Saint Maixent du POITOU

Religieux, Abbé, Saint + ca. 515

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Ce saint, né dans la ville d'Agde, reçut au baptême le nom d’Adjuteur. Ses parents, qui avaient de la piété, le mirent sous la conduite du saint abbé Sévère, qui ne négligea rien pour lui inspirer de grands sentiments de piété. Le maître ne perdait jamais son disciple de vue ; il lui répétait souvent que sur la terre tout est rempli de pièges et de tentations, que nous devons veiller continuellement sur nous-mêmes, que le démon ne cesse de nous livrer mille assauts, et qu'il nous est impossible d'éviter ses surprises si nous n'avons soin de nous tenir toujours sur nos gardes.

Adjuteur profita des leçons de Sévère, et sut préserver son âme des souillures du péché. Le bruit de sa sainteté ne tarda pas à se répandre, et on lui donnait de tous côtés les plus grands éloges.

Les applaudissements des hommes lui firent craindre le poison de la vaine gloire. Pour éviter le danger dont il se croyait menacé, il prit la fuite et se retira dans un lieu inconnu. Ce ne fut qu'au bout de deux ans que ses proches et ses amis le retrouvèrent et le ramenèrent dans sa patrie; mais il n'y resta pas longtemps. Il redoutait tellement l'estime des hommes, qu'il prit la fuite une seconde fois. Il alla dans le Poitou, y changea son nom en celui de Maxence, et se mit sous la conduite d'un saint abbé nommé Agapit. Les religieux du monastère furent frappés d'admiration lorsqu'ils virent jusqu'à quel point il portait l'humilité, la mortification, la charité et la connaissance des voies intérieures du salut. Tant de vertus les déterminèrent à le choisir pour supérieur.

Dans ses exercices, Maxence paraissait posséder l'esprit dont David était animé en composant ses Psaumes, comme il retraçait dans ses instructions le zèle et la charité de Jean-Baptiste. Dur à lui-même, il montrait en tout qu'il recherchait uniquement cette nourriture qui ne périt point. A l'exemple d'Agapit, il se défit de sa charge le plus tôt qu'il lui fut possible, pour aller se renfermer dans une cellule écartée. Les moines ne consentirent cependant à sa retraite qu'autant qu'il continuerait de les gouverner par ses conseils.

Clovis, roi des Français, était alors en guerre avec Alaric, roi des Visigoths, qui avait sous sa domination l'Espagne, le Languedoc et l'Aquitaine. La présence du saint arrêta une armée de Barbares qui était sur le point de piller le monastère. Un soldat ayant couru l'épée à la main sur Maxence, sentit tout-à-coup l'effet de la vengeance céleste. Son bras, déjà levé, s'engourdit, et il n'en put faire usage jusqu'à ce que le saint abbé l'eût guéri. La nature, dit S. Grégoire de Tours, se montra docile à sa voix en plusieurs occasions.

S. Maxence mourut vers l'an 515, et il est nommé en ce jour dans le Martyrologe romain.

SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

http://nouvl.evangelisation.free.fr/maixent_du_poitou.htm

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