MESSAGE POUR LE CARÊME ET POUR PÂQUES 2019

Joachimrego

 

 

« … Nos cœurs sont inquiets jusqu’à ce qu’ils reposent en Dieu »

(St Augustin).

 

Le cœur vraiment intime

est celui qui se repose en Dieu

et qui est libre, depuis ce lieu de repos,

d’avoir une relation authentique

aux autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour la réflexion personnelle et communautaire :

- Dans les combats dont vous avez fait l’expérience dans vos relations, qu’avez-vous appris sur vous-mêmes ?

- Quels modèles pouvez-vous identifier ?

- Quelle perception

avez-vous

de vos relations ?

- De quelle guérison

et de quel pardon

avez-vous besoin ?

 

Mes chers Frères, Sœurs et Amis de la Famille Passioniste,

Je vous salue sincèrement, et je voudrais nous offrir dans la Famille Passioniste, comme je le fais chaque année (même si c’est un petit peu plus tard cette année), un point commun de réflexion pour nous engager en ce début de Carême. Nous savons bien que le but du Carême est la conversion et le renouvellement, ce qui est atteint par notre réponse à la grâce de Dieu : c’est un appel à revenir au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux (Joël 2, 12-13), et à le faire maintenant, qui est un moment favorable et le jour du salut (2 Cor 6,2).

Bien-sûr, en recevant les cendres au début du Carême, chacun d’entre nous a déjà identifié un ou plusieurs domaines de sa vie humaine et de sa vocation chrétienne qui ont besoin de vigilance pour vaincre le péché et aligner davantage sa vie sur l’Évangile : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ». Cet appel personnel doit se poursuivre.

Néanmoins, je voudrais nous inviter tous pendant ce Carême à consacrer un certain temps à réfléchir et à partager sur le domaine des relations justes. Je crois que c’est l’un des « signes des temps » que l’Esprit nous pousse à scruter en ces jours. Le scandale résultant des abus (sexuels, physiques, psychologiques et spirituels) perpétrés sur des mineurs et des adultes vulnérables par des leaders de l’Église, par des prêtres et des religieux - scandale qui a été récemment révélé et mis en lumière - nous a perturbés, troublés, mis en colère et profondément blessés. De plus, nous sommes conscients que notre Famille Passioniste n’a pas été exempte de ce scandale. Plus encore, alors que l’attention sur ce fléau s’est surtout focalisée sur l’Église et d’autres institutions, nous sommes conscients aussi que cette réalité est présente dans tous les lieux de notre société, y compris la vie de famille. La naissance et la montée en force du mouvement « MeToo » et d’autres mouvements similaires, soulignent les appels de nombreuses personnes pour que les relations abusives et violentes soient reconnues pour ce qu’elles sont et dénoncées, et pour que des relations justes soient mises en œuvre.

Une relation juste est une relation qui est authentique et sincère, qui ne sort pas de ses propres limites ou frontières, où nous n’essayons pas de nous exprimer en imitant les autres ou selon ce que les autres attendent de nous, mais en fondant toujours notre relation sur notre propre vérité, sur notre intimité, c’est-à-dire sur notre capacité à voir et à connaître les profondeurs de notre être propre. Lorsque nos relations sont ainsi fondées,  nos expressions d’affection sont acceptables car elles sont vraies. Elles viennent d’un cœur qui est en lien avec lui-même et avec l’autre. Elles sont acceptables également parce qu’elles respectent l’attitude, la culture et la personnalité de l’autre.

Les relations justes sont un droit humain. Les Écritures (la parole inspirée de Dieu) nous révèlent les commandements de Dieu par lesquels nous sommes formés à avoir des relations saines et aimantes avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes et avec la création de Dieu - non pas en en usant et abusant afin d’y trouver notre compte ou notre propre satisfaction, mais en reconnaissant la dignité de chacun et de chaque chose, et en nous y engageant avec respect et totalement : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19,2). Jésus lui-même nous enseigne qu’au cœur de notre vie de disciples se situent des relations empreintes d’amour : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force … Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mc 12, 28-32).

Aussi horrible que cela puisse être pour nous d’ouvrir nos yeux et de voir, d’ouvrir nos oreilles et d’entendre, d’ouvrir nos cœurs et de ressentir les horreurs perpétrées par d’autres - surtout lorsqu’il s’agit d’autres qui ne nous sont pas neutres - horreurs dues à une manière malsaine d’avoir des relations aux autres et de les traiter, nous devons accepter cette révélation comme un appel de l’Esprit - un signe des temps - à faire face en nous-mêmes aux questions fondamentales qui bloquent notre vraie liberté et empêchent des relations saines, pleines d’amour et justes avec Dieu, avec les autres, avec nous-mêmes et avec la création.

Que votre démarche de Carême vous apporte toutes les richesses et bénédictions de l’intégrité et de la guérison, et que par la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus, vous puissiez connaître, de manière renouvelée, la vie et l’amour de Dieu dans la célébration de Pâques.

P. Joachim Rego, CP

Supérieur Général

 

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2019-03-26