PKO 02.09.2012

Dimanche 2 septembre 2012 – XXIIème Dimanche du Temps ordinaire – Année B

 

Bulletin gratuit de liaison de la communauté de la Cathédrale de Papeete n°44/2012

HUMEURS

 

Au feu les pompiers !

En notre belle Polynésie, il semble que l’on soit doué pour allumer des feux et ensuite s’étonner que ça brûle ! …des exemples :

- Les voitures « boum-boum » : Alors que les medias nous rapportent les souffrances que subissent les habitants de la vallée de Tipaerui chaque fin de semaine : « 4 500 habitants pris en otages par les fans de “voitures boum boum” » (La Dépêche du 20/08) … à Pirae, on organise une compétition officielle de « car audio » (ça fait tout de suite plus sérieux !)… mais bien sûr tout cela dans un esprit pédagogique : « En encadrant la discipline on essaie aussi de dire à nos pratiquants que 160 décibels ça peut nuire à autrui, c’est comme un avion qui passe devant chez vous alors il faut respecter les règles et penser aussi aux autres » 160 décibels… ça peut nuire !!!

- L’alcoolisme au volant : La cohérence entre les propos et les actes n’est pas toujours facile à cerner : « Il est temps de tirer la sonnette d’alarme. Depuis le début de l’année, le nombre d’accidents ne cesse de croître… Il nous semble urgent de réagir. Il y a la réalité des chiffres qui parle explicitement, et puis il y a la réalité humaine.…Donc nous mettons tous les moyens de l’État en action pour faire en sorte que toute la population prenne conscience du problème » (directeur de cabinet du haut-commissaire)… et pourtant tous les samedis et dimanches matin, au pied de la Cathédrale, vers 4h… les jeunes, en état d’ébriété avancé, prennent le volant de leur voiture sous le regard de la Police  et parfois même encouragé par celle-ci !

À force de vouloir plaire on fini par ne plus aimer ! Il semble que nos autorités aient oubliés qu’« être dans le vent… c’est l’idéal des feuilles mortes »…

Nous n’attendons pas des responsables de la société civile de la répression à tous crins mais de la cohérence afin qu’ils ne perdent pas le peu de crédibilité qui leur reste !

                                                                  

En marge de l’actualité

 

Violences et brimades à l’égard des chrétiens

 

Les Pakistanais chrétiens en Europe mènent une action importante, en Italie, en Angleterre, qui vise non seulement le gouvernement pakistanais mais aussi l'Union Européenne et les Nations Unies, suite à l'emprisonnement d'une jeune chrétienne âgée de 11 ans,  Rimsha Masih, accusée à tort de blasphème et actuellement détenue dans un institut de peine pour mineurs à Islamabad.

Au Pendjab pakistanais, une autre adolescente chrétienne, âgée de 15 ans, a été récemment violée et sauvagement assassinée. Les crimes et violences à l'égard des chrétiens ne cessent d'augmenter au Pakistan suite à la publication d'une loi sur le blasphème.

Toutes les organisations chrétiennes, de toutes confessions religieuses, s'engagent actuellement en vue de l'abolition ou de la révision de la loi sur le blasphème, pour la défense et la sécurité des minorités religieuses, dans le respect de la liberté de culte.

En Afrique, des chrétiens subissent également la violence et la menace de l'intégrisme islamique, c'est ce qui ressort du Forum International  d'Action Catholique (FIAC) qui s'est tenu en Roumanie du 22 au 26 août.

Au Nigéria plusieurs autorités religieuses se refusent à répondre à la violence par la violence. Ainsi dans le diocèse d'Abuja, des fidèles, avec la police, ont organisé des cordons de sécurité autour des édifices religieux pendant les offices.

En Egypte, depuis que les changements politiques ont amené au pouvoir un parti lié aux Frères musulmans, les chrétiens craignent que ce contexte fondamentaliste nuise à la liberté religieuse.

