Sainte Catherine de Sienne

Catherine de sienne 1Sainte Catherine de Sienne 
Docteur de l'Église et copatronne de l'Europe

 Caterina, l'une des saintes les plus merveilleuses qui aient paru sur la terre, naquit à Sienne (Toscane, Italie) le 25 mars 1347, de parents vertueux, mais qui pourtant, chose incroyable, se firent longtemps ses persécuteurs et entravèrent, autant qu'il leur fut possible, sa vocation religieuse. 

Dès l'âge de cinq ans, elle ne montait les escaliers de la maison paternelle qu'à genoux, récitant l'Ave Maria à chaque degré. Vers cette époque, elle eut une apparition de Notre-Seigneur, qui lui révéla tous les secrets de la vie parfaite. 

Un jour, l'admirable enfant, se prosternant dans sa chambre, pria la très Sainte Vierge de lui donner son divin Fils pour Époux, et dès lors elle ne songea qu'à la vie religieuse, qui passionnait noblement son âme. Comme ses parents voulaient la marier, Dieu leur fit comprendre par différents signes extraordinaires que leur fille devait rester vierge ; malgré tout, ils persistèrent à la retenir dans le monde. Catherine ne se découragea pas ; elle se fit comme une cellule au fond de son cœur, où elle trouvait toujours son Bien-Aimé. 

C'est alors que commença pour elle une vie de telles austérités, que les Vies des Saints nous offrent peu de pareils exemples : disciplines, châssis de fer, cilice, privation de nourriture et de sommeil, elle n'ignora rien de tous ces martyres volontaires ; elle en vint à ne dormir qu'une demi-heure en deux nuits, ce fut la mortification qui lui coûta le plus. C'était une lutte continuelle entre la mère et la fille, la tendresse de l'une voulant éviter à l'autre ce martyre de chaque jour, la passion de la souffrance chez l'une rendant inutile l'humaine compassion de l'autre. 

De guerre lasse, il fallut enfin laisser partir au couvent cette fille si chérie et si longtemps maltraitée : Catherine, à l’âge de 16 ans, poussée par une vision de saint Dominique, entra dans le Tiers Ordre dominicain, dans la branche féminine dite des Mantellate. 

Dès lors sa vie devint de plus en plus étonnante. Elle eut quelques tentations pénibles pour son âme angélique ; le Sauveur, pour la récompenser de la victoire, lui apparut couvert des ignominies de sa Passion : « Où étiez-vous donc, Seigneur, pendant ce terrible combat ? Ma fille, j'étais dans ton cœur, et je me réjouissais de ta fidélité. » 

Dans une de ses apparitions, le Sauveur ôta le cœur de la poitrine de sa servante et mit le sien à sa place. Une autre fois, elle reçut les stigmates du divin Crucifié. Souvent, au moment de la communion, l'Hostie s'échappait des mains du prêtre pour voler vers la bouche de Catherine.

Sa vie entière fut un miracle. Dieu permit qu'elle exerçât une immense influence sur son époque, et qu'elle contribuât pour beaucoup à la cessation du grand schisme d'Occident. 

Elle mourut le 29 avril 1380, à l'âge de trente-trois ans. 

Le procès en canonisation de Catherine de Sienne commence dès 1411, mais est suspendu du fait du Grand Schisme d’Occident et ne reprend qu'après le Concile de Constance et l'élection du pape Martin V (Oddone Colonna, 1417-1431).

C'est le pape Pie II (Enea Silvio Piccolimini, 1458-1464) qui déclare Catherine de Sienne sainte le 29 juin 1461, jour de la fête des apôtres Pierre et Paul, dans la Basilique vaticane. 

Le Bx Pie IX (Giovanni Maria Mastai Ferretti, 1846-1878),  dans le décret du 13 avril 1866  déclare Catherine de Sienne Co-patronne de Rome.

Le 18 juin 1939, le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958) déclare Catherine de Sienne sainte patronne principale d'Italie, au même niveau que saint François d’Assise. 

Le 4 octobre 1970, le Vénérable  Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) donne à Catherine de Sienne le titre de docteur de l’Église, elle devient ainsi la seconde femme à obtenir cette distinction dans l'Église (après Thérèse d’Avila et avant Thérèse de Lisieux).

Le 1er octobre 1999, saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005) la déclare sainte patronne de l'Europe avec Edith Stein et Brigitte de Suède.

Sources principales : viechretienne.catholique.org/ ; wikipédia (« Rév. x gpm »).

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20140429&id=13392&fd=0

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Catherine of siena writingCatherine de Sienne

Chers frères et sœurs,

Je voudrais aujourd’hui vous parler d’une femme qui a eu un rôle éminent dans l’histoire de l’Eglise. Il s’agit de sainte Catherine de Sienne. Le siècle auquel elle vécut — le XIVe — fut une époque tourmentée pour la vie de l’Eglise et de tout le tissu social en Italie et en Europe. Toutefois, même dans les moments de grandes difficultés, le Seigneur ne cesse de bénir son peuple, suscitant des saints et des saintes qui secouent les esprits et les cœurs provoquant la conversion et le renouveau. Catherine est l’une de celles-ci et, aujourd’hui encore, elle nous parle et nous incite à marcher avec courage vers la sainteté pour être toujours plus pleinement disciples du Seigneur.

