Pko 26.05.2019

eglise-cath-papeete-1.jpgBulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°27/2019

Dimanche 26 mai 2019 – 6ème Dimanche de Pâques – Année C

Humeurs…

À méditer !

Voici un poème écrit en 1946 par le Pasteur Martin NIEMÖLLER, probablement à sa sortie des camps nazi à la fin de la guerre. Un texte à méditer aujourd’hui, dans un monde où les injustices vont grandissante et ou la loi du plus fort est la règle… à tous les silencieux et bien-pensants !

Quand les nazis sont venus chercher les communistes,

je n’ai rien dit,… je n’étais pas communiste.

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je n’ai rien dit,…je n’étais pas social-démocrate.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,

je n’ai rien dit,… je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus me chercher,

il ne restait plus personne pour protester.

Laissez-moi vous dire…

26 Mai 2019 : Fête des Mères

Scoop : Suppression  de la « fête des mères » à partir de 2020

De source bien informée, nous apprenons que le gouvernement envisage de supprimer la « fête des Mères » et la « Fête des Pères » à partir de 2020 pour les remplacer par une seule et unique « Fête des Parents ».

De nombreux pays célèbrent la fête des Mères. En France, le « berceau de la fête des Mères » serait le village d’Artas, en Isère, où eut lieu le 10 juin 1906 une cérémonie en l'honneur de mères de familles nombreuses. Le gouvernement français officialise une journée des mères en 1929 en lien avec sa politique encourageant la natalité. La loi du 24 mai 1950 dispose que « la République française rend officiellement hommage chaque année aux mères françaises au cours d'une journée consacrée à la célébration de la “fête des Mères” ». En 2004 le ministre chargé de la Famille est chargé de l’organisation de cette fête.

Le gouvernement profiterait du débat de juillet prochain sur la révision des lois de bioéthique pour glisser un amendement remplaçant la fête des Mères et la fête des Pères par une unique « Fête des Parents ». Certain(e)s avanceraient la fête de Noël dans le but d’« occulter » la fête religieuse…

Peut-être connaissez-vous l’histoire de cette grenouille qu’on élevait dans un aquarium ? Chaque jour on ajoutait un peu d’eau chaude, et tous les jours on augmentait légèrement la température de l’eau. La grenouille s’habituait petit à petit à ce changement de température et continuait à vivre normalement. Jusqu’au jour où la grenouille est morte, l’eau ayant atteint une température critique que son organisme n’a pas supporté.

Cette histoire peut être éclairante quand nous examinons l’évolution de certaines lois que l’on nous présente comme nécessaires compte tenu des avancées scientifiques qui, souvent, n’ont rien de scientifiques et ne sont que des idéologies « inventées » par des « penseurs en chambre ». La « théorie du genre » en est un des exemples le plus étonnant. Lentement, progressivement on asphyxie la population en distillant des lois - basées sur une idéologie - pilotées par des lobbys bien organisés. À tel point que les médias, les réseaux sociaux, le monde du « showbiz », les arts… véhiculent allègrement ces « nouveaux modes de pensée ». N’avez-vous pas remarqué qu’un bon nombre de jeunes filles se sont mises au goût du jour en « essayant l’amour entre copines », idem pour certains garçons ? Certains psychologues encouragent même ce « mouvement ».

Telle notre grenouille baignant dans une eau de plus en plus chaude, nous risquons de ne plus pouvoir réagir. D’autant que des lois nous interdisent d’exprimer ouvertement nos désaccords ! À défaut de nous menacer d’un procès on nous traite de « conservateurs », « d’arriérés », de « traditionalistes »…

Quoiqu’en disent certains responsables politiques on ne pourra pas échapper au « débat idéologique ». D’ailleurs le Président de la République en a bien conscience car il a rejeté toute proposition relative à la G.P.A., et repoussé les discussions sur la P.M.A. à la période de vacances (juillet), pensant que les adhérents de « la Manif pour Tous » seront en congé !

Avec la P.M.A. autorisée pour toutes les femmes, il deviendra peu aisé de parler de mère et de père. D’où l’idée de supprimer la fête des mères et la fête des Pères ! Va-t-on laisser faire au prétexte que la bataille est perdue d’avance ? qu’une fois de plus on ne nous écoutera pas… ?

