PKO 20.01.13


Dimanche 20 janvier 2013 – 2
ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°04/2013

HUMEURS

 À Monsieur Victorin Lurel

Représentant du Chanoine honoraire

de la Basilique Saint Jean du Latran

et Président de la République

aux bons soins des Renseignements Généraux1

Nous suivons avec attention l’évolution sociétale engagée par votre gouvernement : « Un changement de civilisation » (Mme Taubira). Au sujet du mariage dit « pour tous » nous notons que l’argument principal que vous donnez est d’énoncer qu’il s’agit de la proposition n°31 de Mr Hollande, qui a été élu par une minorité de français (39,07% des inscrits).

En Polynésie française, pays autonome, seulement 24,99% des inscrits ont voté pour lui… (moins du quart des inscrits) et 46,94% des votes exprimés… ce qui n’est pas la majorité !

Les Polynésiens n’ont donc pas voté pour la proposition n°31… et ils ont confirmé leur choix lors des élections législatives puisque les deux partis représentés au 2nd tour, ont clairement exprimé, par la voix de leurs responsables, qu’ils ne sont pas favorables au mariage dit « pour tous ».

Pour cette raison, et en parfaite harmonie avec votre logique et vos arguments, il nous paraît évident, que si la France venait à voter cette loi… elle se devrait de ne pas l’étendre à la Polynésie… sans que les Polynésiens puissent s’exprimer…

Connaissant vos convictions profondes quant au respect et à la liberté des peuples, nous ne doutons pas que vous refuserez d’imposer ce choix de la France au pays autonome qu’est la Polynésie française…

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, à notre prière fraternelle et transmettez à Mr Hollande, nos félicitations pour sa nomination comme chanoine honoraire de la Basilique Saint-Jean du Latran.

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1   Le Service des renseignements généraux est venu à notre rencontre lundi après-midi, suite à la prière silencieuse contre le « Mariage pour tous » que nous avons organisé samedi dernier, car  ils craignaient de notre part une manifestation durant la visite de Mr Lurel… nous avons rassuré les mandatés ! Cette démarche nous permet de savoir, qu’en passant par ce service nous avons le plus sûr moyen de faire parvenir notre message à son destinataire !!!… On a même proposé d’inscrire leur service dans notre mailing du P.K.0 qui  permettrait qu’il dispose en direct des informations et éviterait qu’il les cherche ailleurs… mais la préférence reste le style « agent secret » !

                                                                   

En marge de l’actualité

Marcher avec lui

 Vendredi 18 janvier nous entrons dans la semaine de prières pour l'Unité des chrétiens.

Cette année ce sont les chrétiens de l'Inde qui ont préparé le thème et le déroulement de cette semaine. Ils nous invitent à répondre à la question posée par le prophète Michée : « Que nous demande le Seigneur ? ».

La réponse est claire : « Dans la justice et la bonté, MARCHER AVEC LUI ». (cf. Mi 6, 6-8)

Prier certes, mais pas seulement, c'est en marchant ensemble que les chrétiens apprennent à se connaître, à s'estimer, à vivre et travailler ensemble.

Marcher en dialoguant ; marcher avec le Christ, pain rompu ; marcher vers la liberté; marcher en enfants de la terre ; marcher en amis de Jésus ; marcher au-delà des barrières ; marcher en solidarité ; marcher et célébrer ensemble... sont autant de thèmes qui seront déclinés durant ces huit jours de prière et de réflexion (du 18 au 25 janvier).

À Tahiti une « marche pour la Vie » est proposée ce samedi 19 janvier à partir de 18h dans les rues de Papeete. Tous les chrétiens sont bien entendu concernés et invités.

La Vie est don précieux qu'il faut protéger, c'est notre devoir de chrétiens, c'est aussi le devoir des gouvernants et des élus. Alors… samedi… unissons-nous et MARCHONS POUR LA VIE.

Dominique SOUPE

Chancelier

  

La « grande école » pour apprendre à voir le visage de Dieu

Catéchèse pour l’Année de la Foi du pape Benoît XVI du 16 janvier 2013

« L’Eucharistie est la grande école où nous apprenons à voir le visage de Dieu, où nous entrons dans une relation intime avec lui », explique Benoît XVI dans sa catéchèse de ce mercredi 16 janvier. Il a notamment expliqué la dynamique de l’élection d’Israël – un peuple « choisi par amour » - en montrant que la mission d’Israël tend à l’universel : « l’élection est toujours une élection pour l’autre ».

