Pko 29.09.2019

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Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°47/2019

Dimanche 29 septembre 2019 – 26ème Dimanche du Temps ordinaire – Année C

Humeurs…

Du flou à l’interprétation…
L’association Te torea … dans le même étonnement !!!

L’Association Te Torea dans un communiqué du 26 septembre, réagit à l’intervention du Président de la Polynésie au sujet des personnes en grande précarité et à la rue la semaine dernière lors de l’ouverture de la session budgétaire…

Communiqué de l’Association Te Torea

Le discours tenu par le Président Édouard Fritch, jeudi dernier à l’Assemblée, au sujet de l’accompagnement des sans domicile fixe a particulièrement retenu l’attention de l’Association TE TOREA, qui gère à ce jour le Centre de Jour et le Centre d’Hébergement d’Urgence.

Lorsque le Président de Polynésie française lors de son discours d’ouverture de la session budgétaire à l’Assemblée de Polynésie française déclare qu’« en accord avec la commune de Papeete, et je tiens à remercier le maire pour la mise à disposition du terrain, nous allons procéder à la reconstruction du centre de jour qui accueille actuellement les associations Te Vai’ete et Te Torea sur l’actuel terrain de Vaininiore, derrière la caserne des pompiers. Cette opération se doublera d’une résorption de l’habitat insalubre du quartier. Les esquisses confiées à TNAD ont été engagées », l’Association apprend qu’un accord a été passé avec le Maire sans avoir été informée du contenu du dispositif alors que les esquisses sont confiées à TNAD ! L’association Te Torea qui gère pourtant depuis 21 ans les personnes de la rue est devenue une association fantôme !

Sur ce sujet du Centre de Jour, une rencontre s’est tenue le 13 mars 2019 à la Mairie de Papeete en présence de représentants de la Mairie, du Ministère des Solidarités et du Collectif Te Ta’i Vevo. Tous s’étaient réunis autour d’un sujet commun qu’est le relogement du Centre de Jour et de l’Accueil de Te Vai’ete géré par Père Christophe ; ce dernier s’était clairement positionné sur son projet de reconstruction, de son lieu d’implantation et sur les actions complètes que mènerait le nouveau centre d’accueil Te Vai’ete. L’association TE TOREA et Père Christophe avaient alors déclarés qu’une cohabitation en un même lieu et dans un même bâtiment de personnes de la rue et de familles issues des quartiers prioritaires, était vouée à l’échec et ce, en raison des configurations du quartier Vaininiore, ses alentours et le profil des publics qui y ont élus domicile. Et c’est ce projet qui se poursuit !

Par ailleurs, l’association Te Torea apprend également que le Centre de jour « sera transféré dans un local situé sur le boulevard d’Alsace, derrière la librairie Archiples » alors qu’elle vient de trouver un local qui convient et le déménagement est prévu, conformément aux discussions tenues avec La Direction des Solidarités, de la Famille et de l’égalité des chances (DSFE).

En ce qui concerne le Centre d’Hébergement d’Urgence, « le centre d’hébergement d’urgence de Tipaerui va, lui, être rafraichi et mis aux normes dans l’attente d’identifier une nouvelle assise foncière pour une nouvelle construction ». Ce discours vient confirmer les propos tenus par des représentants du Ministère des Solidarités, qui ont alors visité le centre d’hébergement d’urgence, le 12 août. L’objet de leur déplacement était double : améliorer les conditions d’accueil du public qui réside au centre d’hébergement, tel qu’il se présente à l’heure actuelle et trouver un autre site pour accueillir le centre. À ceci s’ajoute la visite informelle d’un représentant du maire de Papeete qui s’était présenté le 4 Juin dans les lieux et expliquait que la mairie souhaitait y installer ses ateliers.

L’association Te Torea, composée de bénévoles, s’interroge sur le bienfondé de ces actions. Le dialogue et le partenariat n’existe plus, il faudra en tirer les leçons.

Laissez-moi vous dire…

Dimanche 29 septembre : Journée mondiale du migrant et du réfugié

Qu’est-ce qu’un réfugié ? un migrant ?

