Juin 2015 vivre l'eucharistie

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Vivre l'eucharistie 

Introduction

Généralement en tant que chrétiens nous allons à la messe le dimanche ; quelques uns y vont aussi les jours de semaine, mais pour beaucoup de baptisés, malheureusement, la messe est inexistante ou alors seulement lors de grandes occasions. Il est vraiment dommage de passer ainsi à côté de l’amour de Dieu qui se livre à nous ! Les raisons affichées en sont nombreuses: le manque de temps, les horaires de travail, les charges familiales, le besoin de se reposer ou d’avoir des loisirs (dont l’horaire coïncide avec les heures de messe !)

Et puis qui de nous n’a pas entendu dire, ou même dit à l’occasion : à quoi ça sert d’aller à la messe, je vois des gens qui y vont et qui sont méchants ou mauvais le reste de la semaine? Moi je crois mais je ne pratique pas !…..

A la vue de ces différents comportements on peut effectivement se poser des questions: Qu’est-ce que l’Eucharistie? A quoi cela sert-il? Est-ce vraiment si important d’y participer? Quand et comment devons nous y aller? Qu’est-ce que cela implique aussi dans notre vie quotidienne?…. 

Nous allons donc essayer d’y voir un peu plus clair, en considérant dans un premier temps ce que nous demande l’Eglise, ce qu’elle en dit, et ensuite avec quel esprit nous devons en vivre .

Origine de la messe

Il y a différents noms pour parler de l’Eucharistie :

Eucharistie : en grec cela signifie action de grâce. On loue Dieu pour le sacrifice de Jésus, sacrifice qui nous ouvre les portes de la vie éternelle

Repas du Seigneur : c’est le Seigneur qui l’a institué et qui s’y est offert avant de nous donner sa vie par amour.

Fraction du Pain : car ce rite se trouve précisément dans le déroulement de l'Eucharistie

Assemblée dominicale ou assemblée eucharistique: car ce sacrement est célébré ensemble, même ceux qui sont absents physiquement y sont portés dans la prière.

Mémorial : car c’est le souvenir actualisé de la Passion et de la Résurrection du Seigneur

Sacrifice : car ce repas rend présent l'unique sacrifice fait par Jésus une fois pour toutes de sa vie.

Messe : car le déroulement se termine par un envoi des croyants, afin qu'ils puissent vivre -unis à Celui qui s'est donné à eux. Et qu’ils soient aussi témoins de la bonne Nouvelle du Christ. Cela vient du latin : «  ite missa est » la messe est dite.

La cène : Vient du Latin cena qui traduit le repas du soir, le dernier repas !

L’eucharistie a été instituée, par Jésus lui-même, le soir du jeudi saint, juste avant sa Passion. Ce n’était pas un acte banal, vide de sens, mais au contraire un grand acte d’amour. Jésus a désiré ce repas particulier ainsi qu’il le dit lui-même :

Lorsque l'heure fut venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui. Et il leur dit : " J'ai ardemment désiré manger cette pâque avec vous avant de souffrir ; - car je vous le dis, jamais plus je ne la mangerai jusqu'à ce qu'elle s'accomplisse dans le Royaume de Dieu.  "Luc 22/14.16

Mais prenons un peu le temps de relire dans l’évangile le récit de ce repas si particulier.

Puis, ayant reçu une coupe, il rendit grâces et dit : " Prenez ceci, et partagez entre vous ; 18 - car, je vous le dis, je ne boirai plus désormais du produit de la vigne jusqu'à ce que le Royaume de Dieu soit venu. " 19 - Puis, prenant du pain, il rendit grâces, le rompit et le leur donna, en disant : " Ceci est mon corps, donné pour vous ; faites cela en mémoire de moi. " 20 - Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : " Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous.   Luc 22/17.20

Jésus ne fait pas un simple repas d’adieu avec ses disciples, il s’offre lui-même comme leur nourriture, à travers ce pain et ce vin ! Dans l'Eucharistie, le pain devient en effet son Corps à manger, et le vin son Sang à boire. C’est une nouvelle alliance entre Dieu et ses enfants. Qui mangera ce repas en y reconnaissant le Corps et le Sang du Christ  sera pardonné de ses péchés, ainsi que nous pouvons le lire dans l’évangile de St Matthieu

Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna aux disciples en disant : " Prenez, mangez, ceci est mon corps. " Puis, prenant une coupe, il rendit grâces et la leur donna en disant : " Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés.   Matthieu 26/26.28

Ce repas n’était pas qu’un repas souvenir, c’était une force vitale, où Jésus a su se faire reconnaître, a su se faire présent à ses disciples, comme il le sera aux disciples d’Emmaüs, un peu plus tard après sa résurrection.

Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d'aller plus loin. 29 - Mais ils le pressèrent en disant : " Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. " Il entra donc pour rester avec eux.  30 - Et il advint, comme il était à table avec eux, qu'il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. 31 - Leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent… mais il avait disparu de devant eux.  Luc 24,/28-31

La communion au Corps et au Sang du Christ si elle est union profonde à Jésus qui se donne ainsi de façon si intime à nous est aussi ferment d’unité entre les croyants et cela dès le début de la vie de l’Eglise ; ainsi que nous pouvons le lire dans les actes des apôtres

Jour après jour, d'un seul cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple et rompaient le pain dans leurs maisons, prenant leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur. 47 - Ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple.  Et chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés.     Actes 2/46.47

