Pko 13.12.2015

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°62/2015

Dimanche 13 décembre 2015 – 3ème Dimanche du Temps de l’Avent – Année C

Humeurs

Fermeture de la Cathédrale… suite

Sans écho direct du destinataire de notre courrier au sujet de la fermeture de la Cathédrale… nous ne pouvons que nous faire l’écho de ce que la presse nous rapporte…

Interrogé vendredi matin, le maire de Papeete ne semble pas touché par cette décision. « C'est lui (Père Christophe) qui a cherché à attirer tous ces SDF. Ce sont des Polynésiens, le matin, ils viennent. Le soir, ils suivent père Christophe. C'est bien qu'il ferme », ajoute-t-il nonchalamment avant de rappeler que le Pays a « un nouveau projet de centre d'accueil (pour personnes sans domicile fixe) ». (Tahiti-info – 7 décembre 2015)

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 « Le curé s’occupe des âmes, moi je protège ma ville »

Devant les élus municipaux, le maire de Papeete s’est brièvement exprimé hier au sujet de la décision du père Christophe de fermer la cathédrale en dehors des offices. « Le curé s’occupe des âmes, moi je protège ma ville », a-t-il déclaré alors que plusieurs internautes l’accusent de n’avoir pas su assurer la sécurité aux abords de l’édifice. « Nous avons donné des consignes à la police concernant les SDF. Nous avons mis en place des agents de proximité pour les chasser, mais ils n’ont pas pu faire leur travail parce que ces SDF sont protégés… », a-t-il ajouté. Le tavana a aussi rappelé que c’est lui qui avait fait retirer la clôture entourant jadis la cathédrale, afin de l’ouvrir « à tout le monde ». « Ce n’est donc pas moi qui l’ai fermée, au contraire. » (La Dépêche – 10 décembre 2015)

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Curieux… le 22 mai 2009, Mr le Maire de Papeete accordait un entretien au Journal La Dépêche à l’occasion d’un repas servi par la Mairie de Papeete pour les SDF au Parc Bougainville. Voici l’intégralité de cet entretien :

Michel Buillard Maire de Papeete : « Nous commençons vraiment à appréhender le phénomène des sans-abri »

Pourquoi ce repas ? J’ai voulu associer les personnes laissées au bord de la route par notre société de consommation actuelle au 119e anniversaire de la municipalité. Nous commençons vraiment à appréhender le phénomène des sans-abri, pour lequel nous avons d’ailleurs diligenté une étude, et nous allons procéder de la même façon pour les prostituées car il ne faut pas se voiler la face : la prostitution existe ! La municipalité a missionné, à cet effet, un sociologue qui va travailler en immersion totale dans le milieu de la rue.

Le problème des sans-abri n’est pas nouveau, pourquoi s’en soucier seulement maintenant ? D’abord parce que le nombre de SDF est en augmentation. On en compte 300 aujourd’hui. Et puis, c’est une nouvelle orientation, je le reconnais, peut-être une prise de conscience beaucoup plus aiguë du conseil municipal, et en particulier du maire, qui assiste un peu impuissant à cette montée de l’égoïsme. Le phénomène des SDF existe, et il faut accompagner ces gens.

Peut-on supposer que cette soirée est un point de départ pour un véritable plan d’actions ? Tout à fait. Une réelle volonté se dégage du conseil municipal. Un séminaire a été mis en place pour discuter de ces questions.

Est-ce que des repas comme celui de ce soir pourraient devenir réguliers ? J’aimerais en organiser une fois par mois au moins, même si cela demande beaucoup d’organisation.

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Mais cet entretien… c’était au temps où l’aide au SDF était dans le vent… était politiquement correct ! La politique a ses raisons que la raison n’a pas !!!

 

Prière du Pape François

Marie, Mère de la Miséricorde

Vierge Marie,

en ce jour de fête pour ton Immaculée Conception

je viens te présenter l’hommage de foi et d’amour

du peuple saint de Dieu qui vit dans cette ville et ce diocèse.

Je viens au nom des familles, avec leurs joies et leurs fatigues ;

des enfants et des jeunes, ouverts à la vie ;

des personnes âgées, chargées d’années et d’expérience ;

je viens tout particulièrement à toi

de la part des malades, des détenus,

de ceux pour qui le chemin est plus dur.

Comme Pasteur, je viens aussi au nom de ceux

qui sont arrivés de terres lointaines

en quête de paix et de travail.

Sous ton manteau, il y a de la place pour tous,

parce que tu es la Mère de la Miséricorde.

Ton cœur est plein de tendresse envers tous tes enfants :

la tendresse de Dieu, qui a pris chair en toi

et qui est devenu notre frère, Jésus,

Sauveur de tous les hommes et de toutes les femmes.

En te regardant, notre Mère Immaculée,

nous reconnaissons la victoire de la divine miséricorde

sur le péché et sur toutes ses conséquences ;

et se ravive en nous l’espérance d’une vie meilleure,

libre des esclavages, des rancœurs et des peurs.

Aujourd’hui, ici, dans le cœur de Rome,

nous entendons ta voix maternelle qui appelle chacun

à se mettre en chemin vers cette Porte,

qui représente le Christ.

Tu dis à tous : « Venez, approchez-vous dans la confiance ;

entrez et recevez le don de la miséricorde ;

n’ayez pas peur, n’ayez pas honte :

le Père vous attend à bras ouverts

pour vous donner son pardon

et vous accueillir dans sa maison.

