PKO 15.02.2015

eglise-cath-papeete-1.jpgDimanche 15 février 2015 – 6ème Dimanche du Temps ordinaire – Année B
Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°11/2015

Humeurs

Carême : « Où est ton frère ? » dans nos paroisses et communautés…

Mercredi prochain, nous entrerons dans le temps de Carême… le temps des résolution, des efforts, des « sacrifices » ! Chaque année la même question : que vais-je faire cette année : mangez moins, fumez moins, dépensez moins… Or le Pape François nous ouvre un nouvel horizon… pour le Carême 2015 :

« Il est nécessaire de traduire tout ce qui est dit par l’Église universelle dans la vie des paroisses et des communautés. Réussit-on dans ces réalités ecclésiales à faire l’expérience d’appartenir à un seul corps ? Un corps qui en même temps reçoit et partage tout ce que Dieu veut donner ? Un corps qui connaît et qui prend soin de ses membres les plus faibles, les plus pauvres et les plus petits ? Ou bien nous réfugions-nous dans un amour universel qui s’engage de loin dans le monde mais qui oublie le Lazare assis devant sa propre porte fermée ? (cf. Lc 16, 19-31).

Pour recevoir et faire fructifier pleinement ce que Dieu nous donne, il faut dépasser les frontières de l’Église visible… […]Chaque communauté chrétienne est appelée à franchir le seuil qui la met en relation avec la société qui l’entoure, avec les pauvres et ceux qui sont loin. L’Église est, par nature, missionnaire, et elle n’est pas repliée sur elle-même, mais envoyée à tous les hommes ».

Et si cette année nous faisions de notre temps de Carême non pas tant un exploit d’ascèse personnelle, ou  finalement le bénéfice est bien souvent un risque d’accroissement de mon orgueil : « J’ai réussi » ! mais un pas réel et concret vers l’autre, vers le plus pauvre, vers l’exclu… vers celui qui me rebute… vers celui qui est à la « périphérie » de mes relations, de notre communauté, de notre Église ?

« Chers frères et sœurs, je désire tant que les lieux où se manifeste l’Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l’indifférence ! »

Regard sur l’actualité

À la messe, les pleurs desenfants sont l’homélie de la vie

À la messe, les pleurs des enfants sont « l’homélie de Dieu, l’homélie de la vie », déclare le pape François lors de sa visite pastorale à la paroisse romaine de Saint-Michel-Archange à Pietralata, dans le nord-est de la ville, le 8 février 2015.

Arrivé aux environs de 16h, le pape a rencontré les personnes malades, les enfants se préparant à leur première communion, des personnes sans-abri, quelque quatre-vingt scouts avec leurs familles, ainsi que les parents des enfants récemment baptisés.

« J’aime entendre pleurer les petits enfants, parce qu’ils sont une promesse de vie ! », a-t-il déclaré à ces derniers : « Quand nous sommes à l’église, pendant la messe, et que les enfants commencent à pleurer, peut-être que quelques secrétaires de paroisse commencent à dire : "Chut ! Emmenez-le dehors !". Non, non, il doit rester là, parce que c’est l’homélie de Dieu, c’est l’homélie de la vie. C’est une promesse ! »

Le pape les a encouragés à élever leurs enfants dans la foi : « Ils ont été baptisés et maintenant commence le chemin de croissance dans la foi. Et vous devez le faire. S’il vous plaît, éduquez-les bien ! »

« La première chose que la maman doit enseigner à son enfant, c’est à faire le signe de croix », a-t-il ajouté en confiant sa « souffrance » de constater que « parfois, même dans les villes, des enfants chrétiens ne savent pas faire le signe de croix ».

« Merci beaucoup, merci d’être venus aujourd’hui. Avancez et merci beaucoup pour le don de la vie. Merci ! », a-t-il conclu. Le pape a célébré une messe en fin de journée, avant de rentrer au Vatican.

© 2015 – Zenit

Des vœux au début du Carême – par gabriel MATZNEFF

Depuis un certain temps déjà, la tradition laïque […]de la France incite les autorités à présenter aux Français mahométans leurs vœux, leurs félicitations à l'occasion du début du ramadan. Je ne doute pas un instant que seules l'étourderie, la distraction les ont, jusqu'à présent, empêchés d'agir semblablement envers les Français qui observent le carême chrétien. C'est pourquoi, afin qu'un tel oubli soit réparé en 2015, je me permets de rappeler à M. Bernard Cazeneuve, notre bien-aimé ministre des Cultes, quelques dates : cette année, l'office des Cendres, qui marque l'entrée dans le carême pascal des fidèles de l'Église catholique romaine, est fixé le mercredi 18 février ; quant aux fidèles de l'Église orthodoxe, c'est avec l'office du Pardon, célébré au soir du dimanche 22 février, que débutera leur carême pascal, qu'ils appellent le grand carême et suivent avec une ferveur toute particulière.