En général les chrétiens sont des cibles faciles que l'on cherche à museler, dans la mesure où ils n'hésitent pas à dénoncer les injustices. Cela dure depuis 2 000 ans,   nul doute, les chrétiens ne baisseront pas les bras...

Dominique SOUPÉ

Chancelier

 

Appel au respect de toute personne humaine

 

Lettre de Mgr Jules-Géraud SALIÈGE du 23 août 1942

« Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier ». C’est la prise de position historique de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse, dans une lettre adressée aux fidèles de son archidiocèse et lue telle quelle en chaire dans toutes les paroisses, en plein cœur de la seconde guerre mondiale, le dimanche 23 août 1942, il y a 70 ans.


Mes très chers Frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ?

Pourquoi sommes-nous des vaincus ?

Seigneur ayez pitié de nous.

Notre-Dame, priez pour la France.

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules-Géraud Saliège

Archevêque de Toulouse

23 août 1942

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La prière, une force pour faire le bien

 

Catéchèse du pape Benoît XVI du 1er août 2012

« Souvent nous reconnaissons ce qui est bien, mais nous ne sommes pas capables de l’accomplir. Avec la prière, nous parvenons à le faire », affirme Benoît XVI, qui encourage à « frapper avec confiance à la porte du Seigneur », avec l’assurance que Dieu « prend soin de ses enfants ». Le pape a en effet repris ses catéchèses sur la prière, interrompues pendant le mois de juillet, lors de l’audience du mercredi 1er août, à Castelgandolfo, résidence d’été des papes. Il a commenté les enseignements sur la prière de saint Alphone de Liguori, dont l’Église célébrait la fête ce même jour.

Chers frères et sœurs,

Nous fêtons aujourd’hui la mémoire liturgique de saint Alphonse-Marie de Liguori, évêque et Docteur de l’Église, fondateur de la congrégation du Très Saint Rédempteur, les Rédemptoristes, et patron des confesseurs et des moralistes. Saint Alphonse est un des saints les plus populaires du XVIIIème siècle, pour son style simple et direct et pour sa doctrine sur le sacrement de pénitence : à une époque de grand rigorisme, fruit de l’influence janséniste, il recommandait aux confesseurs d’administrer ce sacrement en manifestant l’étreinte joyeuse de Dieu le Père qui, dans sa miséricorde infinie ne se lasse pas d’accueillir le fils repenti. La fête de ce jour nous offre l’occasion de nous arrêter sur les enseignements de saint Alphonse sur la prière, si précieux et pleins d’un souffle spirituel. Il considérait que son traité Le grand moyen de la prière, qui remonte à l’année 1759, était le plus utile de tous ses écrits. En effet, il décrit la prière comme « le moyen nécessaire et assuré pour obtenir le salut et toutes les grâces dont nous avons besoin pour y arriver » (Introduction). Cette phrase est la synthèse de la conception de la prière de saint Alphonse.

Avant tout, si nous disons que c’est un moyen, cela nous rappelle quel est le but à atteindre : Dieu a créé par amour, pour pouvoir nous donner la vie en plénitude ; mais à cause du péché, ce but, cette vie en plénitude s’est pour ainsi dire éloignée – nous le savons tous – et seule la grâce de Dieu peut la rendre accessible. Pour expliquer cette vérité fondamentale et faire comprendre immédiatement combien le risque de « se perdre » est réel pour l’homme, saint Alphonse avait forgé une maxime connue, très élémentaire, qui dit ceci : « Si vous priez, votre salut est assuré, et si vous ne priez pas, votre perte est certaine ». Commentant cette phrase lapidaire, il ajoutait : « Il est très difficile, sinon impossible, de se sauver sans prier… mais il est sûr et facile de se sauver en priant » (II, Conclusion). Et il disait encore : « Si vous ne priez pas, il n’y a pour vous aucune excuse, parce que la grâce de la prière est donnée à tous les hommes … si nous n’opérons point notre salut, toute la faute en sera à nous-mêmes, parce que nous n’aurons point prié ». En disant que la prière est un moyen nécessaire, saint Alphonse voulait faire comprendre que dans toutes les situations de la vie, on ne peut se passer de la prière, surtout dans les moments d’épreuve et de difficulté. Nous devons sans cesse frapper avec confiance à la porte du Seigneur, sachant qu’en tout il prend soin de ses enfants, il prend soin de nous. C’est pourquoi nous sommes invités à ne pas craindre de recourir à lui et de lui présenter avec confiance nos requêtes, avec l’assurance que nous obtiendrons ce dont nous avons besoin.

