PKO 21.07.2013

Dimanche 21 juillet 2013 – XVIème Dimanche du Temps ordinaire – Année C
Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°41/2013

HUMEURS

ECO-SOLIDAIRE… avec les sans abris

 L’Accueil Te Vai-ete, qui reçoit nos frères et sœurs de la rue, lance cette semaine l’opération « Eco-solidaire »… L’opération consiste à collecter les canettes vides en aluminium afin de  les vendre à une société de recyclage… Le produit de la vente sera entièrement reversé à l’Accueil Te Vai-ete.

Pourquoi une telle opération ?

Écologie… Chaque année 250 milliards de canettes sont consommées dans le monde… et seulement 60% de nos canettes sont recyclées… alors qu’elles sont 100% recyclables…

Solidarité… La société polynésienne Recypol rachète pour approximativement 1 Fr la cannette en aluminium et  la recycle.

Notre intention est donc d’associer  Écologie et Solidarité…

Une action qui permet de sensibiliser tout le monde y compris les accueillis de Te Vai-ete qui participent eux aussi à la collecte…

Une action qui nous rend solidaire au quotidien… ce n’est pas juste une fois, un chèque ou un billet… mais un geste, un réflexe de chaque jour, au travail, à la maison… qui change notre cœur…

Il vous suffit de conserver vos canettes dans un sac ou un carton (les écraser c’est mieux mais pas obligatoire !) et  de les déposer au presbytère de la Cathédrale…

 

En marge de l’actualité

Deux nouveaux diacres permanents

 Jeudi 18 juillet Monseigneur Pascal Chang Soi ordonne deux nouveaux diacres permanents pour le diocèse de Papeete, ce qui porte leur nombre total à 46.

Depuis Vatican II, en plus de l'ordination de diacres en vue du sacerdoce, l'Église catholique autorise et encourage l'ordination diaconale d'hommes mariés en vue du service de la charité, de la parole et de la liturgie.

Il ne s'agit pas, comme certains le pensent, d'une récompense pour des laïcs ayant suivi le cursus de formation : tavini, tauturu-katekita, katekita, mais il s'agit essentiellement et uniquement d'une réelle vocation, une réponse à un appel de Dieu et de l'Église en vue d'un nouvel état de vie pour servir le Peuple de Dieu. Nul n'est besoin d'être katekita pour être appelé au diaconat permanent.

Avec l'accord de son épouse, le diacre permanent accepte le don de Dieu qui lui est fait lors de l'imposition des mains par l'évêque. A son tour, le diacre fait don de sa vie à Dieu et à l'Église, devenant ainsi « clerc » pour servir dans le cadre d'une mission particulière. Mais sa première mission demeure celle qu'il a reçue au jour de son baptême et lors de son mariage : celle d'être présent à son épouse, à sa famille et à son milieu de travail. Placé sous l'autorité de l'évêque, il se voit confier une ou plusieurs missions plus spécifiques selon les besoins de l'Église et de la communauté où il sera envoyé.

Le diacre permanent n'est ni prêtre, ni chef, ni un « super katekita ». Il est avant tout un ministre ordonné, c'est-à-dire un serviteur. Prêtre et diacre exercent d'une manière harmonieuse deux ministères différents qui se complètent ; ils sont deux facettes du Christ qui se veut, par eux, serviteur de tous.

Dominique SOUPÉ - Chancelier

Lumen Fidei : Trois clefs pour une seule porte


Une seule porte conduit vers la liberté, par laquelle « le Christ nous a libérés pour que nous soyons vraiment libres » (Gal 5,1), trois sont les clefs pour l’ouvrir : la foi, l’espérance et la charité. Ces clefs ont deux propriétaires : l’homme et Dieu, qui doivent intervenir ensemble. Aucun des deux ne peut agir sans l’autre. Les vertus théologales, divines, infuses, sont plus encore les fruits de la grâce que de la liberté. L’homme ne peut agir sans le concours de Dieu et Dieu ne veut pas ouvrir cette porte sans la collaboration de l’homme. Jésus qui entra dans le cénacle les portes fermées, « est à la porte et frappe » (Ap. 3,20) au cœur de l’homme, qui est libre d’ouvrir.

Dieu ouvre la porte de la liberté en nous donnant la foi dans la mesure où il nous donne la possibilité de croire et en envoyant ceux qui prêchent l’heureuse annonce de sa vérité et de son amour : l’Évangile. L’homme ouvre la porte en accueillant cette possibilité.