Le calendrier pascal des protestants est le même que celui des catholiques romains, mais je ne suis pas sûr que les Églises issues de la Réforme fassent le carême. Il faudrait poser la question à Christian Giudicelli, gloire du protestantisme nîmois. Nous attendons donc du ministre des Cultes sinon une visite dans une paroisse catholique le 18, dans une paroisse orthodoxe le 22, ce serait trop lui demander, au moins un bref message d'encouragement au jeûne et à l'abstinence. Avantipopolo, Monsieur le Ministre ! Encore un effort si vous voulez être républicain !

© 2015 – Le Point

Une société sans enfants est une société déprimée !

Audience générale du mercredi 11 février 2015 – Pape François

 « Les enfants sont la joie de leur famille et de la société. Ils ne sont pas un problème de biologie reproductive, ni une façon parmi d’autres de se réaliser. Et ils sont encore moins la possession de leurs parents… Non, les enfants sont un don, ils sont un cadeau » : la vie d'un enfant est « destinée à lui, à son bien, au bien de la famille, de la société, de toute l’humanité », affirme le pape François.

 Chers frères et sœurs, bonjour !

Après avoir réfléchi sur les figures de la mère et du père, dans cette catéchèse sur la famille, je voudrais parler de l'enfant, ou plutôt, des enfants. Je m’inspire d’une belle image d’Isaïe. Le prophète écrit ceci : « Tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. » (60, 4-5a). C’est une image splendide, une image du bonheur qui se réalise dans le rassemblement des parents et des enfants, qui marchent ensemble vers un avenir de liberté et de paix, après un long temps de privations et de séparation, quand le peuple juif se trouvait loin de sa patrie.

Il y a en effet un lien étroit entre l’espérance d’un peuple et l’harmonie entre les générations. Ceci, nous devons bien y réfléchir. Il y a un lien étroit entre l’espérance d’un peuple et l’harmonie entre les générations. La joie des enfants fait frémir le cœur de leurs parents et ouvre à un nouvel avenir. Les enfants sont la joie de leur famille et de la société. Ils ne sont pas un problème de biologie reproductive, ni une façon parmi d’autres de se réaliser. Et ils sont encore moins la possession de leurs parents… Non, les enfants sont un don, ils sont un cadeau : compris ? Les enfants sont un don. Chacun est unique et irremplaçable et, en même temps, nécessairement lié à ses racines. En effet, être fils ou fille selon le dessein de Dieu signifie porter en soi la mémoire et l’espérance d’un amour qui s’est réalisé précisément en donnant la vie à un autre être humain, original et nouveau. Et pour les parents, chacun des enfants est lui-même, est différent, est distinct. Permettez-moi un souvenir de famille. Je me souviens de ma maman, elle disait de nous – nous étions cinq - : « J’ai cinq enfants ». Quand on lui demandait : « Lequel préfères-tu ? », elle répondait : « J’ai cinq enfants, comme j’ai cinq doigts. Si on tape sur celui-ci, j’ai mal ; si on tape sur cet autre, j’ai mal. Ils me font mal tous les cinq. Ce sont tous mes enfants, mais tous différents comme les doigts d’une main ». La famille, c’est comme cela ! Les enfants sont différents, mais ils sont tous des enfants.

On aime son enfant parce que c’est son enfant, pas parce qu’il est beau ou parce qu’il est comme ceci ou comme cela. Non ! Parce que c’est son enfant ! Non pas parce qu’il pense comme moi ou qu’il incarne mes désirs. Un enfant est un enfant : une vie engendrée par nous, mais destinée à lui, à son bien, au bien de la famille, de la société, de toute l’humanité.

C’est de là que vient aussi la profondeur de l’expérience humaine d’être fils ou fille, qui nous permet de découvrir la dimension plus gratuite de l’amour, qui n’a jamais finit de nous étonner. C’est la beauté d’être aimés en premier : les enfants sont aimés avant d’arriver. Je rencontre très souvent, sur la place, des mamans qui me montrent leur ventre et me demandent la bénédiction… ces enfants sont aimés avant de venir au monde. Et cela, c’est la gratuité, c’est l’amour ; ils sont aimés avant leur naissance, comme l’amour de Dieu qui nous aime toujours en premier. Ils sont aimés avant d’avoir fait quoi que ce soit pour le mériter, avant de savoir parler ou penser, et même carrément avant de venir au monde ! Être enfant est la condition fondamentale pour connaître l’amour de Dieu, qui est la source ultime de ce véritable miracle. Dans l’âme de tous les enfants, aussi vulnérables soient-ils, Dieu dépose le sceau de cet amour, qui est à la base de sa dignité personnelle, une dignité que rien ni personne ne pourra détruire.

