Passion 2 amour du Crucifié

Marc 12 28 34awVivre dans l’amour du Crucifié

 

Introduction

Pour vivre avec quelqu’un, pour vivre dans l’amour de quelqu’un, il faut déjà le connaitre et lui accorder notre confiance, notre cœur. Comment pourrions nous comprendre l’amour extrême du Christ et l’offrande de sa vie jusqu’à l’abnégation complète, sans chercher à le connaitre. Pourquoi donc lui, Fils de Dieu a-t-il accepté de s’anéantir ainsi ?

Lui de condition divine ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore ; obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une croix. Philipiens 2/6.8

Commençons donc par voir qui était Jésus et comment il en est arrivé à mourir sur la croix pour l’amour des hommes, pour l’amour de chacun de nous.

Identité de Jésus

  • . Jésus Fils de Dieu

Pourquoi donc Jésus, Fils de Dieu a-t-il voulu prendre notre condition humaine et aussi mourir sur une croix ? Il nous faut reprendre la parole de Dieu même pour y comprendre quelque chose. Jésus est bien Fils de Dieu et reconnu par Dieu comme tel devant les hommes

Et voici qu’une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez le »Matthieu 3/17

• Ses actes le prouvent

Ses actes mêmes montrent sa puissance divine et les gens qui ne le connaissent qu’en tant qu’homme s’en étonnent.

Alors s’étant levé, il menaça les vents et la mer et il se fit alors un grand calme. Saisis d’étonnement, les hommes se dirent alors : « Quel est celui-ci, que même les vents et la mer lui obéissent ? » Matthieu 8/26.27

Comme il sortait, voici qu’on lui, présenta un démoniaque muet. Le démon fut expulsé et le muet parla. Les foules émerveillées disaient : « Jamais pareille chose n’a paru en Israël. » Matthieu 10/32.33

Jésus vint au bord de la mer de Galilée, il gravit la montagne et là il s’assit. Des foules nombreuses s’approchèrent de lui, ayant avec elles des boiteux, des estropiés, des aveugles, des muets et bien d‘autres encore ; qu’ils disposèrent à ses pieds et il les guérit. Et les foules de s’émerveiller en voyant ces muets qui parlaient, ces estropiés qui redevenaient valides, ces aveugles qui retrouvaient la vue et ils rendirent gloire à Dieu. Matthieu 15/29.31

Jésus ne fait pas que guérir les corps, il guérit aussi les cœurs et les âmes, ce qui va en surprendre beaucoup et en choquer aussi un certain nombre ! Jésus prend ici le risque de se révéler, et c’est cette révélation même qui le conduira devant le sanhédrin et sur la croix.

Et voici qu’on lui apportait un paralytique allongé sur un lit. Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : « Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis » Et voici que quelques scribes se dirent par eux mêmes : « Celui-là blasphème ! ». Mais Jésus connaissant leurs sentiments leur dit : « ….Eh bien pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a pouvoir sur la terre de remettre les péchés ; lève toi, prends ton grabat et rentre chez toi ! » Et se levant, il s’en alla chez lui. A cette vue les foules furent saisies de crainte et glorifièrent Dieu d’avoir donné un tel pouvoir aux hommes.

Le grand prêtre lui dit : « Je t’adjure par le Dieu Vivant de nous dire si tu es le Fils de Dieu. » « Tu l’as dit, lui dit Jésus, d’ailleurs je vous le déclare, dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. » Alors le grand prêtre ses vêtements en disant : « Il a blasphémé, qu’avons nous encore besoin de témoins ? Là vous venez d’entendre le blasphème ! Qu’en pensez-vous ? » Il répondirent : « Il est passible de mort. » Matthieu 26/63.66

Lorsqu’on lit tout ceci, on peut imaginer la notoriété de Jésus auprès des gens, car mis à part les autorités religieuses, il était reconnu, et aimé par le peuple. Mais est-ce cela que Jésus recherchait : la gloire humaine ? Non ! Si le Fils de Dieu est venu parmi nous, en prenant notre condition humaine, c’était pour nous révéler le Père et surtout nous sauver de la mort éternelle.

Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Jean 3/17

  • • Obéissance de Jésus

Mais comment Jésus s’y est-il pris pour cela ? D’abord il a tout vécu, tout au long de sa vie dans l’obéissance au Père. Il écoutait le Père, dans la prière et lui obéissait et nous transmettait ce que le Père lui montrait.

En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils de l’homme ne peut rien faire de lui-même, qu’il ne le voit faire au Père. Ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement. Jean 5/19

Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin .Jean 4/34

Ainsi donc, toute la vie de Jésus s’inscrit dans la volonté du Père et elle s’inscrira ainsi jusqu'à sa mort, en acceptant la coupe, c’est à dire la mort sur la croix, que le Père lui tend.

« Père si tu veux, éloigne de moi cette coupe, cependant que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui se fasse. » Luc 22/42

  • • Sacrifice de Jésus

Et Jésus qui avait tant été recherché par les foules va se retrouver seul sur la croix ! Mais pourquoi cela ? Pourquoi cette mort ignominieuse ? Pourquoi cette mort voulue par le Père et accepté par Jésus ? Quel est donc l’enjeu qui se cache derrière un tel acte ? On en trouve l’explication dans la bible en différents endroit, comme en filigrane.

En effet, je ne suis pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. »Matthieu 9/13

Et il commença de leur enseigner : Le Fils de l’homme doit beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens, les grands prêtres, les scribes, être tué et après trois jours ressusciter. Luc 8/31

Voici venue l’heure où doit être glorifié le Fils de l’homme. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit ….Et que dire : Père sauve moi de cette heure ? Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure ; Père Glorifie ton Nom ! Jean 12/24 et 27

Comme Moise éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme afin que quiconque croit, ait par lui la vie éternelle. Jean 3/14

C’est maintenant le jugement de ce monde, maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors, et moi, une fois élevé, j’attirerai tous les hommes à moi .Jean 12/31.32

C’est ainsi que le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour une multitude. Matthieu 20/28

Laissez-vous réconciliés avec Dieu. Celui qui n’avait pas connu le péché, Il l’a fait péché pour nous, afin qu’en lui nous devenions justice de Dieu. 2 Corinthiens 5/24

Le Christ a souffert pour nous….Lui qui n’a pas commis de faute ….Lui qui insulté ne rendait pas l’insulte, souffrant ne menaçait pas, mais s’en remettait à Celui qui juge avec justice ; Lui qui sur le bois de la croix a porté lui-même nos fautes dans son corps , afin que mort à nos fautes nous vivions pour la justice , Lui dont la meurtrissure vous a guéris . 1 Pierre 2/21.24

Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu et ils sont justifiés par la faveur de sa grâce en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus. Dieu l’a exposé, instrument de propitiation par son propre sang. Romain 3/25

Puis prenant une coupe, il rendit grâce et la leur donna en disant : « Buvez en tous , car ceci est mon sang , le sang de l’alliance qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés . Matthieu 26/27.28

Le Christ lui, survenu comme grand prêtre des biens à venir ….entra une fois pour toute dans le sanctuaire, non pas avec du sang de bouc ou de jeune taureau mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. Hébreux 9/11.12

En vérité, en vérité, je vous le dis quiconque commet le péché est esclave, or l’esclave ne demeure pas à jamais dans la maison, le fils y demeure à jamais. Si donc le Fils vous libère, vous serez vraiment libres. Jean 8/34.35

Moi, je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait surabondante. Je suis le bon pasteur, le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Jean 10/10.11

On pourrait encore trouver beaucoup de versets sur ce thème ! Mais ici ce qu’il est important de retenir, c’est que l’homme de par son état de péché se coupe de Dieu et donc de la vie éternelle qui est vie avec Dieu. Et l’homme lui-même est bien trop faible, trop pécheur pour offrir quelque chose à Dieu en échange de sa propre vie.

Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier s’il ruine sa propre vie ? Et que peut donner l’homme en échange de sa propre vie ? Matthieu 8/36.37

C’est pourquoi Dieu qui aime son peuple va envoyer son Fils Jésus, en sacrifice unique, en sacrifice suprême afin que l’homme reconnaissant ce sacrifice du Fils de Dieu puisse recevoir la vie éternelle. Le sacrifice de Jésus est un sacrifice d’amour. L’amour donne tout, Dieu nous a tout donné en nous donnant son Fils, et Jésus nous a tout donné en se donnant lui-même

La Passion de Jésus dans les évangiles

  • • COMPLOT CONTRE JESUS

Et il advint, quand Jésus eut fini tous ces discours, qu’il dit à ses disciples : “ La Pâque, vous le savez, tombe dans deux jours, et le Fils de l’homme va être livré pour être crucifié. ”Alors le grand prêtre et les anciens du peuple s’assemblèrent dans le palais du grand prêtre, qui s’appelait Caïphe, et se concertèrent en vue d’arrêter Jésus par ruse et de le tuer. Ils disaient toutefois : “ Pas en pleine fête, il faut éviter un tumulte parmi le peuple. ”

  • • ONCTION A BETHANIE

Comme il se trouvait à Béthanie, chez Simon le lépreux, alors qu’il était à table, une femme vint avec un flacon d’albâtre, contenant un nard de grand prix. Brisant le flacon elle le lui versa sur la tête, or il y en eut qui s’indignèrent entre eux: “ A quoi bon ce gaspillage de parfum ? Il pouvait être vendu plus de trois cent deniers et donné aux pauvres. ” Mais Jésus dit : “ Laissez la, pourquoi la tracassez vous ? C’est une bonne œuvre qu’elle a accomplie sur moi ; les pauvres vous les aurez toujours avec vous, et quand vous voudrez leur faire du bien, vous le pourrez ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. Elle a fait ce qui était en son pouvoir ; d’avance elle a parfumé mon corps pour l’ensevelissement. En vérité, en vérité, je vous le dis, partout où sera proclamé l’évangile, au monde entier, on redira aussi, à sa mémoire, ce qu’elle vient de faire. ”

  • • PREPARATIFS DU REPAS PASCAL

Vint le jour des Azymes, où devait être immolé la Pâque, et il envoya Pierre et Jean en disant : “ Allez nous préparer la Pâque que nous la mangions.” Ils lui dirent : “ Où veux tu que nous la préparions ? ” Il leur dit : “ Voici qu’en entrant dans la ville, vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau, suivez le dans la maison où il pénétrera et vous direz au propriétaire de la maison : le maître te fait dire : Mon temps est proche, c’est chez toi que je vais faire la Pâque avec mes disciples. ” Et il vous montrera à l’étage une grande pièce garnie de coussins , toute prête, faites y pour nous les préparatifs.”Les disciples partirent et vinrent à la ville et trouvèrent, comme il leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.

