PKO 20.09.2015

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°49/2015
Dimanche 20 septembre 2015 – 25ème Dimanche du Temps ordinaire – Année B

Humeurs

L’Église ne peut pas se taire !

La Polynésie toute entière a été émue, cette semaine, par la mort de Sandy Ellacott des suites d’une agression des plus violentes.

On ne peut s’empêcher de se demander : « Pourquoi cette violence ? D’où vient-elle ? » Elle n’est pas vraiment nouvelle, on se souvient d’Akirina, jeune fille retrouvée morte dans un caniveau à Pamatai (2006), ou de ce jeune frappé à mort à la presqu’île pour lui voler son vini…

Une violence qui ressurgit régulièrement, gratuite et bestiale… À chaque fois, la société est profondément émue, se mobilise… puis oublie !

Chacun y va de son petit mot, de sa petite phrase  pour expliquer, pour dénoncer, pour justifier… Pour les uns c’est la faute aux familles, pour les autres à la société, aux forces de l’ordre, aux politiques… Il faut reconnaître que face à ce déchainement de violence on se sent profondément démunis.

Il nous arrive parfois d’intervenir dans des altercations particulièrement violentes entre deux personnes de la rue. Ce qui nous frappe, c’est cette coupure radicale de l’agresseur avec la réalité… il n’entend plus rien, il semble totalement enfermer dans sa violence.  On l’appelle alors par son nom, on lui dit « Regarde-moi… », on le répète jusqu’à ce que son regard croise le nôtre… et là, comme s’il revenait d’un autre monde, la tension baisse, et il devient possible de la raisonner de le calmer… Que se passe-t-il ?

On ne peut s’empêcher de penser qu’il y a là, au moins en partie, la conséquence de la consommation de « paka ». Des études, notamment néo-zélandaise, mettent en évidence aujourd’hui, que la consommation régulière de cette drogue si souvent présentée comme « douce », est un facteur important de l’apparition de troubles psychologiques graves, tel que le bipolarisme, la schizophrénie…

Longtemps la Polynésie a regardé le « paka » comme un moindre mal, comme un problème qui n’en était pas un, comme un moyen de canaliser les aspirations de la jeunesse… au point qu’aujourd’hui, certains pensent que le « paka » fait partie de la culture ancestrale ! Certes, là n’est certainement pas la seule raison de cette violence bestiale qui surgit sporadiquement, et semble-t-il, plus souvent aujourd’hui… mais elle en fait très certainement partie.

La fragilité psychologique engendrée par la consommation de « paka », et d’alcool, ajouté à une injustice sociale toujours plus criante et à la fragilisation du tissu familial, crée un terrain plus que favorable à l’émergence de cette violence incontrôlée et de plus en plus bestiale. Notre responsabilité est engagée… on ne peut se contenter de dire : « C’est la faute à… »

Toute la société est concernée et interpellée… des politiques aux familles… les chrétiens tout particulièrement… Paraphrasons ici le  Pape François s’adressant aux membres du symposium pour la pastorale de la rue : « Personne ne peut rester les bras croisés devant la nécessité urgente de sauver la dignité de [la jeunesse polynésienne], menacée par des facteurs culturels et économiques ! Je vous demande, s’il vous plaît, de ne pas vous rendre face aux difficultés des défis qui interpellent votre conviction, nourrie de la foi dans le Christ qui a montré, jusqu’au sommet de la mort sur la croix, l’amour préférentiel de Dieu le Père pour les plus faibles et les personnes marginalisées. L’Église ne peut pas se taire, les institutions ecclésiales ne peuvent pas fermer les yeux devant le phénomène néfaste ».

Plus jamais ça… oui… mais cela ne se fera pas sans nous. Encore faut-il que nous nous levions, que nous quittions nos égoïsmes, notre individualisme… « La promesse faite par Dieu à l’homme et à la femme, à l’origine de l’histoire, inclut tous les êtres humains, jusqu’à la fin de l’histoire. Si nous avons suffisamment de foi, les familles des peuples de la terre se reconnaîtront dans cette bénédiction. De toute façon, quiconque se laisse émouvoir par cette vision, quel que soit le peuple, la nation ou la religion à laquelle il appartient, qu’il se mette en route avec nous ! »

Chronique de la roue qui tourne

Vivre le moment présent

« Le bonheur n’est pas quelque que tu planifies pour le futur, c’est quelque chose que tu conçois pour le présent. » Jim ROHN

Lors d’une interview sur l’annonce de la nomination de mon livre pour le prix Vi Nimö, une journaliste m’a demandé mes projets après une telle récompense.

La question était intéressante, elle ouvrait formidablement le débat et pouvait intéresser les lecteurs en attente d’un éventuel deuxième livre. Mais la question m’a interpellée. La vie serait-elle qu’une course effrénée, où à peine un obstacle franchi, nous devons nous présenter au suivant ? Toujours en mouvement, toujours en quête de quelque chose, sans pour autant prendre le temps de l’apprécier. Serait-il si tragique de s’arrêter pour regarder nos « exploits » de temps en temps ? Serait-il malsain de se féliciter soi-même après une épreuve ?