Chers amis, telle est la question centrale : qu’est-ce qui est vraiment nécessaire dans ma vie ? Je réponds avec saint Alphonse : « la santé et toutes les grâces dont nous avons besoin pour cela » (ibid.) ; naturellement, il parle non seulement de la santé du corps, mais surtout de celle de l’âme, que Jésus nous donne. Plus qu’autre chose, nous avons besoin de sa présence libératrice qui rend notre être pleinement humain, et qui ainsi nous comble de joie. C’est seulement à travers la prière que nous pouvons l’accueillir, accueillir sa grâce qui, en éclairant toute situation, nous fait discerner quel est le vrai bien et en nous fortifiant, rend notre volonté efficace c’est-à-dire qu’elle la rend capable de réaliser le bien connu. Souvent nous reconnaissons ce qui est bien, mais nous ne sommes pas capables de l’accomplir. Avec la prière, nous parvenons à le faire. Le disciple du Seigneur sait qu’il est souvent exposé à la tentation et, pour la vaincre, il ne manque pas de demander de l’aide à Dieu dans la prière.

Saint Alphonse rapporte l’exemple, très intéressant, de saint Philippe Neri qui, « dès le premier moment de son réveil, au matin, disait à Dieu : Seigneur, étendez aujourd’hui vos mains sur Philippe, sinon Philippe vous trahira » (III, 3). Quel réalisme ! Il demande à Dieu d’étendre la main sur lui. Nous aussi, conscients de notre faiblesse, nous devons demander humblement l’aide de Dieu, confiants dans la richesse de sa miséricorde. Dans un autre passage, saint Alphonse dit que « nous sommes dénués de tout bien, mais si nous demandons, nous ne serons plus pauvres. Si nous sommes pauvres, Dieu est riche et libéral » (II, 4). À la suite de saint Augustin, il invite chaque chrétien à ne pas avoir peur de demander à Dieu, dans la prière, cette force qu’il n’a pas et qui lui est nécessaire pour faire le bien, dans l’assurance que le Seigneur ne refuse pas son aide à celui qui le prie humblement (cf. III, 3). Chers amis, saint Alphonse nous rappelle que la relation avec Dieu est essentielle dans notre vie. Sans ce rapport à Dieu, il nous manque une relation fondamentale et cette relation avec Dieu se réalise dans le dialogue avec lui, dans la prière personnelle quotidienne et la participation aux sacrements. C’est ainsi que cette relation peut grandir en nous, que la présence divine grandit en nous et nous indique le chemin, l’éclaire et le rend sûr et serein, même au milieu des difficultés et des dangers. Merci.

© Libreria Editrice Vaticana – 2010


Le cannabis perturbe durablement le cerveau

 

La consommation durant l’adolescence a un retentissement jusqu'à l’âge adulte

Alors que tous les jours nous constatons les conséquences désastreuses du paka sur notre jeunesse des enquêtes de plus en plus nombreuses confirment les dégâts souvent irrémédiables sur le cerveau… et il y a encore des personnes favorable à la dépénalisation… !