Et dans Saint Paul, lorsqu’il écrit aux Corinthiens et aux Ephésiens /

De même, en effet, que le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et que tous les membres du corps, en dépit de leur pluralité, ne forment qu'un seul corps, ainsi en est-il du Christ. Aussi bien est-ce en un seul Esprit que nous tous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit. Aussi bien le corps n'est-il pas un seul membre, mais plusieurs. Si le pied disait: "Parce que je ne suis pas la main, je ne suis pas du corps", il n'en serait pas moins du corps pour cela. Et si l'oreille disait: "Parce que je ne suis pas l'oeil, je ne suis pas du corps", elle n'en serait pas moins du corps pour cela. Si tout le corps était oeil, où serait l'ouïe ? Si tout était oreille, où serait l'odorat ? Mais, de fait, Dieu a placé les membres, et chacun d'eux dans le corps, selon qu'il a voulu. Si le tout était un seul membre, où serait le corps ? Mais, de fait, il y a plusieurs membres, et cependant un seul corps. L'oeil ne peut donc dire à la main: "Je n'ai pas besoin de toi", ni la tête à son tour dire aux pieds: "Je n'ai pas besoin de vous." Bien plus, les membres du corps qui sont tenus pour plus faibles sont nécessaires ; et ceux que nous tenons pour les moins honorables du corps sont ceux-là mêmes que nous entourons de plus d'honneur, et ce que nous avons d'indécent, on le traite avec le plus de décence ; ce que nous avons de décent n'en a pas besoin. Mais Dieu a disposé le corps de manière à donner davantage d'honneur à ce qui en manque, pour qu'il n'y ait point de division dans le corps, mais qu'au contraire les membres se témoignent une mutuelle sollicitude. Un membre souffre-t-il? Tous les membres souffrent avec lui. Un membre est-il à l'honneur? Tous les membres se réjouissent avec lui."Or vous êtes, vous, le corps du Christ, et membres chacun pour sa part. (1 Corinthiens 12/12-27)

"C'est lui encore qui "a donné" aux uns d'être apôtres, à d'autres d'être prophètes, ou encore évangélistes, ou bien pasteurs et docteurs, organisant ainsi les saints pour l'œuvre du ministère, en vue de la construction du Corps du Christ, au terme de laquelle nous devons parvenir, tous ensemble, à ne faire plus qu'un dans la foi et la connaissance du Fils de Dieu, et à constituer cet Homme parfait, dans la force de l'âge, qui réalise la plénitude du Christ." (Ephésiens 4/ 11-13)

Pour l’Eglise, l’eucharistie est le plus grand des sacrements, car Jésus ressuscité y est totalement présent  en son humanité, en sa divinité comme le dit le catéchisme

1374 Le mode de présence du Christ sous les espèces eucharistiques est unique. Il élève l’Eucharistie au-dessus de tous les sacrements et en fait " comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent tous les sacrements " (S. Thomas d’A., s. th. 3, 73, 3). Dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont " contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier " (Cc Trente : DS 1651). " Cette présence, on la nomme ‘réelle’, non à titre exclusif, comme si les autres présences n’étaient pas ‘réelles’, mais par excellence parce qu’elle est substantielle, et que par elle le Christ, Dieu et homme, se rend présent tout entier " (MF 39). (Catéchisme catholique §1374)

Ainsi, l’Eucharistie est un sacrement vital pour l’Eglise et donc pour chacun de nous, c’est pourquoi nous y sommes invités chaque dimanche.

Ce qu’en dit l’église

Beaucoup de textes d’Eglise traitent de l’Eucharistie et ce depuis l’origine de l’Eglise.

 Ainsi en est-il par exemple du  Concile de Trente   ou nous avons plusieurs sessions qui sont consacrées à l’Eucharistie.

 Paul VI, lui aussi en parlera particulièrement dans son encyclique : Mysterium Fidei

Nous pourrions reporter ici aussi tout ce qu’en dit le catéchisme de l’Eglise Catholique ou encore le droit canon qui en précise les règles et les modalités, Nous pourrions lire aussi le texte de la congrégation du culte divin "Redemptoris Sacramentum" 

Ou encore les textes du Concile de Vatican II qui affirment :

"Notre Sauveur, à la dernière Cène, la nuit où il était livré, institua le sacrifice eucharistique de son Corps et de son Sang… : sacrement de l'amour, signe de l'unité, lien de la charité, banquet pascal…" (Concile Vatican II, Constitution sur la Liturgie, décembre 1963)

……mais ce serait trop long

Jean Paul II

Le Saint Père insiste beaucoup sur l’Eucharistie, Deux textes de lui, s’y rapportent particulièrement Mane nobiscum, Domine  et  Ecclésia de Eucharistia

Pour Jean Paul II, l’Eucharistie est «lumière et vie du nouveau millénaire. Un millénaire «bouleversé et humilié par la violence, le terrorisme et par la guerre »et il dit aussi : « Nous avons besoin du "pain vivant descendu du ciel » (Jn 6, 51). Jésus est ce pain. Nous nourrir de lui signifie accueillir la vie même de Dieu (Jn 10,10), nous mettre à l’école de la logique de l’amour et du partage".

Et en annonçant l’année de l’Eucharistie, il affirme :

« J’ai voulu, expliquait le pape, que cette année soit particulièrement dédiée à l’Eucharistie. En réalité, tous les jours, et spécialement le Dimanche, jour de la résurrection du Christ, l’Eglise vit de ce mystère. Mais la communauté chrétienne est invitée en cette Année de l’Eucharistie, à prendre une plus vive conscience par une célébration plus sentie, par une adoration prolongée et fervente, avec un plus grand engagement à la fraternité et au service des laissés pour compte. L’Eucharistie est source et épiphanie de communion. Elle est principe et projet de mission (cf. Mane nobiscum Domine, ch. III e IV)".

