PKO 29.07.2012

Dimanche 29 juillet 2012 – XVIIème Dimanche du Temps ordinaire – Année B

 

HUMEURS


L’espérance fait vivre !


La Polynésie vient de se doter d’une loi de Pays permettant de sanctionner les pollueurs en tout genre… : Loi du pays n°2012-3du 23 janvier 2012. On ne peut que s’en réjouir…si tant est qu’elle soit appliquée ! Ça c’est une autre paire de manches !

Cette loi devrait permettre d’agir pour la protection de l’environnement, que ce soit pour les déchets jetés ou pour les bruits et nuisances sonores.

Le ministre de l’Environnement présentant la nouvelle loi a donner en exemple : « Vous jetez un papier, vous êtes pris, vous payez ». Les sommes récoltées seront reversées dans les caisses du Pays.

Espérons que le pays ne mette pas autant de temps que notre municipalité à faire appliquer les décrets qu’elle publie…

En effet, la mairie de Papeete a publié en 1984 un arrêté municipal n°84-172 « portant mesure de lutte contre le bruit »… :

« Article 1er.- Sont interdits sur le territoire de la commune de Papeete, tous bruits causés sans nécessité ou dus à un défaut de précautions, et susceptibles de troubler la tranquillité des habitants.

Art. 2.- Les propriétaires, directeurs ou gérants d'établissements ouverts au public, tels que cafés, bars, discothèques, théâtres, cinémas, bals, salles de banquets, etc... doivent prendre toutes mesures utiles pour que les bruits émanant de ces locaux, et ceux résultant de leur exploitation ne soient pas gênants pour le voisinage.

Le certificat de conformité délivré par le maire et valant autorisation d'ouverture d'établissement, pourra être assorti de conditions de niveau acoustique maxima à respecter eu égard à l'environnement de cet établissement ».

Un texte  jamais appliqué, il suffit de venir vendredi et samedi dans la nuit pour le constater… mais qui plus est, aujourd’hui, un bruit favorisé pour ne pas dire encouragé par la municipalité.

« Art. 4.- Il est interdit d'utiliser des engins équipés de moteurs bruyants tels que tondeuses à gazon, motoculteurs, tronçonneuses, bétonnières, scies mécaniques, perceuses, raboteuses, ponceuses, etc ... à moins de 100 mètres d'une zone habitée,

- les jours ouvrables (lundi au vendredi) avant 7 heures et après 19 heures ;

- les samedis avant 8 heures et après 18 heures ;

- les dimanches toute la journée ».

Depuis plusieurs années, bien que nous l’ayons signalé… le jardinier de notre voisine la Banque, trois fois par semaine s passe la souffleuse entre 4h30 et 5h30 du matin !

Souhaitons à la Loi du Pays plus de chance dans son application !

 

Le sport et l’argent

 

Dimanche 22 juillet s'achevait le tour de France ; vendredi 27 juillet s'ouvre l'événement sportif planétaire : les Jeux Olympiques.

Plus que jamais le sport se révèle une dimension importante contribuant au développement et à l'épanouissement de la personne humaine, mais c'est aussi un prétexte pour réaliser de gros profits financiers.

Notre conception de l'Homme et de la Femme nous conduit à nous intéresser à la personne du sportif avant de nous intéresser  au sport qu'il (ou elle) pratique. Or pour organiser des manifestations sportives aux dimensions de la planète on ne peut échapper à la recherche de moyens de financement. Ainsi le sport risque de devenir un outil de propagande au service des publicitaires et du monde de la finance pour qui le sportif devient une matière malléable, une sorte de « produit », un moyen de profits.

En affirmant que l'Homme ne peut servir l'Evangile et l'argent nous faisons figure de puristes ou de niais ; « l'esprit olympique » prôné par Pierre de Coubertin ne relève-t-il pas de la même utopie ? Notre rôle de chrétien doit nous obliger à discerner et à dénoncer des pratiques intolérables qui subordonnent le sportif à la puissance de l'argent.

Dénoncer les inégalités de traitement entre les disciplines sportives, entre les pays compétiteurs, entre les hommes et les femmes ; dénoncer les « dessous de table », les financements occultes (sous forme d'« enveloppes » par exemple) relèvent du rôle attendu de tout responsable chrétien. Il ne s'agit pas d'être hypocrite et de condamner le recours à la publicité mais de contribuer à la recherche d'un juste milieu qui respecte la liberté et l'épanouissement de tout sportif quelque soient son niveau et la discipline qu'il (ou elle) pratique.