Chers frères et sœurs,

Le concile Vatican II, dans la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, Dei Verbum, affirme que la vérité intime de toute la Révélation de Dieu resplendit pour nous « dans le Christ, qui est à la fois le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation » (n.2). L’Ancien Testament nous raconte comment Dieu, après la création, malgré le péché originel et malgré l’arrogance de l’homme qui veut se mettre à la place de son Créateur, offre de nouveau la possibilité de son amitié, surtout à travers l’alliance avec Abraham et le cheminement d’un petit peuple, le peuple d’Israël, qu’il choisit non pas sur des critères de puissance terrestre, mais simplement par amour.

C’est un choix qui demeure un mystère et qui révèle le style de Dieu, qui en appelle quelques-uns non pour exclure les autres, mais pour qu’ils servent de pont qui mène à lui : l’élection est toujours une élection pour l’autre. Dans l’histoire du peuple d’Israël, nous pouvons re-parcourir les étapes d’un long chemin sur lequel Dieu se fait connaître, se révèle et entre dans l’histoire par des paroles et par des actes. Il se sert, pour cette œuvre, de médiateurs comme Moïse, les prophètes et les Juges qui communiquent au peuple sa volonté, rappellent l’exigence de fidélité à l’alliance et gardent éveillée l’attente de la réalisation pleine et définitive des promesses divines.

Et c’est précisément la réalisation de ces promesses que nous avons contemplée à Noël : la Révélation de Dieu atteint son sommet, sa plénitude. En Jésus de Nazareth, Dieu visite réellement son peuple, il visite l’humanité d’une manière qui dépasse toute attente : il envoie son Fils unique. Dieu lui-même se fait homme. Jésus ne nous dit pas quelque chose sur Dieu, il ne parle pas simplement du Père, mais il est révélation de Dieu, parce qu’il est Dieu et ainsi il nous révèle le visage de Dieu. Dans le Prologue de son évangile, saint Jean écrit : « Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître » (Jn 1,18).

Je voudrais m’arrêter sur cette « révélation du visage de Dieu ». À cet égard, dans son évangile que nous venons d’entendre, saint Jean nous relate un fait significatif. Alors qu’il approchait de sa Passion, Jésus rassure ses disciples, les invitant à ne pas avoir peur et à avoir foi ; il instaure ensuite avec eux un dialogue dans lequel il parle de Dieu le Père (cf. Jn 14,2-9). À un moment, l’apôtre Philippe demande à Jésus : « Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit » (Jn 14,8). Philippe est très pratique et concret, il dit ce que nous-mêmes, nous voulons dire : « Nous voulons voir, montre-nous le Père », il demande de « voir » le Père, de voir son visage. La réponse de Jésus ne s’adresse pas seulement à Philippe, mais à nous aussi et elle nous introduit dans le cœur de la foi christologique ; le Seigneur affirme : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9). Cette expression résume de façon synthétique la nouveauté du Nouveau Testament, cette nouveauté qui est apparue dans la grotte de Bethléem : il est possible de voir Dieu, Dieu a manifesté son visage, il est visible en Jésus-Christ.

Le thème de la « recherche du visage de Dieu » est bien présent dans tout l’Ancien Testament, le désir de connaître ce visage, le désir de voir Dieu tel qu’il est, au point que le terme hébraïque panîm, qui signifie « visage », y apparaît bien 400 fois, dont 100 fois avec une référence à Dieu : on se réfère 100 fois à Dieu, on veut voir le visage de Dieu. Et pourtant la religion juive interdit complètement les images parce que Dieu ne peut pas être représenté – contrairement à ce que faisaient les peuples voisins avec l’adoration de leurs idoles – et donc, avec cette interdiction des images, l’Ancien Testament semble totalement exclure la dimension visible du culte et de la piété. Que signifie alors, pour un juif pieux, chercher le visage de Dieu, si l’on est conscient qu’il ne peut y avoir aucune image de lui ? Cette question est importante : d’un côté, on veut dire que Dieu ne peut pas être réduit à un objet, comme une image que l’on peut prendre dans sa main, mais que l’on ne peut rien mettre non plus à la place de Dieu ; de l’autre, en revanche, on affirme qu’il a un visage, c’est-à-dire qu’il est un « Tu » qui peut entrer en relation, qui n’est pas enfermé dans son ciel à regarder l’humanité d’en haut. Dieu est certainement au-dessus de toute chose, mais il s’adresse à nous, il nous écoute, nous voit, nous parle, fait alliance, et il est capable d’aimer. L’histoire du salut, l’histoire de Dieu avec l’humanité, est l’histoire de ce rapport de Dieu qui se révèle progressivement à l’homme et qui se fait connaître lui-même, qui fait connaître son visage.

