Vie dans le monde et vie chrétienne

Marc 12 28 34aw

Introduction 

Vivre c’est vivre avec les autres. Cette vie en société, quelle qu’elle soit implique des lois, des droits et des devoirs. Toute société est bâtie sur des règles. Vouloir vivre sans règle, sans lois, ou même en ne respectant que les lois qui nous conviennent, c’est aller vers l’anarchie, or l’anarchie c’est l’écroulement de toute vie sociale. Vouloir ne prendre que les droits en oubliant les devoirs, nous conduit aussi à cet écroulement de la vie sociale.

Toute société n’est pas obligatoirement chrétienne. Le chrétien est appelé a vivre sa foi, au sein de sociétés qui ne vont pas dans son sens, qui ne cautionnent pas sa pensée.

Dans bien des endroits du monde, et pas seulement dans les pays de persécution, vivre chrétiennement, est un véritable défi …

Par ailleurs on oppose souvent vivre chrétienne et vie du monde, comme si tout dans le monde était mauvais. Ceci est une vision pour le moins réductrice voir obscurantiste. Il  faut vraiment apprendre à bien discerner ce qu’est le monde, ce qu’il offre  de bon et de moins bon.  Et cela d’ailleurs, que nous soyons religieux ou non.

Ce sujet est tellement vaste que l’on pourrait en écrire tout un livre, si ce n’est même plusieurs. Le  propos ici va donc être, d’en soulever seulement certains points essentiels.

Le plus important pour bien comprendre ce sujet étant déjà de définir ce qu’est un chrétien.

Être chrétien

Si nous regardons le dictionnaire nous trouvons cette définition : croyant pratiquant une religion fondée sur le Christ

Si l’on considère que la religion est la pratique d’un ensemble de rites ou d’obligations conséquentes à une forme de pensée, on peut comprendre que l’on oppose si souvent la vie chrétienne avec la vie au cœur de nos sociétés. Mais si l’on considère que le chrétien est d’abord et avant tout le disciple du Christ, alors tout devient différent.

Qu’est-ce qu’un disciple ? Toujours dans le dictionnaire on trouve la définition suivante : qui reçoit un enseignement et par extension personne qui suit l'exemple d'un maître

 De qui le chrétien reçoit-il son enseignement ? De Jésus Christ

Quel est le message essentiel du Christ : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

De quel amour le Christ nous a-t-il aimés ? Dans le don total de soi . En s’oubliant lui-même au profit de tous ceux qui l’entouraient. Il a même été jusqu’à mourir sur la croix pour sauver les hommes de la mort éternelle. 

 La charité

 Voila la vraie carte de visite d’un chrétien et cela quelque soit la société dans laquelle il vit. Qu’il quitte cette route de l’amour, et il n’est plus un vrai disciple du Christ. Il devient disciple de lui-même en se servant de certaines pensées du Christ.

Oui la première marque du chrétien doit être la charité, comme le disait Saint Paul. S’il n’a pas la charité alors il n’est rien.

Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ;elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ;elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.La charité ne passe jamais. 1 Cor 13/4.8

 On voit bien là que ce n’est pas le comportement affiché dans le monde ou la loi du plus fort règne, ou le « moi d’abord » est roi !

Le Chrétien même s’il s’implique dans la vie sociale et politique de son pays, n’est pas d’abord un révolutionnaire de société, c’est un révolutionnaire du cœur. Dans certains pays ou l’on se montre antichrétien, il n’est pas facile pour le chrétien d’aujourd’hui d’aimer son prochain, de même dans les pays ou la consommation et le pouvoir sont rois , il n’est pas facile d’être profondément honnête et désintéressé alors que tout le tire à l’opposé pour vivre , pour survivre parfois. Mais s’il croit vraiment au Christ, s’il croit vraiment en la puissance de vie et d’amour du Christ en lui et dans les autres alors il va s’appliquer à faire sienne cette charité  du Christ.

Le pardon

La charité chrétienne va le pousser à vivre le pardon.  Pourquoi ?

Simplement parce qu’en vérité devant Dieu il se sait pécheur, mais pécheur pardonné, pécheur ressuscité dans l’amour. Quand on a fait cette rencontre personnelle avec la miséricorde infinie de Dieu alors on ne se sent plus le droit de condamner les autres. Le pardon devient la seule route possible, non pas obligation morale, pénale, ou infantile, mais par amour, simplement parce que l’on sait que c’est la seule route de la vie, tant pour l’agresseur que pour soi même. Le pécheur a besoin du pardon pour redémarrer sa vie, l’agressé lui a besoin aussi d’être guéri de sa blessure ; or la rancœur, voir la haine ne guérissent pas le cœur mais elles ne font qu’empirer la blessure la rendant toujours plus profonde, toujours plus insoutenable.

