1er juin 2013 charité fraternelle

La journée en quelques photos 

 

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L'enseignement 

 

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 1ère partie

Le chemin du pardon

Introduction.

Dans la bible nous lisons que Dieu est amour, que Dieu nous appelle à l’amour. Mais dans  notre vie quotidienne, nous avons bien du mal à aimer …. L’amour est souvent mis à mal. Les autres nous blessent et nous blessons les autres.  Ça veut dire quoi aimer ? Passer tout aux autres quoiqu’ils nous fassent ?  Comment arriver à vivre réellement dans l’amour les uns avec les autres ?

 Le seul chemin est celui qui passe par le pardon, le service, et la correction fraternelle.

Le chemin du pardon

Mais que signifie le mot pardonner ? Cela veut dire : donner par de là. C’est à dire aimer l’autre au delà de ce qu’il a pu nous faire. Pardonner ce n’est pas simplement dire «  je n’ai plus mal » ou encore « ce n'est pas grave ! » Non pardonner c’est rétablir pleinement une relation abîmée avec la cicatrice même de la blessure passée ! Le pardon n’a rien à voir avec le refoulement, l’oubli forcé ! Il est assimilation de la blessure et acception de vivre au delà de cette blessure !

Pardonner c’est refuser d’emprisonner l’autre dans sa faute ! Pardonner c’est prendre le chemin de la guérison et de la libération pour l’offensé comme pour l’offenseur.

Ce n’est pas un chemin facile humainement. Dans certains cas, vu la gravité et la profondeur des atteintes cela s’avère même impossible, mais Dieu est là et c’est avec lui qu’il nous faut apprendre à vivre ce chemin de pardon et de libération. Avec Lui tout devient possible.

Demander pardon aux autres

Nous savons que le premier commandement de Dieu est celui de l’amour : «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu  de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force ; et ton prochain comme toi même. » Luc 10/27. Mais force nous est de reconnaître que nous ne savons pas aimer et que bien souvent, nous faisons mal aux autres, même à ceux que nous aimons le plus. Faut-il alors simplement se contenter de déplorer cette situation ? Ou au contraire ne faut-il pas essayer de vivre cet amour concret qui nous est demandé par Jésus. Que pouvons nous donc faire dès lors pour aimer si ce n’est réparer cette rupture dans l’amour en allant demander pardon à celle ou celui que nous avons blessé ou à qui nous avons porté préjudice d’une manière ou d’une autre. Il est vrai qu’il n’est pas toujours possible de demander verbalement pardon, car l’aveu de la faute ferait plus de mal que de bien ; ainsi lorsque j’ai médit sur Y,  je lui ai porté préjudice devant les autres, mais Y ne le sait pas, ce que je peux faire alors c’est reconnaître mon tort devant les auditeurs de ma critique « Oubliez ce que je vous ai dis sur Y, j’ai eu tort, je vous en demande pardon. » et par rapport à Y, peut-être peut-on  poser un geste d’amour concret tel que lui rendre un service ...ou lui faire un cadeau .

L’amour est quelque chose de concret, d’exigeant, il implique de notre part la vérité et l’humilité. On ne peut aimer le Christ si on n’aime pas les autres, et on n’aime pas les autres si on ne vit pas concrètement cet amour !  

Se pardonner à soi même

Il est un autre aspect du pardon qui est important, c’est le pardon à soi-même. Il arrive plus souvent que l’on ne croit, que les gens aillent se confesser d’une faute, reçoivent le pardon de Dieu, et continue à s’en sentir coupable .Certain même n’iront pas communier malgré le sacrement du pardon. Dieu vous a dit de vous aimer vous-mêmes comme il vous aime   de vous aimer vous mêmes comme vous aimez les autres « Tu aimeras Dieu de tout ton cœur … et ton prochain comme toi même . » Dieu t’aime, il a donné sa vie pour toi et il t’a accordé le pardon afin que tu vives dans la paix et le bonheur et toi, par ce sentiment de culpabilité que tu gardes en toi, tu refuses le cadeau  qu’il te fait ! Est-ce aimer quelqu’un que de refuser ses cadeaux? Est-ce aimer quelqu’un que de refuser de le rencontrer, de le recevoir? C’est pourtant ce que l’on fait avec le Seigneur, lorsque l’on refuse de recevoir son Corps dans l’Eucharistie. Il ne faut pas être plus dur avec nous mêmes que Dieu ne l’est ! Il faut apprendre à regarder l’amour du Christ pour nous, il faut apprendre à se laisser regarder par le Christ, il faut apprendre à se laisser aimer par le Christ, alors nous saurons répondre à son amour !