Au tout début de cette année, le 1er janvier, nous avons écouté, dans la liturgie, la très belle prière de bénédiction sur le peuple : « Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que le Seigneur te découvre sa face et t'apporte la paix ! » (Nb 6, 24-26). La splendeur du visage divin est la source de la vie, c’est ce qui permet de voir la réalité ; la lumière de son visage est le guide de notre vie. Dans l’Ancien Testament, il y a un personnage auquel est lié de manière toute spéciale le thème du « visage de Dieu » ; c’est Moïse, celui que Dieu choisit pour libérer le peuple de l’esclavage en Égypte, pour lui donner la Loi de l’alliance et le guider à la Terre promise. Et bien, au chapitre 33 du livre de l’Exode, on dit que Moïse avait une relation étroite et de confiance avec Dieu : « Le Seigneur  parlait à Moïse face à face, comme un homme parle à son ami » (v. 11). Fort de cette confiance, Moïse demande à Dieu « Montre-moi ta gloire ! » et la réponse de Dieu est claire : « Je ferai passer devant toi toute ma beauté et je prononcerai devant toi le nom du Seigneur… Mais, dit-il, tu ne peux pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre… Voici une place près de moi… tu verras mon dos ; mais ma face, on ne peut la voir » (v. 18-23). D’un côté, donc, il y a un dialogue face à face comme entre amis, mais de l’autre il y a l’impossibilité, en cette vie, de voir le visage de Dieu, qui demeure caché ; la vision est limitée. Les Pères disent que ces paroles « tu verras seulement mon dos » veulent dire : « Tu peux seulement suivre le Christ et, en le suivant, tu vois de dos le mystère de Dieu » ; on peut suivre Dieu, en voyant son dos.

Mais quelque chose de complètement nouveau advient avec l’Incarnation. La recherche du visage de Dieu prend un tour inimaginable parce que, maintenant, on peut voir ce visage : c’est celui de Jésus, du Fils de Dieu qui se fait homme. En lui, le chemin de la Révélation de Dieu, initié avec la vocation d’Abraham, trouve son achèvement ; Jésus est la plénitude de cette Révélation parce qu’il est le Fils de Dieu, à la fois « Médiateur et plénitude de toute la Révélation » (Const. dogm. Dei Verbum, 2). En lui coïncident le contenu de la Révélation et le Révélateur. Jésus nous montre le visage de Dieu et nous fait connaître le nom de Dieu. Dans la prière sacerdotale, lors du dernier repas, il dit au Père : « J'ai manifesté ton nom aux hommes… Je leur ai fait connaître ton nom » (Jn 17,6-26). L’expression « nom de Dieu » signifie Dieu en tant que celui qui est présent au milieu des hommes. Près du buisson ardent, Dieu avait révélé son nom à Moïse, on pouvait alors l’invoquer, il avait donné un signe concret de sa « présence » parmi les hommes. Tout ceci trouve en Jésus son achèvement et sa plénitude : il inaugure un nouveau mode de présence de Dieu dans l’histoire, parce que qui le voit, voit le Père, comme il le dit lui-même à Philippe (cf. Jn 14,9). Le christianisme, affirme saint Bernard, est la « religion de la Parole de Dieu », non pas cependant « une parole écrite et muette, mais celle du Verbe incarné et vivant » (Hom. super missus est, IV, 11). Dans la tradition patristique et médiévale, on utilise une formule particulière pour exprimer cette réalité : Jésus est le Verbum abbreviatum, le Verbe abrégé (cf. Rm 9, 28, en référence à Is 10,23), il est la Parole brève, abrégée et substantielle du Père, qui nous a tout dit de lui. En Jésus, toute la Parole est présente.

En Jésus aussi, la médiation entre Dieu et l’homme trouve sa plénitude. Dans l’Ancien Testament, il y a un groupe de personnages qui ont rempli cette fonction, en particulier Moïse, le libérateur, le guide, le « médiateur » de l’alliance, comme le définit aussi le Nouveau Testament (cf. Gal 3,19 ; Ac 7,35 ; Jn 1,17). Jésus, vrai Dieu et vrai homme, n’est pas simplement un des médiateurs entre Dieu et l’homme, mais il est « le médiateur » de la nouvelle et éternelle alliance (cf. He 8,6 ; 9,15 ; 12,24) ; « Car Dieu est unique, dit Paul, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, homme lui-même » (1 Tm 2,5 ; cf. Gal 3,19-20). En lui, nous voyons et nous rencontrons le Père ; en lui, nous pouvons invoquer Dieu en l’appelant du nom de « Abbà, Père » ; en lui, le salut nous est donné.

