Première audience jubilaire

Pape francois 2La miséricorde : « Je te donne ce qui me donne de la joie »

Dans le cadre du Jubilé extraordinaire de la miséricorde, le pape François a voulu donner chaque mois une audience générale supplémentaire.

La première de ces audiences jubilaires s’est tenue samedi, 30 janvier, place Saint-Pierre en présence de quelque 20 000 personnes.

Voici notre traduction complète des paroles prononcées par le pape François en italien.

Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs,

Nous entrons jour après jour dans le vif de l’Année sainte de la miséricorde. Avec sa grâce, le Seigneur guide nos pas tandis que nous passons par la Porte sainte et il vient à notre rencontre pour rester toujours avec nous, malgré nos manques et nos contradictions. Ne nous lassons jamais de ressentir le besoin de son pardon, parce que quand nous sommes faibles, sa proximité nous rend forts et nous permet de vivre notre foi avec une joie plus grande.

Je voudrais, aujourd’hui, vous indiquer le lien étroit qui existe entre la miséricorde et la mission. Comme le rappelait saint Jean-Paul II, « l’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde (…) et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde » (Enc. Dives in misericordia, 13). En tant que chrétiens, nous avons la responsabilité d’être missionnaires de l’Évangile. Quand nous recevons une bonne nouvelle, ou quand nous vivons une belle expérience, il est naturel que nous ressentions l’exigence d’y faire aussi participer les autres. Nous sentons en nous que nous ne pouvons pas garder la joie qui nous a été donnée : nous voulons la propager. La joie suscitée est telle qu’elle nous pousse à la communiquer.

Cela devrait être la même chose quand nous rencontrons le Seigneur : la joie de cette rencontre, de sa miséricorde, communiquer la miséricorde du Seigneur. Ou plutôt, le signe concret que nous avons vraiment rencontré Jésus est la joie que nous éprouvons à le communiquer aussi aux autres. Et cela n’est pas « faire du prosélytisme », c’est faire un cadeau : je te donne ce qui me donne de la joie. En lisant l’Évangile, nous voyons que cela a été l’expérience des premiers disciples : après leur première rencontre avec Jésus, André est aussitôt allé le dire à son frère Pierre (cf. Jn 1,40-42), et Philippe a fait la même chose avec Nathanaël (cf. Jn 1,45-46). Rencontrer Jésus, c’est rencontrer son amour. Cet amour nous transforme et nous rend capables de transmettre à d’autres la force qu’il nous donne. D’une certaine façon, nous pourrions dire qu’à partir du jour de notre baptême, il est donné à chacun de nous un nouveau nom, en plus de celui que nous donnent déjà maman et papa, et ce nom est « Christophore », nous sommes tous des « Christophores ». Qu’est-ce que cela signifie ? « Des porteurs du Christ ». C’est le nom de notre attitude, une attitude de porteurs de la joie du Christ, de la miséricorde du Christ. Chaque chrétien est un « Christophore », c’est-à-dire un porteur du Christ !

La miséricorde que nous recevons du Père ne nous est pas donnée comme une consolation privée, mais elle fait de nous des instruments afin que d’autres puissent aussi recevoir le même don. Il existe une circularité étonnante entre la miséricorde et la mission. Vivre de la miséricorde nous rend missionnaires de la miséricorde, et être missionnaires nous permet de grandir toujours plus dans la miséricorde de Dieu. Prenons donc au sérieux notre identité de chrétiens et engageons-nous à vivre en croyants, parce que c’est seulement ainsi que l’Évangile peut toucher le cœur des personnes et l’ouvrir à recevoir la grâce de l’amour, à recevoir cette grande miséricorde de Dieu qui accueille tout le monde.

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Date de dernière mise à jour : 2016-02-15