Saint Pothin Sainte Blandine

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Saint Pothin, évêque 
Sainte Blandine, vierge 
et leurs compagnons
Martyrs († 177)

Pothin fut le premier évêque de Lyon. Il venait de l'Asie, avait été formé à l'école de saint Polycarpe, évêque de Smyrne, et envoyé par lui dans les Gaules. Pothin, après avoir gagné un grand nombre d'âmes à Jésus-Christ, fut arrêté sous le règne de Marc-Aurèle. Il était âgé de quatre-vingt-dix ans, faible et tout infirme ; son zèle et le désir du martyre soutenaient ses forces et son courage. Conduit au tribunal au milieu des injures de la populace païenne, il fut interrogé par le gouverneur, qui lui demanda quel était le Dieu des chrétiens : « Vous le connaîtrez si vous en êtes digne » répondit l'évêque. À ces mots, la multitude furieuse se précipite contre lui ; ceux qui étaient plus près le frappèrent à coups de pieds et à coups de poings, sans aucun respect pour son âge. Le vieillard conservait à peine un souffle de vie quand il fut jeté en prison, où il expira peu après.

Le récit du martyre des compagnons de saint Pothin est une des plus belles pages de l'histoire de l'Église des premiers siècles. Le diacre Sanctus supporta sans faiblir toutes les tortures, au point que son corps était devenu un amas informe d'os et de membres broyés et de chairs calcinées ; au bout de quelques jours, miraculeusement guéri, il se trouva fort pour de nouveaux supplices. Il ne voulait dire à ses bourreaux ni son nom, ni sa patrie, ni sa condition ; à toutes les interrogations il répondait : « Je suis chrétien ! » Ce titre était tout pour lui ; livré enfin aux bêtes, il fut égorgé dans l'amphithéâtre. Maturus eut à endurer les mêmes supplices que le saint diacre ; il subit les verges, la chaise de fer rougie au feu, et fut enfin dévoré par les bêtes féroces. Le médecin Alexandre, qui, dans la foule des spectateurs, soutenait du geste le courage des martyrs, fut saisi et livré aux supplices.

Attale, pendant qu'on le grillait sur une chaise de fer, vengeait les chrétiens des odieuses imputations dont on les chargeait indignement : « Ce ne sont pas, disait-il, les chrétiens qui mangent les hommes, c'est vous ; quand à nous, nous évitons tout ce qui est mal. » On lui demanda comment s'appelait Dieu : « Dieu, dit-il, n'a pas de nom comme nous autres mortels. »

Il restait encore le jeune Ponticus, âgé de quinze ans, et l'esclave Blandine, qui avaient été témoins de la mort cruelle de leurs frères ; Ponticus alla le premier rejoindre les martyrs qui l'avaient devancé ; Blandine, rayonnante de joie, fut torturée avec une cruauté particulière, puis livrée à un taureau, qui la lança plusieurs fois dans les airs ; enfin elle eut la tête tranchée.

 Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

 

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ACTES DU MARTYRE DE JUSTIN ET DE SES COMPAGNONS

 

Les saints furent arrêtés et conduits au préfet de Rome, nommé Rusticus. Lorsqu’ils comparurent devant le tribunal, celui-ci dit à Justin : « Avant tout, soumets-toi aux dieux et obéis aux empereurs. » Justin répondit : « On ne peut pas nous accuser ou nous condamner parce que nous obéissons aux préceptes de notre sauveur Jésus Christ. »

Le préfet Rusticus : « Quelles doctrines professes-tu ? » Justin : « J’ai entrepris d’apprendre toutes les doctrines, mais j’ai adhéré aux doctrines véritables des chrétiens, bien qu’elles ne plaisent pas à ceux qui sont prisonniers de l’erreur. — Et ces doctrines-là te plaisent, pauvre malheureux ? — Oui, car en les suivant je trouve la vraie croyance. — Quelle est cette croyance ? — Nous vénérons le Dieu des chrétiens ; nous croyons qu’il est unique, créateur et artisan, dès le commencement, de toute la création, de l’univers visible et invisible ; et nous vénérons le Seigneur Jésus Christ, serviteur de Dieu, qui a été annoncé à l’avance par les prophètes comme devant venir au secours de la race des hommes, en messager du salut et maître des belles connaissances. Moi, qui ne suis qu’un homme, j’estime ne pouvoir dire que peu de choses sur sa divinité infinie ; mais je reconnais la puissance des prophètes : ils ont annoncé à l’avance, comme je viens de le dire, qu’il est le Fils de Dieu. Sache donc que les prophètes ont prédit, par une inspiration céleste, son avènement parmi les hommes. » ~

Le préfet Rusticus reprit : « Bref, tu es chrétien ? – Oui, je suis chrétien. » ~

Rusticus : « Écoute, toi que l’on dit savant et qui t’imagines posséder les doctrines véritables : Si tu es fouetté puis décapité, crois-tu que tu vas monter au ciel ? — J’espère que j’y aurai ma demeure, si je supporte tout cela. Je sais que, pour tous ceux qui auront bien vécu, la récompense de Dieu est réservée jusqu’à la destruction de l’univers. — Tu supposes donc que tu monteras au ciel pour recevoir de belles récompenses ? — Je ne le suppose pas, mais je le sais avec certitude et j’en suis convaincu. »

Le préfet Rusticus reprit : « Bref, venons-en à notre sujet, à l’affaire qui s’impose et qui presse. Mettez-vous donc d’accord et, tous ensemble, sacrifiez aux dieux. » Justin répondit : « Aucun homme de bon sens ne peut abandonner la piété pour tomber dans l’impiété. — Si vous n’obéissez pas, vous serez cruellement châtiés. »

Justin répliqua : « C’est tout ce que nous désirons : être sauvés en étant châtiés à cause de notre Seigneur Jésus Christ, car c’est cela qui nous donnera salut et assurance devant un tribunal bien plus redoutable, celui où tout l’univers sera jugé par notre Seigneur et Sauveur. »

Les autres martyrs déclarèrent pareillement : « Fais ce que tu veux. Nous sommes chrétiens et nous ne sacrifions pas aux idoles. »

Le préfet Rusticus rendit la sentence : « Ceux qui n’ont pas voulu sacrifier aux dieux et se conformer à l’ordre de l’empereur seront emmenés pour être flagellés et subiront la peine capitale selon les lois. »

Les saints martyrs, glorifiant Dieu, se rendirent au lieu ordinaire des exécutions, furent décapités et consommèrent ainsi leur martyre en confessant notre Sauveur.

 

 


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Date de dernière mise à jour : 2013-06-02