Nuit de l’esprit réparatrice en saint Paul de la Croix

Réginald Garrigou-Lagrange

Études carmélitaines, 23, 2, octobre 1938, p. 287-293.

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La lecture des œuvres de saint Jean de la Croix porte à considérer la nuit de l’esprit surtout comme une purification passive personnelle, qui dispose l’âme à l’union parfaite avec Dieu, dite union transformante. Cette purification qui comme passive est un état mystique et comporte la contemplation infuse, apparaît ainsi comme nécessaire pour enlever les défauts des avancés dont il est parlé dans la Nuit Obscure, l. II, ch. 2, en particulier un secret orgueil spirituel, qui parfois est cause de beaucoup d’illusions. C’est un purgatoire avant la mort, mais un purgatoire où l’âme mérite et où son amour grandit beaucoup. Finalement cette obscurité et les angoisses qu’on y éprouve font place à la lumière supérieure et à la joie de l’union transformante, prélude immédiat de la vie du ciel. L’hiver de la nuit de l’esprit paraît suivi d’un printemps et d’un été perpétuel, après lequel il n’y aurait plus d’automne.

Telle est l’impression que donne la lecture de la Nuit Obscure et la Vive Flamme d’Amour. On dirait que la nuit de l’esprit n’est pour les âmes avancées qu’un tunnel à traverser avant d’entrer dans l’union transformante et qu’il n’y a plus ensuite à le traverser de nouveau.

Certaines vies de grands serviteurs de Dieu particulièrement voués à la réparation, à l’immolation pour le salut des âmes ou à l’apostolat par la souffrance intérieure, font penser cependant à une prolongation de la nuit de l’esprit même après l’entrée dans l’union transformante. Mais alors cette épreuve ne serait plus surtout purificatrice, elle serait surtout réparatrice.

Saint Jean de la Croix, sans insister particulièrement sur ce point, a fait plusieurs fois allusion aux épreuves intérieures endurées par les saints pour le salut des pécheurs[1]. Sainte Thérèse parle aussi à ce point de vue de la grande générosité des âmes entrées dans la VIIe Demeure[2].

Que faut-il penser d’une nuit de l’esprit plus réparatrice que purificatrice et qui se prolongerait même longtemps après l’entrée dans l’union transformante, lorsque l’âme éprouvée est déjà personnellement purifiée. Nous avons brièvement traité ailleurs cette question[3], il importe de rappeler sur ce point les principes certains et quelques faits significatifs.

Tout d’abord l’esprit chrétien ne saurait oublier que les grandes souffrances intérieures que Notre Seigneur et sa sainte Mère ont éprouvées à la vue du péché et en s’offrant en victime pour nous ne furent pas purificatrices pour eux, mais rédemptrices pour nous, et que plus les âmes avancent, plus leurs souffrances intérieures ressemblent à celles de Jésus et de Marie. On dit aussi communément que les serviteurs de Dieu sont plus particulièrement éprouvés, soit qu’ils aient besoin d’une purification plus profonde, soit qu’ils doivent à l’exemple de Notre Seigneur travailler par les mêmes moyens que lui à une grande cause spirituelle, comme à la fondation d’un ordre religieux ou au salut de beaucoup d’autres âmes. Saint Jean de la Croix et sainte Thérèse n’ont guère cessé de l’expérimenter. Les faits montrent bien qu’il en est ainsi. Nous signalerons ici un fait particulièrement frappant et nous comparerons ensuite brièvement la nuit de l’esprit purificatrice à celle qui est surtout réparatrice et qui contient un apostolat par la souffrance aussi fructueux que caché.

