Saint MACAIRE D’ANTIOCHE

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Archevêque, † 1012

Macaire était arménien, de parents nobles et illustres; son père s'appelait Michel et sa mère Marie. Il avait unparent nommé Macaire, archevêque d'Antioche[1]. Ce saint archevêque voulut être parrain de notre Saint, et,lui ayant donné le nom de Macaire, il le prit chez luipour l'élever dans la piété et le former aux belles-lettres et à tous les exercices qui en pouvaient faireun excellent ecclésiastique et un ministre fidèle deJésus-Christ. Le jeune Macaire fit de tels progrèsdans son école, qu'il se rendit bientôt capable, par sascience et par sa vertu, des emplois les plusimportants et des premières dignités de l'Église.Aussi, l'archevêque, se voyant près de mourir, crutqu'il ne pouvait procurer un plus grand avantage àAntioche, que de l'y laisser pour son successeur. Il enfit la proposition à son clergé et à son peuple, qui yconsentirent tout d'une voix de sorte qu'après lamort de l'ancien Macaire, le jeune prit possession desa chaire et fut intronisé comme archevêqued'Antioche.

Alors ses vertus, qu'une vie privée avait tenues plussecrètes, parurent avec un merveilleux éclat. On vit en lui un détachement parfait de toutes les choses de la terre, qu'il regardait avec mépris, parce qu'il en connaissait la vanité une aversion pour tous les plaisirs et les divertissements do la vie une assiduité continuelle à mortifier ses sens et ses appétits, et à crucifier sa chair par des jeûnes, des veilles et d'autres austérités; une tendresse et une compassion pour tous les malheureux, auxquels il distribuait libéralement ses biens, n'ayant rien qui ne lui fût commun avec les pauvres une douceur et une bénignité si constantes, que ni les injures, ni les mauvais traitements, ni les persécutions ne la pouvaient altérer une prudence de vieillard dans le gouvernement de son diocèse enfin, une piété si tendre envers Dieu, que les larmes lui coulaient sans cesse des yeux. Ces insignes vertus étaient aussi accompagnées du don des miracles deux lépreux furent guéris par le seul attouchement de ses mouchoirs trempés de ses saintes larmes, et l'eau qu'il avait touchée était un souverain remède contre toutes sortes de maladies.

Il gouverna quelque temps l'Église d'Antioche; mais craignant que l'honneur qu'il recevait à tous moments ne lui fît perdre ce que l'humilité lui avait acquis, il résolut d'en fuir au plus tôt les occasions. Il distribua, pour cet effet, tous ses' biens aux églises et aux pauvres et s'étant, par un mouvement divin, démis de sa charge entre les mains d'un prêtre de grand mérite, nommé Eleuthère, il s'associa quatre de ses plus fidèles amis, et quitta secrètement sa ville pour passer en un autre lieu, où la Providence divine le conduirait.

Il prit son chemin par la Palestine, pour y arroser de ses larmes les lieux sanctifiés par celles de Jésus-Christ et il n'y perdit aucune occasion de s'entretenir et de discuter avec les Juifs et les Sarrasins, afin de les convaincre de leurs erreurs et de les attirer à la connaissance de l'Évangile. Mais ces infidèles, qui ne pouvaient répondre à ses raisonnements, conçurent une telle rage contre lui, que, s'étant saisis de sa personne, ils le traînèrent en prison, l'étendirent en forme de croix, lui attachèrent les pieds et les mains avec de longs clous fichés en terre, et lui firent souffrir toutes les ignominies et tous les tourments imaginables. Ils lui mirent même sur la poitrine une grosse pierre qu’ils avaient fortement chauffée. Mais la terre rejeta ses clous, et Dieu réduisit tous les artifices que l'impiété de ces infidèles avait inventés le Saint sortit libre de prison, sans aucun dommage ce qui étonna si fort ces Sarrasins, qu'ils lui demandèrent pardon quelques-uns, reconnaissant le pouvoir de la Croix, reçurent la foi de Celui qui avait souffert pour leur salut.

Cependant, les parents de Macaire, affligés de son éloignement, envoyèrent après lui pour le détourner de son dessein et le faire revenir à Antioche mais Dieu frappa leurs courriers de cécité, et ils furent obligés de se jeter aux pieds du Saint pour lui demander son assistance dans une si grande misère il en eut compassion, et par le signe de la croix, leur rendit la vue, à condition qu'ils s'en retourneraient sans l'inquiéter dans la poursuite de son voyage.

Il prit donc son chemin vers l'Occident traversant plusieurs pays, il vint jusqu'en Bavière et, passant par Mayence, Cologne, Malines, Maubeuge, Cambrai et Tournai, il se rendit enfin dans la ville de Gand. Partout ce ne furent que miracles dans le Levant il avait rendu l'usage de la parole et de l'ouïe à un vieux Sarrasin, qui était muet et sourd depuis l'âge de neuf ans; rencontrant un pèlerin qui se faisait conduire à Jérusalem, il lui avait obtenu la vue par ses prières. En Bavière, il délivra du mal caduc la femme du seigneur Adalbert,qui, par charité, l'avait logé chez elle. A Cologne, il guérit son hôte du même mal. A Malines, il éteignit, parses prières, un grand incendie qui menaçait de réduire toute la ville en cendres. A Tournai, il apaisa, par saprudence, une sédition populaire si furieuse, que toutes les industries du prince Baudoin le Vieux n'avaientpu détourner cet orage. A Cambrai, l'entrée de l'église de Notre-Dame lui ayant été refusée, les portess'ouvrirent d'elles-mêmes pour lui faire passage. A Maubeuge, un valet qui l'avait méprisé fut frappé d'unelèpre dont il ne put guérir.

Je n'aurais jamais fini si je voulais écrire toutes les particularités de son voyage; je passe à son dernier séjour,qui fut en la ville de Gand, où il arriva l'an de Notre-Seigneur 1011. Il se retira au monastère de Saint-Bavonétant tombé en une dangereuse maladie, il en fut guéri dans une vision saint Bavon, Saint Landoald etd'autres bienheureux lui apparurent durant son sommeil.

Il arriva en ce temps-là, à Gand, une peste si cruelle, qui se formait dans la bouche, qu'il y mourait chaquejour plus de six cents personnes. On publia un jeûne universel et des processions publiques pour apaiser lacolère de Dieu. Notre-Seigneur, qui voulait faire de saint Macaire une victime pour expier les péchés de sonpeuple, permit qu'il fût frappé de ce fléau. Il perdit d'abord l'usage de la parole, prédisant néanmoins parsignes, que lui avec deux autres mourraient encore de cette maladie, et qu'ensuite elle serait éteinte. Il ne fitpoint de testament, parce qu'il était trop pauvre et ne laissait rien.

On le porta dans l'église de Notre-Dame, où il marqua, avec son bâton, le lieu de sa sépulture devant l'autelde saint Paul puis, ayant donné sa bénédiction au peuple, il se retira en sa chambre. Plusieurs y étantdemeurés, ils furent extrêmement effrayés d'un certain tremblement qui y arriva par la descente des espritsbienheureux, pareil à celui que le grand saint Grégoire rapporte en la vie de saint Paulin, évêque de Noie.Enfin, il mourut le 10 avril, l'an de Notre-Seigneur 1012. Sa prophétie fut accomplie il fut le dernier quimourut de cette maladie pestilentielle.

SOURCE : P. Giry : Les petits Bollandistes : vies des saints. T. I. Source : http://gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France.

http://nouvl.evangelisation.free.fr/macaire_dantioche.htm


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