Née à Sienne, en 1347, au sein d’une famille très nombreuse, elle mourut dans sa ville natale en 1380. A l’âge de 16 ans, poussée par une vision de saint Dominique, elle entra dans le Tiers Ordre dominicain, dans la branche féminine dite des Mantellate. En demeurant dans sa famille, elle confirma le vœu de virginité qu’elle avait fait en privé alors qu’elle était encore adolescente, et se consacra à la prière, à la pénitence et aux œuvres de charité, surtout au bénéfice des malades.

Lorsque la renommée de sa sainteté se diffusa, elle fut protagoniste d’une intense activité de conseil spirituel à l’égard de toutes les catégories de personnes: nobles et hommes politiques, artistes et personnes du peuple, personnes consacrées, ecclésiastiques, y compris le Pape Grégoire XI qui à cette époque, résidait à Avignon, et que Catherine exhorta de façon énergique et efficace à revenir à Rome. Elle voyagea beaucoup pour solliciter la réforme intérieure de l’Eglise et pour favoriser la paix entre les Etats: c’est pour cette raison également, que le vénérable Jean-Paul II voulut la déclarer co-patronne de l’Europe: pour que le Vieux continent n’oublie jamais les racines chrétiennes qui sont à la base de son chemin et continue de puiser à l’Evangile les valeurs fondamentales qui assurent la justice et la concorde.

Catherine souffrit beaucoup, comme de nombreux saints. Certains pensèrent même qu’il fallait se méfier d’elle, au point qu’en 1374, six ans avant sa mort, le chapitre général des Dominicains la convoqua à Florence pour l’interroger. Il mirent à ses côtés un frère cultivé et humble, Raymond de Capoue, futur maître général de l’Ordre. Devenu son confesseur et également son «fils spirituel», il écrivit une première biographie complète de la sainte. Elle fut canonisée en 1461.

La doctrine de Catherine, qui apprit à lire au prix de nombreuses difficultés et à écrire à l’âge adulte, est contenue dans le Dialogue de la Divine Providence, ou Livre de la Divine Doctrine, chef d’œuvre de la littérature spirituelle, dans ses Lettres, et dans le recueil de Prières. Son enseignement contient une telle richesse qu’en 1970, le Serviteur de Dieu Paul VI, la déclara Docteur de l’Eglise, titre qui s’ajoutait à celui de co-patronne de la ville de Rome, par volonté du bienheureux Pie IX, et de patronne d’Italie, selon la décision du vénérable Pie XII.

Dans une vision qui ne s’effaça plus jamais du cœur et de l’esprit de Catherine, la Vierge la présenta à Jésus, qui lui donna un anneau splendide, en lui disant: «Moi, ton créateur et sauveur, je t’épouse dans la foi, que tu conserveras toujours pure jusqu’à ce que tu célèbres avec moi tes noces éternelles» (Raymond de Capoue, Sainte Catherine de Sienne, Legenda maior, n. 115, Sienne, 1998). Cet anneau ne demeura visible qu’à elle seule. Dans cet épisode extraordinaire, nous percevons le sens vital de la religiosité de Catherine et de toute spiritualité authentique: le christocentrisme. Le Christ est pour elle comme l’époux, avec lequel existe un rapport d’intimité, de communion et de fidélité; il est le bien-aimé au-delà de tout autre bien.

Cette union profonde avec le Seigneur est illustrée par un autre épisode de la vie de cette éminente mystique: l’échange du cœur. Selon Raymond de Capoue, qui transmit les confidences reçues de Catherine, le Seigneur Jésus lui apparut tenant dans la main un cœur humain rouge resplendissant, lui ouvrit la poitrine, l’y introduisit et dit: «Ma très chère petite fille, de même qu’un jour j’ai pris le cœur que tu m’offrais, voici à présent que je te donne le mien, et désormais, il prendra la place qu’occupait le tien» (ibid.). Catherine a vécu véritablement les paroles de saint Paul: «Ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi» (Ga 2, 20).

Comme la sainte de Sienne, chaque croyant ressent le besoin de s’uniformiser aux sentiments du Cœur du Christ pour aimer Dieu et son prochain, comme le Christ lui-même aime. Et nous pouvons tous laisser notre cœur se transformer et apprendre à aimer comme le Christ, dans une familiarité avec Lui nourrie par la prière, par la méditation sur la Parole de Dieu et par les Sacrements, en particulier en recevant fréquemment et avec dévotion la sainte communion. Catherine appartient elle aussi à ce groupe de saints eucharistiques, avec lesquels j’ai voulu conclure mon Exhortation apostolique Sacramentum caritatis (cf. n. 94). Chers frères et sœurs, l’Eucharistie est un don d’amour extraordinaire que Dieu nous renouvelle sans cesse pour nourrir notre chemin de foi, renforcer notre espérance, enflammer notre charité, pour nous rendre toujours plus semblables à Lui.