  • • LAVEMENT DES PIEDS

Au cours du repas, alors que le diable avait mis au cœur de Judas Iscariote, le dessein de le livrer, sachant que son Père lui avait tout remis entre les mains, et qu’il était venu de Dieu, et qu’il s’en allait vers Dieu, il se lève de table, dépose ses vêtements, prends un linge, et s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin, et il commença à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon Pierre qui lui dit : “Seigneur, toi me laver les pieds ?” Jésus lui répondit : “ Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent, par la suite tu comprendras. ”Pierre lui dit : “ Non, tu ne me laveras pas les pieds.” Jésus lui répondit : “ Si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi.” Simon Pierre lui dit : “ Seigneur, pas seulement les pieds mais aussi la tête et les mains.” Jésus lui dit : “ Qui s’est baigné n’a pas besoin de se laver, il est pur tout entier. Vous aussi vous êtes purs mais pas tous.”Il connaissait en effet celui qui le livrait voilà pourquoi il disait : “ vous n’êtes pas tous purs.” Quand il leur eut lavé les pieds et qu’il eut repris ses vêtements, il leur dit : “Comprenez vous ce que je vous ai fait ? Vous m’appelez Maître et Seigneur et vous dîtes bien car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds moi, le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devrez vous laver les pieds les uns aux autres, car c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que le maître, ni l’envoyé plus grand que celui qui l’a envoyé.

  • • ANNONCE DE LA TRAHISON DE JUDAS

Ayant dit cela, Jésus fut troublé en son esprit, et il attesta, “ En vérité, en vérité je vous le dis, l’un de vous me livrera. ” Les disciples se regardaient les uns les autres, ne sachant de qui il parlait. Un des disciples, celui que Jésus aimait, se trouvait à table tout contre Jésus, Simon Pierre lui fait signe et lui dit : “ Demande lui quel est celui dont il parle.” Celui-ci se penchant vers la poitrine de Jésus lui dit : “ Seigneur qui est-ce ?” Jésus répondit : “ C’est celui à qui je donnerai la bouchée.” Il la prend et la donne à Judas, fils de Simon Iscariote. Après la bouchée, alors Satan entra en Lui, Jésus lui dit donc : “ Ce que tu fais, fais le vite. ” Mais cela aucun des convives ne comprit pourquoi il le disait. Comme Judas tenait la bourse certains pensaient que Jésus voulait dire : “Achète ce dont nous avons besoin pour la fête.” ou qu’il donna quelque chose aux pauvres. Aussitôt la bouchée prise, il sortit, il faisait nuit.

  • • INSTITUTION DE L’EUCHARISTIE

Jésus dit à ses disciples : “ J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ; car je vous le dis : jamais plus, je ne la mangerai, jusqu’à ce qu’elle s’accomplisse dans le Royaume de Dieu. Puis ayant reçu une coupe il rendit grâce et dit : “ Prenez et partagez entre vous, car je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu.” Puis prenant du pain, il le rompit et dit : “Ceci est mon corps livré pour vous, faîtes cela en mémoire de moi.” Il fit de même avec la coupe après le repas, disant : “ Cette coupe est la nouvelle en mon sang, versé pour vous.”

  • • TRAHISON DE JUDAS

Or Satan entra dans Judas, appelé Iscariote, qui était du nombre des douze. Il s’en alla conférer avec les grands prêtres et les chefs des gardes sur le moyen de le leur livrer. Ils se réjouirent et convinrent de lui donner de l’argent. Il acquiesça et cherchait une occasion pour le leur livrer à l’insu de la foule.

  • • PREDICTION DU RENIEMENT DE PIERRE

Après le chant des psaumes, ils partirent pour le mont des oliviers, et Jésus leur dit : “ Tous vous allez succomber, car il est écrit : je frapperai les pasteurs et les brebis seront dispersées, mais après ma résurrection je vous précéderai en Galilée.” Pierre lui dit : “ Même si tous succombent du moins pas moi ! ” Jésus lui répondit : “ En vérité je te le dis, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m’auras renié trois fois.” Mais lui, reprenant de plus belle, lui dit : “ Dussé-je mourir pour toi, je ne te renierai pas. ” Et tous disaient de même.

  • • GETHSEMANI

Ils parvinrent à un domaine du nom de Gethsémani, et il dit à ses disciples : “ Restez ici tant que je prierai. ” Puis il prit avec lui Pierre Jacques et Jean, et il commença à ressentir effroi et angoisse. Il leur dit : “Mon âme est triste à en mourir, demeurez ici et veillez. ” Etant allé un peu plus loin il tomba face contre terre et il priait pour que s’il était possible cette heure passât loin de lui ; et il disait : “ Père, tout t’est possible, éloigne de moi cette coupe, pourtant pas ce que je veux mais ce que tu veux. ” Il vient et il les trouve endormis, et il dit à Simon Pierre : “ Simon, tu dors, tu n’as pas eu la force de veiller une heure ? Veillez donc et priez pour ne pas entrer en tentation ; l’esprit est ardent mais la chair est faible. ” Puis il s’en alla et pria en disant les mêmes paroles. De nouveau, il vint et les trouva endormis, car leurs yeux étaient alourdis, et ils ne savaient que lui répondre. Une troisième fois, il vint et il leur dit : “ Désormais, vous pouvez dormir, et vous reposer, s’en est fait, l’heure est venue, voici que le fils de l’homme va être livré aux mains des pécheurs.... Levez vous allons, voici que celui qui me livre est tout proche.

  • • ARRESTATION DE JESUS

Comme il parlait encore, voici que Judas, l’un des douze, arrive, et avec lui une bande nombreuse armée de bâtons et de glaives, envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple. Or le traître leur avait dit : “ Celui que j’embrasserai c’est lui, arrêtez-le. ” Et aussitôt, il s’approcha de Jésus en disant : “ Salut Rabbi. ” et il lui donna un baiser. Jésus lui dit : “ Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme” Alors Simon Pierre qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille. Ce serviteur avait nom : Malchus. Alors Jésus lui dit : “ Rengaine ton glaive, car tous ceux qui prennent le glaive périront par le glaive. Penses tu donc que je ne puisse pas faire appel à mon Père, qui me fournirait sur le champ plus de douze légions d’anges ? Comment alors s’accompliraient les écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? ” Et lui touchant l’oreille il le guérit. S’adressant à eux, Jésus leur dit : “ Suis- je un brigand que vous vous soyez mis en campagne, avec des glaives et des bâtons pour me saisir ? Chaque jour, j’étais auprès de vous dans le temple, à enseigner et vous ne m’avez pas arrêté; mais c’est pour que les écritures s’accomplissent. ” Et l’abandonnant, ils prirent tous la fuite. Un jeune homme, qui le suivait, n’avait pour tout vêtement qu’un drap, et on le saisit, mais lui, lâchant tout, s’enfuit tout nu !

  • • JESUS DEVANT LE SANHEDRIN

Alors, la cohorte, le tribun et les gardes des juifs saisirent Jésus et le lièrent. Ils le menèrent d’abord chez Anne, c’était en effet le beau père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année là. Or Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux juifs : “ Il y a intérêt à ce qu’un seul homme meurt pour tout le peuple. ” Quant à Pierre il les suivait de loin, jusqu’au palais du grand prêtre. Il pénétra dans la cour et s’assit avec les valets pour voir le dénouement. Le grand prêtre interrogea Jésus sur sa doctrine et ses disciples. Jésus lui répondit : “ C’est au grand jour que j’ai parlé au monde, j’ai toujours enseigné à la synagogue, où tous les juifs s’assemblent et je n’ai rien dit en secret. Pourquoi m’interroges-tu ? Demande à ceux que j’ai enseigné, eux ils savent ce que j’ai dit.” A ces mots, l’un des gardes qui se tenaient là, donna une gifle à Jésus et lui dit : “C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ?” Jésus lui répondit : “ Si j’ai mal parlé, témoigne de ce qui est mal, mais si j’ai bien parlé pourquoi me frappes-tu ? ” Anne l’envoya alors au grand prêtre Caïphe, or les grands prêtres et tout le sanhédrin cherchaient un faux témoignage contre Jésus en vue de le faire mourir et ils n’en trouvaient pas, bien que des faux témoins se soient présentés en grand nombre. Finalement il s’en présenta deux qui déclarèrent : “ Cet homme a dit : je puis détruire le sanctuaire de Yahvé et le reconstruire en trois jours. ” Se levant alors le grand prêtre lui dit : “ Tu ne réponds rien? Qu’est ce que ces gens attestent contre toi ?” Mais Jésus se taisait. Le grand prêtre lui dit : “ Je t’adjure par le Dieu Vivant, de nous dire si tu es le Fils de Dieu.”.“ Tu l’as dit, lui dit Jésus, d’ailleurs, je vous le déclare, dorénavant, vous verrez le Fils de l’homme, siégeant à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. ” Alors le grand prêtre déchira ses vêtements en disant : “ Il a blasphémé! Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Qu’en pensez-vous ? ” Ils répondirent : “ Il est passible de la mort.” Alors ils lui crachèrent au visage et le giflèrent ; d’autres lui donnaient des coups en disant : “ Fais le prophète Christ, dis nous qui t’a frappé!”