Les saints et les saintes

Beaucoup de saints ont aussi parlé de l’Eucharistie, c’était pour eux, une véritable rencontre d’amour avec Dieu. Citons ici par exemple certaines phrases du Saint Curé D’Ars ou encore de la Bienheureuse Elisabeth de la Trinité

Oh si l’on avait la foi, si l’on comprenait le prix du Saint Sacrifice, on aurait bien plus de zèle pour y assister!  Le Curé d’Ars

Mes enfants, si on comprenait le prix de la sainte communion, on éviterait les moindres fautes, pour avoir le bonheur de la faire plus souvent, on conserverait son âme toujours pure aux yeux de Dieu  Le Curé d’Ars

Si on nous disait : à telle heure on doit ressusciter un mort, nous courrions bien vite pour le voir….mais la consécration… n’est-ce pas un bien plus grand miracle que de ressusciter un mort ? Le Curé d’Ars

Il me semble que rien ne dit plus l’amour qui est au cœur de Dieu que l’Eucharistie  Elisabeth de la Trinité

Auprès de Jésus Hostie, je voudrais passer ma vie  Elisabeth de la Trinité

Vous recevoir chaque jour, puis d’une Communion à l’autre vivre dans votre union, votre intimité, ah ! C’est le paradis sur terre!  Elisabeth de la Trinité

Le déroulement de la messe

La messe se déroule selon un plan bien défini, quasi immuable, ou chaque temps, chaque geste (Signe de croix, demande de pardon, proclamation de l'Ecriture, prières de demande et d'action de grâce, collecte des offrandes, apport du pain et du vin à l'autel, fraction du pain, échange de la paix, communion au corps et au sang du Christ, contemplation silencieuse, chants en commun) ... à son sens et son importance .

Il y a d'abord le temps de l’accueil ou le rite d’ouverture.  Le Prêtre accueille les fidèles, nous voilà tous rassembler dans la maison de Dieu. C’est ensemble que nous venons le célébrer. C’est ensemble que nous le chantons.

Puis vient le rite pénitentiel, nous sommes tous pécheurs et nous avons tous besoin du pardon de Dieu alors ensemble nous demandons pardon

Après cela vient le temps de la parole. Nous écoutons la lecture de la parole de Dieu, nous y répondons par le psaume et nous nous laissons enseigner aussi par le prêtre lorsqu’il nous explique ensuite cette parole.

Puis vient le temps du repas. Ce temps comprend trois moments: celui où l'on apporte le pain et le vin, celui où l'on proclame la prière d'action de grâce, celui où l'on partage le pain et le vin. L'ensemble s'appelle la liturgie eucharistique.

Le temps du départ ou rite d’envoi et de la bénédiction «Allez dans la paix du Christ», dit le prêtre. «Nous rendons grâce à Dieu», répond l'assemblée. Nous ne sommes pas simplement renvoyés dans nos foyers mais nous sommes envoyés pour vivre toute la semaine en témoin du Christ que nous venons de recevoir en nous.

De la même façon qu’il y a différents temps de la messe il y a aussi des vêtements et des objets liturgiques différents, et la encore chaque chose a son sens, jusqu’à la couleur du tissu employé.

Ainsi pour présider, le prêtre revêt une étole et une chasuble dont la couleur va changer selon les différents temps liturgiques de l’année (Avent, Noël, Carême, Pâques.. )  En revêtant la chasuble, le prêtre rappelle spontanément la parole de Saint Paul:

«Revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ» (Romains 13, 14).

Là aussi comme il serait trop long de faire tout un cours sur la liturgie, ceux qui le souhaitent peuvent se référer pour plus de détail  au catéchisme catholique

Comment bien vivre L’Eucharistie

On ne va pas à la messe comme on va au cinéma, en ce sens que pour le cinéma je peux arriver juste au début du film cela n’est pas dérangeant, puisque que je n’ai qu’à m’asseoir dans mon fauteuil et regarder le film. Pour la messe on ne va pas y assister comme à une projection de film, non, on vient pour y participer, cela demande donc que je puisse m’y préparer un tant soit peu !

Or qui dit participer, dit que je suis, non plus le spectateur, mais bien un acteur de ce qui se passe ! Je vais avoir des gestes à poser (me lever, m’asseoir, m’avancer pour communier, me mettre à genou…), des paroles à dire (réponses aux prières, chants, …) , mais surtout je vais avoir des sentiments à vivre en vérité et en profondeur ; car l’eucharistie ne se vit pas comme un film pour «du semblant » mais bien en réalité, Jésus étant réellement présent sur l’autel

Il est donc important de bien prendre conscience qu’on n’y vient pas par simple obligation ou par routine ! . On y vient parce que l‘on y est invité. Et l’on n’y est pas invité par n’importe qui, puisque c’est le Christ lui même qui nous y invite à travers l’Eglise, depuis qu’Il a institué ce sacrement à la veille de sa Passion. Le Christ nous aime, Il nous aime chacun personnellement et d’une manière toute particulière, c’est chacun de nous qu’Il invite personnellement et c’est personnellement que nous lui répondons oui ou non !

L’Eucharistie est un rendez vous d’amour avec Dieu, avec Jésus qui vient là sur l’autel pour que je le reconnaisse, que je le reçoive et que je me livre aussi à lui !

C’est un événement important, un temps fort dans notre vie de croyant, un temps tellement fort qu’il doit rejaillir ensuite sur notre vie courante de toute la journée, de toute la semaine !