Pardonner aux autres

Jésus ne nous a pas dit « aimez moi et oubliez les autres ». Non, il nous a dit : « Je vous donne un commandement nouveau : vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimés, aimez vous les uns les autres, à ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » Jean 13/34.35. Jésus s’est-il contenté de mots ? S’est –il contenter de nous dire «Je vous aime! »... Ou s’est il investi dans cet amour ?

La réponse vous la connaissez! Il nous a montré le chemin; il a écouté les gens, il a parcouru bien des chemins à pied pour les enseigner, il les a guéri, il n’a ménagé ni sa peine, ni sa fatigue et il est même allé jusqu’au bout, en mourant sur la croix pour eux et pour nous ! Si nous disons que nous aimons Jésus, alors nous devons vivre comme lui et nous engager auprès des autres comme lui, et cela commence par notre propre entourage. Tout le monde peut aimer, il n’y a pas besoin de diplômes pour cela ! Ce qu’il nous faut simplement c’est le courage de notre foi c’est à dire aimer l’autre comme Jésus l’aime, en lui pardonnant tous ses torts envers nous, comme le Seigneur nous pardonne tous nos torts

Je voudrais prendre ici le temps de revoir avec vous la 2em partie de la parabole de l’enfant prodigue

2em partie de la parabole de l’enfant prodigue

Cette seconde partie, qui correspond a la relation entre les deux frères,  est très intéressante car elle nous situe, dans notre relation avec les autres. Or vous le savez, on ne peut pas dire que l’on aime Dieu si l’on n’aime pas son prochain. Voyons donc ce que nous montre cette seconde partie.

«  Son fils aîné était au champs. Quand à son retour, il fut près de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un serviteur il demanda ce que cela pouvait bien être. Celui-ci lui dit : « c’est ton frère qui est arrivé et ton père a tué le veau gras parce qu’il l’a retrouvé en bonne santé. » . Il se mit en colère et refusa d’entrer. »

Ne sommes nous pas nous aussi comme ce frère aîné ; lorsque nous refusons d’accueillir l’autre dans sa misère, lorsque nous lui ressassons toujours ses anciennes fautes, alors qu’il en a demandé pardon ….et alors même qu’il a changé de vie ? Et par exemple, faisons-nous vraiment confiance à quelqu’un, alors que nous savons que dans le temps il a été un voleur ?

Pourtant nous savons bien par notre propre vie, que nous avons besoin de la confiance et du pardon de ceux qui nous entourent pour être heureux et dans la paix. Combien de fois n’avons nous, pas souffert nous même des jugements et des regards des autres sur nous ???  Prenons le temps de réfléchir à cela et regardons notre vie aujourd’hui !

Que fait le père lorsqu’il voit son fils aîné qui refuse de rentrer dans la maison ?  … il va vers lui :

«  Son père sortit l’en prier. Mais il répondit : «  Voilà tant d’année que je te sers sans avoir jamais transgressé un seul de tes ordres ; jamais tu ne m’as donné un veau à moi , pour festoyer avec mes amis , et puis ton fils que voilà revient-il après avoir dilapidé tes biens avec des prostituées , tu fais tuer le veau gras pour lui ! »

Le père ne fait pas de différence, il aime ses deux fils de la même manière et il va vers les deux de la même façon.

