Passioniste de Polynésie

Matthieu 18,12-14

Matthieu 18 12 14awÉvangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 18,12-14.

Jésus disait à ses disciples : " Que pensez-vous de ceci ? Si un homme possède cent brebis et que l'une d'entre elles s'égare, ne laissera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée? Et, s'il parvient à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées.  Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu'un seul de ces petits soit perdu.

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En ce temps de l’Avent, prenons conscience que chacun de nous  est comme cette brebis qui s’égare, qui s’éloigne de son berger et qui risque bien de se perdre définitivement. Aussi « bon chrétien » puissions-nous paraitre devant les autres et peut être même à nos propres yeux, nul d’entre nous ne peut être sur, de ne jamais s’écarter du bon chemin, de ne jamais s’écarter du Seigneur.

Nous sommes tous des pécheurs et dans notre faiblesse il nous faut demander la grâce de la fidélité et surtout celle de l’humilité qui nous permettra de nous reconnaitre à notre juste valeur et de comprendre que loin du Berger nous sommes perdus.

Et parce que nous sommes tous pécheurs, rien ne nous permet de juger les autres et encore moins de les condamner. Nous avons au contraire à les aider, par les moyens à notre disposition. L’amour s’il est vrai, sait trouver les mots justes et les gestes salutaires ; et en tout état de cause il reste la prière, la prière où l’on appelle le secours et la bénédiction du Seigneur sur la brebis perdue. Chaque chrétien doit se faire solidaire de ses frères et sœurs dans la prière et dans les actes, pour les aider à la conversion, c’est l’appel de ce temps de l’Avent. 

Myriam de gemma
Décembre 2013

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«Ce n'est pas la volonté de votre Père céleste qu'un seul de ces petits se perde»

Aujourd'hui, Jésus nous lance un défi : "Qu'en pensez-vous ?" (Mt 18,12). Quelle sorte de miséricorde pratiques-tu ? Il est possible que nous, les "catholiques pratiquants", qui avons bénéficié de nombreuses fois de la miséricorde de Dieu dans ses sacrements, nous soyons tentés de penser que nous voilà excusés aux yeux de Dieu. Nous courons le risque de nous convertir inconsciemment en ce pharisien qui méprise le publicain (cf. Lc 18,9-14). Même si nous ne le disons pas à voix haute, nous pensons peut-être que nous sommes sans faute devant Dieu. Il y a quelques symptômes démontrant que cet orgueil pharisien prend racine en nous comme l'impatience face aux défauts des autres, ou penser que les avertissements ne sont jamais pour nous.

Le "désobéissant" prophète Jonas, un juif, resta inflexible lorsque Dieu montra qu'il avait de la peine pour les habitants de Ninive. Yahvé a reproché son intolérance à Jonas (cf. Jon 4, 10-11). Ce regard humain mettait des limites à la miséricorde divine. Et si nous aussi nous mettions des limites à la miséricorde de Dieu ? Nous devons prêter attention à la leçon de Jésus : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (Lc 6,36). Il est probable qu'il nous reste beaucoup de chemin à parcourir pour imiter la miséricorde de Dieu !

Comment devrions-nous comprendre la miséricorde de notre Père céleste ? Le Pape François a dit que "Dieu ne pardonne pas par le biais d'un décret, mais en nous serrant dans ses bras". L'accolade de Dieu avec chacun d'entre nous s'appelle "Jésus-Christ". Le Christ démontre la miséricorde paternelle de Dieu. Dans le quatrième chapitre de l'Évangile de Saint Jean, le Christ n'ébruite pas les péchés de la femme samaritaine. Au contraire, la miséricorde divine guérit la Samaritaine en l'aidant à affronter pleinement la réalité de son péché. La miséricorde de Dieu est totalement cohérente avec la vérité. La miséricorde n'est pas une excuse pour réduire nos valeurs morales. Par contre, Jésus a dû provoquer son repentir avec beaucoup plus de tendresse que ce qu'a ressenti la femme adultère "blessée par l'amour" (cf. Jn 8,3-11). Nous aussi, nous devons apprendre comment aider les autres à affronter leurs erreurs sans leur faire honte, avec un grand respect pour eux en tant que frères du Christ, et avec tendresse. Dans notre cas, avec humilité aussi, en sachant que nous ne sommes nous-mêmes que des "vases en terre cuite".

Fr. Damien LIN Yuanheng (Singapore, Singapour)

Date de dernière mise à jour : 2017-12-11