Notons d’abord, sans y insister, un fait assez caractéristique qui se constate à la fin de la vie de saint Alphonse de Liguori ; il avait déjà 80 ans, et, à lire superficiellement cette période de son existence, on pourrait croire qu’il traverse la nuit passive des sens, qui s’accompagne assez souvent de fortes tentations contre les vertus qui ont leur siège dans la sensibilité : la chasteté et la patience. Ces tentations furent alors si fortes pour ce saint vieillard, que son domestique se demandait s’il n’en perdrait pas la raison. Mais si l’on est attentif à tout le travail déjà accompli par la grâce dans l’âme de ce grand saint, tout porte à penser que cette épreuve de la fin de sa vie n’était pas précisément pour lui la purification passive des sens (quoiqu’elle en eût toutes les apparences), mais une suite d’afflictions qu’il endurait surtout pour le prochain, et pour consolider la fondation pour laquelle il avait déjà tant souffert.

Un exemple plus frappant encore nous est donné dans la Vie de saint Paul de la Croix, fondateur des Passionistes. On peut se faire une juste idée de sa vie intérieure par ses nombreuses lettres[4], par les notes laissées par son confesseur et directeur le Père Jean-Marie, et par d’autres documents de l’époque, cités dans le procès de canonisation et les travaux préparatoires. Les principaux de ces documents ont été réunis par le P. Gaétan du Saint Nom de Marie, passioniste, dans son livre, Oraison et ascension mystique de saint Paul de la Croix (Museum Lessianum, Louvain, 1930). L’auteur de cet ouvrage a bien voulu nous communiquer quelque autres documents qu’il se propose de publier bientôt et qui confirment ce qui est contenu en ceux qu’il nous a déjà fait connaître.

Nous ne citerons ici que les faits les plus significatifs. Saint Paul de la Croix naquit en 1694, il devait devenir le fondateur d’un Ordre religieux voué à la réparation, et de plus, il devait vivre jusqu’à 81 ans, il est mort en 1775. Que s’est-il passé en cette longue vie toute donnée à Dieu dès l’enfance dans la plus grande austérité ?

Il fut élevé de la façon la plus chrétienne et habitué dès son jeune âge à l’abnégation complète et à la pratique de toutes les vertus. De très bonne heure il eut l’oraison affective de simple regard et vers l’âge de 19 ans sa piété grandit beaucoup. Il appelait cette époque « sa conversion » ; on y voit les signes de la purification passive des sens, accompagnée, comme il n’est pas rare, d’une crise de scrupules. (cf. P. Gaétan, op. cit. p. 8).

A partir de ce moment, le P. Gaétan distingue justement dans sa vie mystique trois périodes. Dans la première, qui dure douze ans, le saint est élevé progressivement aux divers degrés d’oraison décris par sainte Thérèse, même à l’union transformante. Dans la seconde période, qui dure quarante-cinq ans, il expérimente avec une singulière profondeur ce qu’est la vie réparatrice. Dans la troisième période, qui comprend les cinq dernières années de sa vie, bien que les épreuves continuent, les consolations augmentent au fur et à mesure qu’il se rapproche du terme du voyage.

Dans la première période, après la purification passive des sens et la crise très pénible de scrupules, le serviteur de Dieu qui a reçu la grâce de la contemplation infuse, reste trois ou quatre heures de suite en oraison (op. cit., p. 12). Journellement, il donnait sept heures à l’oraison. Selon le témoignage de son confesseur, le P. Jean-Marie, il connaît l’oraison extatique vers l’âge de 24 ans, il était souvent hors de ses sens. Il reçut alors de grandes lumières sur les mystères de la foi et fut favorisé de visions lui donnant à entendre qu’il devait fonder un Ordre consacré à la Passion (op. cit., p. 15). Il reçut aussi à cette époque une vision de la Sainte Trinité, une du ciel et une autre de l’enfer ; sa foi « lui parut changée en évidence » (op.cit., p. 19).

Il paraît certain que saint Paul de la Croix subit personnellement la purification passive de l’esprit à l’âge de 26 ans, surtout pendant une retraite de 40 jours en 1720. Le Père Gaétan rapporte longuement ces épreuves, p. 41-63. Le Saint entend alors contre Dieu « des paroles diaboliques, qui, dit-il, lui percent le cœur et l’âme » (op. cit., p. 55).