Autour d’une personnalité aussi forte et authentique commença à se constituer une véritable famille spirituelle. Il s’agissait de personnes fascinées par l’autorité morale de cette jeune femme dont la vie atteignait un niveau très élevé, et parfois impressionnées également par les phénomènes mystiques auxquels elles assistaient, comme les extases fréquentes. Beaucoup de gens se mirent à son service et considérèrent surtout comme un privilège d’être guidées spirituellement par Catherine. Ils l’appelaient «maman», car en tant que fils spirituels, ils puisaient en elle la nourriture de l’esprit.

Aujourd’hui aussi l’Eglise tire un grand bénéfice de l’exercice de la maternité spirituelle de nombreuses femmes, consacrées et laïques, qui nourrissent dans les âmes la pensée pour Dieu, qui renforcent la foi des personnes et qui orientent la vie chrétienne vers des sommets toujours plus élevés. «Je vous dis et je vous appelle mon fils — écrit Catherine en s’adressant à l’un de ses fils spirituels Giovanni Sabbatini —, dans la mesure où je vous mets au monde par des prières incessantes et mon désir auprès de Dieu, comme une mère met son fils au monde» (Recueil de lettres, Lettre n. 141: A dom Giovanni de’ Sabbatini). Elle avait l’habitude de s’adresser au frère dominicain Bartolomeo de Dominici par ces mots: «Bien-aimé et très cher frère et fils dans le doux Christ Jésus».

Un autre trait de la spiritualité de Catherine est lié au don des larmes. Celles-ci expriment une extrême et profonde sensibilité, la capacité à s’émouvoir et à éprouver de la tendresse. De nombreux saints ont eu le don des larmes, renouvelant l’émotion de Jésus lui-même, qui n’a pas retenu et caché ses pleurs devant le sépulcre de son ami Lazare et la douleur de Marie et de Marthe, et à la vue de Jérusalem, au cours de ses derniers jours terrestres. Selon Catherine, les larmes des saints se mélangent au Sang du Christ, dont elle a parlé avec un ton vibrant et des images symboliques très efficaces: «Rappelez-vous du Christ crucifié, Dieu et homme (...) Donnez-vous pour objet le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, noyez-vous dans le sang du Christ crucifié» (Recueil de lettres, Lettre n. 21; A une personne que l’on ne nomme pas).

Nous pouvons ici comprendre pourquoi Catherine, bien que consciente des fautes humaines des prêtres, ait toujours éprouvé un très grand respect pour eux: ces derniers dispensent, à travers les sacrements et la Parole, la force salvifique du Sang du Christ. La sainte de Sienne a toujours invité les saints ministres, et également le Pape, qu’elle appelait «doux Christ de la terre», à être fidèles à leurs responsabilités, toujours et seulement animée par son amour profond et constant pour l’Eglise. Avant de mourir, elle dit: «Alors que je quitte mon corps, moi en vérité j’ai consommé et donné ma vie dans l’Eglise et pour la Sainte Eglise, ce qui m’est une grâce très particulière» (Raymond de Capoue, Sainte Catherine de Sienne, Legenda maior, n. 363).

Nous apprenons donc de sainte Catherine la science la plus sublime: connaître et aimer Jésus Christ et son Eglise. Dans le Dialogue de la Divine Providence celle-ci, à travers une image singulière, décrit le Christ comme un pont lancé entre le ciel et la terre. Celui-ci est formé de trois marches constituées par les pieds, par le côté et par la bouche de Jésus. En s’élevant grâce à ces marches, l’âme passe à travers les trois étapes de chaque voie de sanctification: le détachement du péché, la pratique de la vertu et de l’amour, l’union douce et affectueuse avec Dieu.

Chers frères et sœurs, apprenons de sainte Catherine à aimer avec courage, de manière intense et sincère, le Christ et l’Eglise. Faisons donc nôtres les paroles de sainte Catherine que nous lisons dans le Dialogue de la Divine Providence, en conclusion du chapitre qui parle du Christ-pont: «Par miséricorde, tu nous as lavés dans le Sang, par miséricorde, tu voulus converser avec les créatures. O fou d’amour! Il ne t’a pas suffi de t’incarner, mais tu voulus aussi mourir! (...) O miséricorde! Mon cœur étouffe en pensant à toi: car où que je me tourne, je ne trouve que miséricorde» (chap. 30). Merci.

* * *

Chers amis, puisse sainte Catherine de Sienne nous apprendre ainsi la science la plus sublime: aimer avec courage intensément et sincèrement Jésus Christ et aimer l’Eglise! Je salue cordialement les pèlerins francophones: bon séjour à tous! 