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire la tournée des bars pour « arroser l’événement ». Il ne s’agit pas non plus de s’enorgueillir de la moindre petite réussite. Mais juste prendre le temps de vivre intensément l’instant donné, d’être heureux de soi-même et fier du chemin parcouru.

À première vue, cela s’apparenterait à du « narcissisme » où l’égo se gonflerait comme un ballon de baudruche. Mais, en fait, c’est l’inverse, cette rétrospective nous rappelle humblement notre point de départ. Il est essentiel de voir dans ce présent chaque  effort et chaque sacrifice faits pour lui donner toute sa joie. Il nous faut prendre le temps de rire autant que nécessaire pour pouvoir pleurer quand le moment  viendra. Il nous faut apprendre à être heureux au présent… sur un long terme… une belle manière de clore un passé difficile et d’entamer courageusement un avenir encore incertain !

La chaise masquée

La parole aux sans paroles - 3

Trouver un emploi quand on est dans la rue !

Le problème de l'emploi est une triste réalité mais il touche, de manière plus violente les sdf. Il est la principale cause de l'engrenage qui piège plus d'un dans la rue. Les tensions familiales poussent à quitter le domicile mais, sans emploi, comment avoir un chez soi et s'émanciper. Ainsi, la rue devient vite un point de chute sur un long terme.

« Tu sais, je n'ai pas de papier qui prouve que je sais faire quelque chose mais je sais tout faire. Je sais faire la cuisine comme je sais couler le béton. C'est mon papa qui m'a appris ! Mais mon travail idéal, c'est dans la vente, la vente de ma'a. J'aimerais avoir ma propre entreprise. », commence Moerani.

Je me tourne vers Eimeo : « La même chose, vu que je suis dans ce domaine-là aussi. Monter une roulotte à deux. Parce qu'on travaille bien ensemble. ». « On travaille même mieux ensemble que chacune de son côté. », renchérit Moerani. « Pour l'instant on pense à un système de "plats livrés" pour les gens qui travaillent. », finalise Eimeo.

Pour le moment, ça reste au stade de projet, le couple n'a pas encore osé se renseigner sur les démarches à faire. « Il faut un capital pour commencer. », laisse tomber Moerani.

Ariihau, quant à elle, a franchi ce cap-là. Détentrice d'un BAC ES, la jeune femme a passé plusieurs concours, pourtant « difficile de réviser sérieusement dans la rue ». Aujourd'hui, elle voudrait monter son entreprise pour fabriquer et vendre du lait de coco en bouteilles de verre. Dans cet objectif, elle s'est renseignée auprès des différents organismes favorisant la création d'entreprise. Depuis l'année dernière, elle se démène pour bénéficier des aides proposées par le pays. Une histoire à moult rebondissements administratifs, souvent accompagnés de déception.

« C'est trop compliqué tout ça, je veux juste râper du coco et le mettre en bouteille. Et, il n'y a rien pour faciliter les choses. Et je crois que, quand le pays a mis en place ces instruments (d'aides), il a oublié de prendre en compte ceux qui vivent sous le seuil de pauvreté. Parce que là, ça fait un an que je suis dans la rue, or si ces instruments fonctionnaient bien, ça ferait longtemps que je serai sortie de la rue ». Aujourd'hui, Ariihau recherche des amis intéressés par des bouteilles de verre, son fournisseur exige une commande de dix palettes alors que seules trois suffisent. Enfin, un avant-goût du monde du business qui ne semble pas décourager Ariihau. En attendant, elle revend quelques fleurs aux mamas du marché pour gagner de quoi survivre.

« Mon souhait à moi serait d'avoir une roulotte et travailler pour moi-même. Je sais qu'on ne va prendre en formation ou en C.A.E parce que j'ai beaucoup d'expérience. Alors je préfère déposer mon C.V un peu partout dans le milieu hôtelier, où j'ai déjà travaillé, et attendre les réponses. », raconte Marie-Joséphine.

Son copain, Raiamanu, quant à lui, a déposé dans pratiquement tous les garages, fort d'un BAC PRO mécanique. Et ? demande-je. Rien, fit-il d'un geste. « Personne ne rappelle. ». Fin de l'histoire ! Aujourd'hui, pour gagner un peu d'argent, il participe à des combats de boxe où il se fait une petite réputation.

Une recherche d'emploi intensive sans aucun résultat, c'est aussi la triste réalité de Jason. Avec sa copine, ils attendent un heureux événement, prévu dans sept mois. Alors il multiplie les « démarchages » pour proposer ses services et stabiliser leur vie. Encore une fois, rien !

En plus d'un quotidien déjà pas facile, les sdf voient leur motivation étouffée de préjugés. Nous sommes prompts à juger leur oisiveté mais sommes-nous conscients de la vraie cause à effet ? La rue est la conséquence d'un rejet et met leur vie entre parenthèses qui ne cessent de s'éterniser. Nous sommes prompts à les qualifier de paresseux mais sommes-nous sûrs que notre société a un emploi décent et durable à leur proposer ? La vraie cause à effet !