Cette purification passive de l’esprit s’achève par une admirable contemplation de la Passion du Sauveur (op. cit., p. 57-73), contemplation qui porte le Saint « à s’approprier par l’amour les très saintes souffrances de Jésus ». « L’âme, dit-il, toute immergée dans le pur amour, sans image, en très pure et nue foi se trouve tout à coup, quand il plaît au Souverain Bien, plongée également dans la mer des souffrances du Sauveur » et voit « que la Passion est une œuvre toute d’amour » (op. cit., p. 57).

A partir de ce moment, l’oraison du Saint consistait à se revêtir des souffrances de Jésus, et à se laisser immerger dans la divinité du Sauveur (op. cit., p. 62).

Avant l’âge de 31 ans, saint Paul de la Croix reçut la grâce de l’union transformante. On ne peut guère en douter, si après avoir considéré l’élévation des grâces purificatrices qui précèdent, on prend connaissance des témoignages recueillis par le P. Gaétan (op. cit., p. 85-97). Cette grâce insigne fut même accompagnée ici du symbolisme qui parfois la manifeste sensiblement : apparition de Notre Seigneur, de la Mère de Dieu, de plusieurs saints ; Paul de la Croix reçut aussi une bague d’or sur laquelle étaient représentés les instruments de la Passion.

Quand on voit à quelle intimité d’union avec Jésus Crucifié était arrivé le Serviteur de Dieu avant l’âge de 31 ans, et qu’on pense qu’il devait vivre encore jusqu’à 81 ans et fonder un Ordre voué à la réparation, on s’étonne moins de le voir associé ensuite, pendant une période de 45 ans à la vie douloureuse de Notre Seigneur Jésus-Christ. De fait, après avoir reçu la grâce de l’union transformante, il dut, selon le témoignage de son confesseur (op. cit., p. 2, et p. 115-177) traverser quarante-cinq années de désolations intérieures, d’abandon des plus douloureux, pendant lesquelles « de temps en temps seulement le Seigneur lui accordait un court répit » (ibid., p. 2).

C’est vraiment la vie réparatrice dans toute sa profondeur et son élévation, c’est l’apostolat par la souffrance spirituelle à un degré exceptionnel. Ce fut non seulement la soustraction des consolations sensibles, mais comme l’éclipse des vertus de foi, d’espérance et de charité. Le Saint se croyait abandonné de Dieu, il croyait Dieu irrité contre lui. Les tentations de désespoir et de tristesse étaient accablantes. Et pourtant en cette interminable épreuve, le Saint montrait une grande patience, une résignation parfaite à la volonté divine et une grande bonté pour tous ceux qui l’approchaient, comme le rapporte le P. Gaétan, p. 96. « Un jour il dit à son directeur : « Si l’on me demandait n’importe quand : à quoi pensez-vous ? il semble que je pourrais répondre : mon esprit s’occupe de Dieu » (S., I, 317, 64). Il en était ainsi jusque dans ses grandes désolations spirituelles, alors qu’il lui semblait n’avoir plus ni foi, ni espérance, ni charité (S., I, 324, 103). Il avait même coutume de dire : « Il me semble impossible de ne pas penser à Dieu, vu que notre esprit est tout plein de Dieu et que nous sommes entièrement en Lui » (S., I, 324, 105). » Ces témoignages sont extraits du Sommaire des procès ordinaires en vue de la canonisation.