  • • RENIEMENT DE PIERRE

Cependant Pierre était assis dans la cour, une servante s’approcha de lui et dit : “ Toi aussi tu étais avec Jésus le Galiléen. ” Mais lui nia devant tout le monde, disant : “Je ne sais pas ce que tu dis.” Comme il s’était retiré sous le porche, une autre le vit et dit à ceux qui étaient là : “Celui là était avec Jésus le Nazaréen.” Et de nouveau, il nia avec serment : “ Je ne connais pas cet homme.” Peu après, ceux qui étaient là s’approchèrent et dirent : “ Sûrement toi aussi tu en es, et d’ailleurs ton langage te trahit.” Alors, il se mit à jurer avec force imprécations : “Je ne connais pas cet homme. ” Et aussitôt le coq chanta, et Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite : “ Avant que le coq chante tu m’auras renié trois fois. ” Et sortant dehors, il pleura amèrement.

  • • JESUS CONDUIT DEVANT PILATE

Le lendemain matin, tous les grands prêtres, et les anciens du peuple, tinrent conseil contre Jésus, en sorte de le faire mourir. Et après l’avoir ligoté, ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate le gouverneur.

  • • MORT DE JUDAS

Alors Judas qui l’avait livré, voyant qu’il avait été condamné, fut pris de remords et rapporta les trente pièces d’argent aux grands prêtres, disant : “ J’ai péché en livrant un sang innocent. ” Mais ils dirent : “ Que nous importe, à toi de voir ! ” Jetant alors les pièces dans le sanctuaire, il se retira et alla se pendre. Ayant ramassé l’argent, les grands prêtres dirent : “ Il n’est pas permis de le verser au trésor puisque c’est le prix du sang. ” Après délibération ils achetèrent avec cet argent, le “ champ du potier ”, comme lieu de sépulture pour les étrangers. Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour le champ “ du sang ”. Ainsi s’accomplit l’oracle de Jérémie, le prophète : “ Et ils prirent les trente pièces d’argent, le prix du Précieux, qu’ont apprécié les fils d’Israël et ils les donnèrent pour le champ du potier, ainsi que me l’a ordonné le Seigneur. ”

  • • JESUS DEVANT PILATE

Alors ils menèrent Jésus de chez Caïphe au prétoire, c’était le matin.Eux mêmes n’entrèrent pas dans le prétoire pour ne pas se souiller mais pour pouvoir manger la Pâque. Pilate sortit donc au dehors vers eux et il demanda : “ Quelle accusation portez vous contre cet homme ? ” Ils lui répondirent : “ Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas amené. ” Pilate leur dit : “ Prenez le, vous, et jugez le selon votre loi. ” Les juifs lui dirent : “ Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort. ” Afin que s’accomplisse la parole que Jésus avait dite, signifiant de quelle mort il devait mourir. Alors Pilate entra de nouveau dans le prétoire, il appela Jésus et dit : “ Tu es le roi des Juifs?” Jésus répondit : “Dis-tu cela de toi même ou d’autres l’ont ils dit de moi ? ” Pilate répondit : “ Est ce que je suis juif moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi. Qu’as tu fait ? ” Jésus répondit : “ Si mon royaume était de ce monde, mes gens auraient combattu pour que je ne sois pas livré aux mains des juifs. Mais mon royaume n’est pas d’ici.” Pilate lui dit : “ Donc tu es roi ? ” Jésus répondit : “ Tu le dis, je suis roi; je ne suis venu dans le monde que pour rendre témoignage à la vérité ; quiconque est de la vérité, écoute ma voix ” Pilate lui dit : “ Qu’est ce que la vérité ? ” Et sur ces mots, il sortit de nouveau et alla vers les juifs et il leur dit : “ Je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c’est pour vous une coutume que je relâche quelqu’un à la Pâque, voulez vous que je relâche le roi des juifs ? ” Alors ils vociférèrent de nouveau en disant : “ Pas lui mais Barrabas. ”Or Barrabas était un brigand. Pilate prit alors Jésus et le fit flageller. Les soldats, tressant une couronne d’épines, la lui posèrent sur la tête et ils le revêtirent d’un manteau de pourpre, et ils s’avançaient en disant :“ Salut, roi des juifs” Et ils lui donnaient des coups . De nouveau, Pilate sortit dehors et il leur dit : “ Voyez , je vous l’amène dehors, pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. ” Jésus sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de pourpre. Pilate leur dit : “ Voici l’homme ! ” Lorsqu’ils le virent les grands prêtres et les gardes vociférèrent : “ Crucifie le! crucifie le ! ” Pilate leur dit : “ Prenez le, vous, et crucifiez le, car moi je ne trouve aucun motif de condamnation . ” Les juifs lui répliquèrent : “ Nous avons une loi, et d’après cette loi, il doit mourir , parce qu’il s’est fait Fils de Dieu . ” Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé, il entra dans le prétoire et dit à Jésus : “D’où es-tu ? ” Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. Pilate lui dit donc : “ Tu ne parles pas ? Ne sais tu pas que j’ai pouvoir de te crucifier? ” Jésus lui répondit : “ Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t’avait été donné d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi a un bien plus grand péché.

  • • CONDAMNATION DE JESUS

Dès lors Pilate cherchait à le relâcher, mais les juifs vociféraient en disant : “ Si tu le relâches, tu n’es pas l’ami de César, quiconque se fait roi, s‘oppose à César. ”Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors, et le fit asseoir au tribunal, en un lieu dit le dallage, en hébreu gabbatha. Or c’était la préparation de la Pâque, c’était vers la sixième heure. Il dit aux juifs : “ Voici votre roi ! ” Eux vociféraient : “ A mort ! A mort ! ”Pilate leur dit : “ Crucifierai-je votre roi ? ” Les grands prêtres répondirent :“ Nous n’avons d’autre roi que César! ”Alors il le leur livra pour être crucifié.

  • • CHEMIN DU CALVAIRE

Quand ils l’emmenèrent, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et le chargèrent de porter la croix derrière Jésus. Une grande masse du peuple le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Mais se retournant vers elles Jésus dit : “ Pleurez plutôt sur vous mêmes, et sur vos enfants, car voici venir des jours où l’on dira : heureuses les femmes stériles et les entrailles qui n’ont pas enfanté, les seins qui n’ont pas nourri ! Alors on se mettra à dire aux montagnes : tombez sur nous ; et aux collines, couvrez nous. Car si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du sec ? ”On emmenait encore deux malfaiteurs pour être exécutés avec lui.

  • • .CRUCIFIEMENT

Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé crâne, ils l’y crucifièrent en même temps que les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Et Jésus disait : “ Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ! ”

  • • PARTAGE DES VETEMENTS

Lorsqu’ils eurent crucifié Jésus, les soldats prirent ses vêtements et firent quatre parts, une pour chaque soldat, et la tunique. Or la tunique était d’une seule pièce, sans couture, tissée à partir du haut. Ils se dirent donc entre eux “ Ne la déchirons pas mais tirons au sort qui l’aura. ” Afin que s’accomplit la parole : “ Ils se sont partagé mes habits et ont tiré au sort mon vêtement. ”

  • • JESUS EN CROIX RAILLE ET OUTRAGE

Le peuple se tenait là à regarder. Les chefs eux se moquaient : “ Il en a sauvé d’autres, qu’il se sauve lui-même s’il est le Christ de Dieu. ” Les soldats aussi se gaussaient de lui, s’approchant pour lui présenter du vinaigre, ils disaient : “ Si tu es le roi des juifs, sauves toi toi-même. ” Il y avait aussi une inscription au dessus de lui : “ Celui-ci est le roi des juifs ”

  • • LE BON LARRON

Un des malfaiteurs suspendu à la croix, l’injuriait : “ N’es-tu pas le Christ ? Sauves-toi toi-même et nous aussi ! ” Mais l’autre le reprenant déclara : “ Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous c’est justice, nous payons pour nos actes mais lui n’a rien fait de mal. ” Et il disait : “ Jésus souviens toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume. ” Et il lui dit :“ En vérité, je te le dis, aujourd’hui même tu seras avec moi, dans le paradis. ”

  • • JESUS ET SA MERE

Or près de la croix de Jésus se tenait sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Jésus voyant sa mère et se tenant près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : “ Femme voici ton fils. ” Puis il dit au disciple “ Voici ta mère. ”Dès cette heure là, le disciple l’accueillit chez lui.

  • • MORT DE JESUS

A partir de la sixième heure, l’obscurité se fit sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.Et vers la neuvième heure, Jésus clama dans un grand cri : “ Eli ! Eli ! Lama sabbactani ? ” ; C’est à dire : “ Mon Dieu Mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ?” Certains de ceux qui étaient là, disaient en l’entendant : “ Il appelle Elie celui-ci ! ” Et aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge imbibée de vinaigre et l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui en donnait à boire ; mais les autres lui dirent : “ Laisse, que nous voyions si Elie va venir le sauver ! ”Or Jésus poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. Et voilà que le voile du sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de nombreux corps de saints trépassés ressuscitèrent : ils sortirent des tombeaux après sa résurrection et entrèrent dans la ville sainte et se firent voir à bien des gens. Quant au centurion et aux hommes qui avec lui, gardaient Jésus, à la vue du séisme et de ce qui s’y passait, ils furent saisis d’une grande frayeur et dirent : “ Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu! ”Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient à distance, celles là même qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient, entre autre Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et de Joseph et la mère des fils de Zébédée.