Aujourd’hui, il semble plus difficile pour les enfants d’imaginer leur avenir. Les pères – je le faisais remarquer dans les catéchèses précédentes – ont peut-être fait un pas en arrière et les enfants sont devenus plus indécis pour se lancer. Nous pouvons apprendre le bon rapport entre les générations de notre Père céleste qui laisse libre chacun de nous, mais qui ne nous laisse jamais seuls. Et si nous nous trompons, il continue de nous suivre avec patience sans que son amour pour nous diminue. Notre Père céleste ne fait jamais de pas en arrière dans son amour pour nous, jamais ! Il avance toujours et s’il ne peut pas avancer, il nous attend, mais il ne recule jamais ; il veut que ses enfants soient courageux et se lancent.

Les enfants, de leur côté, ne doivent pas avoir peur de s’engager pour construire un monde nouveau ; il est juste qu’ils désirent que ce monde soit meilleur que celui qu’ils ont reçu ! Mais cela doit se faire sans arrogance, sans suffisance. Il faut savoir reconnaître la valeur de ses enfants et il faut toujours honorer ses parents.

Le quatrième commandement demande aux enfants – et nous sommes tous des enfants ! – d’honorer leur père et leur mère (cf. Ex 20,12). Ce commandement vient aussitôt après ceux qui concernent Dieu lui-même. En effet, il contient quelque chose de sacré, quelque chose de divin, quelque chose qui se trouve à la racine de toutes les autres formes de respect entre les hommes. Et dans la formulation biblique du quatrième commandement, il est ajouté : « Afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu ». Le lien vertueux entre les générations est une garantie d’avenir, et c’est la garantie d’une histoire vraiment humaine. Une société d’enfants qui n’honorent pas leurs parents est une société sans honneur ; quand on n’honore pas ses parents, on perd son propre honneur ! C’est une société destinée à se remplir de jeunes arides et avides. Mais une société avare de génération, qui n’aime pas s’entourer d’enfants, qui les considère surtout comme une préoccupation, un poids, un risque, est une société déprimée. Pensons à toutes les sociétés que nous connaissons ici, en Europe : ce sont des sociétés déprimées parce qu’elles ne veulent pas d’enfants, elles n’ont pas d’enfants, le taux de naissance n’atteint pas un pour cent. Pourquoi ? Que chacun de nous y réfléchisse et réponde. Si une famille généreuse en enfants est regardée comme si elle était un poids, il y a quelque chose qui ne va pas ! La génération des enfants doit être responsable, comme l’enseigne l’encyclique Humanæ vitæ, du bienheureux pape Paul VI ; mais avoir davantage d’enfants ne peut pas devenir automatiquement un choix irresponsable. Ne pas avoir d’enfants est un choix égoïste. La vie rajeunit si elle acquiert des énergies en se multipliant : elle s’enrichit, elle ne s’appauvrit pas ! Les enfants apprennent à prendre en charge leur famille, ils mûrissent en en partageant les sacrifices, ils grandissent en appréciant les cadeaux que celle-ci représente. L’expérience joyeuse de la fraternité inspire le respect et le soin envers les parents, auxquels est due notre reconnaissance.

Beaucoup parmi vous, ici, ont des enfants et nous sommes tous des enfants. Faisons une chose, une minute de silence. Que chacun de nous pense dans son cœur à ses enfants – s’il en a - ; qu’il pense en silence. Et nous tous, pensons à nos parents et remercions Dieu pour le don de la vie. En silence, que ceux qui ont des enfants pensent à eux et pensons tous à nos parents. Que le Seigneur bénisse nos parents et qu’il bénisse vos enfants.

Que Jésus, le Fils éternel, qui s’est fait fils dans le temps, nous aide à trouver la voie d’une nouvelle irradiation de cette expérience humaine si simple et si grande, qu’est le fait d’être des enfants. Dans la multiplication des générations, il y a un mystère d’enrichissement de la vie de tous qui vient de Dieu lui-même. Nous devons le redécouvrir et braver les préjugés ; et le vivre, dans la foi, dans une joie parfaite. Et je vous dis aussi : comme c’est beau, lorsque je passe au milieu de vous et que je vois les papas et les mamans qui soulèvent leurs enfants pour qu’ils soient bénis ; c’est un geste quasiment divin. Merci de faire cela !

© 2015 – Libreria Editrice Vaticana

Qui obéit à la vérité vient à la lumière (Jn 3,21)… la vérité vous rendra libre (Jn 8,32)

Lettre pastorale 2015 de Mgr Pascal Chang Soi, Administrateur apostolique de Papeete

 Cette lettre pastorale est publiée à l'occasion du Carême, dans le prolongement du bilan réalisé à l'occasion du 25è anniversaire du Synode de 1989 et dans la perspective de la célébration du 50è anniversaire de la publication du décret Ad Gentes sur le rôle missionnaire de l'Eglise. Mgr Pascal propose une réflexion et des orientations « en faveur d'une évangélisation plus efficace et plus proche de celles et ceux qui ont besoin d'entendre ou de ré-entendre le message du Christ ».