Venez tous à la source de la paix et de la joie. »

Nous te remercions, Mère immaculée,

parce que sur ce chemin de réconciliation,

tu ne nous laisse pas seuls, mais tu nous accompagnes,

tu es proche de nous et tu nous soutiens

dans toutes les difficultés.

Bénie sois-tu, maintenant et toujours. Amen.

Rome- Place d’Espagne - 8 décembre 2015

© Libreria Editrice Vaticana - 2015

La parole aux sans paroles – 14

Un « camps rupture » à la presqu’île

Une vingtaine de SDF a participé à des « camps rupture », une initiative du ministère de l’Éducation. Pendant deux sessions, ils ont quitté « leur rue » et se sont tous retrouvés à la presqu’île : apprendre à vivre ensemble, le respect de soi et d’autrui, l’hygiène via les activités du quotidien. Comment la « rupture » a-t-elle été vécue ? Vacances ou isolement ? Quel bilan ? Quelles suites ?…

Maïna : « J’ai tout aimé, toutes les activités. En fait, nous, les femmes, on devait tresser le "ni’au" pour faire le toit des "fare". Et le soir, comme il y avait des couples, moi je suis avec Daniel, on avait hoa une bâche chacun. Ça change, c’est top. »

Daniel : « C’était bien ! Comment il faut dire ? Là-bas, il n’y a pas de "poulets", on pouvait dormir tranquille. Cool, on pouvait manger, dormir, aller pêcher à la ligne ou au filet, monter les "fare". Cool quoi ! »

Taivaehaa : « J’ai tout aimé. Là-bas, j’ai fait la cuisine, quand il fallait remplacer celle qui préparait à manger. C’est ça que j’ai beaucoup aimé, c’est exactement ce que j’aime. »

Joselito : « Moi, j’étais content de vivre en groupe. On a fait un "faapu", on a fait des randonnées. C’était génial ! »

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Papeete, votre chez-vous, ne vous a pas manqué ? Vos habitudes ?

Maïna : « Non ! »

Taivaehaa : « Personnellement, ça ne m’a pas du tout manqué. ».

Joselito : « Non ! »

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Une journée type ?

Joselito : « On a construit deux "fare potee" pour les touristes ou les écoles. Ça fait un abri. »

Taivaehaa : « En fait on nous a divisé en groupe. Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Les hommes se chargeaient de la construction des "fare potee". Tandis que les femmes faisaient les travaux manuels. Mais il y avait certaines femmes qui préféraient faire le boulot des hommes parce qu’elles s’ennuient. Et j’ai bien aimé cette cohésion hommes/femmes. »

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Et il y avait beaucoup de femmes ?

Maïna : « On était 6, 7. ! »

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Et aucun problème ?

Daniel : « Juste des petits problèmes qu’on règle vite fait. Rien à voir avec ici. Ici, c’est les gangs. C’est simple : là-bas on était des “stagiaires”, ici on est des SDF. Voilà ! ».

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La suite…?

Maïna : « Ils nous ont promis des CAE. ».

Taivaehaa : « Au départ, il était question de contrats CAE à la fin des camps. Mais il n’y a rien de concret aujourd’hui. C’est bien beau devant mais là on attend. Au niveau du financement des "fare", ça a été. On a eu tout le matériel. Là, aucun souci ! Maintenant on attend de voir ce qu’ils nous ont promis ! On verra. ».

Daniel : « La ministre est venue nous voir là-bas. Mais c’était plus pour faire sa belle. Elle nous jetait des fleurs mais derrière cailloux. Il n’y a rien, c’est que du chalala ! ».

Tepua, cadre pendant les deux camps, Hina et Vairoatuhoe, un couple, viennent nous rejoindre.

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Votre sentiment sur ces camps rupture ?

Hina : « On a carrément aimé les deux fois. Et surtout la communication. Ici, on se dit bonjour et au revoir, c’est tout. Ici, c’est la vie des gangs. Là-bas, on vivait plus en collectivité, comme une famille, une grande famille. Donc on était “obligé” de se parler. Même par rapport au respect, moi, j’ai beaucoup aimé ».

Tepua : « Je pense que le bilan est positif. Durant ces quelques semaines, on a vu des améliorations par rapport à ici. On a vu des liens se créer. Deux personnes qui ne s’entendaient pas ici, là-bas ils arrivaient presque à être amis. Les problèmes de la ville sont restés ici. Le travail en collectif a créé et soudé les liens entre eux ».

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Et maintenant qu’ils sont revenus ici, la bonne entente va rester à ton avis ?

Tepua : Oui, en tout cas, depuis notre retour, le lien existe encore.

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Quelle est la suite ?

Tepua : « On a gardé un bon contact avec ceux qui se sont occupés de nous, comme Blake. Il nous suit et nous accompagne toujours. Il nous appelle pour avoir de nos nouvelles. Il ne nous lâche pas !

Mais avec ces sessions, chaque stagiaire devait avoir un tableau d’honneur, en cours de rédaction, et un contrat CAE pour chacun. Là, je pense que les cadres sont en pleine évaluation. Je pense qu’il faut juste attendre. Moi, par exemple, j’ai fait partie des cadres. Mais ils vont m’évaluer aussi pour que je puisse avoir aussi un contrat. Et l’objectif aussi est de ramener ceux qui viennent des îles dans leur île, comme Hina et Vairoatuhoe. Ils viennent de Anaa, ils vont rentrer dans leur famille avec leurs enfants ».

