Matthieu 5,20-26

Matthieu 5 20 26awÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,20-26.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

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 « Vous avez appris qu’il a été dit….. Eh bien ! moi, je vous dis » 

Nous vivons actuellement dans un monde où les valeurs sont inversées, où on nous enseigne même que le bien est le mal et que le mal est le bien, cela sous couvert de droits, de liberté ….  Mais il faut bien comprendre ici, que le monde, n’est pas obligatoirement chrétien. On n’est pas chrétien parce que l’on est français, allemand, italien, européen ou toute autre nationalité. Aucune nationalité ne fait de nous un chrétien. L’état et la religion sont deux choses bien distinctes. On est chrétien quand on accepte Jésus Christ dans sa vie, comme Seigneur et Sauveur et quand on vit selon sa parole.

Aujourd’hui notre société judéo chrétienne semble partir en charpie, dans ses mœurs… Mais c’est peut être l’heure pour nous chrétiens de faire vraiment la part des choses sans hypocrisie. Le monde qui ne croit pas en Dieu va vivre ce qu’il veut, mais moi qui suis chrétien, je dois vivre selon la parole de Dieu. Dès lors à quoi sert de crier après la conduite des gens sans Dieu, si moi qui m'affirme comme chrétien, je vis, par exemple, en situation d’adultère ? Ne suis-je pas hypocrite à ce moment là ?

Dieu nous renvoie ici, non pas aux normes de la société, mais bien aux normes de vérité de notre cœur et de notre propre conduite ! Le chrétien d’aujourd’hui ne va plus pouvoir dire : « je suis chrétien, mais je ne pratique pas ! » ou il vit de la parole de Dieu et il est effectivement chrétien ou il suit le monde et ses idéologies et il ne vit plus avec le Christ, donc il ne peut se dire vraiment chrétien. Le registre de baptême ne sert de rien si dans notre cœur nous ne sommes pas vrais avec le Christ, si dans notre cœur et dans notre conduite nous sommes opposés aux paroles même du Christ. Jésus aujourd’hui nous interroge, « es-tu vraiment mon disciple ? Ou dis-tu seulement que tu l’es ? » 

Myriam de Gemma
Février 2017

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«Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux»

Aujourd'hui, Jésus nous invite à aller au-delà de ce que peut vivre n'importe quel fidèle. Même si elle ne se traduit pas par de mauvaises actions, la coutume endurcit souvent le désir de rechercher la sainteté, en nous moulant commodément sur la routine des actions correctes, et rien d'autre. Saint Jean Bosco répétait: «Le bon est l'ennemi du meilleur». C'est là que nous atteint la Parole du Maître, qui nous invite à nous “surpasser” (cf. Mt 5,20), à partir d'une attitude différente. Surpassement qui, paradoxalement, passe par les choses les plus petites. Se mettre en colère, insulter et maudire son frère n'a rien de bon pour le disciple du Royaume, appelé à être —rien de plus, mais rien de moins— le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5,13-16), par la vigueur des béatitudes (cf. Mt 5,3-12).

Jésus, avec autorité, modifie l'interprétation du précepte négatif «Tu ne tueras pas» (cf. Ex 20,13) par l'interprétation positive de la profonde et radicale exigence de réconciliation, mise, pour insister davantage, en relation avec le culte. Ainsi n'y a-t-il pas d'offrande qui vaille quand «tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi» (Mt 5,23). C'est pourquoi il importe d'arranger tout litige, sinon l'invalidité de l'offrande se retournera contre toi (cf. Mt 5,26).

Tout cela ne peut être mis en œuvre que par un grand amour. Saint Paul nous dira: «En effet, le précepte: Tu ne commettras pas d'adultère, tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas, et tous les autres se résument en cette formule: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. La charité ne fait point de tort au prochain. La charité est donc la Loi dans sa plénitude» (Rom 13,9-10). Demandons à être renouvelés —jusque dans le moindre détail— dans le don de la charité à l'égard du prochain, et notre vie sera la meilleure et la plus authentique offrande à Dieu.

Abbé Julio César RAMOS González SDB (Mendoza, Argentine)

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«Laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère»

Aujourd'hui, le Seigneur, qui parle de ce qui se passe dans nos cœurs, nous incite à la conversion. Le commandement dit «Tu ne commettras pas de meurtre» (Mt 5,21); mais Jésus nous rappelle qu'il y a plusieurs façons de tuer les autres. Nous pouvons détruire la vie des autres si nous nourrissons une colère excessive dans nos cœurs envers eux ou si nous les insultons (cf. Mt 5,22).

Le Seigneur nous appelle à être des gens intègres: «Laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère» (Mt 5,24). La foi que nous pratiquons dans la célébration de la Liturgie devrait s'écouler dans nos vies quotidiennes et affecter notre façon de vivre. C'est pourquoi Jésus nous demande de nous réconcilier avec nos ennemis. Un premier pas sur ce chemin de réconciliation est de prier pour nos ennemis comme Jésus nous l'a demandé. Et si nous trouvons cela difficile il serait bon d'évoquer en nous l'image de Jésus mourant pour tous ceux qui nous sont antipathiques. Si nous avons été sérieusement blessés par d'autres prions le Seigneur de cicatriser ces souvenirs douloureux et d'obtenir la grâce de pouvoir pardonner. Et, lorsque nous prions, demandons au Seigneur de revenir avec nous au temps et au lieu de l'offense et d'y mettre son amour, pour que nous puissions être libres de pardonner. 

Comme le Pape Benoît XVI a écrit: «Nous ne pouvons pas communiquer avec le Seigneur, si nous ne communiquons pas entre nous. Si nous voulons nous présenter à Lui, nous devons également nous mettre en mouvement pour aller les uns à la rencontre des autres. C'est pourquoi il faut apprendre la grande leçon du pardon: ne pas laisser notre âme être rongée par le ressentiment, mais ouvrir notre coeur à la magnanimité de l'écoute de l'autre, ouvrir notre coeur à la compréhension à son égard, à l'éventuelle acceptation de ses excuses, au don généreux des nôtres».

Abbé Thomas LANE (Emmitsburg, Maryland, Etats-Unis)

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Date de dernière mise à jour : 2019-06-12