 À vous, mes frères dans le sacerdoce,

mes frères et sœurs religieux et religieuses,

età vous tous, fidèles du diocèse de Papeete,

grâce et paix de la part de Dieu, notre Père

et de notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ.

De juin à novembre 2014, en vue de la célébration du 25ème anniversaire du Synode diocésain de 1989, tout le diocèse s'est mobilisé pour faire le bilan des acquis de ce synode et des actions à mettre en œuvre. Le temps est maintenant venu de concrétiser certaines propositions faites par chacune des sept commissions de réflexion.

J'ai choisi la proximité du Carême pour proposer à chacune et chacun de participer à cette nouvelle étape qui doit voir naître de nouvelles initiatives, de nouveaux projets d'action en faveur d'une évangélisation toujours plus efficace et plus proche de celles et ceux qui ont besoin d'entendre ou de ré-entendre le message du Christ. Car le carême est un temps de conversion, de retour aux origines de notre vie en Dieu, pour se rendre compte de tout ce qu'II nous a donné et demandé.

Comme le rappelait le Saint-Père dans son Exhortation Apostolique « La joie de l'Evangile » : « Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c'est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l'amitié de Jésus-Christ,... »[EvangeliiGaudium, n°49]. Sans perdre de vue que : « La joie de l'Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. »

Être des témoins de la vérité

Le travail réalisé par les sept commissions pour le bilan post-synodal fait apparaitre une volonté d'agir dans la transparence et la vérité. C'est pourquoi nous avons choisi de mettre en tête de cette lettre pastorale la citation de Saint Jean : « qui obéit à la vérité vient à la lumière ... la vérité vous rendra libre. »

Il s'agit évidemment de la « vérité de l'Évangile que nous devons proclamer », c'est-à-dire la vérité telle que le Christ nous l'a enseignée et que l'Église nous l'a transmise. Il ne s'agit pas de nous comporter en « guides », Jésus nous l'enseigne : « Ne vous faites pas appeler guides car vous n'avez qu'un seul guide, le Christ »(Mt 23,10) ; mais soyons davantage des « témoins de la vérité ». Soyons miséricordieux comme notre Père du ciel est miséricordieux. Tout homme cherche une certaine vérité. Par son témoignage le croyant apporte non pas une vérité qui condamnerait mais la vérité qui rend libre et qui sauve.

Un temps d'intériorisation

Dans un premier temps j'invite chacune et chacun d'entre vous à relire les conclusions données par les sept commissions. Le plus simple est de visionner, seul(e) ou en petits groupes, le film réalisé par Te Mahanaote Fatu :Tahiti les fleurs, Tahiti les fruits - Les propositions du bilan synodal.

Ensuite prendre le temps d'intérioriser ces propositions, seul(e) dans le silence, en présence du Seigneur. « Seigneur que veux-tu que je fasse pour Toi et ton Église, pour mes frères et sœurs, ma famille, ma paroisse, les membres de mon groupe, mon Pays... ? » En ce temps de carême, comme dit le prophète Joël : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements; revenez à l'Eternel, votre Dieu; car Il est compatissant et miséricordieux... » (Joël 2, 13)

Ce cœur-à-cœur avec Dieu, dans le silence et l'écoute, est très important. Dans un temps d'adoration rappelons-nous que les rencontres avec le Seigneur sont toujours fécondes, elles transforment nos vies (souvenons-nous de Zachée, de l'aveugle Bartimée, de la Samaritaine, de Marie-Madeleine, des disciples d'Emmaüs...). C'est le moment où le Christ nous redit : « Moi, lumière, je suis dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. » (Jn 12, 46)

Prendre le temps de discerner ce qui peut changer dans ma vie -si je le décide -, ce que je peux faire autour de moi. Attention, à ne pas avoir « les yeux plus gros que le ventre » ! Commencer par une ou deux actions pas plus.

Se former, servir, évangéliser

Viendra ensuite un travail de réflexion en équipe (groupe de jeunes, groupe de prière, communauté, paroisse, C.P.P., C.A.E., école de la Foi, association, école catholique, groupe de catéchistes...). Là encore il serait bon de visionner le film présentant le bilan post-synodal, suivi d'un moment d'intériorisation, de prière. Suivra, après discussion, dialogue, discernement, le choix d'une ou deux actions à entreprendre. Attention ces choix doivent être réalistes et à la portée des membres du groupe. Il reviendra au Pasteur, au responsable du groupe, de coordonner les actions et d'exiger un plan de mise en œuvre en plusieurs étapes, incluant des évaluations de ce qui se réalise progressivement.

Personnellement, en tant que Berger du diocèse de Papeete, j'ai noté trois demandes importantes émanant des sept commissions : se former et former, servir (cela inclus la vocation chrétienne), évangéliser.