  • • COUP DE LANCE

Comme c’était la préparation, les juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix, durant le sabbat, car le sabbat était un grand jour, demandèrent à Pilate qu’on leur brisa les jambes et qu‘on les enleva. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier puis de l’autre, qui avait été crucifié avec lui. Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui perça le côté, et il en jaillit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, son témoignage est véritable et Celui-là sait qu’il dit vrai ; pour que vous aussi vous croyez. Cela est arrivé afin que l’écriture fut accomplie : “ Pas un os ne lui sera brisé ” et une autre encore: “ ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ”

  • • ENSEVELISSEMENT

Après ces événements, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus mais en secret par peur des juifs, demanda à Pilate de pouvoir ensevelir le corps de Jésus. Pilate le permit, ils vinrent donc et enlevèrent son corps. Nicodème, celui qui précédemment était venu trouver Jésus de nuit, vint aussi, apportant un mélange de myrrhe et d’aloès d’environ trois cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus et le lièrent de linges et d’aromates, selon le mode de sépulture en usage chez les juifs. Or il y avait un jardin, au lieu où il avait été crucifié, et dans ce jardin un tombeau neuf, dans lequel personne encore n’avait été mis. A cause de la préparation des juifs, comme le tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus. Or Marie de Magdala et Marie, mère de Joset, regardaient où on l’avait mis.

  • • GARDE DU TOMBEAU

Le lendemain, c’est à dire après la préparation, les grands prêtres et les pharisiens se rendirent en corps chez Pilate et lui dirent : “ Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit : après trois jours je ressusciterai. Commande donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour pour éviter que ses disciples ne viennent dérober le corps et ne disent au peuple : il est ressuscité ; cette imposture serait pire que la première. ” Pilate répondit : “ Vous avez une garde, allez et prenez vos sécurités comme vous l’entendez. ” Ils allèrent donc et s’assurèrent du sépulcre en scellant la pierre et en postant une garde.

  • • TOMBEAU VIDE ET MESSAGE DE L’ANGE

Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vint de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau. Elle court alors et vient trouver Simon Pierre, ainsi que l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : “ On a enlevé le Seigneur du tombeau et on ne sait pas où on l’a mis. ”Pierre sortit ainsi que l’autre disciple et ils se rendirent au tombeau. Ils courraient tous les deux, ensemble. L’autre disciple, plus rapide que Pierre arriva au tombeau et se penchant il aperçoit des linges gisant à terre, pourtant il n’entra pas. Alors arrive aussi Simon Pierre qui le suivait, il entra dans le tombeau et il voit les linges gisant à terre ainsi que le suaire qui avait recouvert la tête ; non pas avec les linges mais roulé à part dans un endroit. Alors entra l’autre disciple, arrivé en premier au tombeau. Il vit et il crut. En effet, ils ne savaient pas encore que d’après les écritures, il devait ressusciter d’entre les morts. Les disciples alors s’en retournèrent chez eux.

  • • APPARITION A MARIE DE MAGDALA

Marie se tenait près du tombeau, au dehors, toute en pleurs. Or tout en pleurant elle se pencha vers l’intérieur du tombeau et elle voit deux anges en vêtements blancs, assis là où avait reposé le corps de Jésus, l’un à la tête et l’autre au pied. Ceux-ci lui dirent : “ Femme pourquoi pleures-tu ? ” Elle leur dit : “ Parce que l’on a enlevé mon Seigneur et que je ne sais pas où on l’a mis. ” Ayant dit cela elle se retourna et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : “ Femme pourquoi pleures tu ? Qui cherches-tu ? ” Le prenant pour le jardinier elle lui dit : “ Seigneur si c’est toi qui l’as emporté, dis moi où tu l’as mis et je l’enlèverai. ” Jésus lui dit : “ Marie! ” Se retournant elle lui dit en hébreu : “ Rabbouni! ” ce qui veut dire : « maître » Jésus lui dit : “ Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père, mais va trouver mes frères et dis leur : “ Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. ” Marie de Magdala vint raconter aux disciples qu’elle a vu le Seigneur et qu’il a dit cela.

  • • APPARITIONS AUX DISCIPLES

Le soir de ce même jour, le premier de la semaine, et les portes étant closes, là où se trouvaient les disciples, par peur des juifs, Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Il leur dit : “ Paix à vous ! ” Ayant dit cela il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur .Il leur dit à nouveau : “ Paix à vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. ” Ayant dit cela il souffla sur eux et leur dit : “ Recevez l’Esprit Saint, ceux à qui vous remettrez les péchés ils leur seront remis ; ceux à qui vous les retiendrez ils leur seront retenus. ”

Jésus dans sa Passion … et nous ?

Les passionistes ont une très belle horloge de la passion ; j’aimerai en reprendre les heures, les unes après les autres, pour aider à notre méditation, à notre rencontre d’amour avec Jésus

  • Le Seigneur fait ses adieux à sa Très Sainte Mère

Jésus savait bien ce qui l’attendait, il savait la souffrance que cela allait occasionner à sa mère! Que furent leurs adieux ? Il a sans aucun doute été dur à Jésus de quitter sa mère en sachant ce qu’elle allait souffrir, et Marie aussi devait bien savoir ce qu’il en était ; il y avait une telle communion entre eux ! Et elle voyait bien toute l’animosité des chefs religieux envers Jésus. Laisser partir son fils, n’a sans doute pas été facile, mais elle a redit ce oui en son cœur, ce oui de l’annonciation. Pouvons-nous seulement imaginer le sacrifice d’amour que Marie a fait à ce moment là ?

Nous aimons à chanter « Bénie sois-tu Marie pour ton oui », mais honnêtement, quel respect en avons-nous ? Quelle conscience en avons-nous, lorsque nous entendons ses messages, ses appels à la conversion, et que nous ne les vivons pas ? Lourdes, Fatima, la Salette. Etc. Marie appelle à se convertir pour l’amour de Jésus. Nous disons oui, mais que faisons-nous réellement ? Aimer Marie, en ce moment du départ de Jésus, c’est lui dire par notre conversion que cela ne fut pas en vain ! C’est poser un acte d’amour pour son cœur de maman. Ecouter les messages de Marie et les appliquer, c’est aussi respecter et aimer Jésus au travers de sa mère.

  • • Le Seigneur lave les pieds aux apôtres

Jésus Fils de Dieu prend la place d’un esclave. Il s’agenouille devant ses disciples pour leur laver les pieds. Geste hautement symbolique et véritable acte d’humilité dans la société juive d’alors. Pourtant Jésus ne pose pas là un acte « théâtral », c’est du débordement de son cœur qu’il fait cela. Il montre la route du don du soi, au delà des apparences, au delà de ce que les autres peuvent penser. Il aime, il le montre. Aimer c’est servir, c’est se mettre à la disposition de l’autre, c’est même se mettre en dessous de lui pour l’aider.  Ce geste aussi est geste de purification avant le repas, il est donc signe de pardon. Par ce geste, Jésus prépare les apôtres à un autre geste qu’ils ne vont pas encore comprendre pleinement ; le repas de la Pâque en son corps et son sang. Jésus est déroutant pour les apôtres, il n’est pas le Dieu d’un rite défini immuable, il est le Dieu de l’amour qui s’invite et qui s’invente à chaque pas.

Nous ne voyons généralement dans ce geste du Christ qu’un geste symbolique à renouveler techniquement le jeudi saint, Que faisons nous alors de la parole de Jésus : « c’est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez vous aussi comme j’ai fait pour vous. ». Or le reste de l’année, quand nous arrive-t-il de rentrer dans cette démarche d’humilité envers les autres ? Quand nous « lavons-nous les pieds les uns les autres » en toute humilité en toutes vérité, c'est-à-dire, quand osons nous nos mettre devant l’autre, comme un simple serviteur pour l’aider, pour l’aimer, pour le servir, pour vivre le pardon ? Quelle liberté laissons-nous aussi à Jésus de nous bousculer dans nos petites habitudes et même dans nos rites religieux ? Savons-nous encore dépasser ces rites, quels qu’ils soient pour vivre vraiment dans l’amour de Dieu et des autres ? Amour et humilité vont de pair. Grandir dans l’un c’est grandir dans l’autre.

  • • Institution du Très Saint Sacrement

Comme Jésus a du attendre ce moment ! Comme il a du avoir hâte en son cœur de sceller cette alliance nouvelle ! Même s’il savait bien que les apôtres n’en percevraient pas immédiatement toute la portée, toute la force, toute la beauté, toute la Vie. Les apôtres sentent bien qu’il se passe quelque chose d’important, de profond, d’intense Attentifs à Jésus, ils sont saisis par la parole de Jésus et par cette première grâce de communion qui leur ai faite ! Ils ne le savent pas encore mais ils auront besoin de cette grâce là pour passer les heures terribles qui vont advenir !

Quand on lit ainsi à l’affilée les passages de la Passion on peut être tenté de les limiter à une suite d’événements juxtaposés et indépendants et consécutifs. Il faut dépasser cette première approche, car dans la Passion tout est lié. Tout est accepté par avance dans le cœur de Jésus et tout est offert en totalité, sans aucune réserve. La cène est donc un geste qui a muri en son cœur, un désir de se donner qui a grandi. On ne peut poser un tel geste sans l’avoir murement désiré ! Apprenons dès lors à ne pas lire la Passion comme une simple succession d’évènements mais bien un enchainement d’événements profondément liés entre eux. La Passion du Christ ne s’inscrit pas comme un évènement final, indépendant d’une vie, non, elle est l’aboutissement d’un processus d’amour dont Jésus a toujours été conscient.