Dominique SOUPÉ

Chancelier

 

Fournissons vite aux malades du SIDA des soins gratuits et efficaces

 

Discours du Cardinal BERTONE à la VIIIème Conférence Internationale sur le SIDA

Dimanche 5 août, à la Cathédrale, un concert gratuit sera donné pour le soutien à l’Association « Agir contre le SIDA ». Des urnes seront placées aux sorties de l’Église. Pour mieux comprendre cette action voici le Discours du Cardinal Bertone donné à l’occasion de la VIIIème Conférence Internationale sur le SIDA le 22 juin dernier à l’Institut San Gallicano au Trastevere. « Nous savons que le SIDA n’est pas un destin fatal de l’humanité », déclare le cardinal Bertone qui lance cet appel : « Fournissons vite aux malades du SIDA des soins gratuits et efficaces ! Qu’il y ait un accès universel aux soins ! Faisons-le en partant des mères et des enfants »

 Monsieur le Ministre,

Illustres Autorités italiennes et internationales,

Chers amis,

C’est avec plaisir que j’ai accueilli cette invitation d’intervenir aux travaux de la VIIIe Conférence internationale sur le SIDA dont le thème est : « Vive les mamans, vive les enfants ! » (« W le mamme, W i bambini »).

Je salue les autorités présentes et, en particulier, la Première dame de la République de Guinée, madame Djenè Condè, le ministre Andrea Riccardi, les nombreux ministres africains de la santé et les autres dirigeants, les responsables de l’OMS et le personnel de santé.

Une pensée cordiale et chaleureuse va aux amis de la communauté de Sant’Egidio qui ont convoqué cette conférence pour favoriser de nouvelles voies, plus efficaces, dans la lutte contre l’HIV/AIDS et pour défendre et promouvoir la dignité de la vie humaine, surtout là où celle-ci est conçue et voit le jour.

Je suis heureux d’être ici avec vous cette année. D’autant plus que le thème choisi me tient particulièrement à cœur. En effet, les personnes touchées par le virus de l'HIV se trouvent dans une situation de faiblesse, ils ont besoin de soins, d’assistance et d’accompagnement. Du reste, l’Église est présente dans les pays où cette pandémie est en cours, et elle est très inquiète face à ce vrai drame de notre temps. C’est un drame qui engloutit tant de vies humaines, qui affaiblit des sociétés entières, qui brûle l’avenir. Il faut faire davantage ! Plus l’infection progresse chez les femmes, qui sont le pilier des familles et des communautés, plus le risque d’écroulement social augmente dans pas mal de pays. La maladie des femmes, des enfants, des hommes, devient celle de la société tout entière. L’Église se préoccupe de la santé. L’exemple lui vient du Christ lui-même qui, après avoir proclamé la Parole et guéri les malades, a envoyé ses disciples guérir « chaque maladie, chaque infirmité » (Mt 10, 1). C’est ce que nous sommes appelés à faire. C’est un mandat réalisé par le biais des institutions sanitaires de l’Église et de tant de chrétiens de bonne volonté.

Oui, l’Église est résolument engagée dans cette lutte contre les infirmités, les maladies et les grandes pandémies, comme elle l’a déclaré spécifiquement au Synode pour l’Afrique (Exhortation Apostolique Post synodale Africae Munus III, 139).

L’Église catholique, dès les débuts de ce terrible fléau du SIDA, a toujours offert sa contribution à prévenir la transmission du virus HIV et à assister les malades et leurs familles sur le plan médical, social, spirituel et pastoral. Le dernier synode des évêques pour l’Afrique l’a dit : « Le Sida est une pandémie qui, avec le paludisme et la tuberculose, décime les populations africaines et  cause d’énormes préjudices à leur vie économique et sociale » (IIe Assemblée Spéciale pour l’Afrique du Synode des Évêques - Propositio 51). Et il en est vraiment ainsi !

Le bienheureux Jean Paul II, dans l’encyclique Sollicitudo Rei Socialis, rappelait : « Les citoyens des pays riches, chacun à titre personnel, surtout s'ils sont chrétiens, ont l'obligation morale - à leur niveau respectif de responsabilité - de tenir compte, dans leurs décisions personnelles et gouvernementales, de ce rapport d'universalité, de cette interdépendance existant entre leur comportement et la misère et le sous-développement de tant de millions d'hommes » (n. 9). Nous ne pouvons nous désintéresser d’une partie du monde qui souffre et qui est malade. On a besoin de réponses globales à des problèmes qui ont une dimension mondiale. Il faut une vraie mondialisation de la solidarité !

Actuellement, environ 30% des centres du monde qui s’occupent de personnes atteintes d’HIV/SIDA sont des centres catholiques. Notamment en Afrique, les activités d’assistance sanitaire de l’Église fournissent un soutien essentiel aux personnes qui vivent en dehors des zones urbaines et dans les zones rurales. Les besoins sociaux de ces personnes sont énormes et les malades, atteints d’HIV/SIDA sont nombreux. Il y a beaucoup de programmes de formation, de prévention, de soins et d’accompagnement pastoral pour les malades atteints d’HIV/AIDS, que les églises locales, les instituts religieux et les associations suivent avec amour, sens des responsabilités et dans un esprit de charité. Concrètement, les actions entreprises sont les suivantes : promotion de campagnes de sensibilisation, programmes de prévention et éducation sanitaire, soutien aux orphelins, distribution de médicaments et aliments, assistance à domicile, hôpitaux, centres, communautés thérapeutiques pour soigner et aider le malade atteint du SIDA, collaboration avec les gouvernements, assistance dans les prisons, cours de catéchèses, élaboration de systèmes d’aide par internet, instruction de groupes d’appui aux malades.