Mais attention, j'ai plusieurs fois entendu cet ordre : « Il nous faut aller aux périphéries », le Pape François nous met en garde : « L'Église "en sortie" est une Église aux portes ouvertes. Sortir vers les autres pour aller aux périphéries humaines ne veut pas dire courir vers le monde sans direction et dans n'importe quel sens. Souvent il vaut mieux ralentir le pas, mettre de côté l'appréhension pour regarder dans les yeux et écouter, ou renoncer aux urgences pour accompagner celui qui est resté sur le bord de la route. Parfois c'est être comme le père du fils prodigue, qui laisse les portes ouvertes pour qu'il puisse entrer sans difficultés quand il reviendra. » [EG n°46] Cela rejoint le mot d'ordre lancé en 1990 par Mgr Michel : « Marchons ensemble vers les autres... »

Voilà donc la perspective que semblent tracer les conclusions du bilan post-synodal. Il est souhaitable que chaque fidèle de bonne volonté, selon ses capacités, son âge, son milieu de vie, participe à ce grand mouvement d'action dans la vérité évangélique. Comme dit l'Apôtre Paul, il nous faut « avoir les sentiments du Christ », changer notre manière de penser, de se regarder soi-même et de regarder les autres, de vivre en famille, d'éduquer les jeunes, de vivre l'amour, de participer à la vie sociale. Bref, en nous plaçant dans la lumière de la vérité du Christ, nous devons mieux répondre à notre vocation chrétienne.

Trois domaines principaux sont à prendre en compte [cf. EG n°14] :

  • celui des fidèles qui fréquentent régulièrement nos communautés, nos groupes, et des fidèles qui ont la foi mais qui participent irrégulièrement au culte ;
  • celui des « personnes baptisées qui pourtant ne vivent pas les exigences du baptême » ;
  • celui de « ceux qui ne connaissent pas Jésus Christ ou qui l'ont toujours refusé ».

Le Pape François nous invite à être inventif, en agissant avec charité, tout en nous adaptant aux nouvelles formes de culture, sans dénaturer la vérité, ni la tronquer, sans diminuer la valeur de l'idéal évangélique :

« La pastorale en terme missionnaire exige d'abandonner le confortable critère pastoral du "on a toujours fait ainsi". J'invite chacun à être audacieux et créatif... [EG n°33]

... ce qui compte c'est avant tout la foi opérant par la charité” (Ga 5, 6). Les œuvres d'amour envers le prochain sont la manifestation extérieure la plus parfaite de la grâce intérieure de l'Esprit... [EG n°37]

... Ies énormes et rapides changements culturels demandent que nous prêtions une constante attention pour chercher à exprimer la vérité de toujours dans un langage qui permette de reconnaître sa permanente nouveauté. [EG n°41]».

Conclusion

Notre obéissance à la vérité fera resplendir la lumière

Un tel plan nécessite qu'on se rappelle sans cesse que Jésus est notre seul guide, notre Maître et notre seul Sauveur. « ... il devint pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel. » (He 5, 9) Durant cette année 2015 il sera nécessaire de se référer à la Parole de Dieu et aux enseignements de l'Église.

Il serait utopique, voire dangereux, de vouloir agir sans un minimum de concertation et de coordination. Une commission centrale, à laquelle seront associées les sept commissions ayant réalisé le bilan synodal, assurera ce travail de coordination au niveau diocésain.

Les moyens de communication seront également mis à contribution pour accompagner ce grand mouvement ecclésial.

En cette année dédiée par le Saint Père à la vie consacrée, je sais pouvoir compter sur le soutien de la prière des religieux, religieuses, laïcs consacrés de notre diocèse. Manifestant le caractère essentiel de la vie consacrée pour l'Église, ils auront à jouer un rôle important dans ce nouvel élan d'évangélisation souhaité pour notre diocèse. Ils le feront en particulier en montrant que vivre à la suite du Christ dans la vérité remplit les cœurs d'une joie profonde et durable. Cependant l'effort proposé cette année doit être celui de tous : prêtres, diacres, ministres institués, responsables divers, catéchistes, catholiques engagés ou non dans des mouvements, associations... mais aussi des fidèles les plus humbles - je pense aux plus démunis, aux malades, aux handicapés, aux prisonniers - qui, avec générosité, sont prêts à offrir leurs prières pour soutenir l'action des autres fidèles.

N'oublions pas que le Christ nous envoie tous avec un seul mot d'ordre : « Vous serez mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre »(Ac 1, 8). Cela ne doit pas nous décourager car on sait qu'II nous a envoyé une force en la personne de l'Esprit-Saint, de plus le Christ est « avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde »(Mt 28,20)

Être « témoins de la vérité » cela suppose que nos vies soient exemplaires et baignent dans la lumière de la vérité, pour cela nous devons nous imprégner de la Parole de Dieu et puiser à la source de la grâce dans les sacrements. Comme dit Saint Paul aux Romains : « Rejetons les activités des ténèbres, revêtons-nous pour le combat de la lumière »(Rm 13, 12)

La Vierge Marie, par son exemple, par sa prière, par le témoignage de sa pureté et de sa sainteté nous aidera à être de vrais témoins de Jésus, « chemin, vérité et vie ».