En obéissant à la foi, c’est-à-dire en disant « oui » à Dieu, qui lui parle et à qui il répond en disant « Me voici », comme dirent, par ex, Abraham (Me voici - Gn 22,1), Moïse (Me voici – Ex 3,4), Samuel (Me voici. Parle ton serviteur t’écoute – 1 Sa 3,12) Isaïe (Me voici, envoie-moi ! - Is 6,8), et la Vierge Marie (Me voici, je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole – Lc 1,38) ; En espérant, c’est-à-dire en mettant sa confiance dans les promesses de Dieu, comme Abraham qui « Espérant contre toute espérance, a cru, et ainsi est devenu le père d'un grand nombre de peuples » (Rm 4,18) ; En aimant. C’est-à-dire en imitant l’amour de Jésus et qu’il nous a donné : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé, soyez dans mon amour » (Jn15,12).

Une question nous vient spontanément : « Où naît la charité ? » Cette « clef » qui, avec l’espérance et la foi, ouvre la porte de la liberté ? Elle naît de Dieu. Elle doit donc être demandée à Dieu comme un don. Mais il ne faut pas oublier qu’elle naît aussi de la foi, de l’annonce proclamée par les témoins de l’amour de Dieu pour nous. De la foi naît également l’espérance : « Contre toute espérance humaine, Dieu promet à Abraham une descendance, comme fruit de la foi et de la puissance de l’Esprit Saint » (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n°706). L’espérance reçoit de la foi un saut fondamental et seulement la foi qui, par la foi, arrive à l’espérance.

Grâce – en particulier – aux encycliques sur la charité et sur l’espérance, sous le pontificat de Benoît XVI, nous avons pris possession, plus consciemment et fermement, de deux des trois clefs : la charité et l’espérance. En cette Année de la Foi, le pape François a hérité du magistère de son prédécesseur et nous a offert un approfondissement sur la troisième « clef » : la foi.

La foi éclaire notre vie quotidienne, car avoir foi en Dieu n’est pas un fait qui intéresse seulement notre intelligence, l’aire du savoir intellectuel, mais c’est un changement qui implique toute la vie, toute notre personne : sentiment, cœur, intelligence, volonté, corporéité, émotions, relations humaines. Avec la foi, tout change vraiment en nous et pour nous, et notre destin futur se révèle clairement, la vérité de notre vocation dans l’histoire, le sens de la vie, le goût d’être des pèlerins vers la Patrie céleste.

Mgr Francesco FOLLO

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Pourquoi l’Église dit-elle « non » à la recherche sur les cellules souches d’un embryon ?

Les cellules souches adultes sauvent des vies, celle des embryons non… le contraire

L’Église est ouverte à l’utilisation de cellules souches adultes qui ont déjà apporté la preuve de leur efficacité thérapeutique dans le domaine de la médecine régénérative et dans de nombreuses thérapies prometteuses pour soigner et sauver des vies, sans compter qu’elles ne soulèvent pas d’interrogations au plan éthique. En revanche, non seulement il n’existe pas de thérapies à partir des cellules souches embryonnaires et elles n’en sont même pas à l’état expérimental, car ingérables (en raison de leur instabilité) et souvent à l’origine de tumeurs, mais encore elles conduisent à la destruction de vies humaines au tout premier stade du développement.

À l’heure actuelle, l’unique perspective concrète de thérapie cellulaire chez l’homme reste les cellules souches dites adultes, qui trouvent des applications thérapeutiques et des expérimentations cliniques et ne posent pas, au plan éthique, de problèmes spécifiques.

Pour compenser la détérioration continue des cellules matures des tissus et, par conséquent, la rapide et inexorable dégénération de tous les organes, la nature a mis au point des systèmes. Ce travail, souvent frénétique, d’entretien du corps dont nous n’avons même pas conscience est, en effet, accompli par les cellules dites somatiques ou tissu-spécifiques, appelées aussi cellules « adultes », qui apparaissent déjà dans les phases plus tardives du développement du fœtus. Les cellules souches somatiques sont des cellules présentes dans les tissus du corps humain. Des cellules souches adultes ont été découvertes dans le sang du cordon ombilical, du placenta, de la moelle osseuse chez les adultes, dans le cerveau et dans de nombreux autres tissus et organes de l’adulte.

Ce sont donc des cellules encore indifférenciées capables de se multiplier presque indéfiniment tout au long de la vie et de donner naissance à plusieurs types de cellules spécialisées - hématiques, épithéliales, osseuses, etc. – assez pour régénérer et réparer les tissus et les organes éventuellement endommagés.