Puis le bienheureux Jean Paul II a institué en 2004 une fondation, « Le Bon Samaritain », confiée au Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, et confirmée par le pape Benoît XVI, qui vient au secours des plus nécessiteux, en particulier des victimes du SIDA.

Pour l’Église, se pencher comme le Bon Samaritain sur l’homme blessé, abandonné sur le bord de la route c’est faire œuvre de cette « justice plus grande » que Jésus demande à ses disciples, car l’accomplissement de la Loi est « Amour ». Nous le faisons avec passion chaque jour et nous continuerons à le faire dans le monde entier.

Je remercie aussi la Communauté de Sant’ Egidio pour son travail avec le Programme DREAM en Afrique. Avec ses 33 centres, DREAM dans 10 pays africains, représente un modèle d’une efficacité indiscutable dans ses résultats, mais un modèle aussi d’engagement chrétien, de capacité à se faire proches de ceux qui souffrent, en ne leur dispensant pas seulement des soins, mais en considérant chaque malade comme personne, en ne réduisant jamais l’individu à sa maladie. De cette manière, on peut rendre sa dignité à celui qui s’en est trouvé privé à cause de la réputation que suscite ce genre de maladie.

Aujourd’hui, les soins permettent déjà à des milliers de femmes de donner naissance à des enfants libérés du SIDA et de les voir grandir, dans la mesure où celles-ci sont les premières à recevoir des soins. C’est un geste particulièrement efficace d’un amour pour la vie, quand celle-ci est menacée par la maladie et la pauvreté. L’amour, en effet, « est ce qui fait de la personne humaine l'image authentique de Dieu », rappelait le Saint-Père à Milan il y a quelques jours, à l’occasion de la VIIème rencontre des familles. Et c’est au fond le thème aujourd’hui de notre conférence, qui sera certainement riche de contributions.

Lutter contre le fléau du SIDA exige que l’on affronte de nombreux problèmes concrets, économiques, scientifiques et techniques: mais c’est l’amour qui est à la racine de ce grand travail, un amour qui est « la seule force qui peut vraiment transformer le monde » (Benoît XVI, Rencontre mondiale des familles - Milan, 3 juin 2012). Quelle image plus efficace d’amour que celle du rapport entre la mère et l’enfant ? Qui sauve la mère et l’enfant sauve l’avenir du monde ! – pourrait-on dire.

Dans son exhortation apostolique Post-synodale Africae Munus, remise durant son voyage au Bénin, le pape Benoît XVI a déclaré : « Dieu veut le bonheur et le sourire de tout enfant et sa faveur est avec lui “car c’est à leurs pareils qu’appartient le Royaume de Dieu” (Mc 10, 14) (…). Au nom de la vie - que l’Église a le devoir de défendre et protéger – je renouvelle mon soutien et m’adresse à toutes les institutions et à tous les mouvements de l’Église qui travaillent dans le domaine de la santé et spécialement du sida. Vous réalisez un travail merveilleux et important ». Le pape a ajouté : « J’encourage vivement de nouveau les instituts et les programmes de recherches thérapeutiques et pharmaceutiques en cours pour éradiquer les pandémies. N’épargnez pas vos fatigues pour aboutir au plus vite à des résultats, par amour pour le don précieux de la vie. Puissiez-vous trouver des solutions et rendre accessibles à tous les traitements et les médicaments tenant compte des situations de précarité ! L’Église plaide depuis longtemps pour un traitement médical de haute qualité et au moindre coût pour toutes les personnes concernées » (n. 73).

J’espère que de cette conférence, à laquelle participent de nombreux grands responsables de la santé, jailliront des propositions concrètes qui permettront de sauver la vie de ceux qui, dans le monde, sont aussi plus fragiles que pleins d’avenir: les enfants et leurs mères.

Pour vivre, chaque enfant a besoin de sa mère. Soigner une maman signifie aussi faire des naître des enfants sains et les faire vivre. En Afrique, un enfant sans mère est souvent exposé au danger de perdre la vie. Les femmes renforcent, unissent, soutiennent la famille et la famille est une garantie de cohésion sociale. C’est pourquoi, si nous aimons nos pays, nous avons le devoir de protéger la vie des mères. Si nous aimons l’avenir, protégeons la vie des mères et des enfants !

Je voudrais, en présence de tant de ministres et hauts responsables de la santé, adresser un appel à la communauté internationale, aux Etats et aux donateurs universels : fournissons vite aux malades du SIDA des soins gratuits et efficaces ! Qu’il y ait un accès universel aux soins ! Faisons-le en partant des mères et des enfants. En ce siège, au nom du Saint-Père, je me fais le porte-parole de tant de malades qui n’ont pas la parole. Ne perdons pas de temps et investissons toutes les ressources nécessaires !

