Saint Vincent

St Vincentdiacre et martyr

Saint Vincent naquit à Huesca et fut instruit des sciences sacrées et profanes à Sarragosse, sous la direction de l'évêque Valère1 qui, vieux et inaudible, l'ordonna diacre pour qu'il prêchât à sa place.

Au début de la persécution de Dioclétien et de Maximien, le cruel et sanguinaire préfet Dacien reçut le gouvernement de la province de Valence et n'eut rien de plus pressé que de faire emprisonner l'évêque Valère et son diacre Vincent qui, chargés de chaînes, furent conduits à Valence. Valère ne pouvant plus parler, Vincent lui dit : « Père, si vous le permettez, je prendrai la parole ; Valère répondit : Mon fils, comme je vous ai confié la charge de prêcher l'Evangile, je vous confie celle d'affirmer la foi pour laquelle nous combattons ; alors Vincent s'adressa au Préfet : Nous sommes prêts à endurer toutes sortes de tourments pour la cause du vrai Dieu ; en pareil cas, nous ne céderons ni aux promesses, ni aux menaces. »

Sous les yeux de Valère, le Préfet fit étendre Vincent sur un chevalet où ses membres furent disloqués et sa chair mise en lambeaux, puis il fut longuement torturé par le feu et le fer avant d'être jeté dans un cul de basse-fosse dont on avait recouvert le sol de poteries cassées. Tout à coup, sa prison s'illumine, des anges viennent le réconforter et Vincent chante des hymnes et des cantiques. Informé, Dacien le fait étendre sur des coussins moelleux pour que « le fait de mourir dans les douleurs n'augmente point sa gloire » ; à peine étendu, Vincent meurt. Dacien ordonne que l’on couse le corps de Vincent et qu’on le jette dans la mer, lesté d’une grosse pierre. Les bourreaux chargent le corps sur une barque et vont le jeter en haute mer ; mais, lorsqu’ils regagnent le rivage, ils y trouvent le corps de saint Vincent. Effrayés, les bourreaux laissent là le corps du saint diacre qui est défendu par les corbeaux, jusqu’à ce que les vagues l’aient enfouie dans le sable. Quelques temps plus tard, saint Vincent apparaît à la veuve Ionique pour lui demander la sépulture chrétienne qu’elle lui donne hors des murs de Valence.

Le culte de saint Vincent s’est très vite répandu en Occident, au point que saint Augustin qui prononça plusieurs sermons en son honneur, écrivit qu’il n’y avait point de province de l’Empire où l’on ne célèbrât la fête du martyr.

En 542, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, qui assiègent Saragosse, touchés par la piété des habitants entrés en pénitence et processionnant derrière le corps de saint Vincent, levèrent le siège pourvu qu'on leur remît le bras droit et l'étole du martyr pour qui, sur le conseil de saint Germain d'Auxerre, ils construisirent l'abbaye Sainte-Croix-Saint-Vincent, devenue depuis Saint-Germain-des-Près, où Childebert fut inhumé. L’avant-bras droit fut plus tard donné à l’église de Vitry-le-François. On dit aussi que Childebert donna le chef à saint Domnole, évêque du Mans, qui les déposa dans le monastère qu’il avait fait construire en l’honneur du martyr de Sarragosse ; cette relique fut perdue pendant la Révolution, comme celles que conservaient les religieuses de Fontevrault, à Charmes (diocèse de Soissons). Le cœur de saint Vincent, conservé à l’église de Dun-le-Roi, en Berry, fut détruit par les Calvinistes (1562). En 876, Charles le Chauve passant à Besançon fit don à l’évêque Thierry de deux vertèbres de saint Vincent.

Saint Vincent est souvent honoré comme le patron des vignerons ; comme aucun épisode de sa vie ni aucun de ses miracles n’a trait au vin ou à la vigne, on pense que ce patronnage repose sur un jeu de mots fait à partir de la première syllabe de son nom : vin.


1 L’évêque Valère de Saragosse figure au nombre des pères du concile d’Elvire (début du IV° siècle) qui est le plus ancien concile disciplinaire d’Occident dont l’œuvre nous soit parvenue en entier. On croit qu’il fut condamné à être exilé à Anet, en Aragon, où il mourut en 315.

http://missel.free.fr/Sanctoral/01/22.php

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Vincentennarbonnais

Diacre de Saragosse, martyr à Valence (✝ 304)

