Lettre pastorale de Mgr Hubert Coppenrath La parole de Dieu 2009

Mgrhcoppenrath1La Parole de Dieu

Au clergé, aux religieux, aux ministres laïcs et aux fidèles du diocèse de Papeete : Paix et joie dans le Christ Jésus !

Introduction

Le synode des évêques consacré à la Parole de Dieu vient de s’achever. Nous pouvons déjà bénéficier de tout ce qui a été dit et écrit dans le cadre du synode : l’instrumentum laboris, la relatio ante disceptationem, et les interventions des Pères au synode. Nous aurons bientôt la synthèse de tous ces travaux dans une exhortation apostolique.

Il est donc tout à fait opportun que nous consacrions cette année 2009 à la Parole de Dieu. Les efforts que nous ferons doivent viser à lui donner une plus grande place dans notre vie de foi et dans la vie du diocèse.

Ces efforts doivent porter d’abord sur un approfondissement de notre connaissance de ce qu’est la Parole de Dieu. Cela est indispensable pour que notre lecture de la Parole de Dieu soit plus nourrissante. Ce renouveau de la connaissance de la Parole de Dieu doit produire un renouvellement de notre manière de lire et de proclamer la Parole de Dieu et du témoignage de notre Eglise locale.

1. Qu’est-ce que la Parole de Dieu ?

Notre Dieu est un Dieu qui parle ; il n’est pas comme les idoles muettes qui ont une bouche mais ne parlent pas. Dieu est lui-même parole et il nous parle de diverses manières. Il nous parle par la création, marquée par l’Esprit, qui y a mis une image de la beauté et de l’amour de Dieu ; il nous parle par le mystère de l’homme vivant ; il nous parle à travers l’Histoire du peuple de Dieu. Et enfin, après nous avoir parlé de bien des manières, il nous parle par son Fils, reflet de sa gloire et empreinte de sa personne (Cf. Heb. 1/1,2,3)

Jésus, la parole faite chair, nous parle par son enseignement mais aussi par les événements de sa vie terrestre : sa naissance, sa mort, sa résurrection …

La parole écrite est un instrument indispensable pour connaître Jésus. Les Ecritures de l’Ancien Testament l’ont annoncé et celles du Nouveau Testament nous communiquent son enseignement. Mais cette parole écrite ne doit pas être lue en dehors de l’Eglise. Jésus n’a jamais écrit, mais il a fondé une Eglise chargée de nous transmettre son message. C’est elle qui nous a donné la Bible et c’est en tenant compte de sa Tradition et du Magistère qu’il faut lire la Bible. La Tradition nous montre comment l’Ecriture a été comprise et interprétée depuis le temps des Apôtres jusqu’à nous. Le Magistère, constitué par le Pape et les évêques, balise notre lecture en nous évitant de tomber dans de fausses interprétations.

Dans la constitution Dei Verbum, le concile Vatican II nous a rappelé cela, mais il nous a aussi montré le caractère «dialogal» et dynamique de la Parole de Dieu ; « dialogal » parce que Dieu se révèle à nous, mais il attend de nous une réponse ; dynamique parce que la Parole suscite une action  Cette réponse, c’est la décision d’orienter notre vie en la mettant en harmonie avec ce qu’il nous révèle de nous-mêmes et de notre vocation. Cette action, c’est tout ce que nous allons faire pour réaliser cette décision.

Ecouter la Parole de Dieu est quelque chose de totalement indispensable pour notre vie spirituelle. Saint Césaire d’Arles, cité par la Relatio ante disceptationem, écrit : «La lumière de l’âme et sa nourriture éternelle ne sont pas autre chose que la Parole de Dieu, sans laquelle l’âme ne peut jouir de la vue ni même de la vie : notre corps meurt faute d’absorber des aliments ; de la même façon, notre âme périt faute de recevoir la Parole de Dieu ».

2.    Comment lire la parole de Dieu ?

 « Parle, Seigneur : ton serviteur écoute ! »  Voilà la disposition première de celui qui veut lire l’Ecriture avec profit : ouvrir son cœur pour écouter avec docilité.

Le synode des évêques encourage la pratique de la « lectio divina» : une lecture attentive d’un passage choisi de l’Ecriture qui débouche sur une méditation, une prière et une réponse. Cette lecture attentive et aimante de la Parole de Dieu doit entraîner une conversion continue en nous détournant de plus en plus des fausses valeurs pour nous tourner vers Dieu qui se révèle à nous dans sa Parole.

Mais le Synode nous invite aussi à chercher la Parole de Dieu dans la liturgie de l’Eglise. Nous savons que la messe comporte deux parties : la table de la Parole et la table de l’Eucharistie. Dans les lectures de la première partie, c’est le Christ lui-même qui nous parle, mais le lien est étroit avec la seconde partie où le Christ, pain de vie, se donne à nous.