Hina : « Nous avons deux enfants, un garçon, une fille. Nous voulons récupérer nos enfants, ils ont été placés administrativement chez la tatie à Tavararo, à Faaa pour un an. Et le 20 janvier 2016, le contrat est terminé. On ne les a pas vus depuis deux mois, quand on a commencé la formation à Vairao. Là, on va d’abord faire tous nos papiers. Et seulement là je vais annoncer aux enfants qu’on les récupère tel jour et qu’on rentre ensemble tel jour. Je n’ai pas envie de leur donner un faux espoir. Je préfère attendre que les dates soient fixées. Là, j’ai déjà récupéré 2 convocations du juge pour enfants. Je vais aller voir une assistante sociale cette semaine pour voir avec elle si on peut faire le jugement au plus tôt. Et je retournerai à Anaa avec mes enfants et un contrat CAE. Que ce soit lui ou moi, qu’importe, pourvu on a un CAE. Si on n’a pas de contrat, le juge ne nous rendra pas nos enfants.

Notre formation à Vairao nous a beaucoup soudés. Avant ça, on envisageait de divorcer après 5 ans de mariage et 11 ans de vie commune. J’étais décidée à divorcer, lui a essayé de me faire changer d’avis. Moi, je ne pensais qu’à moi, lui, ne pensait qu’à lui. Les enfants étaient de gauche à droite. Là, on s’est posé un mois au "fenua aihere" à beaucoup et bien réfléchir. Au retour de la première session, rien n’avait changé. Je ne voulais rien savoir, je voulais divorcer. Mais, à la deuxième session, on a fait une sortie au "fenua aihere", c’est qu’on s’est rapproché, et même ça nous a soudés. Là-bas, on a appris à discuter. Normalement quand il me parlait, je le massacrais. Maintenant on discute. On a tout fait à l’envers : on a fait des bébés avant de se connaître. Là, on a pris le temps, ça va mieux ».

En tous les cas, bon courage à vous !

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Tepua, en tant que cadre, quel a été le plus dur à gérer ?

Tepua : « Rien ! C’était facile pour moi parce que c’était des stagiaires que je connaissais, vu qu’on a la même vie. Les autres cadres, non, c’est grâce aux 2 sessions qu’ils ont appris à connaître les stagiaires. En tant qu’SDF et cadre, j’étais un peu la représentante des stagiaires comme je vis la même vie qu’eux. Oui, avant d’être cadre, je suis une SDF comme eux ».

© Nathalie SH - Accueil Te Vai-ete - 2015

 

L’Église a besoin du jubilé, moment extraordinaire

Audience générale du mercredi 9 décembre 2015 – Pape François

 

« L’Église a besoin de ce moment extraordinaire » : le Pape François, lors de l’audience générale a répondu à la question « pourquoi un jubilé de la miséricorde » ? Dans sa catéchèse, il explique ainsi, au lendemain de l’ouverture de l’Année Sainte et de la porte de la Miséricorde de la basilique Saint-Pierre, que « l’Église est appelée à offrir sa contribution particulière, rendant visibles les signes de la présence et de la proximité de Dieu ». Ce temps spécial qui s’est ouvert à Bangui, lors du voyage du Pape en Centrafrique, doit ainsi permettre à l’ensemble des fidèles de « devenir des témoins plus convaincants et efficaces ».

Chers frères et sœurs, bonjour !

Hier, j’ai ouvert ici, dans la basilique Saint-Pierre, la Porte sainte du Jubilé de la miséricorde, après l’avoir déjà ouverte dans la cathédrale de Bangui, en Centrafrique. Aujourd’hui, je voudrais réfléchir avec vous à la signification de cette Année sainte, en répondant à la question : Pourquoi un Jubilé de la miséricorde ? Qu’est-ce que cela signifie ?

L’Église a besoin de ce moment extraordinaire. Je ne dis pas : ce moment extraordinaire est bon pour l’Église. Je dis : l’Église a besoin de ce moment extraordinaire. À notre époque de profonds changements, l’Église est appelée à offrir sa contribution particulière en rendant visibles les signes de la présence et de la proximité de Dieu. Et le Jubilé est un temps favorable pour nous tous, pour qu’en contemplant la miséricorde divine, qui dépasse toutes les limites humaines et qui resplendit sur l’obscurité du péché, nous puissions devenir des témoins plus convaincus et efficaces.

Tourner son regard vers Dieu, Père miséricordieux, et vers ses frères qui ont besoin de miséricorde, signifie porter son attention sur le contenu essentiel de l’Évangile : Jésus, la miséricorde faite chair, qui rend visible à nos yeux le grand mystère de l’amour trinitaire de Dieu. Célébrer un Jubilé de la miséricorde équivaut à mettre de nouveau au centre de notre vie personnelle et de nos communautés la spécificité de la foi chrétienne, c’est-à-dire Jésus-Christ, le Dieu miséricordieux.

Une Année sainte, donc, pour vivre la miséricorde. Oui, chers frères et sœurs, cette Année sainte nous est offerte pour faire l’expérience dans notre vie du toucher doux et suave du pardon de Dieu, de sa présence à côté de nous et de sa proximité surtout dans les moments où l’on en a davantage besoin.