Il est des études qui demandent du temps. Par exemple, estimer l'impact persistant de la consommation de cannabis sur les performances du cerveau aura pris près de quarante ans. C'est grâce à l'étude de Dunedin, du nom de la petite ville de Nouvelle-Zélande où elle a été conduite, que l'on en sait plus aujourd'hui sur les effets d'une drogue, finalement pas si douce que ça. Une cohorte de 1 037 enfants nés en 1972-73 y a été testée régulièrement à 5, 7, 9, 11, 13, 15, 18, 21, 26, 32 et 38 ans !

Les résultats sont inquiétants, car les scientifiques néo-zélandais, aidés de chercheurs de l'Université de Duke (États-Unis) et du King's College de Londres, confirment la plus grande vulnérabilité du cerveau des jeunes à la neurotoxicité du cannabis. On le suspectait, c'est désormais prouvé.

À 38 ans, ceux qui ont commencé à consommer du cannabis à l'adolescence ont en effet perdu quelques points de QI (quotient intellectuel). Jusqu'à huit points de QI en moins pour les enfants de l'étude de Dunedin qui se sont avérés les consommateurs les plus réguliers au fil des ans. Ce n'est évidemment pas le cas pour ceux qui n'ont jamais fumé d'herbe.

Et cette fois, impossible de soutenir que la diminution des performances du cerveau des fumeurs de cannabis viendrait d'une différence déjà présente antérieurement à la consommation, puisque les enfants sont suivis depuis leur plus jeune âge.

Autre point fort de ce travail publié aujourd'hui dans les comptes rendus de l'Académie américaine des sciences (PNAS), la fiabilité des réponses. Comme les enfants de Dunedin sont habitués à la confidentialité de leurs réponses, on évite le biais de sous-déclaration habituel dans ce genre d'enquête. Les chercheurs ont aussi pris la précaution d'éliminer d'autres facteurs qui auraient pu perturber la validité des tests, par exemple la consommation de cannabis dans la semaine précédente, la dépendance à l'alcool ou une autre drogue, le nombre d'années de scolarité. Chaque fois se confirme une différence significative entre les consommateurs de cannabis et les autres, à l'avantage des abstinents.

Mais les anomalies ne se cantonnent pas aux tests psychométriques, elles semblent aussi se traduire dans la vie de tous les jours. Ainsi dans la cohorte de Dunedin : « Les personnes ayant déclaré consommer régulièrement du cannabis étaient aussi ceux qui rapportaient, à 38 ans, le plus de problèmes de mémoire ou d'attention ».

Séquelles irréversibles

De plus, commencer à fumer à l'adolescence, au moment où la maturation du cerveau n'est pas encore terminée, entraîne une plus grande perte de QI par rapport à ceux qui ont débuté à l'âge adulte. Enfin, les séquelles irréversibles ne sont pas exclues puisque, remarquent les auteurs, « l'arrêt ne restaure pas complètement les fonctions neuropsychologiques de ceux qui ont commencé à l'adolescence ». Or, les statistiques montrent que c'est à l'adolescence qu'il y a le plus de risque de commencer à fumer du cannabis (voir encadré).

Déjà, en 2008, des études avaient montré des altérations neurochimiques persistantes du cerveau de rats soumis au cannabis dans une période correspondant à l'adolescence humaine. Les chercheurs évoquaient alors l'existence d'un intervalle de vulnérabilité neurale accru à l'exposition au cannabis. Il y a deux ans, c'est le Pr John Churchwell et ses collègues neurobiologistes de l'Université de l'Utah qui identifiaient chez des adolescents, grâce à l'IRM, une diminution du volume du cortex préfrontal des consommateurs de cannabis. En outre, cette zone, qui joue un rôle dans la planification, la prise de décision et le contrôle de l'impulsivité, était d'autant plus touchée que les fumeurs avaient commencé tôt.