Les résultats de DREAM et les études prévisionnelles de l’OMS le confirment : l’accès universel aux soins est possible, scientifiquement prouvé, et faisable économiquement. Ce n’est pas une utopie : c’est possible ! En Afrique aussi, comme en Europe, nous avons le devoir d’arriver jusqu’à chaque femme enceinte séropositive, de lui faire suivre la thérapie antirétrovirale, de lui permettre de donner naissance à un enfant non sidéen, et de le faire grandir, sous son aile maternelle. Nous ne saurions concevoir un accès aux soins pour tous sans tenir compte de la faiblesse – aussi économique – de la plus plupart des populations africaines et des femmes. Avoir accès à des soins gratuits est une nécessité.

La mortalité maternelle en Afrique est, en fort pourcentage, liée au SIDA. Nous ne pouvons tolérer la mort de tant de mères ; nous ne pouvons penser à des milliers d’enfants en terme de génération perdue. Rien n’est perdu : l’Afrique a suffisamment d’énergies et elle est le continent de l’espérance ! C’est pourquoi il nous est demandé un nouvel effort commun, un sursaut d’initiatives et d’imagination pour protéger la femme comme la mère.

À vous tous, responsables de tant de pays africains, chercheurs et médecins, agences internationales, donateurs, je demande de déployer tous les efforts possibles pour soulager de leurs souffrances tant de mères malades et de protéger la vie humaine, de la défendre depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Pour chaque homme, le respect de la vie est à la fois un droit et un devoir, car chaque vie est un don de Dieu.

Le pape Benoît XVI, avec toute l’Église, aime l’Afrique : nous sommes avec vous dans cette lutte pour la vie. Nous savons que le SIDA n’est pas un destin fatal de l’humanité. Tous ensemble, avec l’aide de Dieu, nous avons la possibilité et la force de la vaincre. Nous avons le devoir de promouvoir, dans un nouvel élan, le don de la vie. Merci.

© Copyright 2012 – Libreria Editrice Vaticana

 

Dieu, maître de l’histoire

 

Brasilia 2012 : Homélie de Mgr Éric de MOULI N-BEAUFORT

Mgr de Moulins-Beaufort invite à ne pas se résigner ni se décourager face aux soubresauts de l’histoire, car Dieu en est le maître et il y est à l’œuvre en tous temps : « Ce que nous avons à maintenir dans le monde agité où nous sommes depuis quelques décennies, n’est pas un ordre moral ni un ordre social, même inspiré de l’Évangile. Mais c’est au plus intime, à la racine de nous-mêmes, le lien au Christ ». Voici le texte intégral de l’homélie de Mgr Eric de Moulins Beaufort, lors de la messe de lundi, 23 juillet, à Brasilia, pour la messe du rassemblement mondial des Équipes Notre-Dame.

 « Je suis la vigne ; vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit ». Les Équipes Notre-Dame offrent une manière privilégiée de vivre cette promesse du Christ. Car elles vous aident, frères et sœurs, à déployer en toute votre vie la richesse du sacrement du mariage.

On s’approche un peu du don de ce sacrement lorsque l’on comprend que le lien entre l’époux et l’épouse se trouve branché, - c’est l’image du cep de vigne et des sarments -, sur l’amour du Christ pour son Église, c’est-à-dire pour l’humanité qu’il rachète par son sang et sanctifie par son Esprit. Par le sacrement du mariage, l’union de l’homme et de la femme devient le signe de l’amour de Dieu pour l’humanité, le mari devenant le signe le plus sensible, le plus immédiat, de l’amour de Dieu pour celle qu’il reçoit comme épouse, l’épouse le devenant pour son époux. Cela n’est possible que parce que l’amour qui unit l’un à l’autre peut désormais puiser en quelque sorte dans l’amour de Dieu pour nous manifesté en plénitude en Jésus et par Jésus.