Initialement fixée en janvier, la journée de prière et d’action en faveur des migrants et des réfugiés a été déplacée en septembre. Cette année le thème choisi par le Pape François est : « Il ne s’agit pas seulement de migrants. Il s’agit aussi de nos peurs. »

Le message du Pape est très clair (voir dans ce numéro du pK0 à la page 3 à 5). Son regard se porte non seulement sur les migrants et les réfugiés, mais sur tous les êtres humains des « périphéries existentielles ». Il attire également l’attention de celles et ceux qui sont appelés à leur venir en aide. Nos yeux ne se détournent-ils pas de ceux qui frappent à nos portes ? Quelles sont nos peurs ? Cette journée doit nous aider à prendre conscience des barrières que nous posons entre nous et ces frères et sœurs qui tendent la main. Ne serait-ce pas Jésus lui-même qui demande qu’on aille sa rencontre ?

Récemment, en allant à la Banque j’ai découvert (ou re-découvert) un nouveau type de « migrant ». Devant moi une dame d’un certain âge souhaitait faire un virement bancaire à sa petite-fille qui est en France. La guichetière tente de lui expliquer qu’il vaudrait mieux qu’elle fasse l’opération via Internet, sinon elle va devoir payer des frais importants. La dame, larmes aux yeux, rétorque : « je sais, je suis allée sur le site de la Banque. Mais mon mot de passe n’est plus valide. Et c’est justement ma petite-fille qui m’avait rentré ce mot de passe. Maintenant je suis perdue. » La guichetière insiste : « Vous avez votre téléphone ? Allez sur le site, rentrez un nouveau mot de passe et vous pourrez faire votre virement ». La dame, essuyant ses larmes, se met sur le côté en disant : « Vous les banquiers, vous n’avez pas pitié desmatahiapo” ! » J’avoue que, pas plus doué que cette dame, je ne pouvais guère lui venir en aide ; j’espérais simplement que la guichetière aurait pitié et lui porterait secours… Comble de malchance le serveur de la Banque était inaccessible - message : « en travaux »- !

Tout cela m’a ramené vers l’année 2001 avec les travaux de Marc Prensky (1), un scientifique américain spécialisé dans la pédagogie, qui mettait en évidence une fracture radicale entre « celui qui est né sans le numérique » - digital immigrant – et « celui qui est né avec le numérique » - digital native -. D’où une réflexion sur des démarches pédagogiques spécifiques pour les enfants « digital natives » qui a généré une véritable querelle d’experts en pédagogie.

Effectivement combien de parents et de grands parents n’ont-ils pas fait appel à leur enfant (parfois très jeune) pour sortir de ce qui leur paraissait « une impasse numérique » ? Ainsi dans nos familles nous vivons - à petite échelle - ce que ressent tout migrant, tout réfugié confronté à une langue, une culture qui lui est inconnue (ou mal connue).

À la Banque la dame “matahiapo” vivait une situation de détresse face au monde numérique, exactement comme un clandestin, un réfugié, un migrant, un demandeur d’asile… se trouvant dans un monde hostile qu’il ne comprend pas et qui ne le comprend pas.

Si dans le monde numérique il nous apparaît indispensable de développer des solidarités intergénérationnelles ; pourquoi il n’en serait pas de même vis-à-vis des migrants qui vivent des situations bien plus tragiques ? Le Pape François donne une réponse : « Les sociétés économiquement les plus avancées ont tendance à développer en leur sein un individualisme accentué qui, uni à une mentalité utilitariste et multiplié par le réseau médiatique, produit la “mondialisation de l’indifférence”. »

« L’indifférence », voilà le mal à combattre.

Dominique Soupé

PRENSKY M. "Digital Natives, Digital Immigrants Part 1", On the Horizon, Vol. 9 No. 5, Ed. MCB UP Ltd, 2001

© Cathédrale de Papeete – 2019

En marge de l’actualité…

29 septembre : Journée du migrant et du réfugié

Il ne s’agit pas seulement de migrant… il s’agit aussi de nos peurs

L’Église célèbre la Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié depuis 1914. Cette année le Pape François a choisi pour thème « Il ne s’agit pas seulement de migrants. Il s’agit aussi de nos peurs » pour contribuer à ôter nos œillères et pour que personne ne soit exclu de la société.

Dans son message le Saint Père insiste : « la présence des migrants et des réfugiés – comme, en général, des personnes vulnérables – représente aujourd’hui une invitation à retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité, qui risquent de s’assoupir dans un style de vie rempli de confort. C’est en cela que l’expression “il ne s’agit pas seulement de migrants” signifie qu’en nous intéressant à eux, nous nous intéressons aussi à nous et à tous ; en prenant soin d’eux, nous grandissons tous ; en les écoutant, nous laissons aussi parler cette part de nous que nous gardons peut-être cachée parce qu’aujourd’hui elle n’est pas bien vue. »

Il nous arrive d’être conditionnés à tel point que notre manière de penser et d’agir nous rend intolérants, fermés et même racistes. Le Pape poursuit : « Ainsi la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre, la personne qui est différente de moi ; elle me prive d’une occasion de rencontre avec le Seigneur.Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?” » (Mt 5,46).