Depuis toujours, l’Église se prononce en faveur des cellules souches adultes, parce que leur utilisation a permis d’obtenir des résultats prometteurs dans le traitement de nombreuses maladies également dégénératives comme la maladie de Parkinson, dans le cas de brûlures, même très étendues, avec guérison complète - et aussi parce qu’elles ne soulèvent pas de problèmes éthiques. Les facteurs positifs liés aux cellules souches adultes sont innombrables : tout d’abord, répliquées in vitro à partir de « cellules mères » du récepteur même et reconnues par celui-ci comme lui étant propres, c’est-à-dire génétiquement compatibles, elles ne suscitent pas de phénomène de rejet. Le prélèvement de cellules souches adultes ne comporte donc aucun risque pour l’intégrité physique et la vie de la personne sur laquelle elles sont prélevées.

Spécifiquement, les cellules souches de la moelle osseuse sont à l’origine de plus de quatre-vingt applications thérapeutiques (régénération du myocarde, du muscle squelettique, correction d’altérations du système nerveux central) et d’environ trois cents expérimentations cliniques. Elles possèdent une haute capacité de différenciation, mais peuvent aussi faire l’objet d’une greffe autologue ou autogreffe (le donneur et le receveur sont la même personne). Elles ne suscitent pas de réactions de rejet à la suite d’une greffe hétérologue (le donneur et le receveur ne sont pas la même personne), même parmi des espèces différentes (les cellules humaines peuvent coexister, par exemple, avec celles de la souris), permettant ainsi l’expérimentation sur des modèles in vivo.

En outre, ces cellules ont été trouvées également dans des fœtus après des avortements spontanés. Dans ce dernier cas, comparable à celui d’un prélèvement d’organes sur des adultes une fois la mort constatée, les prélever sur des fœtus après des avortements spontanés ne saurait en aucun cas porter atteinte au droit de l’embryon d’être considéré comme un être humain vivant digne, comme nous-mêmes, de respect et de protection. Le rejet à la suite d’une greffe de ce type de cellules est pratiquement nul et elles peuvent se multiplier jusqu’à former un nombre considérable de cellules in vitro.

Très utilisées également, les cellules de cordon ombilical sont préposées au développement de thérapies pour les maladies du sang. Ces cellules souches sont également moins sujettes à des réactions de rejet et on peut les isoler des cordons ombilicaux venant d’un don et les conserver dans des « banques de stockage » appropriées. Il y a des limites à leur utilisation, la principale étant qu’elles ne sont pas disponibles en quantité suffisante.

Concrètement, elles sont suffisantes pour réaliser des opérations chez des patients d'âge pédiatrique, mais seulement rarement, pour des greffes sur des individus adultes. Les cellules souches du cordon ombilical soulèvent des problèmes d’ordre éthique liés à leur conservation, leur utilisation et leur destination.

En effet, il est un principe bien établi et toujours valable, selon lequel le commerce ou la spéculation économique sur des cellules, tissus ou organes humains, n’est pas autorisé. En outre, destiner les cellules souches du cordon ombilical exclusivement à un usage autologue ne ferait que favoriser la diffusion de bio-banques privées et la spéculation commerciale sur ce type de cellules, sans perspectives thérapeutiques réalistes. À l’évidence, les recueillir et les conserver dans des structures publiques offrent également l’avantage de créer une réserve beaucoup plus importante de cellules souches issues du cordon ombilical, dont pourraient bénéficier tous les malades, fortunés ou pas, y compris les donneurs et leurs consanguins.

En revanche, les cellules souches embryonnaires n’ont pas donné jusqu’à ce jour de résultats thérapeutiques appréciables, pas même sur les animaux. En outre, leur découverte requiert le sacrifice conscient et prémédité d’embryons humains, auxquels la droite raison et, encore plus, la science reconnaissent la pleine dignité d’êtres vivants.

Les cellules souches embryonnaires sont, en revanche, beaucoup plus « plastiques » (flexibles) que les cellules adultes. Elles ont une capacité à se différencier spontanément en différents types cellulaires spécialisés, car leur fonction est de donner un individu complet. Mais pour les obtenir, les conditions suivantes sont nécessaires :

1-  la production d’embryons humains et/ou l’utilisation des embryons « surnuméraires », provenant de la fécondation in vitro, ou de la cryoconservation ;

2-  leur développement jusqu’au stade de blastocyste initial, autrement dit lorsqu’il est constitué d’environ 80-160 cellules ;

3-  le prélèvement de cellules, environ 30-40, au cinquième-sixième jour du développement, opération qui provoque l’arrêt du développement embryonnaire et la destruction de l’embryon ;

4-  la mise en culture de ces cellules qui conduit à la formation après leur multiplication de colonies de « lignées cellulaires », cellules autonomes capables de se multiplier indéfiniment pendant des mois et des années.