De fait, lorsque Paul de la Croix cheminait dans les rues de Rome en disant : A via Pauli, libera nos Domine, il ne trouvait plus spirituellement l’air respirable que du côté de Dieu, et pendant 45 ans ce fut, et souvent la nuit comme le jour, une oraison douloureuse, héroïque, incessante, qui cherchait Dieu avec ardeur et qui le cherchait pour le donner aux âmes pour lesquelles ce grand saint souffrait. Plus fructueuses que des années de prédication inspirée par un moindre amour, ces années si pénibles furent une réalisation des plus élevées de la parole du Maître : « Oportet semper orare et non deficere » (Luc, XVIII, 1). On comprend dès lors la portée de cette réflexion de saint Jean de la Croix : « Un seul acte de pur amour peut faire plus de bien dans l’Église que bien des œuvres extérieures » inspirées par une moindre charité.

Sur la fin de ces 45 ans de vie douloureuse, il y eut davantage pour saint Paul de la Croix des intervalles de consolation, il se sentit attiré dans les plaies du Sauveur. Jésus en croix lui dit : « Tu es dans mon cœur » (ibid., p. 162). La sainte Vierge lui apparut. Il eut aussi une apparition d’une âme sacerdotale condamnée au purgatoire et pour laquelle il devait souffrir. La Passion du Sauveur lui fut comme imprimée sur le cœur (ibid., p. 167).

Après ces 45 ans, l’épreuve s’atténua, les consolations spirituelles augmentèrent progressivement pendant les cinq dernières années de sa longue vie. Il eut une apparition de Notre-Dame des Douleurs et d’autres faveurs à la sacristie des SS. Jean et Paul à Rome, des extases avec et sans lévitation. Puis les derniers mois de sa vie, à l’âge de 81 ans, furent le prélude immédiat de la béatitude du ciel.

Les faits que nous venons de rapporter sont certainement très exceptionnels. On rencontre pourtant de temps à autres, plus particulièrement dans les ordres contemplatifs voués à la prière et à l’immolation, des faits un peu semblables, en des âmes qui ont une vocation réparatrice et qui ont fait un vœu qui les consacre à cet apostolat par la souffrance. Nous avons personnellement connu trois carmélites fort généreuses et une âme sacerdotale qui paraissaient être dans une interminable nuit de l’esprit (trente et quarante ans) : c’étaient pourtant des âmes déjà purifiées, semble-t-il, mais leur oblation pour le salut des pécheurs paraissait avoir été acceptée.

Après l’examen de ces faits, à la lumière des principes nous croyons pouvoir arriver à cette conclusion.

Lorsque la nuit de l’esprit est surtout purificatrice, sous l’influence de la grâce qui s’exerce principalement par le don d’intelligence, les vertus théologales et l’humilité sont purifiées de tout alliage humain. Comme nous l’avons montré ailleurs[5], le motif formel de ces vertus est nettement dégagé de tout motif accessoire, et leur objet premier est mis en un très puissant relief au dessus de tout objet secondaire. L’âme ainsi purifiée peut dépasser les formules des mystères et entrer dans les profondeurs de Dieu comme dit saint Paul, I Cor., II, 10. Alors, malgré toutes les tentations contre la foi et l’espérance, l’âme croit fermement par un acte direct d’une façon très pure et très haute qui survole la tentation, elle croit pour ce seul et très pur motif surnaturellement atteint : l’autorité du Dieu révélateur ; elle espère aussi uniquement parce qu’il est l’infinie Miséricorde toujours secourable ; elle l’aime dans la plus complète aridité parce qu’il est infiniment meilleur en lui-même que tous les dons qu’il pourrait nous accorder. La Vérité première révélatrice motif formel de la foi infuse, la Miséricorde divine auxiliatrice motif formel de l’espérance, la Bonté infinie de Dieu souverainement aimable en elle-même, apparaissent alors de plus en plus dans leur surnaturalité transcendante comme trois étoiles de première grandeur en la nuit de l’esprit[6].