Souvenons-nous du Projet de Loi Savary d’août 1982 qui voulait créer un unique « grand service public de l’éducation ». C’était la mort programmée de l’enseignement privé sous contrat ! Un sursaut national s’est enclenché. De janvier à juin 1984 des manifestations ont eu lieu dans toutes les grandes villes. Et le 24 juin 1984 (à une semaine des élections européennes) une manifestation géante envahissait toutes les rues de Paris : deux millions de personnes ! Du jamais vu depuis la Libération. Le 14 juillet le Président Mitterrand a eu la sagesse d’annoncer le retrait du projet de loi.

À bon entendeur…

BONNE FETE A TOUTES LES MAMANS !

Dominique Soupé

Note : L’info ci-dessus n’est pas un « Scoop » mais une « fake news » ! Qu’on se le dise… Mais qui pourrait devenir « réelle et vraie » si nous ne restons pas sur nos gardes !

© Cathédrale de Papeete – 2019

En marge de l’actualité…

Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité

L’actualité de ces derniers jours a mis en lumière la situation dramatique de cet homme, Vincent LAMBERT, victime en 2008 d’un accident de la route qui provoqua un traumatisme crânien le plongeant dans un état de conscience minimal. Depuis 2011, Vincent Lambert est donc immobilisé en état de conscience minimale, il n’est relié à aucune machine, mais ne pouvant pas déglutir correctement, il est nourri artificiellement. La situation de cette personne pose au grand jour la question de savoir s’il faut poursuivre les soins d’alimentation et d’hydratation lui permettant de rester en vie ou de cesser alimentation et hydratation, et par conséquent, l’acheminer vers la mort. À cette question, l’Église par la voix de Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie pontificale pour la Vie, et par le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie a pris position en rappelant que l’interruption de l’alimentation et de l’hydratation d’un patient à l’état végétatif représente « une grave violation de la dignité de la personne ». Les droits fondamentaux des malades à la vie et au soin, en tant que « continuité de l’assistance humaine de base », doivent toujours être respectés : « L’alimentation et l’hydratation constituent une forme de soin essentiel toujours proportionné au maintien en vie : alimenter un malade ne constitue jamais une forme d’obstination thérapeutique déraisonnable, tant que l’organisme de la personne est en capacité d’absorber nutrition et hydratation, à moins que cela ne provoque des souffrances intolérables ou ne se révèle nuisible pour le patient » (Vatican News du 21 Mai 2019)

Derrière cette question se profile une autre question plus fondamentale qui est l’accompagnement des personnes en fin de vie. Les évêques de France ont publié le 22 Mars 2018 une déclaration intitulée : « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! ». Ils nous rappellent d’abord que « quelles que soient nos convictions, la fin de vie est un temps que nous vivrons tous et une inquiétude que nous partageons. Chacun doit donc pouvoir y réfléchir le plus sereinement possible, en évitant les écueils des passions et des pressions. » Ils soulignent ensuite le manque de développement des soins palliatifs et notent que les possibilités de soulagement de la souffrance sous toutes ses formes ne sont pas assez connues. Dès lors, poursuivent-ils, « en raison de ces carences et de la médiatisation de certains cas, plusieurs réclament un changement de la loi par la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie ». S’opposant fermement à cette légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie, les évêques justifient leur position : « Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou  d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne  serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médicale : “Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de  la vie humaine, de la personne et de sa dignité.”... Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine ». Ils poursuivent plus loin : « Les tenants de l’aide au suicide et de l’euthanasie invoquent “le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin”. Ils prétendent que “l’exercice de ce droit n’enlève rien à personne. C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui”. Mais qu’est-ce qu’une liberté qui, au nom d’une illusoire autonomie souveraine, enfermerait la personne vulnérable dans la solitude de sa décision ?... Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant. Ce choix ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire ». Enfin, les évêques concluent : « Face aux troubles et aux doutes de notre société… nous offrons le récit du « bon Samaritain » qui prend en charge “l’homme à demi-mort”, le conduit dans une “auberge” hospitalière et exerce la solidarité face à la “dépense” qu’occasionnent ses “soins”. À la lumière de ce récit, nous appelons…à un sursaut de conscience pour que s’édifie toujours plus en France une société fraternelle où nous prendrons individuellement et collectivement soin les uns des autres. Cette fraternité inspira l’ambition de notre système solidaire de santé... Que ferons-nous de cette ambition ? La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux ! »

+ Mgr Jean Pierre COTTANCEAU

© Archidiocèse de Papeete - 2019

Audience générale

Le Père est la racine de la prière chrétienne

Le Pape François a conclu son cycle de catéchèse sur le « Notre Père » lors de l’audience générale du mercredi 22 mai 2019, qu’il a largement consacrée à l’invocation du « Père » dans cette même prière.