Celui qui a faim, qui a soif, l’étranger, celui qui n’a rien pour se vêtir, le malade ou le prisonnier jamais visité, celui qui frappe à ma porte, c’est Jésus lui-même qui nous demande qu’on lui vienne en aide. Nos yeux ont parfois de la peine à le reconnaître.

Alors, que cette journée nous aide à oser la rencontre ; qu’elle nous pousse à franchir les barrières qui nous séparent, en particulier celles de la peur.

Dominique Soupé

© Archidiocèse de Papeete - 2019

Audience générale

Le diacre est fait pour le service … pas pour l’autel !

Le Pape François a poursuivi ce mercredi matin son cycle de catéchèses sur les Actes des Apôtres lors de l’audience générale place Saint-Pierre. Il est revenu sur le rôle du diacre et sur la manière dont saint Etienne a répondu aux calomnies, témoignant de l’Évangile par sa vie.

Chers frères et sœurs, bonjour !

À travers le livre des Actes des apôtres, nous continuons de voyager : le voyage de l’Évangile dans le monde. Saint Luc montre avec un grand réalisme la fécondité de ce voyage ainsi que le surgissement de certains problèmes au sein de la communauté chrétienne. Depuis le début, il y a toujours des problèmes. Comment harmoniser les différences qui cohabitent en son sein sans créer de disputes et de désaccords ?

La communauté n’accueillait pas seulement les juifs, mais aussi les Grecs, c’est-à-dire des personnes provenant de la diaspora, non juives, avec une culture et une sensibilité propres et avec une autre religion. Aujourd’hui, nous disons les « païens ». Et ils étaient accueillis. Cette coexistence détermine des équilibres fragiles et précaires ; devant les difficultés, pointe la « zizanie » et quelle est la pire zizanie qui détruit une communauté ? La zizanie du murmure, la zizanie des cancans : les Grecs murmurent contre le manque d’attention de la communauté envers leurs veuves.

Les apôtres lancent un processus de discernement qui consiste à bien considérer les difficultés et à chercher ensemble des solutions. Ils trouvent une issue en partageant les différentes tâches pour permettre une croissance sereine du corps ecclésial tout entier et pour éviter de négliger la « course » de l’Évangile comme le soin des membres les plus pauvres.

Les apôtres sont de plus en plus conscients que leur vocation principale est la prière et la prédication de la Parole de Dieu : prier et annoncer l’Évangile ; et ils résolvent la question en instituant un noyau de « sept (…) hommes qui soient estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (Ac 6,3) qui, après avoir reçu l’imposition des mains, s’occuperont du service des repas. Il s’agit des diacres qui sont créés pour cela, pour le service. Le diacre, dans l’Église, n’est pas un prêtre en second, il est autre chose ; il n’est pas pour l’autel, mais pour le service. Il est le gardien du service dans l’Église. Quand un diacre aime trop aller à l’autel, il se trompe. Ce n’est pas sa voie. Cette harmonie entre le service de la Parole et le service de la charité représente le levain qui fait grandir le corps ecclésial.

Et les apôtres créent sept diacres, et parmi les sept « diacres », Étienne et Philippe se distinguent particulièrement. Étienne évangélise avec force et parrhésie (du grecparrhèsia, audace, liberté de parole, ndlr) mais sa parole rencontre les résistances les plus obstinées. Ne trouvant pas d’autre manière pour le faire cesser, que font ses adversaires ? Ils choisissent la solution la plus mesquine pour annihiler un être humain : c’est-à-dire la calomnie et le faux témoignage. Et nous savons que la calomnie tue toujours. Ce « cancer diabolique », qui nait de la volonté de détruire la réputation d’une personne, agresse aussi le reste du corps ecclésial et lui nuit gravement quand, pour des intérêts mesquins ou pour couvrir ses propres manquements, on se ligue pour salir quelqu’un.

Conduit au sanhédrin et accusé par de faux témoins – on avait fait la même chose avec Jésus et on fera la même chose avec tous les martyrs à travers de faux témoins et des calomnies – Étienne proclame une relecture de l’histoire sacrée centrée sur le Christ, pour se défendre. La Pâque de Jésus mort et ressuscité est la clé de toute l’histoire de l’alliance. Devant cette surabondance du don divin, Étienne dénonce courageusement l’hypocrisie avec laquelle les prophètes et le Christ lui-même ont été traités. Et il leur rappelle l’histoire en disant : « Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que maintenant vous venez de livrer et d’assassiner. » (Ac 7,52). Il ne parle pas à demi-mot, il parle clairement, il dit la vérité.

