Bx Jean de FIESOLE

Fra angelico 01Peintre, dominicain, 1400-1455

 Né à Vicchio (Toscane), Guido di Pietro, dit en religion Fra Angelico, est né en Toscane. Il entre dans un couvent de dominicains observants à Fiesole, près de Florence, en 1418. Vers 1425, il devient moine et prend le nom de Fra Giovanni. Il commence sa carrière comme enlumineur de missels et d'autres ouvrages religieux dans le scriptorium de son couvent. Dès 1418, il collabore au chantier de décoration de Santo Stefano al Ponte. Parmi ses premières œuvres importantes figurent la Madone de l'étoile (v. 1428-1433, San Marco, Florence), le Christ en gloire entouré de saints et d'anges (The National Gallery, Londres) et l’Annonciation destinée à l’église San Domenico à Fiesole (1430-1432, musée du Prado, Madrid). Parmi d'autres œuvres de cette période, on trouve le Couronnement de la Vierge (Louvre, Paris) dans lequel se décèle une réflexion plastique sur la notion d'espace et de perspective en relation avec la hiérarchie ecclésiastique. La représentation du mystère pour l'Angelico ne peut se réduire à une simple figuration, car la finalité de la peinture, objet matériel en soi, est contradictoire avec le désir de représenter l'immatériel absolu, c'est-à-dire le divin.

En 1436, les dominicains de Fiesole s'installent au couvent Saint-Marc à Florence, récemment reconstruit par Michelozzo. L'Angelico, aidé parfois d'assistants, peint de nombreuses fresques pour le cloître, le chapitre, et une vingtaine de cellules du premier étage. Ce vaste programme iconographique présente la caractéristique d’être pensé de manière globale, et l'on trouve dans certaines fresques des éléments qui répondent ou approfondissent des questions traitées dans d'autres. Son retable pour San Marco (v. 1439) est l'une des premières représentations de la Conversation sacrée : la Vierge est entourée d'anges et de saints qui semblent partager un espace commun.

La peinture de l'Angelico est profondément liée aux réflexions théologiques menées à l'époque autour de l'œuvre de saint Thomas d'Aquin par les dominicains florentins, sous la direction de l'évêque Antonin.

En 1445, Angelico est appelé à Rome par le pape Eugène IV pour peindre à fresque la chapelle du Saint-Sacrement du Vatican, aujourd'hui détruite. En 1447, avec son élève Bennozo Gozzoli, il peint des fresques pour la cathédrale d'Orvieto. Ses dernières œuvres importantes sont les fresques de la chapelle Nicoline au Vatican, qui représentent des Scènes de la vie d'Étienne et de Laurent (1447-1449), dont l'iconographie tire sa source de la somme hagiographique de Jacques de Voragine.

« Fra Giovanni fut un homme simple et de mœurs très saintes. Un fait peut témoigner de sa pureté : un matin, le pape Nicolas V l’invita à déjeuner ; il se fit un scrupule d’accepter de la viande sans permission de son prieur, oubliant tout à fait l’autorité du Pontife. Il évita toutes les agitations du siècle, vivant dans la pureté et la simplicité, et je pense qu’il aimait les pauvres comme son âme doit maintenant aimer le ciel. Il ne cessa de pratiquer la peinture et ne voulut jamais faire que des sujets religieux. Il aurait pu être riche et ne s’en soucia point ; il disait même souvent que la véritable richesse est de savoir se contenter de peu. Il aurait pu gouverner et ne le voulut point, disant qu’il y avait moins de risque d’erreur dans l’obéissance. Il ne dépendait que de lui de recevoir des honneurs parmi ses frères et au-dehors, mais il les dédaigna, affirmant qu’il ne désirait d’autre honneur que de fuir l’enfer et tendre au paradis. Y a-t-il, en vérité, honneur comparable à celui-là, que devraient rechercher non seulement les religieux, mais tous les hommes, et qui ne s’acquiert qu’en Dieu et par la pratique d’une vie vertueuse ? Il fut d’une profonde humanité, sobre, menant une vie chaste, et échappa ainsi aux pièges du monde. Il disait souvent que pour s’adonner à son art, il fallait une vie calme et sans soucis, et que si l’on travaillait pour le Christ, il fallait vivre sans cesse près du Christ. Jamais les frères ne l’ont vu en colère, ce qui est admirable et semble presque impossible à croire ; il avait coutume d’admonester ses amis avec un simple sourire. Avec une gentillesse incroyable, il disait à tous ceux qui lui demandaient une œuvre de se mettre d’accord avec le prieur, et qu’ensuite il ne manquerait pas de les satisfaire. Ce père que l’on ne louera jamais assez fut en somme dans ses actions et dans ses paroles toute humilité et modestie, et dans sa peinture d’une piété sans complication ; nul autre n’offre des saints qui aient autant l’air de saints. Il ne retoucha et ne transforma jamais aucune de ses peintures, mais les laissa toujours comme elles lui étaient venues du premier jet ; il croyait, disait-il, que telle était la volonté de Dieu. Fra Giovanni, dit-on, n’aurait jamais touché ses pinceaux sans avoir auparavant récité une prière. S’il peignait un crucifix, c’était toujours les joues baignées de larmes. C’est pourquoi l’on reconnaît aux visages et aux attitudes de ses figures la pureté de sa foi sincère et profonde en la religion chrétienne. » (“Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes” de Giorgio Vasari)

De 1449 à 1452, Angelico est prieur de son couvent à Fiesole.

Il meurt dans un couvent dominicain de Rome, le 18 mars 1455. 

http://nouvl.evangelisation.free.fr/fra_angelico.htmL

 

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