BENOÎT XVI  AUDIENCE GÉNÉRALE   Mercredi 24 novembre  2010  

© Copyright 2010 - Libreria Editrice Vaticana

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Catherine de sienne 2Sainte Catherine de Sienne : une vie mystique et une vie d’action


      Quand Catherine voit le jour en 1347, la situation en Italie et en Europe est devenue très difficile. Déjà s’annonçait la peste noire, qui devait semer la dévastation ; la société était troublée par la Guerre de Cent Ans et des invasions de mercenaires ; les papes avaient dû quitter Rome pour Avignon ; le schisme d’Occident allait se prolonger jusqu’en 1417. Fille d'un teinturier, Catherine prend très rapidement conscience des besoins du monde qui l'entoure. Attirée par la forme de vie apostolique des dominicains, elle demande à être agrégée au tiers ordre (on appelait ces pieuses femmes les « Mantellate »). Celles-ci n'étaient pas des religieuses à proprement parler et ne vivaient pas la vie commune, mais elles portaient la robe blanche et le manteau noir des frères prêcheurs…

      Catherine était entourée d’une foule bigarrée de disciples, de toute classe sociale et de toute origine. Elle les attirait par la pureté de sa foi et par la liberté de son acceptation de la parole de Dieu, sans adoucissement ni compromis... Elle atteignit le sommet de son progrès intérieur par les noces spirituelles…; on aurait donc pu penser que sa vie s'écoulerait dans la solitude et dans la contemplation. Mais Dieu, au contraire, l'avait attachée à lui pour qu'elle lui soit unie dans l’oeuvre de son Royaume… Le dessein du Christ était de la lier étroitement à lui par « l'amour du prochain », c'est-à-dire aussi bien par la douceur des liens de l'âme que par les travaux extérieurs ; ce fut ce que l'on a appelé «  la mystique sociale »...

      Après s'être appliquée à la conversion de pécheurs individuels, elle passa à la réconciliation de personnes ou de familles opposées par de mauvaises querelles, puis à la pacification des villes ou des Etats... L'impulsion intérieure du Maître divin lui ouvrit pour ainsi dire une humanité de surcroît. C'est ainsi que cette humble fille d'artisan, illettrée, pratiquement sans études et sans culture, eut l'intelligence des besoins de son temps au point de dépasser les limites de sa cité et d'atteindre une dimension mondiale par son action. 

Lettre apostolique de Jean Paul II pour le 6e centenaire de la mort de Ste Catherine de Sienne (trad. DC n°1793 du 5/10/1980, p. 851 © Libreria Editrice Vaticana)

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Cathsienne

Abbaye saint joseph de clairval 21150Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,

 «Dans l’histoire complexe de l’Europe, le christianisme représente un  élément central et caractéristique, affirmait le bienheureux Pape  Jean-Paul II, le 1er octobre 1999, lorsqu’il proclama patronnes de l’Europe les saintes Brigitte de Suède, Catherine de Sienne et Thérèse-Bénédicte de la Croix... La foi chrétienne a façonné la culture du continent et a été mêlée de façon inextricable à son histoire... Il y a d’innombrables chrétiens qui, par leur vie droite et honnête, animée par l’amour de Dieu et du prochain, ont atteint, dans les vocations consacrées et laïques les plus diverses, une sainteté véritable et largement diffusée, même si elle était cachée. L’Église ne doute pas que ce trésor de sainteté soit précisément le secret de son passé et l’espérance de son avenir... Le rôle de sainte Catherine de Sienne dans les développements de l’histoire de l’Église et même dans l’approfondissement doctrinal du message révélé a été reconnu d’une manière significative, jusqu’à l’attribution du titre de Docteur de l’Église [par le Pape Paul VI, le 4 octobre 1970]».

Fille d’un teinturier, Giacomo Benincasa, et de son épouse, Lapa, Catherine et sa sœur jumelle Jeanne naissent à Sienne, en Italie, le 25 mars 1347. Elles viennent au monde après vingt-deux frères et sœurs. Jeanne meurt bientôt et, en 1348, les parents Benincasa adoptent un jeune orphelin de dix ans, Tommaso della Fonte. Dès son enfance, Catherine ressent un profond attrait pour Dieu et pour Marie. À peine âgée de cinq ans, elle récite avec ferveur le “Je vous salue, Marie”, qu’elle s’amuse à répéter sur chaque marche en montant ou en descendant les escaliers. Plus tard, elle ne cessera de recommander le recours à Marie en toute occasion: « Marie est notre avocate, la Mère de la grâce et de la miséricorde. Elle n’est pas ingrate envers ses serviteurs.» Vers l’âge de six ans, elle a une vision du Christ qui la bénit. Cette expérience renforce la ferveur de Catherine. L’éducation religieuse qu’elle reçoit comprend des lectures de vies de saints, d’ermites ou de pères du désert, qu’elle cherche ensuite à imiter par une vie d’ascèse et de solitude. L’attrait de Catherine pour l’ordre des Dominicains grandit lorsque Tommaso entre au noviciat Saint-Dominique en 1353. À sept ans, Catherine fait vœu de chasteté.