Cela provoque la réaction violente de ses auditeurs et Étienne est condamné à mort, condamné à la lapidation. Mais il manifeste la véritable « étoffe » du disciple du Christ. Il ne cherche pas d’échappatoire, n’en appelle pas à des personnalités qui peuvent le sauver mais remet sa vie entre les mains du Seigneur. La prière d’Étienne est très belle, à ce moment-là : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit » (Ac 7,59) et il meurt en enfant de Dieu, en pardonnant : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7,60).

Ces paroles d’Étienne nous enseignent que ce ne sont pas les beaux discours qui révèlent notre identité d’enfants de Dieu, mais que seuls l’abandon de notre vie dans les mains du Père et le pardon donné à ceux qui nous offensent nous font voir la qualité de notre foi.

Aujourd’hui, il y a plus de martyrs qu’au début de la vie de l’Église, et les martyrs sont partout. L’Église d’aujourd’hui est riche de martyrs, elle est irriguée par leur sang qui est « semence de nouveaux chrétiens » (Tertullien, Apologétique, 50, 13) et qui assure la croissance et la fécondité du peuple de Dieu. Les martyrs ne sont pas des « images pieuses » mais des hommes et des femmes en chair et en os qui, comme le dit l’Apocalypse, « ont lavé leur robe, (…) les ont blanchies par le sang de l’Agneau » (7,14). Ce sont les vrais vainqueurs.

Demandons nous aussi au Seigneur qu’en regardant les martyrs d’hier et d’aujourd’hui, nous puissions apprendre à vivre une vie pleine, accueillant le martyre de la fidélité quotidienne à l’Évangile et de la conformation au Christ.

© Libreria Editrice Vaticana - 2019

Journée mondiale du réfugié et du migrant

Il ne s’agit pas seulement de migrants

« Il ne s’agit pas seulement de migrants » : tel est le thème de la 105e Journée mondiale du migrant et du réfugié célébrée ce dimanche.

Chers frères et sœurs,

la foi nous assure que le Royaume de Dieu est déjà présent sur la terre de façon mystérieuse (cf. Conc. Œcum. Vat. II, Const. Gaudium et spes, n. 39) ; cependant, de nos jours encore, nous devons constater avec douleur qu’il rencontre des obstacles et se heurte à des forces contraires. De violents conflits et de véritables guerres ne cessent de déchirer l’humanité ; les injustices et les discriminations se succèdent ; on peine à surmonter les déséquilibres économiques et sociaux, à l’échelle locale ou mondiale. Et ce sont surtout les plus pauvres et les plus défavorisés qui font les frais de tout ceci.

Les sociétés économiquement les plus avancées ont tendance à développer en leur sein un individualisme accentué qui, uni à une mentalité utilitariste et multiplié par le réseau médiatique, produit la “mondialisation de l’indifférence”. Dans ce contexte, les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées et les victimes de la traite des personnes sont devenus l’emblème de l’exclusion car, au-delà des malaises que comporte en soi leur condition, on fait peser sur eux un jugement négatif qui les considère comme cause des maux de la société. L’attitude à leur égard constitue une sonnette d’alarme qui nous avertit du déclin moral qui nous guette si l’on continue à concéder du terrain à la culture du rejet. De fait, sur cette voie, tout sujet qui ne rentre pas dans les canons du bien-être physique, psychique et social court le risque de la marginalisation et de l’exclusion.

C’est pourquoi la présence des migrants et des réfugiés – comme, en général, des personnes vulnérables – représente aujourd’hui une invitation à retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité, qui risquent de s’assoupir dans un style de vie rempli de confort. C’est en cela que l’expression « il ne s’agit pas seulement de migrants » signifie qu’en nous intéressant à eux, nous nous intéressons aussi à nous et à tous ; en prenant soin d’eux, nous grandissons tous ; en les écoutant, nous laissons aussi parler cette part de nous que nous gardons peut-être cachée parce qu’aujourd’hui elle n’est pas bien vue.

« Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Mt 14,27). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit aussi de nos peurs. Les méchancetés et les laideurs de notre temps accroissent « notre crainte des “autres”, les inconnus, les marginalisés, les étrangers […]. Cela se constate particulièrement aujourd’hui, face à l’arrivée de migrants et de réfugiés qui frappent à notre porte à la recherche de protection, de sécurité et d’un avenir meilleur. La crainte est légitime, notamment parce qu’il manque une préparation à cette rencontre » (Homélie, Sacrofano, 15 février 2019). Le problème n’est pas tant d’avoir des doutes et des craintes. Le problème, c’est quand ceux-ci conditionnent notre façon de penser et d’agir au point de nous rendre intolérants, fermés, et peut-être même – sans nous en rendre compte – racistes. Ainsi la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre, la personne qui est différente de moi ; elle me prive d’une occasion de rencontre avec le Seigneur (cf. Homélie de la Messe pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, 14 janvier 2018). 

« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5,46). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de charité. Grâce aux œuvres de charité, nous démontrons notre foi (cf. Jc 2, 18). Or, la charité la plus élevée est celle qui s’exerce envers ceux qui ne sont pas en mesure de rendre la pareille, ni même peut-être de remercier. « Ce qui est en jeu, c’est le visage que nous voulons nous donner comme société et la valeur de toute vie. […] Le progrès de nos peuples […] dépend surtout de la capacité de se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte et qui, avec son regard, discrédite et prive d’autorité toutes les fausses idoles qui hypothèquent la vie et la réduisent en esclavage ; idoles qui promettent un bonheur illusoire et éphémère, construit aux marges de la réalité et de la souffrance des autres » (Discours à la Caritas Diocésaine de Rabat, 30 mars 2019).

« Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié » (Lc 10,33). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de notre humanité. Ce qui pousse ce Samaritain – un étranger par rapport aux juifs – à s’arrêter, c’est la compassion : un sentiment qui ne s’explique pas seulement au niveau rationnel. La compassion fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre humanité, provoquant un élan irrépressible à nous “ faire le prochain” de ceux que nous voyons en difficulté. Comme Jésus lui-même nous l’enseigne (cf. Mt 9,35-36 ; 14,13-14 ; 15,32-37), avoir de la compassion signifie reconnaître la souffrance de l’autre et passer tout de suite à l’action pour soulager, soigner et sauver. Avoir de la compassion signifie faire de la place à la tendresse, que la société contemporaine nous demande si souvent, au contraire, de réprimer. « S’ouvrir aux autres n’appauvrit pas mais enrichit, car cela aide à être plus humain ; à se reconnaître partie active d’un ensemble plus grand et à interpréter la vie comme un don pour les autres ; à voir comme but, non pas ses propres intérêts mais le bien de l’humanité » (Discours à la mosquée “ Heydar Aliyev ” de Bakou, Azerbaïdjan, 2 octobre 2016). 

« Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon père qui est aux cieux » (Mt 18,10). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de n’exclure personne. Le monde actuel est chaque jour plus élitiste et cruel envers les exclus. Les pays en voie de développement continuent d’être appauvris de leurs meilleures ressources naturelles et humaines au profit de quelques marchés privilégiés. Les guerres ne concernent que quelques régions du monde, mais les armes pour les faire sont produites et vendues dans d’autres régions qui, ensuite, ne veulent pas se charger des réfugiés produits par ces conflits. Ceux qui en font les frais, ce sont toujours les petits, les pauvres, les plus vulnérables, qu’on empêche de s’asseoir à table et à qui on laisse les “miettes” du banquet (cf. Lc 16,19-21). « L’Église “en sortie” [...] sait prendre l’initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 24). Le développement qui exclut rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Le développement véritable est celui qui se propose d’inclure tous les hommes et toutes les femmes du monde, en favorisant leur croissance intégrale, et qui se préoccupe aussi des générations futures.

« Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Mc 10,43-44). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de mettre les derniers à la première place. Jésus-Christ nous demande de ne pas céder à la logique du monde, qui justifie la prévarication sur les autres pour mon avantage personnel ou celui de mon groupe : moi d’abord et les autres après ! Or la vraie devise du chrétien, c’est “d’abord les derniers !”. « Un esprit individualiste est un terrain fertile pour la maturation de cette attitude d’indifférence envers le prochain, qui porte à le traiter comme simple objet d’achat et de vente, qui pousse à se désintéresser de l’humanité des autres et finit par rendre les personnes craintives et cyniques. Ces sentiments ne sont-ils pas ceux que nous éprouvons souvent devant les pauvres, les marginaux, les derniers de la société ? Et combien de derniers avons-nous dans nos sociétés ! Parmi ceux-ci, je pense surtout aux migrants, avec leur poids de difficultés et de souffrances qu’ils affrontent chaque jour dans la recherche, parfois désespérée, d’un lieu où vivre en paix et avec dignité » (Discours au Corps diplomatique, 11 janvier 2016). Dans la logique de l’Évangile, les derniers viennent en premier et nous devons nous mettre à leur service.