Le désir de connaître Dieu réellement, c’est-à-dire de voir le visage de Dieu, est inné dans tout homme, même chez les personnes athées. Et nous avons peut-être inconsciemment ce désir de voir simplement qui il est, ce qu’il est, qui il est pour nous. Mais ce désir se réalise en suivant le Christ, nous le voyons ainsi de dos et finalement, nous voyons aussi Dieu comme un ami, nous voyons son visage dans celui du Christ. L’important est de suivre le Christ non seulement lorsque nous avons besoin de lui ou lorsque nous trouvons le temps au milieu de nos occupations quotidiennes, mais dans toute notre vie telle qu’elle est.

C’est l’existence tout entière qui doit être orientée à la rencontre avec lui, à l’amour pour lui ; et, dans cette existence, l’amour du prochain doit aussi avoir une place centrale, cet amour qui, à la lumière du Crucifié, nous fait reconnaître le visage de Jésus dans le pauvre, le faible, celui qui souffre. Cela n’est possible que si le vrai visage de Jésus nous est devenu familier à travers l’écoute de sa Parole, si nous lui parlons intérieurement, si nous entrons dans cette Parole de sorte que nous le rencontrons réellement et, naturellement, dans le mystère de l’Eucharistie. Un passage de l’évangile de saint Luc est significatif : c’est celui des deux disciples d’Emmaüs qui reconnaissent Jésus à la fraction du pain, mais ils ont été préparés par le chemin qu’ils ont parcouru avec lui, préparés par l’invitation qu’ils lui ont adressée de rester avec eux, préparés par leur dialogue qui a rendu leur cœur tout brûlant ; et ainsi, à la fin, ils voient Jésus.

Pour nous aussi, l’Eucharistie est la grande école où nous apprenons à voir le visage de Dieu, où nous entrons dans une relation intime avec lui ; et nous apprenons, en même temps, à tourner notre regard vers le moment final de l’histoire, lorsqu’il nous rassasiera de la lumière de son visage. Sur la terre, nous marchons vers cette plénitude, dans l’attente joyeuse que s’accomplisse réellement le Royaume de Dieu. Merci.

© Libreria Editrice Vaticana – 2013

Journée Mondiale des Lépreux

Rejoignez l’Ordre de Malte

Les 26 et 27 janvier, l'Ordre de Malte participe à la Journée mondiale des Lépreux. Dans ce cadre, cette institution catholique, organisera en Polynésie une quête à la sortie des messes dominicales du samedi 26 et dimanche 27 janvier ainsi que le samedi 26 janvier aux entrées des hyper-marché Carrefour !

La lèpre est toujours une réalité dans le monde. Cette maladie infectieuse chronique reste présente dans 100 pays, en Afrique, Amérique, Asie et dans le Pacifique. Chaque année, près de 300 000 nouveaux cas  sont détectés, alors qu'il n'existe toujours pas de vaccin contre ce qui reste une maladie de la misère, considérée comme honteuse et excluante. Depuis 30 ans, un traitement antibiotique vient à bout de la lèpre, mais le dépistage reste difficile dans des pays aux infrastructures médicales insuffisantes et en raison d'un temps d'incubation pouvant durer plusieurs années.

Depuis sa création en 1048, la mission hospitalière de l'Ordre de Malte, descendante directe de la communauté des Hospitalier de Saint-Jean soigne les malades, de la lèpre notamment au moment des grands pèlerinages vers la Terre Sainte, et recueille les indigents.

L'action de l'Ordre de Malte contre la lèpre est reconnue dans le monde entier, alors que cette ONG agit sur tous les fronts : dépistage et soins, traitement des séquelles (chirurgie, rééducation, appareillage, formation...) et recherche. Pour accompagner et étoffer ces activités, l'Ordre de Malte participe chaque année à la Journée mondiale des lépreux. Comme d'autres associations, il sollicite la générosité du public à l'issue des offices religieux ou au cœur des villes.

Renseignements auprès du Délégué de Polynésie : Mr Christian HYVERNAT – vini : 78 11 03 – ou courriel : ordredemaltefrance@mail.pf

© Ami Hebdo 2013

Ouverture des P.M.A. aux couples homosexuelles

Les réticences d’un patron du Cecos

INTERVIEW- Le Pr Jean-Philippe Wolf dirige le Centre d'études et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) de l'hôpital Cochin à Paris. Il explique ses réticences face à l'ouverture de la PMA aux homosexuelles.