Et pour terminer notre petite discussion, je leur demande comment voyaient-ils leur vie dans dix ans. La question, pourtant bonne enfant, s'est avérée difficile. Comment se projeter dans dix ans quand on ignore ce qu'on va manger le soir... si on mange ? Malgré la maladresse de ma question, tous se sont prêtés au jeu. Tous se sont vus avec un travail, un terrain, une maison. « Je me vois rentrer chez moi à Pueu. Aller dans mon faapu le week-end. Aller pêcher de temps en temps. Être avec mes enfants et mes mo'otua si j'en ai. Et j'aimerais bien avoir une petite ferme. », avoue Ariihau.

Même quand les rêves les plus fous sont permis, eux ne veulent qu'une vie normale. Et une vie normale commence par un emploi. Sommes-nous en droit de leur refuser cela ?

© Nathalie SH - Accueil Te Vai-ete - 2015

La famille, base de la culture mondiale

Audience générale du mercredi 16 septembre 2015 – Pape François

Le Pape François a achevé ce mercredi, à l’audience générale, son cycle de catéchèses sur la famille, entamé le 10 décembre dernier dans la perspective de la rencontre de Philadelphie et du Synode des évêques qui se déroulera du 4 au 25 octobre. Devant des milliers de fidèles rassemblés sur la place Saint-Pierre, il a insisté avec force sur le caractère irremplaçable et universel de la famille. Elle est, a-t-il dit, la base de la culture mondiale ; c’est elle qui nous protège contre les attaques, les destructions, les idéologies qui menacent le monde.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Ceci est notre réflexion finale sur le thème du mariage et de la famille. Nous sommes à la veille d’événements beaux et exigeants qui sont directement liés à ce grand thème : la Rencontre mondiale des familles à Philadelphie, et le Synode des évêques, ici, à Rome. Ces deux rassemblements ont une respiration mondiale, qui correspond à la dimension universelle du christianisme, mais aussi à la portée universelle de cette communauté humaine fondamentale et irremplaçable qu’est précisément la famille.

Les conjonctures de la civilisation actuelle semblent marquées par les effets à long terme d’une société administrée par la technocratie économique. La subordination de l’éthique à la logique du profit dispose de moyens considérables et d’un soutien médiatique énorme. Dans ce scénario, une nouvelle alliance entre l’homme et la femme devient non seulement nécessaire, mais aussi stratégique pour que les peuples s’émancipent de la colonisation de l’argent. Cette alliance doit recommencer à orienter la politique, l’économie et la cohabitation sociale. Elle rend la terre habitable, permet de transmettre le sentiment de la vie, les liens de la mémoire et de l’espérance.

De cette alliance, la communauté conjugale et familiale de l’homme et de la femme est la grammaire générative, le « nœud d’or », pourrions-nous dire. La foi la tire de la sagesse de la création de Dieu qui a confié à la famille, non pas le soin d’une intimité qui est sa propre fin, mais le projet émouvant de rendre le monde « familial ». La famille est justement au début, à la base de cette culture mondiale qui nous sauve ; elle nous sauve de tant, tant d’attaques, tant de destructions, tant de colonisations, comme celle de l’argent ou des idéologies qui menacent tellement le monde. La famille est la base pour se défendre !

C’est précisément dans la Parole biblique de la création que nous avons trouvé notre inspiration fondamentale, dans nos brèves méditations du mercredi sur la famille. À cette Parole, nous pouvons et nous devons de nouveau puiser amplement et profondément. C’est un grand travail qui nous attend, mais il est aussi très enthousiasmant. La création de Dieu n’est pas une simple axiome philosophique : c’est l’horizon universel de la vie et de la foi ! Il n’y a pas de dessein divin différent de la création et de son salut. C’est pour le salut de la créature – de toutes les créatures – que Dieu s’est fait homme : « pour nous les hommes et pour notre salut », comme le dit le Credo. Et Jésus ressuscité est le « premier-né de toute créature » (Col 1,15).

Le monde créé est confié à l’homme et à la femme : ce qui se passe entre eux laisse une empreinte sur toute chose. C’est ce que nous appelons le « péché originel ». Et nous venons tous au monde avec l’héritage de cette maladie.

Malgré cela, nous ne sommes ni maudits, ni abandonnés à nous-mêmes. L’antique récit du premier amour de Dieu pour l’homme et la femme, avait déjà à cet égard des pages écrites avec le feu ! « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance » (Gn 3,15a). Ce sont les paroles que Dieu adresse au serpent trompeur, séducteur. À travers ces paroles, Dieu marque la femme d’une barrière de protection contre le mal, à laquelle elle peut recourir – si elle le veut – pour toutes les générations. Cela veut dire que la femme porte une bénédiction secrète et particulière pour défendre sa créature du malin ! Comme la femme de l’Apocalypse, qui court cacher son enfant à l’abri du dragon. Et Dieu la protège (cf. Ap 12,6)

Pensez à la profondeur qui s’ouvre ici ! Il existe beaucoup de lieux communs, parfois même offensifs, sur la femme tentatrice qui pousse au mal. Au contraire, il y a un espace pour une théologie de la femme qui soit à la hauteur de cette bénédiction de Dieu pour elle et pour la génération !