Ce Jubilé, en somme, est un moment privilégié pour que l’Église apprenne à choisir uniquement « ce qui plaît le plus à Dieu ». Et qu’est-ce qui « plaît le plus à Dieu » ? Pardonner à ses enfants, avoir de la miséricorde envers eux, afin qu’eux aussi puissent à leur tour pardonner à leurs frères, resplendissant comme des flambeaux de la miséricorde de Dieu dans le monde. Voilà ce qui plaît le plus à Dieu. Saint Ambroise, dans un livre de théologie qu’il a écrit sur Adam, prend l’histoire de la création du monde et dit que Dieu, chaque jour, après avoir fait quelque chose – la lune, le soleil ou les animaux – dit : « Et Dieu vit que cela était bon. » Mais quand il a fait l’homme et la femme, la Bible dit : « Il vit que cela était très bon. » Saint Ambroise s’interroge : « Mais pourquoi dit-on "très bon" ? Pourquoi Dieu est-il si content après la création de l’homme et de la femme ? » Parce qu’enfin il avait quelqu’un à qui pardonner. C’est beau : la joie de Dieu est de pardonner, l’être de Dieu est miséricorde. C’est pourquoi en cette année, nous devons ouvrir nos cœurs, pour que cet amour, cette joie de Dieu nous remplisse tous de cette miséricorde. Le Jubilé sera un « temps favorable » pour l’Église si nous apprenons à choisir « ce qui plaît le plus à Dieu », sans céder à la tentation de penser qu’il y a autre chose de plus important ou de prioritaire. Rien n’est plus important que de choisir « ce qui plaît le plus à Dieu », c’est-à-dire sa miséricorde, son amour, sa tendresse, son étreinte, ses caresses !

L’œuvre nécessaire de renouvellement des institutions et des structures de l’Église est aussi un moyen qui doit nous conduire à faire l’expérience vivante et vivifiante de la miséricorde de Dieu qui, seule, peut garantir à l’Église d’être cette ville sise sur une montagne qui ne peut demeurer cachée (cf. Mt 5,14). Seule resplendit une Église miséricordieuse ! Si nous devions, ne serait-ce qu’un instant, oublier que la miséricorde est « ce qui plaît le plus à Dieu », tous nos efforts seraient vains, parce que nous deviendrions esclaves de nos institutions et de nos structures, aussi rénovées soient-elles. Mais nous serions toujours esclaves.

« Éprouver fortement en nous la joie d’avoir été retrouvés par Jésus, qui comme Bon Pasteur est venu nous chercher parce que nous nous étions perdus » (Homélie des premières vêpres du Dimanche de la divine miséricorde, 11 avril 2015) : tel est l’objectif que se donne l’Église en cette Année sainte. Ainsi, nous renforcerons en nous la certitude que la miséricorde peut réellement contribuer à l’édification d’un monde plus humain. Surtout en ces temps actuels, où le pardon est un invité rare dans les environnements de vie humaine, le rappel de la miséricorde se fait plus urgent, et ceci partout : dans la société, dans les institutions, au travail et aussi en famille.

On pourrait, bien sûr, objecter : « Mais, Père, l’Église, en cette Année, ne devrait-elle pas faire quelque chose de plus ? Il est juste de contempler la miséricorde de Dieu, mais il y a de nombreux besoins urgents ! » C’est vrai, il y a beaucoup à faire et moi le premier, je ne me lasse pas de le rappeler. Mais il faut tenir compte de ce que, à la racine de l’oubli de la miséricorde, il y a toujours l’amour propre. Dans le monde, il prend la forme de la recherche exclusive des intérêts privés, des plaisirs et des honneurs liés à la volonté d’accumuler des richesses, tandis que dans la vie des chrétiens, cela se dissimule souvent sous l’hypocrisie et les mondanités. Tout cela est contraire à la miséricorde. Les mouvements de l’amour propre, qui font de la miséricorde une étrangère dans le monde, sont tellement nombreux que souvent, nous ne sommes même plus capables de les reconnaître comme des limites et comme un péché. Voilà pourquoi il est nécessaire de se reconnaître pécheurs, pour renforcer en nous la certitude de la miséricorde divine. « Seigneur, je suis un pécheur ; Seigneur je suis une pécheresse : viens avec ta miséricorde ! » C’est une très belle prière. C’est une prière facile à dire tous les jours : « Seigneur je suis un pécheur ; Seigneur, je suis une pécheresse : viens avec ta miséricorde ! »

Chers frères et sœurs, j’espère qu’en cette Année sainte, chacun de nous fera l’expérience de la miséricorde de Dieu, pour être témoin de « ce qui lui plaît le plus ». N’est-ce pas naïf de croire que cela pourra changer le monde ? Oui, humainement parlant, c’est de la folie, mais ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes (1 Cor 1,25).

© Libreria Editrice Vaticana - 2015

Redécouvrir le visage miséricordieux du Père

Homélie de l’ouverture de l’Année de la Miséricorde du R.P. Jean-Pierre COTTANCEAU

Le R.P. Jean-Pierre COTTANCEAU a célébrée la messe de l’Immaculée Conception et l’ouverture solennelle de l’Année de la Miséricorde à la Cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Papeete, mardi 8 décembre, en présence du nombreuse assistance. Nous vous proposons de relire l’homélie qu’il a prononcée à cette occasion.