Et le fils aîné alors laisse éclater toute sa colère … et sa suffisance ! « Quoi, moi le juste, qui t’ai toujours obéi tu n’as pas fait la fête pour moi, mais ce pécheur, ce moins que rien, tu l’accueilles et tu lui fais un banquet ! ».  Nous voyons bien la que ce que le fils aîné désire c’est «  la justice » ; au sens de : « tu as péché donc tu dois payer ! ...Tu es parti de la maison, tu n’as pas à y revenir maintenant ! Tu as dilapidé ton bien, alors ne viens pas prendre celui des autres...Et surtout pas le mien ! »

Combien de fois n’avons nous pas eu, ou n’avons nous pas encore ce comportement envers ceux qui ont péché autour de nous ? Envers ceux qui nous ont blessés ? ...Combien de fois ne refusons nous pas de pardonner et de recommencer une vie, une relation fraternelle avec ceux qui nous ont porté atteinte d’une manière ou d’une autre ?… Combien de fois ne disons nous pas : « Je veux bien pardonner... mais qu’il fasse ses preuves ! » ? . Combien de fois ne disons nous pas : « Pardonner oui ! Mais il y a des limites et là, il est allé vraiment trop loin ! Je ne veux plus le voir ; je ne veux plus lui parler ! » .

Et le père de répondre :

«  Mon enfant, toi tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait bien festoyer et se réjouir puisque ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé ! »

Dieu nous dit à nous aussi la même chose ! Réjouissons-nous donc vraiment pour nos frères et sœurs repentants qui se convertissent et accueillons-les avec tout notre cœur. Et surtout n’oublions jamais que nous aussi nous sommes chacun à notre tour des pécheurs, et que nous avons aussi besoin du pardon non seulement de Dieu mais aussi de nos frères et sœurs. Non seulement nous en avons besoin, mais nous l’attendons … et nous souffrons lorsque celui-ci tarde à venir ! Alors ne refusons pas par orgueil, égoïsme, ou peur, aux autres ce que voulons pour nous mêmes ! Sachons accueillir, pardonner, aimer et servir !

Le chemin du service

La plus grande leçon de service que Jésus nous donne se trouve dans le texte du lavement des pieds.

 Nous connaissons tous ce texte  de Jean 13/1.19, où Jésus se lève de table, lors de la cène, prends un linge, un bassin rempli d’eau, et va laver les pieds de chacun de ses apôtres…. (Copie du texte pour ceux qui le désirent)

Si lorsque nous lisons ou écoutons ce texte, nous en restons au fait « historique », c'est-à-dire à l’histoire entre Jésus et ses apôtres alors nous ne nous sentirons pas vraiment concernés par son message. Pour bien en mesurer toute la portée, il nous faut le lire en nous mettant à la place des apôtres, et considérer que c’est à nous que le Christ s’adresse, que c’est à nous qu’il lave les pieds, et que c’est à nous qu’il demande de faire de même. C’est là une lecture qui va nous engager dans une écoute de l’appel de Jésus, et c’est donc une lecture qui risque fort de nous remettre en question dans notre façon de penser et de vivre notre foi au quotidien … Sachons-le bien, car c’est cela même que Jésus voulait en posant ce geste si fort.

Jésus, le fils de Dieu, est là qui se met à genou devant nous !

Fermons les yeux un instant et intérieurement prenons place au repas de la sainte cène et regardons le Christ qui se met à nos pieds pour nous les laver.

Jésus est là qui se défaisant de ses habits, prend le tablier pour nous laver les pieds ! Lui le Fils de Dieu se positionne devant nous comme le plus humble des serviteurs. Il se met en dessous de nous !

Ce geste que nous aurions du mal à accepter, que nous refuserions même de la part d’un hôte de marque qui viendrait chez nous, pouvons nous vraiment l’accepter de la part du Fils de Dieu, de Dieu lui-même ?

Comme Pierre on peut réagir « non tu ne laveras pas les pieds »

Certes ce n’est pas si facile et il serait aisé ici de s’arrêter, en se disant que ce n’est là qu’une image, et qu’heureusement nous n’avons pas à vivre concrètement cela ! … mais n’est-ce vraiment qu’une image ?

Ou alors comme Pierre, nous pourrions nous entendre dire à Jésus, « non ce n’est pas possible, Toi, Dieu, tu ne peux pas me laver les pieds ! Tu ne peux pas t’abaisser ainsi !»

Ce serait là une réaction humaine normale au premier abord. Et sans doute nous faut-il que comme à Pierre Jésus nous dise :

« Si je ne te lave pas, tu n’auras point de part avec moi.»