L'an dernier, c'est une étude publiée dans la revue Behavioural Brain Research qui revenait sur le virage crucial de l'adolescence, sur le plan de la maturation neurologique : « Même si des anomalies structurales n'impliquent pas toujours des anomalies fonctionnelles, elles suggèrent que les anomalies du cortex et de l'insula observés chez les adolescents qui prennent du cannabis peuvent affecter leurs capacités de décision et accentuer la pulsion à consommer en dépit de ses conséquences négatives ». Pour les chercheurs néo-zélandais, les mesures de prévention dirigés vers les adolescents devraient être renforcées.

© Copyright 2002 – Le Figaro

Porta Fidei – La porte de la Foi (I)

 

Lettre Apostolique sous forme de Motu proprio par laquelle est promulguée l’Année de la Foi

Le 11 octobre 2011 le pape Benoît XVI annonçait la tenue d’une « Année de la Foi » qui débutera le 11 octobre 2012 – 50e anniversaire de l’ouverture du Concile œcuménique Vatican II – et qui se conclura le 24 novembre 2013, solennité du Christ Roi de l’Univers. Pour nous préparer à entrer dans cette « Année de la Foi » nous vous proposons de lire le « Motu proprio » par lequel il a promulgué cette année de la Foi.

1. « La porte de la foi » (cf. Ac 14, 27) qui introduit à la vie de communion avec Dieu et permet l’entrée dans son Église est toujours ouverte pour nous. Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le cœur se laisse modeler par la grâce qui transforme. Traverser cette porte implique de s’engager sur ce chemin qui dure toute la vie. Il commence par le baptême (cf. Rm 6, 4), par lequel nous pouvons appeler Dieu du nom de Père, et s’achève par le passage de la mort à la vie éternelle, fruit de la résurrection du Seigneur Jésus qui, par le don de l’Esprit Saint, a voulu associer à sa gloire elle-même tous ceux qui croient en lui (cf. Jn 17, 22). Professer la foi dans la Trinité – Père, Fils et Saint-Esprit – équivaut à croire en un seul Dieu qui est Amour (cf. 1 Jn 4, 8) : le Père, qui dans la plénitude des temps a envoyé son Fils pour notre salut ; Jésus-Christ, qui dans le mystère de sa mort et de sa résurrection a racheté le monde ; le Saint-Esprit, qui conduit l’Église à travers les siècles dans l’attente du retour glorieux du Seigneur.

2. Depuis le commencement de mon ministère comme Successeur de Pierre, j’ai rappelé l’exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l’enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ. Dans l’homélie de la messe pour l’inauguration de mon pontificat je disais : « L’Église dans son ensemble, et les pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude »[1]. Il arrive désormais fréquemment que les chrétiens s’intéressent surtout aux conséquences sociales, culturelles et politiques de leur engagement, continuant à penser la foi comme un présupposé évident du vivre en commun. En effet, ce présupposé non seulement n’est plus tel mais souvent il est même nié[2]. Alors que dans le passé il était possible de reconnaître un tissu culturel unitaire, largement admis dans son renvoi aux contenus de la foi et aux valeurs inspirées par elle, aujourd’hui il ne semble plus en être ainsi dans de grands secteurs de la société, en raison d’une profonde crise de la foi qui a touché de nombreuses personnes.

3. Nous ne pouvons accepter que le sel devienne insipide et que la lumière soit tenue cachée (cf. Mt 5, 13-16). Comme la samaritaine, l’homme d’aujourd’hui peut aussi sentir de nouveau le besoin de se rendre au puits pour écouter Jésus qui invite à croire en lui et à puiser à sa source, jaillissante d’eau vive (cf. Jn 4, 14). Nous devons retrouver le goût de nous nourrir de la Parole de Dieu, transmise par l’Église de façon fidèle, et du Pain de la vie, offerts en soutien de tous ceux qui sont ses disciples (cf. Jn 6, 51). L’enseignement de Jésus, en effet, résonne encore de nos jours avec la même force : « Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle » (Jn 6, 27). L’interrogation posée par tous ceux qui l’écoutaient est la même aussi pour nous aujourd’hui : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » (Jn 6, 28). Nous connaissons la réponse de Jésus : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé » (Jn 6, 29). Croire en Jésus Christ est donc le chemin pour pouvoir atteindre de façon définitive le salut.