Et nous aujourd’hui face à l’Eucharistie ? Comment nous conduisons nous ? Qu’elle en est notre approche ? Reconnaissons-nous vraiment la présence réelle vivante de Jésus dans l’hostie ? Et le recevons-nous consciemment en nous lorsque nous communiions ? Nous offrons nous aussi totalement à lui, que lui s’offre à nous ? C’est là le plus grand des miracles qui nous est offert quotidiennement, mais qu’en faisons-nous ? Ne sommes nous pas habitués, blasés, et quelquefois même, englués dans une certaine routine de rite qui nous empêche d’être en réelle communion de cœur ? Le Corps et le Sang du Christ sont nourriture pour les âmes, mais que vivons-nous quand nous venons à la communion ? Quelle adoration de Dieu avons-nous alors ? Quelle action de grâce lui rendons-nous alors ? Il est triste de voir des chrétiens aller communier « les mains dans les poches », et revenus à leur place, être distraits ou occupés par ce qui se passe autour d’eux ! Il est triste devoir des chrétiens communier et ressasser les besoins matériels qu’ils veulent avoir, au lieu de remercier Dieu qui vient en eux, comme si Jésus était leur banquier ou leur homme à tout faire ! Il est triste de voir des chrétiens qui ayant communié, sortent de la messe pour se refermer sur eux même et « faire la tête » à leur entourage ! Oh comme Jésus, offrande de vie et d’amour doit souffrir de cela ! Comme il doit souffrir de ce manque de reconnaissance, d’amour ! Mais comment pourrions nous grandir en cette adoration, en cette reconnaissance amoureuse si personne ne nous le dit, si personne ne nous le montre ! Le peuple a besoin de témoins, et qui mieux que le prêtre peut nous apprendre cela ! et nous l’apprendre non seulement une fois au cours d’un sermon orienté, a l’occasion d’une fête religieuse, mais bien au fil de tous les dimanches , par un petit mot, par sa propre attitude , par le fait même de ménager un temps de silence et d’action de grâce après la communion .. Oui la place du prêtre en ce domaine est capitale, car nous ne sommes que des disciples, et des disciples qui avons besoin sans cesse d’être formés et transformés ! Il est vraiment temps en notre monde de redécouvrir intérieurement la puissance de vie et d’amour de l’Eucharistie, du Saint Sacrement, il est temps de réapprendre à vivre concrètement et saintement de la Communion.

  • • Sermon sur le chemin du jardin des oliviers

L’heure approchait, Jésus ne le savait que trop bien, il lui restait peu de temps pour parler aux apôtres , pour les préparer à ce qui allait arriver et pour essayer de leur faire comprendre que cela devait se passer ainsi. Peu de temps aussi pour leur annoncer le fait de la résurrection. Comment aurait-il pu croire à cela ? C’était vraiment une première ! Ca dépassait de loin la résurrection de Lazare. Oui Jésus avait bien peu de temps et il a profité de ce temps pour parler avec les apôtres… qui ont entendu sans tout comprendre.

Le fait de la résurrection nous semble normal aujourd’hui, presque banal. Nous avons eu quelques 2000 ans d’histoire pour nous l’enseigner. Mais qu’est-ce que cela signifie vraiment pour nous aujourd’hui alors même que tant de chrétiens se laissent attirer par les philosophies orientales prônant la réincarnation et les vies antérieures? La résurrection n’est pas la réincarnation, on ne peut croire aux deux en même temps !

Et puis ce temps de partage avec les apôtres nous rappelle aussi que Dieu prend toujours le temps de nous parler, cependant nous-mêmes prenons-nous le temps de l’écouter ? Prenons nous le temps de lire sa parole et de la laisser murir en notre cœur ? Prenons nous aussi le temps de la prière ? Non pas seulement le temps de réciter des prières, mais vraiment le temps de nous mettre en silence devant Dieu et de lui dire comme Samuel : « Parle Seigneur ton serviteur écoute ! ». Certes nous ne l’entendrons sans doute pas avec nos oreilles, mais Dieu sait parler à notre cœur lorsque nous, nous voulons bien l’écouter. Mais quelle place faisons-nous à l’écoute de la parole de Dieu en notre vie ? Si nous savions toute la puissance de vie et de bonheur qui se trouve au cœur de la parole de Dieu sans doute irions nous plus souvent nous y abreuver… Mais encore fut-il le vivre pour le découvrir !

  • • Il est conduit à la maison d’Anne

Les soldats et les gens du temple sont venus et l’ont saisi, lié, frappé, malmené, comme un prisonnier comme un malfaiteur. Il n’était pas encore jugé mais ils se conduisaient déjà en juges et bourreaux. Que l’homme aime donc la violence ! C’est sans ménagement qu’on le conduisit chez Anne, l’autorité religieuse en place pour cette année. Jésus voyait bien le cœur d’Anne, il se savait déjà condamné et ce fut sans réelle surprise qu’il se vit envoyé chez Caïphe, car Anne ne pouvait de lui même condamner Jésus. Jésus savait bien qu’il dérangeait l’autorité en place, et qu’à ce titre même il fallait qu’il disparaisse. Il voyait bien cela dans le cœur de Caïphe, et il ne dit rien, il ne dit rien car il n’y avait rien à dire ! Mais Jésus savait aussi que cela faisait partie du plan de justice de son Père. Et il y adhère. La justice de Dieu n’est pas celle du monde. Elle peut paraitre dure, mais elle est infaillible. Jésus ne discute pas, il accueille et s’offre.

Rude et grande leçon pour notre monde ! Apprendre a tout recevoir de la main de Dieu dans la foi et dans l’amour ! Apprendre à faire la différence ente défendre une cause juste et défendre sa propre cause ! Car s’il est bon de défendre de justes causes, il n’est pas toujours bon de se défendre soi-même à tout prix, à n’importe quel prix ! Oui le chemin de Dieu est déroutant ! Oui le chemin de Dieu est à l’ envers de celui du monde. Pourtant il n’en conduit pas moins à la Vie, et à la vie éternelle !

Croyons nous vraiment que Dieu est notre Père ? Croyons nous vraiment qu’il est un Père d’amour ? Alors ou est notre foi si dans l’épreuve nous ne lui faisons pas confiance ? S’il permet qu’une épreuve nous atteigne, ne va-t-il pas en tirer le meilleur ensuite pour nous mêmes et pour les autres ?

Il ne faut pas essayer de toujours tout comprendre ici bas, ni espérer d’avoir la pleine compréhension immédiate de ce qui nous advient. La lumière vient souvent plus tard, et en tout état de cause on n’en comprendra toute la portée qu’auprès de Dieu. Ce langage certes n’est pas du monde, mais le monde est-il de Dieu ? Apprenons donc à choisir Dieu en tout et pour tout et à nous confier en lui.

  • • Il est conduit chez Caïphe où il reçoit un soufflet

Pour Caïphe, Jésus est un perturbateur qui dérange l’autorité établie et qui risque d’amener des ennuis avec les romains. Donc avant même le jugement officiel, il a déjà émis un jugement en son cœur. Il veut que Jésus disparaisse car il dérange Comme il a dû être dur pour Jésus de se voir ainsi rejeter par son autorité religieuse, autorité qui aurait pourtant dû voir les signes de la venue du Royaume. Jésus se sait déjà condamné et c’est sans illusion qu’il répond avoir toujours parlé en plein jour ! Il sait bien que cela ne changera rien. Et comme si cette situation n’était pas encore assez douloureuse, voici qu’un subalterne le frappe. Abus de pouvoir ? Désir de se faire bien voir ? Sans doute un peu de tout cela ! Il est tellement facile de faire les forts avec les forts au mépris des faibles, des condamnés. Mais quel déni de justice et de respect de l’homme, en allant ainsi jusqu’à l’empêcher de s’exprimer si ca ne va pas dans le sens de la demande du demandeur ! Pourtant ésus ne fait que répondre à la question qui lui est posée, il ne cherche pas à se défendre ou a accuser les autres.
Aujourd’hui encore l’homme est très fort pour torturer, pour accuser et condamner, et l’on est toujours aussi facilement tenter de prendre le parti des forts au détriment de celui des faibles. Nous dit-on qu’un tel est coupable de ceci ou de cela, sans autre jugement nous sommes capables d’y adhérer et de condamner la personne, en notre cœur. Pire nous sommes bien capable de ne plus le fréquenter ou même de colporter cette accusation non vérifiée… Ce faisant nous ne sommes guère loin du comportement de ceux qui accusaient alors Jésus !

Et Jésus ? Il ne se défendait pas, sa cause personnelle ne comptait pas. Il lui fallait aller au bout de la volonté de son Père, au bout de son offrande. Il a donc renoncé à défendre sa propre cause. Un exemple bien difficile à suivre pour nous, dans nos petits conflit d’intérêt, ou nous défendons notre bien, nos idées, nos positions, au détriment même de la cause pour laquelle nous vivons. Apprenons donc de cette heure à toujours nous remettre en vérité devant Dieu et à lui demander cette grâce de savoir nous effacer pour le bien de son roayume, pour le bien des âmes. Car être chrétien c’est vive de la cause de Dieu et non de la nôtre ou de celle du monde ;

  • • On l’attache on le frappe et on se moque de lui

Le temps que tous les membres du Sanhedrin se réunissent, les gardiens surs de leur impunité, et emportés aussi sans doute par l’ambiance de condamnation qui existe, ne ménagent pas Jésus, le frappant et se moquant de lui ! La sensation d’être le plus fort et d’avoir tous les droits est tellement enivrante ! Si seulement ils pouvaient savoir ce qu’ils sont en train de faire et surtout à qui, ils sont en train de le faire !