À présent, même si les premières lignées cellulaires embryonnaires ont été découvertes en 1961 et qu’on a réussi à les multiplier en culture, elles n’offrent aucune application thérapeutique en l’état actuel de la recherche. En effet, malgré les années, le gaspillage d’intelligence et de capitaux par de grandes entreprises, nous en sommes encore, dans ce domaine de recherche, au stade de l’expérimentation sur les animaux et, même alors, leur utilisation se révèle hautement risquée. En effet, certaines études ont permis de constater qu’un nombre très élevé de cellules souches embryonnaires transplantées sur des rats affectés de la maladie de Parkinson se reproduisait de façon incontrôlée, donnant naissance à des formes tumorales.

À quoi il faut ajouter que les cellules souches embryonnaires, indépendamment de l’embryon sur lequel elles sont prélevées, appartiennent à un individu génétiquement différent du receveur, et reconnues par celui-ci comme ne lui étant pas « propres », et donc elles seront rejetées. En outre, il arrive souvent que des cellules souches embryonnaires humaines soient mises en culture sur une couche nourricière de cellules provenant du rat, comportant donc un risque de contamination qui, dans le cas d’une greffe sur un être humain, déclencheraient une réaction immunitaire.

Les problèmes se multiplient donc si on considère les risques élevés de défauts ou d’altérations dans le développement des embryons humains produits à l’aide des techniques de fécondation extracorporelle (in vitro), pour lesquelles une augmentation significative d’instabilité et d’altérations génétiques a été constatée. Par conséquent, si l’embryon au stade du blastocyste (stade dans lequel s’effectue le prélèvement des cellules souches) présente ces anomalies, il est très probable que les cellules de sa masse cellulaire interne présenteront également les mêmes anomalies.

Les cellules souches embryonnaires posent, en outre, de nombreux problèmes d’ordre pratique : en effet, il faut disposer d’une grande quantité d’embryons surnuméraires pour les utiliser, et d’un grand nombre d’ovocytes féminins pour parcourir la route du clonage – de façon à assurer la réserve embryonnaire -. Il y a aussi le problème du sort des embryons surnuméraires qui ne sont pas employés dans la recherche. Un problème qui n’est pas facile à résoudre, tant et si bien qu’il y a ceux qui penchent pour l’adoption et ceux qui considèrent qu’il faut décongeler ces embryons et les laisser mourir en culture, ou encore les cryo-conserver indéfiniment. Les aspects éthiques qui freinent principalement la recherche concernent le statut de l’embryon, qui est un sujet pleinement humain dès le premier moment de sa conception.

Au jour d’aujourd’hui, les biologistes du développement s’accordent presque tous à penser que la fusion de deux gamètes donne naissance à un nouvel individu, qui porte en soi inscrit un nouveau projet de vie bien défini, et qui dès les premiers instants et de façon autonome, instant après instant et sans discontinuité, se développe selon le plan programmé dans son génome. Et donc un individu pleinement humain, auquel on doit reconnaître les droits fondamentaux dont jouit tout nouveau-né, parmi lesquels en premier lieu le droit à la vie, à l’intégrité physique, aux soins, à la vie privée. Enfin, l'utilisation des embryons pour la recherche nécessiterait le consentement éclairé du sujet de l’expérimentation. Mais dans ce cas, qui serait le sujet mandaté pour donner l’autorisation ?

Mais, par ailleurs, comme le rappelle la Congrégation pour la doctrine de la foi (Instruction Dignitas Personae, n.32), l’extraction et l’utilisation de cellules souches d’embryons produits à l’aide de techniques de fécondation et qui sont morts par avortement spontané, ou de fœtus morts de mort naturelle, ne posent pas de problèmes moraux.

La seule objection soulevée tient à la nécessité d’exclure tout rapport de causalité entre le prélèvement de cellules souches embryonnaires et l’avortement, ou tout type de complicité entre le groupe de biologistes et de médecins qui produisent en éprouvette l’embryon et l’équipe biomédicale qui utilisera les cellules souches embryonnaires. Sur ce point, l’Instruction Donum vitae est très claire, quand elle affirme : « Les cadavres d’embryons ou foetus humains, volontairement avortés ou non, doivent être respectés comme les dépouilles des autres êtres humains. En particulier, ils ne peuvent faire l’objet de mutilations ou autopsies si leur mort n’a pas été constatée, et sans le consentement des parents ou de la mère. De plus, il faut que soit sauvegardée l’exigence morale excluant toute complicité avec l’avortement volontaire, de même que tout danger de scandale » (cf. Donum vitae, I, 4).