La protection miséricordieuse de Dieu à l’égard de l’homme et de la femme, dans tous les cas, ne diminue jamais pour l’un ou l’autre. N’oublions pas cela ! Le langage symbolique de la Bible nous dit qu’avant de les éloigner du jardin d’Eden, Dieu fit à l’homme et à la femme des tuniques de peaux et les en vêtit (cf. Gn 3,21). Ce geste de tendresse signifie que, même dans les conséquences douloureuses de notre péché, Dieu ne veut pas que nous restions nus et abandonnés à notre destinée de pécheurs. Cette tendresse divine, ce soin à notre égard, nous les voyons incarnés en Jésus de Nazareth, Fils de Dieu « né d’une femme » (Gal 4,4). Et toujours saint Paul dit encore : « le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5,8). Le Christ, né d’une femme. Il est la caresse de Dieu sur nos plaies, sur nos erreurs, sur nos péchés. Mais Dieu nous aime tels que nous sommes et veut nous faire avancer avec ce projet et la femme est la plus forte, celle qui fait avancer ce projet.

La promesse faite par Dieu à l’homme et à la femme, à l’origine de l’histoire, inclut tous les êtres humains, jusqu’à la fin de l’histoire. Si nous avons suffisamment de foi, les familles des peuples de la terre se reconnaîtront dans cette bénédiction. De toute façon, quiconque se laisse émouvoir par cette vision, quel que soit le peuple, la nation ou la religion à laquelle il appartient, qu’il se mette en route avec nous ! Ce sera notre frère et notre sœur, sans faire de prosélytisme. Marchons ensemble sous cette bénédiction et dans cet objectif de Dieu de faire de nous tous des frères dans la vie, dans un monde qui avance et qui nait justement de la famille, de l’union de l’homme et de la femme.

Que Dieu vous bénisse, familles de tous les coins de la terre ! Que Dieu vous bénisse tous !

© Libreria Editrice Vaticana - 2015

Plaidoyer pour les femmes et les enfants sans-abris

Symposium internationale sur la pastorale de la route – 17 septembre 2015

Rome a accueilli ces jours-ci un Symposium international sur la pastorale de la rue organisé par le Conseil pontifical pour les Migrants et les personnes en déplacement. Objectif : mettre au point un plan d’action pour venir en aide aux enfants et aux femmes qui vivent dans la rue. Au terme de leurs travaux, les participants ont été reçus par le Pape François ce jeudi matin.

Le Saint-Père a eu des paroles de compassion pour toutes les victimes de l’indifférence, de la pauvreté, de la violence domestique et sociale, des échecs conjugaux, des grossesses hors mariage et de la traite. Ces êtres humains possèdent une identité, a-t-il souligné. Ils sont comme nous des enfants de Dieu avec les mêmes droits que nous. Chaque enfant abandonné qui tombe dans les filets du crime organisé est un cri qui monte vers Dieu ; un acte d’accusation contre un système social que nous dénonçons depuis des décennies, mais que nous ne parvenons pas à rendre plus juste. Le Pape François a déploré les législations insuffisantes et le manque de structures adéquates pour leur venir en aide.

Chers frères et sœurs,

Je vous souhaite à tous une cordiale bienvenue, au terme du Symposium international sur la pastorale de la rue, organisé par le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement. Je remercie le cardinal Vegliò pour les paroles courtoises qu’il m’a adressées et surtout je le remercie, ainsi que ses collaborateurs, pour leur travail dans ce domaine pastoral.

Le but de ces journées d’étude et de réflexion est de préparer un plan d’action en réponse au phénomène des enfants et des femmes – et de leurs familles – qui ont la rue pour principal milieu de vie. J’ai une grande estime pour votre engagement au service de la protection et de la promotion de la dignité de ces enfants et de ces femmes ; c’est pourquoi je vous encourage à avancer dans la confiance et l’élan apostolique.

Les réalités, parfois très tristes, que vous rencontrez, sont causées par l’indifférence, la pauvreté, la violence familiale et sociale et la traite des personnes humaines. Sans parler de la douleur due aux séparations conjugales ou à la naissance d’enfants hors mariage, destinés souvent à une vie « d’errance ». Les enfants et les femmes de la rue ne sont pas des numéros, ils ne sont pas des « paquets » à échanger : ce sont des êtres humains avec un nom et un visage, avec une identité donnée par Dieu à chacun d’eux. Aucun enfant ne choisit par lui-même de vivre dans la rue. Malheureusement, même dans ce monde moderne et global, beaucoup d’enfants sont privés de leur enfance, de leurs droits et de leur avenir. La carence de lois et de structures adéquates contribue à aggraver leur état de privation : ils n’ont pas de vraie famille, ils n’ont pas d’éducation ni d’assistance sanitaire.