Il peut nous arriver de ne pas aller à ce rendez vous , parce que nous sommes fatigués , parce que nous avons, à notre sens, autre chose de plus important à faire que d’aller à la messe… mais prenons un instant pour nous arrêter : Que dirions nous à notre fiancé(e) alors que nous l’invitons à manger le dimanche , et qui nous dirait « oui je viens » … et finalement ne viendrait pas , sans se décommander , ou en se décommandant , « non je peux pas , j’ai autre chose de plus important à faire !!! »

Certainement que nous n’apprécierions pas ! Eh bien, ne nous en déplaise, c’est ce que nous faisons avec le Christ quand nous refusons (sans raison juste et valable) de participer à son repas d’amour alors que Lui même nous y attend !

Ainsi donc, nous voyons que même avant d’arriver à l’église notre cœur doit être prêt ; c’est à dire qu’il doit vraiment avoir envie de retrouver son bien aimé ! Prenons donc le temps de regarder en nous quelles sont nos motivations, quels sont nos sentiments alors même que nous allons prendre le chemin de l’église ! Si nous y allons parce que nous y sommes obligés, ou parce que nous avons l’habitude d’y aller mais que nous ne ressentons rien, alors demandons au Seigneur de réchauffer notre cœur, de réveiller en nous l’amour de Lui ! Et puis, si à l’heure d’aller à la messe, je me refuse d’y aller, peut être est-il encore temps de bien réfléchir à ce qui motive ma décision, de voir son importance réelle, et si ce n’est pas une raison valable (travail, maladie …), peut être puis-je faire un effort sur moi même et aller à la messe, en disant au Seigneur…. « Je ne voulais pas, mais puisque tu m’attends…et que je ne veux pas te poser de lapin ! Alors je viens ; mais aide moi à vivre vraiment avec toi cette rencontre ! »

Notons aussi ici, qu’il est bon d’arriver un peu avant l’heure de la messe (10 à 15 minutes est une bonne moyenne). Le Seigneur nous invite à une rencontre toute intérieure, or, nous sommes généralement pris par tous les soucis de notre vie, petits ou grands, qui forment une belle agitation en nous. Pour arriver à être sur la même longueur d’onde que le Seigneur , pour l’entendre au fond de notre cœur, il nous faut faire le calme, et le bon moyen c’est d’arriver avant l’heure et de commencer à prier en lui remettant toute notre vie entre ces mains, une fois cela déposé et lâché alors nous pourrons nous concentrer sur ce rendez vous d’amour !  On comprend dès lors que si l’on rentre dans l’église c’est pour prier,… donc si nous devons voir telle ou telle personne, prenons la peine de lui parler avant ou après la messe, et en dehors de l’église, afin de ne pas déranger ceux qui sont déjà là et qui prient pour se préparer à bien recevoir Jésus !

Vivre l’eucharistie c’est recevoir le Christ, cela implique une ouverture du cœur et de l’âme, cela implique donc aussi une préparation intérieure ! On ne peut en effet recevoir le Christ en nous décemment si on vient à l’Eucharistie comme si on allait chercher un petit pain au chocolat ! L’Eucharistie exige de nous une adhésion de notre être tout entier.

Plusieurs points sont importants dans l’Eucharistie,

Même si on y vient pour recevoir en nous personnellement le Corps du Christ, on ne peut vivre la messe tout seul, c’est un rassemblement, et un rassemblement non seulement de corps mais aussi et surtout de cœurs ! Nous sommes appelés à faire UN devant le Seigneur.

Nous devons donc prendre le temps de vivre ce rassemblement en toute conscience et vérité. Certes nous ne connaissons pas toutes les personnes qui sont là, présentes avec nous devant l’autel, mais nous pouvons toujours nous présenter devant le Seigneur avec elles, au même niveau qu’elles !

Et puis, s’il y a dans l’assemblée quelqu’un que nous n’aimons pas ou avec qui nous ne nous entendons pas, ou avec qui nous sommes vraiment fâchés, peut être est-ce justement le moment de reconnaître notre propre misère devant le Seigneur, de lui demander son aide pour aller vers cette personne, soit à la sortie de la messe, soit plus tard lorsque je serai prête à vivre cette démarche là, en vérité, dans l’amour du Seigneur !

Savoir aussi prendre le temps de nous accueillir à la porte de l’Eglise, (et pas seulement les responsables de l’accueil, lorsqu’il y en a ), savoir aller personnellement faire connaissance avec une personne que nous ne connaissons pas et pourquoi pas, même deux ou trois personnes, peut-être serait-ce là aussi une bonne piste pour vivre l’amour du Christ et ne former qu’un seul corps et un seul cœur devant lui , durant cette année de l’Eucharistie….

Un autre point important est celui de la reconnaissance de notre péché, de notre misère devant le Seigneur … et devant nos frères !  Nul n’est suffisamment pur et saint pour être digne de recevoir le Corps de Notre Seigneur, nous avons tous autant besoin les uns que les autres de son pardon et de sa miséricorde ; n’ayons donc pas peur de regarder en face devant Lui (pendant le rituel de pénitence) nos propres fautes et de les lui confesser, veillons aussi à ne pas nous sentir supérieur à tel ou tel autre, parce sa vie est plus «décousue » que la notre ! le Seigneur ne nous juge pas avec nos critères humains, il a les siens propres et rappelons nous toujours de cette parole qui affirment que les premiers seront les derniers et que les derniers seront les premiers.

