Bse Madeleine de GUILHERMIER

Beata maria rosa susanna agata de loyeSœur Sainte-Mélanie Religieuse ursuline de Bollène 1733-1794

 Marie-Anne Madeleine de Guilhermier était née à Bollène le 29 juin 1733. Son père, Jean Julien de Guilhermier et sa mère, Marie-Louise Icard la présentèrent au saint baptême dès le lendemain. Son enfance s'écoula paisible et pieuse, et il n'eût tenu qu'à elle d'occuper dans le monde la place que la noblesse de sa famille et sa situation semblaient lui réserver.

Mais à peine sortie de l'adolescence, et l'âme pleine des tendres et fortes leçons maternelles, Madeleine résolut de se consacrer à Dieu. Elle se présenta au couvent de Sainte-Ursule de Bollène, y fut admise sous le nom de Sœur Sainte-Mélanie, et fit profession le 22 juin 1750. Elle avait à peine dix-sept ans. La Providence qui lui réservait la couronne des martyrs lui ménagea une longue préparation à son sublime sacrifice. Pendant quarante ans, elle vécut dans son monastère, un des plus réguliers et des plus fervents, de l'obscure et édifiante vie de la religieuse, occupée à l'observation de sa règle, à la sanctification de son âme, et ne sachant rien du monde, malgré la proximité de sa famille et de sa parenté, que ce que lui en apportaient les rares et faibles échos qui franchissaient les murs de son monastère.

Forcée de sortir de son couvent, en cette malheureuse année 1792, elle voulut continuer à vivre en communauté, partageant avec ses compagnes, les privations de tous les jours, les secours passagers qu'elle reçut de sa famille, mettant libéralement au service de ses sœurs les aumônes qu'elle recevait, et jusqu'au pauvre mobilier qu'elle avait pu emporter du couvent.

Cette vie toute de piété, et de saintes observances, ne fut même pas interrompue par son arrestation. C'est en effet avec vingt-huit religieuses de Bollène qu'elle fut emprisonnée à Orange, le 2 mai 1794, et c'est avec elles que s'écoulèrent ses derniers jours. Nous avons dit plus haut comment ces saintes filles avaient fait de leur prison un monastère. Madeleine ne fut pas la dernière à embrasser la règle volontaire qu'elles s'étaient imposé. Son âge relativement avancé, – elle avait alors 61 ans – son long séjour au couvent, lui donnaient sur ses compagnes une autorité que toutes furent heureuses de reconnaître. Elle ne s'en prévalut, elle-même, jamais autrement que pour se faire le conseil et le modèle de ses sœurs, pour relever leur courage, et les exhorter à se préparer à la mort.

Le 9 juillet, elle était appelée au tribunal. Pour elle, comme en général pour tous les accusés, et surtout pour les prêtres et les religieuses, l'accusation de fanatisme, de superstition fut la principale, celle que l'accusateur public prit soin de développer et de faire ressortir. Comme on avait trouvé sur elle, lors de son arrestation, quelques images de piété, et une feuille d'exhortations édifiantes, comme, au surplus, elle avait refusé le serment qu'elle considérait comme une apostasie, son fanatisme ne faisait aucun doute. Sa qualité d'ex-noble, d'ex-religieuse était, de son côté, un crime capital.

Elle fut donc condamnée à mort, et exécutée le même jour, mercredi, 9 juillet. Elle entendit avec joie sa sentence et marcha avec intrépidité au supplice. Avec elle furent immolés le père Jean Mathieu Fiteau, jésuite, et une jeune religieuse, Sœur Marie-des-Anges (Marie-Anne DE ROCHER), ursuline comme elle, et du même couvent.

Sœur Sainte-Mélanie avait 61 ans. Elle avait passé quarante-quatre ans dans la vie religieuse.

Abbé Méritan

http://nouvl.evangelisation.free.fr/madeleine_de_guilhermier.htm

sépar saints

Beata maria rosa susanna agata de loye

 

Durant les troubles de la Révolution, 29 religieuses chassées de leurs couvents avaient trouvé refuge dans une maison de Bollène. Là, depuis dix-huit mois, elles partageaient une vie de prière et de totale pauvreté. Elles furent arrêtées en avril 1794 pour avoir refusé de prêter le serment de liberté-égalité exigé par la municipalité et que leur conscience réprouvait. Elles furent incarcérées le 2 mai à Orange, dans la prison de la Cure, près de la cathédrale, où étaient déjà détenues 13 autres consœurs.

Les religieuses s’organisèrent en communauté et passaient leur temps à prier. Elles furent condamnées à mort par la Commission populaire qui siégeait dans l’actuelle chapelle Saint-Louis, et transférées au Théâtre antique en attendant d’aller à la guillotine dressée sur le cours Saint-Martin. Trente-deux d’entre elles furent exécutées (16 ursulines, 13 sacramentines, 2 cisterciennes et 1 bénédictine).