 Ingéniosité

 Lorsqu’elle a une douzaine d’années, pour satisfaire sa  mère et Bonaventura, sa sœur aînée, Catherine se laisse vêtir avec élégance. En août 1362, Bonaventura meurt en couches. Après ce deuil, les parents veulent marier Catherine qui s’y refuse catégoriquement. Ils cherchent le soutien de Tommaso. Devant la ferme résolution de Catherine qui veut se consacrer à Dieu, celui-ci la convainc de couper ses cheveux. Ses parents en sont profondément irrités. Outre les punitions et les brimades, elle est chassée de sa chambre, où elle passait de longs moments seule en prière, et sa mère, qui ne la comprend pas, l’oblige à remplacer la servante dans les tâches ménagères. Elle décide alors de se faire comme «une petite cellule monastique» au-dedans d’elle-même, où elle s’enferme avec Jésus pendant ses travaux. Pour faciliter son recueillement et son obéissance, elle s’applique à voir dans sa mère la Très Sainte Vierge; en servant son père, elle s’imagine servir Jésus ; ses frères et ses sœurs, ce sont les disciples du Christ et les saintes femmes... À force d’ingéniosité, Catherine parvient à être contemplative au milieu du monde, à être dans le monde sans être mondaine, transformant les circonstances de la vie ordinaire en autant d’occasions de rencontres avec Dieu. Plus tard, elle affirmera à ses disciples que «tout ce qui est fait par charité pour le prochain ou pour soi-même, toutes ces œuvres extérieures quelles qu’elles soient, si elles sont accomplies avec une volonté sainte, sont une prière».

Un jour, Catherine voit en songe saint Dominique qui lui tend un lis et un habit de religieuse dominicaine. Devant la détermination de Catherine, son père l’autorise enfin à se joindre aux sœurs de la Pénitence de Saint-Dominique (surnommées les Mantellate du fait de leur manteau noir, mantellata en italien); celles-ci constituent un groupement essentiellement composé de veuves qui se consacrent aux œuvres de charité et se réunissent pour assister à la Messe et recevoir des instructions religieuses. Présentée par sa mère, Catherine essuie un refus de la part des sœurs qui la trouvent trop jeune et peut-être trop exaltée. Mais peu de temps après, bouleversées par l’ardeur et le courage de Catherine qui a supporté une grave maladie, les sœurs acceptent de la recevoir et, vers la fin de 1364, elle revêt l’habit.

 «Si je n’y avais pas été...»

 Dès son noviciat, Catherine, qui mène une vie très  ascétique, est favorisée d’apparitions et de colloques avec Jésus. Ces dons mystiques ne vont toutefois pas sans des moments de doutes, d’angoisses et de fortes tentations. Après une tentation spécialement forte, Catherine jouit d’une apparition de Notre-Seigneur: «Bon et très doux Jésus, lui dit-elle avec douceur, où étiez-vous, tandis que mon âme était en proie à de tels tourments? – J’étais dans ton cœur, Catherine, car je ne m’éloigne que de ceux qui, les premiers, s’éloignent de moi en consentant au péché. – Comment! Vous étiez dans mon cœur submergé des pensées les plus dégoûtantes? – Dis-moi, Catherine, ces pensées te causaient-elles de la joie ou de la tristesse? – Ah, Seigneur! une tristesse et un dégoût immenses. – Et qu’est-ce qui faisait que tu étais triste, sinon ma présence au milieu de ton cœur? Si je n’y avais pas été, tu aurais consenti à ces tentations: c’est moi qui te les faisais repousser et t’en affliger. Et j’étais ravi par la fidélité que tu me gardais pendant ce douloureux combat.» Dans l’une de ses lettres, Catherine livrera l’enseignement précieux tiré de cette épreuve: «Dieu permet la tentation pour que nos vertus fassent leurs preuves et pour augmenter sa grâce; pour que nous soyons non pas vaincus, mais vainqueurs grâce à la confiance dans le secours divin qui nous fait dire avec l’Apôtre Paul: Je puis tout en Jésus crucifié qui est en moi et qui me fortifie (cf. Ph 4, 13).»

Plusieurs figures de l’Ancien Testament – Abel, Abraham, Job, Tobie – nous rappellent que Dieu fait passer ses plus chers amis par l’épreuve et la tentation. En effet, par la tentation, nous expérimentons notre faiblesse et le poids de malice que nous portons en nous. Cette connaissance de nous-mêmes nous met dans la vérité et nous humilie; elle est très bénéfique pour notre salut. La tentation nous porte à pratiquer la vertu opposée au vice vers lequel elle nous incline. Enfin, elle nous oblige à recourir à Dieu dans la prière; en ce sens, elle est source d’union à Dieu. C’est pourquoi, le Catéchisme de l’Église Catholique affirme: «Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel» (CEC, 2015).