Que le Seigneur écoute nos prières et bénisse l'action dechacune et chacun d'entre vous.

Fait à Papeete, le 02 février 2015

en la journée de la Vie consacrée,

+ Pascal Chang Soi Administrateur Apostolique

© Archevêché de Papeete - 2015

L’œuvre missionnaire des Oblats à Tahiti – 1977-2004 (6)

Au service des vocations et de la formation sacerdotale

 Nous continuons notre parcours de l’histoire des Congrégations religieuses en Polynésie dans le cadre de l’Année de la Vie consacrée avec cette historique de la communauté des Pères O.M.I. par le R.P. Patrice Morel.

 D. Le Grand Séminaire Notre-Dame de la Pentecôte

1. Première année : Propédeutique (1984-1985)

Pour l'inauguration du Grand Séminaire le 19 octobre 1983, le Supérieur général des Oblats était venu de Rome, soulignant ainsi l'intérêt que la Congrégation entière portait à cet établissement. Il était accompagné du P. Laliberté qui avait été à l'origine de ce projet. L'archevêque demanda au P. Jetté de bénir la maison.

Quatre jeunes gens dans la vingtaine étaient candidats au Grand Séminaire. Ils avaient besoin de parfaire leur connaissance du français pour être à même de suivre les cours. À cette fin, ils furent accueillis au Foyer Jean XXIII, tout en recevant aussi une première initiation biblique et théologique.

Mgr Michel avait hâte de voir s'ouvrir la section « École Théologique », ce qui advint en janvier 1984. Même si le reste du bâtiment hébergeait encore les Filles de Jésus Sauveur, une grande salle de cours au rez-de-chaussée était disponible pour des cours du soir, donnés en français de 17h à 19h[1].

Cette année 1984 revêt une grande importance pour l'Église en Polynésie. Elle marque les 150 ans de l'implantation de l'Église catholique en cette partie du Pacifique. Elle eut lieu à Mangareva (archipel des Gambier) le 7 août 1834. Mgr Michel voulait que la célébration de cet anniversaire se fasse en un grand Jubilé. Providentiellement, c'est en cette année jubilaire que commençaient, en janvier, les cours dans la section « École Théologique », et qu'au mois d'août la section « Grand Séminaire » débutait avec la Propédeutique. Des quatre premiers candidats qui concrétisaient un rêve longtemps caressé par l'archevêque, deux arrivèrent jusqu'au sacerdoce: le P. Abraham Meitai, ordonné le 25 mars 1992, et le P. Bruno Mai, le 24 avril de la même année.

C'est dire que les prières pour les vocations furent exaucées, que la mentalité des Polynésiens par rapport à la possibilité d'accéder au sacerdoce avait évolué, que ce résultat n'aurait pu être atteint sans les efforts, les sacrifices et le dévouement de nombreux chrétiens et des Oblats qui se sont impliqués avec persévérance dans cette mission.

2. Croissance (1985-1989)

Dès son origine, le Grand Séminaire avait été présenté comme étant ouvert aux quatre diocèses francophones du Pacifique. Au long des années, il accueillit des candidats du diocèse de Taiohae (Îles Marquises), de Wallis et Futuna. Les Pères de Picpus qui, après tant d'années de présence en Polynésie, commençaient à avoir des vocations locales, confièrent au Grand Séminaire ceux qui se destinaient au sacerdoce. Ils suivaient la propédeutique et les deux années de philosophie à Papeete, et étaient envoyés en France pour leur théologie. L'évêque incardine dans son diocèse deux séminaristes de France qui avaient connu la Polynésie lors de leur service militaire. Ils terminèrent leur cursus théologique au Grand Séminaire de Papeete.

Le nombre des séminaristes, croissant peu à peu au fil des années[2], une chapelle digne de ce nom fut bâtie en 1987.

Par ailleurs, le P. Patrice, arrivant à la fin de son deuxième mandat comme supérieur, devait être remplacé.

3. Un nouveau recteur

Aussi bien au niveau de la Province Saint-Jean Baptiste que de l'Administration générale de Rome, les autorités se souciaient de trouver un nouveau recteur. Providentiellement, au cours d'une visite au Canada, le Supérieur général, le P. Marcello Zago put contacter le P. Hubert Lagacé qui venait de terminer son ministère comme chapelain à l'Université d'Ottawa et qui désirait repartir en Afrique où il avait déjà enseigné dans divers séminaires. Celui-ci accepta avec grande générosité de partir vers un nouveau pays, une nouvelle culture. Il arriva à Tahiti le 30 juin 1989.