Le Figaro : Vous êtes au cœur de la procréation médicalement assistée (PMA) en France. Que vous inspire le projet d'ouvrir la PMA aux couples de lesbiennes ?

 

Pr Jean-Philippe Wolf : Je n'y suis pas hostile d'un bloc, par principe, mais je vois plusieurs arguments pour le contester. Tout d'abord, les homosexuels, en général, ont-ils un droit à l'enfant comme on peut avoir un droit au logement ? Doit-on ensuite employer des moyens médicaux hypersophistiqués pour créer un enfant répondant à ce désir, quitte à le placer d'emblée dans une situation un peu bancale ? Créer de façon expérimentale un enfant avec deux « mamans » ? Depuis la première banque du sperme en 1973, la naissance d'Amandine, premier bébé né d'une fécondation in vitro en 1982, nous, médecins, avons l'impression d'être des magiciens. Nous « fabriquons du bonheur ». Cela s'est passé ainsi avec le don de sperme, on a mis de beaux bébés au monde qui ont maintenant 25 ans et nous posent des questions. Vingt ans, trente ans après, ce n'est pas toujours aussi mirifique que nous l'avions imaginé. Dans le même élan, on peut se dire : « Pourquoi empêcher deux femmes d'avoir un bébé ? » J'ai, à titre personnel, des réticences.

Le Figaro : Que répondez-vous à ceux qui déplorent une forme d'hypocrisie, les femmes homosexuelles allant « faire un bébé » dans un des pays européens où la PMA leur est possible ?

Pr Jean-Philippe Wolf : Ce n'est pas parce qu'un « PMA business » s'est développé en Belgique, en Espagne ou ailleurs, qu'il faut faire pareil. Je ne dis pas que certains de mes confrères sont des monstres. Mais ils répondent à une demande, ils ne se placent pas sur le terrain éthique. De plus, les homosexuels vont réclamer le même droit, c'est-à-dire la gestation pour autrui à laquelle je suis totalement opposé. Que se passe-t-il si la femme meurt en couches ? Qu'arrive-t-il si l'enfant est trisomique et que personne n'en veut ? Quelles répercussions pour les enfants de la mère porteuse qui la verront enceinte ? Sans compter que lorsque l'on paie les gens, on ouvre la porte à toutes les dérives comme ce bébé qu'une mère porteuse avait voulu vendre au plus offrant sur Internet !

Le Figaro : Si une loi ouvre la PMA aux homosexuelles, comment répondrez-vous à ces demandes ?

Pr Jean-Philippe Wolf : Avec sympathie, comme on essaie toujours de le faire ici. Après une loi, il y a des décrets d'application et les bonnes pratiques médicales. Pour la question de l'appariement, il est difficile d'avoir une réponse précise. Je suppose qu'avant de sélectionner le donneur de sperme, on demandera aux femmes: « Comment imaginez-vous votre enfant ? » et qu'on essaiera de correspondre aux souhaits exprimés s'ils ne sont pas trop farfelus.

Le Figaro : Pourquoi êtes-vous farouchement opposé à la levée de l'anonymat pour les donneurs ?

Pr Jean-Philippe Wolf : Cette règle de l'anonymat est héritée du système du don du sang. Le principe est qu'une personne sauvée par une transfusion ne doit pas savoir qui l'a sauvée car elle ne pourra jamais rembourser une telle « dette ». On ne rembourse pas celui qui vous a sauvé la vie. Il faut aussi savoir que le mouvement voulant imposer la fin de l'anonymat pour les dons de sperme est extrêmement minoritaire. Dans les pays où l'on peut connaître l'identité du donneur, rares sont les personnes qui usent de ce droit. En Grande-Bretagne, 10% des gens demandent et seul 1% va au bout des démarches.

© Figaro 2013

Il n’y a pas de spiritualité sans partage

Rencontre entre l’acteur Michæl LONSDALE et le philosophe Frédéric LENOIR

À l’ère de l’individualisme forcené, la quête spirituelle interpelle plus que jamais. Dialogue inspirant entre deux hommes éclairés : le premier, acteur consacré, met en scène une pièce sur la vie de sœur Emmanuelle. Le second, philosophe des spiritualités, est directeur du Monde des religions.

Madame Figaro : Michael Lonsdale, la pièce que vous avez mise en scène sur la vie de sœur Emmanuelle fait salle comble. Qu’est-ce qui rend cette icône si actuelle ?