Frères et Sœurs,

Nous voici donc au seuil de cette année jubilaire de la miséricorde voulue par notre Pape François et tant attendue par beaucoup d’entre nous. Le Saint Père a choisi d’inaugurer cette année sainte aujourd’hui où l’Église célèbre Marie en son Immaculée Conception.  C’est nous faire comprendre que Marie sera tout au long de l’année à nos côtés pour nous aider à redécouvrir combien notre Dieu et Père veut se faire proche de nous en nous manifestant sa miséricorde, et combien le Christ Jésus, son fils, veut nous révéler plus encore jusqu’où va cette miséricorde.  Marie n’est-elle pas la mère et la première disciple de son fils ? N’est-elle pas cette femme pleine de foi et d’espérance, veillant dans l’attente de la résurrection de son fils endormi dans la mort du tombeau ? N’est-elle pas le premier témoin de l’amour et de la miséricorde du Père ?

Avec Marie, humble servante du Seigneur, Ève nouvelle, fontaine du salut, cause de notre joie, reine et mère de miséricorde, nous sommes également  invités à nous demander : « Qu’ai-je fait de cet amour que j’ai reçu de Dieu et que je découvre chaque jour ? » ; nous sommes appelés à témoigner de cette miséricorde, à la partager en ouvrant nos yeux et nos cœurs à ceux qui peuplent le Magnificat « il comble de biens les affamés…il élève les humbles » ; ceux qui souffrent, ceux que la société ignore, ceux qui sont blessés dans leur chair et dans leur cœur à cause de l’indifférence, et qui sont privés de dignité. Si nous voulons entrer dans cette dynamique de miséricorde, nous aurons à réveiller nos consciences face au drame de la pauvreté et à entrer toujours davantage au cœur de l’Évangile où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. Nous serons invités, pour cela, à mettre en œuvre les œuvres de miséricorde, telles que Matthieu en son chapitre 25 les énumère : donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers. Mais aussi ces œuvres de miséricorde sont aussi spirituelles : conseiller ceux qui sont dans le doute, enseigner les ignorants et ceux qui vivent dans la peur, avertir les pécheurs, consoler les affligés, pardonner les offenses, supporter patiemment les personnes ennuyeuses et prier Dieu pour les vivants et les morts. C’est à la lumière de ces attitudes que le Christ nous regardera et évaluera le poids d’amour de nos vies lorsque nous le verrons face à face ! Invitation à ouvrir nos consciences, non pas pour se lamenter sur nos faiblesses et nos tiédeurs, mais pour passer à l’action, afin que la prédication de Jésus soit de nouveau visible et manifeste dans les réponses de foi que nous donnerons par notre témoignage.

Cette année sainte sera aussi l’occasion de célébrer en Église la miséricorde et l’amour de Dieu tout au long de l’année liturgique : d’abord en soignant particulièrement nos célébrations dominicales, participation à la joie du Christ ressuscité qui nous pousse à partager l’amour qui anime son cœur, car il n’y a pas de joie sans amour ! Le Carême sera aussi un temps privilégié pour montrer de façon plus claire le visage miséricordieux du Père, surtout à l’occasion des liturgies pénitentielles et de la célébration du sacrement de Réconciliation. À ce propos, le St Père nous dit : « Puisse le Carême de cette année jubilaire être vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu. Combien de pages de l’Ecriture peuvent être méditées pendant les semaines de Carême, pour redécouvrir le visage miséricordieux du Père ! ». La semaine Sainte avec sa liturgie riche de paroles, de signes, de symboles et de gestes, spécialement la vénération de la croix le vendredi saint nous donnera d’entrer plus avant dans le mystère d’amour du Père qui se révèle, et dans le sacrifice du Fils en faveur de toute l’humanité. La veillée pascale qui constitue le sommet de cette semaine sainte nous fera entrer dans l’histoire de la miséricorde de Dieu pour le monde à travers la riche liturgie de la Parole, dans l’histoire de la miséricorde de Dieu pour notre salut par le signe de l’eau baptismale et dans le triomphe de cette miséricorde qui éclate à la lumière de la résurrection. La fête du Sacré Cœur de Jésus aura également cette année une résonnance particulière. Le cœur de Jésus n’est-il pas le siège de la miséricorde du Père qui a ouvert les trésors infinis de son amour et de son indulgence vis-à-vis des hommes ? Le St Père a d’ailleurs choisi ce jour pour déposer tous les prêtres dans le cœur du Christ, les prêtres qui sont dispensateurs de la miséricorde divine et qui sont aussi les premiers bénéficiaires de cet amour. N’ont-ils pas été choisis bien qu’ils soient pécheurs ?

Frères et sœurs, en ce jour de fête, puisse cette Eucharistie nous donner de rendre grâce au Seigneur qui manifeste sa miséricorde en Marie conçue sans péché. Accueillons aussi ces paroles du Pape François : « Que la douceur du regard de Marie nous accompagne en cette année sainte, afin que tous puissent redécouvrir la joie de la tendresse de Dieu. Personne n’a connu comme Marie la profondeur du mystère de Dieu fait homme. Sa vie entière fut modelée par la présence de la miséricorde faite chair. La mère du crucifié ressuscité est entrée dans le sanctuaire de la miséricorde divine en participant activement au mystère de son amour ». C’est la grâce que je nous souhaite. Alors, frères et sœurs, bonne année jubilaire et bonne route !