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous concluons aujourd’hui le cycle de catéchèses sur le « Notre Père ». Nous pouvons dire que la prière chrétienne naît de l’audace d’appeler Dieu par le nom de « Père ». C’est la racine de la prière chrétienne : dire « Père » à Dieu. Mais il faut du courage ! Il ne s’agit pas tant d’une formule que d’une intimité filiale dans laquelle nous sommes introduits par grâce : Jésus est le révélateur du Père et il nous donne la familiarité avec lui. « Il ne nous laisse pas une formule à répéter mécaniquement. Comme pour toute prière vocale, c’est à travers la Parole de Dieu que l’Esprit Saint enseigne aux enfants de Dieu à prier leur Père » (Catéchisme de l’Église catholique, 2766). Jésus lui-même a employé différentes expressions pour prier son Père. Si nous lisons attentivement les Évangiles, nous découvrons que ces expressions de prière qui affleurent sur les lèvres de Jésus rappellent le texte du « Notre Père ».

Par exemple, la nuit de Gethsémani, Jésus prie de cette manière : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Mc 14,36). Nous avons déjà évoqué ce texte de l’Évangile de Marc. Comment ne pas reconnaître dans cette prière, si brève soit-elle, une trace du « Notre Père » ? Au milieu des ténèbres, Jésus invoque Dieu par le nom d’« Abba », avec une confiance filiale et, bien qu’il ressente peur et angoisse, il demande que soit accomplie sa volonté.

Dans d’autres passages de l’Évangile, Jésus insiste avec ses disciples pour qu’ils cultivent un esprit d’oraison. La prière doit être insistante et surtout, elle doit porter le souvenir des frères, surtout quand nous vivons des relations difficiles avec eux. Jésus dit : « Et quand vous vous tenez en prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est aux cieux vous pardonne aussi vos fautes » (Mc 11,25). Comment ne pas reconnaître, dans ces expressions, une consonance avec le « Notre Père » ? Et les exemples pourraient être nombreux, pour nous aussi.

Dans les écrits de saint Paul, nous ne trouvons pas le texte du « Notre Père », mais sa présence émerge dans cette synthèse étonnante où l’invocation du chrétien est condensée en un seul mot : « Abba ! » (cf. Rm 8,15 ; Gal 4,6).

Dans l’Évangile de Luc, Jésus satisfait pleinement la requête des disciples qui, le voyant souvent se mettre à part et s’immerger dans la prière, se décident un jour à lui demander : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples » (11,1). Alors le Maître leur enseigna la prière adressée au Père.

Si l’on considère dans son ensemble le Nouveau Testament, on voit clairement que le premier protagoniste de toute prière chrétienne est l’Esprit Saint. Mais n’oublions pas ceci : le protagoniste de toute prière chrétienne est l’Esprit Saint. Nous ne pourrions jamais prier sans la force de l’Esprit Saint. C’est lui qui prie en nous et qui nous entraîne à bien prier. Nous pouvons demander à l’Esprit de nous enseigner à prier, parce que c’est lui le protagoniste, celui qui fait la véritable prière en nous. Il souffle dans le cœur de chacun de nous, qui sommes des disciples de Jésus. L’Esprit nous rend capables de prier en enfants de Dieu, ce que nous sommes réellement par le baptême. L’Esprit nous fait prier dans le « sillon » que Jésus a creusé pour nous. C’est cela, le mystère de la prière chrétienne : par grâce, nous sommes attirés dans ce dialogue d’amour de la Très Sainte Trinité.