Ne regardons pas cela d’un air trop dédaigneux ou supérieur, car nous pouvons tous, à un moment ou un autre de notre vie nous trouver dans une situation semblable, et être aussi tenté de prendre le parti des plus forts. Cependant il ne faut jamais oublier que le plus fort d’un jour peut se retrouver le plus faible le lendemain, et alors nous basculerions du coté des forts vers le côté des faibles ! La pression de l’opinion publique, la pression de la foule peut nous entrainer, mais nous ne devons jamais oublier que notre première richesse est notre liberté, notre libre arbitre ! Tachons donc de regarder les choses avec prudence et les gens avec compassion, car Dieu nous appelle à la justice et a l’amour !

Comprenons aussi que nous pouvons nous jouer de la justice humaine, mais qui pourra se jouer de la justice de Dieu ? Ne croyons pas sous couvert d’un Dieu d’amour que nous y échapperons ! Dieu est amour mais il est aussi justice, Jésus n’a cessé de le dire, de son vivant, et Jean le Baptiste son précurseur en a fait son leitmotiv ! Serait ce pour rien ? Ou sommes-nous aveugles et sourds à ce point, que nous croyons pouvoir manipuler Dieu comme on manipule les hommes ?

Pensons à notre mort, car devant l’amour du Père il n’y aura pas besoin accusateur, on aura vite fait de s’accuser soi même ! Cherchons donc dès ici bas le royaume de Dieu et sa justice ; n’allons pas dans le sens de la foule ou du plus fort, cherchons vraiment la justice de Dieu.

  • • Saint Pierre renie trois fois le Seigneur

Pierre ! Le roc ! Si fort et si fragile en même temps. Comme le regard de Jésus s’est fait aimant lorsqu’il a croisé celui de Pierre alors qu’Il sortait de la salle du temple pour aller devant le Sanhedrin ! Pierre l’avait renié certes, mais non par haine, uniquement par faiblesse ! Et Pierre rencontrant le regard de Jésus reconnait aussitôt son amour, la réaction de son cœur est immédiate, il sort de la cour en larmes, rempli de repentir !

Quelle consolation pour Jésus que de le voir revenir à la raison ! Rappelons-nous ce qu’il disait à propos des pécheurs : « il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes… » Pierre à cette heure, est ce pécheur dont parle Jésus … on peut comprendre alors le baume que cela donne a son cœur au milieu de toute cette tribulation.

Rappelons-nous ici que ce qui est grave ce n’est pas tant de tomber, ce qui l’est, c’est de ne pas le reconnaitre et donc de ne pas revenir à Dieu. Jésus est pardon pour tout cœur sincère ! Demander pardon, pleurer ses fautes d’un cœur sincère, c’est reconnaitre l’amour du Christ, et cela Jésus ne le rejette jamais.

Et ca nous amène ici à faire un point sur la confession. Ne faisons pas de la confession, un sacrement de routine, un sacrement légaliste. Ce ne sont pas des paroles que Jésus attend c’est votre cœur repentant. Il n’a que faire de paroles vaines et de larmes de crocodile. Tout crime sincèrement regretté et confessé est pardonné.

L’important est de reconnaitre sincèrement notre faute dès que nous en prenons conscience. Et dès lors de demander immédiatement pardon à Dieu et ensuife il sera temps d’aller, dès que possible, nous en confesser. On est loin là, de la confession routinière, ou l’on dit toute sa liste de fautes, pour pouvoir aller communier par exemple. la confession ne peut être ni une routine, ni un bac de lessive : elle est une rencontre amoureuse d’un pécheur qui vient se réconcilier avec son Dieu. Cette rencontre dans l’amour est d’autant plus importante que notre péché ne touche pas que nous même il touche aussi les autres d’une façon ou d’une autre.

Comprenons bien que si un pied est blessé, l’autre se fatigue et avec lui c’est tout le corps qui boite, mais si le pied est soigné c’est tout le corps qui se porte mieux... il en va de même pour nos fautes regrettées confessées, pardonnées ; l’Eglise qui est le Corps du Christ s’en porte mieux. Comprenons aussi, come le disait Madeleine Delbrel, que toute âme qui s’élève, élève le monde ! Et comme Jésus est celui qui s’abaisse, pour élever le monde il faut savoir nous abaisser d’abord dans la reconnaissance de nos fautes.

  • • Il est conduit devant le Conseil qui le condamne à mort

Jésus sait ce qui l’attend, il n’a aucune illusion quant au déroulement du jugement. Il aurait pu tout de même essayer de se défendre, de défendre sa cause, mais non, la seule cause qui mérite d’être défendue est celle de Dieu et cette cause passe par la vérité. Il ne s’est donc pas dérobé à la question fatidique, il a répondu simplement, franchement, sans détour sans atermoiement.

La réaction fut immédiate, le grand prêtre déchira ses vêtements, ce qui interdisait pratiquement à toute personne de prendre encore sa défense ! Il était devenu anathème ! Lui Dieu ! Anathème au sein même de son peuple ! Désormais tout était joué, le point de non retour était atteint !

Jésus aimait suffisamment son Père pour aller jusqu’au bout. Il avait le courage de son amour, le courage de sa foi. Et Nous ? Il nous faut aussi avoir le courage de notre foi en notre monde. Ou nous croyons ou nous ne croyons pas .Ou nous aimons Jésus ou nous ne l’aimons pas. Il n’y a pas de demi-mesure. Les compromis ne sont pas de l’ordre de l’amour de Dieu ! Et chacun de nos actes montre bien la qualité de notre foi, de notre amour. Il nous faut donc sans cesse nous positionner dans notre foi et dans notre amour. On ne le fait pas une fois pour toutes, mais bien tout au long de sa vie tout au long de ses journées. ... Soyons vigilants à cela, car de la mesure dont on se servira, Jésus aussi se servira

  • Il est conduit à la maison de Pilate et accusé

Le voilà livré au pouvoir humain, au pouvoir ennemi. Pilate se croit fort, mais ce n’est qu’une illusion et c’est pourquoi Jésus lui répond qu’il n’aurait aucun pouvoir si cela ne lui avait pas été donné d’en haut. Jésus a accepté d’être livré au pouvoir ennemi, à l’occupant, à l’envahisseur au nom de la foi, au nom de l’amour de Dieu, c’est aussi un exemple qu’il nous a donné, mais dont généralement nous ne voulons pas

Pourtant ce point là est capital. Et il nous faut apprendre cette leçon de Jésus et aussi de tous les martyrs de la foi. Il est important de l’apprendre non seulement pour nous mêmes mais encore pour le salut des âmes, car en Dieu tout devient grâce tout devient vie éternelle.

Mais nous avons beaucoup du mal à accepter, et encore plus à comprendre que Dieu puisse nous livrer à des pouvoirs contraires. Dans de telles situations, il ne s’agit alors pas tant de comprendre que de tout recevoir de la main de Dieu. Cela n’est pas soumission fataliste, fausse abnégation, mais simplement acte de foi et d’amour pour le Royaume. Les martyrs avaient compris cela, leur foi et leur vie n’étaient pas en fonction d’ici bas mais en vue du Ciel. Certes la justice humaine est à défendre, mais la cause religieuse ne mérite jamais la guerre !

  • • On se moque du Seigneur dans la maison d’Hérode

Le monde loin de Dieu ne manque jamais une occasion d’écraser les enfants de Dieu. Jésus est, chez Hérode, l’exemple même de cela. Le mal se déchaine : moqueries, vexations, humiliations, tout est tenté pour l’abattre, mais il y a une force en lui, la force d’amour de son Père et des âmes qu’il est venu sauver ; et il sait que là où il est, c’est là qu’il doit être. Alors il se tait, il courbe le dos et il supporte tout, priant sans cesse son Père de pardonner au monde sa méchanceté, car elle est ignorante de ce qu’elle fait

La leçon que nous avons à apprendre ici de Jésus est d’apprendre à tenir ferme en notre intérieur alors même que tous les éléments du monde se déchainent contre nous et essaient de nous convaincre que nous sommes dans l’erreur. Lorsque l’on est ainsi dans la tribulation, en pleine situation de dérision de mépris, il nous faut alors nous attacher à Jésus, à sa parole et à la volonté du Père. Cela demande il est vrai beaucoup d’humilité, et d’abandon de soi même. Mais Jésus n’était-il pas doux et humble de cœur et ne nous appelle-t-il a être comme lui doux et humble de cœur ?

  • • On le conduit de nouveau devant ¨Pilate qui lui préfère Barrabas

Pilate tout puissant qu’il se croyait, n’avait pas les mains libres ; la vindicte populaire et la crainte de César le tenaient. Aussi va-t-il abandonner purement et simplement la justice au profit de sa paix. Il va libérer le coupable, livrer l’innocent et s’en laver les mains.

Que ressentait donc le cœur de Jésus ? Sans aucun doute bien des choses ; d’abord la pitié de voir un homme de pouvoir en faire si peu cas et brader son âme pour quelques instants de vie plus facile. Joie de voir un homme avoir une deuxième chance, mais tristesse de savoir qu’il ne mesure pas la grâce qui lui est faite là, et qu’il ne va pas la saisir comme il le devrait. Peur de ce qui l’attend car l’heure est là, le plus gros de sa souffrance physique commence, c’est son heure, ou plus exactement l’heure de la violence du mal.