Tout enfant abandonné ou contraint à vivre dans la rue, devenu la proie des organisations criminelles, est un cri qui monte vers Dieu, lui qui a créé l’homme et la femme à son image ; c’est un cri d’accusation contre un système social que nous critiquons depuis des décennies mais que nous peinons à changer selon des critères de justice. Il est préoccupant de voir augmenter le nombre de jeunes filles et de femmes qui sont contraintes à gagner leur vie dans la rue, en vendant leur corps, exploitées par les organisations criminelles et parfois par leurs parents et leurs proches. Cette réalité est une honte de nos sociétés qui se vantent d’être modernes et d’avoir atteint de hauts niveaux de culture et de développement. La corruption générale et la recherche du gain à tout prix privent les innocents et les plus faibles des possibilités d’une vie digne, alimentent la criminalité de la traite et les autres injustices qui pèsent sur leurs épaules.

Personne ne peut rester les bras croisés devant la nécessité urgente de sauver la dignité de la femme, menacée par des facteurs culturels et économiques ! Je vous demande, s’il vous plaît, de ne pas vous rendre face aux difficultés des défis qui interpellent votre conviction, nourrie de la foi dans le Christ qui a montré, jusqu’au sommet de la mort sur la croix, l’amour préférentiel de Dieu le Père pour les plus faibles et les personnes marginalisées. L’Église ne peut pas se taire, les institutions ecclésiales ne peuvent pas fermer les yeux devant le phénomène néfaste des enfants et des femmes de la rue.

Il est important d’impliquer les différentes expressions de la communauté chrétienne dans les divers pays afin de supprimer les causes qui contraignent un enfant ou une femme à vivre dans la rue ou à se procurer de quoi vivre dans la rue. Nous ne pouvons jamais éviter d’apporter à tous, en particulier aux plus faibles et désavantagés, la bonté et la tendresse de Dieu, notre Père miséricordieux. La miséricorde est l’acte suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre, elle est le chemin qui ouvre le cœur à l’espérance d’être aimé pour toujours.

Chers frères et sœurs, je vous souhaite une mission féconde dans vos pays, pour votre sollicitude pastorale et spirituelle et pour la libération des plus fragiles et des plus exploités ; une mission féconde pour la promotion et la sauvegarde de leur identité et de leur dignité.

Je vous confie, ainsi que votre service, à Marie, Mère de miséricorde : que la douceur de son regard accompagne l’engagement et les intentions de ceux qui prennent soin des enfants et des femmes de la rue. Et de tout cœur j’invoque sur chacun de vous la bénédiction du Seigneur.

© Libreria Editrice Vaticana - 2015

D’ici 2030, la naissance de bébé à la carte ?

Humanisation vous avez- dit ?

Face à la pression de la science chinoise, les scientifiques occidentaux veulent repenser les interdictions de « jouer » avec l'ADN de l'embryon humain. Les rapides progrès de la technologie permettent désormais aux scientifiques de modifier de manière précise l'ADN humain. Principal frein aux prochaines avancées : les cadres légaux, qu'Hinxton, un groupe de chercheurs, demande à revoir.

Atlantico : Selon le groupe Hinxton, la modification génétique des embryons humains est de « valeurs inestimable » à la recherche. Leur appel sera-t-il entendu ? Ne s'inscrit-il pas dans une volonté plus générale de dépasser une « barrière éthique » ?

Laurent Alexandre : Ce n’est pas tout à fait exact. Les enzymes modifiant l’ADN (CRISPR et TALEN principalement) ne sont pas suffisamment au point pour être utilisés sur un embryon humain.

Plusieurs modifications ont été réussies chez l’animal y compris le chimpanzé. Quand il y a un échec chez l’animal et que le petit est handicapé, cela n’émeut pas grand monde. Chez l’Homme, on ne supporterait pas ce type d'erreurs.

L’appel du groupe Hinxton fait écho à un autre appel. En mars, des chercheurs et industriels ont mis en garde contre les tentatives de modifier des cellules embryonnaires, ce qui modifierait l’hérédité humaine. Les signataires s’inquiétaient particulièrement des risques liés à l’utilisation des CRISPR­Cas9, qu’un étudiant en biologie peut fabriquer en quelques heures. Ce moratoire sur les thérapies géniques embryonnaires, comme beaucoup d’autres avant lui, n’a pas été respecté. Une équipe chinoise a publié, le 18 avril, les premières modifications génétiques sur des embryons humains, destinées à corriger une mutation responsable d’une maladie du sang, la bêta­thalassémie. Cette expérience ne pouvait aboutir à des bébés, car les 86 embryons présentaient des anomalies chromosomiques mortelles avant même la manipulation. Modifier génétiquement un embryon destiné à naître supposerait un « process » zéro défaut. Ce n’est pas le cas aujourd’hui puisqu’une minorité seulement des embryons manipulés ont vu la mutation ciblée corrigée et des modifications non souhaitées sont apparues.