En janvier de cette même année 1989, M. Constant Bouchaud, ancien Supérieur général des Prêtres de Saint-Sulpice, fut invité par MgrCoppenrath à faire l'évaluation de la marche du Grand Séminaire. Il y logea durant une semaine entière, rencontrant chaque professeur et chaque séminariste. Son rapport fut très positif et encourageant. Il proposa aussi quelques lignes d'aménagement pour les programmes à mettre en place dans l'avenir. Il suggéra aussi à Monseigneur de ne garder pour l'institution que le nom de Grand Séminaire, ce qui fut accepté de suite.

Lorsque le P. Hubert Lagacé arriva à Tahiti, les Oblats et l'évêque voulaient lui laisser plusieurs mois d'adaptation. Mais dès le mois d'août, il fut nommé recteur du Grand Séminaire. Son expérience africaine lui facilita grandement la prise en charge de ses nouvelles responsabilités.

4. La récolte des fruits

Lors de la célébration du Jubilé des 150 ans de l'Église catholique en Polynésie, le Cardinal Gantin avait lancé cette phrase : « Tahiti les fleurs - Tahiti les fruits ». Il signifiait par là que les 150 premières années de la Mission avaient été des années de semailles parfois difficiles mais que les fleurs apparaissaient maintenant. Les chrétiens devaient poursuivre leurs efforts pour que ces fleurs arrivent à maturité et se transforment en fruits.

On pourrait dire la même chose pour le Grand Séminaire. La gestation avait été longue. Lorsque le P. Lagacé en prit la responsabilité, il continua à le développer et, en 1992, comme il a été mentionné un peu plus haut, les deux premiers séminaristes sortant de ce Séminaire étaient ordonnés prêtres : récompense des efforts de tous. Ces ordinations étaient aussi une promesse pour l'avenir et un encouragement pour les jeunes, démontrant que l'accès au sacerdoce était possible pour les Polynésiens.

En 1997, le P. PolydorTwanga, Oblat congolais, venait remplacer le P. Lagacé comme recteur du Grand Séminaire. Il contribua à renforcer l'aide spirituelle et financière apportée par les laïcs à la formation des séminaristes. Il ne put rester que quatre ans, et, en septembre 2001, le P. Lagacé reprenait le rectorat. Sous sa direction des aménagements matériels furent entrepris : construction d'un nouveau bâtiment d'habitation (4 chambres de séminaristes, plus 1 chambre de professeur) et un autre bâtiment de fonction comprenant la bibliothèque, des salles de cours, une salle de conseil, une salle de récréation. Les locaux libérés ailleurs furent transformés en chambres pour les séminaristes.

Un des principaux soucis d'un recteur est la formation optimale de chaque séminariste. Celle-ci ne peut être assurée sans des formateurs expérimentés et dévoués. Le P. Lagacé s'est toujours préoccupé de trouver des professeurs conscients de leur rôle primordial pour l'avenir de l'Église en Polynésie. Tous ceux qui s'intéressent à la formation de séminaristes savent que, à peu près partout dans le monde, il y a un manque de formateurs. Les demandes sont nombreuses et les ouvriers disponibles peu nombreux. Le p. Lagacé a toujours su assurer la formation adéquate des séminaristes en trouvant, soit sur place (y compris lui-même), soit à l'extérieur, les personnes-ressources dont le Séminaire avait besoin.

En annexe, on trouvera la liste des Oblats qui sont venus à Tahiti pour un service missionnaire de durée variable. Il faut mentionner d'une manière spéciale le P. Marius Bobichon, originaire de France, arrivé à Tahiti le 31 août 1997, à l'âge de 73 ans, comme professeur de dogme, d'histoire de l'Église et de patrologie. Sa longue expérience comme professeur de séminaire, en France, au Sri Lanka, au Zaïre et au Cameroun, lui permettait d'être à l'aise en toutes ces matières. Il ne craignait pas de payer de sa personne. C'est sans doute ce don de lui-même sans compter qui fit qu'en mars 1999, il eut un malaise et fit une chute dans un escalier du Séminaire. Il resta une dizaine de jours dans le coma et, le 22 mars, il entrait dans son éternité. Il est enterré au cimetière de Saint-Joseph de Faaa, signe permanent de l'engagement temporaire des Oblats en faveur de l'Église en Polynésie.

En 2004, les Pères Oblats de la Province américaine se retiraient de Tahiti (voir ci-dessous). Le nouveau recteur du Séminaire est maintenant le P. Claude Jouneau, prêtre de Saint-Sulpice. Il fut, durant 11 ans recteur et professeur au Burkina Faso, puis recteur du Grand Séminaire sulpicien de Lyon.

Pour terminer cette partie sur le Grand Séminaire, signalons que 17 prêtres y ont été ordonnés : 1 pour Taiohae, 1 pour Wallis et Futuna, 3 religieux Picpuciens, les 12 autres pour le diocèse de Papeete. Parmi ces derniers, un est professeur de dogme au Grand Séminaire depuis 3 ans, et deux autres (ordonnés en 2004) sont aux études à Rome en vue de revenir comme professeurs au Séminaire.