En 1368, le père de Catherine tombe malade et meurt, malgré les prières de sa fille. Cette même année, dans une vision qui demeurera à jamais dans le cœur et dans l’esprit de Catherine, la Vierge la présente à Jésus, qui lui donne un anneau splendide, en lui disant: «Moi, ton Créateur et Sauveur, je t’épouse dans la foi, que tu conserveras toujours pure jusqu’à ce que tu célèbres avec moi tes noces éternelles au ciel.» Catherine ressent en permanence la présence de cet anneau et même le voit, mais elle seule. Dès lors, Catherine met davantage en pratique son amour de Dieu par une attention plus grande envers les malades et les pauvres. Elle accomplit des miracles en leur faveur. Mais elle est également l’objet de moqueries et de calomnies: certains l’accusent d’être une femme de mauvaise vie.

Catherine est favorisée du don des larmes. Celles-ci expriment une profonde sensibilité, une grande capacité d’émotion et de tendresse. De nombreux saints ont eu ce don, renouvelant ainsi l’émotion de Jésus lui-même, qui n’a pas retenu ni caché ses larmes devant le tombeau de son ami Lazare et la douleur de Marie et de Marthe, ainsi qu’à la vue de Jérusalem, au cours de ses derniers jours terrestres. «Rappelez-vous le Christ crucifié, Dieu et homme, écrit Catherine à un correspondant... Donnez-vous pour objectif le Christ crucifié, cachez-vous dans les plaies du Christ crucifié, noyez-vous dans le sang du Christ crucifié.»

 «La doctrine de Marie»

 Par l’intermédiaire de son frère Tommaso, Catherine fait la connaissance de Bartolomeo di Domenico, un jeune dominicain. Une grande amitié spirituelle naît entre eux: Bartolomeo lui enseigne la théologie et elle lui prodigue ses encouragements. La renommée de Catherine se répand, et elle développe une intense activité de conseil spirituel à l’égard de personnes très diverses: nobles et hommes politiques, artistes et gens du peuple, personnes consacrées, ecclésiastiques. Autour d’elle se forme un groupe de disciples qu’elle exhorte à travailler au salut du prochain. Elle appelle le zèle pour les âmes «la doctrine de Marie » car, explique-t-elle, «en tant qu’homme, le Fils de Dieu était revêtu du désir de l’honneur de son Père et de notre salut; et ce désir fut si grand qu’il courut dans son ardeur à travers les peines, la honte et l’outrage jusqu’à la mort ignominieuse de la croix. Or, le même désir fut en Marie car elle ne pouvait désirer autre chose que l’honneur de Dieu et le salut des créatures.» Catherine commence aussi à voyager. Mais son activité suscite l’étonnement à Sienne ainsi que dans l’ordre dominicain et, en 1374, elle comparaît devant le chapitre général des Dominicains à Florence. On lui donne comme guide spirituel un prêtre cultivé et humble, Raymond de Capoue, futur Maître général de l’Ordre qui devient son confesseur et aussi son fils spirituel (il est aujourd’hui honoré comme bienheureux).

À la Pentecôte de 1374, Catherine reçoit les stigmates du Christ: les plaies des mains, des pieds et du côté de Jésus crucifié s’impriment dans sa chair, mais d’une manière invisible, comme elle l’a formellement demandé au Christ. La vie spirituelle consiste pour elle dans l’union à Dieu qui est une «voie de vérité», et sur cette voie, la Passion du Christ est le meilleur guide: elle est «préférable à tous les livres». L’amour conduit Catherine de Sienne à l’imitation du Christ et de son sacrifice sur la Croix, à travers une vie d’ascèse, de pénitence, de prière et de service des autres. Elle devient ainsi un “alter Christus” (autre Christ). Son amour du prochain la presse tellement qu’un jour elle n’hésite pas à pénétrer dans la cellule d’un condamné à mort pour le conjurer de se réconcilier avec Dieu. Nicolas di Toldo avait été condamné à la peine capitale pour des raisons politiques. La visite de Catherine dans son cachot transforme le jeune homme qui se confesse, entend la Messe et reçoit la sainte Communion. Au jour de l’exécution, pour la plus grande joie du condamné, Catherine est là. Il ne cesse de murmurer les noms de “Jésus” et de “Catherine”. Après l’exécution, la sainte voit son âme pénétrer dans le sein de Dieu «comme l’épouse qui arrive sur le seuil de la demeure de l’époux». Plus tard, Dieu révèlera à Catherine comment cette condamnation avait permis à Nicolas di Toldo de recouvrer l’état de grâce, l’amitié de Dieu, et d’obtenir ainsi le salut, la vie éternelle.