 

Michael Lonsdale : Son tempérament sacrément culotté. Elle alpaguait les clients dans les restaurants chic. « Je viens vous piquer un peu de fric », disait-elle. Elle fonçait, n’avait aucun tabou, tutoyait tout le monde. Sa vie est un témoignage de liberté.

Frédéric Lenoir : C’était une sœur rock’n’roll ! Elle séduisait aussi parce qu’elle vivait ce qu’elle disait. En matière de spiritualité, nous sommes saturés de discours creux et hypocrites.

Madame Figaro : La spiritualité devient parfois un mot-valise dont on sort ce qui nous arrange. Quel sens y mettez-vous ?

Michael Lonsdale : Comme sœur Emmanuelle, je préfère nommer cela « amour ». Dieu n’est ni dans le ciel ni dans les nuages. Être croyant, c’est aimer Dieu en soi, qui est là, présent par son esprit, en chacun de nous.

Frédéric Lenoir : La spiritualité dépasse le clivage entre croyants et athées. Elle englobe tout ce qui améliore l’être humain : la bonté, la générosité, la capacité à se connaître, le désir de grandir, d’être vrai, d’être juste. Une phrase du dalaï-lama le résume bien. À la question « Quelle est la meilleure spiritualité ? », il répond : « Celle qui vous rend meilleur ».

Madame Figaro : Notre époque a soif de sacré. Est ce pour sortir de l’ici et maintenant, se déconnecter, ralentir ?

Michael Lonsdale : Il est vrai que la foi m’enseigne la patience et apaise mes tensions intérieures. Mais le temps m’importe peu. Je peux prier n’importe où et n’importe quand. Dans la rue, dans le métro... L’esprit de Dieu se manifeste aussi sans prévenir, par des rencontres heureuses, des situations qui s’éclaircissent. J’aime beaucoup cette phrase d’Einstein : « Le hasard, c’est quand Dieu voyage incognito ».

Frédéric Lenoir : Je rejoins Michael. Selon moi, si la prière est un élan permanent, une ouverture du cœur à Dieu, aux autres, à l’univers, la méditation, elle, structure le temps. Depuis trente ans, je médite chaque matin dans ma chambre, en position du lotus, avec une bougie et de l’encens. Je fais silence, je laisse défiler les pensées parasites. Le but n’est pas uniquement de déstresser mais aussi de mettre à distance ses émotions, d’oxygéner son esprit, d’agrandir son espace intérieur.

Madame Figaro : Comment la foi est-elle entrée dans vos vies ?

Frédéric Lenoir : Le questionnement spirituel est venu par la philosophie grecque. À 13 ans, j’ai lu Le Banquet, de Platon. Des questions abyssales ont surgi : « A-t-on une âme ? », « Est-elle immortelle ? » À 19 ans, j’ai lu les Évangiles et, cette fois, Dieu, qui restait pour moi très abstrait, s’est brusquement incarné dans le visage du Christ. Puis j’ai découvert le bouddhisme et j’ai fait une synthèse personnelle entre ces trois grandes sagesses.

Michael Lonsdale : Mon chemin spirituel s’est fait cahin-caha. Au Maroc, où j’ai grandi, un ami de mes parents avait une statuette de Thérèse de Lisieux, qu’il voulait jeter. Du haut de mes 7 ans, j’ai crié : « Non ! C’est sacré ». J’ignorais le sens de ce mot ! Il m’a alors offert la statuette. Et j’ai installé un petit coin de prière dans ma chambre d’enfant. Des années plus tard, près de l’église de Notre-Dame-des-Champs, à Paris, j’ai rencontré une dame aveugle. Je lui ai dit que je cherchais quelque chose de vrai, de pur. « Mon coco, c’est Dieu que tu cherches ! » m’a-t-elle répondu. Elle est devenue ma marraine spirituelle.

Madame Figaro : Qu’est-ce que la foi a changé en vous ?

Michael Lonsdale : Mon regard sur les autres. Elle m’a appris à contrôler mes élans de colère et à respecter l’être humain. Je crois que chaque personne est un trésor. Le pardon a ainsi pris une place importante dans ma vie. J’avais un père indifférent et méprisant. Longtemps je l’ai rejeté. Quelle délivrance j’ai ressentie le jour où je lui ai pardonné, où j’ai compris le sens de cette phrase énorme, capitale : « Pardonnez-vous les uns les autres ».

Frédéric Lenoir : La notion de réconciliation avec soi-même et avec les autres s’inscrit au cœur du chemin spirituel. Adolescent, je ne m’aimais pas. Comme toi, Michael, j’avais des contentieux avec mes parents. La psychothérapie m’a aidé, mais pas totalement. Pour aller jusqu’au bout du pardon qui nous élève, qui nous fait grandir et qui nous apporte une guérison intérieure, j’ai ressenti le besoin de m’appuyer sur une force supérieure, une transcendance qui nous relie. C’est plutôt une réconciliation qui engagerait l’univers tout entier.