À ceux qui soutiennent qu’entraver la recherche à partir de cellules souches embryonnaires, pour des raisons d’ordre éthique, c’est assécher un filon prometteur de l’expérimentation scientifique, il est utile de rappeler que les chercheurs ont réussi à créer des techniques pour « rajeunir » les cellules souches adultes de façon à former des cellules dotées de caractéristiques similaires à celles embryonnaires.

Dans son ouverture à l’utilisation de cellules souches embryonnaires adultes, l’Église intervient non pas à partir de dogmes de foi, mais soucieuse de protéger la vie plus vulnérable et d’accompagner le chemin du progrès technologique en vue de la réalisation du bien-être réel de l’homme.

Ainsi donc, la position qui est celle de l’Église catholique depuis toujours face à la recherche orientée sur la destruction d’embryons humains est enracinée dans le respect des valeurs humaines fondamentales, comme le clarifie expressément l'Instruction Donum Vitae, quand elle affirme que l’intervention du Magistère, même en ce domaine, « s'inspire de l'amour qu'elle doit à l'homme, en l'aidant à reconnaître et à respecter ses droits et ses devoirs ».

Pour l’Église, les embryons ne sont pas réductibles à un matériel de laboratoire dans une logique utilitariste qui réduit l’être humain dans les premières phases de sa vie à n’être qu’un simple amas de cellules, dont l’adulte peut tirer à son gré le maximum de profit, substituant ainsi les exigences de la recherche scientifique à la dignité absolue et inconditionnelle de tout être humain.

Dans sa Déclaration sur la production et l’usage scientifique et thérapeutique des cellules souches embryonnaires humaines, l’Académie pontificale pour la vie affirme que l’embryon humain vivant est - à partir de la fusion des gamètes - un sujet humain avec une identité bien définie qui a droit à sa vie propre. Aucune fin considérée comme bonne, telle l’utilisation de ces cellules en vue de traitements thérapeutiques, ne peut justifier une telle intervention. « Une fin bonne – précise la Déclaration – ne rend pas bonne une action en soi mauvaise ».

Dans son message aux participants du Congrès international « Cellules souches adultes : la science et l’avenir de l’homme et de la culture », en novembre 2011, Benoît XVI a mis en garde contre certains risques, observant que « la mentalité pragmatique qui influence souvent la prise de décision aujourd'hui est trop incline à prendre tous les moyens disponibles pour obtenir la fin souhaitée, malgré l'évidence des conséquences désastreuses de cette façon de penser. Quand la fin est tellement désirée, comme la découverte d'un traitement pour les maladies dégénératives, il est tentant pour les hommes politiques et les médecins de laisser de côté les objections éthiques et de continuer d'aller de l'avant avec n'importe quelle recherche paraissant offrir quelques possibilités de progresser. »

Cependant, a expliqué le pape, la liberté de la science ne peut être absolue, d’où il ressort que « le dialogue entre science et éthique est de la plus haute importance pour s'assurer que les progrès de la médecine ne se fassent jamais à un coût humain inacceptable. »


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En quittant Rome…

Témoignage de Frédéric MOUNIER, correspondant de La Croix à Rome

À quelques heures de mon retour définitif en France, après quatre années romaines, mes antennes vaticanistes captent de drôles d’histoires.

Ce matin, au bar, devant un cappuccino : « J’ai trouvé une magnifique Mercedes d’occasion, belle comme un soleil. C’est une ex du Vatican. »

Déjà ? A peine, le pape François a-t-il condamné, samedi dernier devant 6 000 séminaristes du monde entier, l’usage de belles voitures par le clergé (« Ces prêtres devraient penser aux enfants qui meurent de faim dans le monde… ») et le Vatican se séparerait déjà de son parc automobile ? Il faut dire qu’à l’intérieur de la (petite) Cité, François utilise pour ses déplacements une modeste Ford milieu de gamme. Quand il ne se déplace pas tout simplement à pied. « On n’en a pas pour notre argent ! » grommellent certains, attentifs au respect de la dignité pontificale.

Les mêmes sont restés blessés de l’absence impromptue du pape François le 22 juin, au concert donné en son honneur à l’occasion de l’Année de la Foi : « Vraiment, c’est discourtois à l’égard de ceux qui l’attendaient. » Le pape avait préféré poursuivre ses réunions de travail avec les nonces apostoliques, présents à  Rome pour la première fois depuis longtemps.

