Saint Cassien d’AUTUN

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Évêque d’Autun, 355

Cassien, originaire d'Egypte, fut instruit dans la foi et la piété chrétienne par le saint martyr Théon. L'opinion que l'on eut de sa vertu et de sa capacité le fit même choisir pour évêque d'une ville que les uns appellent Orlhe en Egypte, et les autres Orlhosie en Phénicie. On dit qu'après la paix donnée par Constantin, une vision détermina Cassien à quitter son église pour venir en Occident. Allant en Angleterre, afin d'y travailler à la conversion des Bretons, il passa par Autan pour y converser avec les Druides, comme le faisaient plusieurs autres missionnaires, avant d'aller en Bretagne. S. Rhétice le détourna de son voyage, le fixa à Autun et l'admit dans son clergé.

Élu évêque d'Autun, après la mort de S. Rhétice, vers l'an 334, il soutint avec zèle les conversions que ce saint et savant prélat avait commencées, imita ses vertus, augmenta le nombre des fidèles, et mourut saintement après environ vingt ans d'épiscopat. Il fut enterré dans le cimetière de St-Pierre-Létrier qui avait déjà la réputation de renfermer beaucoup de corps saints, soit de martyrs, soit de fidèles morts en paix. S. Grégoire de Tours, qui vivait 250 ans après, atteste avoir vu le sépulcre de S. Cassien entouré d'une vénération extraordinaire. La poussière que l'on enlevait des pierres de son tombeau était un remède souverain contre toutes les maladies. Aussi en était-il presque usé et percé du temps de Grégoire de Tours.

Constance, auteur de la Vie de S. Germain d'Auxerre, rapporte que ce saint évêque, allant en Italie, passa par Autun, et voulut y visiter le célèbre polyandre de S. Pierre, et spécialement le tombeau de S. Cassien. II n'y fut pas plutôt arrivé, qu'il aperçut une croix noire sur un marbre blanc. Alors il se mit en prières, et dit au saint évêque : « Que faites-vous ici, mon glorieux frère ? » — Cassien lui répondit aussitôt, et ses paroles furent entendues de tous les assistants : — « Je jouis en paix d'un doux repos en Jésus-Christ, et j'attends l'avènement du Rédempteur. » Germain lui répartit : — « Reposez longtemps encore en Jésus-Christ, ô mon frère ! Mais continuez d'intercéder auprès de Notre-Seigneur pour nous et pour ce peuple, afin que nous méritions d'entendre le son » désiré de la trompette, les chants mélodieux des élus, et que nous participions aux joies de la sainte résurrection. »

L'abbé de Saint-Quentin en Vermandois, touché des merveilles qui s'opéraient continuellement au tombeau du saint, conçut le dessein de procurer à son monastère de si vénérables reliques. Il envoya donc des députés à Modon, évêque d'Autun, chargés de le prier instamment de lui accorder le corps de S. Cassien. Il l'obtint, en effet, et le fit transporter en son église vers l'an 820. Il le plaça d'abord en divers endroits, qui ne parurent point assez décents pour un trésor aussi précieux. C'est pourquoi Charles-le-Chauve lui fit préparer un reliquaire magnifique dans la voûte souterraine de la basilique de Saint-Quentin et eut soin de l'y faire placer honorablement. Quoique le corps de S. Cassien ne reposât plus à Autun, le roi Robert éleva une très belle chapelle dans le lieu où il avait été inhumé.

Ce qui prouve combien la mémoire de S. Cassien était célèbre au moyen-âge, c'est le nombre des fêtes instituées en son honneur. Il y en avait au 1er janvier, au 9 février, au 2 mai, au 16 juillet, et au 14 novembre, pour célébrer son arrivée à Autun, son ordination et les diverses translations de ses reliques. L'église de Savigny, près de Beaune, était dédiée en son honneur.

http://nouvl.evangelisation.free.fr/cassien_dautun.htm

 

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Date de dernière mise à jour : 2018-12-05