Pour que nous acceptions d’aller plus loin que notre première réaction. Et que nous acceptions aussi que Jésus fasse ce qu’il veut, pourvu que nous puissions rester avec Lui !

Et alors en nous laissant faire, nous pourrions comprendre à quel point nous avons besoin d’être débarrassé de notre poussière, c'est-à-dire d’être purifié de nos fautes, et par la même découvrir de quel amour infiniment miséricordieux Dieu nous aime.

Le lavement des pieds c’est cela : se laisser approcher par le Christ et se laisser purifier par lui car sans cette purification il ne peut y avoir de réelle communion, en effet, si Dieu est tout amour, il est aussi toute sainteté, et la sainteté ne s’accommode pas de la boue de nos péchés.

Alors nous entrevoyons que ce lavement des pieds n’est pas qu’une simple image, nous le vivons ! Nous le vivons chaque fois que Dieu se fait tout petit pour s’abaisser jusqu’à nous, jusqu’à notre misère. Nous le vivons à chaque fois que nous recevons le sacrement de réconciliation, à chaque fois que nous communions à son Corps et son Sang dans l’eucharistie, Dieu se fait alors notre humble serviteur pour se faire notre nourriture, notre vie ! 

Mais avons-nous vraiment conscience de cela lorsque nous vivons ces sacrements ?

Et Jésus nous dis : «  ce que je viens de vous faire, faites le vous aussi aux autres

Et puis Jésus nous dit :

Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi comme moi j'ai fait pour vous.

Jésus nous l’avons vu, en Marc 10/45, est venu pour servir et non pour être servi. Il nous appelle donc à faire de même. Et il nous appelle à le faire comme lui dans l’amour et non dans la contrainte selon son propre commandement :

Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jean, 13, 34).

Mais la question alors se pose : comment servir mes frères et sœurs comme le Christ et jusqu’où doit aller ce service ?

Bien des pistes s’ouvrent devant nous selon notre vocation personnelle, selon nos possibilités, nos capacités humaines. Mais le tout est de le faire dans l’amour de Dieu et des autres et surtout dans le plus grand respect de ceux à qui nous rendons service.

Il existe aussi bien des niveaux de services, certains rendront service momentanément, épisodiquement, au sein d’une association caritative par exemple, d’autres iront jusqu’au bout du don de leur vie pour aider et sauver les plus démunis, à quelques niveaux que ce soit.

Et nous-mêmes, que sommes-nous prêts à vivre personnellement ? Car la question se pose à chacun de nous et c’est à chacun de nous d’y répondre en son âme et conscience, et surtout du fond de son cœur.

Mais sommes-nous prêts à le suivre jusqu’au bout du chemin ?

Sommes-nous prêts à mourir à nous-mêmes, pour l’amour de Dieu et de nos frères et sœurs dans le Seigneur ?

Laver les pieds de ses frères et sœurs c’est les servir avec amour alors même qu’ils nous ont blessés ou que nous voyons leurs fautes.

Plus même c’est nous offrir au Père en intercédant pour eux, non comme des justes, car nul ne l’est, mais comme des frères tout aussi pécheurs ayant tout autant besoin de la purification et de la grande miséricorde du Christ.

Servir ses frères c’est comme le Christ s’offrir à réparer leurs fautes, comme le Christ s’est offert au pressoir de la croix pour que nous ayons la vie éternelle.

Vivre au quotidien le lavement des pieds c’est comme Jésus :

 1/être signe d’amour et d’infini respect,

En rendant service, en nous abaissant jusqu’aux autres avec un infini respect, en bannissant tout esprit de supériorité et de condescendance. Reconnaissant que ce frère ou cette sœur, qui a besoin de moi aujourd’hui est tout aussi respecté et aimé de Dieu que je le suis.

2/ être signe et appel à l’humilité

En vivant la rencontre avec autrui dans un esprit d’humilité vraie. Il n’y a pas de honte à se mettre à genou (moralement et physiquement) devant l’autre si c’est pour le relever, si c’est pour le soigner, si c’est pour l’aimer. 