Mais le discours de Jésus nous conduit plus loin encore que cela. Vous l’avez entendu, frères et sœurs, il est d’abord question des sarments qui ne portent pas de fruit et qui sont enlevés, qui sèchent et sont jetés au feu, et lorsque le Seigneur en vient aux sarments qui portent du fruit, il annonce qu’ils vont être émondés. Or « émonder », c’est enlever la mousse, couper les branchettes inutiles, afin que la sève circule mieux et que le sarment porte plus de fruits. Ce que Jésus veut dire est à comprendre à partir de la première phrase : « Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron ». Jésus est la vigne dont le Père prend soin, Jésus est la vigne dont le Père coupe les sarments morts et émonde les sarments susceptibles de porter du fruit en abondance. L’image de la vigne correspond chez saint Jean à l’image du corps chez saint Paul. L’une et l’autre expriment le lien intime, le lien vital, que Jésus est venu créer entre lui et chacun de ceux que le Père lui donne. L’une et l’autre essaient de dire que ce qui fait vivre Jésus, le Fils éternel, passe en ses disciples, en ceux qui lui sont rattachés, en ceux qu’il unit à lui et en lui, faisant d’eux les membres de son corps, les sarments par qui le cep donne du fruit. La vigne n’est donc pas Jésus dans son individualité ou sa solitude. La vigne est Jésus portant en lui tous ceux dont il fait ses disciples. Les quelques versets du discours après la Cène consacrés à la vigne, couvrent par conséquent l’histoire entière. Tout au long des siècles, le Père, le vigneron véritable, taille et émonde la vigne qu’est son Fils pour qu’elle porte du fruit toujours davantage. Jésus met sous les yeux de ses disciples, sous nos yeux, une vue de l’humanité entière, en tout cas de toute l’humanité qu’il greffe sur lui, et il nous donne de comprendre que son Père est à l’œuvre sans cesse pour que les sarments, chacun des sarments, soient le plus féconds possibles et résistent à toutes les épreuves des siècles.


Déjà, frères et sœurs, nous pouvons tirer de cette vision une leçon riche de consolation : nous éprouvons douloureusement les soubresauts de l’histoire, nous éprouvons douloureusement les effets d’une certaine sécularisation qui, dans nos sociétés occidentales en tout cas, met en cause violemment les fondements du mariage et de la famille. Nous sommes secoués, nous sommes mis à l’épreuve, nous sommes passés au crible, et cela parce que Dieu éprouve notre fidélité. Nous voyons nos sociétés se défaire, se précipiter, certaines presque tout entières sur des chemins de décomposition sociale stupéfiants.

Au milieu de tout cela, n’oublions pas la vision de la vigne. Serons-nous des sarments qui, trop secoués, cassent, perdent leur lien avec le cep, ou la mise à l’épreuve aura-t-elle pour résultat de nous émonder, c’est-à-dire de nous libérer de ce qui nous encombre : des biens matériels, des idées toutes faites, la recherche d’un certain confort ou du plaisir, l’angoisse de la réussite, la nôtre ou celle de nos enfants, et bien d’autres choses encore ?

Nous sommes dans un temps où ce que le christianisme, disons mieux encore : ce que le Christ a révélé concernant la famille est rejeté par beaucoup et combattu par certains. N’en déduisons pas que tout est fichu, que Dieu est fini, et son Église avec lui et tout ce que nous aimons du mariage, des enfants, des relations larges et riches entre des membres nombreux.

Ne nous résignons pas non plus à un « monde moderne » qui serait une fatalité, quoi qu’il en soit de nos convictions et de nos désirs. Non, frères et sœurs, l’image de la vigne, - et c’est bien plus qu’une image -, nous y appelle : croyons que le Père lui-même s’en sert pour nous émonder et tâchons de mieux garder la Parole de Dieu, de mieux vivre des commandements, de mieux nous enraciner dans le Seigneur Jésus. Réjouissons-nous au moins d’avoir une occasion ou des occasions de vérifier et de montrer à quoi ou à qui nous sommes réellement attachés : à l’image que nous faisons de nous-mêmes ou à l’image que nous croyons les autres se faire de nous, ou bien à la présence de Jésus en nous, à l’accueil de son Esprit pour qu’il nous renouvelle et de sa Parole pour la mettre en pratique et en faire resplendir au milieu du monde, au milieu des autres, les fruits pleins de douceur, de saveur, de substance.

Saint Paul nous dit cela dans les quelques versets de l’épître aux Galates qui ont été proclamés. Il le dit en des termes plus compliqués que saint Jean mais peut-être finalement plus clairs encore. L’Apôtre oppose vie selon la Loi et vie dans le Christ ou vie du Christ en moi. Quelle est la source de ma vie ? Ma fidélité à la loi, - et la loi est, sous sa plume, la loi de Moïse, la loi de Dieu -, ou le don de Dieu ? Vous, couples chrétiens, qu’est-ce qui vous fait vivre ? La conformité à l’image que vous vous faites de vous-mêmes, de votre dignité de baptisés et de votre statut d’époux et d’épouse dans la société, - qui ne sont pas en soi de mauvaises choses, tout au contraire ? Ou bien la joie de connaître le Christ Jésus, de garder ses commandements, de vivre ce que nous avons à vivre comme nous devons le vivre pour être unis à Lui et porter autour de nous ce qu’Il nous donne ?

La même question, plus redoutable encore, vaut pour nous, évêques et prêtres, soyez-en persuadés. Qu’est-ce qui nous fait vivre ? L’idée que nous nous faisons de l’Église, de ses ministres, ou bien le service du Christ, reçu dans sa Parole et dans ses sacrements, et non moins dans celui qu’il met sur mon route pour que j’en fasse mon prochain ? La loi de Dieu, saint Paul y insiste dans l’épître aux Romains, est sainte et sanctifiante. Mais nous pouvons en faire un usage détourné pour nous auto-glorifier.