© Archidiocèse de Papeete - 2015

Les parents d’élèves doivent être « acteurs du processus éducatifs »

Allocution du pape François du 5 décembre 2015

Le Pape François s’est une nouvelle fois prononcé, samedi 5 décembre 2015, en faveur d’une éducation à la plénitude de l’humanité, une éducation inclusive qui ne sélectionne pas sur des bases élitistes les destinataires de son action. Le Saint-Père s'est adressé à plus de 400 membres de l’Association italienne des parents d’élèves catholiques qui célèbre ses 40 ans d’existence.

Chers frères et sœurs,

C'est avec plaisir que je vous souhaite la bienvenue à tous, représentants de l'Association des parents des écoles catholiques, pour le quarantième anniversaire de votre fondation. Vous êtes ici non seulement pour être confirmés dans votre chemin de foi, mais aussi pour exprimer la vérité de l'engagement qui vous caractérise : celui, librement assumé, d'être des éducateurs selon le cœur de Dieu et de l’Église.

Il y a peu de temps, il s'est tenu un important congrès mondial organisé par la Congrégation pour l’éducation catholique. Dans ces circonstances, j'ai souligné l'importance de promouvoir une éducation à la plénitude de l'homme, parce que parler d'éducation catholique équivaut à parler d'humain, d'humanisme. J'ai incité à une éducation inclusive, une éducation qui fasse une place à tous et ne sélectionne pas de manière élitiste les destinataires de son engagement.

C'est le même défi qui est aujourd'hui devant vous ! Votre association se met au service de l'école et de la famille, contribuant à la tâche délicate de jeter des ponts entre l'école et le territoire, entre l'école et la famille, entre l'école et les institutions civiles. Restaurer le pacte éducatif, parce que le pacte éducatif s'est écroulé, parce que le pacte éducatif s'est cassé ! Et nous devons le restaurer. Jeter des ponts : il n'y a pas de défi plus noble ! Construire l'union là où progresse la division, générer l’harmonie quand la logique de l'exclusion et de la marginalisation semble avoir le dessus.

En tant qu'association ecclésiale, vous puisez au cœur même de l’Église l'abondance de la miséricorde, qui fait de votre travail un service quotidien pour les autres. En tant que parents, vous êtes dépositaires du devoir et du droit premiers et incontournables d'éduquer les enfants, en aidant en ce sens de manière positive et constante la tâche de l'école. Vous avez le droit de demander une éducation convenable pour vos enfants, une éducation intégrale et ouverte aux valeurs humaines et chrétiennes les plus authentiques. Cependant, c'est à vous aussi de faire en sorte que l'école soit à la hauteur de la mission éducative qui lui est confiée, en particulier quand l'éducation qu'elle propose se dit « catholique ». Je prie le Seigneur pour que l'école catholique ne considère jamais comme acquise la signification de cet adjectif ! En fait, être des éducateurs catholiques, c’est ce qui fait la différence.

Et nous devons alors nous demander : quels sont les critères selon lesquels une école peut se dire vraiment catholique ? Ceci peut être un bon travail à faire dans votre association. Vous l'avez certainement fait et vous le faites ; mais les résultats ne sont jamais acquis une fois pour toutes. Par exemple : nous savons que l'école catholique doit transmettre une culture intégrale, non idéologique. Mais que signifie cela concrètement ? Ou encore, nous sommes convaincus que l'école catholique est appelée à favoriser l'harmonie des diversités. Comment peut-on mettre cela en pratique concrètement ? C'est un défi qui n'a rien de facile. Grâce à Dieu il y a, en Italie et dans le monde, beaucoup d'expériences positives qu'on peut connaître et partager.

Pendant la rencontre qu'il eut avec vous en juin 1998, saint Jean-Paul II martela l'importance du « pont » qui doit exister entre l'école et la société. N'oubliez jamais l'exigence de construire une communauté éducative dans laquelle, avec les enseignants, les divers interlocuteurs et les étudiants, vous, parents, vous pouvez être des protagonistes du processus éducatif.

Ne soyez pas en dehors du monde, mais vivants, comme le levain dans la pâte. L’invitation que je vous adresse est simple mais audacieuse : sachez faire la différence par la qualité de la formation. Sachez trouver des modes et des chemins pour ne pas passer invisibles derrière la scène de la société et de la culture. Sans pousser des clameurs, sans projets farcis de rhétorique. Sachez vous distinguer par votre constante attention à la personne, spécialement aux derniers, à ceux qui sont écartés, refusés, oubliés. Sachez vous faire remarquer non par le « paraître », mais par une cohérence éducative enracinée dans la vision chrétienne de l'homme et de la société.

Dans une période où la crise économique se fait sentir lourdement même sur les écoles paritaires, et où beaucoup d'entre elles sont contraintes de fermer, la tentation du « nombre » se fait plus insistante et, avec elle, celle du découragement. Mais malgré tout cela je vous répète : la différence se fait par la qualité de votre présence et non par la quantité des ressources que l’on est en mesure de mettre en œuvre. La qualité de votre présence, pour faire des ponts. Cela m'a plu qu’en parlant de l’école [il se tourne vers le président], vous ayez parlé des enfants, des parents et aussi des grands-parents. Parce que les grands-parents ont beaucoup à faire ! N'écartez pas les grands-parents qui sont la mémoire vivante du peuple !