4. À la lumière de tout ceci j’ai décidé de promulguer une Année de la foi. Elle commencera le 11 octobre 2012, lors du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et se terminera en la solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ Roi de l’univers, le 24 novembre 2013. Le 11 octobre 2012, aura lieu aussi le vingtième anniversaire de la publication du Catéchisme de l’Église catholique, texte promulgué par mon Prédécesseur, le Bienheureux Pape Jean-Paul II[3], dans le but d’exposer à tous les fidèles la force et la beauté de la foi. Ce document, fruit authentique du Concile Vatican II, fut souhaité par le Synode extraordinaire des Évêques de 1985 comme instrument au service de la catéchèse[4] et fut réalisé grâce à la collaboration de tout l’épiscopat de l’Église catholique. Et j’ai précisément convoqué l’Assemblée générale du Synode des Évêques, au mois d’octobre 2012, sur le thème de La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne. Ce sera une occasion propice pour introduire la structure ecclésiale tout entière à un temps de réflexion particulière et de redécouverte de la foi. Ce n’est pas la première fois que l’Église est appelée à célébrer une Année de la foi. Mon vénéré Prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI en avait décidée une semblable en 1967, pour faire mémoire du martyre des Apôtres Pierre et Paul à l’occasion du dix-neuvième centenaire de leur témoignage suprême. Il la pensa comme un moment solennel pour que dans toute l’Église il y eût « une profession authentique et sincère de la même foi » ; en outre, il voulut que celle-ci soit confirmée de manière « individuelle et collective, libre et consciente, intérieure et extérieure, humble et franche »[5]. Il pensait que de cette façon l’Église tout entière pourrait reprendre « une conscience plus nette de sa foi, pour la raviver, la purifier, la confirmer et la proclamer »[6]. Les grands bouleversements qui se produiront en cette Année, ont rendu encore plus évidente la nécessité d’une telle célébration. Elle s’est conclue par la Profession de foi du Peuple de Dieu[7], pour attester combien les contenus essentiels qui depuis des siècles constituent le patrimoine de tous les croyants ont besoin d’être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle afin de donner un témoignage cohérent dans des conditions historiques différentes du passé.

5. Pour certains aspects, mon Vénéré Prédécesseur a vu cette Année comme une « conséquence et une exigence de l’après-Concile »[8], bien conscient des graves difficultés du temps, surtout en ce qui concerne la profession de la vraie foi et sa juste interprétation. J’ai considéré que faire commencer l’Année de la foi en coïncidence avec le cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II peut être une occasion propice pour comprendre que les textes laissés en héritage par les Pères conciliaires, selon les paroles du bienheureux Jean Paul II, « ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu’ils soient lus de manière appropriée, qu’ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l’intérieur de la Tradition de l’Église… Je sens plus que jamais le devoir d’indiquer le Concile comme la grande grâce dont l’Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence »[9]. Moi aussi j’entends redire avec force tout ce que j’ai eu à dire à propos du Concile quelques mois après mon élection comme Successeur de Pierre : « Si nous le lisons et le recevons guidés par une juste herméneutique, il peut être et devenir toujours davantage une grande force pour le renouveau, toujours nécessaire, de l’Église »[10].