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10,10). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de toute la personne, de toutes les personnes. Dans cette affirmation de Jésus, nous trouvons le cœur de sa mission : faire en sorte que tous reçoivent le don de la vie en plénitude, selon la volonté du Père. Dans toute activité politique, dans tout programme, dans toute action pastorale, nous devons toujours mettre au centre la personne, sous ses multiples dimensions, y compris sa dimension spirituelle. Cela vaut pour toutes les personnes, auxquelles doit être reconnue l’égalité fondamentale. Par conséquent, « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme » (Saint Paul VI, Enc. Populorum progressio, n. 14).

« Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu » (Ep 2,19). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de construire la cité de Dieu et de l’homme. À notre époque, appelée aussi l’ère des migrations, nombreuses sont les personnes innocentes qui tombent en victimes dans le “grand piège” du développement technologique et de la consommation sans limites (cf. Enc. Laudato si’, n. 34). Aussi se mettent-elles en voyage vers un “paradis” qui trahit inexorablement leurs attentes. Leur présence, parfois dérangeante, contribue à dissiper les mythes d’un progrès réservé à quelques-uns, mais bâti sur l’exploitation de la multitude. « Il s’agit alors de voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir dans le migrant et dans le réfugié non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile » (Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2014).

Chers frères et sœurs, la réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et pour les réfugiés. Ils expriment la mission de l’Église envers tous les habitants des périphéries existentielles, qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés. Si nous mettons ces verbes en pratique, nous contribuons à construire la cité de Dieu et de l’homme, nous encourageons le développement humain intégral de toutes les personnes et nous aidons aussi la communauté mondiale à s’approcher des objectifs du développement durable qu’elle s’est donnés et qu’il sera difficile d’atteindre autrement.

Donc, ce n’est pas seulement la cause des migrants qui est en jeu, ce n’est pas seulement d’eux qu’il s’agit, mais de nous tous, du présent et de l’avenir de la famille humaine. Les migrants, et spécialement ceux qui sont plus vulnérables, nous aident à lire les “signes des temps”. À travers eux, le Seigneur nous appelle à une conversion, à nous libérer des exclusions, de l’indifférence et de la culture du déchet. À travers eux, le Seigneur nous invite à nous réapproprier notre vie chrétienne dans son entier et à contribuer, chacun selon sa vocation, à l’édification d’un monde qui corresponde toujours davantage au projet de Dieu.

C’est le vœu que j’accompagne de ma prière en invoquant, par l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame de la Route, d’abondantes bénédictions sur tous les migrants et les réfugiés du monde entier et sur ceux qui se font leurs compagnons de voyage.

Du Vatican, le 27 mai 2019

François

© Libreria Editrice Vaticana – 2019

Opinion

La folie du tout numérique

Périodiquement, une inquiétude se réveille en nous, comme si nous sortions de ce songe somnambulique que j’appelle la « cyber-béatitude ». Elle frappe tous les nigauds contemporains, pressés de paraître « modernes ». Je parle évidemment de cette dématérialisation du monde par le triomphe du tout-numérique. Je cite Georges Bernanos : « Le malheur et l’opprobre du monde moderne, qui s’affirme si drôlement matérialiste, c’est qu’il désincarne tout, qu’il recommence à rebours le mystère de l’incarnation. »

Le philosophe André Gorz (disparu en 2007) avait compris dès le début que la marche forcée vers le numérique n’allait pas sans péril. Son livre sur le sujet ( L’Immatériel. Connaissance, valeur et capital, Galilée, 2003) n’a pas pris une ride. Il apparaît même comme prémonitoire. Et pourtant ! En règle générale, peu d’hommes publics osent s’en prendre au dogme du numérique, qui gagne peu à peu tous les secteurs de nos sociétés. Après enquête, un confrère du  Figaro, Yohan Blavignat, n’hésitait pas à expliquer que la dématérialisation numérique menaçait finalement la planète. Elle exige une quantité phénoménale d’énergie. Citant un rapport publié en octobre 2018 par le club de réflexion américain The Shift Project, il ajoutait : « La transition numérique telle qu’elle est actuellement mise en œuvre participe au dérèglement climatique plus qu’elle n’aide à le prévenir. »

À ce stade, tout cela devient idéologique. La « cyber-béatitude » se substitue aux idéologies folles du XXe siècle. La conviction que le numérique nous sauvera de l’enfer procède d’une crédulité manipulatrice qui pousse à convertir les gens à l’immatériel, comme on envoie des assoiffés vers une oasis. On en fait même un principe d’éducation scolaire. La violence avec laquelle on crée une nouvelle fracture sociétale, technologique celle-ci, est déraisonnable. Des hommes et des femmes préfèrent renoncer à certaines démarches administratives, car ils trouvent l’usage du numérique trop compliqué. On les a baptisés, avec un mépris à peine dissimulé, les « abandonnistes ».