Jésus priait ainsi. Quelquefois il a employé des expressions qui sont certainement très éloignées du texte du « Notre Père ». Pensons aux paroles initiales du psaume 22, que Jésus prononce sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27,46). Le Père céleste peut-il abandonner son Fils ? Certainement pas. Et pourtant, c’est son amour pour nous, pécheurs, qui a conduit Jésus jusqu’à ce point : jusqu’à expérimenter l’abandon de Dieu, son éloignement, parce qu’il a pris sur lui tous nos péchés. Mais aussi dans ce cri angoissé, il reste le « Mon Dieu, mon Dieu ». Dans ce « mon », se trouve le cœur de sa relation avec son Père, c’est le cœur de la foi et de la prière.

Voilà pourquoi, à partir de ce cœur, un chrétien peut prier dans toutes les situations. Il peut reprendre à son compte toutes les prières de la Bible, des psaumes en particulier ; mais il peut aussi prier avec toutes les expressions qui, au long des milliers d’années d’histoire, ont jailli du cœur des hommes. Et au Père, ne cessons jamais de parler de nos frères et sœurs en humanité, pour qu’aucun d’entre eux, les pauvres en particulier, ne reste sans une consolation et une portion d’amour.

Au terme de cette catéchèse, nous pouvons redire cette prière de Jésus : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Lc 10,21). Pour prier, nous devons nous faire tout-petits, pour que l’Esprit Saint vienne en nous et que ce soit lui qui nous guide dans la prière.

© Libreria Editrice Vaticana – 2019

Éthique sociale

Le chemin de l’Église : les personnes avant le programme

Le Pape François a présidé la messe de Caritas Internationalis en la basilique saint Pierre, jeudi 23 mai 2019, à l’occasion de la tenue de la 21ème assemblée générale de cette organisation au Vatican.

Dans la Lecture de ce jour, tirée des Actes des Apôtres, la Parole de Dieu raconte la première grande réunion de l’histoire de l’Église. Il s’était produit une situation inattendue : les païens venaient à la foi. Et une question se pose : doivent-ils aussi se conformer, comme les autres, à toutes les normes de la Loi ancienne ? C’était une décision difficile à prendre et le Seigneur n’était plus présent. On pourrait se demander : pourquoi Jésus n’avait-il pas laissé de suggestion pour régler au moins cette première « grande discussion » (Ac 15,7) ? Il aurait suffi d’une petite indication donnée aux apôtres qui avaient été avec lui tous les jours pendant des années. Pourquoi Jésus n’avait-il pas donné des règles toujours claires et irréfutables ?

Et voilà la tentation de l’efficacité, de penser que l’Église va bien si elle a tout sous son contrôle, si elle vit sans secousses, avec un agenda toujours en ordre. Mais le Seigneur ne procède pas ainsi ; en effet, il n’envoie pas de réponse du ciel à ses apôtres, il envoie l’Esprit Saint. Et l’Esprit ne vient pas en apportant l’ordre du jour, il vient comme un feu. Jésus ne veut pas que l’Église soit un modèle parfait, qui se satisfait de son organisation et qui est capable de défendre sa bonne réputation. Jésus n’a pas vécu ainsi, mais en chemin, sans craindre les secousses de la vie. L’Évangile est notre programme de vie. Il nous enseigne qu’on n’aborde pas les questions avec une recette toute prête et que la foi n’est pas une feuille de route, mais un « Chemin » (Ac 9,2) à parcourir ensemble, toujours ensemble, dans un esprit de confiance. À partir des Actes, nous apprenons trois éléments essentiels pour l’Église en chemin : l’humilité de l’écoute, le charisme d’être ensemble et le courage du renoncement.

Commençons par la fin, par le courage du renoncement. L’issue de cette grande discussion n’a pas consisté à imposer quelque chose de nouveau, mais à quitter quelque chose de vieux. Mais ces premiers chrétiens n’ont pas abandonné des choses insignifiantes : il s’agissait de traditions et de préceptes religieux importants, chers au peuple élu. C’est leur identité religieuse qui était en jeu.

Toutefois, ils ont choisi le fait que l’annonce du Seigneur passe avant et vaut plus que tout le reste. Pour le bien de la mission, pour annoncer à quiconque, de manière transparente et crédible, que Dieu est amour, les convictions et les traditions humaines qui sont un obstacle plutôt qu’une aide, peuvent et doivent aussi être laissées. Nous avons, nous aussi, besoin de redécouvrir ensemble la beauté du renoncement, avant tout à nous-mêmes. Saint Pierre dit que le Seigneur « a purifié les cœurs par la foi » (cf. Ac 15,9). Dieu purifie, simplifie et fait souvent grandir en enlevant, pas en ajoutant, comme nous le ferions nous-mêmes. La véritable foi purifie des attachements.