Lorsque cette épreuve est surtout réparatrice, lorsqu’elle a principalement pour but de faire travailler l’âme déjà purifiée au salut du prochain, alors elle conserve les mêmes caractères fort élevés que nous venons de dire, mais elle prend un autre caractère qui fait davantage penser aux souffrances intimes de Jésus et de Marie, qui eux, n’avaient pas besoin d’être purifiés. Ici la souffrance fait penser à celle d’un sauveteur, qui dans un naufrage, lutte héroïquement pour arracher à la mort ceux qui sont sur le point de se noyer. Ces sauveteurs spirituels à la manière de Paul de la Croix, luttent non seulement des heures et des mois, mais parfois des années pour arracher des âmes à la mort éternelle et ils doivent en quelque sorte à leur place résister à leurs tentations pour venir efficacement à leur secours. Ces âmes sont intimement associées à la vie douloureuse du Sauveur ; en elles se réalisent pleinement les paroles de saint Paul (Rom., VIII, 17) : « Heredes quidem Dei, coheredes autem Christi, si tamen compatimur, ut et conglorificemur. »[7]

Rome, Angelico

fr. REG. GARRIGOU-LAGRANGE, O. P.,

Professeur de Théologie mystique.



[1] Cf. Cantique Spirituel, II° P., stro. XX.

[2] Château Intérieur, VII° Demeure, ch. IV : « Sa Majesté ne peut rien nous accorder de plus précieux qu’une vie conforme à celle de son Fils bien-aimé. Aussi, j’en suis absolument convaincue, ces grâces (de l’union transformante) sont destinées à fortifier notre faiblesse et à nous rendre capables de supporter à l’exemple de ce divin Fils, de grandes souffrances. Ne voyons-nous pas que tous ceux qui ont approché de plus près Notre-Seigneur Jésus-Christ, sont ceux qui ont enduré de plus grandes tribulations ? Considérons celles de sa glorieuse Mère et de ses glorieux Apôtres. »

[3] L’Amour de Dieu et la Croix de Jésus, 1929, t. II, p. 625-631 ; 814-823.

[4] Lettere, éd. P. AMEDEO, 4 vol. Rome 1924.– Voir aussi la première biographie du Saint par le Bienheureux V. Strambi, 1786.

[5] L’Amour de Dieu et la Croix de Jésus, t. II, p. 549-656.

[6] Autant que nous connaissons la vie du P. Surin, nous pensons qu’il connut cette purification passive et y acquit de grands mérites.

[7] Du reste, même lorsque la nuit de l’esprit est surtout purificatrice et précède l’union transformante, il n’est pas rare qu’il y ait en elle à quelque degré l’autre caractère de réparation pour le prochain. C’est ce qu’on peut constater par exemple dans la Vie de saint Vincent de Paul écrite par Abelly, L. III, ch. XI, sect. I (cf. Revue d’Ascétique et de Mystique 1932, p. 398 sq.) là où il est dit qu’il accepta de souffrir pour un docteur de Sorbonne fort tourmenté par des tentations contre la foi ; saint Vincent de Paul dut alors lui-même résister pendant quatre ans à des tentations si fortes contre cette vertu, qu’il se demandait s’il y consentait ou non ; c’est alors qu’il écrivit le Credo sur une feuille de papier qu’il mit sur son cœur, et lorsque la tentation était plus violente, il pressait le Credo sur son cœur, pour se donner à lui-même un signe extérieur de sa fidélité. Au terme de ces quatre années la foi de Vincent de Paul était considérablement augmentée par tous les actes héroïques qu’il avait dû faire en traversant ce tunnel. Nous croyons qu’il faut faire la même remarque à propos des plus grandes peines intérieures du saint Curé d’Ars et aussi à propos de la purification passive de l’esprit que subit sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus vers la fin de sa vie (cf. Histoire d’une âme, 1923, ch. XII). Il faut relire à ce sujet les paroles qu’elle disait alors et qui sont tout à fait révélatrices.


http://nouvl.evangelisation.free.fr/garrigou_nuit_de_lesprit.htm

 

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Date de dernière mise à jour : 2018-04-03