À tous ceux-là, j’ai envie de dire que leur refus est légitime. Des scientifiques nous mettent aujourd’hui en garde contre ce qu’ils appellent un « cauchemar ». Je pense à Daron Acemoglu, professeur d’économie au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Le danger qu’il dénonce est plus global. C’est la possibilité d’une domination généralisée par le truchement des Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon, ndlr). « Tant que les technologies pourront étouffer la liberté d’expression, entraver le compromis politique, accentuer la concentration du pouvoir dans les mains de l’État ou du secteur privé, elles risqueront de contrecarrer le fonctionnement de la démocratie. Nous autres, consommateurs, travailleurs et citoyens devons prendre conscience de la menace, car nous sommes les seuls à pouvoir la stopper. »

C’est donc bien une idéologie dominatrice en passe de devenir un « totalitarisme doux ». Nos grands-parents et parents avaient su résister aux idéologies passées, et même se battre contre elles au nom de la liberté. Nous ou nos enfants saurons faire la même chose. Il s’agit d’abord de penser par soi-même, comme le firent dans les années 1960-1970 les dissidents des pays de l’Est. Quand on distribue aujourd’hui des tablettes numériques aux enfants des écoles, je frémis.

© La Vie - 2019

Commentaire des lectures du dimanche

L’Apôtre Paul, dans la seconde lecture, adresse à Timothée, mais aussi à nous, quelques recommandations qui lui tiennent à cœur. Parmi elles, il demande de « garder le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochable » (1Tm 6,14). Il parle simplement d’un commandement. Il semble qu’il veuille faire fixer notre regard sur ce qui est essentiel pour la foi. Saint Paul, en effet, ne recommande pas beaucoup de points ni d’aspects, mais il souligne le centre de la foi. Ce centre autour duquel tout tourne, ce cœur palpitant qui donne vie à tout, c’est l’annonce pascale, la première annonce : le Seigneur Jésus est ressuscité, le Seigneur Jésus t’aime, il a donné sa vie pour toi ; ressuscité et vivant, il est présent à tes côtés et il t’attend chaque jour. Nous ne devons jamais l’oublier. En ce Jubilé des catéchistes, il nous est demandé de ne pas nous lasser de mettre en premier l’annonce principale de la foi : le Seigneur est ressuscité. Il n’y a pas de contenu plus important, rien de plus solide et actuel. Tout le contenu de la foi devient beau s’il est relié à ce centre, s’il est traversé par l’annonce pascale. En revanche, s’il est isolé, il perd sens et force. Nous sommes toujours appelés à vivre et à annoncer la nouveauté de l’amour du Seigneur : « Jésus t’aime vraiment, comme tu es. Fais-lui une place : malgré les déceptions et les blessures de la vie, laisse-lui la possibilité de t’aimer. Il ne te décevra pas ».

Le commandement dont parle saint Paul nous fait penser aussi au commandement nouveau de Jésus : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). C’est en aimant que l’on annonce le Dieu-Amour. Non pas en cherchant à convaincre, jamais en imposant la vérité, non plus en se raidissant sur des obligations religieuses ou morales. Dieu est annoncé en rencontrant les personnes, en prêtant attention à leur histoire et à leur chemin. Car le Seigneur n’est pas une idée, mais une personne vivante : son message passe par le témoignage simple et vrai, par l’écoute et l’accueil, par la joie qui rayonne. On ne parle pas bien de Jésus quand on est triste : on ne transmet pas non plus la beauté de Dieu en faisant seulement de belles prédications. Le Dieu de l’espérance est annoncé en vivant aujourd’hui l’Évangile de la charité, sans peur d’en témoigner aussi sous des formes nouvelles d’annonces.