 Ministère indispensable

 À partir de 1375, Catherine s’engage pour le retour des  Papes d’Avignon à Rome (depuis 1309, la papauté demeurait en Avignon, pour des raisons politiques) ainsi que pour l’unité et l’indépendance de l’Église, qu’aucun saint, peut-être, n’a aimée autant qu’elle. «L’Église, écrit-elle, n’est rien d’autre que le Christ Lui-même», la dépositaire de l’amour de Dieu pour les hommes; et l’Église hiérarchique est le ministère indispensable pour le salut du monde. De là découlent le respect et l’amour passionné de Catherine pour le Souverain Pontife, en qui elle voit «le doux Christ sur la terre», et à qui sont dues une affection et une obéissance filiales: «Celui qui désobéira au Christ sur la terre (c’est-à-dire au Pape), représentant le Christ dans les cieux, ne participera pas au fruit du Fils de Dieu.» La sainte enseignait déjà à sa manière la doctrine sur la primauté du Souverain Pontife qui devait être définie par le premier concile du Vatican, en 1870: tous, pasteurs et fidèles, «sont tenus au devoir de subordination hiérarchique et de vraie obéissance (au Pontife romain), non seulement dans les questions qui concernent la foi et les mœurs, mais aussi dans celles qui touchent à la discipline et au gouvernement de l’Église répandue dans le monde entier. Ainsi, en gardant l’unité de communion et de profession de foi avec le Pontife romain, l’Église est un seul troupeau sous un seul pasteur. Telle est la doctrine de la vérité catholique, dont personne ne peut s’écarter sans danger pour sa foi et son salut» (Constitution sur l’Église, ch. 3, DS 3060).

Les exhortations de Catherine sont la mise en œuvre de la mission qu’elle a reçue de Dieu. Il ne s’agit pas pour elle de bouleverser les structures essentielles de l’Église, de se révolter contre les Pasteurs ou d’innover en matière de culte et de discipline, mais de rendre à l’Épouse du Christ sa vocation première. En effet, «bien que l’Église, par la vertu de l’Esprit-Saint, soit restée l’Épouse fidèle de son Seigneur et n’ait jamais cessé d’être dans le monde le signe du salut, elle sait fort bien toutefois que, au cours de sa longue histoire, parmi ses membres, clercs et laïcs, il n’en manque pas qui se sont montrés infidèles à l’Esprit de Dieu... Guidée par l’Esprit-Saint, l’Église, notre Mère, ne cesse d’exhorter ses fils à se purifier et à se renouveler, pour que le signe du Christ brille avec plus d’éclat sur le visage de l’Église» (Concile Vatican II, Gaudium et spes, n. 43).

«Sainte Catherine, faisait remarquer le Pape Paul VI, a aimé l’Église dans sa réalité qui, comme nous le savons, a un double aspect: le premier, mystique, spirituel, invisible, l’aspect essentiel et confondu avec le Christ Rédempteur glorieux... ; le second aspect est humain, historique, institutionnel, concret, mais jamais séparé de l’aspect divin. Il faut se demander si nos critiques actuelles de l’aspect institutionnel de l’Église sont en mesure de noter cette simultanéité... Catherine aime l’Église comme elle est... Catherine n’aime pas l’Église pour les mérites humains de qui lui appartient ou la représente. Si on pense aux conditions dans lesquelles se trouvait l’Église alors, on comprend bien que son amour avait bien d’autres motifs... Sainte Catherine ne cache pas les fautes des hommes d’Église, mais tout en s’élevant contre cette décadence, elle la considère comme une raison supplémentaire et une nécessité d’aimer davantage» (Audience du 30 avril 1969).

 Dans ses bras

 La réforme de l’Église concerne d’abord les clercs dont  Catherine a une haute idée. Elle écrit, en effet, dans ses Dialogues ces paroles que Dieu lui a révélées: «J’ai élu mes ministres pour votre salut, afin que par eux vous soit administré le Sang de l’Agneau unique, humble et immaculé, mon Fils.» Mais elle travaille également à la réforme des laïcs. Elle écrit à un homme adonné aux passions charnelles: «Ah, mon frère très cher, ne dormez plus dans la mort du péché mortel! Moi je vous dis que la hache touche déjà la racine de l’arbre. Prenez la pelle de la crainte de Dieu et que la main de l’amour s’en serve. Ôtez-moi cette pourriture de votre âme et de votre corps. Ne vous soyez pas si cruel, ne soyez pas votre propre bourreau en vous décapitant de ce Chef si doux, le Christ Jésus !... Mettez un terme à vos désordres. Je vous l’ai dit et je vous le répète: Dieu vous punira si vous ne vous corrigez pas; mais aussi je vous promets que, si vous voulez vous convertir et profiter des instants qui vous sont laissés, Dieu est si bon, si miséricordieux qu’Il vous pardonnera, vous recevra dans ses bras, vous fera participer au Sang de l’Agneau, répandu avec tant d’amour qu’il n’y a pas de pécheur qui ne puisse obtenir miséricorde; car la miséricorde de Dieu est plus grande que nos iniquités, dès que nous voulons changer de vie.»