Ne dévalorisez jamais les valeurs humaines et chrétiennes dont vous êtes les témoins dans la famille, dans l'école, dans la société. Donnez généreusement votre contribution afin que l'école catholique ne devienne jamais un « pis-aller », ou une alternative sans signification parmi les différentes institutions de formation. Collaborez afin que l'éducation catholique ait le visage de ce nouvel humanisme, qui a émergé du Congrès ecclésial de Florence. Faites en sorte que les écoles catholiques soient vraiment ouvertes à tous. Que le Seigneur Jésus, qui a grandi en âge, en sagesse et en grâce dans la Sainte Famille de Nazareth (cf. Lc 2,52), accompagne vos pas et bénisse votre engagement quotidien.

Merci pour cette rencontre, merci pour votre travail et votre témoignage. Je vous assure de mon souvenir dans la prière. Et vous, s'il vous plaît, n'oubliez pas de prier pour moi.

© Libreria Editrice Vaticana - 2015

Devenons tous acteur de la Miséricorde

Message de Mgr Pontier pour le Jubilé de la Miséricorde - 8 décembre 2015

Dans un message en date du 8 décembre 2015, émanant du Conseil permanent, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France invite les catholiques de France à entrer dans l’année jubilaire de la miséricorde. Dans une première partie Mgr Pontier invite à se réjouir : « Réjouissez-vous, frères et Sœurs : Si le péché nous marque et si des épreuves nous pèsent, la miséricorde du Seigneur nous relève et nous renouvelle. Ses signes en sont infinis. Nous voulons la chanter tout au long de cette année » ; dans une deuxième partie, à être « d’inlassables acteurs de réconciliation, de dialogue, d’accueil, de bonté, de réflexion » dans la société française ; enfin à déborder « d’engagement, d’énergie et, avec l’aide de l’Esprit Saint, soyons imaginatifs pour être des acteurs de réconciliation, de justice et de pardon ».

« Dieu, riche en miséricorde » (Ep 2, 4)

« Sa compassion se renouvelle chaque matin » (Lam 3,23).

Tel est le Dieu et Père dont Jésus le Christ nous a révélé le véritable visage : il est miséricordieux. Il est « Le Miséricordieux ».

« Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent », (Lc 1,50), chantait la Vierge Marie. À l’appel du pape François, dans (les lieux jubilaires de) nos diocèses, s’ouvre pour un an, en ce troisième Dimanche de l’Avent, la Porte de la miséricorde.

Réjouissez-vous, frères et Sœurs : Si le péché nous marque et si des épreuves nous pèsent, la miséricorde du Seigneur nous relève et nous renouvelle. Ses signes en sont infinis. Nous voulons la chanter tout au long de cette année.

Rendons grâce à celui qui de toute éternité nous a choisis pour être ses fils dans son Fils bien aimé.

Rendons grâce à celui qui, par la croix de Jésus, le Christ, nous a réconciliés avec lui : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Rendons grâce à l’Esprit répandu qui poursuit cette œuvre de miséricorde jusqu’à la fin des temps. Avec confiance et reconnaissance, nous franchirons cette porte durant cette année. Tel l’enfant prodigue, nous laisserons les bras du Seigneur remplis de tendresse nous révéler à quel point nous avons du prix à ses yeux, plus que nous ne pouvons le concevoir, le penser, l’imaginer. Nous approcher du sacrement de la Réconciliation sera pour chacun de nous le moment privilégié de cette année de grâce et de conversion.

« Heureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde » (Mt 5,7)

Cette année jubilaire nous invite à devenir à notre tour des acteurs de la miséricorde dont nous sommes les bénéficiaires.

N’est-ce pas en famille tout d’abord que s’expérimente la miséricorde ? Qui ne voit que nos familles ont besoin de tendresse et de pardon, d’attention à l’autre, au conjoint, aux enfants, aux parents âgés, à ses membres porteurs de handicap ? Qui ne voit qu’une culture qui privilégie le bonheur individuel empêche de traverser les épreuves en empruntant le chemin de la miséricorde, de la fidélité retrouvée, du pardon donné et reçu ? Oui, cette année, c’est là, dans nos vies de famille en tout premier, que nous sommes appelés à produire des œuvres de miséricorde, de tendresse et de compassion pour demeurer dans l’amour.

Qui ne voit aussi que notre temps est marqué par des formes profondes et diverses de violence, d’indifférence, de peurs, d’oppositions dangereuses, de haines tenaces, d’égoïsmes collectifs, sources de souffrances et présages de drames futurs ?

Dans notre société française, de façon nouvelle, nous faisons l’expérience d’une violence verbale destructrice de tout lien social. On accuse, on dénonce, on jette la suspicion, on se range en camps opposés, on se fait peur. Cela n’épargne même pas la vie de nos communautés chrétiennes !

« Soyez miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux. » (Lc 6,36)

C’est par son infinie miséricorde que Dieu notre Père pardonne nos péchés. Soyons donc d’inlassables acteurs de réconciliation, de dialogue, d’accueil, de bonté, de réflexion. La prière bien connue de Saint François d’Assise dresse pour nous le portrait de l’ami de la paix et de la miséricorde.

Notre engagement et notre vigilance durant cette année devront s’exprimer encore en faveur de ceux qui sont les plus éprouvés aujourd’hui : immigrés, vieillards, prisonniers, malades, personnes seules, sans travail, sans logement. La vie est dure pour beaucoup. Les cris des plus pauvres invitent à construire une société plus solidaire, plus attentive et respectueuse de leurs besoins et de leur sort.

Catholiques de France, entrons ensemble dans cette année jubilaire de la miséricorde !