Pour suivre le Seigneur, il faut marcher rapidement et pour marcher rapidement, il faut s’alléger, même si cela coûte. En tant qu’Église, nous ne sommes pas appelés à des compromis commerciaux mais à des élans évangéliques. Et en nous purifiant, en nous réformant, nous devons éviter le « gattopardisme », c’est-à-dire faire semblant de changer quelque chose pour qu’en réalité rien ne change. Cela se produit par exemple quand, pour chercher à marcher au rythme des temps, on maquille un peu la superficie des choses, mais c’est seulement un maquillage pour paraître jeune. Le Seigneur ne veut pas d’ajustements cosmétiques, il veut la conversion du cœur, qui passe par le renoncement. Sortir de soi est la réforme fondamentale.

Nous voyons comment les premiers chrétiens y sont parvenus. Ils sont arrivés au courage du renoncement en partant de l’humilité de l’écoute. Ils se sont exercés au désintéressement de soi : nous voyons que chacun laisse parler l’autre et est disposé à changer ses propres convictions. Seul celui qui laisse la voix de l’autre entrer vraiment en lui sait écouter. Et quand grandit l’intérêt pour les autres, le désintérêt à l’égard de soi augmente. On devient humble en suivant le chemin de l’écoute, qui retient de vouloir s’affirmer, de mettre ses propres idées résolument en avant, de rechercher des consensus à tout prix. L’humilité naît quand on écoute au lieu de parler, quand on cesse de se mettre au centre. Et elle grandit ensuite à travers les humiliations. C’est la voie du service humble, celle qu’a parcourue Jésus. C’est sur cette voie de la charité que l’Esprit descend et oriente.

Pour celui qui veut parcourir les voies de la charité, l’humilité et l’écoute signifient tendre l’oreille aux petits. Regardons encore les premiers chrétiens : ils se taisent tous pour écouter Barnabé et Paul. C’était les derniers arrivés, mais on les laisse rapporter tout ce que Dieu avait accompli à travers eux (cf. v.12). Il est toujours important d’écouter la voix de tous, en particulier des petits et des pauvres. Dans le monde, celui a davantage de moyens parle davantage, mais entre nous, il ne peut en être ainsi, parce que Dieu aime se révéler à travers les petits et les pauvres. Et à chacun, il demande de ne regarder personne de haut en bas.

Et enfin, l’écoute de la vie : Paul et Barnabé racontent des expériences, pas des idées. L’Église fait ainsi son discernement : non pas devant l’ordinateur, mais devant la réalité des personnes. Les personnes avant les programmes, avec le regard humble de celui qui sait chercher dans les autres la présence de Dieu, qui n’habite pas dans la grandeur de ce que nous faisons, mais dans la petitesse des pauvres que nous rencontrons. Si nous ne les regardons pas directement, nous finissons par toujours nous regarder nous-mêmes et par faire de ces derniers des instruments pour nous affirmer.

De l’humilité de l’écoute au courage du renoncement, tout passe par le charisme d’être « ensemble ». En effet, dans la discussion de la première Église, l’unité prévaut toujours sur les différences. Pour chacun, il n’y a pas d’abord les préférences et les stratégies personnelles, mais le fait d’être et de se sentir l’Église de Jésus, rassemblée autour de Pierre, dans la charité qui ne crée pas l’uniformité, mais la communion. Personne ne savait tout, personne n’avait l’ensemble des charismes, mais chacun tenait au charisme d’être ensemble. C’est essentiel, parce qu’on ne peut pas vraiment faire le bien si l’on ne s’aime pas vraiment.

Quel était le secret de ces chrétiens ? Ils avaient des sensibilités et des orientations différentes, il y avait aussi des personnalités fortes, mais il y avait la force de s’aimer dans le Seigneur. Nous le voyons chez Jacques qui, au moment de tirer les conclusions, dit peu de paroles personnelles et cite beaucoup la Parole de Dieu (cf. vv. 16-18). Il laisse parler la Parole. Tandis que les voix du diable et du monde conduisent à la division, la voix du Bon Pasteur forme un seul troupeau. Et ainsi, la communauté se fonde sur la Parole de Dieu et demeure en son amour.