Catherine sait que la sanctification se réalise grâce aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, comme elle l’écrit à l’un de ses disciples: «Il vous faut souvent purifier votre âme des souillures du péché par une bonne et sainte confession, et la nourrir du Pain des Anges, c’est-à-dire du doux sacrement du Corps et du Sang de Jésus-Christ, Dieu et homme.» Elle fait revivre parmi ses disciples la coutume de la communion fréquente dont la pratique était devenue très rare à l’époque, et enseigne que la meilleure préparation à la communion sacramentelle est la communion spirituelle. Celle-ci consiste à aspirer à recevoir l’Eucharistie avec un véritable et ardent désir; et ce désir ne doit pas exister seulement au moment de la communion, mais en tout temps et en tout lieu.

Les responsables de la ville de Florence lui demandent d’intercéder auprès du Pape pour obtenir la réconciliation de la papauté avec leur ville. Catherine part en avril 1376 pour Avignon. Elle rencontre le Pape et lui demande trois choses: de partir pour Rome, de relancer la grande croisade, et enfin de lutter contre les vices et les péchés au sein de l’Église. Dans la ville d’Avignon, Catherine devient l’objet d’une certaine méfiance du fait de son influence croissante auprès du Pape, mais aussi à cause de ses extases qui ont parfois lieu en public. Le Pape la fait secrètement surveiller par des théologiens qui, après examen, ne lui reprochent rien.

 Une douleur immense

 Grégoire XI, pape français à la mauvaise santé et à l’es- prit craintif, quitte Avignon le 13 septembre 1376 pour l’Italie qui est en proie à de violents troubles; il parvient à Rome le 16 janvier 1377. Catherine, elle, se rend à Sienne avant d’être envoyée par le Pape à Florence, ville toujours en révolte contre la papauté. Catherine tourne le regard des Florentins vers «le Christ crucifié et la douce Marie », et leur affirme que, pour une société qui s’inspire des valeurs chrétiennes, il ne peut jamais y avoir de motif de querelle si grave que l’on puisse préférer le recours à la raison des armes plutôt qu’aux armes de la raison. En 1378, elle bénéficie de nombreuses extases qui sont à l’origine des Dialogues, traités spirituels qu’elle dicte à cinq secrétaires.

Le 27 mars 1378, le Pape Grégoire XI meurt. Peu après, Urbain VI est élu pour lui succéder. Mais des cardinaux, principalement français, mécontents de l’autoritarisme du nouveau Pontife, se réunissent à Fondi le 18 septembre 1378 et élisent comme Pape le cardinal Robert de Genève qui devient l’antipape Clément VII. Cette séparation du Pape légitime est pour Catherine de Sienne un acte très grave dans la mesure où il conduit à un schisme (qui durera quarante ans). Catherine quitte Sienne et arrive à Rome le 28 novembre 1378. Elle est reçue par le Pape Urbain VI qui voit dans sa présence un soutien important. Ressentant comme une douleur immense cette division de l’Église, elle commence une croisade de prières et recommande d’agir avec charité pour parvenir à résoudre les problèmes de la chrétienté. Elle appelle les princes et les villes à l’obéissance au Pape, et demande aux religieux et aux ermites de le soutenir. Le 29 janvier 1380, lors de sa dernière visite à la basilique Saint-Pierre, Catherine, absorbée en extase dans sa prière, voit Jésus s’approcher d’elle et poser sur ses faibles épaules la barque lourde et agitée de l’Église; accablée par un si grand poids, elle défaille et tombe. Peu après, malade et épuisée, sans doute à cause de ses nombreuses pénitences, elle fait ses adieux à ses amis. Lorsque le 29 avril, la malade sent sa fin approcher, elle prie particulièrement pour l’Église catholique et pour le Saint-Père. Avant de mourir, elle déclare: «J’ai consommé et donné ma vie dans l’Église et pour la Sainte Église, ce qui m’est une grâce très particulière.» Puis, le visage rayonnant, elle prononce les paroles du Sauveur: Père, entre tes mains je remets mon esprit (Lc 23, 46), et, inclinant doucement la tête, elle s’endort dans le Seigneur, âgée de 33 ans.

«Le sacrifice de Catherine, historiquement, parut un échec, reconnaissait le Pape Paul VI. Mais qui peut dire que son amour brûlant s’éteignit inutilement, si des myriades d’âmes vierges et des foules de prêtres et de laïcs fidèles et actifs en firent le leur? Il brûle encore, avec les paroles de Catherine: “Doux Jésus, Jésus amour!” Que ce feu reste le nôtre, qu’il nous donne la force de répéter la parole et le don de Catherine: “J’ai donné ma vie pour la Sainte Église.”» 

Dom Antoine Marie osb, abbé

 

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Avec l’aimable autorisation de Mr CLAUDE TURCOTTE

 

 Pour approfondir, lire   Les œuvres de Sainte Catherine de Sienne 

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Date de dernière mise à jour : 2018-08-15