L’Évangile de ce dimanche nous aide à comprendre ce que veut dire aimer, et surtout à éviter certains risques. Dans la parabole, il y a un homme riche qui ne remarque pas Lazare, un pauvre qui est « devant son portail » (Lc 16,20). Ce riche, en réalité, ne fait de mal à personne, on ne dit pas qu’il est mauvais. Mais il a une infirmité plus grande que celle de Lazare, qui est « couvert d’ulcères » (ibid.) : ce riche souffre d’une grande cécité, parce qu’il ne réussit pas à regarder au-delà de son monde fait de banquets et de beaux vêtements. Il ne voit pas derrière la porte de sa maison où est allongé Lazare, parce que ce qui se passe dehors ne l’intéresse pas. Il ne voit pas avec les yeux car il ne sent pas avec le cœur. La mondanité qui anesthésie l’âme est entrée dans son cœur. La mondanité est comme un « trou noir » qui engloutit le bien, qui éteint l’amour parce qu’elle ramène tout au moi. On ne voit plus alors que les apparences et on ne prête plus attention aux autres, car on devient indifférent à tout. Souvent, celui qui souffre de cette grave cécité se met à « loucher » : il regarde avec révérence les personnes célèbres, de haut rang, admirées du monde, et il détourne le regard des nombreux Lazare d’aujourd’hui, des pauvres et de ceux qui souffrent, qui sont les préférés du Seigneur.

Mais le Seigneur regarde celui qui est négligé et mis à l’écart du monde. Lazare est le seul personnage, dans toutes les paraboles de Jésus, à être appelé par son nom. Son nom veut dire « Dieu aide ». Dieu ne l’oublie pas, il l’accueillera au banquet de son Royaume, avec Abraham, dans une communion riche en affections. En revanche, l’homme riche, dans la parabole, n’a même pas de nom ; sa vie est oubliée, car celui qui vit pour soi ne fait pas l’histoire. Et un chrétien doit faire l’histoire ! Il doit sortir de lui-même, pour faire l’histoire ! Mais celui qui vit pour soi ne fait pas l’histoire. L’insensibilité d’aujourd’hui creuse des abîmes infranchissables à jamais. Et nous sommes tombés, à présent, dans cette maladie de l’indifférence, de l’égoïsme, de la mondanité.

Il y a un autre détail dans la parabole, un contraste. La vie opulente de cet homme sans nom est décrite comme ostentatoire : tout en lui réclame des besoins et des droits. Même mort il insiste pour être aidé et prétendre à ses intérêts. La pauvreté de Lazare, en revanche, s’exprime avec une grande dignité : aucune lamentation, protestation ni parole de mépris ne sort de sa bouche. C’est un enseignement précieux : en tant que serviteurs de la parole de Jésus nous sommes appelés à ne pas étaler une apparence et à ne pas rechercher la gloire ; nous ne pouvons pas non plus être tristes ni nous lamenter. Ne soyons pas des prophètes de malheur qui se complaisent à dénicher les dangers ou les déviances ; ne soyons pas des gens qui se retranchent dans leurs propres environnements en émettant des jugements amers sur la société, sur l’Église, sur tout et sur tous, polluant le monde de choses négatives. Celui qui est familier de la Parole de Dieu ne connaît pas le scepticisme qui se lamente.

Celui qui annonce l’espérance de Jésus est porteur de joie et voit loin, il a des horizons, il n’a pas un mur qui le ferme ; il voit loin car il sait regarder au-delà du mal et des problèmes. En même temps il voit bien de près, car il est attentif au prochain et à ses nécessités. Aujourd’hui, le Seigneur nous le demande : devant tant de Lazare que nous voyons, nous sommes appelés à nous inquiéter, à trouver des chemins pour rencontrer et aider, sans déléguer toujours aux autres et dire « je t’aiderai demain, aujourd’hui je n’ai pas le temps, je t’aiderai demain ». Et c’est un péché. Le temps donné pour porter secours aux autres est du temps donné à Jésus, c’est de l’amour qui demeure : c’est notre trésor au ciel que nous nous procurons ici sur terre. 

En conclusion, chers catéchistes et chers frères et sœurs, que le Seigneur nous donne la grâce d’être renouvelés chaque jour par la joie de la première annonce : Jésus est mort et ressuscité, Jésus nous aime personnellement ! Qu’il nous donne la force de vivre et d’annoncer le commandement de l’amour, en dépassant la cécité de l’apparence et les tristesses mondaines. Qu’il nous rende sensibles aux pauvres, qui ne sont pas un appendice de l’Évangile, mais une page centrale, toujours ouverte devant tous.

© Libreria Editice Vaticana – 2016

 

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Date de dernière mise à jour : 2019-10-02