6. Le renouveau de l’Église passe aussi à travers le témoignage offert par la vie des croyants : par leur existence elle-même dans le monde les chrétiens sont en effet appelés à faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur Jésus nous a laissée. Justement le Concile, dans la Constitution dogmatique Lumen gentium affirmait : « Tandis que le Christ, “saint, innocent, sans tâche” (He 7, 26), n’a pas connu le péché (cf. 2 Co 5, 21), venant seulement expier les péchés du peuple (cf. He 2, 17), l’Église, elle, qui enferme des pécheurs dans son propre sein, est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement. “L’Église avance dans son pèlerinage à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu”, annonçant la croix et la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne (cf. 1 Co 11, 26). La vertu du Seigneur ressuscité est sa force pour lui permettre de vaincre dans la patience et la charité les afflictions et les difficultés qui lui viennent à la fois du dehors et du dedans, et de révéler fidèlement au milieu du monde le mystère du Seigneur, encore enveloppé d’ombre, jusqu’au jour où, finalement, il éclatera dans la pleine lumière »[11].

Dans cette perspective, l’Année de la foi est une invitation à une conversion authentique et renouvelée au Seigneur, unique Sauveur du monde. Dans le mystère de sa mort et de sa résurrection, Dieu a révélé en plénitude l’Amour qui sauve et qui appelle les hommes à convertir leur vie par la rémission des péchés (cf. Ac 5, 31). Pour l’Apôtre Paul, cet Amour introduit l’homme à une vie nouvelle : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Grâce à la foi, cette vie nouvelle modèle toute l’existence humaine sur la nouveauté radicale de la résurrection. Dans la mesure de sa libre disponibilité, les pensées et les sentiments, la mentalité et le comportement de l’homme sont lentement purifiés et transformés, sur un chemin jamais complètement terminé en cette vie. La « foi opérant par la charité » (Ga 5, 6) devient un nouveau critère d’intelligence et d’action qui change toute la vie de l’homme (cf. Rm 12, 2 ; Col 3, 9-10 ; Ep 4, 20-29 ; 2 Co 5, 17).

7. « Caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) : c’est l’amour du Christ qui remplit nos cœurs et nous pousse à évangéliser. Aujourd’hui comme alors, il nous envoie par les routes du monde pour proclamer son Évangile à tous les peuples de la terre (cf. Mt 28, 19). Par son amour, Jésus-Christ attire à lui les hommes de toutes générations : en tous temps il convoque l’Église lui confiant l’annonce de l’Évangile, avec un mandat qui est toujours nouveau. C’est pourquoi aujourd’hui aussi un engagement ecclésial plus convaincu en faveur d’une nouvelle évangélisation pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi est nécessaire. L’engagement missionnaire des croyants, qui ne peut jamais manquer, puise force et vigueur dans la redécouverte quotidienne de son amour. En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d’un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie. Elle rend fécond, parce qu’elle élargit le cœur dans l’espérance et permet d’offrir un témoignage capable d’engendrer : en effet elle ouvre le cœur et l’esprit de tous ceux qui écoutent à accueillir l’invitation du Seigneur à adhérer à sa Parole pour devenir ses disciples. Les croyants, atteste saint Augustin, « se fortifient en croyant »12. Le saint Évêque d’Hippone avait de bonnes raisons pour s’exprimer de cette façon. Comme nous le savons, sa vie fut une recherche continuelle de la beauté de la foi jusqu’à ce que son cœur trouve le repos en Dieu13. Ses nombreux écrits, dans lesquels sont expliquées l’importance de croire et la vérité de la foi, demeurent jusqu’à nos jours comme un patrimoine de richesse inégalable et permettent encore à de nombreuses personnes en recherche de Dieu de trouver le juste parcours pour accéder à la « porte de la foi ».

Donc, la foi grandit et se renforce seulement en croyant ; il n’y a pas d’autre possibilité pour posséder une certitude sur sa propre vie sinon de s’abandonner, dans un crescendo continu, entre les mains d’un amour qui s’expérimente toujours plus grand parce qu’il a son origine en Dieu.