Le 6 juillet : Sœur Marie-Rose, bénédictine de Caderousse (Suzanne Deloye, née à Sérignan en 1741) ;
le 7 juillet : Sœur Iphigénie, sacramentine de Bollène (Suzanne de Gaillard, née à Bollène en 1761) ;
le 9 juillet : Sœur Sainte-Mélanie, ursuline de Bollène (Madeleine de Guilhermier, née à Bollène en 1733) et Sœur Marie-des-Anges, ursuline de Bollène (Marie-Anne de Rocher, née à Bollène en 1755) ;
le 10 juillet : Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Bollène (Gertrude d’Alauzier, née à Bollène en 1757) et Sœur Agnés, ursuline de Bollène (Sylvie de Romillon, née à Bollène en 1750) ;
le 11 juillet : Sœur Sainte-Pélagie, sacramentine de Bollène (Rosalie Bès, née à Beaume-du-Transit en 1753), Sœur Saint Théotiste, sacramentine de Bollène (Elisabeth Pélissier, née à Bollène en 1741), Sœur Saint-Martin, sacramentine de Bollène (Claire Blanc, née à Bollène en 1742) et Sœur Sainte-Sophie, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marguerite d’Albarède, née à Saint-Laurent-de-Carnols en 1740) ;
le 12 juillet : Sœur Rose, sacramentine de Bollène (Thérèse Talieu, née à Bollène en 1746), Sœur du Bon-Ange, converse sacramentine de Bollène (Marie Cluse, née à Bouvantes en 1761), Sœur Marie de Saint-Henri, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Marguerite de Justamond, née à Bollène en 1746) et Sœur Saint-Bernard, ursuline de Pont-Saint-Esprit ( Jeanne de Romillon, née à Bollène en 1753). 
le 13 juillet : Sœur Madeleine, sacramentine de Bollène (Elisabeth Verchières, née à Bollène en 1769), Sœur Marie-de-l’Annonciation, sacramentine de Bollène (Thérèse Faurie, née à Sérignan en 1770), Sœur Saint-Alexis, sacramentine de Bollène (Andrée Minutte, née à Sérignan en 1740), Sœur Saint-François, ursuline de Bollène (Marie-Anne Lambert, née à Pierrelatte en 1742) et Sœur Sainte-Françoise, converse ursuline de Carpentras (Marie-Anne Depeyre, née à Tulette en 1756), Sœur Saint-Gervais, supérieure des ursulines de Bollène (Anastasie de Roquard, née à Bollène en 1749) ;
le 16 juillet : Sœur Aimée, sacramentine de Bollène (Rose de Gordon, née à Mondragon en 1733), Sœur Marie-de-Jésus, sacramentine de Bollène (Thérèse Charrensol, née à Richerenches en 1758), Sœur Saint-Joachim, converse sacramentine de Bollène (MarieAnne Béguin-Royal, née à Bouvantes en 1736), Sœur Saint-Michel, converse ursuline de Bollène (Marie-Anne Doux, née à Bollène en 1738), Sœur Saint-André, converse ursuline de Bollène (Marie-Rose Laye, née à Bollène en 1728), Sœur Madeleine, ursuline de Pernes (Dorothée de Justamond, née à Bollène en 1743) et Sœur du Coeur-de-Marie, cistercienne de Sainte-Catherine d’Avignon (Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1754) ;
le 20 juillet : Sœur Saint-Basile, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Anne Cartier, née à Livron en 1733) ;
le 26 juillet : Sœur Saint-Augustin, sacramentine de Bollène (Marguerite Bonnet, née à Sérignan en 1719), Sœur Catherine, ursuline de Pont-Saint-Esprit (Marie-Madeleine de Justamond, née à Bollène en 1724), Sœur Claire, ursuline de Bollène (Claire Dubas, née à Laudun en 1727) et Sœur du Cœur-de-Jésus, supérieure des ursulines de Sisteron (Elisabeth de Consolin, née à Courthézon en 1736).

Elles montèrent toutes joyeusement à l’échafaud, chantant et priant pour leurs persécuteurs qui admiraient leur courage : « Ces bougresses-là meurent toutes en riant ». Les dix autres religieuses détenues furent sauvées par la chute de Robespierre, le 28 juillet, et libérées en I795.

Les corps des martyres furent jetés dans des fosses communes, dans le champ Laplane (à Gabet), situé à 4 kilomètres de la ville, au bord de l’Aygues, et une chapelle y fut bâtie en 1832.

Les 32 religieuses ont été béatifiées par le pape Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939)le 10 mai 1925.



Source principale : diocese-avignon.fr/ (« Rév. x gpm »)

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20140709&id=15662&fd=0

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Date de dernière mise à jour : 2014-07-01