Bien comprendre que l’Eucharistie c’est une personne ! Une personne vivante que l’on rencontre, qui nous aime qui vient en nous ! Ce n’est pas un simple symbole de Jésus, c’est Jésus en personne. Venir à l’Eucharistie c’est venir à la rencontre de Jésus, c’est lui parler, lui ouvrir notre cœur, nous laisser envahir par lui dans la communion, c’est nous offrir aussi à lui, c’est lui offrir toute notre vie, c’est lui offrir la direction même de notre vie, car nous l’aimons et que nous avons pleinement confiance en lui.

Un autre point important, capital même, est la manière dont nous recevons Jésus en nous. Je ne parle pas tant ici de la manière physique bien quelle soit souvent le reflet de notre cœur, mais bien de l’attitude intérieure de notre cœur ! L’hostie, c’est réellement le Christ qui vient en nous, ce n’est pas un simple morceau de farine, C’est le Christ!  Cela implique, le respect, et aussi l’amour ! Le Christ est une personne, une personne qui vient m’habiter au plus profond de moi même, qui vient au fin fond de ma misère pour me recréer, pour me redonner vie, pour m’aimer !  Prenons donc le temps de le reconnaître en son Corps lorsque le Prêtre le dépose dans nos mains , sachons prendre le temps de le manger, en nous offrant aussi à lui comme là il s’offre totalement à nous, enfin revenu à notre place , prenons le temps du silence intérieur pour lui dire que nous l’aimons et que nous lui appartenons ! Devant cela, nul doute qu’il pourra faire toute son œuvre d’amour en nous !

 

Ce que la messe implique dans notre vie quotidienne

Comme nous l’avons dit, nous entendons bien souvent autour de nous des gens dire : Pas besoin d’aller à la messe, pour vivre en chrétien, d’ailleurs ceux qui y vont ne sont pas meilleurs dans la semaine ! »

Pas de quoi être fiers de ce genre de commentaires lorsque nous les entendons, car enfin si certaines personnes les font, c’est qu’elles l’ont constaté, et alors on est en droit de se poser la question : mais à quoi sert donc d’aller à la messe ?

Généralement nous avons un réflexe d’autodéfense, voir de jugement des autres, devant ce genre de parole, mais peut être serait-il plus judicieux de nous remettre nous mêmes (et pas les autres !) en question sur ce que notre participation à la messe change dans notre vie.

Lors de la communion nous avons reçu Jésus-Christ en nous ; ce n’est pas n’importe quoi. Dieu est la dans tout notre être, nous sommes vraiment le Temple de Dieu ! ! Et puis à la fin de la messe le prêtre nous a renvoyés non seulement dans notre maison mais il nous a renvoyés pour porter la bonne nouvelle de l’amour du Christ à tous les hommes …. Comment dès la sortie de l’église vivons-nous cette habitation de Dieu en nous, et cet envoi de l’Eglise vers tous ceux qui nous entourent ?

Car enfin si je ne suis venu à la messe, que pour moi, que par obligation ou encore par routine, il est certain que je ne saurai pas vivre cette transparence de l’amour de Dieu, et à peine sorti de l’église je vais retomber dans mon train-train habituel, dans mes petites habitudes, voir même mon égoïsme et mon égocentrisme.

Est-ce là le bon fruit de l’Eucharistie, de Dieu qui habite en nous, qui nous aime et qui nous appelle à aimer les autres ?

Certes non ! Si Dieu est en nous, alors l’Esprit Saint est en nous ! Et si L’Esprit Saint est en nous, alors nous sommes en mesure de produire des bons fruits au quotidien selon la parole même de Saint Paul

Mais le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres,  23 - douceur, maîtrise de soi : contre de telles choses il n'y a pas de loi. 24 - Or ceux qui appartiennent au Christ Jésus ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises. 25 - Puisque l'Esprit est notre vie, que l'Esprit nous fasse agir.   (Galates 5/22.25)

Nous voyons bien là que notre participation à l’Eucharistie doit amener des changements concrets, une conversion quasi permanente dans notre vie !

Et cela est possible car l’Eucharistie est bien plus qu’un simple médicament pour notre misère, elle est la puissance de vie divine que Dieu met en nous, puisqu’il se fait lui même notre nourriture, donc notre force vitale ! Oh si nous comprenions bien cela, si nous laissions vraiment Dieu non seulement venir dans notre corps, mais notre cœur, et que nous offrions sincèrement notre vie, la direction même de notre vie, que ne ferait-Il pas en nous pour que nous devenions ses véritables témoins ! Que ne ferait-il pas en nous pour qu’à travers nous le monde se rende compte qu’Il est vivant, qu’il est amour pour tous les hommes !

 Bien sur, nous avons tous nos limites humaines, mais nous avons de part la grâce de Dieu, la force de changer progressivement nos comportements du quotidien ! Appuyons nous donc sur la parole entendue à l’Eucharistie, et sur Jésus lui-même, venu en nous pour nous construire ou nous reconstruire ; et appliquons-nous à vivre de cela chaque jour de la semaine qui commence suivant sa parole, suivant son appel au fond de notre cœur !

Ainsi nous le voyons :

"L'Eucharistie n'est pas seulement le sacrifice dans lequel sont offerts à Dieu le Père le corps et le sang de Notre Seigneur Jésus Christ ; c'est aussi le sacrifice dans lequel, unis à Jésus Christ notre Chef, nous, les membres de son corps qui est l'Église, unis les uns aux autres par les liens de la charité, nous sommes offerts au Père par lui, avec lui, et en lui." (Dom E. Vandeur, conférence au Congrès eucharistique de Cologne, août 1909)

C’est là un bien grand mystère dans lequel nous avons à grandir sans cesse, et cette année de l’Eucharistie, nous est offerte pour cela : grandir dans la connaissance de Dieu, grandir dans notre relation d’amour avec lui et donc avec les autres.