Madame Figaro : « Dieu, je le respire et je le transpire », disait sœur Emmanuelle à la fin de sa vie. Quelle place pour le corps dans la relation au sacré ? Est-il un ennemi ou un allié ?

Michael Lonsdale : Sœur Emmanuelle a eu des combats terribles avec ses pulsions sensuelles ! Un jour, elle est sortie dans la rue en disant : « Je veux un homme ». Un inconnu lui a pris le bras et l’a raccompagnée chez elle en murmurant : « Rentre chez toi, mon enfant... » Pour moi, le corps est un allié, car il a permis au Christ de s’incarner pour ressentir au plus profond la détresse humaine.

Frédéric Lenoir : Le christianisme, religion de l’incarnation, ne prend pas vraiment en compte le corps. Dans l’Évangile, Jésus mange, boit, ne condamne ni les pécheurs ni les prostituées. Mais depuis saint Paul et saint Augustin, la morale chrétienne a diabolisé le corps et la sexualité. Le succès des spiritualités orientales en Occident tient en grande partie au fait qu’elles relient le corps, la psyché et l’esprit. C’est l’expérience que j’en fais quotidiennement.

Madame Figaro : La spiritualité relève-t-elle de l’intime ou du collectif ? Quel sens a pour vous le mot partage à l’ère de l’ego XXL et du narcissisme triomphant ?


Michael Lonsdale : Je n’ai jamais aimé prier seul. Il y a vingt ans, j’ai perdu plusieurs proches, dont ma mère, en quelques mois. J’allais très mal. Mon parrain m’a alors emmené à l’église Saint-François-Xavier, à Paris, au sein du renouveau charismatique de l’Emmanuel. Là, j’ai découvert la prière en groupe. Tout à coup des gens priaient pour moi, et je priais pour eux. Depuis, le partage est devenu une réalité tangible.

Frédéric Lenoir : J’en parle dans mon dernier livre, La Guérison du monde. L’humanité est malade de cet individualisme matérialiste qui nous sépare les uns des autres. La spiritualité se situe aux antipodes de ce narcissisme ! Dans la vie intérieure, il y a un paradoxe. Il faut à la fois aller vers soi, se connaître, s’aimer, s’estimer, renforcer l’ego, et en même temps le lâcher, ne pas être obsédé par son nombril, s’oublier. C’est la respiration de la vie spirituelle. Plus on apprend à être en vérité avec soi, plus on est relié aux autres. Pour moi, il n’y a pas de spiritualité sans partage.

Madame Figaro : Quelle fut votre expérience mystique la plus intense ?

Michael Lonsdale : D’entendre littéralement Dieu parler à travers des êtres comme le père Ceyrac, Jean Vanier, Guy Gilbert, sœur Emmanuelle. Je ressens aussi sa présence dans l’art, la musique de Bach et de Mozart notamment. Pour moi, les artistes sont les témoins de l’invisible.

Frédéric Lenoir : Ma première grande rencontre avec le sacré, je l’ai vécue dans la nature, vers l’âge de 10 ans. Je marchais dans une forêt, un rayon de lumière a éclairé une clairière. Et j’ai senti un puissant amour en moi : j’étais soudain bouleversé par la beauté du monde et je sentais que j’étais une partie de ce grand tout. « Se tourner vers les autres, c’est trouver Dieu », aimait aussi à dire sœur Emmanuelle...

Madame Figaro : Sortir de son confort pour aider les plus démunis : avez-vous tenté l’expérience ?

Michael Lonsdale : Dans mon groupe de prière, nous accueillons des personnes en grande souffrance morale et physique. Par la prière et le toucher, je les ai vus se libérer et retrouver le sourire.

Frédéric Lenoir : À 20 ans, j’ai passé quatre mois en Inde dans une léproserie et un mouroir. Ce fut une expérience incroyable car je pensais aider les autres, et ce sont eux qui m’ont aidé. J’ai vécu des moments de communion intense avec des mourants. Je ne parlais pas leur langue, mais je les caressais, je les massais. Leurs regards de joie et de tristesse mêlées m’ont bouleversé car nous étions dans une vérité radicale de la relation. Avec eux, j’ai vécu l’essentiel. C’est pour ça que j’ai construit ma vie sur des valeurs humanistes et spirituelles. Quand on ouvre son cœur, la spiritualité abolit les frontières entre les êtres.