« Demeurez dans mon amour » (Jn 15,9) : c’est ce que demande Jésus dans l’Évangile. Comment faire ? Il faut rester près de lui, le Pain rompu. Il nous aide à rester devant le tabernacle et devant les nombreux tabernacles vivants que sont les pauvres. L’Eucharistie et les pauvres, tabernacle fixe et tabernacles mobiles : c’est là que l’on demeure dans l’amour et que l’on absorbe la mentalité du Pain rompu. C’est là qu’on comprend le « comme » dont parle Jésus : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » (ibid.) Et comment le Père a-t-il aimé Jésus ? En lui donnant tout, sans rien garder pour soi. Nous le disons dans le Credo : « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière » ; il lui a tout donné.

En revanche, quand nous évitons de donner, quand nous mettons à la première place nos intérêts à défendre, nous n’imitons pas le « comme » de Dieu, nous ne sommes pas une Église libre et qui libère. Jésus demande de demeurer en lui, non pas dans nos propres idées, de sortir de notre prétention à contrôler et à gérer ; il nous demande de faire confiance à l’autre et de nous donner à l’autre. Demandons au Seigneur de nous libérer de la recherche de l’efficacité, de la mondanité, de la subtile tentation de nous rendre un culte à nous-mêmes et à notre talent. Demandons la grâce d’accueillir le chemin indiqué par la Parole de Dieu : humilité, communion, renoncement.

© Libreria Editrice Vaticana – 2019

Église et actualités

Attenter à la présence eucharistique revient à attenter à une personne réelle

Dans un communiqué publié le 8 mai 2019, Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers (Vienne, France), s’alarme « des actes de vol et de destruction (qui) se sont multipliés dans les églises de maints diocèses de France, en particulier dans notre diocèse ». Il affirme avec force « chaque acte de ce type est intolérable ». Si, poursuit-il « aucune personne n’a été physiquement attaquée, pourtant, de tels actes, quelle qu’en soit la nature, infligent une réelle violence aux croyants, comme à d’autres qui ne supportent pas que l’on manque de respect aux convictions et aux croyances ». Mgr Wintzer insiste sur la nécessité de « porter plainte : l’État et les collectivités publiques ont l’obligation légale de protéger les personnes et les biens, aussi d’agir contre le manque de respect envers les personnes dans leurs convictions ».

Depuis quelques mois des actes de vol et de destruction se sont multipliés dans les églises de maints diocèses de France, en particulier dans notre diocèse.

Il est difficile de dire les motifs de ces actes, ils sont certainement multiples : vol, bêtise qui casse et détruit, volonté d’exprimer un rejet de l’Église en raison des scandales sexuels qui ont été révélés, acte antireligieux aussi et profanation.

Je reconnais que, dans un premier temps, je n’ai pas voulu donner plus d’importance que ceci à ces faits, en particulier en raison du peu de réponses dont nous disposons quant aux intentions de ceux qui les ont perpétrés. Je résiste aussi à l’inflation de la « victimisation ». Aujourd’hui, pour être considéré par les autres et par la société, parfois pour prouver à soi-même le prix de son existence, on s’érige en victime. En l’espèce, se développe l’emploi d’un suffixe que l’on fait précéder de multiples mots ; pour nous, on parlera de « christianophobie ». Des observatoires auto-proclamés, dont on cherche la qualité scientifique des études, se font fort de répertorier les actes qui ressortissent de ce phénomène.

Malgré tout, des actes de violence à l’encontre d’églises et de ce qu’elles contiennent se poursuivent. Aucune personne n’a été physiquement attaquée, pourtant, de tels actes, quelle qu’en soit la nature, infligent une réelle violence aux croyants, comme à d’autres qui ne supportent pas que l’on manque de respect aux convictions et aux croyances.

Au nom des prêtres, qui vivent toujours ces actes avec une profonde douleur, au nom des fidèles, il y a un moment où l’on doit dépasser ses propres préventions pour dire que dans une société démocratique, qui prône en permanence le respect, dont les lois protègent les convictions des populations, il est intolérable que des signes religieux soient volés, détruits ou profanés.

Ceci est d’autant plus violent lorsque c’est le cœur de la foi chrétienne, la présence du Christ dans le sacrement de l’eucharistie, qui est atteint, ici qui est profané.