3/ être signe de service 

En étant toujours disponible aux besoins réels des autres, en étant attentionnés envers eux, sans attendre qu’ils le soient envers nous. A l’image du Christ nous sommes appelés à servir et non à être servis, à faire passer les autres avant nous-mêmes. Et si un jour nous avons besoin des autres alors sachons aussi en toute humilité et en toute reconnaissance recevoir leur aide, comme étant un cadeau de Dieu et non pas un dû.

4/ être signe et geste de purification,

En vivant dans la communion fraternelle, c’est à dire en vivant le pardon mutuel. Savoir demander pardon est tout aussi important que de savoir offrir son pardon. Nous ne pouvons aimer si nous ne pardonnons pas. Et si nous n’aimons pas les autres alors pouvons-nous vraiment dire que nous aimons le Christ ? Pouvons-nous décemment Le recevoir dans son eucharistie alors même que lui s’est offert pour nous sur la croix ? 

En aidant les autres également à faire la lumière dans leur vie, afin qu’ils puissent grandir dans l’amour de Dieu et des autres. 

5/ être signe d’obéissance et d’offrande totale

En étant comme Jésus obéissance à la volonté du Père, donc à la parole de Dieu. 

Or si pour accepter la volonté de Dieu il nous faut la connaître et donc lire sa parole, qui est la bible, il nous faut aussi l’accepter dans sa plénitude. On ne peut choisir seulement les passages qui nous plaisent, c’est toute la parole de Dieu qu’il nous faut accepter et à laquelle il nous faut nous soumettre, et l’Église est là pour nous l’enseigner.

En étant aussi obéissance à la parole de l’Église puisque c’est le Christ lui-même qui l’a instituée. Là encore on ne peut choisir uniquement ce qui nous plait, il nous faut en accepter les enseignements et les vivre, même si cela nous dérange dans notre petite vie courante.

Être obéissance est la première chose, vient ensuite le fait d’être offrande au père, comme Jésus pour tous nos frères et sœurs. Beaucoup de personnes pensent aujourd’hui que cela est réservé au religieux et consacrés, mais c’est une erreur, tout chrétien est appelé à aimer les autres comme le Christ c'est-à-dire jusqu’au bout d’eux-mêmes, selon leur vocation propre. 

Par ailleurs nul n’est dispensé de prier et d’intercéder pour les autres, qu’ils soient amis ou ennemis, c’est même un devoir essentiel de la charité fraternelle.

 

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2ème partie

Le chemin de la correction fraternelle

Introduction

Dans notre vie chrétienne de tous les jours, nous sommes amenés à nous remettre en cause  dans notre relation avec Dieu et avec les autres, puisque le premier commandement de Dieu est de nous aimer les uns les autres comme Dieu nous aime. Nous le savons, nous l’affirmons, Dieu est pardon et amour, mais cela veut-il dire que nous devons tout pardonner sans jamais rien dire ?  Que penser alors de la parole de  Jésus :

« Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, » (Matthieu 18/15)

Qui a dit que le pardon empêche la rencontre fraternelle pour se corriger mutuellement ? On peut alors s’interroger sur ce qu’est exactement la correction fraternelle. Quand et comment doit-elle être vécue ?  Est ce que je dois réagir uniquement quand le péché de mon frère me fait mal à moi ou alors quand ce péché est d’ordre plus général et porte atteinte aux autres ou à lui-même ? Nous tenons tous au respect de notre liberté, de notre intimité, mais jusqu’où ce respect doit-il aller ? … Combien de fois n’utilisons nous pas l’expression : «ça ne regarde que moi ! ». Et puis avouons-le, se mêler des affaires d’autrui est source de tracas, d’ennui … alors pourquoi nous en mêler ? Cependant la loi de Dieu est claire, nous devons nous aimer et donc nous aider, nous guider mutuellement dans la bonne direction. La loi humaine elle-même, réagit en ce sens lorsqu’elle condamne la non-assistance à personne en danger. 

En fait si nous voulons vraiment vivre la loi de Dieu, nous nous devons de suivre le précepte que St Paul donne aux romains :

N'ayez de dettes envers personne, sinon celle de l'amour mutuel.  Car celui qui aime autrui a de ce fait accompli la loi. (Rm.13/8-ss)

Ainsi, l’accomplissement de la loi c’est la charité, l’amour de l’autre …. Et peut-on vraiment dire que nous aimons notre frère pécheur si alors que nous le voyons se perdre dans son péché, nous ne faisons rien pour l’aider à en sortir ? Nous le voyons donc, la correction fraternelle n’est pas un jugement, une condamnation, mais bien une main tendue pour aimer et aider.

