MESSAGE POUR LE CARÊME ET POUR PÂQUES 2018

JoachimregoMESSAGE DU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL

À LA FAMILLE PASSIONISTE

POUR LE CARÊME ET POUR PÂQUES 2018

Mes chers Frères, Sœurs et Amis dans la Famille Passioniste,

Salutations et paix à vous tous, en ce temps de Carême où nous nous efforçons de répondre à l’appel de Jésus : « Repentez-vous et à croyez en l’Évangile ». Nous savons bien que c’est un appel quotidien et continu du Seigneur dans notre vie et notre mission de disciples. Nous savons aussi que nous sommes pleinement dépendants de la grâce (la puissance et la vie de Dieu) pour répondre au défi et à l’appel au repentir et au renouvellement.

Par les saisons liturgiques qu’elle a établies, l’Église nous aide à cheminer ensemble, par les sacrements, la méditation des Écritures et la prière, tandis que nous nous centrons sur une période particulière de la vie et de la mission de Jésus au service du Royaume de Dieu. Pendant ce temps de Carême, en préparation pour la fête de Pâques, nous sommes conduits à « marcher avec  Jésus » dans sa Passion, sa Mort et sa Résurrection salvatrices et donatrices de vie.

J’écris cette réflexion en ce jour de la Commémoration Solennelle de la Passion (dont on pourrait presque dire qu’elle est le début du Carême pour les Passionistes) qui est unique et toujours célébrée, depuis Vatican II, comme fête titulaire de notre congrégation le vendredi qui précède le mercredi des Cendres. C’est pourquoi je désire réfléchir sur notre chemin de Carême à la lumière de cette fête dont saint Paul de la Croix a désiré l’institution et qu’il commémorait en une célébration joyeuse.

Nous savons que la Commémoration Solennelle de la Passion est célébrée par toute l’Église le Vendredi Saint, commémoration centrée essentiellement sur les dernières heures de la souffrance et de la mort de Jésus. Généralement elle n’est pas présentée comme un jour de célébration joyeuse, mais de deuil, tandis que nous nous souvenons du traitement horrible, de l’indignité, de la douleur et pour finir de la mort sur une croix, comme celle d’un criminel, que  Jésus a subis. L’Église met l’accent en ce jour sur le deuil par le silence, par une liturgie sobre, par l’écoute des récits évangéliques de la Passion, le Chemin de Croix et le jeûne.

Alors, pourquoi la Famille Passioniste célèbre-t-elle la Commémoration de la Passion comme une fête spéciale avec une solennité joyeuse ? Une explication possible est à trouver dans la vision et la compréhension de St Paul de la Croix et de plusieurs frères de son époque. S’il est vrai que personne ne peut imaginer la Passion de Jésus sans la douleur et la souffrance qu’il a endurées, il semblerait pourtant que Paul de la Croix (qui vivait et imitait lui-même les souffrances de Jésus) ait désiré parvenir au cœur du message de la Passion.

Dans cette contemplation de la Passion et de Jésus Crucifié, il en vint à comprendre et à expérimenter la Passion de Jésus  comme « l’œuvre grande et la plus stupéfiante de l’amour de Dieu ». Cette intuition fut pour Paul une illumination de l’Esprit Saint. C’était un message joyeux à célébrer (Évangile veut dire Bonne Nouvelle), et il était convaincu qu’il était nécessaire de rappeler à chacun cet acte sauveur de Dieu. Dans sa vie et dans sa mission, Paul vit et expérimenta la guérison, le repentir et les miracles provenant de la puissance et de la proclamation de l’Évangile de la Passion. Cela transformait la vie et apportait une joie renouvelée !

En entrant dans la saison liturgique du Carême, nous nous souvenons que le Carême est un temps et une occasion de renouvellement, à la fois personnel et communautaire. C’est une saison joyeuse, vécue avec une grande espérance. Le Carême est une occasion de nous centrer moins sur notre état personnel et communautaire de pécheurs (ce dont nous sommes bien conscients), que sur le jaillissement gratuit de miséricorde et d’amour du cœur de Dieu. Une telle attention est ce qui inspire une contrition, un repentir … et une gratitude authentiques.

Le renouvellement/repentir est une grâce de Dieu ; ce n’est pas quelque chose que je peux produire moi-même. Cependant il requiert du discernement, ainsi que ma coopération active avec la grâce de Dieu, pour faire advenir le renouvellement que Dieu attend.

Pour nous, Passionistes, ceci présuppose que nous cheminions avec Jésus dans sa Passion, laquelle ne se limite pas seulement aux derniers jours menant à sa crucifixion et à sa mort. Au contraire, la Passion de Jésus commença avec sa conception divine et sa naissance dans l’histoire humaine (c’est le mystère de l’Incarnation), et continua avec son ministère de proclamation du royaume de Dieu, qui mena à sa mort salvatrice et à sa Résurrection donatrice de vie. Et par l’action inspirante de l’Esprit, la Passion de Jésus continue encore maintenant jusqu’à la fin des temps.

Comme le dit saint Paul de la Croix :

Toute la vie de Jésus fut une croix.

Toute la vie de celui qui sert Dieu, alors,

devrait être de demeurer sur la croix avec Jésus.

Comme St Paul de la Croix, notre contemplation et notre « marche avec Jésus » dans sa Passion va nous emmener de plus en plus profondément dans le cœur de Dieu où nous ferons l’expérience de l’étreinte accueillante de Dieu, dans l’acceptation et  l’amour de ce que nous sommes et de ce qui, dans ce que nous faisons, inspire une joie réelle et un renouvellement de vie … notre témoignage prophétique.

Pendant ce Carême, en cette année où la Congrégation Passioniste va célébrer son 47ème Chapitre Général (du 6 au 27 octobre 2018) autour du thème Renouveler notre mission : gratitude, prophétie, espérance, je nous invite tous, dans la Famille Passioniste, à saisir l’occasion offerte par les grâces spéciales du Carême et de Pâques, pour renouveler notre vœu « de garder vivante et de promouvoir la mémoire de la Passion de Jésus » comme signe de l’amour de Dieu, au moyen de notre prière, de notre réflexion, de notre témoignage et de notre action apostolique (Const. n°5 et 6).

 

« Que la Passion de Jésus soit toujours en nos cœurs. »

Le voile de l’obscurité

se transforme en la lumière la plus éclatante.

La fin la plus horrible

devient le commencement le plus beau.

Les profondeurs du désespoir

s’effacent pour révéler une espérance éternelle.

La malédiction de la mort

est vaincue par la vie éternelle*.

 

Bénédictions pascales pour vous tous, pour vos communautés et vos familles !

Fraternellement,

P. Joachim Rego CP (Supérieur Général).

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* Prière anglaise pour le jour de Pâques.

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Date de dernière mise à jour : 2018-02-15