Passioniste de Polynésie

Matthieu 13,1-9

Matthieu 13 1 9awÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,1-9.

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! » 

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Voila un texte connu ! Et bien souvent nous nous situons dans le grand pourcentage ! Puisque nous allons à la messe, puisque nous lisons la parole, c’est sur ! Nous sommes des bons !!!! La bonne terre c’est nous !

Il nous est en effet peu agréable de nous considérer comme une terre qui ne produit rien ou peu. Et pourtant ! Notre foi, notre vie chrétienne ne sont-elles pas souvent peu fertiles ?  Examinons-nous avec honnêteté : produisons nous vraiment tous les fruits que Dieu est en droit d’attendre de nous ? Notre vie est elle vraiment signe de l’amour de Dieu ? 

Nul n’est si saint qu’il n’ai besoin de se laisser transformer par la grâce de Dieu .et tout un chacun a des progrès à faire. Il dépend donc de nous, de nous laisser approcher et travailler par le Seigneur afin de changer notre façon de vivre et d’aimer

Alors ne craignons pas de nous interroger en toute honnêteté :

Quelle terre sommes nous quand nous entendons la parole de Dieu ? C’est bien là une question que le croyant doit toujours avoir à l’esprit.

Avec quelle attention est-ce que j’écoute la parole de Dieu ? Avec quel cœur, est-ce que je la reçois ? Avec quel amour, quelle persévérance, est-ce que je m’efforce de la vivre au quotidien dans la vie qui est la mienne ? 

Et cette question n’est pas à se poser en général, «  en gros ». Non ! La parole de Dieu se reçoit au détail ! Et chacun de ces détails doit trouver sa place dans notre vie ! La vie chrétienne est adhésion à la parole de Dieu, elle est donc source permanente de conversion en nous.

Mais encore faut-il que nous soyons vraiment de la bonne terre, sinon elle ne produira rien ou très peu !  Dieu vient à nous avec sa parole, ouvrons lui notre cœur, et permettons à la parole de faire son œuvre de vie en nous. 

 Nous vivons aujourd'hui dans un monde tourmenté, dans une société sans Dieu. Il est donc maintenant, particulièrement urgent pour tout chrétien, de se remettre à lire la parole de Dieu, et d'y conformer sa vie afin de ne pas être happé par une mentalité qui éloigne de Dieu , qui coupe  de Dieu. Le salut éternel en est l'enjeu. Il n'y a plus de temps à perdre . 

Myriam de Gemma
Juillet 2020.

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«Le semeur est sorti pour semer»

Aujourd'hui, nous entendons la parabole du semeur. Elle a une force et un charme spécial car c'est la parole de Jésus lui-même.

Le message est clair: Dieu est généreux quand il sème, mais la concrétisation des fruits de ses semailles dépend aussi -en même temps- de la manière avec laquelle, en toute liberté, nous le recevons. Nos expériences de tous les jours nous confirment que le fruit donné dépendra du sol où la semence est tombée. Par exemple, parmi les étudiants d'une même école et d'une même classe les uns se dirigent vers une vocation religieuse tandis que d'autres finissent par être athées. Ils ont tous entendu les même choses mais la semence est tombée dans un terrain différent.

La bonne terre est notre cœur. C'est en partie notre nature mais cela dépend tout de même de notre volonté. Il y a des gens qui préfèrent profiter de la vie au lieu de s'améliorer. A travers elle s'accomplit la parabole: les mauvaises herbes (c'est-à-dire, les préoccupations du monde et la séduction des richesses) «étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit» (Mt 13,22).

Mais certains, par contre, valorisent l'être, ils accueillent avec amour la parole de Dieu et portent des fruits. Même si pour cela il faut se sacrifier. Jésus l'a déjà dit: «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit» (Jn 12,24). Le Seigneur nous a prévenus que le chemin du salut est étroit (cf. Mt 7,14): tout ce qui vaut la peine, coûte beaucoup. Nous n'aurons jamais rien de grande de valeur sans effort de notre part.

Celui qui se laisse entraîner par ses envies aura le cœur comme une jungle. Par contre les arbres fruitiers, si on les taille, donnent un fruit meilleur. Ainsi les saints n'ont pas eu une vie facile mais ils sont un modèle pour l'humanité. Pie XII disait: «Assurément, nous ne sommes pas tous appelés à subir le martyre. Mais nous sommes tous appelés à posséder la vertu chrétienne. Notre activité persévérante ne devra jamais se relâcher jusqu'à la fin de notre vie. C'est pourquoi on peut parler aussi d'un martyr lent et prolongé».

Abbé Jorge LORING SJ (Cádiz, Espagne)

Date de dernière mise à jour : 2021-07-20