En cela pourtant il s’abandonne encore une fois au Père : « Père que ta volonté soit faite, donne moi la force de tout endurer, de tout offrir selon ton appel » c’est pour cette heure que Jésus est venu, il lui faut la vivre maintenant. Tout ce qui a précédé n’était que préparation du sacrifice, maintenant le moment du sacrifice est là, il ne reste plus qu’à l’accomplir.

Que dire devant la condamnation, puisque tout est dit ? Il reste à se taire et à accepter, à s’offrir ! Non pas à subir, mais à s’offrir comme Jésus « Père que ta volonté soit faite » Cela aussi n’est pas naturel à notre nature humaine. Notre premier réflexe étant généralement de crier, de se débattre, même si au fond nous savons bien que cela ne sert à rien. Nous réagissons tout a fait humainement en cela, mais si on regarde à Jésus on apprend à aller plus loin, à grandir dans l’acceptation de ce que Dieu permet et dans l’offrande de nous-mêmes, non par dépit , parce que l’on ne peut faire autrement mais vraiment dans l’amour de Dieu et des âmes. Et c’est bien la une donnée qu’il ne faut jamais perdre de vue. On n’est pas chrétien tout seul, notre vie de foi, ce n’est pas nous et Dieu seulement, c’est toute l’Eglise dont je fais partie et Dieu. Ainsi tout je que je vis, tout ce que j’offre sert aussi à l’Eglise c'est-à-dire aux âmes... et Jésus dans son offrande, que fit-il sinon de sauver les âmes ?

  • • Il est attaché à une colonne et flagellé

Les bourreaux ne vont pas de mains mortes ; ils frappent de toutes leurs forces. On pourrait penser à les voir qu’ils se vengent eux mêmes ! Mais non, c’est leur travail, ils n’ont pas d’état d’âmes ; leur cœur est dur et fermé, c’est ce qui leur permet de faire leur besogne.

De voir ces cœurs aussi fermés à l’amour, à la lumière fait aussi mal à Jésus que leurs coups de fouets. Les plombs entre dans sa chair, les pointes la déchirent. Le film de la Passion pour tout excessif qu’il soit ne doit pourtant pas être loin de la vérité. Jésus n’est plus qu’une plaie vive, un corps sans force, presque sans vie. Il est vraiment le serviteur souffrant que décri Isaïe (ch. 53)!

Comment avoir le courage le regarder ainsi ! On fuit ce regard là... Et puis nous aimons bien nos jolis crucifix bien propres, qui esquissent tout juste un peu de sang et qui montre un Jésus encore en bonne forme !! Nous y sommes tellement habitués que nous ne réalisons même plus à quel point Jésus fut réduit à l’état de loque humaine ! Peut être que si nous osions regarder Jésus jusque là, nos cœurs se réveilleraient-il enfin et nous engagerions nous dans une réelle vie d’amour avec lui !

  • • Il est couronné d’épines et montré au peuple

Le comble de la dérision ! Le comble de la douleur aussi ! Ne croyons pas que la douleur de la couronne ne consiste qu’à sentir une ou deux épines s’enfoncer dans la tête. Non la douleur est autrement plus profonde. Savez-vous ce que cela fait lorsque l’on vous enfonce une couronne, ou plus exactement un casque d’épines sur la tête ? La douleur est tellement intense que votre vue se brouille. Votre esprit n’analyse plus rien. Vous entrez littéralement dans la nuit. Là commence réellement pour Jésus ce sentiment de l’abandon de Dieu, sentiment qui va en s’agrandissant jusqu’au moment de la mort. Les migraines que nous pouvons avoir, aussi fortes soient-elles ne sont rien à côté de cela. Oui cette couronne d’épines fut vraiment une horreur ! La douleur physique toute douloureuse qu’elle fut, ne fut rien en comparaison de cette sensation de l’abandon de Dieu

Il ne faut pas croire que Jésus n’a ressenti l’éloignement, l’abandon du Père qu’à l’instant même de la mort, c’est faux. Ça c’est fait progressivement de façon de plus en plus intense jusqu’au moment de sa mort. Il nous est difficile de le concevoir, mais ce fut vraiment pour Jésus le désert et la nuit ! IL a vraiment pris nos péchés et tout le poids des ténèbres que cela comporte !

Et la encore Jésus n’abandonne pas, il reste dans l’acceptation et dans l’offrande, dans l’offrande de pure foi. C’est une leçon importante pour nous, au cœur de nos souffrances, particulièrement nos souffrances physiques, quand nous souffrons tant que nous n’arrivons plus à réfléchir, quand nous souffrons tant que nous ne comprenons plus rien, que nous ne voyons même plus d’avenir ! C’est là qu’il faut comme Jésus apprendre à rester dans la foi pure, et redire envers et contre tout. Mon Dieu je t’aime ! je te fais confiance ! je ne comprends pas ce que je vis mais je crois que toi tu t’en sers pour mon plus grand bien et pour le plus grand bien des âmes ! » Trop long à dire me direz vous quand on souffre ! Exact ! Alors le simple nom de « Jésus » prononcé en cet esprit suffit amplement ! tout est dans le cœur pas dans la formulation.

  • • Pilate condamne le Seigneur et se lave les mains

Jésus est là, homme de dérision, roi bafoué, Dieu ignoré ; et même s’il sent son Père comme lointain, à cause de toute sa souffrance, il le prie et le prie encore d’accepter son sacrifice pour le salut du peuple.

Et Pilate ? Pilate le condamne à la suite de la foule. Il croit se dédouaner de son acte en s’en lavant les mains ! Pauvre ignorant ! La vraie faute était dans son cœur ; et son cœur condamnait Jésus par lâcheté. Il faisait sans doute bonne figure aux yeux du monde, il s’auto justifiait, mais devant Dieu, qui le justifiera ?

Et que dire de la foule ? Elle qui criait « que Le sang de Jésus retombe sur ses enfants » ! Heureusement que Jésus n’est qu’amour, car là, il y avait de quoi foudroyer le monde ! On ne mesure pas cela non plus … On lynchait Dieu et on pensait en sortir indemne ! Pauvre foule qui ignorait la gravité de sa faute !

Nous jouons ainsi nous aussi et bien souvent avec la justice. Nous trichons, mais la justice de Dieu soyons en surs, nous rattrapera toujours, car auprès du Père, c’est le cœur qui compte et non les intrigues et manipulations humaines.

Il nous faut vraiment comprendre que l’amour n’est pas exempte de justice, que la justice de l’amour est bien plus exigeante que la loi des hommes. La justice du chrétien ne se mesure pas aux sanctions des tribunaux de ce monde, mais à la mesure de l’amour de Dieu, a la mesure de l’amour des autres. Aime Dieu, vis de l’amour de Dieu dans le respect de sa parole, de son appel et tu seras juste ! C’est tout un autre regard que nous avons à porter sur notre vie, de tous les jours... Ne plus faire plus telle ou telle chose, non parce que je n’en ai pas le droit légalement, (ou que je risque fort de me faire prendre) mais parce que cela déplait à mon Seigneur qui m’aime et qui a donné sa vié pour moi ! Quand on rentre dans cette dimension là alors oui, on commence à devenir juste

  • • Le Seigneur porte sa croix au Calvaire

Voila Jésus sous le poids de la croix ! Qu’elle était lourde Il nous faut bien comprendre là, que Jésus n’avait pas récupéré physiquement ! Il n’avait rien mangé depuis des heures Il avait subi la flagellation, son corps était toujours à vif, Il n’avait pas dormi de la nuit et là en plein soleil il lui fallait trainer sa croix sur plusieurs kilomètres. La foule se moquait, l’invectivait ! Cette même foule qui quelques jours auparavant le bénissait et chantait « Hosanna au Fils de David » ! Sur le chemin pourtant quelques fidèles, mais ils ont peur et n’osent avancer... une femme pourtant va les braver tout danger pour lui essuyer le visage et elle se fera rabrouer et même frapper. Jésus se traine, il se traine physiquement et intérieurement, la nuit se fait de plus en plus profonde pour son cœur et son esprit. Cependant il trouve encore la force de rectifier les larmes des pleureuses, mais ce sera tout, il atteint les limites de la résistance humaine. Simon est bien là qui fait sa part et plus que sa part ; mais la croix reste lourde, et la nuit bien profonde.

Pensons-nous vraiment à tout cela lorsque nous faisons le chemin de croix ? Jésus n’y est pas en promenade de santé, ni en épreuve sportive ! Il est un mourant en chemin vers son supplice ! Allons-nous oser nous arrêter vraiment et le contempler sur ce chemin de croix ? Allons nous oser croiser son regard, nous qui sommes sur le bord du chemin et qui n’osons avancer ….ou même qui nous laissons aller à l’invectiver avec la foule ? Allons-nous oser croiser son regard et nous laisser aimer par lui ?

  • • Il est dépouillé de ses vêtements

Le voila arriver sur le lieu d’exécution. Il y est humilié une fois de plus en son cœur et en sa chair par le dénudement complet … Rien de surprenant dans cette pratique, même si cela nous choque, c’est ainsi que la crucifixion avait lieu. La foule se moque toujours, elle n’a pas même de respect ou de compassion pour ses plaies béantes. Tout son corps est en sang et bleui par les coups ! Son visage même est tout meurtri et couvert du sang dû aux épines de la couronne. La souffrance de Jésus est grande devant cette ignominieuse et inutile humiliation ; Des femmes sont là des enfants même sont là, et lui on l’expose à leur vindicte.