Ce qui est en jeu, ce que nous avons à maintenir dans le monde agité où nous sommes depuis quelques décennies, n’est pas un ordre moral ni un ordre social, même inspiré de l’Évangile. Mais c’est au plus intime, à la racine de nous-mêmes, le lien au Christ, la place de sa croix au cœur de notre cœur, l’adhésion de toutes les fibres de notre être à son offrande « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

Chers amis, envoyés dans le vaste monde pour y vivre de l’Évangile, nous n’avons pas à défendre une « idée de la famille » mais la qualité absolue du mouvement de l’homme vers la femme et de la femme vers l’homme, en quoi se reflète quelque chose, beaucoup plus que quelque chose, du lien de Dieu à l’humanité, du Christ à l’Église.

Permettez-moi de reprendre les mots du psalmiste, les mots de David : « Venez, mes fils, écoutez-moi. Que je vous enseigne la crainte du Seigneur. Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ». Nous les avons chantés ou entendus chanter comme le chant de l’Église entière qui s’adresse à l’humanité. « Venez, mes fils, écoutez-moi ». Jésus est le vrai David, le vrai psalmiste. Il nous appelle à écouter ce qu’il a à nous dire.

La première leçon du Sage porte sur la crainte de Dieu, non pas la peur de Dieu, mais la crainte qui signifie le respect, l’admiration, l’émerveillement et le service. Jésus le Fils nous met face à son Père, face au vrai maître de l’histoire qui profite de tout pour que ceux qui sont greffés sur son Fils unique, ceux que le Fils lui présente comme des frères et des sœurs, portent des fruits pour l’éternité. Et vous, et nous, tous ensemble, à notre tour, nous allons vers le monde en proclamant : « Venez, mes fils, écoutez-moi, que je vous enseigne la crainte du Seigneur. Qui donc aime la vie et désire les jours où il verra le bonheur ».

Chers membres des Équipes Notre-Dame, enracinés dans le Christ, greffés en lui, vous ne cherchez pas à sauvegarder un modèle mais à vivre dans la vérité de ce que Dieu nous donne, parce que c’est Lui qui nous le donne. Qui voudra viendra à nous. Qui ne voudra pas ne viendra pas. Mais ne doutons pas que si nous sommes vraiment enracinés en Jésus, Dieu le Père donnera à vos vies de porter du fruit en abondance.

Amen.

© Copyright 2012 – zenit.org

 

I-phone     Regard sur nos vies parfois virtuelle !

 

Les deux grands jeunes étaient amoureux, et ils venaient de s'installer dans un petit studio, non loin de leurs lieux d'études et de travail. Ils étaient amoureux, mais à peine se trouvaient-ils ensemble que déjà ils se connectaient, l'une à son ordinateur, l'autre à 1'I-phone ou au smartphone, pendant que, dans la petite pièce, la télévision créait le son et l'image de fond. Pour les jeunes, pour les adultes de la nouvelle génération, pour les entreprises et pour les écoles, les connexions nomades ou fixes se sont imposées et accompagnent le quotidien et isolent les gens. I-phone, netbooks, smartphone, jeux vidéo de toutes sortes, portables, vraies baguettes magiques à usages multiples, marquent le monde où nous sommes à un point que l'on ne fait que commencer à mesurer. Ainsi, douze millions de smartphones ont trouvé preneur cette année. L'évolution technologique et les supports toujours nouveaux qu'elle offre au grand public interrogent le rapport à l'autre et à soi dans des termes toujours nouveaux.

Parfois, cette connectivité facile avec tous se mue en grande solitude et ampute peu à peu la nouvelle génération, sans qu'elle ne s'en aperçoive, et l'enferme dans un mur subtil et redoutable, que ce soit aux lieux de travail, dans les bureaux ou les entreprises, ou dans la vie personnelle. Textos personnels en rafales, utilisation intensive de nouveaux modes de communication, rendent l'homme d'aujourd'hui dépendant. Le « chacun pour soi » envahit silencieusement les habitudes et touche leur être profond. Avec les deux jeunes amoureux que je rencontrais plus d'une fois devant leur écran et leur mobile, j'ai certes découvert avec bonheur les merveilles de la technique, mais aussi la menace pour l'être humain dans sa vie. Plus subtils que les clôtures de la propriété privée, que les murailles et les remparts, que le mur qui traverse Jérusalem et qui comme une blessure coupe villes et villages, des murs invisibles s'édifient sans qu'on s'en aperçoive.