Certes le pardon n’exclut pas la justice, mais la justice ne doit pas être vengeance.  Pardonner au bourreau qui a tué son enfant est acte chrétien, mais lui laisser purger sa peine légale est aussi chrétien, car toute faute doit être réparée, d’une façon ou d’une autre. L’amour blessé doit toujours être réparé, et lorsque l’on fait du mal à quelqu’un quel qu’il soit cela demande justice donc réparation. 

Aujourd’hui le monde n’y pense plus guère, bien au contraire, on fait tout et n’importe quoi. La fin justifie les moyens, le tout est de ne pas être pris ! Et lorsque l’on est découvert, alors on s’ingénie à faire réduire les charges et les peines ! Heureux est-on de se voir acquitté pour vice de forme !

Le vrai chrétien ne peut agir ainsi, pour la simple raison qu’il sait que le mal qu’il fait à autrui c’est à Dieu qu’il le fait !  Et que de ce mal il aura à rendre compte ! Devant Dieu pas besoin de tribunal, pas besoin d’avocat pour trafiquer le dossier … devant Dieu tout est en pleine lumière, et ce qui apparait c’est le manque d’amour face à l’amour crucifié du Christ !  Là plus besoin d’accusateur, le cœur lui-même se reconnait coupable et ne désire alors qu’une chose, réparer pour retrouver la grâce de la communion dans l’amour avec Dieu. D’où l’importance de la réparation sincère ici bas et donc de la conversion permanente.

Le chrétien est un homme comme tout autre, avec ses faiblesses, ses limites ;  il lui arrive aussi de pécher, mais s’il est vraiment disciple du Christ au plus profond de son cœur, et non pas seulement en surface, ou de registre, alors il va lutter contre ses mauvais penchants et s’ingénier à réparer le mal commis. Là se trouve la force de l’amour et du pardon.

La foi, l’espérance.

Ce qui différencie aussi la vie du chrétien de la vie du monde c’est qu’il croit en l’amour de Dieu et en la vie éternelle que Dieu lui offre. Sachant donc que sa vie, ici bas, n’est que passage en vue de l’au-delà, il ne va pas se comporter n’importe comment. Il va s’efforcer de rester dans la communion de Dieu et pour se faire de suivre l’enseignement du Christ.

Certes le Christ est mort sur la croix pour lui et de ce fait même lui ouvre les portes de la vie éternelle ; mais encore faut-il qu’il y croit. Et y croire ce n’est pas dire « Seigneur ! Seigneur ! », ou se donner des figures de saint à la face du monde. Croire c’est vraiment vivre avec le Christ au jour le jour. C’est le laisser maître de sa vie.

Le vrai chrétien ne craindra pas la mort pour elle-même, car il sait qu’elle n’est que passage vers la vie auprès de Dieu !

De ce fait même toutes les attaches qui semblent si capitales à notre monde de consommation ne l’intéressent guère. Il n’en fait pas une finalité en soi. La finalité de sa vie c’est la concordance de son cœur avec celui de Dieu. Le monde a du mal à comprendre cela et le chrétien est souvent traité de fou, d’utopiste, de « bonne poire » ….etc. Mais peu lui importe, son souci est d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. De là va découler toute sa conduite.

Ayant rencontré personnellement l’amour de Dieu pour lui, il ira au bout de sa foi, sans haine. Il lui est impossible de renier Celui qui l’aime et Celui qu’il aime. On peut renoncer à des idées  philosophiques, politiques, mais on ne peut pas renoncer à l’Amour, cela revient à renier Dieu. Le vrai chrétien ne le peut en conscience. On peut l’y contraindre effectivement par la torture, mais alors qu’elle est la valeur même de reniement, puisque la personne n’est plus apte à réagir sainement et librement ?   

La famille

La famille est aussi un point qui différencie le vrai chrétien de la personne vivant dans le monde 

Dans notre monde, l’enfant n’est pas toujours le bienvenu, on veut bien en avoir mais quand on aura tout financièrement pour l’élever, quand ce sera le bon moment à cause de notre vie professionnelle. On veut bien en avoir mais à condition qu’il soit à nos normes et surtout pas handicapé … le monde traite l’enfant à naître comme une marchandise, bonne ou mauvaise. Les avortements vont bon train dans le monde.

Le chrétien lui ne réagit pas ainsi, car pour lui toute vie vient de Dieu, elle est donc à accueillir et à développer. Il est vrai que dans certains cas les parents biologiques ne sont pas en état d’élever cet enfant, ils peuvent alors le confier à d’autres parents, c’est le principe même de l’adoption. La vie est accueillie et elle va trouver son chemin pour se développer. Le chrétien ne peut donner la mort, pour lui c’est crucifier Dieu une autre fois !