Cette année de la Parole de Dieu doit nous aider à faire des progrès dans la célébration de la messe en accordant un égal respect et une égale valeur aux deux tables, mais aussi en renouvelant notre manière de proclamer la Parole de Dieu et de concevoir l’homélie qui doit aider les fidèles à ouvrir leur cœur à la Parole de Dieu et à y répondre.

3. Renouveau du témoignage

 « Quand l’Esprit parle à l’Eglise d’aujourd’hui en lui remémorant les Ecritures, il la convoque à un nouveau témoignage d’amour et d’unité afin de rehausser la crédibilité de l’Evangile face à un monde qui est plus sensible aux témoins qu’aux docteurs ». (Rel. ante discep. III B1). Le fruit d’une lecture dialogale et dynamique de l’Ecriture, c’est une vie plus conforme à l’Evangile en particulier en ce qui concerne le grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain.

A la dernière cène, Jésus a prié son Père pour ses disciples en disant : « Sanctifie-les dans la Vérité ; ta Parole est Vérité ». Un progrès dans la manière d’écouter la Parole doit entraîner la communauté dans une vie où l’amour de Dieu et du prochain devient le mobile de toutes les actions. Aimer Dieu c’est chercher à purifier notre vie de tout ce qui lui déplaît. Aimer nos frères c’est leur accorder notre attention, notre temps, et les aider à travers toutes les occasions qui se présentent. C’est encore savoir pardonner.

Les progrès dans l’écoute de la Parole de Dieu doivent aussi entrainer un progrès dans l’évangélisation. Nous constatons tous les jours l’influence pernicieuse du matérialisme et du sécularisme dans la vie des fidèles. Sous le coup de ces influences, on assiste à une baisse de la pratique religieuse, à un laisser aller dans la vie morale et aussi à l’apparition d’un mal être qui se manifeste dans l’accroissement du nombre de suicides, un recours à l’alcool et à la drogue pour chercher à sortir de ce mal être.

Il est inutile de se lamenter, il ne faut pas non plus se résigner. La réponse à ces difficultés doit être une nouvelle évangélisation. Elle se fait déjà, mais elle doit être accentuée, en particulier auprès des jeunes et s’appuyer sur le témoignage de communautés renouvelées par la puissance de la Parole de Dieu.

4. Que faudra-t-il faire pendant cette année de la Parole de Dieu ?

On l’aura compris, les fidèles doivent être mieux informés sur ce qu’est la Parole de Dieu et cela pourra se faire par des enseignements, des retraites, des matuturaa, une attention spéciale donnée cette année à la Parole de Dieu dans les écoles de formation.

Il faut au aussi apprendre à lire la parole de Dieu de manière plus fructueuse et répandre la pratique de la lectio divina.

Il y a encore un effort à faire au niveau de la liturgie qui doit être comprise comme « l’exercice de la fonction sacerdotale du Christ à laquelle l’Eglise est associée comme Epouse bien aimée ».(Rel. ante discep. II A 1). A la messe donc, c’est le Christ qui s’offre à son Père et qui intercède pour nous. C’est aussi lui qui parle au peuple de Dieu. Ceci devrait nous conduire à accorder une plus grande attention aux lectures, qui devront être proclamées avec respect par des lecteurs qui savent leur donner la clarté et la force qui aideront les fidèles à les écouter.

C’est dès la catéchèse que les enfants doivent être entrainés à la découverte de la Parole de Dieu. On leur apprendra à l’écouter avec leur intelligence, mais aussi avec leur cœur et à donner une réponse dynamique à la parole.

Il est évident qu’il faut aussi aider les fidèles à découvrir les différents livres de la Bible par des commentaires et des explications qui viseront en premier lieu à rendre la lecture plus nourrissante pour la vie spirituelle.

Prêtres et diacres devront s’entraîner à mieux proclamer l’Evangile et à donner des homélies qui captent l’attention des fidèles tout en les aidant à donner une réponse dynamique à la parole de Dieu.

Dans les grandes célébrations, l’Evangile, s’il n’est pas trop long peut être chanté et cela aide les fidèles à mieux l’écouter. Les diacres, qui ont déjà beaucoup de choses à apprendre en finalement peu de temps, malgré les six années que durent leurs études, devront être exercés durant les dernières années de leur formation à chanter l’Evangile.

Je suis persuadé que d’autres pistes et d’autres moyens seront découverts et mis en œuvre pour contribuer à nous faire progresser dans l’amour et l’écoute de la Parole de Dieu.

 « Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises » (Ap. 2/ 8, 10,11)

Mettons-nous à l’œuvre et que Dieu bénisse nos efforts !

 

Tatakoto, 25 décembre 2008.

+ Hubert Coppenrath

Archevêque de Papeete

 

 

Commentaires (2)

passionistedepolynesie
  • 1. passionistedepolynesie (site web) | 2017-04-04
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BHW
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Date de dernière mise à jour : 2017-03-16