, c'est parce qu'elle a fait confiance à Jésus que celui-ci lui a accordé son pardon. « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! ».

Thérèse de Lisieux disait : « La sainteté… consiste en une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu'à l'audace en sa bonté de Père » (Carnet Jaune).

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