Puissions-nous saisir cette belle opportunité pour remplir notre vie de l’amour Du Christ crucifié et ressuscité pour nous !

Petit point sur l'adoration 

Introduction

Après ce regard sur la célébration eucharistique, il serait bon de regarder l’adoration eucharistique

L’adoration de Dieu a existé de tous temps chez le peuple hébreux, c’est le premier commandement que Dieu a donné à son peuple, ainsi que nous pouvons le lire dans le deutéronome

«Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.» Deutéronome 6/4.5

Et nous retrouvons cela au début de l’évangile en Luc 4/8

« Tu adoreras Dieu … et tu le serviras lui seul. » Luc 4 :8

C’est là le fondement de notre vie avec Dieu, de notre vie avec le Christ, alors prenons le temps de dire comme les mages :

Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem  2 – en disant : «  Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu, en effet, son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage » 

Efforçons nous de vivre cette relation de cœur avec Lui, qui désire se faire si intime à nous-mêmes, dans l’Eucharistie,

Définition de l’adoration

Ecoutons ce qu’en dit le catéchisme catholique en son paragraphe 2628

L’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son Créateur. Elle exalte la grandeur du Christ qui nous a fait (cf. Ps 95, 1-6) et la toute-puissance du Sauveur qui nous libère du mal. Elle est le prosternement de l’esprit devant le « Roi de gloire » (Ps 24, 9-10) et le silence respectueux face au Christ « toujours plus grand » (S. Augustin, Psal. 62, 16). L’adoration du Christ trois fois saint et souverainement aimable confond d’humilité et donne assurance à nos supplications.

Il est important de noter que l’adoration s’adresse au Christ et au Christ seul. Adorer c’est se mettre en présence du Christ, non pour se servir de lui, en lui demandant plein de choses, mais pour prendre le temps de le regarder comme Il nous regarde. C’est se mettre en sa présence rien que pour lui ! Témoin ce paysan du temps du Curé d’Ars qui passant de longues heures devant le Saint Sacrement répondit quand on lui demanda ce qu’il faisait depuis si longtemps dans l’église : « je l’avise et il m’avise ».

L’Adoration eucharistique

Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi en la présence réelle du Christ, vrai Dieu et vrai Homme, sous les espèces du pain et du vin, par l'attitude du cœur et du corps, en fléchissant les genoux, ou en nous inclinant profondément en signe d'adoration du Seigneur. L’adoration eucharistique devant le tabernacle ou devant le Saint Sacrement exposé est le prolongement de cela.

Prenons le temps de noter ici, pour ceux qui ne le sauraient pas

Que dans la tradition de l’Eglise, après la célébration de l’Eucharistie, les hosties consacrées sont conservées dans le tabernacle, c’est ce que l’on appelle la Sainte Réserve. Cette Sainte Réserve sert pour la communion des malades et aussi pour que les croyants puissent venir devant le tabernacle adorer Jésus qui est là présent réellement. Un chrétien catholique, ne peut négliger la présence réelle de Jésus au tabernacle. Il est appelé à adorer son Seigneur et Sauveur avec foi, respect et amour.

L’adoration est un rendez vous amoureux avec le Christ… et tout le monde le sait, les amoureux ont toujours besoin de se retrouver… nous devons avoir ce même désir avec Jésus ! Il est question ici d’amour vrai qui se donne et se reçoit, pas de sentimentalisme facile qui n’engage pas la personne !

Et pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, prenons le temps de lire ici ce que nous dit le catéchisme catholique

1378 Le culte de l’Eucharistie. Dans la liturgie de la messe, nous exprimons notre foi en la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin, entre autres, en fléchissant les genoux, ou en nous inclinant profondément en signe d’adoration du Seigneur. " L’Église catholique a rendu et continue de rendre ce culte d’adoration qui est dû au sacrement de l’Eucharistie non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées, en les présentant aux fidèles pour qu’ils les vénèrent avec solennité, en les portant en procession " (MF 56).

1379 La sainte réserve (tabernacle) était d’abord destinée à garder dignement l’Eucharistie pour qu’elle puisse être portée aux malades et aux absents en dehors de la messe. Par l’approfondissement de la foi en la présence réelle du Christ dans son Eucharistie, l’Église a pris conscience du sens de l’adoration silencieuse du Seigneur présent sous les espèces eucharistiques. C’est pour cela que le tabernacle doit être placé à un endroit particulièrement digne de l’église ; il doit être construit de telle façon qu’il souligne et manifeste la vérité de la présence réelle du Christ dans le saint sacrement.

Beaucoup de saints et de saintes ont donné une grande place à l’adoration dans leur vie, et cela n’a pas été en vain. Ils en ont retiré réconfort, sanctification et un amour toujours grandissant de Dieu !

Pourquoi adorer ?

Beaucoup de personnes se demandent ce qu’est l’adoration et à quoi ça sert, et ne comprenant pas ce qu’est l’adoration, elles estiment avoir mieux à faire. D’autres encore ne se sentent pas capables de rester là en silence, ça semble dépasser leurs forces ou du moins leur entendement.

Prenons donc le temps ici de noter quelques fruits de l’adoration.

Le premier fruit est pour Dieu : par notre adoration il est glorifié.