Le groupe Hinxton peut demander la libéralisation des manipulations génétiques en laboratoire mais il est trop tôt pour faire des bébés génétiquement modifiés à grande échelle. À moyen terme, la libéralisation des techniques d’ingénierie génétique est néanmoins probable.

Atlantico : Sans une surveillance adéquate, la science ne pourra-t-elle pas créer des enfants sur mesure ? Les avancées scientifiques le permettent-ils ?

Ces techniques seront opérationnelles sur l’embryon humain après 2025. Nous avons donc le temps de réfléchir à l’immense pouvoir dont nous allons disposer sur notre identité génétique. Est-il imaginable d’empêcher les parents de concevoir des « bébés à la carte » à partir de 2030 quand la technologie sera au point ? En réalité, les parents du futur exigeront des modifications génétiques embryonnaires pour prévenir le développement de maladies chez leur enfant, mais aussi dans toute sa descendance. Il n’est pas raisonnable d’imposer aux familles des thérapies géniques successives à chaque génération pour traiter les maladies très graves. Qui ne souhaiterait supprimer définitivement le risque d’avoir des descendants atteints de myopathie ou de démence de Huntington ?

Une autre question se posera : faut-il suivre les transhumanistes et utiliser ces technologies non plus pour guérir mais pour augmenter un enfant ?

Atlantico : Quels en seraient les risques justement ? Le fossé riche/pauvre ne se creusera t-il pas d’avantage ?

Le risque d’un fossé économique est faible : le cout de ces technologies s’effondre. Le cout des nucléases a été divisé par 10 000 en sept ans. L’eugénisme sera vite démocratisé !

En revanche, une course au bébé parfait pourrait vite virer au cauchemar. Le grand magazine anglais « The economist » en a fait sa couverture, il y a quelques semaines.

Atlantico : Jusqu'à quand cette barrière éthique qui prend racine dans nos héritages, va-t-elle résister ?

Cette barrière éthique n’existe qu’en Occident.

En Asie, une large partie des parents attendent ces technologies pour avoir des bébés plus intelligents. Les Chinois sont beaucoup plus eugénistes que les occidentaux. Et le plus choquant pour nous européens est la volonté d’étendre la logique eugéniste aux capacités intellectuelles. La Chine a lancé un grand programme de séquençage de l’ADN des surdoués. Deux mille deux cents individus porteurs d’un quotient intellectuel au moins égal à 160. Ce programme est réalisé par le Beijing Genomics Institute (BGI), qui est le plus important centre de séquençage de l’ADN du monde. L’objectif des Chinois est de déterminer les variants génétiques favorisant l’intelligence, en comparant le génome des surdoués à celui d’individus à QI moyen.

La part génétique de l’intelligence reste un sujet tabou, ce qui amuse beaucoup les Chinois. « Les gens pensent que c’est un sujet controversé, spécialement les Occidentaux. Ce n’est pas le cas en Chine », a déclaré au Wall Street Journal Zhao Bowen, petit génie de 22 ans qui signa son premier article dans Nature à 15 ans et qui est le patron de ce programme.

Pour les autorités chinoises, tout ce qui augmente le potentiel technologique de la Chine est bon et juste. La Chine veut rattraper son retard technologique et économique par tous les moyens.

« Bienvenue à Gattaca » est un peu simpliste sur le plan génétique mais représente tout de même un vrai risque.

© Atlantico - 2015

Pervers narcissiques : je préfère parler des manipulateurs

Comment les reconnaître !… par Christelle Petitcollin, psychothérapeute, coach et écrivain

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de perversion narcissique. À trop l’évoquer, tout le monde s’en empare et vide le terme de sa substance. On brouille les pistes. C’est pourquoi je préfère parler de manipulation, car c’est ce qu’il se passe au niveau relationnel.

Plusieurs critères permettent d’identifier ce comportement. Un manipulateur est une personne qui a deux visages, quatre ficelles et trois fonds de pensées principaux.

En réalité, dire que cette personne a deux visages n’est pas tout à fait vrai. Cela peut laisser entendre qu’elle a un visage sympathique, et que l’autre ne l’est pas, or le premier n’est qu’un masque porté à l’extérieur. Il serait donc plus correct de parler d’un masque et d’un visage : ces gens sont profondément malveillants, il ne faut pas leur prêter une humanité qu’ils n’ont pas.

Les manipulateurs sont des anges en public, on leur donnerait le bon dieu sans confession, mais ils sont moroses à l’intérieur. Or, les victimes sont les seules à voir ce qu’il se cache sous le masque.

Ils utilisent 4 ficelles pour manipuler

Pour arriver à leurs fins, ils utilisent quatre ficelles, toujours les mêmes, ils ne savent faire que ça.