La famille chrétienne va donc accueillir les enfants à naitre, tout en prenant les précautions naturelles nécessaires. Le chrétien n’est pas contre une contraception naturelle, cela permet au couple de réguler le rythme des naissances. C’est là une procréation libre et responsable. Il y a là une grande différence avec l’avortement ou la pilule du lendemain

Ayant donc accueilli les enfants, elle va les éduquer dans les valeurs même du Christ c'est-à-dire de la parole de Dieu et non pas les éduquer à devenir le meilleur de ce monde à n’importe quel prix.  Oui la moralité (encore un mot qui disparait dans le monde !) est importante pour la famille chrétienne, mais cette moralité n’est pas basée sur les peines d’un manquement à la loi, elle est basée sur le respect de soi et des autres.

La famille chrétienne ne se basera pas non plus l’appât du gain et des grandes possessions financières, au détriment de ses enfants. Elle travaillera certes, elle s’établira certes, mais qu’elle soit riche ou pauvre, elle veillera toujours à être présente auprès des enfants.

Là ou le monde pense travail, production, réussite sociale, apparence, pouvoir, la chrétien pense famille et harmonie familiale.

Pour le chrétien l’enfant n’est pas seulement le fruit d’un amour humain, d’une relation physique humaine, il est aussi et surtout cadeau de Dieu ; Dieu lui fait confiance pour que cet enfant devienne un adulte sain, responsable de lui-même et solidaire des autres dans le monde où il vivra, quelque soit ce monde.

La prière

Enfin le chrétien est homme de prière. Oh non pas de prière simplement récitée du bout des lèvres, mais d’une prière qui vient du cœur et qui le met en réelle relation avec Dieu.

L’homme de prière est un homme qui se remet en Dieu quotidiennement et qui se reçoit quotidiennement de Dieu, et point n’est besoin d’être prêtre ou moine pour cela ! C’est une affaire de cœur qui peut se vivre en tout état de vie.

Il vit chaque jour à la fois comme étant le premier jour d’une longue série à venir et comme le dernier car il ne sait pas lorsque sa mort surviendra. Il construit donc sa vie, il fait des projets, mais en étant prêt à tout quitter du jour au lendemain, ses affaires étant toutes en règles tant devant Dieu que devant les hommes.

L’homme du monde lui court pour se construire et amasser au profit de ses descendants, Il vit au jour présent, c'est-à-dire sans penser à une vie possible dans l’au-delà. Et il ne comprend pas ces gens qui passent chaque jour du temps à la prière. Pour lui c’est une pure utopie, une pure perte de temps, le temps étant de l’argent !

Mais le chrétien lui, tire sa force, de la prière, il se fortifie en Dieu. Il y trouve en effet lumière pour la conduite de sa vie au quotidien, et grâce pour combattre ses propres faiblesses et mauvaises tendances.

Les sacrements lui sont essentiels, particulièrement l’eucharistie et la confession. Pour lui c’est vraiment le lieu privilégié de la rencontre et de la communion avec Dieu.

Je parle ici bien sur du chrétien qui vit sa foi en profondeur et non de celui qui reste à la surface des choses et ne se remet pas en question. Celui là peut dire toutes les prières, tous les rosaires, toutes les neuvaines qu’il veut, son cœur n’étant pas ouvert, il ne puisera pas à la source d’amour du cœur de Dieu. Non que le cœur de Dieu ne lui soit pas ouvert, mais simplement que lui-même ne s’y plonge pas ! Il en va de même pour les sacrements, si on ne se reçoit pas totalement de Dieu, si on ne laisse pas Dieu entrer dans notre cœur et diriger notre vie, alors l’eucharistie et la confession ne sont que des sacrements quasi inefficaces. On correspond alors à cette parole de Dieu :

Ce peuple m'honore des lèvres ; mais leur cœur est loin de moi.Vain est le culte qu'ils me rendent, les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains. Marc 7/6.7

Conclusion

Je n’ai ébauché là que quelques points sur ce sujet qui mériterait un livre à lui tout seul.

Ces points sont des points essentiels dans notre monde. Bien que présentés de façon basique, j’espère qu’ils seront source de réflexion et de remise en question pour beaucoup, tant chrétiens que non chrétiens.

La vie est une chose précieuse qui mérite d’être protégée, développée, harmonisée … et transmise aux générations futures. 

Dieu nous fait confiance en nous confiant le monde, en nous confiant nos enfants. Mais nous, lui faisons-nous vraiment confiance pour vivre avec lui chaque minute de notre vie ? Toute la question de la vie chrétienne se trouve là !

 

 Myriam de Gemma

 Décembre 2011

 

Commentaires (2)

BHW
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Myriam de Gemma PARROT
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Date de dernière mise à jour : 2018-04-06