Rendons grâce pour le don de la foi dont nous sommes les heureux bénéficiaires.

Laissons-nous convertir par Celui qui nous appelle à Lui ressembler.

Débordons d’engagement, d’énergie et, avec l’aide de l’Esprit Saint, soyons imaginatifs pour être des acteurs de réconciliation, de justice et de pardon.

La Vierge Marie, Mère de Miséricorde, est une mère précieuse, elle qui nous dit : « Faites tout ce qu’Il vous dira. » Elle nous a appris à nous tenir au pied des croix qui pèsent sur les hommes, pour être avec son Fils porteurs d’une espérance qui ne trompe pas, celle qui est tournée vers le Dieu et Père, riche en miséricorde.

Que le Seigneur dont l’amour est tout-puissant vous bénisse et vous garde aujourd’hui et tout au long de cette année du jubilé de la miséricorde.

© Conférence des Évêques de France - 2015

Commentaire des lectures du dimanche

Maître, que nous faut-il faire ?

La période de l’Avent est avant tout une période de conversion. C’est pourquoi le prêtre porte l’étole de couleur violette. C’est une période de préparation à la fête de Noël pendant laquelle nous sommes invités à recevoir Dieu dans nos vies en acceptant sa miséricorde et son pardon.

Le sentiment qui marque le plus la réconciliation dans la Bible, c’est celui de la joie. Dans la première lecture de Sophonie, le texte dit : « Yahvé a levé la sentence qui pesait sur toi. Il t’a pardonné… Sois sans crainte… Yahvé ton Dieu est au milieu de toi… il exultera pour toi de joie, il tressaillira dans son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie. »

Et nous retrouvons ce même sentiment de joie dans la parabole de l’enfant prodigue, lorsque le Père fait tuer le veau gras, invite les musiciens et organise la fête parce que son fils qui était perdu est retrouvé, son fils qui était mort est revenu à la vie !

Le pardon et la miséricorde nous apportent la paix intérieure et la joie.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, les gens qui vont trouver Jean Baptiste lui demandent : « Que devons-nous faire ? » Il ne s’agit pas de savoir ce que les autres doivent faire pour que le Royaume de Dieu arrive, ce que le gouvernement doit faire, ce que l’Église doit faire ?... Non. Qu’est-ce que « nous » devons faire ?

Il ne s'agit pas non plus de savoir ce que nous devons penser ou ce que nous devons croire. « Que devons-nous faire ? ». Tout le message de Jésus ira dans le même sens. La question ultime, maintenant comme au jour du jugement, sera toujours « comment as-tu agi ? », « comment as-tu traité ton prochain ? ».

Et Jean Baptiste répond qu’ils doivent s’entraider, partager leur surplus avec ceux qui sont dans le besoin, être honnêtes et justes, qu’ils ne doivent pas utiliser leur position de force pour abuser des autres… Rien de bien extraordinaire dans tout cela, mais une façon honnête et juste de vivre sa vie. Ils sont invités à produire des fruits de conversion.

Aux percepteurs d’impôts et aux policiers de l’armée d’occupation Jean-Baptiste ne demande pas de changer de métier, mais seulement de se comporter de manière nouvelle : respecter la justice, ne pas abuser de la force qu’on a entre les mains, s’en tenir au droit, aux lois, au civisme.

Et moi ? Quels sont les péchés habituels de ma profession, de ma situation, de ma vie de tous les jours ? Péchés du prêtre, du professeur, de l’employée de bureau, de l’infirmière, du médecin, du fonctionnaire, du patron d’entreprise, de l’ouvrier salarié, du commerçant, des enfants, des parents ?

Pour séparer le bien du mal, Jean Baptiste utilise la très belle image du vanneur. Vous avez sans doute déjà vu, dans un film ou dans un reportage, un vanneur sur son aire. Debout, un jour de grand vent, le fermier prend dans sa grande « pelle à vanner » un mélange de poussière, de balle, et de grain... et il lance le contenu dans l’air. Alors le grain plus lourd tombe à la verticale et la paille, plus légère, est balayée par le vent.

La célébration de la pénitence nous invite à séparer ce qui a de la valeur, ce qui a du poids, ce qui est bon dans nos vies, de ce qui n’en a pas, de conserver le grain de blé et de se débarrasser de la paille inutile.

Les repliements sur soi, les comportements négatifs risquent de rapetisser notre âme comme une peau de chagrin et d’assécher notre cœur, d’engendrer une perte de joie et de paix intérieure. Lorsque ces comportements ne sont pas corrigés, il y a en nous quelque chose qui ne tourne pas rond, qui nous empêche de nous épanouir pleinement. On s’habitue alors à vivre dans la monotonie et dans la médiocrité.

Être chrétien veut dire croire que le Règne de Dieu est possible, croire qu’il peut y avoir moins de violence dans nos foyers, moins d’abandon des enfants à eux-mêmes, moins de solitude chez les personnes âgées, moins de discordes entre voisins, moins de guerres, de famines, d’inégalités, d’injustices. Le Règne de Dieu est possible si chacun de nous, à l’invitation de Dieu, faisons des efforts pour créer un monde meilleur.

Fêter Noël, c’est fêter l’arrivée de Dieu parmi nous, un Dieu qui nous invite à construire avec lui un monde nouveau.

Que faut-il faire pour nous convertir à la vision de Dieu ?

© Cursillo.ca – 2015

 

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Date de dernière mise à jour : 2016-01-02