1. La séduction

♦ Par les flatteries : La séduction est faite de flatteries, et ça marche. La fontaine dit « tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », mais il n’a pas pris en compte que l’on a tous un égo à nourrir. Certains seront moins sensibles aux compliments physiques, mais on a tous nos failles. Quelle mère peut rester insensible aux compliments sur ses enfants, par exemple ? Nous sommes, par conséquent, tous susceptibles de tomber dans le panneau.

♦ Par les promesses : Les manipulateurs sont des personnes qui vont vous faire énormément de promesses, qui ont des solutions pour tous les problèmes. Ce sont de véritables couteaux suisses. Là aussi, il est difficile de résister. On peut mettre des jours, des mois, voire des années à s’apercevoir qu’ils n’ont pas tenu leurs promesses.

♦ Par le mimétisme : Le mimétisme est l’aspect le plus redoutable de cette manipulation. Ces personnes se mettent en miroir, elles pensent comme vous, disent ce que vous voulez entendre, sont de votre avis, partagent vos valeurs, aiment les mêmes choses que vous. Comment y résister ?

2. La victimisation

Les manipulateurs ont une coquille de Calimero en acier trempé. Ils se retrouvent toujours dans la posture de la victime, pleurnichent, jouent la comédie, et ça fonctionne au point que l'on oublie les vraies victimes. Ils sont dans la paranoïa haut de gamme, ont l’art de retourner les situations pour que ce soient eux que l’on prenne en pitié.

3. L’intimidation

Ces personnes sont en permanence dans le rapport de force, le chantage affectif. Il y en a qui sont directs – « si tu me quittes, je te tues » – et d’autres chez qui c’est beaucoup plus insidieux. Toujours est-il que, petit à petit, on se met à les craindre.

4. La culpabilisation

Ce sont des gens qui vont se débrouiller pour que rien ne soit jamais de leur faute. C’est toujours vous le problème, toujours la faute des autres.

Trois pensées occupent majoritairement leur esprit

Outre ces « ficelles », les manipulateurs ont trois fonds de pensée principaux, c’est-à-dire trois choses auxquelles ils pensent en priorité en vous regardant.

1. « Cause toujours »

Un manipulateur se fiche de toutes les remarques que vous pouvez lui faire. Je parle dans mon livre des hectolitres de salive que les victimes utilisent en vain. Quoi qu’il en soit, le manipulateur n’en fera qu’à sa tête.

2. « Tiens, ça te fera les pieds »

Ils adorent vous compliquer la vie, sont plein de représailles et de malveillance gratuite.

3. « Rendors-toi »

Quand un manipulateur se rend compte que la victime prend conscience, commence à se révolter ou menace de le quitter, il est dans la phase « rendors-toi », c’est-à-dire qu’il redevient gentil et adorable par calcul. On revient donc à la ficelle de la séduction, et c’est un cercle vicieux.

On ne peut pas soigner un manipulateur

Les manipulateurs sont, de manière générale, profondément malveillants. Ils traversent la vie en étant bourrés de colère, ce sont des boules de haine. Ce qui différencie les pervers narcissiques des manipulateurs plus « ordinaires », c’est leur niveau de sadisme et de cruauté.

Quant à savoir d’où vient cette malveillance, la réponse est compliquée. Certains auteurs mettent ça sur le compte de l’inceste. Je ne l’affirmerais pas de cette façon, mais je me rends compte, dans ma pratique quotidienne, qu’un manipulateur a souvent une relation déjà perverse avec l’un de ses parents, son frère ou sa sœur.

Pour moi, il n’est pas possible de soigner ces personnes, et cela pour plusieurs raisons simples.

- Tout d’abord parce qu’ils ne sont pas demandeurs de soins, ils sont fiers de ce qu’ils sont et ne se reconnaissent pas comme ayant un problème.

- Ensuite, leur système de pensée est par ailleurs verrouillé face à l’autocritique, or on ne peut pas travailler correctement en thérapie si la personne n’assume pas sa part de responsabilité.

- Enfin, les manipulateurs mentent aux psy, ce qui donne un matériel faussé. Quand je les reçois, je vois bien qu’ils ne viennent en séance que pour rendormir leur victime. Le manipulateur ne va voir un psy que pour donner l’illusion qu’il va changer. En général, il ne vient qu’à deux rendez-vous et annule la troisième séance, quand il voit que je l’ai découvert.

Un cadrage est par contre possible et nécessaire

À défaut de pouvoir les soigner, je pense par contre que nous pouvons les cadrer. Un manipulateur cadré, à qui on ne laisse plus d’espace de nuire, devient calme et inoffensif. 

Ce cadrage commence par la prise de conscience de la société, c’est à elle d’être plus mature. Il faut arrêter de victimiser les manipulateurs et de minimiser, voire passer sous silence, la parole des victimes. Arrêter ce tour de passe-passe qui consiste à se tromper tout le temps de cible. C’est l’ambiance générale de notre société qui leur donne cette impunité.