Le tabernacle est le lieu le plus précieux d’une église, non en raison d’une quelconque qualité pécuniaire, mais parce qu’il abrite la présence eucharistique.

Attenter à cette présence revient à attenter à une personne réelle. Pour cela, les chrétiens ont toujours posé en parallèle le respect dû aux personnes les plus fragiles et celui dû à l’eucharistie. Ces deux attitudes sont complémentaires, elles s’appellent l’une l’autre, il en va du respect de l’unique commandement de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain.

Lorsque ces actes interviennent, il convient de porter plainte : l’État et les collectivités publiques ont l’obligation légale de protéger les personnes et les biens, aussi d’agir contre le manque de respect envers les personnes dans leurs convictions.

Je souhaite cependant que nous continuions à maintenir ouvertes nos églises, les fermer serait donner raison à ceux qui, d’une manière ou d’une autre, par cette violence, veulent effacer la présence chrétienne de la société.

Il convient cependant de sécuriser autant que possible les tabernacles et les sacristies ; il faut ici rappeler les propriétaires à leur responsabilité.

Enfin, pour les églises où la messe n’est que très rarement célébrée, sans doute est-il préférable que le Saint-Sacrement n’y soit pas conservé. Dans les autres églises, selon les normes liturgiques, on évitera que les tabernacles accueillent des ciboires pleins : la réserve eucharistique est destinée à la communion des malades et à la vénération, non à constituer des « stocks ». Sauf exception, on communie au pain consacré à la messe à laquelle on participe. Quoi qu’il en soit, chaque acte de ce type est intolérable, il doit être dénoncé et sanctionné, selon ce que prévoit la loi française. Il ne saurait cependant nous faire oublier nos propres responsabilités : avant tout le respect que nous manifestons dans nos vies et nos attitudes, d’abord pour l’eucharistie, mais aussi pour nos églises, ceux et ce qu’elles accueillent ; ensuite une attention à dire le sens de cela pour des personnes qui ne profitent plus de ce que transmettait hier la culture commune du pays ; enfin le devoir de prier pour ceux qui nous infligent des blessures.

© Urbi et orbi – 2019

Éthique

Sommes-nous devenus de simples déchets ?

Communiqué de Mgr Michel Aupetit à propos e la situation de M. Vincent Lambert

Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, réagit lundi 20 mai à l’arrêt des soins dispensés à Vincent Lambert au CHU de Reims.

Si aujourd’hui je me permets de prendre la parole au sujet de ce qui est en train de se passer pour M. Vincent Lambert, c’est que son cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Tout d’abord, mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent. Il y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante. Cet homme de 42 ans, traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims. Son cas est tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel. Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé. Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie. Il a besoin d’une aide-soignante et d’une infirmière qui assurent le nursing et le changement de position, d’un kinésithérapeute pour éviter les escarres. La nutrition et l’hydratation se font par gastrostomie ou par sonde nasogastrique.

La décision d’interrompre les soins de confort et de nutrition de base chez un patient handicapé s’oppose à la loi Léonetti. Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soif. Il ne s’agit pas d’une « obstination thérapeutique » puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes.

On cite à l’envi les pays moins-disant éthiques comme la Belgique ou les Pays-Bas. Force est de constater que dans ces pays il y a une anesthésie totale de la conscience. On entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale. Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le Président de la République, était très fière que son pays soit « en avance », comme elle disait. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? Il y a aujourd’hui un choix de civilisation très clair : soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour. N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Le Christ nous a révélé la seule manière de grandir en humanité : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé ». Et il nous a donné la seule manière d’exprimer cet amour : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour.

+ Michel Aupetit

Archevêque de Paris

© Archidiocèse de Paris – 2019

Commentaire des lectures du dimanche

« Si quelqu’un m’aime », dit Jésus ; et cela résonne en nous à la fois comme un appel et comme une question. L’appel, c’est celui qui, depuis bien longtemps, a décidé de notre vie ; et il est demeuré aussi puissant qu’au premier jour. La question, c’est celle qui, instinctivement, se lève en nous, après dix ans, vingt ans, trente ans de carmel, voués à la contemplation de mystère de Dieu et de son Christ. Lorsque nous évoquons, avec enthousiasme ou avec peine, et parfois avec les deux en même temps, cette longue fidélité du Maître à notre égard et envers notre communauté, nous ne pouvons pas ne pas nous demander : « Qu’avons-nous fait, Seigneur, de ta présence ? qu’ai-je fait, Seigneur, de ton offre d’amitié ? Après dix, vingt, trente ans, Seigneur, que veux-tu de moi ? »