Ensuite les croyants sont purifiés : A la présence de Dieu, la vérité se fait progressivement en nous, nous voyons nos fautes de plus en plus précisément et nous voulons changer de conduite pour répondre à l’amour de Jésus. Nous allons alors pouvoir vivre les sacrements du plus profond de notre cœur et nous en trouver réellement transformés.

L ‘Eglise elle, s’en trouve aussi transformée, car comme le dit Madeleine Delbrel «Toute âme qui s’élève, élève le monde. » L’Eglise est un corps, chaque fidèle est un de ses membres, si donc un de ses membres se purifie alors c’est le corps entier qui se purifié. C’est là une donnée importante, car nous ne sommes jamais chrétien tout seul, et notre prière d’adoration, tout personnelle, individuelle qu’elle puisse paraître est en fait prière d’Eglise, union au Corps du Christ.

Dans un texte magnifique, Jean Paul II décrit l’adoration comme une prière aux dimensions du monde.

« La proximité avec le Christ, dans le silence de la contemplation, n’éloigne pas de nos contemporains mais, au contraire, elle nous rend attentifs et ouverts aux joies et aux détresses des hommes, et elle élargit le cœur aux dimensions du monde. Elle nous rend solidaires de nos frères en humanité, particulièrement des plus petits, qui sont les bien-aimés du Seigneur. Par l’adoration, le chrétien contribue mystérieusement à la transformation radicale du monde et à la germination de l’Évangile. »

Notons ici que l’on reconnaît une adoration vraie, authentique, lorsqu’elle amène une réelle conversion, une réelle avancée dans notre vie humaine et spirituelle. Si, alors que nous allons souvent à l’adoration, rien ne change en nous, c’est que, nous faisons fausse route, que nous ne nous laissons pas atteindre par le Seigneur… C’est que sans doute nous avons gardé une certaine carapace sur notre cœur… Mais pourrait-on bronzer sur une plage alors qu’une combinaison de plongée nous couvrirait de la tête aux pieds ? …De même dans l’adoration, il faut vraiment y venir pour s’offrir aux rayons d’amour du Seigneur, pour le laisser faire toutes choses en nous. Nous sommes là pour lui, lui seul doit compter ! 

Dans l’adoration eucharistique c’est la parole d’Ezéchiel qui se réalise en nous :

« Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ezechiel 36,26-27).

Où et quand vivre l’adoration

v  Où ?

 A l’église, chez nous, où même dans la nature, l’adoration étant d’abord une adoration en esprit et en vérité, comme le dit l’évangile.

- La femme lui dit : " Seigneur, je vois que tu es un prophète…  20 - Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous dites : C'est à Jérusalem qu'est le lieu où il faut adorer.  "  21 - Jésus lui dit : « Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22 - Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.  23 - Mais l'heure vient - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité, car tels sont les adorateurs que cherche le Père.   24 - Dieu est esprit, et ceux qui adorent, c'est en esprit et en vérité qu'ils doivent adorer.  "  Jean 4/19.24

De chez nous, si nous ne pouvons vraiment pas nous déplacer ou, si nous sommes malades, rien ne nous empêche de réactualiser notre dernière participation eucharistique et là de rester intérieurement en présence du Seigneur offert dans l’hostie! 

v  Quand ?

Faut-il adorer souvent? Il n’y a aucune obligation légale, chacun doit prendre sa décision personnellement. Il n’en reste pas moins que l’expérience montre chez ceux qui vivent régulièrement l’adoration, une accentuation des temps d’adoration aussi bien dans la fréquence que dans la durée.

Il est toutefois bon que ce rythme soit régulier, la fréquence est laissée aux possibilités de chacun ! Ce qui est certain c’est que plus on passe de temps dans l’adoration, plus on grandit spirituellement, plus notre cœur se convertit, dans la mesure bien sur où nous nous laissons envahir et travailler par le Seigneur, comme nous l’avons vu plus haut.

La durée d’un temps d’adoration va être variable suivant les personnes, suivant les circonstances. Elle n’a pas de limites. Elle peut aller de quelques minutes à quelques heures. Tout va en fait dépendre de notre union à Jésus.

Une personne qui commence ne va pas pouvoir rester deux heures... ou alors elle ne fera que de la présence corporelle, cependant plus elle va venir régulièrement et plus ce temps pourra s’allonger.

Beaucoup de gens travaillent, il ne leur est donc pas possible matériellement de passer de longs moments devant le tabernacle, mais il leur est généralement possible de dégager au moins un quart d’heure de temps à autre dans la semaine soit avant le travail, soit après le travail.

Peut-être ne pourront-elles s’arrêter que quelques minutes dans l’église, mais ce salut à Jésus, est déjà une adoration, une adoration d’autant plus précieuse qu’elle marque l’effort, le désir de venir voir celui que l’on aime !

La meilleure adoration n’est pas obligatoirement la plus longue, c’est celle qui vient vraiment de notre cœur !

Est-ce difficile de vivre l’adoration

La difficulté réelle de l’adoration se rencontre dans le début de notre cheminement en ce domaine. Cela est particulièrement marqué si l’adoration est silencieuse, car nous ne sommes pas habitués à faire le silence, et nous sommes encore moins habituer à nous trouver à découvert devant nous-mêmes et devant le Seigneur, or l’adoration nous met d’emblée dans cet état si nous essayons de la vivre correctement … et il peut nous arriver alors d’avoir envie de fuir ! C’est là justement qu’il faut rester. Il nous faut le savoir, et accepter de passer par ce temps de vérité, de nudité intérieure ! C’est là que le Seigneur va pouvoir nous rencontrer vraiment et c’est là aussi que nous allons pouvoir le rencontrer en vérité !