Pour ne plus être manipulable, il faut avant tout accepter l’idée que ces gens-là existent, qu’ils sont délibérément malveillants et sournois. Ensuite, il faut fixer des limites à sa propre gentillesse (trop bon, trop...) et pratiquer l’affirmation tranquille de soi.

Le respect de soi, ça ne se réclame pas, ça s’impose. C’est à vous de signifier vos limites aux autres. Avec un manipulateur, cela devient une nécessité vitale.

Propos recueillis par Rozenn Le Carboulec.

© Nouvel Obs - 2014

Méditation sur la Parole

Si quelqu’un veut être le premier, il sera le serviteur de tous

Aujourd’hui, le Christ nous dit : « Que celui qui veut être le plus grand, qu’il se fasse le serviteur de tous. » Mais alors qu’il invite ses disciples au service, au don de soi... eux discutent pour savoir qui est le plus grand parmi eux.

Cette lutte de pouvoir et de recherche de grandeur provoquent toutes sortes de conflits. Chaque jour, les médias nous parlent de ces conflits dans notre monde :

-  À l'échelle internationale : guerres et terrorisme, représailles, manifestations de toutes sortes.

-  À l'échelle nationale : conflits entre les partis politiques, entre les groupes ethniques, entre les nombreuses opinions au sujet de l’avortement, du mariage, des soins de santé, de l’éducation...

-  À l'échelle communautaire et familiale : infidélités, drames passionnels, divorces, séparations, drogue, rancunes, jalousies, haines.

Parfois, nous répétons aux enfants que le plus important n’est pas de gagner mais de participer, que les défaites forment le caractère, etc. Mais, dans notre civilisation de grande compétition, essayez de convaincre les jeunes d’être bons perdants quand souvent les parents eux-mêmes crient contre l’arbitre, insultent les joueurs du club adverse et commencent des bagarres avec les parents de l’équipe opposée.

Dans les lectures d’aujourd’hui, le Christ affirme que le service, le respect de l’autre, la tolérance favorisent la justice et la paix. Chacun et chacune de nous avons un choix à faire entre la paix, la justice et l’amour d’un côté, et de l’autre l’injustice, la cupidité et le manque d’amour.

Dans notre monde de violence, nous avons de nombreux exemples de respect et d’amour :

S. Pierre Claver qui attendait les bateaux d’esclaves sur les rives de la Colombie pour leur venir en aide, plutôt que de les exploiter à mort.

-  Le bienheureux Pierre Damien, un menuisier devenu prêtre, qui s’était installé sur l’île de Molokai pour vivre avec les lépreux.

-  Le journaliste Raoul Follereau et sa femme qui ont lutté pour vaincre cette terrible maladie et qui l’ont font connaître en proposant « la journée mondiale des lépreux ».

-  Mère Teresa de Calcutta, avec les sœurs de la communauté qu’elle a fondée, qui venaient en aide aux mourants et aux nécessiteux de l’Inde et d’ailleurs.

Nous pouvons aussi trouver de nombreux exemples semblables dans notre monde d’aujourd’hui :

  1. Un jeune exécutif qui décide de refuser un emploi très lucratif afin d’être plus près de sa famille.
  2. Un dirigeant d’entreprise qui décide de passer moins de temps au tennis ou au golf, pour faire du travail volontaire avec la Croix Rouge.
  3.  Un homme qui décide de mettre de côté la haine qu’il a envers son frère pour le rencontrer et lui pardonner.
  4. Un couple qui renonce à une semaine de soleil et de golf en Floride afin d’aider un voisin en difficultés financières.

C’est à travers l’amour et la bonté que nous avons pour les autres que nous devenons disciples du Christ et que nous trouvons notre propre épanouissement.

Dans sa vie, le Christ ne nous a pas seulement montré le chemin, il nous a donné l’exemple : « Vous m’appelez Maitre et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13, 14-15) Il a redonné espoir à de nombreux malades, a combattu tous les préjugés, a accepté Marie-Madeleine comme disciple, protégé la femme adultère, s’est invité chez Zachée le publicain, a engagé la conversation avec la Samaritaine aux six maris, a osé toucher aux lépreux et les a réintégré dans leur famille et leur communauté… il a été le serviteur de tous.

Longtemps avant Martin Luther King, le Seigneur nous a dit : « J’ai fait le rêve… » qu’un jour les politiciens, les enseignants, les médecins et les infirmières, les prêtres, les marchands, les journalistes seraient vraiment au service de la population, qu’un jour tous les Chrétiens le seraient aussi pour leur famille, leurs compagnons et compagnes de travail, leurs voisins. Il a donné sa vie pour que ce rêve devienne réalité.

Jésus disait à ses disciples : « Les rois des nations et ceux qui les gouvernent aiment bien paraître et se faire appeler “bienfaiteurs”. Qu’il n’en soit pas ainsi pour vous. Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert. » (Luc 22, 24)

Chacun et chacune d’entre nous pouvons nous demander ce que nous pourrions faire pour que ce rêve du Christ se réalise.

© Cursillo - 2015

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Date de dernière mise à jour : 2015-09-24