(avec son frère saint Oronce et saint Victor)
La vie du patron des vignerons s'est tellement améliorée au cours des temps qu'il est difficile de démêler l'histoire de la légende. Trois faits sont historiques: il était diacre; il sut dominer les plus cruels supplices et, malgré ses souffrances, il chantait, riait et répondait avec humour aux humeurs de son tortionnaire, au point que saint Augustin dira de lui: "A travers cette ténacité, on discerne la puissance de Dieu." 
"Vincent, diacre de Saragosse, fut mis à mort à Valence (Espagne) avec son évêque Valère en 304 ou 305, après avoir subi la torture. Comme Laurent de Rome, Vincent offre le modèle accompli du service dans l'Église: ministre de l’évêque pour l’offrande du sacrifice et le gouvernement de la communauté, le diacre doit l’accompagner aussi à l’heure suprême du témoignage. Son culte, très répandu dans les pays de vignobles, le fut également à Viviers, où la Cathédrale lui fut dédiée dès le VIe siècle. Vincent signifie 'vainqueur', et la liturgie joue volontiers sur le sens de son nom." 
"Au cours des années 304 et 305, plus d'un millier de chrétiens périront en Espagne sous la torture. Le martyre de Vincent a été rapporté très tôt par le poète Prudence (348-v.415) dans son ouvrage 'La couronne des martyrs'. Son culte s'étendait à la totalité de l'empire romain dès l'époque de saint Augustin (354-430). L'iconographie le représente, en habit de diacre portant l'évangéliaire (proclamé par lui au cours de la messe) et la palme du martyre. Il est encadré de deux ceps de vigne portant des grappes de raisins." 
Quant à l'origine de son patronage des vignerons, plusieurs hypothèses sont envisagées.
Mémoire de saint Vincent, diacre de Sarragosse et martyr. Dans la persécution de Dioclétien, en 304, avec son évêque saint Valère, il fut conduit à Valence, et là, après avoir subi la prison, la faim, le chevalet, des plaques brûlantes, il s’envola au ciel, vainqueur, pour recevoir la couronne du martyre.

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/483/Saint-Vincent.html

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Stv04002Diacre et Martyr 
(† 304)

Vincent, l'un des plus illustres martyrs de Jésus-Christ, naquit à Saragosse, en Espagne. Son éducation fut toute chrétienne, et il fit de rapides progrès dans la connaissance des saintes Lettres.

 Il était diacre, quand Dacien, gouverneur d'Espagne, l'un des plus cruels persécuteurs qu'ait jamais eu l'Église, en fit une des premières victimes. Rien n'est plus beau que le récit de son interrogatoire : « Ta naissance, Vincent, dit le juge, et ta brillante jeunesse excitent toute ma sympathie ; renonce à ta religion et choisis entre les honneurs ou les tourments. -- Tu as pris trop de peine, répond le martyr, pour me faire apostasier ; je resterai chrétien et saurai mourir joyeusement pour la vérité. Les souffrances me vaudront la couronne des élus. » 

Comme prélude de son supplice, Vincent est étendu sur un chevalet, et, sous l'action des cordes et des roues, ses nerfs se rompent et ses membres se brisent : « Eh bien ! Dis-moi maintenant quelle est ta foi ? Reprend Dacien. -- Tu combles aujourd'hui mes vœux, dit le martyr, laisse libre cours à ta rage, tes fureurs me conduisent à la gloire. » 

Le tyran s'irrite contre les bourreaux, et le supplice recommence plus horrible encore. Vincent sourit dans les tortures : « Vos idoles, dit-il, sont de bois et de pierre ; servez, si vous voulez, ces vains fantômes ; pour moi, je ne sacrifie qu'au Dieu vivant qui est béni dans tous les siècles. » Dacien lui-même est touché de l'affreux état où il a mis sa victime : « Aie pitié de toi, Vincent, ne méprise pas ainsi la jeunesse dans sa fleur, épargne-toi de plus terribles châtiments. »

 Mais le saint diacre ne cède pas plus aux flatteries qu'aux menaces : « Langue de vipère, dit-il, je crains plus ton poison que tes tourments. J'ai pour me soutenir la parole de mon Sauveur, qui m'a dit : Ne craignez point ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent rien sur l'âme.” » Alors on prépare un vaste gril de fer ; on le place sur un brasier ardent et on y jette le martyr, qui bénit Dieu dans son affreux supplice.

 Vainqueur du tyran, Vincent est retourné dans son cachot et soumis à de nouvelles tortures. Au milieu de la nuit, les anges viennent le consoler. Vincent rendit peu après le dernier soupir ; il avait vingt-deux ans. Saint Augustin a dit de lui : « Enivré du vin qui rend fort et chaste, Vincent triompha des tyrans qui voulaient ruiner le règne de Jésus-Christ. »

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20140122&id=1385&fd=0

 

 

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Date de dernière mise à jour : 2014-01-21