Par-delà l'extraordinaire et admirable progrès de la technique où les pratiques à haut débit nous accompagnent, nous devons tous rester passionnés de rencontres véritables, attentives et écoutantes. Toute rencontre avec l'autre fait sauter les verrous et ouvre des portes. Dans la rencontre voulue et véritable, contrairement à la rencontre virtuelle sans âme, on écoute, on porte ensemble joies et larmes, on fait exister l'autre dans l'hospitalité. Écouter, ce n'est pas l'affaire d'un moment, d'un texto ou d'un mail, mais c'est un acte libre qui nous ouvre parfois à une histoire imprévue et imprévisible. Exister, c'est accepter que les rencontres ponctuent nos vies, au-delà des connexions informatiques. Elles ne sont vraies que si nous passons d'un accueil virtuel à une écoute véritable.

Au-delà du virtuel qui jamais ne comble et n'est comblé, la Parole puissante et créatrice de Dieu nous ouvre à la richesse de la rencontre véritable. En Jésus, Dieu s'est approché lui-même de l'humanité assoiffée d'amour et de tendresse. Dans la pauvreté, il est devenu lui-même le prochain le plus proche de l'homme, afin que l'homme à son tour se fasse le prochain réel de chacun. Dieu ne cesse de créer un monde qui s'offre à tous comme une nouvelle naissance. Dans nos vies parfois virtuelles, tâtonnantes, encombrées et jamais satisfaites, l'Esprit de Dieu révèle en Jésus la profondeur de nos quêtes. Tel un soleil levant, il fait briller pour nous la lumière et ouvre nos yeux étonnés aux merveilles toujours neuves et réelles de son Amour.

René Xavier NAEGERT

© L’ami du peuple hebdo - 2012

 

« Une larme m’a sauvée »    Témoignage d’Angèle LIEBY

 

Enthousiaste, Ray, le mari d'Angèle Lieby lui montre sur internet un récent message de sympathie, émanant d'un collectif d'infirmières. Trois ans après une terrible épreuve vécue avant et pendant une prise en charge hospitalière à Strasbourg, Angèle, 60 ans aujourd'hui, a déjà quasiment 100 000 lecteurs, émus par son livre-témoignage.

« Oui, j'ai eu beaucoup d'échos de lecteurs. Surtout du corps médical. Les médecins ou infirmières de toute la France qui ont lu mon livre m'écrivent qu'ils vont désormais faire plus attention avec les patients dans le coma ». Et c'est bien là un des buts de cette Alsacienne, habitant Schiltigheim, qui a réussi à sortir victorieuse d'une rarissime maladie, le syndrome de Bickerstaff1 et à porter la demande d'une meilleure prise en charge des patients. Une école d'infirmière alsacienne lui a d'ailleurs demandé de faire une intervention.

Faire comprendre la douleur

Dédié à sa fille et à ses deux petites-filles, l'ouvrage a été voulu par Angèle « dès que j'ai pu tenir un stylo : je voulais faire comprendre ma douleur », rédigé à quatre mains avec le journaliste Hervé de Chalendar du quotidien « L'Alsace » qui a su 's'effacer devant la force de cette traversée médicale, à la fois exceptionnelle et quotidienne. On se retrouve ainsi dans la peau d'Angèle Lieby, venue une veille de 14 juillet aux urgences du Nouvel Hôpital Civil et qui, suite à des problèmes de respiration et de déglutition, est plongée dans le coma artificiel. Le quatrième jour, elle ne sort pas du coma et semble être morte. À tel point que le médecin réanimateur conseille à son mari d'aller faire des démarches aux Pompes funèbres : « Je suis la seule personne peut-être à avoir vu dans quel genre de cercueil on devait me mettre » ironiserat-elle plus tard. Ce médecin préconise de débrancher la patiente. Or Angèle, immobile et allongée comme la Belle au bois dormant, n'est certes pas capable de bouger même un cil, mais elle n'est ni inconsciente ni morte ! « Je me compare à un arbre : ça ne bouge pas, un arbre, c'est inerte et ça ne dit rien, ça ne crie même pas quand on le coupe ; et pourtant ça vit. Si on décidait de me couper en tranche, là, moi non plus je ne pourrai pas protester ». Des infirmières lui nettoient les sinus : « La douleur est insupportable. Irréelle, indescriptible. Et elle est décuplée par mon impuissance ». Elle entend ainsi un médecin présenter à un de ces collègues un test pour savoir si une personne est vivante ou morte : « Vous prenez un téton comme ça, vous le pincez en tirant d'un coup violent. Vous avez vu ? Aucune réaction ». Sauf qu’Angèle, murée dans son corps, souffre le martyre sans pouvoir s'exprimer. Elle réussira toutefois à verser une larme quand sa fille, venue de Paris, évoque son anniversaire de mariage et un projet de bébé... Une larme qui bouscule le prêt à penser médical, une première chance dans ce parcours d'incompréhension et de douleurs. Son mari qu'elle a épousé à 18 ans à Gambsheim et sa fille Cathie, venue de Paris, refusent la brutale décision médicale de débrancher. Grâce à leur amour et leur accompagnement, celui d'amis aussi, Angèle petit à petit, remonte la pente. Avec l'aide de plusieurs soignants attentifs, médecins, infirmières, kinés ou pasteur (« II a porté toute ma souffrance, quand j'étais assise dans un fauteuil et que je pleurais »), elle reconquiert ses capacités.