Madame Figaro : L’étymologie de « religion », c’est « relier ». Comment ce mot résonne-t-il en vous à l’approche de Noël ?

Michael Lonsdale : Pour moi, c’est une fête de la rencontre et de la communion.

Frédéric Lenoir : Noël a perdu une bonne part de transcendance, mais garde ce que j’appelle la reliance horizontale : Noël reste une fête de la fraternité, et tant mieux ! Même ceux qui ne croient plus dans le message chrétien ont envie de retrouver leurs proches et parfois même de mener des actions de solidarité. À l’inverse de Sartre, je dirais que l’enfer, c’est d’être seul. Le paradis, c’est d’être relié aux autres dans une relation chaque jour plus joyeuse et généreuse.

© Madame Figaro – 2012

Faites tout ce qu’il vous dira !

Commentaire de l’évangile du 2ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

À Cana en Galilée, un jour de printemps, de parfums et de fleurs, il y eut ce jour-là un banquet de mariage. Une jeune mariée, la « Préférée », a fait « la joie de son Dieu » (première lecture). Un vin surabondant a pétillé aux coupes des convives.

Poète et mystique, Jean n’a rien d’un journaliste qui couvre les mariages mondains. Chaque détail du récit de ce « commencement des signes de Jésus » est un symbole d’une extraordinaire richesse de sens. L’évangéliste ne cherche nullement à exciter notre curiosité. Il veut nous introduire dans le sens profond de notre destinée humaine.

Car le marié de cette noce, l’épousée de Cana, ne sont pas de jeunes villageois dont on ne parle presque pas. Comme l’avait annoncé une longue et belle tradition de la Bible, Dieu est le véritable Époux de l’humanité, sa vraie épouse. Jésus a commencé à révéler sa gloire. La gloire de sa Pâque. L’Épouse non nommée de cette noce, c’est nous. Nous que Dieu aime, en Jésus, pour le meilleur et pour le pire.

« Femme, que me veux-tu ? » Quand viendra l’Heure, il dira sur la croix à son disciple bien-aimé : « Voici ta Mère ». Et ce jour-là l’Alliance entre Dieu et les hommes aura atteint sa plénitude. Nous sommes les enfants de cette Femme, de cette Épouse que sont Israël et l’Église, le peuple élu et les nations, et que représente Marie à la fois « fille d’Israël » et « icône de l’Église ».

Elle nous dit encore : « Faites tout ce qu’il vous dira ». La phrase était déjà celle de pharaon renvoyant les Égyptiens à Joseph qui pouvait combler la détresse des affamés (Gn 41, 55). Marie s’efface devant son fils et le désigne comme le personnage principal. Le vin manque, l’amour est gâché, la vie se perd… alors « quoi qu’il vous dise, faites-le ! »

Et qu’y a-t-il à faire ? Sinon apporter avec tout notre courage l’eau de nos projets humains, avec leurs faiblesses, leurs lassitudes, leurs désespoirs peut-être… et Jésus peut alors y infuser le vin de son amour divin. Et Jésus change la loi et la grisaille en explosion de joie et d’Esprit. À Cana, il a anticipé l’heure de sa Pâque et de sa résurrection, afin que les invités de sa Noce ne forment plus en lui qu’un seul Corps dans la diversité des dons de l’Esprit (deuxième lecture).

Oui en de dimanche de « l’Épiphanie de Cana », laissons-nous envahir par la tendresse du Dieu-Époux. Si nous sommes mariés, notre couple est « signe », « sacrement », « manifestation » de l’Amour de Dieu. Si nous sommes célibataires, nous ne sommes pas sans amour, nous sommes « épousés » par le plus grand amour qui soit. Oui, grisons-nous du vin de Cana qui n’a jamais cessé de couler !

www.kerit.be


Seigneur Jésus,

qui, à la veille de mourir pour nous,

as prié pour que tous tes disciples

soient parfaitement un,

comme Toi en Ton Père et Ton Père en Toi.

Fais-nous ressentir douloureusement

l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître

et le courage de rejeter,

ce qui se cache en nous d’indifférence,

de méfiance et même d’hostilités mutuelles.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en Toi,

afin que, de nos âmes et de nos lèvres,

montent incessamment ta prière

pour l’unité des chrétiens,

telle que Tu la veux,

par les moyens que Tu veux.

En Toi, qui est la Charité parfaite,

Fais-nous trouver la Voie

qui conduit à l’unité

dans l’obéissance à ton amour

et à ta vérité.

Amen !


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