Tous les prisonniers torturés, que l’on a ainsi mis à nu, pour les humilier savent ce que cette souffrance représente ! Et aujourd’hui, le cœur de l’homme n’a guère évolué, il aime a humilier le vaincu, à l’abaisser jusqu'au mépris de lui même. Dans notre méditation pensons aussi à tous les torturés de notre monde d’aujourd’hui car Jésus y est encore torturé et humilié à travers eux !

  • • Le Seigneur est cloué sur la croix

La encore comment mesurer toute la souffrance de Jésus ! Que se passe-t-il donc lorsque que l’on vous enfonce ainsi des clous dans les mains et les pieds ? Ce n’est pas simplement une douleur locale, c’est le corps entier qui se tétanise et ne devient qu’un cri. Là, la chair réalise que tout est fini, qu’elle va mourir ; et elle se révolte. C’est comme un cri : « je ne veux pas mourir » qui sort par tous les pores de la peau. Ainsi est l’instinct de survie de l’homme. Jésus est exposé nu sur la croix, et cette humiliation là, toute cuisante qu’elle soit devient alors comme secondaire. L’heure est là. Et l’âme elle-même crie : « Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonnée ». Ce n’est pas un cri de désespérance, c’est l’ultime abandon total entre les mains de son Père.

Comprenons bien dans quelle nuit et dans quelle souffrance Jésus se trouvait. Jusqu’au bout il s’est offert, jusqu’au bout il a aimé, jusqu’au bout il a pardonné … Jusqu’au bout malgré la nuit, il a prié son Père, pour nous ! Puissions-nous nous arrêter un moment et comprendre l’immensité du cadeau de Sa vie qu’il nous a fait !

Au cœur de nos épreuves, nous demandons généralement, dans un premier élan et comme par instinct ;’ « Seigneur délivre moi de cette épreuve… guéris moi de cette maladie…. sauve moi de mon ennemi… » . Etc. Pourtant Jésus nous montre que la véritable prière serait sans doute de dire alors au Père : « Père je souffre et je n’en peux plus, j’aimerai bien que tu me sauves de cette heure là, mais que ta volonté soit faite ! »

On nous parle souvent dans l’épreuve d’offrir notre souffrance à Dieu, et pour beaucoup cela se traduit par « Seigneur je te donne cette souffrance… débarrasse m’en ! » Peu de personnes pensent au contraire à s’offrir vraiment à Jésus avec leurs souffrances mêmes, s’abandonnant ainsi sur le cœur de Dieu pour la gloire de son Nom et pour le salut des âmes ! Mais sommes-nous seulement prêts à ouvrir notre cœur à cette option là ?

  • • On lui donne à boire du fiel et du vinaigre

Jusqu’au bout la méchanceté humaine se manifestera. Que les heures sur la croix furent longues et douloureuses ! Quelle soif fut la sienne ! L’éponge même qu’on lui tendait toute imbibée de vinaigre et de fiel, n’était pas pour la calmer mais bien pour qu’il mette encore plus longtemps à mourir. Saisissons-nous aussi qu’elle fut sa souffrance de ne pouvoir respirer correctement ? Que de douleur à rester en position de respiration ! Son corps était plaies et crampes ; son cœur pleurait devant la dureté du cœur humain, son esprit lui ne savait plus où il en était ! C’était vraiment l’heure de la victoire apparente du mal !

Sa mère était là, effondrée en son cœur, mais s’offrant à la volonté de Dieu, elle, qui l’avait connu dès le début ! Jean la soutenait. Jésus alors dans un sursaut d’amour les offre l’un à l’autre.
Jésus est mourant sur la croix, que lui reste-t-il alors même qu’il ne ressent plus la présence réconfortante du Père ? Il lui reste le sens de son sacrifice : l’amour des âmes. On ne peut comprendre et accepter la Passion si on oublie l’amour des âmes. Jésus n’est venu en ce monde que pour nous offrir le salut, la vie éternelle. Et là, au milieu de la nuit , au milieu de ses ténèbres : un rayon de soleil , le brigand qui se convertit , qui reconnait ses fautes et son besoin du salut de Jésus ! Dieu est toujours là, et il redonnera vie !

Ceci doit nous aider à comprendre que la lumière existe toujours au plus profond de nos ténèbres, alors même que nous ne voyons plus rien, Cela doit nous faire comprendre aussi que la puissance du mal n’est que limitée ! Satan peut effectivement faire le noir, oui, mais il ne peut détruire la lumière. Donc quoiqu’il fasse, la lumière reviendra toujours, car c’est Dieu lui-même qui est la lumière.

  • Je voudrais ici aussi dire un petit mot sur notre relation à Marie

Nous savons bien que ce jour là, à cette heure là Jésus nous donnait à nous aussi Marie comme Mère... et nous sommes prêts à l’accueillir comme telle. Mais pensons-nous à l’autre partie ; à savoir que Jésus nous confie Marie, comme il l’a confiée à Jean pour qu’il en prenne soin ? , Pourtant cela est ! Jésus nous confie Marie, afin que nous l’aimions et la respections, mais aussi que nous l’aidions, que nous la servions dans le service de nos frères et sœurs. L’unique souci de Marie est de mener les âmes à Jésus afin qu’elles soient sauvées par lui, afin qu’elles aiment leur Seigneur et leur Dieu de tout leur cœur et de toutes leurs forces. Comment soutenons-nous Marie au cœur de sa Mission ? Nous savons beaucoup demander à Marie, elle est tellement prévenante avec nous ! Mais que savons nous lui offrir ?

  • • Le Seigneur meurt, il est transpercé par une lance

L’heure est là ! Tout est accompli et Jésus rend son esprit au Père ! Les hommes vérifieront cet achèvement par un coup de lance ! Ils croient l’avoir vaincu, mais ils découvriront bientôt que Jésus est bien plus puissant dans la mort ! Un temps s’accomplit, le voile du temple se déchire ! C’est la nouvelle alliance qui prend vie, les hommes ne le savent pas encore, même les apôtres ne le perçoivent pas. Il leur faudra la puissance de la Pentecôte pour cela.
La mort sur cette terre pour celui qui ne croit pas est la fin de tout ! Mais Jésus nous ouvre par sa mort les portes de la vie éternelle. Sa résurrection nous le confirmera. La mort pour le croyant ne peut donc être la fin de tout, elle est simplement le passage à une autre vie. Et notre foi, devrait nous amener à accueillir la mort avec autant de joie que nous accueillons la venue d’un enfant. Certes le défunt nous quitte et c’est une déchirure pour notre cœur, mais il renait aussi à la vie après de Dieu. La mort est passage à la vie. Et c’est bien comme cela qu’elle doit être accueillie.

  • • Il est mis au sépulcre.

Les hommes rendent à Jésus les derniers hommages. Sa dépouille mortelle n’en a pas besoin en soi. Ce sont ses amis, sa famille, qui en ont besoin. Il leur est nécessaire de lui témoigner une dernière fois, corporellement, leur affection. Ce temps est nécessaire à leur cœur !

L’embaument c’est tout un rituel. Les femmes qui vinrent au tombeau ne venaient pas seulement pour l’embaumer physiquement, elles allaient aussi prier pour son repos !

Le temps du deuil est nécessaire à notre cœur, pour vivre la séparation de ceux que nous aimons et qui viennent de mourir. Les entourer de soins et de fleurs est une belle et bonne chose, mais la plus importante est la prière. L’âme défunte en effet, ne peut plus rien pour elle même, elle se retrouve en son état devant l’amour du Père. Elle a alors grand besoin de notre prière pour passer le cap de la purification.

N’oublions jamais la prière, elle est la plus grande marque d’amour et de respect que nous puissions offrir à nos défunts.

Prions et confions les à la Miséricorde de Dieu car Jésus est mort non pour condamner les âmes mais pour les sauver. Foi et Confiance ! Foi et Confiance cela veut dire ne pas nous inquiéter tellement pour elles que nous ne sommes plus présents à ceux qui sont encore vivants autour de nous ! Foi et Confiance, cela veut dire lâcher prise, même si c’est douloureux et difficile. Il faut savoir laisser partir nos défunts et ne pas vouloir les retenir à tout prix auprès de nous ! Ils ne sont pas notre propriété ! Ils sont à Dieu

Conclusion

Jésus est mort, et il est aussi ressuscité, en lui nous avons la Vie. Mais le fait de la résurrection ne nous dégage pas de passer nous aussi par le chemin de la Passion, c’est à dire de la mort à nous même.. Car ce chemin est réellement chemin de vie, de vie qui s’offre et se reçoit en plénitude. Parce que le christ nous montrer la route, parce qu’il a franchi la mort, parce qu’il a vaincu la mort, nous savons que nous aussi nos pouvons prendre ce chemin.

La résurrection de Jésus en est la preuve ! Et lorsqu’il apparait à ses disciples alors même que toutes les portes sont closes, et qu’ils ont peur pour leur propre vie, Jésus, leur offre sa paix et… les envoie en mission ! Quelle mission ? Faire la révolution sociale ou politique du monde ? Non ! Simplement être témoins de sa mort et e sa résurrection !

Et les apôtres témoigneront de cette mort et de cette résurrection ; ils en témoigneront par leurs paroles oui, mais aussi par leur conduite de tous les jours, par les épreuves que cela occasionnera dans leur vie... La plupart donneront même leur vie pour ce témoignage là.

Puissent ces quelques lignes sur la Passion de notre Seigneur nous aider à saisir tout son amour, à saisir aussi son appel, et puissent-elles nous aider à devenir au cœur de notre vie, de véritables témoin de l’amour fou du Christ mort sur la Croix et ressuscité !

 

Myriam de Gemma 

Avril 2011

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2019-03-26