Rechute et résurrection

L'histoire d'Angèle dépasse celle d'un cas médical exceptionnel. Elle traite de la façon dont un patient est accueilli en milieu hospitalier. Dénonce avec le poids du vécu l'inhumanité de paroles ou de gestes. L'épisode de la rechute, par exemple. Angèle Lieby, qui avait été trachéotomisée de longs mois, avait pu être libérée de la canule encastrée dans sa gorge. On l'avait alors équipée d'un inhalateur. Or une piécette échappée de l'appareil provoqua un dysfonctionnement et l'asphyxie de la malade. Qui alerta l'infirmière, la supplia d'agir. Mais celle-ci avait décidé de ne tenir aucun compte des observations d'Angèle, sous prétexte que « je connais mon métier ». S'ensuivit pour la malade une nouvelle période de souffrance, avec à nouveau une trachéotomie, parfaitement évitable celle-là. « II y a des choses à changer au niveau culturel dans les relations malade-soignants » plaide Angèle qui glisse dans son livre que certains soignants ne doivent son « pardon qu'à une solide éducation chrétienne ».

Là où d'autres auraient choisi d'attaquer en justice ou d'oublier tout, comme certains lui ont suggéré, elle a préféré relater son parcours : « Maintenant seulement, j'en suis délivrée » dit celle qui vient de recommencer à faire du vélo : « Je suis remplie d'une énergie nouvelle ». Cette énergie, la conviction qu'il ne faut pas avoir peur de se battre contre le mur du pouvoir médical et de l'indifférence, c'est aussi le beau cadeau qu'elle donne à ses lecteurs.

M.G.-L.

           

1              Le syndrome de Bickerstaff : cette maladie du système nerveux survenant suite à une sur-expression du système immunitaire contre une infection donne l'apparence du coma total alors que l'esprit reste actif.

© L’ami du peuple hebdo - 2012

 

Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?

 

Commentaire de l’évangile du XVIIème Dimanche du Temps ordinaire –Année B

 Voici que, pendant cinq dimanches - autant que de petits pains pour nourrir la foule - nous abandonnons la lecture continue de l’évangile de Marc pour entrer dans celle du chapitre 6 de saint Jean. Il s’agit du long discours sur le pain de vie qui commence aujourd’hui par le récit de la multiplication des pains. La leçon donnée par Jésus dans cet épisode est constituée du signe des pains partagés et de sa fuite dans la montagne.

Le signe des pains multipliés

« Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » La question de Jésus est toujours d’actualité. Nous avons, comme lui, à regarder la faim des hommes, cette immense part d’humanité qui meurt physiquement de sous-alimentation. Parce que Dieu n’est qu’Amour, il nous invite à l’humble service de nos frères démunis. Et ne baissons pas les bras sous prétexte que nous n’avons pas grand chose à partager face à l’océan de misère des 2/3 de l’humanité. Jésus, ce jour là, n’a a pas fait du pain à partir des pierres comme le suggérait la tentation au désert. Il a pris les 5 pains d’orge et les 2 poissons d’un jeune garçon. Imaginons qu’il ait agit autrement. « Il était une fois un jeune garçon qui avait 5 pains et deux poissons, alors que 5 000 personnes n’avaient rien à manger. Il garda pour lui tout seul ses 5 petits pains et alla les manger, à l’écart de la foule, en cachette ». Quelle tristesse ! Commençons avec ces petites choses que nous avons. Le miracle n’est possible qu’à celui qui ose y croire et qui  met en œuvre ses modestes moyens.

La fuite dans la montagne

Mais, très vite, Jésus invite à regarder plus haut et plus loin. C’est le sens de sa fuite, loin de la foule, dans la montagne. Dieu nous crie sans cesse, comme le vieux philosophe grec Diogène : « Vous ne serez jamais heureux d’être seulement des cochons gavés ». Accomplissons fidèlement nos tâches humaines, mais sans oublier la plus grande dignité de l’homme qui est sa merveilleuse capacité de s’ouvrir sur Dieu. Jésus assouvit avec surabondance la faim corporelle - il reste douze corbeilles ! - mais encore plus la faim spirituelle, la faim de vie divine, éternelle, que lui seul est capable de combler. Lui seul est le Pain de vie.

C’est la signification essentielle de l’eucharistie. Elle nous rassemble pour réaliser une communion encore plus profonde avec le Christ. Elle nous fait reconnaître en lui le Roi véritable, le rassembleur de tous les hommes appelés à semer un peu de paix et à partager leur bonheur. Nous y recevons le corps du Christ dans le pain consacré et dans la présence de nos frères et sœurs. Mais, qui a faim de Dieu et qui a faim de relations fraternelles vraies ?

Le chapitre 6 de saint Jean se terminera par la dramatique solitude de Jésus avec les Douze...

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