Les mêmes, encore, sont restés sans voix, plus qu’agacés, devant les images et les propos du pape, lundi 8 juillet à Lampedusa, devant les rescapés africains de la traversée de la Méditerranée : « Chers immigrés musulmans… ». Les mêmes avaient toussé lorsque le pape, pour le Jeudi saint, avait lavé les pieds d’une jeune détenue musulmane.

Le peuple romain, pour sa part, s’interroge de deux façons. Beaucoup reconnaissent : « Lui, au moins, il n’est pas corrompu ! Mais combien de temps vont-« ils » le laisser en paix ? » Et d’évoquer le sort supposé tragique de l’éphémère Jean-Paul Ier, dont la sagesse populaire romaine, avertie par vingt siècles d’intrigues violentes, s’accorde à penser qu’il n’a pas rejoint naturellement la Maison du Père.

Tandis que d’autres persistent à regretter de ne pas voir François « faire le pape », habiter l’« Appartamento » du Palais apostolique, s’abstraire de la pompe pontificale.

On raconte que, passant le seuil de l’ascenseur de la résidence Sainte-Marthe, le pape s’est trouvé face à deux prélats tétanisés : « Je ne mords pas ! » leur aurait-il lancé…

Plus sérieusement…

La volonté de réforme du pape François ne fait absolument aucun doute : assainissement des finances et du clergé, remise en route du gouvernement central de l’Église, facilitation des relations entre le centre et les périphéries de l’Église, insistance forte sur les valeurs évangéliques d’accueil, de pardon et de miséricorde.

Compte tenu de sa réputation de rigueur et de détermination, tout cela ne fait pas que des heureux. Les fameux « ils », évoqués par le peuple romain, s’inquiètent de perdre leurs offices, voire leurs privilèges. L ‘incarcération, il y a une semaine, d’un « Monsignore » responsable de la comptabilité à l’APSA, l’organisme chargé de la gestion du patrimoine du Vatican, n’en finit pas de faire des vagues. Des noms, des montants, circulent avec insistance.

Les deux groupes de travail nommés par François pour des audits tous azimuts travaillent, dit-on, vite et bien. D’aucuns rappellent que François, originaire de l’hémisphère sud, n’est habitué à aucune pause estivale en juillet août : pour lui, c’est l’hiver et on travaille…

Mais déjà, les fameux « ils » ont fait sortir une affaire susceptible d’embarrasser le pape : l’une des rares nominations à laquelle il a procédé aurait peut-être, selon certains, nécessité une enquête plus approfondie sur la moralité personnelle de l’impétrant.. Sournoises mœurs romaines…

Encore plus sérieusement…

La ligne de tension qui semble peu à peu séparer les laudateurs du pape François de ceux qui manifestent leur défiance semble être l’exact envers de celle qui a parcouru le pontificat de Benoît XVI.

Pour les uns, la doctrine sociale de l’Église (justice, paix, démocratie, destination universelle des biens, subsidiarité, etc …) est la mise en œuvre la plus aboutie de l’Évangile et justifie une mobilisation de toute l’Église. C’est une question d’éthique publique, vitale pour le monde, avec lequel il faut « entrer en conversation » selon les mots de Paul VI. Cette voie semble celle choisie par le pape François, habillée de simplicité et de sobriété.

Pour les autres, les « points non négociables » en matière d’éthique privée (avortement, euthanasie, mariage, etc…) sont les clés de voûte d’une humanité vivable et durable. Ils justifient de courir le risque d’une opposition frontale au sein de sociétés partant à la dérive. Cette voie a été empruntée par beaucoup des admirateurs de Benoît XVI, qui se félicitaient de la facilité avec laquelle il endossait les attributs du pouvoir pontifical.

Le problème est qu’en aucun cas on ne peut opposer ces deux papes et ces deux lignes. Elles traversent l’Évangile de bout en bout. Le soin et la célérité avec lesquelles François a publié  l’encyclique débutée par Benoît en témoigne. L’Église catholique n’est pas exclusive (« ou-ou »), mais inclusive (« et-et »), disait le P. Bruno Chenu, ancien rédacteur en chef religieux de « La Croix ». Le justice sociale, le respect du à l’embryon, le refus d’instituer un « droit à mourir », l’accueil des immigrés, c’est tout un. Telle est la ligne du pape François, comme elle fut celle de ses prédécesseurs, pour qui voulait bien entendre et lire l’ensemble de leurs homélies et encycliques. Seuls varient les points d’insistance. Mais l’observateur avisé doit s’en tenir au fond, pas à la surface des choses.