A quoi sert la correction fraternelle ?

A plusieurs choses :

A aider le frère ou la sœur en difficulté à retrouver son chemin vers Dieu, au milieu des autres dans ce qui fait sa vie courante.

A éviter tous les non-dits, tous les silences qui agissent comme une gangrène dans notre cœur et finissent par créer des fossés de non communication infranchissables.

La correction fraternelle est un acte de solidarité, un acte d’amour qui a souci de l’autre pour le faire grandir, pour l’aider à se réaliser pleinement et non pour l’écraser.

La correction fraternelle n’est pas un luxe, ou quelque chose que je peux ne faire que si j’en ai envie. Non, c’est un devoir de charité fraternelle. Un devoir que je saurai vivre si je regarde toujours l’autre avec amour quoiqu’il vive. Le Seigneur nous donne le commandement de nous aimer les uns les autres, de nous aider les uns les autres. La correction fraternelle entre dans ce commandement. Le tout est de savoir comment la vivre, comment bien la vivre.

 Et Jésus nous l’explique dans l’évangile de Matthieu au chapitre 18/ 15 20. Il nous y montre toute une progression qui a son importance. D’abord il y à la rencontre «  seul à seul », puis à « deux ou trois » pour en arriver à la communauté. Cette démarche progressive est capitale, c’est pourquoi nous allons la suivre. 

Démarche de frère à frère

" Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul.  S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. »

Jésus ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive. Aussi comme il ne veut pas l’écraser, mais au contraire souhaite le redresser dans le respect, il demande la rencontre personnelle afin que la discrétion le préserve de toute humiliation, de toute vexation inutile.

On comprend bien dès lors qu’il ne s’agit pas d’aller voir le frère en faute pour lui faire sentir notre bon droit, notre supériorité, mais bien d’aller vers lui pour le relever, lui montrant certes son erreur, mais avec la tendresse d’un frère aimant. Il n’est pas aisé de vivre une telle rencontre, elle doit donc toujours être préparée dans la prière afin que l’Esprit Saint puisse nous aider à trouver les mots justes, le ton juste, et surtout que ce soit l’amour qui dirige la conversation, et non la rancœur ou la colère. Si avant une telle rencontre nous nous apercevons que nous voulons la vivre du haut de notre raison, du haut de notre bon droit, de notre justice, alors il faut s’arrêter et prendre le temps de se regarder soi même devant Dieu afin de pouvoir rencontrer notre frère dans l’humilité ; sans humilité, nous allons le blesser et faire encore bien plus de dégât.

Démarche communautaire

« Si ton frère ne t'écoute pas, dit Jésus, prends encore avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire soit décidée sur la parole de deux ou trois  témoins »

Là, on entre dans une étape plus sérieuse, car dès lors le péché est comme mis en vue des autres, la discrétion s’amenuise. On n’entreprend pas cette démarche pour n’importe quelle raison, ni avec n’importe qui. Il faut déjà que le litige soit important, et qu’il touche la vie de la communauté soit directement, soit par voie de conséquence ou encore que la vie du frère ou de la sœur soit en danger d’une manière ou d’une autre. Le but de cette rencontre à deux ou trois est de faire comprendre à la personne en question, la gravité de son acte, de son comportement, et donc, faisant ainsi pression sur elle de l’amener à réfléchir pour qu’elle change de conduite. Mais là encore il ne s’agit pas de l’écraser, de l’enfoncer, mais bien au contraire de la tirer vers le haut, de l’aider à retrouver la bonne direction dans sa vie.

Démarche d'Église.