(à suivre)

© Vie Oblate Life n°64 - 2005


[1]    Voici les enseignements proposés :

lundi - « La Rédemption » (P. Roger Roy) ;

mardi - « Doctrine sociale de l'Église et les réalités socio-économiques de la Polynésie à la lumière de l'Évangile » (P. Paul Hodee) ;

mercredi - « Histoire de l'Église en Polynésie » (P. Paul Hodee) ;

jeudi - « lnitiation biblique » (P. Roger Roy) ;

vendredi - « Liturgie » (P. Paul Daydou). Le nombre total des auditeurs inscrits aux différents cours était de dix religieuses et de dix-huit laïcs.

[2]  Un tableau récapitulatif du nombre des séminaristes donne les chiffres suivants par année : 1984 : 4 ; 1985 : 3 ; 1986 : 4 ; 1987 : 8 ; 1988 : 10 ; 1989 : 12 ; 1990 : 14 ; 1991 :12 ; 1992 : 9 ; 1993 : 10 ; 1994 : 10 ; 1995 : 12 ; 1996 : 15 ; 1997 : 13 ; 1998 : 14 ; 1999 : 17 ; 2000 : 18 ; 2001 : 16 ; 2002 : 13 ; 2003: 13.

Méditation sur la Parole

 En ce sixième dimanche du temps ordinaire, nous méditons sur la guérison d’un lépreux par Jésus. Cette rencontre nous révèle l’Amour de Dieu pour chacun d’entre nous, ainsi que son désir de nous purifier de toute forme de mort. Voyons cela de plus près.

Il est dit que le lépreux vient trouver Jésus et tombe à ses genoux en le suppliant. Sa démarche de foi est explicite. Il se tourne vers le Seigneur et se prosterne devant lui car il est convaincu que lui seul peut le guérir. Certainement, le lépreux ne sait pas bien qui est Jésus car il s’adresse à lui directement, sans lui donner de titre particulier. Il dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier » (Mc 1,40). Mais ce que le lépreux sait, c’est que Jésus a le pouvoir de le sauver. L’Évangile de ce jour nous pose donc cette question : « Croyons-nous que Jésus a le pouvoir de nous sauver ? Est-il le secours, le rempart vers qui nous nous tournons lorsque nous nous sentons accablés ? ». Toute l’histoire du peuple d’Israël témoigne de ce combat constant de la foi. Dans l’épreuve, Israël aura-t-il recours à Dieu ou aux idoles ? Construira-t-il un veau d’or ou se tournera-t-il vers l’unique Seigneur ? Poser un acte de confiance en affirmant que Dieu est notre seul secours nécessite une grande foi, une foi que nous pouvons demander au Seigneur aujourd’hui.

Jésus est alors pris de pitié, il étend la main, le touche et lui dit :« Je le veux, sois purifié » (Mc 1,41). Dieu ne repousse pas le pauvre qui a besoin de lui. Le pauvre, dans la bible, n’est pas d’abord celui qui ne possède pas de biens matériels. Le pauvre est celui qui reconnaît qu’il ne peut rien sans Dieu. Dieu a tout de suite compassion de celui qui a un cœur de pauvre ! Et Dieu touche le lépreux sans être repoussé par sa maladie, tout comme il nous touche sans être repoussé par nos péchés. Et c’est par ce contact avec Jésus que le lépreux trouve la guérison. Jésus est l’Emmanuel, Dieu avec nous. Mais il faut beaucoup de temps à l’homme pour croire que Dieu s’intéresse à lui. Pour en être vraiment convaincu, il n’y a qu’un seul moyen : prier, et prier régulièrement car le cœur de l’homme oublie vite les grâces qu’il a pu recevoir.

Ensuite, Jésus lui demande d’aller faire constater sa guérison par un prêtre et d’accomplir les prescriptions de la loi. Jésus souhaite donc que cette guérison serve de témoignage, à commencer par les prêtres qui servent au Temple. Parfois, l’Évangile peut donner l’impression que tout est joué d’avance entre Jésus, les pharisiens, les scribes et les prêtres. Mais ce passage montre bien que Jésus respectait l’autorité des uns et des autres tout en voulant, bien entendu, les faire cheminer, les faire entrer plus profondément dans la plénitude de la Révélation. Jésus souhaitait la conversion des pharisiens et des scribes tout autant que celle de la foule qui l’écoutait sur les bords du lac de Galilée.

En ce jour, nous pouvons demander au Seigneur de toucher toute forme de lèpre qu’il pourrait y avoir dans notre vie : la jalousie, la haine, la rancune, la colère, la convoitise…Tout cela remplit nos cœurs et nous éloigne du Seigneur et de la prière. Que le Seigneur tende sa main et nous guérisse. Alors nous pourrons, nous aussi, proclamer dans toutes les villes que le Seigneur nous a visités.

© Radio Vatican -2015

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Date de dernière mise à jour : 2015-02-19