Reste que beaucoup à Rome s’interrogent : François ne connaîtra-t-il pas le sort d’Obama. Celui-ci est passé du « Yes, we can ! » (« Oui, nous pouvons ! »), à « Yes, we try ! » (« Oui, nous tentons ! »), et enfin à « Yes, we tried ! » (« Oui, nous avons essayé ! »).

Comme on dit à Rome : « Preghiamo e speriamo bene. » (« Prions et espérons. »)

© La Croix - 2013

L’impact économiquse des J.M.J. :

Des critiques sur le coût des J.M.J. mais pas contre le Pape

Le cardinal Odilo Scherer, archevêque de São Paulo, a estimé mardi 16 juillet qu’il serait « impensable » de réaliser les Journées mondiales de la jeunesse catholique sans argent public, en réponse à des critiques à peine voilées de la presse sur le coût des JMJ qui doivent se dérouler à Rio du 23 au 28 juillet.

« Il ne s’agit pas de dépenses payées à quelqu’un qui va partir avec l’argent (du pays). Cet argent est injecté au Brésil. Il génère des impôts, du travail et ainsi de suite. C’est sans aucun doute une injection de sang neuf dans l’économie », a déclaré le cardinal Scherer cité par le quotidien Folha de São Paulo.

Le coût des JMJ est évalué à entre 320 et 350 millions de reais (13 et 14,5 milliards de francs CFP) dont 118 millions (4,8 milliards de francs CFP) à la charge de l’État, selon la presse. L’impact économique de ces JMJ, qui devraient créer plus de 20 000 emplois, est toutefois estimé à 20  milliards de francs CFP (500 millions de reais).

FAIBLE NOMBRE D’INSCRITS

« Les coûts sont en majorité payés par les participants qui règlent leurs frais de voyage et par les organisations locales. Il y a également les sponsors. Mais il serait impensable de réaliser un événement de masse sans l’appui des pouvoirs publics », souligne l’archevêque qui a rappelé que « le pape François était non seulement un dirigeant religieux mais le chef de l’État du Vatican et que, cela étant, il était souhaitable qu’il reçoive le même traitement que celui donné aux chefs d’État. »

Selon le quotidien brésilien O Globo, le gouvernement brésilien aurait refusé, la semaine dernière, une rallonge budgétaire de près de 1,2 milliards de francs CFP en vue de couvrir un éventuel déficit des JMJ dû au faible nombre d’inscriptions.

En effet, les organisateurs attendaient entre 1 et 2 millions de participants dont les inscriptions devaient couvrir 70 % du budget. Mais, début juillet, le nombre d’inscrits n’était que de 320 000, même si les organisateurs préviennent que le nombre d’inscrits augmente considérablement dans les tout derniers jours.

« LA VISITE DU PAPE, C’EST DIFFÉRENT DU MONDIAL OU DES JEUX OLYMPIQUES »

Le faible nombre d’inscrits serait dû aux manifestations sociales parfois violentes que le Brésil connaît depuis juin et qui semblent avoir découragé certains jeunes pèlerins. Ainsi, seuls 1 153 Canadiens seront présents à Rio (contre 5 000 à Madrid, en 2011). De même, les États-Unis n’enverront que 9 500 jeunes (contre 29 000 à Madrid et 15 000 à Sydney en 2008).

Si le coût des JMJ est critiqué, la visite du pape en elle-même ne semble pas être dans le collimateur des manifestants. « Les critiques sont plus contre les dépenses publiques pour le Mondial et les JO. Je n’ai pas entendu beaucoup de critiques contre le pape », a confié à l’AFP Mario Campagnani, 29 ans, membre du Comité Populaire Mondial-2014 et JO-2016 de Rio, l’un des fers de lance des manifestations de juin et la facture des JMJ.

Selon lui, « la visite du pape est un thème délicat car le Brésil est un pays très catholique. Les gens estiment que la visite du pape, c’est différent du Mondial ou des Jeux olympiques. »

« IL EST PARFAITEMENT RAISONNABLE QUE LE PAPE SOUTIENNE CES CAUSES »

Au contraire, les jeunes Brésiliens qui ont manifesté en juin contre la misère des services publics et la corruption espèrent que le pape François soutiendra leurs revendications.

« Ces manifestations ont un caractère social et protester pour plus de justice et contre la corruption et les abus sont des préceptes de l’Évangile », déclare à l’AFP Tanat Resende, une étudiante en droit de 22 ans, catholique, qui a pris part aux manifestations massives du mois dernier. « Il est parfaitement raisonnable que le pape soutienne ces causes », estime-t-elle, doutant que la visite du pape serve de détonateur à de nouvelles manifestations, quand le pays sera de nouveau sur le devant de la scène internationale.