« Que s'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté. »

Quand la faute est d’importance, et que donc qu’elle peut entraîner des conséquences graves, si le pécheur ne revient pas de sa conduite alors il faut en référer aux autorités c'est-à-dire à la communauté, à l’Eglise. Il est en effet des choses et des conduites qui ne peuvent rester dans le silence et surtout sans réaction. En arriver à une telle action implique qu’une décision grave doit être prise en cas de refus de conversion, et c’est pour cela que c’est l’ensemble de la communauté qui doit se positionner afin d’éviter toute vengeance personnelle ou encore toute pression injuste. Rappelons-nous toujours que cette démarche doit être faite et vécue dans un but de reconstruction non de condamnation. C’est la grande différence avec les tribunaux civils par exemple, ou la justice est avant tout punitive.

La mise à l’écart

"Et s'il refuse d'écouter l'Église qu'il soit pour toi comme le païen et le publicain".

Au premier abord on pourrait croire ici à un rejet pur et simple du fautif, mais ce serait faire là une grave erreur de jugement, et de compréhension. Cette mise à l’écart n’est là que pour protéger la communauté des conséquences des fautes, et éviter l’imitation de cette conduite de péché. Cela ne veut pas dire qu’il faut mépriser dorénavant le frère ou la sœur en cause, mais au contraire le porter dans la prière même si humainement on ne peut plus rien faire d’autre tant il s’obstine dans sa conduite. N’oublions pas que le Christ est venu pour tous les hommes, pour tous les pécheurs, sans distinction. Le salut peut arriver dans tous les cœurs, et nous n’avons pas à y faire obstacle par notre conduite, ce qui serait immanquablement le cas par notre mépris, voir notre haine de ce frère pécheur. Il faut donc garder notre frère dans notre cœur, même si de corps nous sommes dans l’obligation de prendre quelques distances au moins momentanément, il faut aussi prier et jeûner pour lui, afin qu’il voit clair et que son cœur s’ouvrant à la vérité et à la miséricorde de Dieu, il puisse revenir un jour de sa mauvaise conduite. Le péché est l’œuvre du malin dans notre vie, et rappelons nous ce que Jésus disait à ses apôtres qui n’avait pu expulser un démon : « cette espèce là ne peut partir que par le jeûne et la prière. » Croyons alors, nous aussi, à cette parole et appliquons là dans la foi, la confiance et l’amour, dans les cas extrêmes.

Du discernement des différentes étapes.

Il peut paraître difficile de savoir à quel moment vivre ces différentes étapes et de fait ce n’est guère aisé.

La première étape généralement se vit lorsque le frère a péché contre nous personnellement, ou alors que nous le voyons commettre un péché grave; il est inutile alors de régler ce différent en en prenant immédiatement à témoin les autres, tout être humain a le droit à la dignité, à la discrétion. Puisque nous sommes seuls à connaître le péché de note frère contre nous, lui-même ou d’autres, nous avons simplement le devoir de le reprendre uniquement en face à face.

Ainsi donc  si la conduite d’un frère ou d’une sœur s’avère mauvaise, tant que les autres ne sont pas au courant, il faut garder la discrétion et essayer de ramener le frère, la sœur à la raison, en tête à tête.  C’est seulement si notre rencontre ne donne vraiment rien, et que nous voyons que non seulement ,notre frère est en danger pour lui-même , mais aussi qu’il met les autres en danger, qu’il faut alors prendre une ou deux autres personnes de confiance et de discrétion, pour le rencontrer.  Ces témoins doivent être vraiment de bon jugement et de bons conseils et savoir aussi garder le silence, n’oublions jamais que tout homme a le droit au respect et à la discrétion.

La troisième étape, et la quatrième, ne seront à vivre que dans des cas extrêmement graves.

Ce qui est certain également, c’est que nous ne pouvons vivre ces rencontres de correction fraternelle, dans un esprit de supériorité, de jugement, voir de vengeance. Il faut vraiment que ce soit une démarche d’amour et de miséricorde, où on est prêt à écouter l’autre, où on est prêt à l’aider, et où on se refuse à l’enfoncer. C’est pourquoi il est important de toujours se mettre en prière avant une telle rencontre, d’abord pour examiner notre propre cœur devant le Seigneur et ensuite pour demander l’aide de l’Esprit Saint afin de savoir que dire et comment le dire exactement.

Pourquoi examiner notre propre cœur ?