(à suivre)

© Libreria Editrice Vaticana - 2011



[3]  Cf. Jean-Paul II, Const. Apost. Fidei depositum (11 octobre 1992) ;

[4]  Cf. Rapport final du second Synode extraordinaire des Évêques (7 décembre 1985), II, B, a, 4 in Enchiridion Vaticanum, vol. 9, n. 1797 ;

[5]  Paul VI, Exhort. Apost. Petrum et Paulum Apostolos, à l’occasion du XIXème centenaire du martyre des saints Apôtres Pierre et Paul (22 février 1967) ;

[6]  Ibid. 198.

[7]  Paul VI, Solennelle Profession de foi, Homélie pour la concélébration du XIXè centenaire du martyre des saints Apôtres Pierre et Paul, en conclusion de l’Année de la Foi (30 juin 1968) ;

[8]  ID., Audience générale (14 juin 1967) ;

[11]             Conc. œcum. Vat.II, Const. Dogm. sur l’Église Lumen gentium, n.8.

 

À quoi bon se laver les mains si le cœur n’y est pas ?

 

Commentaire de l’évangile du XXIIème Dimanche du Temps ordinaire –Année B

Jésus pose la question : à quoi bon se laver les mains, si le cœur n’y est pas ? Cependant que les mamans se rassurent : Jésus ne dit pas que les enfants peuvent manger les mains sales ! Il ne parle pas d’hygiène, mais de religion. C’est sûr qu’il faut se laver les mains avant de passer à table autant pour ne pas tomber malade que pour ne pas dégoûter les autres.

Mais, pour les pharisiens, ces gestes étaient religieux. À l’origine de ces coutumes, il y a un sentiment de grande délicatesse à l’égard de Dieu. Se laver les mains donne au repas une signification sacrée : on mange devant Dieu et on le remercie de nous fournir le pain. C’est très beau ! Seulement voilà, c’est souvent le cas avec les hommes, les plus belles traditions se dénaturent avec le temps. Pour les pharisiens, ces pratiques de respect sont devenues une manière de séparer les hommes. Les Juifs sont préservés de contact mauvais avec les païens, les justes sont écartés des pécheurs, les bien portants sont éloignés des malades.

Jésus, lui, dit que Dieu est ouvert à tous les hommes. Il accueille le contrôleur d’impôts méprisé, le centurion de l’armée d’occupation, le lépreux ou la femme de mauvaise vie. À quoi sert de se laver les mains, selon les rites, si le cœur est plein de pensées de mépris, de haine, de mesquinerie ou d’envie ? Lorsque Stavelot accueille, dans un Carnaval du monde, des blancs et des noirs, des jaunes et des bruns, des hommes et des femmes des cinq continents, il est dans la ligne de ce que propose Jésus. Au Festival de musique, il y avait cette année des artistes allemands et français, belges et autrichiens, flamands, wallons et germanophones, tous unis dans la même passion de la beauté. C’est tellement important de rassembler les gens. C’est ce qu’aime Dieu.

Et Jésus ajoute quelque chose d’important : il faut changer ton cœur ! Sinon, tu feras comme Pilate, qui se lave les mains en condamnant l’innocent. Sinon tu seras semblable aux grands prêtres qui veillent à ne pas entrer dans le palais du Gouverneur pour éviter de se souiller près d’un païen. Ils croient rester purs et ils mènent à la croix le Fils de Dieu. Quelle fausseté !

C’est de ton cœur, pas de la boue des chemins, que vient tous les maux qui divisent les hommes et font parfois de la terre une sorte d’enfer. Aucune eau de nos fontaines ne peut ôter cette saleté là. C’est ton cœur mauvais qui te sépare de Dieu et des autres.

Mais tu peux le changer, en n’y laissant entrer que la Parole de Dieu. Tu peux le purifier, en laissant le regard de pardon de Jésus le laver. Alors, comme saint Pierre, qui a pleuré amèrement sa lâcheté, Jésus fera de toi un homme, une femme, au cœur doux et pacifié, aimant Dieu et ses frères.

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