Le pape François, qui depuis son élection insiste sur la nécessité de prêter plus d’attention aux plus démunis, logera d’ailleurs à Rio dans une chambre modeste, après avoir refusé celle plus luxueuse qui avait été d’abord proposée.

« LE PAPE VA NOUS AIDER À LUTTER CONTRE LA CORRUPTION »

« La position “anti-corruption” du pape va nous aider à lutter contre la corruption, la pauvreté et la misère », estime d’ailleurs Natalia Pinto, une catholique de 21 ans qui a aussi manifesté en juin.

« Le pape aura certainement des mots pour les questions soulevées par les jeunes, pour leurs nombreuses insatisfactions ou requêtes, mais aussi pour leur grand désir de participer aux changements. Ils peuvent attendre du pape des mots qui les orientent », a d’ailleurs confié à la presse le cardinal Scherer qui a fait l’éloge des manifestations des jeunes lorsqu’elles sont « non violentes ou anarchiques » et considère qu’elles sont le fruit d’une « une prise de conscience ».

N. S. (avec AFP et National Catholic Reporter)

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N’oublie pas l’essentiel…

Commentaire de l’Évangile du XVIème Dimanche du Temps ordinaire

C’étaient deux sœurs. Elles avaient un frère, Lazare. Les évangiles en parlent trois fois, dans des scènes où leurs tempéraments sont bien typés à chaque fois. Marthe l’active. Marie la paisible. Saint Jean, en une courte phrase, nous dit que « Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare » (Jn 11,15). Et, à l’occasion du deuil qui a frappé cette famille, il nous rapporte que Jésus pleure. Une autre fois, on voit Marthe en train de servir une autre repas, et Marie de nouveau « assise aux pieds de Jésus » (Jn 12, 2-3). Ainsi Jésus avait des amies. C’était chez elles qu’il revient chaque soir de sa dernière semaine avant de mourir. Voici donc un lieu où il a pu goûter la douceur de l’amitié. Dans l’Apocalypse, Jean écrira : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui, et lui avec moi » (Ap 3,20)

Contemplons dans le cœur l’admirable icône de Marie, assise aux pieds du Seigneur. Jésus parle, elle écoute. Que disent-ils ensemble ? Lui raconte-t-il la parabole du Bon Samaritain ? J’aime plutôt imaginer que Jésus lui murmure des confidences sur sa mort et sa résurrection. Plusieurs fois, il a tenté de partager ses soucis avec ses apôtres, mais ils n’ont pas voulu ou pas pu comprendre. Avec cette disciple féminine, qui sait ? N’y a-t-il point eu une mystérieuse connivence ? Nous savons en tout cas, par Jean et par Marc, que cette femme intuitive a mieux saisi que d’autres, le mystère de l’ensevelissement et de la résurrection de Jésus. Jésus reviendra à Béthanie, dans sa maison, juste avant sa Pâques. Marie, doucement, fera, à l’avance, une sorte d’embaumement avec un parfum de très grand prix... ! L’exquise finesse de Marie !

Mais gardons-nous de déprécier Marthe ! Marthe est utile. Marthe est indispensable ! Marthe est aimante ! Jésus est honoré aussi par tout amour qui se met au service des autres... « Vous m’avez donné à manger, vous m’avez donné à boire, venez les bénis de mon Père » (Mt 25,34). Jésus est sanctifié par toutes les tâches ménagères, si humbles, si pleines d’amour, de tant de femmes, dans le monde entier, dans toutes les civilisations, et qu’on pense si peu à remercier.

Pourtant Jésus n’invite pas Marie à se montrer « gentille » avec sa sœur. « Marthe, n’oublie pas l’essentiel », dit Jésus. Marthe s’est dépensé autant qu’Abraham et Sara pour accueillir leurs hôtes. Jésus apprécie la chaleur de son accueil actif, mais lui reproche l’agitation, la crispation le « stress » qu’elle y met. L’inquiétude et le souci nous replient sur nous-mêmes. Le temps des vacances pourrait devenir davantage un temps pour retrouver notre équilibre, notre paix intérieure et notre liberté.

Pour vivre le temps de l’action et du service sans excitation, il faut laisser la place à « l’unique nécessaire ». Jésus aime qu’on lui donne la priorité.  L’écoute aimante de sa Parole doit passer avant tout. Il faut lui réserver « la meilleure part » de nos journées. Et quand nous le faisons, regardons comme notre action devient alors réellement « efficace ». Nous devenons capables d’écouter vraiment les autres et de les aider par la joie paisible que nous mettrons dans leur service.

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