D’abord pour prendre le temps de vivre la parole du Seigneur : « Qu'as-tu à regarder la paille qui est dans l'œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas! Matthieu 7/3 » Donc prendre le temps de voir par exemple ce qui motive notre désir profond de reprendre notre frère, est-ce vraiment le souci de l’aider, ou est-ce de l’enfoncer, ou encore le plaisir de lui faire la morale du haut de notre propre justice ?   Enfin notons que lorsque l’on a conscience de ses propres fautes on est enclin à être plus  miséricordieux, plus compatissant avec les autres.

Si nous voulons être sur de reprendre notre frère dans l’amour du Seigneur alors il est impératif de se mettre en toute vérité et en toute humilité devant le Seigneur, et de faire ainsi le ménage devant notre propre porte avant de la faire devant celle d’autrui .

Dénonciation n’est pas délation

Bien des gens confondent la délation et la dénonciation. Prenons donc le temps de faire la part des choses. La délation consiste à faire bonne figure, devant autrui, de le laisser agir sans rien lui dire en face, et ensuite d’aller par derrière lui, rapporter ses faits et gestes pour qu’il en soit « puni ». La délation procède toujours d’un mauvais esprit et d’un mauvais cœur.

La dénonciation dont il est question ici est toute autre, d’abord elle fait suite à une rencontre personnelle où l’autre sait ce que l’on pense, où il sait que l’on est dans l’obligation d’aller plus haut, il en est averti. Enfin, cette dénonciation ne procède pas d’un désir de nuire à l’autre mais au contraire de l’aider à s’en sortir. Ce qu’on ne peut arriver à faire seul, il est possible que l’on y arrive à deux ou trois :

De la reconnaissance à avoir pour celui qui nous corrige

Il peut nous arriver à nous aussi de pécher, d’être dans l’erreur, et de voir un frère venir nous dire ; « change ta conduite, ….. »   Bien sur cela ne va pas nous faire plaisir sur le coup car il n’est jamais agréable de se faire corriger. Cependant soyons lui reconnaissant de prendre cette peine à notre égard, car il nous remet sur la route de la vie avec Dieu. Ecoutons le, corrigeons nous et ayons assez d’humilité et de simplicité pour le remercier de ce travail qu’il a fait avec nous, pour nous, alors même qu’il aurait pu ne pas le faire.

Considérons toujours que l’avertissement des autres, dans la correction fraternelle est vraiment une preuve d’amitié et non de méchanceté ou de haine …sachons en tirer le meilleur parti, pour vivre vraiment notre vie selon le cœur de Dieu.

De la correction fraternelle en communauté

Tous ceux qui vivent en communauté ou partagent des activités communautaires (équipe de paroisse par exemple) savent à quel point la vie fraternelle est difficile. Il y a sans cesse des tiraillements, des malaises, quand ce ne sont pas des disputes et des blessures intérieures plus profondes …  C’est alors que la correction fraternelle est importante, pour éviter tous ces non dits, qui ne font qu’envenimer les choses, et leur donner des proportions qu’elles n’ont pas à l’origine.

Saint Paul donne à ce niveau un excellent conseil : «Que le soleil ne se couche pas sur votre colère »

La réconciliation peut parfois se faire directement entre les personnes concernées, mais bien souvent il est besoin d’un médiateur, ou de deux ou de trois. Ce qui est certain c’est que tous doivent veiller à ce que la concorde et l’amour fraternel soient vécus réellement et que toute fracture à cet amour soit le plus rapidement possible, réparer. Comment en effet dire à Dieu : « Seigneur je t’aime », alors que nous n’aimons plus notre frère avec lequel nous sommes fâchés.  Que cela soit à tort ou à raison, importe peu, puisque le Seigneur demande de nous aimer les uns les autres, d’aimer même à nos ennemis.  Et lui, ne s’est il pas offert à la croix, pour nous pécheurs, qui ne cessons de le blesser, alors qu’il nous pardonne sans cesse ?

Chemin de pardon, chemin de service, chemin de rencontre fraternelle dans la correction, voila trois grandes lignes pour cheminer avec Jésus au cœur de notre vie. Prenons donc maintenant le temps de nous mettre devant lui avec tout cela, en prenant le temps de l’adoration.

Myriam de Gemma 

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Date de dernière mise à jour : 2015-11-24