Une fois ce cap passé, il peut arriver que nous nous sentions arides dans nos temps d’adoration, nous allons avoir l’impression d’être comme une bûche dans un coin, tout aussi mort, tout aussi inerte! Ce n’est pas grave, soyons là dans notre état, le Seigneur le connaît! Ne culpabilisons pas et laissons le faire son œuvre d’amour en nous ! Être en adoration c’est s’offrir dans l’état où nous sommes, au soleil de l’amour de Dieu …. Lorsque nous allons sur la plage pour bronzer... le soleil ne nous touche-t-il pas autant, que nous soyons calmes ou agités, heureux ou malheureux ? Le Seigneur fait de même avec nous !

Peu à peu, il pourra nous arriver encore de nous sentir «vides» mais en fait cela ne nous gênera plus beaucoup car nous aurons appris à connaître l’amour du Christ pour nous, et à ne plus nous arrêter à notre ressenti personnel, notre foi suppléant à nos sensations affectives !

Comment vivre l’adoration

Il peut y avoir différentes façons d’adorer le Seigneur

Cela peut être dans le silence ou dans le cadre d’une animation paroissiale, à des heures très variables mais ce qui reste toujours c’est l’ouverture de notre esprit et surtout de notre cœur à la présence réelle du Christ, présence aimante et présence transformante.

Dans les débuts de notre pratique d’adoration nous préférons généralement, les adorations animées de chants et de méditations, car cela nourrit notre esprit et nous facilite l’attention. Cependant si vraiment nous voulons grandir dans la communion, dans l’union au Christ alors il va tout de même nous falloir faire le pas de l’adoration silencieuse, c’est à dire de se camper là devant Dieu, tels que nous sommes, sans fard, sans tricherie, afin qu’il puisse faire en nous son œuvre de vie et d’amour. Il n’y a guère de livres pour nous apprendre à vivre cela, il faut se jeter à l’eau ! Au début, cela est souvent difficile, car nous avons toujours tendance à vouloir meubler le silence, et puis peu à peu, l’attente du Christ s’installe et le silence attentif grandit, là Dieu peut parler à notre cœur, nous révéler qui nous sommes pour lui, ce qu’il attend de nous et surtout à quel point il nous aime. Du coup nous ne voulons plus être en reste, nous aussi, nous voulons correspondre à son attente, à son amour, et notre vie commence vraiment à changer.

Pour découvrir les merveilles de l’adoration il n’y a pas d’autre chemin que de la vivre, et comme dit le curé d’Ars :

« On n'a pas besoin de tant parler pour bien prier. On sait que le Bon Dieu est là, dans le Saint Sacrement : on lui ouvre son cœur ; on se complaît en sa sainte présence. C'est la meilleure prière, celle- là... » (Curé d'Ars)

Sans que ce soit vraiment une méthode on peut techniquement suivre les trois points suivants lorsque nous arrivons à l’adoration :

  1. Prendre « 5 minutes » pour faire le calme en nous, déposer entre les mains du Seigneur tout ce qui fait notre vie, tout ce qui l’encombre et nous agite
  2.  Une fois ce calme atteint, quelque soit le temps que cela prenne ; regarder Jésus, l’écouter, être là devant lui pour lui et non en premier pour nous mêmes
  3. Etre une toile d’attente, comme dirait Ste Thérèse….. se bronzer l’âme au soleil de l’amour de Dieu !

(Venir adorer le Seigneur, c’est venir le rencontrer personnellement rien que pour lui, à ce titre il est bon de savoir éviter de réciter son chapelet à ce moment là ! Certes il n’est pas négatif, loin de là de dire son chapelet devant le Tabernacle, mais alors soyons clairs avec nous mêmes, nous sommes venus dire notre chapelet, pas prendre un vrai temps d’adoration, l’adoration étant un tête-à-tête, un cœur à cœur avec Jésus ! Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour chaque forme de prière ! )

Peut-on prendre un soutien, comme un livre  par exemple, pour aider notre prière ?

Certes oui, mais à condition, que notre adoration ne se transforme pas en recherche intellectuelle, en occupation du temps que nous avons pu nous fixer pour aider, là nous passerions à côté ! La lecture doit nous amener à nous plonger tout entier dans le cœur de Jésus, pas à nous occuper l’esprit pendant la prière ! Soyons donc prudents dans notre choix de lecture !

Conclusion

Prenons conscience de l’importance qu’a l’adoration dans notre vie personnelle, c’est à dire dans notre relation personnelle à Dieu et aux autres.

Ne croyons jamais que le temps passer devant le Saint Sacrement soit du temps perdu, loin de là c’est le temps d’un ensemencement, la moisson viendra plus tard, mais comment viendra-t-elle si nous ne semons rien ?

 Et pour ceux qui se disent ne pas savoir prier , ou ne pas avoir assez de ferveur pour vivre cela , qu’il nous soit permis ici de retranscrire ici l’anecdote du Père Cantalamessa

La seule chose que l'Esprit Saint nous demande, déclare-t-il, est de lui donner notre temps, même si au début cela semble du temps perdu. Je n'oublierai jamais la leçon que j’ai reçue un jour à cet égard. Je disais à Dieu : Seigneur, donne-moi la ferveur et moi je te donnerai tout le temps que tu veux pour la prière. J'ai trouvé la réponse dans mon cœur. Raniero, donne-moi ton temps et je te donnerai toute la ferveur que tu veux dans la prière. Je m’en suis souvenu au cas où cela puisse servir à quelqu'un d'autre qu'à moi.

 Myriam de Gemma 

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Date de dernière mise à jour : 2015-11-24