Passioniste de Polynésie

Luc 13,18-21

Luc 13 18 21awÉvangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,18-21.

En ce temps-là, Jésus disait : « À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ? Il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. » Il dit encore : « À quoi pourrai-je comparer le règne de Dieu ? Il est comparable au levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. »

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Ce texte nous renvoie à l’évangélisation, c'est-à-dire au témoigne que la foi produit dans notre vie au sein de nos décisions, de nos paroles de nos actes. Mais pour agir il faut croire que ce que l’on fait est important, utile …. Et l’on touche ici au domaine de la foi, la foi sans laquelle le royaume de Dieu ne saurait être visible aux yeux des hommes.

Le propre de la foi c’est de croire. Le semeur croit en la moisson à venir ; il ne peut savoir quand il sème  ce que sera la moisson mais il sème car il y croit ! Le boulanger qui met le levain dans la pâte croit que cela va la faire lever et donnera un bon pain.

 Evangéliser c’est cela aussi croire  que la parole que l’on sème portera un jour ou l’autre son fruit. Mais comme pour le semeur de l’évangile il nous faut attendre. L’heure de la moisson ne nous appartient pas, pas plus que la quantité de fruits qu’elle donnera.

Si nous semons la parole en voulant une récolte immédiate, alors nous serons déçus, voir découragés de ne rien voir ! Si nous semons en nous disant je veux tant de résultats.. ; Alors là aussi nous risquons d’être déçus  et découragés.

Le disciple du Christ, le semeur de la parole, doit semer sans souci de temps et de rapport, il n’est que le semeur, il doit laisser le Seigneur  lui-même de s’occuper de la production. Semer et laisser faire, comme le paysan qui sème et laisse pas le temps et les saisons ; l’heure viendra où les fruits seront là ..   

Le vrai maitre de la moisson c’est le Seigneur. Il nous demande de semer. Il ne nous impose pas un quota, mais il nous dit « Semez ! Semez tout ce que vous pouvez, tant que vous le pouvez, le peu que vous avez, semez-le, car la moindre petite graine peut devenir un très grand arbre ! » Ne nous disons donc jamais : « oh je suis trop peu instruit, je ne peux pas annoncer la parole de Dieu ! » Certes si on manque d’instruction on ne peut pas faire de théologie ! Mais on peut toujours annoncer l’amour de Dieu ! On peut toujours partager la parole que l’on a reçue du Seigneur !  

 Jésus nous appelle à semer, à semer sa parole, dans notre champ c'est-à-dire dans le milieu de vie qui est le nôtre, mais voulons-nous seulement semer la parole de Dieu autour de nous , en laissant ensuite le Seigneur faire son œuvre comme il voudra ? 

Myriam de Gemma
Octobre 2016

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«A quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer?»

Aujourd'hui, à travers deux paraboles, le texte de l'Évangile mets devant nous deux caractéristiques du Royaume de Dieu: c'est quelque chose qui grandit lentement -comme une graine de moutarde- mais qui devient tellement grande qu'elle sert d'abri aux oiseaux du ciel. Ainsi le disait Tertullien: «Nous sommes d'hier, et déjà nous avons rempli la terre». Avec cette parabole, le Seigneur nous exhorte à la patience, au courage et à l'espérance. Ces vertus sont particulièrement nécessaires à tous ceux qui se consacrent à la propagation du Royaume des Cieux. Il faut être patient et attendre que le grain semé, avec la grâce de Dieu, avec la collaboration humaine, grandisse en prenant racine en profondeur dans la bonne terre et pousse peu à peu jusqu'à devenir un arbre. Il faut, tout d'abord, avoir la foi dans la vertu -la fécondité- contenue dans la graine du Royaume de Dieu. Cette graine est la Parole, qui est aussi l'Eucharistie, qui est semée en nous par la sainte communion. Notre Seigneur Jésus Christ se comparait lui-même au «(…) grain de blé tombé en terre (...) s'il meurt, il porte beaucoup de fruit» (Jn 12,24).

Jésus poursuit en disant que le Royaume des Cieux, est semblable au «levain qu'une femme enfouit dans trois grandes mesures de farine, jusqu'à ce que toute la pâte ait levé» (Lc 13,21). Ici aussi on parle de la capacité de la levure à faire lever toute la pâte. C'est à ceci qu'on fait allusion dans l'ancien testament quand on parle du "reste d'Israel": "le reste" devra sauver et faire lever tout le peuple. En poursuivant avec la parabole, il est uniquement nécessaire que la levure soit à l'intérieur de la pâte, qu'elle soit parmi le peuple, qu'elle soit comme le sel, capable de préserver de la pourriture mais aussi de bien assaisonner les aliments (cf. Mt 5,13). Il faut du temps également pour que la levure puisse faire de l'effet. 

Ces paraboles nous encouragent à la patience et à l'espérance certaine, ce sont des paraboles qui font allusion au Royaume de Dieu et à l'Église, et qui s'appliquent également à la croissance de ce même Royaume à l'intérieur de chacun de nous.

+ Abbé Francisco Lucas MATEO Seco (Pamplona, Navarra, Espagne)

Date de dernière mise à jour : 2019-10-28