L’Évangile, sans faire taire cette question, qui peut fort bien être porteuse de joie, nous fait descendre en nous-mêmes plus profond que toute question, que tout souci, que toute crainte. Jésus, en effet, vient nous redire que, dans la prière comme dans la mission, Dieu est toujours le commencement, et qu’il a toujours l’initiative : c’est Dieu qui parle, c’est lui qui vient ; c’est Dieu qui demeure, c’est lui qui sauve le monde.

« Si quelqu’un m’aime, dit Jésus, il gardera ma parole, cette parole du Père qui m’a envoyé ».

Aimer Jésus, c’est croire qu’en lui Dieu a parlé, et accueillir en lui l’avance que le Père fait au monde. Notre amour pour le Christ n’est jamais qu’une réponse à l’amour que Dieu nous porte en son Fils ; mais si peu que nous donnions cette réponse, Dieu fait irruption avec toute sa tendresse : « Si quelqu’un m’aime, il observera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure ».

Alors devient réalité ce qui n’était, pour l’ancienne alliance, qu’un rêve impossible. Comme Salomon le dit dans sa prière : « Dieu habiterait-il vraiment avec les hommes sur la terre ? Voici que les cieux et les cieux des cieux ne le peuvent contenir ; moins encore cette maison que j’ai construite ! » (1 R 8,27).

Dieu n’attend pas, pour se donner à nous, la maison de prière que nous n’en finissons pas de construire, et plus encore que ce que nous pouvons faire, personnellement ou communautairement, dans la solitude ou ensemble, il nous faut regarder ce que Dieu veut faire pour nous, en nous, avec nous. Finalement, le seul vrai chemin vers l’amitié du Christ, après dix, vingt, trente ans, c’est de laisser Dieu nous aimer autant qu’il veut nous aimer, et de le laisser libre de venir demeurer en nous par le chemin qu’il a choisi.

C’est là la sagesse vers laquelle, insensiblement, l’Esprit de Dieu nous achemine, à partir de la parole de Jésus. Volontiers nous attendrions la nouveauté de l’Esprit, dans la prière ou dans la mission, sous la forme de choses jamais vues, jamais vécues, ou en tout cas jamais entendues. Or le Paraclet est pour l’Église l’Esprit de la mémoire, du souvenir, de la continuité avec Jésus. Ce que l’Esprit nous fait comprendre et vivre a déjà été dit par Jésus ; et, pour nous enseigner toutes choses, le Paraclet, simplement, divinement, nous remémore tout ce que Jésus déjà nous a fait entendre de la part du Père.

Entrer dans la nouveauté de l’Esprit, c’est donc, en continuité avec la parole révélante de Jésus, découvrir progressivement son Nom, sa personne et son rôle de sauveur, et nous ouvrir peu à peu au réel tel que Dieu le voit, au monde tel que Dieu l’aime. À la suite de la Vierge de Nazareth, et pour nous à l’imitation des saints du Carmel, il s’agit beaucoup moins d’attendre ou de rechercher l’inouï que de découvrir avec émerveillement et action de grâces l’envers éternel du quotidien.

Dieu est simple, simple aussi la prière ; et simple sera notre regard quand l’Esprit l’aura purifié. Alors tout notre être sera dans la lumière. Réconciliés avec l’insécurité, avec la loi de l’Exode, nous saurons voir dans notre monde dissonant le lieu de la miséricorde du Père. Alors « notre cœur cessera de se troubler et de craindre » pour le présent ou pour l’avenir, face à une tâche et à des responsabilités qui de toute façon nous dépassent ; et à chaque tournant de nos journées bousculées, tiraillées, parfois surtendues, nous saurons percevoir, familière et fidèle, la voix du Ressuscité : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ».

Alors nous serons des sages selon l’Évangile, parce que le Paraclet nous donnera d’entendre, par le fond du cœur, le langage de l’amour victorieux, « le langage de la croix ».

Fr. Jean-Christian Lévêque, o.c.d.

© Carmel.asso – 2016

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 2019-05-28